tribune 29/03/2009 à 15h46

L'Etat doit-il continuer à aider les banques ?

Miroir social"
Richard Maupied | Miroir Social

Qui vérifie la réalité des pertes affichées ou des besoins clamés ? Que font les agences de notation ? Comment peut-on accepter que les trois grandes agences de notation internationales, plus précisément anglo-américaines, Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings continuent à jouer un rôle majeur dans le système financier ?
N’est-ce pas une gigantesque escroquerie à l’argent public et à la garantie publique ?

Pour sauver le système financier et bancaire, des Etats ont été jusqu’à se mettre en péril. C’est le cas de l’Islande, voire plus modestement des pays du Benelux. Partout l’endettement public a explosé et ceux qui vilipendaient la dette publique dès lors qu’elle pouvait être en rapport avec des dépenses sociales, sont étrangement muets aujourd’hui.

On craint que le déficit français atteigne près de 80 milliards à fin 2009 !

On arrive pourtant à une situation aberrante. Les Etats doivent relancer l’économie en s’endettant, tout le monde semble d’accord sur le principe, mais sans « fragiliser la confiance dans la viabilité des finances publiques », comme le réclame le président de la Banque centrale européenne (BCE) Jean-Claude Trichet.

Or déjà, l’Espagne et la Grèce ont vu leur notation dégradée par l’agence Standard and Poor’s. Ces pays vont donc devoir payer plus cher pour trouver des investisseurs qui les aident à régler leurs dettes.

Comment peut-on faire confiance aux agences de notations ?

Le comble, c’est que les agences de notations -qui sont des structures privées- ont complètement failli dans leurs analyses des risques financiers qui s’accumulaient à la vitesse d’un ouragan. Pourtant, elles se permettent encore de juger de la solidité financière des Etats !

Comment peut-on accepter que les trois grandes agences de notation internationales, plus précisément anglo-américaines, Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch Ratings, continuent à jouer un rôle majeur dans le système financier, alors qu’elles avaient maintenu une bonne notation pour Enron jusque quatre jours avant la faillite !

Bien entendu, elles n’ont rien prévu en ce qui concerne l’accumulation massive de produits financiers à haut risque, les subprimes ou plus récemment le scandale Madoff.

Depuis 2003, le Congrès américain se demande si les agences devraient ou non être réglementées. La Securities and Exchange Commission (SEC), gendarme des marchés américains, semble opposée à ces mesures de contrôle.

La question de la validité de leur opinion, de leur sérieux, de leur indépendance peut pourtant sérieusement se poser…

Se débarrasser des actifs pourris

Qui contrôle et vérifie les pertes abyssales annoncées par les banques ?

Depuis l’automne, les Etats sont perçus comme un ultime recours face à la crise. Ils ont d’abord été sollicités, dès septembre, pour éviter un écroulement du système financier. Ce risque les a conduits à entrer dans le capital de nombreuses banques en difficulté -comme aux Etats-Unis, en Belgique, au Luxembourg ou en Grande-Bretagne-, à injecter des liquidités dans ces établissements ou encore à apporter leur garantie aux opérations de crédits entre banques.

Aujourd’hui, le plan américain de relance serait supérieur à 1000 milliards de dollars, le plan allemand dépensera 50 milliards d’euros sur deux ans. Ces interventions des Etats ont un coût qui demande un recours à l’emprunt.

Car les dépenses publiques augmentent au moment où les recettes fiscales baissent, l’impôt sur les entreprises et les particuliers rapportant moins puisqu’elles engrangent moins de profits et consomment moins.

En fait, tout se passe comme si l’objectif réel et prioritaire des banques était de se débarrasser de tous leurs actifs « pourris » sur la puissance publique ! Et ça marche.

En fait, plus que de l’argent, les banques veulent nettoyer leur bilan, autrement dit se débarrasser des crédit pourris qu’elles ont accumulés et les mettre dans une structure de défaisance, comme pour le Crédit Lyonnais il y a quelques années.

Londres a annoncé un autre plan de sauvetage pour recapitaliser Royal Bank of Scotland qui a perdu 31 milliards d’euros en 2008. Dublin va nationaliser AIB.

Aux Etats-Unis, le projet d’une banque publique récupérant les actifs toxiques avance à grands pas. Et c’est une idée qui chemine en France…

Ces fameuses banques seraient aux abois mais cela ne les empêchent pas de continuer à distribuer des dividendes et des bonus fabuleux, payés par l’aide publique ! Il a fallu que les présidents français et américain se fâchent pour que certains abus, particulièrement scandaleux, cessent.

Tout récemment, le ministre des Finances britannique a failli s’étouffer en apprenant que la Royal Bank of Scotland allait verser un milliard de livres de bonus pour l’année 2008 à son personnel, alors que les contribuables ont déjà dû avancer 20 milliards de livres pour nationaliser ladite banque et la sauver d’une faillite quasi certaine.

Que sont devenus les profits des banques ?

Après quelques difficultés au milieu des années 90, dues en partie à des spéculations immobilières démesurées (déjà), les grands groupes bancaires ont repris leur croissance et accumulé de confortables bénéfices. Ils sont consultables dans leurs propres rapports annuels. C’est d’ailleurs sur la base de ces résultats positifs que les dirigeants bancaires français ont fait exploser leur rémunération à la hausse, devenant même parmi les mieux payés en Europe (voir Charles Milhaud, ex-président de l’Ecureuil).

Où sont passés ces bénéfices, après provisions, qui ne permettraient pas de supporter, ou de lisser, un seul exercice difficile ? Certaines grandes banques sont visiblement gênées d’annoncer des résultats positifs pour 2008. Un comble, mais il faut bien rassurer les investisseurs et les actionnaires…

Evidemment faire appel à l’Etat tout en continuant à faire des bénéfices peut être délicat, mais pourquoi s’embêter puisque la puissance publique ne se montre pas curieuse. La BNP Paribas semblait très embêtée d’annoncer 3 milliards de bénéfices pour 2008.

Autre motif d’interrogation sur l’aide publique apportée aux banques

Depuis le 1er janvier, toutes les banques peuvent désormais distribuer le livret A, jusqu’ici monopole de la Poste et de la Caisse d’épargne. Elles peuvent conserver 30% des capitaux collectés au titre du livret A. Rappelons que le montant global de ces encours est d’environ 135 milliards d’euros, un sacré pactole, qui avant cette date était centralisé à 100% à la Caisse des dépôts pour financer le logement social. Vive le libéralisme…

Enfin les frais bancaires

Il est bon de se rappeler que les frais bancaires représentent un revenu considérable pour les banques françaises, situation propre à la France. Il semblerait qu’elles sont décidées à faire payer de plus en plus cher les opérations courantes malgré quelques timides directives prises par les pouvoirs publics.

Tout y passe : tenue de compte, gestion de compte via Internet (un comble), virement interbancaire, prélèvement, carte de crédit, chèque, frais de succession, incidents de paiement et… commissions pour comptes inactifs !

Dans la jungle tarifaire, une récente étude portant sur plus de 100 établissements bancaires en France à fait ressortir quelques chiffres ahurissants : plus de 35 euros pour la simple tenue d’un compte, 55,20 euros pour la gestion d’un compte via Internet ( !), 15,59 euros pour la mise en place d’un virement interbancaire, 13,7 euros pour la mise en place d’un prélèvement, 93,32 euros au titre de commission sur compte inactif et 435 euros pour frais de succession !

Les écarts de frais varient de un à dix suivant les établissements.

Quant aux frais pour incidents de paiement, malgré une limitation récente, c’est une catastrophe pour le client et une aubaine pour la banque.

Interpellée récemment sur le fait que les banques continuaient à restreindre les crédits, malgré toutes les garanties et les recapitalisations apportées par le gouvernement, la directrice générale de la Fédération bancaire française fit remarquer :

« On ne peut demander aux banques de financer ce qui n’est pas finançable. »

Remarque d’autant plus judicieuse que depuis longtemps, et particulièrement en prêtant aux ménages les plus démunis, via les subprimes, les banques n’ont fait que financer que ce qui n’était pas finançable !

Et combien de collectivités territoriales se sont retrouvées avec des produits financiers, dits exotiques, dont elles n’avaient pas mesuré la complexité et qui les mettent en grande difficulté.

Pratiquement aucune sanction n’a été prise contre les responsables des spéculations financières. Aucun contrôle, aucune régularisation d’un système devenu délirant n’a été mis en place. Les agences de notation continuent à « émettre des opinions » qui ont des conséquences très lourdes, et parfois dramatiques. Les dirigeants des grands groupes bancaires continuent à percevoir des rémunérations inversement proportionnelles à leurs défaillances et à faire partie des patrons les mieux rémunérés, tous secteurs confondus.

Qu’est-ce qui empêchera que demain ils recommencent les mêmes errements ? Rien à ce jour.

Publié initialement sur
Miroir social
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  • stephaneerard
    stephaneerard
    développeur MDD
    • Posté à 16h21 le 29/03/2009
    • Internaute 49989
      développeur MDD

    Le système monétaire actuelle EST une blague. C’est l’esclavage, une guerre non-déclarée.
    Aujourd’hui, argent = dette (ceci depuis +200 ans).

    Quand argent=dette, on ne peut jamais recouvrir ses dettes, puisqu’une dette implique un intérêt. Il faut payer cet intérêt avec de l’argent, créant à nouveau une dette, à payer avec de l’argent, continuant la dette, etc.
    On voit là l’esclavage : travail pour payer dette pour avoir à travailler pour payer dette pour ...

    Donc, ce système mondial soutenue par les états unis, l’ONU, le FMI (dont 80% du capital vient des USA, leur donnant le plus grand droit de véto sur toute action) est complètement obscène, inhumain. Au vue des intérêts particuliers en jeu, c’est même perceptible comme un crime contre l’humanité. Et c’est d’ailleurs mon opinion (qui n’est pas que mienne, soit dit en passant).

    Je ne peux que vous conseiller un documentaire :
    The Zeitgeist Movment, visible ici (ceci est la deuxième partie, Addendum) :

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    Merci à Rue89 et Eco89 de faire une publication sur ces éléments dès que possible, si possible.

    • nipivime
      nipivime répond à stephaneerard
       ; -
      • Posté à 17h01 le 29/03/2009
      • Internaute 503
         ; -

      Argh...
      Le FMI n’a pas de « capital », mais des « quote parts ». Plus embêtant dans votre post, les E-U n’en possèdent pas 80% mais 17 ou 18%.
      Quant à l’ONU, les E-U (et les pays occidentaux) sont très loin d’y être majoritaires.

      Cette remarque de ma part pour dire qu’il est possible, je pense, d’être desespéré par le système actuel et d’en rêver une évolution, mais que cela ne sera possible qu’en partant de la réalité et non des idées fantasmées.

      Même remarque à l’auteur de l’article, qui commence mal avec une dette de la France à 80 milliards. Dette ? Mais non, c’est le déficit qui sera de cette ampleur (il devrait même être plus élevé). La dette, elle, dépasse déjà les 1200 milliards.

      • Guillemette Faure
        Guillemette Faure répond à nipivime
        Journaliste
        • Posté à 18h31 le 29/03/2009
        • Internaute 34
          Journaliste

        Merci pour votre vigilance. On a remis le déficit à sa place.

      • stephaneerard
        stephaneerard répond à nipivime
        développeur MDD
        • Posté à 22h56 le 29/03/2009
        • Internaute 49989
          développeur MDD

        Sûrement que vous avez raison, mais sur le fond, qu’en est-il selon vous ?

        « Argh » mais fait penser que mes propos vous torturent.

        Ce qui me torture est ce système bancaire mondiale qui créé de l’argent à partir de rien (sinon expliquez à partir de quoi ? Les banques possèdent l’argent qu’elles prêtent ? Bien sûr que non, sinon elles ne seraient pas en faillite).

        D’ailleurs, à quiconque a un problème avec sa banque suite à une hypothèque ou autre, allez en justice.
        Un « contrat » implique que les deux parties aient en leur possession les éléments du contrat. Les banques ne créent pas, elles font valoir des bouts de papier. Ce qui n’est en rien une possession.
        L’argent ne leur appartient pas, elles n’ont aucune possession de l’argent qu’elles vous prêtent, tout ce qu’elles possèdent, c’est un papier stipulant une dette que vous avez contracté. C’est à partir de ça que l’argent est « créé ». De rien d’autre.
        Ce qui, vous l’aurez remarqué, n’est en rien une possession, juste un droit institutionnalisé par notre monde corrompue depuis bien trop longtemps.

        Mis à part mes petites erreurs de forme, avez-vous regardé cette vidéo ? Si oui, qu’en pensez-vous (vous semblez avoir une meilleure compréhension que moi) ?

        Eco89, pour un site « éco », il me semble important d’en parler un peu plus d’un point de vue journalistique.

        Mais peut être avez vous peur de quelques remontrances ? Alors lesquelles ?
        Merci d’être franc ! Ceci est trop gros (peut être est-ce là même le/votre problème...).

         
        • nipivime
          nipivime répond à stephaneerard
           ; -
          • Posté à 13h48 le 30/03/2009
          • Internaute 503
             ; -

          @stephaneerard
          Je n’ai pas regardé la vidéo proposée, mais je vous réponds.

          Ma remarque précédente ne se voulait pas vindicatrice. Mon « argh » n’est là que pour insister sur l’idée, importante je crois, qu’il faut travailler à mieux connaitre les mécanismes pour mieux les dénoncer, et qu’il faut se méfier des raccourcis. Quote part ou capital, peu importe. Mais ce que je voulais souligner avec les 80%, c’est qu’il ne s’agit pas d’un système qui serait possédé par les E-U, mais plutôt une organisation mondiale qui profite à ceux qui sont en place (ce qui n’est pas la même chose).

          Pour votre réponse, il me semble que vous confondez le fonctionnement de la banque (qui, en effet, « crée » de l’argent, et c’est son rôle) avec le fait que les banques sont, aujourd’hui, partie intégrantes du système. Je veux dire que votre « d’ailleurs » me semble décalé : qu’elles créent de l’argent et qu’elles soient en position de force en cas de conflit avec un client n’est pas la même chose, à mon avis.

          Et puis, non, je n’ai pas « peur » : on discute, non ? C’est le bon côté de Rue89. L’échange.

        1 autres commentaires
  • eXistenZ
    eXistenZ
    Arracheur de dents
    • Posté à 17h10 le 29/03/2009
    • Internaute 67914
      Arracheur de dents

    A l’heure où des caissières se font virer pour avoir profité d’un bon d’achat de quelques centimes, les qualificatifs dont je dispose pour décrire les sentiments que m’inspire cette mascarade mondiale sont aussi inadaptés qu’un seau en plastique pour stopper les chutes du Niagara.

    Nous assistons médusés à une comédie fantastique dans laquelle plus rien n’est impossible et où l’outrance de chaque nouvelle scène éclipse la précédente, un véritable feu d’artifices. Un énigmatique personnage fait disparaître 50 milliards au nez et à la barbe de tous les systèmes de contrôle et de notation sans que ceux-ci soient inquiétés, alors qu’au même moment la NSA est capable de reluquer le cul de ma voisine par satellite et en cinémascope. Et nous continuons à enchaîner les épisodes, captivés et ébahis par l’imagination sans fin des scénaristes...

  • expat
    • Posté à 19h19 le 29/03/2009
    • Internaute 25627

    Le jour ou les politiques ont decide de sauver les banques en laissant les gens perdre leur logement et leur travail, ils se sont comporte comme les corrompus qu’ils sont !

    Visiblement laisser les banques faire faillite dans le monde liberal est impensable, et pourtant leurs actifs sont pourris depuis que leur reserves sont faite de monnaie de singe, depuis Nixon, les reserves americaines sont du vent, garanti par rien !

    Depuis 30ans, ceux qui prennent de mauvaises decisions et perdent des fortunes se voient recompenses avec des millions, pour cela changerait-il aujourd’hui ?

    LEs inventeurs des subprimes devraient etre en prisons, car les subprimes sont une escroquerie, dont le but principal etait de voler des gens trop pauvres pour se defendre, qui aurait continue a payer leurs hypotheques si les taux etaient reste inchanges ou parallele au marche au lieu de passer de normal a usuraire, mais ces voleurs de grand chemin sont parait-il la noblesse d’aujourd’hui (mots d’un recidiviste du parachute dore a sa belle-soeur) !

  • loeau
    loeau
    petit homme parmi les petits (...)
    • Posté à 19h20 le 29/03/2009
    • Internaute 65682
      petit homme parmi les petits (...)

    NON. Avec tout l’argent investi ces derniers temps, on aurait pu donné une autre couleur au monde, une couleur de paix, de prospérité, de bonheur et de l’extermination de la pauvreté, de la faim et de la soif.

    • liberationdelevangilepopulaire
      liberationdelevangilepopulaire répond à loeau
      sans mandat du ciel ni de (...)
      • Posté à 21h07 le 29/03/2009
      • Internaute 71809
        sans mandat du ciel ni de (...)

      Bravo petit homme !
      L’argent ne va qu’à l’argent, et c’est un puits sans fond.
      Inutile donc de continuer à le remplir,
      Apprenons à nous préserver de servir leur système.
      Lien

  • wardog
    • Posté à 19h33 le 29/03/2009
    • Internaute 35359

    Plutôt que de filer de l’argent aux banques il aurait sans doute été préférable d’en nationaliser une afin de récupérer les clients et laisser les escrocs pleurer et faire faillite.

    Mais il y a le dogme... Ne pas le respecter c’est le Mal !

  • gabriel12
    gabriel12
    Etudiant
    • Posté à 21h05 le 29/03/2009
    • Internaute 42226
      Etudiant

    Fitch, est un filiale à 80% du groupe français Fimalac.

  • bidulbo
    bidulbo
    bof
    • Posté à 21h38 le 29/03/2009
    • Internaute 67678
      bof

    Doit-on systématiquement considérer que les mauvaises dettes titrisées que sont les subprimes ne seront jamais remboursées ?
    Si l’Etat ou des investisseurs privés les rachètent à vil prix, ils pourront se renflouer en les revendant grassement au moment où les indicateurs économiques remonteront. A ce moment ces actifs aujourd’hui pourris vaudront plus puisque les ménages se retrouveront en position de solder leurs dettes.

  • TARPON
    • Posté à 21h47 le 29/03/2009
    • Internaute 27263

    Quand vous dites que « combien de collectivités territoriales se sont retrouvées avec des produits financiers, dits exotiques, dont elles n’avaient pas mesuré la complexité et qui les mettent en grande difficulté » ,n’oubliez pas d’ajouter qu’elles ont toutes comme conseiller remunéré le Tresorier payeur local .Vous trouverez pour chaque commune de france ,une deliberation qui fixe les indemnites de ce brave homme(ou femme) par ailleurs deja payé par le contribuable pour effectuer le meme Job.
    Ce que je veux dire est que si les banques sont coupables d’avoir cree ce systeme,l’etat a bien encouragé à y adherer par ceux qu’il appelle ces controleurs.Je ne pense pas qu’ils aient été sanctionnés.

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 23h00 le 29/03/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    Bien sûr le système est une arnaque du début jusqu’à la fin.
    Mais dans ces moments de crise économique, où l’on commence à découvrir le pot aux roses, un conflit mondial finit souvent, comme par magie, par nous faire oublier toute critique pour aller au front la fleur au fusil.

  • parousnik
    • Posté à 01h51 le 30/03/2009
    • Internaute 18991

    Cette crise est organisée pour justifier un nouvel ordre mondiale... Les Etats n’existe plus que pour surveiller et espionner les populations... Nous assistons en réel a un remake de la planète des singes... les singes étant les ploutocrates... et leurs valetailles des excécutifs politiques policiers militaires et financiers... Le 11 septembre 2001 marque la fin du monde presque libre... Demain baisse généralisé des salaires des populations laborieuses...etc jusqu’au néo servage... Il va leur être nécessaire d’exterminer une grande partie de la population mondiale...certainement pas dans des chambre a gaz...mais en stérilisant les populations par exemple comme cela est fait avec certaines autres populations de la faune...etc Tout prendra un certain temps...mais cette grise fera franchir une étape vers la soumission...en détruisant tout ce qui reste des acquis sociaux ...
    La France n’a plus même la liberté de sa défense strtégique...alors l’Etat Français Sarkozy a fini de le faire disparaître... La France n’existe plus...comme les azutres pays d’Europe du reste...

    • Oeillet rouge
      Oeillet rouge répond à parousnik
      rêve générale
      • Posté à 11h28 le 30/03/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      Entrez dans la banque !

      Lien

    • Grandloup74
      Grandloup74 répond à parousnik
      • Posté à 12h04 le 30/03/2009
      • Internaute 34650

      Point de vue bien sombre, mais hélas pas tout à fait impossible (du moins dans l’intention) au vu des comportements de la dite « élite ». Heureusement le citoyen (surtout français) a montré qu’il avait de la ressource et qu’il ne se laissait pas tondre la laine sur le dos trop longtemps. A quand sa réaction justifiée ?

  • Grandloup74
    • Posté à 11h58 le 30/03/2009
    • Internaute 34650

    NON ! Les banques qui ont montré leur incivilité en coulant l’économie nationale et en portant préjudice aux concitoyens qu’ils devaient servir (au prix de mirobolantes rémunérations) doivent soit se débrouiller seules et assumer leurs abus honteux, soit être nationalisées. Toute autre solutions révelerait un honteux copinage et un inacceptable mépris du peuple.

    • Oeillet rouge
      Oeillet rouge répond à Grandloup74
      rêve générale
      • Posté à 13h01 le 30/03/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      OUI ! NATIONALISONS LES BANQUES !

      Il n’y avait pas d’autres possibilité nous dit-on que d’accepter le plan de Sarkozy qui met (sous des formes diverses) 360 milliards d’euros à la disposition des banques. Pour Manuel Valls, cette acceptation serait même le critère qui différencie l’homme d’Etat de celui qui ne le sera jamais.

      A ceux qui s’indignent que de telles sommes soient offertes à des spéculateurs dont les pratiques ont mis l’économie mondiale au bord du gouffre, il est répondu, que sans ce plan, nous ne serions pas au bord du gouffre mais au fond du gouffre.

      A ceux qui s’étonnent que l’on puisse trouver si facilement 40 milliards d’euros pour « recapitaliser » les banques alors que la droite n’arrivait pas à trouver 2 milliards pour les retraites par répartition, il est répondu que sans le refinancement des banques, c’était l’économie qui s’écroulait et avec elle, tout notre système de retraite.

      Les banques, en effet, seraient « trop grandes pour faire faillite ».

      Ces réponses ont pour elles la force d’une certaine réalité, celle de la prise en otage de l’économie mondiale par les banques et la finance. En effet, si le système bancaire s’écroulait comme un château de cartes, nous nous retrouverions dans une situation analogue à celle qui avait suivi la crise de 1929 : une profonde récession, la multiplication des faillites d’entreprises, l’explosion du nombre de chômeurs, la baisse des salaires, des retraites et des minimas sociaux. Car, dans ces cas là, ce sont toujours « ceux d’en bas » qui commencent par payer la gabegie de ceux d’en haut.

      Comment éviter le retour de la crise financière ?

      Mais ces affirmations ne répondent pas à une autre question, tout aussi importante : comment éviter de nous retrouver, demain ou après-demain, dans la même situation qu’aujourd’hui ?

      Les banques, en effet, ont fait courir un danger mortel à l’économie mondiale et, loin d’être sanctionnées, l’Etat vient à leur secours et leur rachète (d’une façon ou d’une autre) leurs « créances pourries ».

      Comment croire, dans ces conditions, que les banques ne recommenceront pas ? L’épisode de la perte de 600 millions d’euros par la Caisse d’Epargne dans une opération spéculative, alors même que les projecteurs sont braqués sur les banques, devrait faire réfléchir, même les plus obtus des libéraux. Les banques n’ont rien changé à leurs pratiques spéculatives et quelques soient les réglementations qui pourraient sortir d’un « Bretton Woods » de la finance, elles feront tous pour les contourner et continuer leur quête du profit maximum.

      La seule justification au plan de refinancement des banques, c’est leur nationalisation intégrale. L’argument utilisé par Susan George est imparable : puisque les banques sont « trop grandes pour faire faillite », elles sont aussi trop grandes pour faire partie du secteur privé ! Il n’est pas possible, en effet, de laisser aux mains du secteur privé dont le seul objectif est la recherche du profit maximum une arme aussi dangereuse pour l’ensemble de l’économie.

      Le mot même de « nationalisation » fait de plus en plus peur à la droite

      C’est Gordon Brown qui le premier a imposé, de fait, la première nationalisation, en janvier 2008 quand l’Etat britannique a racheté la Nothern Rock pour rétablir la confiance des déposants, de plus en plus nombreux à attendre l’ouverture de la banque et exiger la restitution immédiate de leurs dépôts.

      Mais le mot de « nationalisation » fait maintenant peur à la droite car il pourrait donner des idées au salariat et pas seulement dans le domaine de la banque ou des assurances. Fillon préfère donc parler de « recapitalisation ». Un mot tout à fait dans l’optique libérale qui indique que l’Etat n’est qu’un actionnaire comme les autres et que dès qu’il le pourra, il laissera la place au privé. Les pertes auront alors été socialisées et les profits pourront de nouveau être privatisés. Un classique, en quelque sorte. D’autant, et c’est un comble, que Sarkozy a reconnu qu’il n’abandonnait pas l’objectif de privatiser la banque postale et la Poste. Cette privatisation n’est que « différée »…

      En accordant 10,5 milliards d’euro (plus que le déficit cumulé de la Sécurité sociale !) à six banques françaises, Sarkozy va encore plus loin. L’Etat, en effet, apporte ces milliards pour renforcer les fonds propres des banques (ce qui constitue bien une nationalisation même partielle) mais ne devient même pas actionnaire de ces six banques. Leurs dirigeants ne voulaient pas : ils se méfient de l’Etat, ont-ils le culot de préciser. Ces fonds sont censés permettre aux banques de « prêter aux entreprises et aux ménages », comme si ce n’était pas leur métier !

      La BNPP rassure aussitôt ses actionnaires « cette émission ne diluera pas les actionnaires et n’aura aucune conséquence sur la gouvernance de la BNPP et sa politique de dividende ». On ne peut être plus clair : qu’importe les risques que les banques ont fait prendre à l’ensemble de la société, il n’est pas question pour le gouvernement de toucher quoi que ce soit à la façon de diriger ces banques ou aux dividendes de leurs actionnaires.

      Les nationalisations ne doivent pas être temporaires

      Si la nationalisation n’est que temporaire, les dirigeants de la banque concernée n’auront qu’un seul objectif : rembourser au plus tôt l’Etat pour que leur établissement retourne entièrement aux mains des capitaux privés et continuer tranquillement ses habituelles spéculations.

      De ce point de vue, la conduite de la Nothern Bank au Royaume Uni est édifiante. Cette banque est nationalisée depuis plus moins de huit mois mais a déjà remboursé 11,4 milliards de livres sur le total des 26 versés par l’Etat britannique.

      Comment les dirigeants de cette banque ont-ils procédés pour y parvenir ? Tout d’abord, ils ont licencié 1 500 salariés. Ils ont ensuite, réduit leur activité de prêt à l’économie (ce qui devrait pourtant être l’activité essentielle d’une banque). Ils ont, enfin, pratiqué (proportionnellement à leur encours de crédit immobilier) deux fois plus de saisies immobilières que la moyenne des 104 expulsions quotidienne opérées par l’ensemble des banques

      Des nationalisations sous contrôle de l’Etat et des salariés des banques

      Des nationalisations partielles, n’osant même pas dire leur nom, laissent les mains libres aux dirigeants des banques et n’apportent aucune garantie pour l’avenir. Le risque de les voir mettre de nouveau l’économie aux bords du gouffre sera toujours aussi présent.

      Cette absence de garantie est évidente dans le plan de refinancement de 10,5 milliards d’euros mis en place par le gouvernement français. Les représentants de l’Etat ne siègeront même pas au Conseil d’Administration des établissements bancaires. L’Etat ne sera qu’un créancier obligataire et ne pourra donc pas prendre part aux décisions stratégiques de la banque.

      Les dirigeants faillis restent en place.

      Les seules contreparties qui leur sont demandé sont « des engagement de nature économique et de nature éthique ». L’ « éthique » porte, en réalité, sur les rémunérations des dirigeants et consiste à faire beaucoup de bruit sur un aspect, certes scandaleux, de la gestion des banques mais pour mieux faire oublier tout le reste et notamment les dividendes versés aux actionnaires. Quand aux engagements de nature économique, ils portent sur « le volume de crédits accordés aux ménages et aux entreprises ». Rien, dans ces engagements, n’empêchent les banques de continuer leurs pratiques spéculatives. Pourquoi, d’ailleurs, y renonceraient-elles ? Quand elles spéculent, elles espèrent bien obtenir des profits de l’ordre de 20 ou 25 % du capital investi et si elles échouent l’Etat leur offre des dizaines de milliards d’euros au taux de dérisoire de 4 ou 5 %.

      Les nationalisations doivent donc combiner plusieurs caractéristiques.

      Elles doivent se faire sans indemnité, ni rachat : les actionnaires, les dirigeants des banques n’ont que trop profité de la situation sans jamais prendre en considération les risques qu’ils faisaient courir à toute la société. Ils doivent beaucoup à la société mais la société ne leur doit rien.

      Ces nationalisations doivent être intégrales.

      Dans le cas contraire, c’est la logique du capital privé qui prévaudra, comme pour la Nothern Bank.

      Elles doivent concerner les principales banques françaises (notamment BNPParibas, la Société Générale, le Crédit Agricole-Crédit Lyonnais) afin de permettre avec la Caisse des dépôts et Consignation et la Banque postale la constitution d’un puissant pôle public de crédit.

      Les dirigeants de ces banques ne doivent pas rester en place. Ils ont déjà amplement fait la preuve de leur savoir-faire. Ils doivent partir avec des indemnités normales (deux ans de salaires dans le meilleur des cas) et sans bénéficier de leurs exorbitantes « retraites chapeau ».

      Aucun plan de licenciement des salariés du secteur n’est envisageable, les salaires devront être intégralement maintenus. Ce n’est pas aux salariés de payer les erreurs catastrophiques de leurs dirigeants.

      Le profit ne doit plus être l’objectif d’une banque nationalisée. Le prétexte de la course au profit des banques était la crainte d’être racheté en bourse si la valeur de leur action baissait et la volonté de racheter d’autres banques dans une espèce de Monopoly à l’échelle planétaire. Une fois, nationalisée, hors de toute cotation boursière, une banque n’aura plus aucune raison de subir cette crainte ou de poursuivre cet objectif.

      Les banques nationalisées seront dotées d’une mission de service public : le financement des entreprises et des ménages. Elles n’auront plus le droit de se livrer à la moindre spéculation. Les rapports entre les capitaux propres et les crédits accordés seront strictement réglementés afin de permettre le financement de l’économie tout en évitant des prises de risques disproportionnées.

      Les nouveaux dirigeants des banques, nommées par l’Etat, seront étroitement contrôlés par l’Etat mais aussi par les salariés des banques et par leurs syndicats. Il est hors de question de laisser s’instaurer la situation qui avait vu (par exemple) le Crédit Lyonnais, banque nationalisée, avoir les mêmes pratiques que les banques privées.

      Seul, ce nouveau type de nationalisation, pourra permettre de contrôler le système bancaire et de redonner à la banque sa seule fonction : le financement des ménages et des entreprises. Le monde commencera à être remis sur ces pieds : les banques seront au service de l’économie et non l’économie au service des banques.

      Des usagers, pas des clients

      La nationalisation des banques, la modification de leurs objectifs aura également un autre avantage qui ne sera pas sans intérêt pour ceux qui sont, aujourd’hui, les « clients » des banques.

      Il y a 30 ans, le résultat des banques françaises avaient une seule origine : les intérêts réalisés sur les crédits qu’elles octroyaient.

      Aujourd’hui, ces résultats ont une triple origine (comptant chacune en moyenne pour un tiers dans ces résultats) : les intérêts sur les crédits, la spéculation financière, les commissions imposées aux clients.

      La nationalisation des banques, avec pour objectif de simplement équilibrer leurs bilans et non de rechercher à augmenter chaque année leurs profits, permettrait non seulement de proscrire les opérations spéculatives mais également de supprimer les commissions de toute nature imposées au client. Le client devenu « usager » pourrait enfin entrer sans crainte dans son agence bancaire. Il ne serait plus angoissé à l’idée de voir une nouvelle commission lui tomber dessus à chaque fois qu’il tousserait ou respirerait un peu trop fort.

      Jean-Jacques Chavigné (Octobre 2008)

  • Michael A.
    Michael A.
    apprenti-chercheur (donc (...)
    • Posté à 17h17 le 30/03/2009
    • Expert 21600
      apprenti-chercheur (donc (...)

    juste pour une question de détail : n’y-a-t-il pas un contre sens total dans la dernière phrase :
    « Les dirigeants des grands groupes bancaires continuent à percevoir des rémunérations inversement proportionnelles à leurs défaillances et à faire partie des patrons les mieux rémunérés, tous secteurs confondus. »

    euh... si leurs revenus sont très importants et que le lien avec leurs « défaillances » est un lien de « proportion inversée », alors cette phrase signifie que les défaillances sont... très faibles.

    Je suppose que ce n’est pas là le sens de cet article ? !

    Merci de rectifier, par exemple en signifiant que le lien entre défaillance et revenu est simplement...proportionnel.

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 18h19 le 30/03/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Le problème est que les banques hébergent les avoirs de tas de gens, y compris des vulgaires péquins qui n’y disposent que d’un compte de dépôt, ou, un peu mieux, d’un compte d’épargne en plus. Dans la configuration politique actuelle, soit on laisse sombrer les banques et tout le monde y perd, soit on les renfloue (au moins temporairement) pour préserver les avoirs mêmes des « petites gens ». Eliminer les actifs toxiques purement et simplement ne résoudrait rien, car les banques n’y survivraient que sur le papier. En tout cas, elles ne disposeraient plus des capitaux nécessaires pour fonctionner au jour le jour et payer aux déposants ce qui leur est dû. Tel est le dilemme actuel, et personne ne peut y échapper, même les tenants de la solution socialiste. Qu’est-ce qu’on voudrait qu’on fasse, émettre des assignats pour remplacer l’argent ? Non merci, on a déjà donné !

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Jaycib
      In enculo cum vibro
      • Posté à 20h45 le 31/03/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      C’est pour çà qu’avant de nous dire que les banques allaient compenser leurs pertes au casino avec nos revenus, ils ont aboli le compte dépôt au Trésor Public.

      Tout salaire doit être versé sur un compte en banque.
      Si on les tuent, on se tue.

      Les casseurs, les immigrés, le marché noir, voilà ce qui menace la civilisation. Des terroristes en puissance qui veulent anéantir notre mode de vie traditionnel. La République doit se défendre énergiquement !

    • Autist Reading -
      Autist Reading - répond à Jaycib
      In enculo cum vibro
      • Posté à 21h20 le 31/03/2009
      • Internaute 73535
        In enculo cum vibro

      Si l’objectif du travail et des échanges, c’était de fournir à tous de la bouffe correcte, des logements corrects, des hôpitaux corrects, des bibliothèque correctes, et tous les petits trucs qui font qu’on prend plaisir à vivre, tous le monde s’en foutrait de faire les comptes.
      Tout le monde est fier de travailler pour pouvoir offrir une vie décente à sa progéniture, à ses parents, et il présente rarement la facture à chaque personne attablée.
      C’est un choix politique de ne pas se servir de notre science et de notre technologie pour subvenir aux besoins de toute l’humanité.
      Si seulement 8% des travailleurs décidaient d’organiser la production et la distribution selon l’objectif souhaitable, le reste des travailleurs suivraient ces nouvelles directives.
      Mais c’est une orientation que ne predront jamais les syndicats, parce que cela suppose d’avoir mis une raclée aux forces de l’ordre ploutocratique.
      Seule la gratuité totale de tout pour tous les bipèdes, rend compte réellement de comment et pour quoi la valeur est produite.