Focus 15/04/2009 à 15h27

Des fourmis femelles qui se clonent pour se passer de mâles

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


Extrait de Fourmiz (DR)

Une espèce constituée uniquement de femelles qui se reproduisent entre elles : le cauchemar des mâles est une réalité... chez les fourmis d’Amazonie. C’est ce que viennent de découvrir des chercheurs de l’université d’Arizona, dans une étude reprise par la BBC sous le titre « Les fourmis évoluent un ’monde sans sexe ».

Anna Himler, la biologiste qui a découvert le phénomène, explique avoir mené une batterie de tests génétiques et morphologiques pour vérifier l’improbable : la reproduction sans sexualité, entièrement par clonage des reines :

« Chez les insectes sociaux, les modes de reproduction sont divers. Mais cette espèce a évolué de manière inhabituelle. »

La chercheuse affirme à la BBC qu’il y a des avantages à se passer de mâles :

« Cela évite le coût énergétique de la production des mâles et double le nombre de fourmis femelles produites à chaque génération. »

L’espèce concernée, « Mycocepurus smithii », se nourrit de champignons, eux-mêmes entretenus par les cadavres d’insectes et les débris végétaux que les fourmis entassent sur la meule. Mais cette espèce a la particularité d’exploiter un plus grand nombre de cultures que les autres fourmis champignonnistes, a remarqué Anna Himler. C’est ce qui avait d’abord intrigué les chercheurs.

L’équipe va désormais poursuivre ses recherches pour tenter de comprendre comment et quand ces fourmis en sont arrivées à adopter un tel mode de reproduction.

Les femelles peuvent se passer des mâles... mais l’inverse ?

Le clonage chez les fourmis était en fait déjà connu des scientifiques. Denis Fournier, biologiste de l’évolution à l’Université libre de Bruxelles, précise :

« Ce qui est nouveau, c’est la découverte d’un nouveau mode de reproduction, une espèce où les mâles ont disparu. Fascinant : ces résultats montrent que les femelles peuvent se passer des mâles. Il n’est pas sûr que les mâles puissent faire la même chose ! »

Avec une équipe de l’Inra, du CNRS, de l’IRD et de l’université de Lausanne, en 2005, il avait signé une étude « Reproduction clonale des mâles et des reines » (et dont un résumé est publié sur le site de l’Inra sous le titre Guerre des sexes chez une fourmi »), où il avait mis en lumière un système de « reproduction particulier et extraordinaire » chez la petite fourmi de feu appelée Wasmannia auropunctata :

« Les reines produisent des reines par clonalité et les mâles engendrent d’autres mâles aussi par clonalité, en utilisant les reines comme mère-porteuses. Seules les ouvrières sont issues d’une reproduction sexuée entre un mâle et une reine et bénéficient ainsi de la diversité génétique liée aux aspects aléatoires de ce mode de reproduction ».

« Des avantages à abandonner le sexe et ses contraintes »

Fasciné par la découverte en Amazonie, il souligne que « l’étude a porté sur un grand nombre de nids, répartis dans différentes régions d’Amérique du Sud. Ce n’est donc pas un cas isolé ».

Denis Fournier détaille la reproduction des fourmis :

« Généralement chez les fourmis, les femelles sont produites par reproduction sexuée, alors que les mâles sont issus d’oeufs non fécondés, produits par la reine.

Sur le plan génétique, ils ont une maman mais pas de papa... sauf exception comme pour les petites fourmis de feu. »

« Cette fourmi a trouvé des avantages à abandonner le sexe »

Mais dans le cas de cette fourmi champignonniste, c’est différent :

« Les reines et les ouvrières sont issues d’une reproduction clonale. Or, si la reproduction sexuée confère une plus grande adaptabilité face aux parasites et aux pathogènes, la reproduction clonale rend plus sensible les individus aux fluctuations de l’environnement.

Pourtant, ces fourmis évoluent dans une promiscuité totale, dans un milieu chaud et humide, rempli de champignons, leur nid. Bref dans un bouillon de culture. Cette fourmi a donc dû trouver des avantages à abandonner le sexe et ses contraintes. »

Les scientifiques ont déjà observé une espèce qui se passait totalement des mâles pour se reproduire, il s’agissait de « Demoiselles des Açores », des cousines des libellules.

« Sauf que dans le cas de ces demoiselles, les mâles semblaient absents au moment de l’introduction de l’espèce sur l’archipel. Pour exister, les demoiselles n’ont pas eu d’autres choix que de se passer des mâles », remarque Denis Fournier.

Mis à jour le 15/04/2009 à 18h30 : Julien Foucaud, co-auteur de l’étude Inra-CNRS-IRD-université de Lausanne, qui a fait sa thèse sur le sujet, répond aux internautes de Rue89 dans les commentaires.

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  • mosndup
    • Posté à 20h32 le 15/04/2009
    • Internaute 41602

    Les hommes politiques aussi se reproduisent entre eux.

  • nicogé
    nicogé
    walz
    • Posté à 20h34 le 15/04/2009
    • Internaute 4892
      walz

    la nature est géniale.

    l’humain ne rattrapera jamais son retard, même si nous sommes nous-mêmes assez impressionnants (surtout pour nous détruire...).

    enfin, c’est à souhaité je crois.

    nicogé, jardinier libertaire, pacifiste et féministe (je ne vois pas trop le rapport mais bon, comme ici « tout le monde en parle »...)

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    • Camille Hérin
      Camille Hérin répond à nicogé
      Dilettante
      • Posté à 22h09 le 15/04/2009
      • Internaute 54351
        Dilettante

      « l’humain ne rattrapera jamais son retard »
      Quel retard ? C’est pas une course !

  • tregnirutuf
    • Posté à 22h57 le 15/04/2009
    • Internaute 75850
       ?

    J’aurais des questions si l’on pouvait bien me répondre.

    Chez nous les hommes ( et bien d’autres espèces) nous sommes tous différents du fait de la reproduction sexuée ( ADN/2 de la mère et du père ...) , il peut donc y avoir de nouvelles caractéristiques et entrainent une sélection naturelle avec une nouvelle « espèce » avec des caractères avantageux.

    J’avais appris que durant certaines étapes ( je ne sais plus si c’était au niveau des gamètes ( étape de production ) ou au niveau du zygote ( étape de multiplication ) ), des morceaux de séquence d’ADN présent dans l’ADN ( je crois que ça se limitait à une ou plusieurs gènes entier provenant du même génome ) se dupliquent au hasard dans le même génome.

    Ici est ce qu’il est possible que le clonage entraine de petites recombinaisons chromosomiques pouvant entrainer l’apparition d’une nouvelle espèce ?

    Est ce, peut être, de cette manière que le clonage à conduit ironiquement à une nouvelle espèce mutante ayant une caractéristique qui lui donne un avantage ( celui de la résistance ) ?

    Donc si l’environnement évolue ( des champignons étant une espèce sexuée et asexuée ) , cette espèce pourrait disparaitre d’un seul coup ( peu d’évolution dans le génomes ) ! !

    Je me souviens d’avoir posé LA question piège :

    Dans ce cas madame, pourquoi ces petites erreurs n’entrainent pas de conséquences notables au niveau macroscopique alors que ce n’est pas le cas pour une trisomie ( j’avais cité 21 ) ?

    La réponse n’était pas très clair, et très évasive. Est ce parce que le chromosome entier tente de s’exprimer à nouveau ?

    Autant de questions qui méritent des réponses...claires pour une fois !
    Merci

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à tregnirutuf
      Postdoc
      • Posté à 01h25 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      Ok, donc j’ai été (gentiment) invité à faire le prof relou par l’auteur (merci), donc allons-y gaiement :

      Dans ton commentaire tregnirutuf, il ya beauoup de choses assez compliquées, parfois vraies, parfois mi-vraies, mi-fausses et parfois hors-sujet qui se téléscopent allègrement... sans faire naître l’eureka salvateur, il est vrai... mais la tentative est salutaire, et saluée cordialement ! !

      Le clonage, les élements transposables, l’origine de nouvelles espèces, sont des sujets très pointus, qui nécessitent pas mal de notions en biologie évolutive...

      Pour faire à la fois clair et court : une seule solution = passer la main à quelqu’un qui te renseignera à la fois complètement et compréhensiblement sur tes interrogations =

      le livre de Richard Dawkins dénommé « Qu’est-ce que l’évolution -
      le fleuve de la vie » :

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      Voilà, c’est un essai en livre de poche, ca fait 180 pages, c’est lisible sans aucun diplôme, ca coute même pas 6 euros, soit autant qu’un menu big mac...

      je vois pas plus simple et plus clair que ça, à mettre entre toutes les mains de ceux qui sont intéressé par la vie et l’évolution.

      Vraiment un gros must, je te le conseille très vivement ainsi qu’à tout le monde

  • Camille
    Camille
    Mauvais genre
    • Posté à 00h53 le 16/04/2009
    • Internaute 48427
      Mauvais genre

    Donnez pas des idées aux femmes non plus ! J’écris sur quoi moi après ? ! hein ? les mantes religieuses ?

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à Camille
      Postdoc
      • Posté à 01h27 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      Si tu veux y’a plein d’autres modes de reproduction en stock...nettement plus funky même ;)

    • papy38
      papy38 répond à Camille
      retraité
      • Posté à 08h59 le 17/04/2009
      • Internaute 69081
        retraité

      Il ne nous resterait plus que la masturbation si cela n’est pas interdit. Cela irait de mâle en pis... pour les genres féminins et masculins.
      Il faut réagir Camille.
      Nous comptons sur vous.

  • Apeloig
    Apeloig
    observateur
    • Posté à 01h09 le 16/04/2009
    • Internaute 43585
      observateur

    Au cirque aussi, il y a des clowns !

    De toute façon, si Darwin a eu raison (et je le crois), dans quelques temps (……………) notre espèce aura évoluée, et que, peut-être, il n’y aura plus qu’un seul sexe qui pondra des œufs, ou des larves ou fabriquera en usine des êtres humains ou autres, qui sait ?

    C’est pourquoi les discours des Verts et des écolos (alcoolos ou pas !) qui tentent de nous faire croire que les émissions de CO2 et autres bienfaits, ainsi que les engrais, les fumées, les émissions de chaleur auraient une véritable action sur le climat de notre planète et sur l’évolution de notre espèce,ces discours sont bien naïfs !
    Par exemple, quel point commun ont ma petite voiture et La Cumbre (le volcan des Galapagos) ?
    Tous deux émettent du CO2, du monoxyde de carbone et autres fluorures, sauf que pour en émettre autant en une minute, ma petite voiture devrait parcourir au moins 20 000 kilomètres !
    Alors, moi, pollueur, laissez moi rire ! ! ! !

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à Apeloig
      Postdoc
      • Posté à 01h31 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      Totalement d’accord avec le fait que l’évolution (comme les autres forces qui régissent notre monde) est un phénomène naturel qui existe et dont il faut tenir compte...

      Par contre, accepter leurs conséquences comme une fatalité, c’est très différent... Là je suis pas pour, faisons comme d’hab, profitons de notre connaissance pour nous émanciper, non ?

    • Ratmanoff
      Ratmanoff répond à Apeloig
      Libre
      • Posté à 07h14 le 16/04/2009
      • Internaute 66920
        Libre

      c’est nul comme raisonnement - on ne peut comparer la vie aux affres des événements naturels et de son développement dans la biodiversité... avec celui ci est issu et induit par l’homme en contradiction. Ou alors on ne croit pas Dieu ou on ne croit pas dans la vie si on est athé, ou on se prend pour Dieu. Dans ce cas quid de l’humanisme. La vie n’est que la loi du plus fort ? C’est quoi l’avenir , faisons tout pété !

      • Apeloig
        Apeloig répond à Ratmanoff
        observateur
        • Posté à 11h37 le 16/04/2009
        • Internaute 43585
          observateur

        donc, et dieu dans tout ça ?

        … je préfère laisser l’évolution universelle faire son travail, comme lle fait depuis des milliards d’années, et continuera encore très longtemps, bien après nous et nos descendants…

        en attendant vivons !

  • AL13
    AL13
    (archi13)
    • Posté à 01h17 le 16/04/2009
    • Internaute 23508
      (archi13)

    Cher amis, le phénomène me parait tout de même connu de longue date, cf cet article issu de l’une de nos fameuses encyclopédies :

    « GÉNÉTIQUE
    ....
    La parthénogenèse produisant seulement des femelles (thélytoquie) est de loin la forme la plus fréquente ; elle conduit à des espèces sans mâle, ou à mâles très rares (spanandrie). La parthénogenèse donnant naissance à des produits mâles (arrhénotoquie) se produit chez les abeilles : les mâles résultent d’une parthénogenèse (haploïde), et les femelles d’une fécondation normale. La parthénogenèse peut enfin donner des mâles et des femelles (deutérotoquie ou amphitoquie)...
    La parthénogenèse est très répandue chez les insectes et bien connue chez les crustacés (Artemia salina). Les lézards comportent de nombreuses espèces composées uniquement de femelles parthénogénétiques (Chlamydophorus)“etc...

    Amicalement,

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à AL13
      Postdoc
      • Posté à 01h33 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      C’est beau quelqu’un qui se renseigne...sniff...j’en chialerai presque...

  • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
    • Posté à 01h37 le 16/04/2009
    • Internaute 71957
      nc

    C’est plutôt le cauchemar des femelles, et non pas des mâles. Ca ferait en effet des mâles des êtres totalement libérés du biologique, et renverrait les femelles au rôle exclusif de pondeuses.

    Les mâles seraient rares en effet, mais tous singuliers. Alors que les femelles, issues de clonages, seraient toutes semblables, par grandes familles, un peu comme des cylons.

    En gros, un monde où les alpha++ sont des mâles, et tous les autres, de alpha+ à epsilon sont des armées de femelles.

    Un monde de rêve, en quelque sorte !

    • immigre
      immigre répond à Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      citoyen de n-ieme categorie
      • Posté à 14h51 le 16/04/2009
      • Internaute 75483
        citoyen de n-ieme categorie

      Quand je vous dis que la polygamie est le vrai etat de la nature. vous voulez pas me croire. Allez un mec pour 10 filles. en plus y a du viagra, du cyalis. Bref kes kon attend pour etre heureux hein ?

  • CAUSTICUM
    CAUSTICUM
    désabusé de plus en plus ...
    • Posté à 02h54 le 16/04/2009
    • Internaute 29966
      désabusé de plus en plus ...

    Z’auraient pas ingurgité par hasard des résidus de bi-phénol - ces films plastique soi-disant alimentaire désormais interdits dans nombre de pays mais toujours pas en France, y compris pour les biberons ?

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à CAUSTICUM
      Postdoc
      • Posté à 10h41 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      cf réponse plus haut à Bérdala...

      Aucune explication « conspirationniste » en vue, il s’agit d’un phénomène naturel pré-existant à l’homme et ses biberons en plastoc...

      • CAUSTICUM
        CAUSTICUM répond à julien_foucaud
        désabusé de plus en plus ...
        • Posté à 14h28 le 16/04/2009
        • Internaute 29966
          désabusé de plus en plus ...

        Cela va de soi et je l’entends bien ; mais l’occasion était trop belle pour ne pas parler des graves dangers du bi-phénol en matière de reproduction sexuée..

         
        • julien_foucaud
          julien_foucaud répond à CAUSTICUM
          Postdoc
          • Posté à 20h02 le 16/04/2009
          • Internaute 76527
            Postdoc

          no problemo ! !
          En tant que mâle européen de la fin du XXe, je vous suis parfaitement :) ! !

        1 autres commentaires
  • Ratmanoff
    Ratmanoff
    Libre
    • Posté à 07h07 le 16/04/2009
    • Internaute 66920
      Libre

    si on se passe des mâles on devient une espèce asexuée ou comme telle, alors n’est ce pas un peu nunuche c’est façon de s« exprimer et qu’est ce que ça cache !

  • extralucide
    extralucide
    retraite
    • Posté à 09h11 le 16/04/2009
    • Internaute 65689
      retraite

    Je suppose qu’un explorateur a dû laisser trainer une revue scientifique sur le clonage dans la forêt amazonienne. Erreur funeste. Ah, ces fourmis. En plus, elles savent lire. Au fait, les gastropodes sont hermaphrodites et ça ne fait pas une révolution

  • extralucide
    extralucide
    retraite
    • Posté à 09h15 le 16/04/2009
    • Internaute 65689
      retraite

    J’oubliais, je connais pas mal de femmes qui ont fait un enfant tout en se passant de leur mari. Je ne savais pas qu’on appelait ça clonage

  • jimmyb
    • Posté à 10h43 le 16/04/2009
    • Internaute 28000

    Rien d’étonnant à cette nouvelle, ce n’est pas la première espèce a évoluer ainsi, parfois la mutation est d’ailleurs très rapide, en fonction de l’urgence vitale subie. D’autres changent de sexe simplement selon les besoins
    Lien
    Des dragons de Komodo femelles se sont également reproduites en captivité, sans avoir été fécondée par un mâle, et leur œufs sont viables, puisque des petits sont déjà nés. Le métabolisme se modifie en fonction de la perception d’un danger d’extinction, d’un besoin particulier, de l’environnement. Cela peut très bien arriver à l’être humain, pour lui ce sera probablement le résultat de la pollution, d’ailleurs, des changements sont déjà perceptibles, comme la diminution du nombre des spermatozoïdes.
    Sans doute cette possibilité reste enfouie quelque part dans le code génétique des espèces, code sans doute hérité des premières cellules vivantes à avoir testé la parthénogenèse.

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à jimmyb
      Postdoc
      • Posté à 10h50 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      « Le métabolisme se modifie en fonction de la perception d’un danger d’extinction » –> malheureusement non

      « de l’environnement » –> ça peut oui !

      ça jongle un peu entre Lamarckisme et Darwinisme (de façon tout à fait normale vu l’enseignement en biologie en France) : pour clarifier quelques points importants si ça vous intéresse, tjs la même reference :

      le livre de Richard Dawkins dénommé « Qu’est-ce que l’évolution -
      le fleuve de la vie » :

       : //Lien

       : //livre.fnac.com/a1621045/Richard-Dawkins-Qu-est-ce-que-l-evolution…

      livre de poche, 180 pages, lisible sans aucun diplôme, ca coute même pas 6 euros, soit autant qu’un menu big mac…

      écrit par l’un des biologistes les plus reconnus mondialement...

  • mouette75
    mouette75
    en crise
    • Posté à 12h04 le 16/04/2009
    • Internaute 76606
      en crise

    Bon, une petite synthèse pseudo-scientifique du processus aurait été bienvenue... on n’en sait pas beaucoup plus que dans le titre, tendancieux il est vrai.

    L’avantage, au moins, plus de querelle pour définir qui fait la vaisselle et qui va aux champignons.

    Mais en fait... fourmi, c’est féminin comme nom ? ? ?

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à mouette75
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 12h42 le 17/04/2009
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      Je pense vous en avoir dit autant que l’état des connaissances scientifiques le rend possible. Denis Fournier que j’ai interrogé est l’un des plus calés sur le sujet, mais on ne sait pas encore tout notamment pas pourquoi elles en sont arrivées là.

      • julien_foucaud
        • Posté à 20h56 le 17/04/2009
        • Internaute 76527
          Postdoc

        je vois que vous êtes d’accord avec mon directeur de thèse ! Il faut vraiment qu’on accélère le rythme des publications :)

  • simony gabriel
    • Posté à 13h35 le 16/04/2009
    • Internaute 26599
      actif

    PLASTICITE

    les femelles viennent d’acqérir leur autonomie totale sans handicap ; le recours aux mâles coûtait énergiquement cher et puis la mésentente des ménages ne cessait de les tracasser

  • Qui©he
    Qui©he
    en folie ( http://twitter.com/ (...)
    • Posté à 14h38 le 16/04/2009
    • Internaute 1020
      en folie ( http://twitter.com/ (...)

    On va tout doucement mais surement vers la parthénogenèse !

  • felix34
    felix34
    Etudiant
    • Posté à 14h43 le 16/04/2009
    • Internaute 76619
      Etudiant

    Quelque chose me fait réagir sur cet article.
    Les fourmis décrites ne ressentent certainement plus de plaisir à avoir une relation sexuelle. Et si elles peuvent se permettre ce « luxe » de ne plus aimer de faire l’acte reproductif, c’est qu’elles ont derrière les capacités pour survivre sans les câlins des mâles. Cela ne serait jamais arrivé chez une espèce qui a nécessairement besoin de la reproduction sexuée. Alors si les fourmis ont décidées de l’extermination de tous les mâles c’est qu’ils ne leur offraient même plus de plaisir sexuel. Mais on peut admettre que les espèces animales qui se reproduisent sexuellement prennent plaisir au sexe. Cela met en évidence l’importance du déterminisme, on parlera ici de déterminisme naturel, dans nos goûts et donc dans nos choix de vie.
    l

  • felix34
    felix34
    Etudiant
    • Posté à 14h43 le 16/04/2009
    • Internaute 76619
      Etudiant

    Ce qui est intéressant avec cet article c’est de faire le parallèle avec ce qu’est ou ce que peut devenir notre société humaine, car il ne faut pas oublier que nous sommes aussi des animaux,
    On se rend compte que les fourmis évoluent dans un système qui privilégie l’intérêt général, au net détriment des intérêts particuliers. En occultant totalement le sexe, ces fourmis ne fondent pas l’utilité de leur existence sur leur bonheur individuel mais sur la production de la fourmilière. L’organisation entière de la société est tournée vers l’objectif d’abondance alimentaire si bien qu’elle occulte totalement les bonheurs individuels. A moins que le bonheur individuel ne soit pour ces fourmis le fait d’assurer la survie de la société. La productivité occupe une place tellement importante qu’il n’y a pas de place pour les faibles ou les moins utiles, en l’occurrence les mâles. La société est calibrée, ses membres sont quasi-identiques, toutes les forces vives sont tournées l’efficacité du secteur économique. Mais d’après ce que disait l’article, cette façon d’évoluer est nouvelle, elle est issue d’une évolution. Et si une telle révolution est possible pour les fourmis pourquoi ce ne serait pas possible pour nous ?
    Je ne dis pas que nous allons devenir comme ces fourmis, ne vivant que pour la société en point d’en exclure, en les faisant disparaître, les faibles ainsi que tout ce qui appartient au domaine du bonheur personnel. Mais je pense qu’il faut mieux être attentif à l’évolution que prennent nos sociétés étant donné la baisse de la qualité de vie constatée ces dernières décennies, malgré l’augmentation du niveau de vie (Edgar Morin).

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à felix34
      Postdoc
      • Posté à 13h21 le 17/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      anthropocentrisme quand tu nous tiens...
      Spécial dédicace à Bernard, merci, bien joué ! !

  • henribourso
    • Posté à 15h46 le 16/04/2009
    • Internaute 27270

    J’veux pas mouriiir ! J’veux baiser, moa !
    Les femelles Humaines ou « mantes religieuses » ne doivent pas se passer de nous. Non Non !
    Ha bas le bodemiché.....

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 18h08 le 16/04/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    C’est quand même bien gentil de se pencher sur la vie, la sexualité, la reproduction, et par là même sur l’avenir des fourmis :

    ¤ Mais avez vous pensé aux dégats occasionnées sur les abeilles par le Maïs Monsanto et les autres semences génétiquement modifiées qui interdisent la pollinisation des autres plantes et assurent la destruction à moyen terme d’une flore indispensable ?

    * Notez qu’en plus de cela, les plantes (OGM) sont stériles et il n’est pas possible aux paysans de conserver des graines pour assurer la pérennité de leurs cultures vivrières.

    QUI C’EST QUI SERA PUNI, s’il n’est pas sage avec les Labos ?
    Ben...les paysans qu’on priverait à volonté de semences, jusqu’à soumission totale.
    * C’est encore plus grave si cette catastrophe touche le tiers monde, même si les labos assurent qu’ils permettront au contraire de lutter plus facilement contre les maladies, et de produire plus.

    EN FAIT : la nature est un ensemble > Toucher ou détruire un seul de ses paramètres, met son équilibre en grand péril.

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à Yvon le Zébulon
      Postdoc
      • Posté à 20h13 le 16/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      La nature est un ensemble sans aucun doute cher Yvon, dont nous faisons intégralement partie.
      Le phénomène qu’est la vie évolue, il n’a jamais été question d’équilibre dans ce phénomène... personnellement j’y pense plutôt comme à une réaction chimique en cours...
      Etre au courant de ceci nous laisse deux opportunités :
      soit s’en battre les c... et faire absolument n’importe quoi de notre environnement,
      soit faire un vrai choix, sciemment, et basé sur notre propre vision de ce que doit être notre environnement

      Par contre, en-dehors d’un choix ou d’un non-choix, il serait utopique d’attendre un quelconque signe de la nature pour nous indiquer une marche à suivre...comme de n’importe quelle réaction chimique en cours.

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à julien_foucaud
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 08h59 le 17/04/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Tu raisonne « technique » Julien...

        Mais s’il s’agissait d’une réaction chimique à l’échelle de l’évolution, il nous faudrait 3 millions d’années pour voir s’accomplir des mutations majeures...

        * Alors qu’ici, nous la provoquont à une telle vitesse que nos adaptations ne suivent pas...

        On va tout foutre en l’air : Tu verras ! ...et dans pas longtemps...

        - Déjà les spécialistes estimes que dans 40 ans, il n’y aura plus guère de poisson dans les mers, alors qu’au début du siècle passé...on pouvait quasiment traverser l’Atlantique « à dos de morue » en sautant de l’une à l’autre...(c une image, bien sur)

         
        • julien_foucaud
          julien_foucaud répond à Yvon le Zébulon
          Postdoc
          • Posté à 13h26 le 17/04/2009
          • Internaute 76527
            Postdoc

          Je raisonnais simplement d’une façon décentrée par rapport aux problématique spécifiquement humaines, histoire de prendre un peu de hauteur.

          Je ne parlais donc pas du tout d’assurer un quelconque avenir à l’espèce humaine. Mes propos estimaient plutôt les chances de survie de la vie elle-même. Et je pense que vous êtes d’accord avec moi pour dire que la vie survivra probablement de beaucoup à notre espèce.

          Pour revenir à des considérations plus anthropocentrées, c’est 100% vrai que nous ne devrions pas trop compter sur la mutation pour nous assurer un avenir radieux dans le monde que nous sommes en train de construire.

          Nous devrions plutôt faire évoluer nos idées que nos gènes. C’est nettement plus rapide (quoique parfois moins agréable) :)

        1 autres commentaires
    • Panca
      Panca répond à Yvon le Zébulon
      raleur qui aime les débats
      • Posté à 12h17 le 17/04/2009
      • Internaute 23059
        raleur qui aime les débats

      Pour les abeilles (et les papillons et les hannetons et d’autres.) l’association de l’usage massif de pesticides, la monoculture intensive qui va à l’encontre des diversités et de la présence d’un virus suffisent à l’expliquer. Mais il ne faut pas se tromper la disparition du virus sera un risque en moins pour les abeilles mais les papillons hannetons et autres insectes on diminué en nombre dans nos champs avant l’apparition d’hypothétiques ou avérés virus par les processus de dérégulation introduit par les hommes.

    • kyure
      kyure répond à Yvon le Zébulon
      Ingénieur informatique
      • Posté à 05h55 le 19/04/2009
      • Internaute 76959
        Ingénieur informatique

      Croyez-vous vraiment que l’article ait comme sujet l’avenir de l’homme, comme celui de la place des OGM dans notre monde (ces derniers d’ailleurs ne sont pas encore à 100% stériles, comme quoi l’homme ne peut et ne pourra jamais tout contrôler).
      Je ne pourrais jamais plaindre « nos pauvres agriculteurs » (j’adore votre appellation de paysans :) ) qui touchent chaque année de belle « compensations ».
      Quand à votre remarque sur la « nature », je parlerai plutôt « d’environnement ». Mais votre raisonnement dans l’ensemble m’a fait rire car d’une certaine manière il démontre à quel point on peut-être nombriliste tout en croyant être défenseur de cause importantes pour l’homme, notre terre ou l’environnement (on parle de fourmis et l’on dévie vers l’humanité).

      Cet article démontre l’adaptabilité d’une espèce qui s’appui uniquement sur une constatation : « l’homme » (sexuellement parlant) est inutile. Pourquoi s’en encombrer.
      Si l’environnement est stable (contrairement à celui qui entoure l’espèce humaine), à quoi sert la reproduction sexué dont le seul avantage est la diversité (ie. l’adaptabilité) d’une espèce...

  • Panca
    Panca
    raleur qui aime les débats
    • Posté à 11h58 le 17/04/2009
    • Internaute 23059
      raleur qui aime les débats

    Le clonage est une technique (une technologie ?) de reproduction qui a été déjà utilisée au moins expérimentalement. Le premier exemple médiatique connu est la brebis Dolly dont il est public qu’elle a eu des soucis de santé que n’avait pas du tout la brebis qui lui a donné naissance. Dolly qui avait, par sa technique de naissance, des gènes identiques à sa mère, n’a pas une vie identique. On voit donc que la technique du clonage pose des questions et que « tout n’est pas génétique » puisque les deux brebis n’avaient pas les mêmes risques de santé.

    • julien_foucaud
      julien_foucaud répond à Panca
      Postdoc
      • Posté à 13h31 le 17/04/2009
      • Internaute 76527
        Postdoc

      Bien sûr que tout n’est pas génétique !

      un phénotype (=ce que nous sommes), est le résultat de notre génotype (= de nos gènes), de notre environnement, de l’interaction entre nos gènes et l’environnement, et également d’autres facteurs (épigénétiques...)

      tjs la même référence pour les curieux (Richard Dawkins, qu’est-ce que l’évolution ?)

  • delirare
    • Posté à 14h16 le 17/04/2009
    • Internaute 14513

    Et l’homme sans la femme ?

  • Fabienne Gallaire
    Fabienne Gallaire
    Journaliste
    • Posté à 02h14 le 18/04/2009
    • Journaliste 24285
      Journaliste

    Histoire de préciser :
    « Les scientifiques ont déjà observé une espèce qui se passait totalement des mâles pour se reproduire, il s’agissait de “ Demoiselles des Açores ”, des cousines des libellules. »

    Il serait plus juste de dire qu’ils ont déjà observé « une espèce d’insectes qui se passait totalement de mâles ». En effet, on connait bien d’autres espèces parthénogénétiques, la plus frappante pour nous autres Vertébrés égocentriques étant sans doute le Lien du Nouveau Mexique déjà mentionné.
    Mais il y a d’autres exemples tout aussi intéressants, bien qu’il soit moins aisé de s’y identifier, comme les Lien, qui présentent la particularité d’être parténogénétiques depuis des millions d’années, à la différence de la plupart des autres, qui dépassent rarement les quelques dizaines de milliers d’années...

  • the righter of wrongs
    • Posté à 12h22 le 18/04/2009
    • Internaute 76882
      doctorant

    Désolé mais l’existence d’une espèce de fourmi complètement asexuée a déjà été rapportée en 1995 par Tsuji & Yamauchi ! ! ! ! En effet chez Cerapachys biroi, la caste reine n’existe pas et la reproduction est assurée par parthénogénèse thélythoque (comme chez Mycocepurus smithii) par l’ensemble des individus de la colonie. Ces sociétés étant composées de 2 castes d’individus (ouvrières et intercastes) dépourvus de spermathèque, la reproduction asexuée est donc obligatoire...

    Je remercie Anna Himler pour le sensationnalisme crée ainsi que l’ensemble des scientifiques (dont les referees ! ! !) qui bafouent le travail de leur collègues ! ! ! A quoi bon publier des articles s’ils se trouvent oubliés 15 ans après ? ? ?

    Donc soit Anna Himler a volontairement omis cet article pour créer une pseudo sensation médiatique ce qui éthiquement est assez déplorable, soit elle présente avec ses amis referees de grosses lacunes bibliographiques ce qui en devient alors pathétique vu le peu d’articles qui traitent de thelytoquie chez les insectes sociaux...

  • Lovyves
    Lovyves
    ouvrier retraité
    • Posté à 11h52 le 19/04/2009
    • Internaute 50485
      ouvrier retraité

    Peut être l’avenir de l’espèce humaine.
    Un monde sans mal(e) !
    Malgré des lois éthiques, le clonage est, sans doute, l’avenir de ... la Femme !
    Il est vrai que éthique et nature ont du mal à se marier.
    La nature serait perverse ; à moins que l’Homme ce soit perverti par ses croyances.

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