30/03/2009 à 15h45

Films engagés : la révolution en marche du cinéma français

Olivier De Bruyn | Journaliste


’Nulle part, terre promise’ (DR).

« Welcome », de Philippe Lioret. « La Journée de la jupe », avec Isabelle « mon éternel retour » Adjani. « Nulle part terre promise » d’Emmanuel Finkiel... Les films français à haute teneur politique et sociale se bousculent sur les écrans. Signe d’un bouleversement dans la production ou hasard de calendrier ?

Habitué aux succès commerciaux (« Mademoiselle », « Je vais bien ne t’en fais pas »), Philippe Lioret va connaître son plus important triomphe au box-office avec « Welcome “, d’ores et déjà plébiscité par 600 000 spectateurs en deux semaines d’exploitation.

Bénéficiant d’un incontestable ‘effet Besson’, ministre en crise mais excellent attaché de presse, le film, porté par Vincent Lindon, rappelle, s’il en était besoin, que le ‘grand public’ sait apprécier autre chose que les bluettes sans conséquences.

Les leçons de ‘Welcome’

Les ‘décideurs’, en premier lieu les grands argentiers des chaînes de télévision, incontournables dans le financement du cinéma national, en sont-ils convaincus ? Pas sûr.

Philippe Lioret, lui-même, ne nourrit guère d’illusions. ‘Welcome’ a été financé sans problèmes ? Soit, mais la qualité du scénario et sa puissance polémique n’y sont pas pour grand chose. Lioret :

‘Welcome’ est un film cher, avec onze semaines de tournages, des scènes compliquées. Mais je bénéficie de mes succès antérieurs. Les gens des chaînes de télévision se disent ‘il a le truc, laissons faire’. Et j’en profite...”

D’autres cinéastes, moins connus et ne comptant pas un acteur “bankable” dans leur casting, ne connaîtraient évidemment pas le même sort. Il y a fort à parier qu’un script équivalent, sans Lioret ni Lindon en tête d’affiche, n’aurait jamais trouvé preneur.

La preuve, en forme d’ironie de l’histoire. Il y a quelques années, Philippe Lioret comptait adapter un livre de son ami Olivier Adam, “A l’abri de rien”, déjà consacré aux clandestins de Calais. Problème : les droits appartenaient à l’un de ses confrères, Jean-Pierre Améris. Ce dernier, moins couronné de succès que Lioret, n’est jamais parvenu à financer le film pour le cinéma. Sa fiction, rebaptisée “Maman est folle”, est finalement devenue un... téléfilm.

Le triomphe public de “Welcome”, venant après quelques autres (entre autres, “La Graine et le mulet”, d’Abdelatif Kechiche et “Entre les murs ‘, de Laurent Cantet), va-t-il enfin persuader les décideurs qu’ils ne risquent pas grand-chose en produisant plus souvent des films moins formatés (et moins coûteux) que les énormes comédies dites populaires, dont le récent (et affligeant) Coco’ est le dernier symptôme ?

Car pour un ‘Coco’ qui marche, si l’on ose dire, combien de comédies onéreuses qui ne rapportent pas un euro lors de leur exploitation en salles ?

L’activisme du Club des 13 l’an passé, tirant trois fois plutôt qu’une la sonnette d’alarme au sujet du conformisme dans la production, sera-t-il suivi d’effets, après l’accueil plutôt favorable des autorités compétentes ? A suivre, mais l’exemple ‘Welcome’ rappelle que les films du ‘milieu’ (exigeants et populaires) ne sont pas seulement (parfois) de bons films, mais aussi (souvent) de bonnes affaires commerciales. Aucune raison, donc, de ne pas les financer.

La télévision, une issue ?

C’est un des grands paradoxes de la production. Alors qu’elles font souvent preuve de frilosité quand il s’agit de financer des films de cinéma sortant des normes, les chaînes de télévision (le service public, et surtout Arte et Canal +) semblent plus audacieuses quand il s’agit de produire des téléfilms singuliers...

Et aussi...
Depuis le début de l’année 2009, l’actualité cinéma est riche en films divers et passionnants. À côté des inévitables américains ( ‘Gran Torino’, d’Eastwood, ‘Milk’, de Gus Van Sant, ‘Les Noces rebelles’, de Sam Mendes...) et des mastodontes inspirés du cinéma français (‘Welcome’, de Lioret ; ‘La Fille du RER’, de Téchiné), quatre fictions méritent le détour : l’incroyable ‘Tokyo Sonata’, de Kiyoshi Kurosawa, portrait acide du Japon contemporain. Le très beau ‘24 City’, de Jia Zhang-ke, témoignage rude sur les mutations de la Chine contemporaine. Ou encore, rayon français, ‘35 Rhums’, de Claire Denis et ‘Un chat un chat’ de Sophie Fillières (avec Chiara Mastroianni), comédie futée et inventive qui ne ressemble à rien de connu dans la production nationale. Tous ces films, pour l’heure, sont encore à l’affiche...

‘La Journée de la jupe’, de Jean-Paul Lillienfeld, a ainsi été produit par et pour la télévision, avant de connaître une sortie dans les salles.

Quoi que l’on pense du (télé)film (à mon sens, aussi faible sur le fond que sur la forme, mais c’est un autre sujet), l’opération est rentable pour tout le monde. Arte réalise un carton à l’audimat, la fiction est vue par un nombre bien plus important de spectateurs (2 millions) que si elle était sortie ‘simplement’ en
salles et le débat qui accompagne sa diffusion (grandeurs et misères de l’école de la République) est évidemment digne d’intérêt.

Et ‘La Journée de la jupe’ n’est pas un cas isolé. Alors que le cinéma français, à quelques heureuses exceptions près, peine à aborder les sujets qui fâchent (pages sombres de l’histoire nationale, sujets en prise avec les blessures de l’époque), la télévision, à la surprise générale, prend parfois des risques.

Ainsi, récemment, ‘L’Ecole du pouvoir’ de Raoul Peck sur Canal + (la promotion Voltaire de l’ENA et les désillusions des années post-1981) ou ‘La Cagoule’, de Marcel Bluwal sur France 3 (les années 30 et la montée du fascisme), ont stimulé nos écrans cathodiques.

Et ce n’est qu’un début. Arte diffusera le 24 avril, ‘Une femme à abattre’, stimulante fiction signée Olivier Langlois (avec Mélanie Doutey) revenant sur l’assassinat à Moscou d’Anna Politkovskaïa.

Côté Canal, où sous l’impulsion de Fabrice de la Patellière (directeur de l’unité fiction) le téléfilm a gagné ses vraies lettres de noblesse, des projets passionnants s’amoncellent. Après la Gestapo française, l’affaire du Rainbow Warrior ou le SAC, la chaîne développe actuellement des fictions consacrées à Maurice Papon, l’affaire Yann Piat ou encore l’itinéraire du terroriste Carlos.

Aux manettes de ce dernier (télé)film, un... cinéaste : Olivier Assayas, qui va tourner trois films d’une heure et demie chacun. Un projet coûteux (estimé à douze millions d’euros), mais qu’il n’aurait jamais pu mener à bien sur une telle longueur (et à un tel prix) pour le grand écran. Fabrice de la Patellière :

‘Les produits télé sont déringardisés’. Il y a cinq ans encore, leur image était si négative que l’on avait du mal à attirer les réalisateurs de cinéma. Désormais, il n’y a plus de réticences. Les scénaristes et les cinéastes ont très bien compris qu’ils pouvaient bénéficier d’une vraie liberté en travaillant pour nous.”

Sortir de tous les sentiers battus

Un film du “centre” qui cartonne, un (télé)film sociétal qui confirme la relative audace des chaînes de télé ambitieuses... Mais ailleurs ? Dans les marges ? Quel espace pour les cinéastes qui bossent hors des normes et ne respectent aucune des règles de l’industrie (scripts en béton, acteurs consacrés etc.) ?

Dans une économie marginale, certains poursuivent leur chemin et, très loin des snobismes de l’auteurisme officiel, signent des films rares.

Cas d’école, Emmanuel Finkiel qui, une petite dizaine d’années après “Voyages”, revient avec “Nulle part terre promise”, film où le projet esthétique est indissociable de la réalité sociale et politique mise en scène.

Autour de trois personnages principaux (une étudiante, un cadre “gérant” des restructurations industrielles, un Kurde sans papiers), Finkiel met enscène, sans aucun didactisme, les contradictions et les fractures de
l’Europe d’aujourd’hui.

Presque pas de dialogues dans le film, mais une description ultra-sensible du monde comme il va (mal) où, par la seule force du cinéma (mise en scène, découpage, montage), le réalisateur donne à voir...

Avec ses comédiens, la plupart non
professionnels, son art du cadre et de la composition, Finkiel entraîne dans un récit composite qui, à sa manière (libre et radicale), raconte son époque avec une puissance évocatrice dont sont dépourvus la plupart des films d’aujourd’hui.

Tant mal que bien, ce cinéma-là continue d’exister. Espérons, pour longtemps.

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 16h41 le 30/03/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    Le public a du faire le tour des films à l’eau de rose, de violence, de meurtres avec adn, d’effets spéciaux en tout genre, le tout assaisonné de bonnes scènes érotiques limite porno etc..

    il faut leur parler maintenant de problèmes de société...peut-être ?
    Les aider à se projeter un peu dans l’autre, apprendre à comprendre l’autre, et peut-être les faire avancer psychologiquement.

    Une éducation civique d’humanité ludique en quelque sorte.

    CE N’EST PAS LE FAIT D’ÊTRE C.. QUI EST GRAVE, C’EST DE LE RESTER ... Patrick Timsit

  • sacha du 16
    sacha du 16
    sud- sud\est
    • Posté à 16h33 le 30/03/2009
    • Internaute 73914
      sud- sud\est

    Tous ces films ne véhiculent qu’un seul message :

    les Français blancs et chrétiens sont des salops, les émigrés eux sont des gens formidables...

    Simpliste, facile et dans l’air du temps...

    L’intelligentsia bobo Parisienne va adorer, le peuple Français de souche va encore morfler...

    • anini
      anini répond à sacha du 16
      terrienne de souche !
      • Posté à 16h45 le 30/03/2009
      • Internaute 51759
        terrienne de souche !

      Et bien , disons que ça nous laisse un choix avec le bourrage de crâne gouvernemental ! ....
      Une autre vision de la réalité !

    • Tyb
      Tyb répond à sacha du 16
      (par ici, par là)
      • Posté à 16h49 le 30/03/2009
      • Internaute 24914
        (par ici, par là)

      C’est pas grave, le peuple français ira voir « Bienvenue chez les Chtis 2 : vive l’Auvergne » pour se consoler.

    • flixp
      flixp répond à sacha du 16
      Aboyeur
      • Posté à 17h33 le 30/03/2009
      • Internaute 34063
        Aboyeur

      c’est vrai qu’il devrait y avoir des films avec des minorités du 16. Surtout ceux qui comme vous pensent comme des casseroles.

    • didier1
      didier1 répond à sacha du 16
      retraité
      • Posté à 18h46 le 30/03/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      Vous avez vu la journée de la jupe ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?

      • 101.7
        101.7 répond à didier1
        Promeneur
        • Posté à 18h58 le 30/03/2009
        • Internaute 59121
          Promeneur

        Je crois que non, c’était l’heure où il arrosait ses « souches ».
        Lui n’a pas du être arrosé, quand ça sent le rance comme ça...

      • Humain
        Humain répond à didier1
        • Posté à 00h01 le 31/03/2009
        • Internaute 21387

        Oui....

        La journée de la jupe.

        Salle comble... dans un cinéma de quartier, car ce film n’a pas le droit de passer dans de grandes salles... Il faut laisser de la place à de films comme « entre les murs » qui sont plus politiquement « correct ».

        « La journée de la jupe » est un Film, superbe, acteurs superbes, et un scénario effectivement qui est remarquable ! .

    • steed1
      steed1 répond à sacha du 16
      Franco-Breton
      • Posté à 10h42 le 31/03/2009
      • Internaute 29140
        Franco-Breton

      ça veut dire quoi français de souche ? de quelle souche ? moi je sois de souche galloise via la bretagne et un bout de scandinavie, c’est bon ? par contre je ne suis français que depuis 43 ans, c’est pas beaucoup. mon voisin est français de souche algérienne et il est musulman, par contre il est français depuis 57 ans, plus longtemps que moi donc.
      mon fils est français de souche via la pologne, la bretagne la scandinavie et l’italie, c’est bon aussi ? par contre il n’est pas baptisé, j’ai un malus pour ça ? en plus il n’est français que depuis 13 ans c’est vraiment peu, surtout comparé à mon voisin qui l’est depuis 57 ans...

      • Yago
        Yago répond à steed1
        • Posté à 19h24 le 31/03/2009
        • Internaute 30043

        Français de souche républicaine ça vous dit quelque chose ? Les immigrés ne sont pas en cause, ils sont dans une logique d’immigration. Ce qui est abject dans ces films, c’est la mauvaise conscience d’être Français. Les immigrés, vous les aimez pauvres et sans défense, inadaptés, au service de votre compassion coupable.
        Ces films c’est comme « L’instit’ » avec Gérard je sais plus son nom.
        Il faut dépasser le racisme pour découvrir la culture de l’autre.
        Vous semblez confondre racisme et identification

      • Humain
        Humain répond à steed1
        • Posté à 22h14 le 31/03/2009
        • Internaute 21387

        Aie, je suis de souche Afrique-Normandie... Il y du mal ?

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 16h53 le 30/03/2009
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    Devant l’incurie médiatique le cinéma s’empare naturellement des sujets sociaux. Pendant que l’un nous vante la sauce libérale et le bling-bling,l’autre nous met le doigt sur la réalité de la vie quotidienne.

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 18h07 le 30/03/2009
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Du « Thé au harem d’Archimède » à « l’Esquive, “La graine et le mulet”, “La commune” (série Canal), “ Entre les murs”, “Welcome” + les films belges des frères Dardenne, tous ceux qui le veulent peuvent voir des films de grande facture et sociologiquement éclairants.

    (Oublions le pauvre ramassis de clichés de“la journée de la jupe”...
    et “Nulle part, terre promise” , un peu fastidieux, hélas).

    Et, SVP, il faut voir “INLAND” !

    • Atlantis
      Atlantis répond à PIT LE CHIEN
      Etudiant apolitique
      • Posté à 18h18 le 30/03/2009
      • Internaute 39710
        Etudiant apolitique

      « La journée de la jupe » un ramassis de clichés ?
      J’ai trouvé ce film très juste et très touchant, en particulier parce qu’il évitait de rester dans les lieux communs, du type « Nos amis des cités sont formidables ( surtout si ils restent chez eux...) », ou alors « ce sont tous un ramassis de racailles sans avenir »
      Bien que n’ayant jamais vécu dans une citée sensible, je peux affirmer, à travers les divers reportages que j’ai vu ou lu (des vrais je précise, pas ceux du JT de Pernod) que vivre dans les cités sensibles n’est pas une sinécure, et cela m’a été amplement confirmé par un ami venant du 93. Lever un voile sur les problèmes qui y existent ( violence, infériorité des femmes - hélas assez répandue aussi sur l’ensemble du territoire il est vrai-, problème des rapports entre l’éducation nationale et les enfants, le tout avec une bonne dose de misère sociale ...) ne me semble donc pas être une mauvaise chose.
      Amicalement
      P.S. Au niveau cliché, entre les murs bat tous les records^^

      • PIT LE CHIEN
        PIT LE CHIEN répond à Atlantis
        Wouaooouh!
        • Posté à 19h36 le 30/03/2009
        • Internaute 25924
          Wouaooouh!

        Je complète : La journée de la jupe... un ramassis de clichés, sans forme et, mal joué car non dirigé, par un non-réalisateur : Lilenfield, qui n’en est pas à sa première daube. « La journée de la jupe » est au cinéma ce qu’Orelsan ou Sherifa Luna sont au rap et au RN’B, BHL et Poivre à la littérature, etc... !

         
        • Humain
          Humain répond à PIT LE CHIEN
          • Posté à 23h52 le 30/03/2009
          • Internaute 21387

          Vous ne seriez pas ce que l’on nomme un « cultureux », du genre de ceux qui ne voient dans la culture que ce qui exprime ce qu’il convient de dire....
          (Mais peut être préférez vous des film engagés, comme « coco ».... Non ?)

          A simplement ne dénigrer que ce qui est dénigré de tout le monde...

          Seulement « la journée de jupe n’est pas cela » ! !

          L’avez vous seulement vu ?
          Mais peut-être n’avez vous pas vraiment cherché à comprendre.

          Peut être seriez vous un peu machiste sur les bords.... ?

        1 autres commentaires
    • Humain
      Humain répond à PIT LE CHIEN
      • Posté à 23h33 le 30/03/2009
      • Internaute 21387

      La journée de la jupe « un ramassis de clichés » ?

      Allez donc le voir, avant de juger ! !

      La journée de la jupe est un grand film.

      Salle comble... dans un cinéma de quartier, car ce film n’a pas le droit de passer dans de grandes salles... Il faut laisser de la place à « entre les murs » qui est plus politiquement « correct ».

  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 18h15 le 30/03/2009
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    révolution dans le cinéma français ?

    on peut, en choisissant d’autres exemples, interpréter différemment la production. Prenons trois films, comme vous :

    « Coco » d’elMaleh,
    « Cyprien » de Semoun,
    « Safari » d’Olivier Baroux,

    je vois mal où se situe la « révolution ».

    maintenant, si le cinéma français redécouvre le « social » et la vigueur du cinéma italien des années 70/80 nul ne s’en plaindra.

    • Lemmy_Nothor
      • Posté à 18h56 le 30/03/2009
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Je vous propose de revoir les Coeurs Verts, ou bien La Maman et la Putain, entre autre...oui, ça date, mais si on parle des années 70, ça rentre très bien dans le sujet.

      Le problème est ailleurs, selon moi. Je ne sais pas quand et pourquoi cela s’est produit, mais il y a eu un detournement de la fonction de producteur. Au lieu de prendre des chances et parfois de se planter, aujourd’hui c’est l’idée de profit qui prevaut On préfère investir 100 millions d’euros sur un film comme Asterix aux Jeux Olympiques, au lieu de faire 20 films avec un budget de 5 millions chacun.
      C’est une grave erreur, et pas uniquement pour la question de profits et de rentabilité, car il existe beaucoup de films petit budget qui ont fait des sous, mais l’erreur dans ce cas c’est que l’on ne forme pas de nouveaux cinéastes. Quand un film a un budget énorme, on ne prend pas de risques, on le donne a un réalisateur qui a fait ses preuves.

      Je suis technicien depuis trente ans, et j’ai travaillé sur les deux types de productions...je préfère les films a petit budget, car on prend plus de risque coté scénario.
      Curieusement, les grands studios américains faisaient des choses extraordinaires avant que les sujets de films soient « censuré » par la loi Hayes en 1934. voir article ( en anglais )

      Lien

      • sup. à la demande du riverain 29 juin
        • Posté à 19h50 le 30/03/2009
        • Internaute 58127
          bye bye ...

        j’ai revu « les coeurs verts » il y a un mois environ !

        la production qui auparavant s’apparentait (presque) au mécénat, avec prise de risques et audace a succombé entre les mains de rapaces qui ont oublié que le cinéma est un art avant tout.

        Quand je vois sur des affiches « Par le producteur de .... » utilisé en argument de « qualité », comme si le nom d’un vorace devait faire vendre, je ne vais pas voir le film.

        le cinéma est phagocyté par une petite caste : il suffit de voir qui tourne et avec qui.

        Ce soir, je regarde pour la vingtième fois (au moins) « Cinéma Paradiso » de Tornatore.

         
        • Lemmy_Nothor
          • Posté à 20h04 le 30/03/2009
          • Internaute 12434
            - Gone fishing !

          Je viens de voir un petit chef d’oeuvre que je ne connaissais pas....
          The Fall, de Tarsem Singh....de toute beauté.

          Par contre, j’aimerai bien revoir Les Coeurs Verts.....je l’ai vu à sa sortie, une seule fois.

        2 autres commentaires
  • camarade vitamine
    • Posté à 18h37 le 30/03/2009
    • Internaute 53263

    C’est bien connu et désormais plus que certain : une bonne guerre et c’est l’industrie qui repart !

    • didier1
      didier1 répond à camarade vitamine
      retraité
      • Posté à 18h49 le 30/03/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      peut-être pas encore une bonne guerre mais une bonne crise et des films un peu moins nunuches (pour certains)

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 18h41 le 30/03/2009
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    Comme si « WATCHMEN » n’était pas un film engagé ! ! Pour un info, il est engagé et beaucoup plus qu’on ne le croit !
    Ce n’est pas parceque c’est un « blockbuster », du gros budget, des effets visuels spéciaux, que ça n’aurait rien d’engagé .. !
    et à coté « Welcome », c’est de la pacotille !

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à Julien83
      - Gone fishing !
      • Posté à 18h58 le 30/03/2009
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      West Side Story aussi était un film « engagé ».....et pourtant gros budget lui aussi.

    • Iv
      Iv répond à Julien83
      Roboticien utopiste
      • Posté à 15h44 le 31/03/2009
      • Internaute 39192
        Roboticien utopiste

      Disons que la dérive fasciste des super-héros n’est pas un sujet politique très polémique. Dés qu’on a une histoire du même auteur qui parle de sujet plus délicats (l’action anarchiste dans un état policier et une apologie du terrorisme), dans V pour Vendetta, on voit la BD transformée en un bonbon sucré et insipide.

  • désactivé à la demande du riverain
    • Posté à 18h46 le 30/03/2009
    • Internaute 73962
      ...

    C’est ciné-charognard : on exploite la misère et le malheur des salariés licenciés ou des migrants... à la sauce compassionnelle. Pas besoin d’avoir du talent, ça marche toujours. C’est facile, c’est pas cher et ça rapporte gros...

  • mioumiou
    • Posté à 18h53 le 30/03/2009
    • Internaute 34943

    Sans oublier les chefs d’oeuvre :
    - « Vas t’en mais reviens une fois la pluie passée »
    - « J’arrive, j’ai un train qui part mais je ne sais pas quand est ce qu’il arrive »
    - « Ne t’en fais pas, je ne me suis pas brûlé le doigt en faisant les crêpes »

    ....

    Désolé !

    • 101.7
      101.7 répond à mioumiou
      Promeneur
      • Posté à 19h03 le 30/03/2009
      • Internaute 59121
        Promeneur

      Chère mioumiou,

      Vous oubliez le plus gros navet de ces dernières années :

      « Ensemble tout est possible » !

      • camarade vitamine
        • Posté à 20h54 le 30/03/2009
        • Internaute 53263

        Et la fin...vous avez vu la fin ?

         
        • BobCat
          BobCat répond à camarade vitamine
          observateur
          • Posté à 23h04 le 30/03/2009
          • Internaute 71310
            observateur

          Cela ne saurait tarder,

          Nous visionnons en live et en 3D en ce moment le film !

          • Iv
            Iv répond à BobCat
            Roboticien utopiste
            • Posté à 15h46 le 31/03/2009
            • Internaute 39192
              Roboticien utopiste

            Vous avez de la chance. Les seuls médias encore un peu libre que je connaisse ne sont que textuels... Je crains bien de n’apprendre le dénouement que sur un site Web.

        2 autres commentaires
      • BobCat
        BobCat répond à 101.7
        observateur
        • Posté à 23h05 le 30/03/2009
        • Internaute 71310
          observateur

        « Ensemble tout est possible » !

        Bravo, quelle célerité mentale !

        Il fallait la trouver celle-là !

        Je n’y aurais jamais pensé !

         ; -)))

  • Autist Reading -
    Autist Reading -
    In enculo cum vibro
    • Posté à 19h28 le 30/03/2009
    • Internaute 73535
      In enculo cum vibro

    Pourriez-vous nous signaler à quelle organisation du mouvement ouvrier, chacun des films dont vous nous parlez reverse ses bénéfices ?

    La révolution est un marché comme les autres...

  • delalo
    delalo
    Anti A.G.C.S
    • Posté à 19h32 le 30/03/2009
    • Internaute 26064
      Anti A.G.C.S

    Est-ce que c’est le monde qui change le cinéma, ou est-ce que c’est le cinéma qui change le monde ?

  • Valdo Lydeker
    Valdo Lydeker
    journaliste, auteur
    • Posté à 19h50 le 30/03/2009
    • Journaliste 7922
      journaliste, auteur

    Citons aussi parmi les auteurs intéressants Nicolas Klotz et sa trilogie, notamment le remarquable « La question humaine ».

    Quant à la « Journée de la jupe », elle est applaudie par Rioufol, Zemmour, autres « briseurs de tabous » et « pourfendeurs du politiquement correct ».., et par les éternels réacs de l’éducation tendancer Brighelli, et « Marianne.fr » en fait des orgasmes à répétition. Autant dire que sa promotion obéit à des motifs politiques assez glauques. Il fallait sans doute contrecarrer le succès d’Entre les murs et Welcome... Le film vaut peut-être mieux que ses défenseurs (encore que j’en doute) mais je n’irai certainement pas payer pour le voir.

    • camarade vitamine
      • Posté à 20h56 le 30/03/2009
      • Internaute 53263

      Oui, « “La question humaie” décrit très bien les mécanismes du libéralisme et de sa fonction mortifère.

    • Humain
      Humain répond à Valdo Lydeker
      • Posté à 23h56 le 30/03/2009
      • Internaute 21387

      Concernant « la journée de la jupe »...

      Peut être etes vous un pau macho sur les bords non ?

      Car à y voir dans sa p^romotion des motifs politiques assez glauques.... Il faut avoir une bonne vue ! !

      Quand au reste contentez vous de ne décrire ou de dénigrer que les films que vous n’avez pas vu ! !
      Vous vous dites journaliste ? Hé bien !

      • Valdo Lydeker
        Valdo Lydeker répond à Humain
        journaliste, auteur
        • Posté à 16h41 le 31/03/2009
        • Journaliste 7922
          journaliste, auteur

        Quand des sites comme fdesouche et le blog de Rioufol s’extasient devant le « courage » de ce film, je me sens parfaitement en droit de dire que c’est une récup politiquement glauque. Ça m’évoque irrésistiblement les belles basses cours à bijoux de Souchon et ses « mais comprenez moi, la djellaba, c’est pas c’qu’i faut sous nos climats »... Mo appréciation porte sur la promo, pas sur le film , que je n’ai pas vu et que je n’irai pas voir.

         
        • Humain
          Humain répond à Valdo Lydeker
          • Posté à 22h19 le 31/03/2009
          • Internaute 21387

          Si vous ne l’avez pas vu.... evitez de donner un point de vue, qui dans ce cas n’est pas vôtre !

        • Au sud de nul part-
          Au sud de nul part- répond à Valdo Lydeker
          Situation
          • Posté à 03h26 le 01/04/2009
          • Internaute 57434
            Situation

          Oh...que dîtes vous ( :)) ? La gauche se décomplexerait sur le dos de la « banlieue » ? Ce film serait une sorte de revanche de la gauche....décomplexée ? Allons....le pire, c’est que ce phénomène ne fait que commencer, malheureusement.

          Ps. : Souchon est un con. ( :))

          Factotum

        2 autres commentaires
  • milou83
    milou83
    neant
    • Posté à 21h34 le 30/03/2009
    • Internaute 69244
      neant

    a tous les peintres,un sujet, « l’incontinence morale » rendez vous sur ebay,peinture contemporeine,« scene de genre » dans 6 mois

  • Naunaunawak
    Naunaunawak
    Etudiant
    • Posté à 06h38 le 31/03/2009
    • Internaute 68091
      Etudiant

    Puisqu’on est lancé dans le cinéma engagé, ou engagé sans l’être, je pense au film Le Direktør de Lars Von Trier... un film qui résume assez bien le monde d’aujourd’hui... avec des patrons invisibles mais dont l’image se doit d’exister pour que la servitude volontaire ne s’estompe pas au moins un peu...

  • STEFFEN Louis
    STEFFEN Louis
    ancien enseignant réformateur
    • Posté à 09h36 le 31/03/2009
    • Expert 25070
      ancien enseignant réformateur

    Le sort qui est fait à deux films, Welcome et la Journée de la jupe, par le microcosme médiatique, est révélateur de la fonction remplie par la critique cinématographique « de gauche » dans notre pays : encenser les films à sujets prétendument courageux mais à condition qu’ils ne remettent pas en question les clichés de la pensée unique (de gauche) et qu’ils véhiculent des bons sentiments sans écorner leur ambiguïté. Ainsi on n’a pas de mots assez élogieux pour le premier, Welcome, qui, grâce au mécanisme de l’identification, fait de chaque spectateur un héros admirable sans qu’il aît à prendre le moindre risque. Il lui suffit de se laisser aller à la douce euphorie des bons sentiments charitables, le temps d’une projection, avant de retourner à la défense de ses intérêts et de son pré carré. Inversement, la journée de la jupe est « faibe dans la forme et dans le fond » nous dit, pour l’exécuter, la préposée aux rituels d’excommunication. Trop dérangeant, sans doute, ce film qui ose montrer que, dans la réalité, les choses ne sont pas aussi simples que dans les pétitions humanitaires et qu’on ne résoud pas des problèmes complexes avec des schémas simplistes fussent-ils bien commodes pour occulter les douloureuses contradictions de la condition humaine. Le formatage ne sévit pas que dans le cinéma et la presse de droite.

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