Les médias nourrissent-ils vraiment la crise ?
(De nos archives)
Le mouvement patronal Ethic n’en démord pas : les Français en ont assez d’entendre les médias parler de la crise. Après celui de décembre, Le Figaro relaie un nouveau sondage commandé par cette chapelle du Medef, avec des résultats équivalents. A trop parler de la crise, risque-t-on de l’aggraver ? La question revient souvent dans les commentaires des riverains d’Eco89. Selon le sondage d’Ethic, cette fois, « les Français estiment majoritairement que les médias contribuent à freiner les investissements des entreprises ».
La dernière fois, le quotidien était légèrement plus précis : « Pour 65 % des Français, le traitement de la crise par les médias finit par nuire à l’économie ». Même s’il s’agit une fois de plus « des sondés » et pas « des Français » comme l’indique par erreur le quotidien (Docteur Panel s’étranglerait), cette étude n’a pas eu le même succès, que la précédente, comme l’avait relevé en décembre Acrimed. Eco89 avait évoqué la première dans un article sur la consommation des ménages.
L’argument des médias pyromanes est aussi repris à l’étranger, comme au Canada par le chef économiste d’un important organisme de conférences travaillant avec les entreprises.
Les économistes interrogés par Eco89 sont bien moins catégoriques.
Professeur d’économie de l’information et titulaire du cours de conjoncture économique à l’université Lyon-III, Ahmed Silem estime qu’« il y a une réalité que les médias ne doivent pas masquer » :
« C’est la réalité qui interpelle les gens, pas les médias. Le public n’a pas peur de ce que les autres ou les médias disent, mais de ce qu’il voit. Les “consommateurs” de médias sont tous des saints Thomas. »
Les médias, caisse de résonance d’une crise de confiance
Pour notre blogueur Jean Matouk, « il y a aussi, presque surtout, particulièrement en Europe, moins aux Etats-Unis, une crise de confiance » que les médias nourrissent sans que cela soit intentionnel :
« La reprise ne viendra que quand les consommateurs qui le peuvent élèveront leur niveau de consommation, au lieu d’épargner par précaution et quand les entrepreneurs qui le peuvent (parce qu’ils ont de la trésorerie et/ou trouvent du crédit) recommenceront à investir.
Tous ne le peuvent pas, mais si ceux qui le peuvent le font, alors se mettra en route le cercle vertueux. Pour l’instant la défiance, que les médias amplifient sans le vouloir, par leur nombre et leur mode de fonctionnement, entretient le cercle vicieux. »
Pour Jean Matouk, ce « mode de fonctionnement des médias » tient à leur nombre et, en l’occurrence, à celui des organismes de prévision :
« Les médias sont aujourd’hui très nombreux et divers. Chacun s’efforce de singulariser dans la présentation des données économiques. Même si celles-ci ne varient pas, ils sont donc amenés à se répéter tout le temps.
Les organismes de prévision sont aussi plus nombreux, ce qui multiplie les prévisions, que les médias rapportent. Sans qu’il y ait vraiment novations dans les données, le public peut donc penser, au vu de la répétition des titres et des contenus, que la crise s’aggrave et s’amplifie. »
Une accélération économique avant d’être une accélération médiatique
Autre blogueur d’Eco89, le journaliste économique Gilles Bridier estime que les médias « ont un effet amplificateur, plus qu’accélérateur ». Il rappelle que le dégonflement de la bulle immobilière américaine a commencé début 2007, et que même l’été suivant, quand les alertes sont devenues sérieuses, « les médias n’ont pas fait dans le catastrophisme » :
« On peut même considérer que, si des alertes ont été lancées, les médias ont mis un peu de temps à prendre la mesure de la crise qui naissait. Il a fallu l’explosion de septembre 2008 pour qu’on passe à un mode de traitement moins ponctuel. En revanche, la soudaineté de cette prise de conscience d’une crise qui couvait a pu donner l’impression d’une violente surmédiatisation -l’amplification en question- qui est peut-être réelle dans certains modes de traitement. Mais l’accélération s’est produite par la dynamique des bulles, plus que par la couverture des médias. »
Le traitement médiatique de la crise manque de perspective
Pour le vaticinateur Hugues Serraf, « c’est le suivisme des médias qui, paradoxalement, agit comme un accélérateur. Les rubriques de type “La vie ric-rac” dans Libé, les papiers sur les fermetures d’usine (bien que totalement justifiés par l’actu), les cartes du désastre genre Eco89... Tout ça alimente un climat de dépression qui, à son tour, contribue au pessimisme et à l’attentisme des consommateurs ou des investisseurs. »
Il n’y a pas lieu, cependant, d’« accuser » les médias, selon lui, puisqu’ils « rapportent une réalité » :
« Je pense seulement qu’ils devraient être capables de la mettre en perspective et de donner une vision plus équilibrée de la situation. Lorsque des emplois sont perdus, d’autres sont créés : moins, évidemment, puisque le chômage augmente. Mais à lire la presse sans recul, on pourrait imaginer que les sept plaies d’Egypte se sont abattues sur la Terre, que tous les emplois sont en train de disparaître et que nous allons tous mourir dans d’atroces souffrances avant l’été (à moins, bien entendu, que Sarko accepte de supprimer le bouclier fiscal qui est la clé de la crise mondiale, comme chacun sait). »
Et si les médias se trompaient de crise ?
Pour Ahmed Silem, le problème réside dans « le déficit très grave d’explication » qu’il constate dans la couverture médiatique de la crise :
« Tout est centré sur la crise financière ! Les médias ne disent pas qu’il s’agit d’une crise systémique et que, par exemple, l’automobile est un produit du XXe siècle qui s’essouffle. Les médias relaient purement et simplement des annonces. »
Effet pervers de ce système, selon l’économiste : les licenciements alibi.
« Ce sont en fait des licenciements boursiers. Les entreprises anticipent sur leurs pertes futures et licencient car les médias parlent de la crise. »
Voilà pourquoi, pour Ahmed Silem, les médias ne parlent pas vraiment de la crise dans sa réalité économique.
« S’ils disaient la réalité, ce serait beaucoup plus grave, je pense. »
► Mis à jour le 15 avril à 18h05 après la parution du second sondage d’Ethic. Titre modifié.
- Sur lefigaro.frLes médias sont accusés d'aggraver la crise, sur LeFigaro.fr
- Sur marianne2.frLa crise? Chut, ce n'est pas bon pour le moral..., sur Marianne2.fr
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Les medias ont-ils agrave la crise ? Je dirais que oui, mais je parle au passe. Pendant des annees, ils on pousse a la speculation immobiliere qui est a la source de nos problemes. Alors que je vivais au Royaumme uni, j’etait effare par le nombre d’emmission de tele qui se consacrait a l’achat de bien immobilier, et a la speculation immobiliere. Parfois jusqu’a 5 de site la meme apres midi. Le message subliminal etait le suivant : Si a trente ans vous n’avez pas achete au moins 5 maisons, vous avez rate votre vie. On nous disait combien il etait facile et malin d’emprunter jusqua 120% de la valeur du bien achete avec un pret dont on ne paye que les interet, mais dont on ne rembourse pa le capital avant l’echeance.
Tout cela a contribuer ce beaucoup de personne se lance dans des investissement au dessus de leur moyen. ~Ils en paie le prix fort aujourd’hui. Et si le phénomène a été moins important en France, il a existe.
En fait, les media se focalisent sur ce qui fait vendre, il preferent pour cela les propos extremiste a la voix de la raison.




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