VOTRE PORTE-MONNAIE AU RAYON X 07/04/2009 à 17h47

François-Xavier, photographe, cigale au RMI

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89


François-Xavier Seren, photographe (Audrey Cerdan/Rue89).

Alors que la profession des photographes vient de lancer un appel pour défendre son pouvoir d’achat menacé par « la baisse générale des tarifs », Eco89 passe les revenus de François-Xavier Seren au rayon X. Son histoire résume celle d’un métier qui se précarise.

L’optimisme de François-Xavier force le respect. A 51 ans, cet auteur photographe vient de devenir allocataire du RMI et prend ça avec le moral. Grâce à un solide réseau d’amis, il a pu emprunter 1800 euros le mois dernier pour passer ce cap difficile et il garde bon espoir que sa riche collection de négatifs lui assurera sa retraite.

Lorsqu’il a quitté les bancs de la fac de droit pour se consacrer à son art, le jeune homme était animé d’une vocation qui ne l’a pas laché depuis. Une « mission » pourrait-on dire : dresser un portrait photographique des Français. Trente ans plus tard, son projet n’a toujours pas rencontré le succès escompté. Désormais, dans le petit appartement qu’il occupe, il replonge dans ses clichés et essaie de les vendre à des collectionneurs.

François-Xavier a connu trois carrières, qui correspondent à trois époques du métier de photographe.

1983-1996 : l’époque « royale », « 35 000 à 70 000 francs par mois »

Sans carnet d’adresse, avec juste son book sous le bras, le jeune homme entre chez Point de vue Images du monde. Il réalise régulièrement la couverture et un reportage sur des personnalités du monde, payés 15 000 francs chacun (presque 2 300 euros). Ce qui lui permet de démarrer, avec les aristocrates, le premier volet de son « portrait des Français ». Il vend aussi des reportages sur le même thème à Dynastie, VSD, Vogue Homme... et même des illustrations pour les livres scolaires. Des revues republient ses archives, les chatelains lui demandent de leur tirer le portrait, le tout lui assurant une petite rente.


Chez François-Xavier Seren, photographe (Audrey Cerdan/Rue89).

1997-2002 : sur la route, 25 000 francs les six mois

Lassé de courir les courses hippiques et les rallyes mondains, il s’attaque au volet paysan de son tableau. Des mois durant, François-Xavier démarche des centaines de communes, leur propose un portrait du village sous forme de catalogue, de photothèque et d’exposition. Il accompagne ses images de textes, pour donner encore plus de vie à ses personnages. Il décrit son existence de « vagabond de luxe » :

« Je ne vendais pas cher, 25 000 francs (un peu moins de 4000 euros) pour six mois de travail. C’était peu mais j’étais logé chez l’habitant et nourri aux frais de la commune. Je n’avais plus de loyer à payer et je vendais quelques photos en plus. Ce qui me ruinait, c’était d’aller à l’autre bout de la France pour un rendez-vous avec un maire potentiellement intéressé. »

Le succès d’estime est au bout du chemin mais pas la fortune. Il réalise huit portraits de communes rurales, fait le 13 heures de TF1 et la une de la presse régionale. Puis rentre à Paris les poches vides.

2002-aujourd’hui : les affres de la presse

Son tour de France effectué, il rentre dans la capitale, photographie les Parisiens et fonde une agence de presse photo et vidéo avec deux amis. L’idée : partir en groupe pour une commande et revendre plusieurs fois à la presse plus ou moins le même reportage. Dubaï, Ouganda, il fait de beaux voyages « sans gagner beaucoup d’argent mais sans en perdre ».

En 2005 il revient à la presse, « qui a beaucoup changé » :

« Les tarifs actuels, c’est de l’esclavage. Une demi-page dans le Monde, c’est 300 euros payés six mois plus tard. Sans parler de la goujaterie des directeurs artistiques qui me réservent deux jours pour un reportage, me disent qu’il est annulé puis envoient un autre photographe sans même me prévenir ! »

La communication paie bien mieux mais le marché se ferme depuis la crise.

« Là, au moins, ils paient à 45 jours et je demande 1500 euros la journée de travail. Certes, comme je ne travaille pas en numérique, je dois payer les films et le développement mais je m’en sors encore. »

Il a adhéré à l’Union des Photographes Créateurs (UPC) pour défendre les droits de sa profession.

1

Ses revenus actuel : 407 euros de RMI, mais pas que...

Ecœuré, François-Xavier a définitivement arrêté de travailler pour la presse « qui n’applique pas les grilles syndicales et paie avec six mois de retard ». L’héritage de sa mère (40 000 euros) lui a permis de tenir ces trois dernières années, il termine de le grignoter.

Affilié à l’Agessa, régime de sécurité sociale des auteurs, il n’a aucune assurance chômage, des remboursements maladie minimaux et il a très peu cotisé pour sa retraite. Face à la chute brutale de ses revenus ces derniers mois, il s’est inscrit à Pôle Emploi :

« Je trouve une annonce pour faire de la figuration a priori non réservée aux comédiens. Je postule et on me dit “non, vous ne pouvez pas, vous êtes photographe”. Incompréhensible. »


François-Xavier Seren, photographe (Audrey Cerdan/Rue89).

François-Xavier a donc diversifié les sources de revenus possibles venant de la photo. Il s’est fait un book en ligne, Picture Tank, sur le site de l’agence de photo. Ses images sont vendues à des magazines et il reçoit tous les trois mois un relevé. Souvent la somme s’élevait à 800-900 euros ces dernières années, puis elle est tombée à 450 euros en novembre et 254 euros en février. C’est là qu’il est allé demander le RMI (407 euros).

Il a aussi assuré quelques séminaires d’entreprise, mais a connu une série d’annulations ces derniers mois :

« Les entreprises qui ont besoin d’un regard personnalisé pour leurs journaux internes font encore parfois appel à des photographes, mais sinon les banques d’images d’illustration qui vendent des packs de dix à un euro font l’affaire pour des publications cheap. »

S’il photographiait des mariages et des soirées mondaines, pour 600 euros la journée, on ne lui en a plus proposé depuis des mois. Alors pour « gagner [sa] croûte », il vient de ressortir des tirages de panoramiques de Venise qu’il propose aux petites galeries à 220 euros pièce (le tirage lui coûte 20 euros). Pochette sous le bras, il s’attaque au marché des collectionneurs à qui il tente de vendre ses plus beaux tirages, des noir et blanc de l’aristocratie dans les années 80, car il peut « obtenir jusqu’à 1200 euros le tirage signé de format 50x60cm ».

Optimiste, il est persuadé que ce stock, c’est sa retraite. Et s’inscrire au RMI ne lui a pas brisé le moral :

« Je croyais être le seul, mais je me suis rendu compte que 70% des photographes indépendants y sont. »

2

Dépenses : 1100 euros, sans la pension alimentaire

Fini la grande époque où il cramait de 35 000 à 70 000 francs par mois. Depuis 2008, il n’est plus imposable et désormais, son porte-monnaie tient avec des bouts de ficelle.

« Le plus gros poste, c’est les clopes, j’ai réussi à passer de deux à un paquet et demi par jour, mais pas à arrêter. J’en ai pour 300 euros par mois. Je préfère ne pas y penser. »

Sa grande chance est de profiter d’une sous-location qui ne lui coûte que 200 euros. Une amie loue l’appartement 900 euros et ne lui fait payer que les charges. Le fils de celle-ci doit emménager le mois prochain. Poussé dehors, François-Xavier ne panique pas, il sait qu’il trouvera une solution.

Son ex-épouse lui fait grâce de la pension alimentaire (120 euros par mois) pour sa fille de 14 ans, dont il s’acquitte quand il peut, c’est-à-dire pas ces temps-ci.

Il fait très attention à ses dépenses alimentaires (400 euros par mois), ne s’autorise ni restaurant ni loisir. Son téléphone portable, indispensable pour chercher du travail, lui coûte 72 euros par mois et son abonnement Internet 30 euros.

Les frais de laboratoire plombent un peu son budget, mais il n’a pas les moyens d’investir dans du matériel numérique. Il a trouvé le meilleur rapport qualité-prix de Paris, 5 euros les films et 4,5 euros leur développement, mais a laissé une ardoise de 1500 euros dont il ne sait pas comment il la règlera.

Les emprunts qu’il rembourse à ses copains lui coûtent entre 75 et 100 euros par mois. « Etre dans la merde, c’est une belle expérience... mais il ne faudrait pas qu’elle dure trop », conclut-il dans un sourire.

Photos : François-Xavier Seren chez lui (Audrey Cerdan/Rue89).

  • 15238 visites
  • 32 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Utilisateur désinscrit à sa demande
    • Posté à 18h34 le 07/04/2009
    • Internaute 70482
      nc

    Pour enfoncer le clou, le gouvernement a décidé d’équiper les mairies de « stations biométriques » , ce qui va retirer une partie non négligeable des revenus des artisans photographes.

    Partout en France, les photographes commencent à s’organiser pour faire front, face à cette nouvelle calamité qui leur tombe dessus.

    Dans le Lot où je vis, Alain Auzanneau, photographe dans mon village – Puy l’Évêque – a obtenu du conseil municipal le renoncement à ce projet mortifère.... mais à Cahors, le combat est loin d’être gagné :

    Lien

    Solidarité avec les photographes !

  • in girum
    • Posté à 19h23 le 07/04/2009
    • Internaute 8170

    je le trouverais plutôt fourmi, françois-xavier, et sympa dans la dèche. dans les annonces google sous le papier, 2 french wedding photographers font de la pub : formule variée pour tous les budgets.

  • jmax
    • Posté à 19h38 le 07/04/2009
    • Internaute 3111

    Il semble évident que la tornade Internet accompagnée de la dématérialisation de la photo provoque dans le milieu de la photo les mêmes dégâts que dans l’industrie de la musique ou du cinéma. Les banques d’images à prix réduit comme fotolia, la facilité pour les photographes amateurs dont certains très éclairés de mettre leurs œuvres en libre accès sous licence Creative Commons ainsi que les très grosses difficultés financières des publications papier vont sonner le glas de 95% des photographes et je pense qu’on n’y pourra rien. C’est finalement un métier qui aura duré un un siècle et demi, pas mal quand même

  • DBL8
    DBL8
    Retraité
    • Posté à 20h02 le 07/04/2009
    • Internaute 19562
      Retraité

    Payer un travail 6 plus plus tard n’est vraiment pas acceptable ! Même à 45 jours.
    Comment peut-on penser que c’est normal ?
    Annuler un travail demander sans même dédommager ?

    Il faut avoir une mentalité de chiotte pour ce comporter de cette manière.
    je connais des photographes et c’est devenu TRÈS dur pour eux, internet ? Pas seulement, la mentalité... OUI.
    Bon courage !

    • vol19
      vol19 répond à DBL8
      • Posté à 21h10 le 07/04/2009
      • Internaute 13492

      « Payer un travail 6 plus plus tard n’est vraiment pas acceptable ! Même à 45 jour »

      Idem pour... la formation professionnelle continue, l’enseignement supérieur privé et surtout public, le secteur des études sociologiques, études marketing etc... Qu’en est -il des piges dans le journalisme ?

      Touché coulé, les classes moyennes et plus particulièrement les professions intellectuelles. Même les juristes, les avocats ont du mal...

      La situation s’est dégradé dans nombreux secteurs au début des années 1990/92. Les activités qui touchent les services aux plus riches ou aux grandes multinationales ont un peu plus de chance de s’en sortir, grosso modo qui appartiennent à un certain sérail et qui s’y plaisent.

      Une grande régression qui s’accélère qui ne date pas d’hier mais qui a été silencieuse longtemps.

  • TARPON
    • Posté à 20h19 le 07/04/2009
    • Internaute 27263

    C’est curieux que Rue 89 ait un Photographe attitré ou salarié.Audrey,ils vous paient ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à TARPON
      journaleux - blogueur
      • Posté à 22h20 le 07/04/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

       ;)
      drôle…

      Ce qui est « curieux » dans ce portrait, et c’est valable bien avant les « contrôles anti-fraudes », c’est qu’il s’agit du portrait d’une personne disant dépenser environ 1 100 €/mois (dont 200 de loyer valant forfaitairement 54 € à la CAF puisqu’il n’a officiellement pa de logement) et que par conséquent il ne peut pas prétendre au RMI.

      Si un agent de la CAF lit ce sujet, dans trois mois il a des comptes à rendre (ainsi que les agents qui lui ont ouvert les droits, car ils ne se sont pas enquis de ses moyens de subsistance avant, à savoir 40 000 € de réserve, qui comptent pour partie aux yeux de la CAF, et entièrement aux yeux de la sécu, sinon il aurait droit à la CMU et non à l’Agessa).

      Le RMI est une allocation dégressive, et l’allocataire, au prochain contrôle trimestriel, ne percevra pas (sauf à tricher) le maximum mensuel.

      Ne pouvant penser que Sophie a bidonné le reportage, je ne peux que me dire qu’elle a pris là l’un des plus mauvais exemples possibles, mettant en péril l’avenir du « bénéficiaire » du RMI.

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 23h04 le 07/04/2009
        • Internaute 70482
          nc

        C’est vachement malin de ta part d’en parler, je trouve...

         : (

         
        • FabiendeMénilmontant
          • Posté à 02h47 le 08/04/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          je tombe, Cyp, sur un sujet dont j’estime qu’il ne représente absolument pas la galère classique des RMistes, ni la galère administrative de ceux à qui on cherche des noises à la Caf ou à la Sécu (lui ne cherche pas à avoir la Sécu, du fait qu’il a l’Agessa et qu’il lui restait des sous de son héritage).

          je fais donc le commentaire qui me paraît normal : celui de l’étonnement…

          si tu savais les soucis que je rencontre depuis que l’on me demande de prouver que je suis célibataire, tu comprendrais que certaines choses ne sont pas si faciles ! des administrations me considèrent comme en couple, alors que je n’ai jamais été marié, et ça me prive de certains droits et m’oblige à certaines contributions. Kafka, je connais. des deux côtés de la barrière.

          un inter est « 407 € de RMI mais pas que… »
          le maximum du RMI (hors logement) étant de 400, il est impossible d’avoir à la fois le « mais pas que » et le « 400 € de RMI ». c’est le RMI ou un bout du RMI et le « mais pas que », en attendant le RSA, dont l’exercice a été installé sur le site de la Caf.

        1 autres commentaires
      • vol19
        • Posté à 00h34 le 08/04/2009
        • Internaute 13492

        Ne comprends pas très bien le sens de ton post. Ses réserves il me semble comprendre qu’il les a épuisé.
        Pas sûr que le RMI soit lié au fait d’avoir un logement officiel, sinon beaucoup seraient coinçés, et de fait se retrouvent domicilés dans un CDAS pour des raisons administratives.

        Difficile de rester dans de telles conditions plus de quelques mois, au delà çà commence à tourner peu à peu dans la spirale infernale, rejet de l’entourage... Au delà de deux ans, c’est la volée de plûmes,et le corps en subit les conséquences. Retrouver un cadre stable, logement, est indispensable, et parfois long à rétablir quand çà part en vrille.

        Personnellement, je me suis vu à la Toussaint 2002, à 40 ans, résident temporairement dans une auberge de jeunesse dans un endroit que je connaissais peu, faire ma toute première demande de RMI, au retour je me suis perdu dans les routes et le brouillard, avant de rentrer finalement plutôt désespéré. Pratiquement au même moment, juste à peine à trois cent mètres de là, en quelques secondes l’hélicoptère d’un riche et flamboyant industriel disparaissait sous les flots avant de se poser avec le bruit imperceptible d’un « fer à repasser brûlant jeté dans une bassine d’eau ».
        Bref, tant qu’il y a de la vie, il reste toujours un peu d’espoir, à condition de ne pas trop tirer sur la corde.

         
        • obey-
          obey- répond à vol19
           : -\
          • Posté à 01h27 le 08/04/2009
          • Internaute 66286
             : -\

          La chance (si l’on peut dire) c’est qu’il est deja divorce, dur au rmi de garder une cellule familiale intacte.

        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à vol19
          journaleux - blogueur
          • Posté à 02h38 le 08/04/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Je me suis peut-être mal exprimé.
          Le versement (total ou partiel) du RMI n’est pas dû au fait d’avoir un logement.

          Un locataire EN TITRE bénéficie en sus d’une allocation logement (dont le maximum, pour un célib sans enfant, non handicapé, hors Paris, est de l’ordre de 280 €/mois).

          Un autre célibataire (France métropolitaine, en foyer, hébergé, ou en hôtel) peut percevoir un forfait de l’ordre de 54/55 €/mois, quel que soit le type de logement, du moment qu’il est « officiellement » considéré comme tel (12m2 minimum, point d’eau, hauteur sous plafond, etc).

          Pour ce qui est de ses réserves, il me semble avoir pigé que, au moment de sa demande, il ne les avait pas épuisées. Il est écrit : « Il termine de les grignoter ».

          Sinon, pourquoi serait-il encore aux Agessa ? Le régime de la CMU avec la CMU-C est autrement plus avantageux, et gratuit ! Mais tout le monde n’y a pas droit. Il faut être soit étranger (en situation régulière), soit Européen démuni (avec moins de ce qui semblait lui rester au moment de sa demande). Tu ne peux pas, par exemple, avoir la CMU si tu as gagné des sous au poker ou au loto (mais tu peux avoir le RMI).

          Je ne dis pas que son cas ne mérite pas que l’on s’y attarde, mais simplement que, à vue de nez, il est tout simplement hors critères, et se fera donc remarquer lors de son renouvellement trimestriel.

          Le système mis en place à l’arrivée de l’actuel gouvernement a grippé le système, et occasionné un gros retard (notamment sur trois régions) et quelques couacs informatiques. Tout ceci est quasiment résorbé. Donc s’il déclare ce qu’il déclare à Eco89, il ne peut en aucun cas percevoir 400 €/mois, ce dès le prochain trimestre après la mise en place de son RMI (février 2009).

        2 autres commentaires
      • Sophie Verney-Caillat
        Sophie Verney-Caillat répond à FabiendeMénilmontant
        Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
        • Posté à 11h11 le 08/04/2009
          rédacteur
        • Journaliste 50753
          Journaliste

        Fabien quel mauvais esprit ;)
        Evidemment que le reportage n’est pas bidonné mais heureusement que le RMI ne vient pas en aide aux gens quand ils n’ont plus un euro c’est-à-dire quand ils sont à la rue.
        Pour son cas, il ne s’agit pas de rester au RMI mais cette allocation permet de mieux passer ce mauvais moment, et dès qu’il aura trouvé des ressources, il s’en passera volontiers.
        D’autre part ses 40 000 euros de réserve se sont envolés et il n’a donc pas de moyen de subsistance sauf les 254 euros de son agence + les prêts des copains + ce qu’il arrivera à vendre (ou pas).
        Enfin, je ne vois pas pourquoi « 200 de loyer valant forfaitairement 54 € à la CAF » ?

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Sophie Verney-Caillat
          journaleux - blogueur
          • Posté à 14h08 le 08/04/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          -

        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Sophie Verney-Caillat
          journaleux - blogueur
          • Posté à 14h07 le 08/04/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Il me semble, Sophie, que tu ne connais pas en détails les critères d’attribution du RMI (et encore moins les modalités du flicage mis en place fin 2008).
          Si « ton » cas a déclaré tout ce que tu décris à la Caf et que son dossier est passé ainsi, il y aura un gros bug trois mois après le mois de référence (donc après le contrôle du 5 mai).
          Bien sûr que le RMI n’est pas en soi une fin ! J’en ai connu et suivi toutes les évolutions depuis début 90 (pour la mise en place technique, j’étais outre-mer encore), et suis en train de regarder ce qui se fera après juillet.
          L’histoire des 54€, tu la retrouves ici :
          Lien
          au montant précis actuel de 54,56 que ton cas très particulier ne perçoit pas. Lui n’est pas locataire, ne vit pas en meublé et n’est pas en foyer. Il est considéré comme « hébergé à titre gracieux » et perçoit à ce tire un RMI (actuellement à taux plein selon ce que tu décris) réduit de l’allocation logement.
          Dès qu’il déclarera 254€ trimestriels, son RMI sera déjà amputé de 85€ mensuels, jusqu’à l’instauration du RSA… qui lui fixera les règles (voir sur le site de la Caf les modalités indiquées depuis le 1er avril).

        2 autres commentaires
    • Audrey Cerdan
      Audrey Cerdan répond à TARPON
      Photographe Rue89
      • Posté à 17h28 le 08/04/2009
        éditeur
      • Journaliste 9918
        Photographe

      Oui, merci de vous soucier de moi !
      Pourquoi est-ce que vous trouvez ça curieux ?
      audrey

  • GASTAUD
    GASTAUD
    photographe
    • Posté à 08h47 le 08/04/2009
    • Internaute 24534
      photographe

    Un peu trop facile de dire (dans les commentaires) que c’est à cause du numérique et d’internet, que la profession de photographe est en train de disparaître.

    LA PRÉCARITÉ EST LE MOYEN DE GESTION DU PERSONNEL, DANS LA PRESSE.

    Ainsi il y a moins de frais donc plus d’argent pour les actionnaires et les propriétaires de ces journaux.

    Cela fait longtemps que j’ai constaté que les photographes dans la presse étaient les plus exploités, alors que paradoxalement ils sont la source des images qui sont réalisés.

    Revers de la médaille, la qualité MOYENNE des photos dans la presse française est mauvaise.

    Donc laissons crever la presse papier, et nous (photographes) tournons-nous ou créons d’autres sortes de supports pour montrer notre travail !

    • Sophie Verney-Caillat
      Sophie Verney-Caillat répond à GASTAUD
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 11h02 le 08/04/2009
        rédacteur
      • Journaliste 50753
        Journaliste

      bonjour Gastaud,
      de ce que j’ai pu observer, ce sont surtout les indépendants qui sont exploités, car pour les salariés (rares) les salaires sont plutôt corrects.

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 09h00 le 08/04/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    « Je croyais être le seul, mais je me suis rendu compte que 70% des photographes indépendants y sont [au rmi] »

    Tant que les photographes, les artistes peintres, les vendeurs de bijoux, les acteurs, les musiciens, les créateurs et artistes en tout genre... confonderont loisir et travail...

    • anini
      anini répond à azerty69
      terrienne de souche !
      • Posté à 09h34 le 08/04/2009
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Vous faites de l’humour ?

  • AC-89-
    • Posté à 09h51 le 08/04/2009
    • Internaute 39476

    Deux choses me semblent bizarres dans cet article :
    - 400 euros d’alimentation pour une personne seule me paraissent largement surdimensionnés
    - s’il avait les moyens de laisser une ardoise de 1500 euros il aurait pu s’équiper en numérique

  • TARPON
    • Posté à 11h12 le 08/04/2009
    • Internaute 27263

    L’aide sous toutes ses formes ne resoudra pas son probleme ,ni helas celui de tous les concernés.
    Il appartient à un secteur qui s’est trouvé totalement bouleversé par le numerique ,ce qui lui arrive est un peu ce qui est arrivé à Kodak . Il faut qu’il fasse autre chose ,peut etre essayer de travailler avec les constructeurs de sites internet qui ont besoin de ce type de competence et ne veulent pas payer de droits.
    Si j’ai cité Audrey ,c’est pour avoir été surpris que Rue89 emploie un(e)photographe ; pour vendre des photos ? La finalité m’echappe.

    • Audrey Cerdan
      Audrey Cerdan répond à TARPON
      Photographe Rue89
      • Posté à 17h36 le 08/04/2009
        éditeur
      • Journaliste 9918
        Photographe

      La finalité d’employer un photographe vous échappe ? !

      • TARPON
        TARPON répond à Audrey Cerdan
        • Posté à 18h07 le 08/04/2009
        • Internaute 27263

        Un jesuite à qui,on demandait « où est la route de Limoges ? » ,repondait ; « pourquoi me posez vous cette question ? » Audrey,vous etes Jesuite ?
        Un article sur la triste descente aux enfers d’un photographe qui a voulu aller dans le sens contraire de ses interets commerciaux et une (jeune)photographe qui s’inscrit dans un site web ,qui ne sert pas à prendre les photos du pape ni celles de Sarkozy qui illustrent la majorite des articles sont deux cas à prendre en compte.Sont ce les reproches faits par une communaute d’internautes qui reprochent à Rue89 l’utilisation de leurs photos qui ont incite Rue89 à engager un photographe ou une raison plus commerciale http//assonances.leafar.eu/category/media/media-participatif/

         
        • Audrey Cerdan
          Audrey Cerdan répond à TARPON
          Photographe Rue89
          • Posté à 18h24 le 08/04/2009
            éditeur
          • Journaliste 9918
            Photographe

          Tarpon,
          Peut-être que je suis jésuite, parce que je ne comprends toujours pas votre question. La finalité d’embaucher un photographe, c’est d’avoir une production spécifique de photographies !
          Quant aux reproches formulés par une communauté d’internautes (auxquels Arnaud Aubron a déjà répondu), ils datent de juin 2008, date à laquelle je travaillais déjà depuis plus d’un an pour Rue89 - donc ils n’ont à coup sûr rien à voir avec le fait que je travaille ici. Vous nous prêtez des intentions étranges !

          • TARPON
            TARPON répond à Audrey Cerdan
            • Posté à 18h57 le 08/04/2009
            • Internaute 27263

            je suis un riverain attentif et curieux : comment peut on justifier l’emploi d’un photographe sur un site web alors que la majorite des articles sont illustres par des photos etrangeres ? Votre job est de fournir des photos à Rue89 ou à d’autres sites qui collaborent à rue 89 ,donc de fournir des droits à rue89 ,donc d’etre consideree comme une source de revenus ? Mais est ce rentable pour Rue89 d’avoir une production specifique » ? N’y aurait il pas plutot avantage à faire travailler « spot » un professionnel comme notre invité ?

        2 autres commentaires
  • h-r
    h-r
    • Posté à 13h50 le 08/04/2009
    • Internaute 37765

    Souhaitons à François-Xavier de sortir bientôt de cette mauvaise passe, malheureusement, en effet, partagée par de nombreux professionnels de la photographie, en partie pour les raisons évoquées.

    Le problème est toutefois plus vaste et plus complexe.
    D’un côté, il y a une méconnaissance profonde de la photographie et de l’image, tant de la part des commanditaires que des gens auxquelles elles sont destinées.
    Dans une société bombardée par les images, les gens ne sont ni sensibilisés, ni éduqués à apprécier la valeur de l’image : le sens, le contenu, l’impact.
    D’un autre côté, comme de nombreux métiers artistiques ou artisanaux, la qualité professionnelle s’acquiert au cours de longues années d’expérience.
    La profession de photographe s’exerce sous de multiples aspects et répond à diverses motivations. Dans tous les cas, ce n’est pas « une activité du dimanche », c’est un engagement.

    Un gros problème de cette profession est le manque d’encadrement ; alors qu’il existe de nombreux critères déontologiques liés au statut d’auteur et à la propriété intellectuelle, il n’y a quasiment aucune coordination des professionnels pour faire respecter leurs droits et valoriser leur exercice.

    Il n’est pas normal d’être payé 3 à 6 mois après publication (ce qui peut amener parfois à 1 an après la réalisation) ; le règlement devrait être effectué à la remise des résultats (plus précisément 50% lors de la prise de vue, le reste à la remise).

    D’autre part, le caractère professionnel de cette activité induit la gestion de moyens coûteux en matériel et en équipe, souvent sous-estimé ou négligé.

    Il y aurait tant à dire, révéler, ou divulguer, sur cette profession mal-connue et souvent mésestimée.
    C’est la jungle !

    Cette profession n’est pas encore arrivée à maturité, et pour ma part, je reste optimiste sur son évolution.

    Je garde une préférence pour l’argentique, cette technique d’impression comporte dans son essence-même une dimension vibrante dont je ne connais aucun équivalent.
    Néanmoins, les nouveautés technologiques appliquées à l’image ouvrent un champ formidable à de nouveaux talents, à l’expression des sensibilités et des passions nouvelles.
    Que l’on shoote avec un I-phone ou D3X, le résultat dépend du talent du photographe, et de sa capacité à nous toucher.
    Tant qu’il y aura des photographes, la photographie continuera d’exister et d’évoluer.
    Qui a dit que ce serait facile ?

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h47 le 08/04/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est bien de faire aussi des « unsucces story », c’est une bonne leçon pour ceux qui s’imagine qu’une fois qu’on décolle, on n’a plus à se soucier de l’avenir.
    On est au sommet de sa gloire, on est content, mais le vent tourne et on persiste dans une voie qui ne mènera à rien, alors fatalement on finit mal...
    C’est comme la musique, c’est bien quand on arrive à en vivre, mais quand ça ne suffit pas, faut se trouver un boulot pour remplir le frigo.