Jacques Martin ou l'esprit gaulois
Chanteur, comédien, chansonnier ou animateur : Jacques Martin incarne à lui seul un demi-siècle de télévision. Il est mort ce vendredi 14 septembre à Biarritz. Ou comment devenir, en trois décennies, l’homme de toutes les boutades, des plus caca-pipi (époque « Ecole des fans » à partir de 1977) aux plus irréverencieuses (l’éphémère « Petit rapporteur »). C’était, disait-il, sa manière à lui de « faire du journalisme ».

Derrière les calembours, les parties d’accordéon avec Valéry Giscard d’Estaing (eh, oui, c’est lui) et les Noël de Matignon sur la scène de l’Opéra de Paris avec le couple Chirac en 1987 (encore lui), il y a aussi un esprit impertinent, caustique et gaulois jusqu’au bout des ongles.
Jacques Martin, c’est aussi, difficile à ignorer dans la France actuelle, l’ex-mari de Cécilia Sarkozy, le père de ses filles, l’homme qui, selon la légende, mit son poing dans la figure de l’actuel Président de la République pour lui faire payer le fait de lui avoir pris sa femme. Drapeau en berne à l’Elysée ? Voici comment Jacques Martin présentait l’émission qui restera son panthéon, lancée en 1975 avec Pierre Desproges, Stéphane Collaro ou Daniel Prévost. Il présente ici « Le petit rapporteur » au micro du journaliste Georges de Caunes. (Voir la vidéo)

Jacques Ducerf, de sa véritable identité, n’était pourtant pas programmé pour transgresser les canons du petit écran. Elevé chez les jésuites, fils de bonne famille lyonnaise, il commence au théâtre en 1949, puis à la télévision avec une émission culte « 1=3 », réalisée avec Jean Yanne. Les deux showmen parodient régulièrement l’actualité en réalisant des sketches historiques détournés. En pastichant Napoléon et ses maréchaux en coureurs cyclistes du Tour de France, il écope d’un procès.
Dès lors, l’envie de « fusiller l’actualité » et de dynamiter les habitudes de la classe politique ne le quittera plus. Thierry Le Luron, Pierre Desporges, Daniel Prévost : il fait émerger toute une génération de provocateurs engagés dans les années 70. Quitte à s’égarer lorsqu’il reçoit ses copains du show-bizz. La scène se déroule le 13 avril 1974. (Voir la vidéo)

Naviguant habilement entre les menaces de procès et les menaces de licenciement, Jacques Martin ne parvient toutefois pas à installer durablement l’impertinence dans une télévision encore marquée par ses liens avec le pouvoir.
Au bout d’un an, TF1 arrête « Le petit rapporteur ». Antenne 2 prend le relais avec « La lorgnette », mais seulement pour deux saisons. Vient ensuite la période des « booooon dimanche... » et son cortège de starlettes et d’enfants venus en compagnie de pépé et mémé « sous vos applaudissements ».
Mais même dans ces conditions, l’homme-orchestre réussissait parfois à atteindre des moments de grâce... Comme ce 9 octobre 1994, dans « l’Ecole des fans », avec Tristan, 10 ans. (Voir la vidéo)

Dernier point : Jacques Martin était un bon vivant, adorant la cuisine, les femmes et ses huit enfants. De 1984 à 1989, il fut l’époux de Cécilia Ciganer, future madame Sarkozy que l’ex-maire de Neuilly-sur-Seine avait uni par les liens du mariage... Il était d’ailleurs le père des deux premières filles du couple présidentiel, Judith et Jeanne-Marie.
Certains voient en lui un génie de l’humour à la française, d’autres un tocard, en tout cas la quintessence de l’esprit gaulois façon XXe siècle.
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Webonaute
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Florilège d’hommages dythirambiques pour le grand homme de télévision ; Une anecdote truculente, qui ne passera certainement pas au 20 H de France 2, il aurait pris le président au collet à l’époque où ce dernier était maire de neuilly, pour l’affaire que l’on sait. L’histoire est narrée par un ressortissant de la principauté de Neuilly :
« Jacques Martin a cassé la figure de Sarkozy, alors jeune et fringuant maire de neuilly ,à l’école maternelle où allaient leurs enfants respectifs , par un petit matin d’hiver , sous les regards effarés des autres parents . Je le sais, j’y étais ! Mal réveillée après une nuit de fête, j’emmenais péniblement mon fils à l’école et là, j’ai cru rêver , Jacques Martin était très connu à l’époque -hiver 89/90 je crois- c’était surréaliste de les voir se battre, dans l’entrée de l’école, comme des pauvres types.Inutile de préciser que les amours céciliennes ont été l’objet de tous les commérages gourmands dans le quartier pendant un bail ! »
Sacré Jacques ! ! !




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