tribune 28/03/2009 à 12h33

Pourquoi il ne faut pas limiter le salaire des patrons

Eclairages économiques"
Pierre Chaigneau | EclairEco.org

Comment déterminer la valeur d’un dirigeant pour une entreprise ? C’est simple : un euro de plus dans la poche d’un dirigeant, c’est un euro de moins en profits, donc un euro de moins pour les actionnaires.

Permettre à ces derniers de fixer la rémunération des dirigeants assure qu’ils payent ce qu’il faut, ni plus ni moins, pour avoir de bons dirigeants à la tête des entreprises.

Mais en France, tout doit apparemment passer par l’Etat. Par décret, le gouvernement veut interdire les bonus comme les actions ou les stock-options pour les dirigeants des entreprises qui disposent d’une aide publique.

Même des entreprises ne disposant pas d’aides publiques ont fait preuve de menaces à peine voilées lorsqu’elles honoraient des promesses contractuelles en termes de rémunération de leur « top management ». Or cet acharnement populiste est très néfaste.

Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ?

A court-terme, cet argent qui n’ira pas dans les poches des dirigeants pourra soit augmenter les profits des entreprises (auxquels ont droit les actionnaires), soit augmenter les salaires. Le premier cas n’est probablement pas ce que les politiciens et l’opinion publique ont en tête.

Dans le deuxième cas, une augmentation des salaires dans un contexte de crise et donc de productivité du travail plus faible élèverait le coût du travail, lequel deviendrait insoutenable pour de nombreuses entreprises qui devraient alors licencier et renoncer aux embauches potentielles.

En outre, la suppression de tout lien entre performance de l’entreprise et rémunération des dirigeants coupe le lien entre l’intérêt de l’entreprise (donc, in fine, de ses salariés) et l’intérêt des dirigeants. Dorénavant, on ne voit pas ce qui va inciter ces derniers à agir dans l’intérêt de leur compagnie.

Une loi qui sera détournée et créera d’autres modes de rémunération opaques

Mais c’est à long-terme que les conséquences catastrophiques de cette mesure se feront sentir.

Quelle entreprise va se soumettre aux lois changeantes et arbitraires d’un pays caractérisé par un interventionnisme gouvernemental omniprésent mais imprévisible, car fluctuant aux gré des évolutions d’une opinion publique pas forcément éclairée ?

Quelle firme va soumettre à la vindicte populaire d’un pays qui séquestre et intimide ses dirigeants d’entreprises ?

Sans compter que ces mesures qui restreignent les stock-options ou les bonus ne demandent qu’à être contournée en faisant preuve de créativité comptable ou en rémunérant les dirigeants avec d’autres instruments plus opaques et plus complexes, ou encore avec des avantages en nature plus coûteux.

C’est justement cet « arbitrage réglementaire » qui a généré dans la finance une structure de rémunération perverse qui est maintenant largement mise en cause dans la crise financière actuelle.

Une loi repoussoir pour les entreprises

Si pour une raison ou une autre les dirigeants n’ont plus la même valeur pour l’entreprise, leur rémunération telle qu’elle est déterminée du moins indirectement par les actionnaires diminuera naturellement. Cela suppose que les entreprises disposent d’une bonne gouvernance.

En ce domaine, tout n’est pas toujours parfait, et c’est pourquoi améliorer cette dernière est un chantier tout à fait louable. Mais ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement.

Dans la mesure où le climat actuel est appelé à se pérenniser, soit les sièges sociaux des meilleures entreprises françaises quitteront la France, soit les talents quitteront notre pays pour des cieux plus accueillants. Dans les deux cas, les entreprises françaises du futur auront perdu leur statut.

Et toute la nation souffrira. Pour le plus grand plaisir de nos voisins qui ne sont plus empêtrés dans une lutte des classes d’un autre âge, et qui seront heureux d’accueillir et de rémunérer les talents à leur juste valeur, pour le bénéfice de tous leurs citoyens. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.


Publié initialement sur
Eclairages économiques
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  • nono le simplet
    nono le simplet répond à thierry reboud
    nihil scio nisi scio quod nihil (...)
    • Posté à 17h07 le 28/03/2009
    • Internaute 9767
      nihil scio nisi scio quod nihil (...)

    merci Môssieur Thierry d’exprimer avec verve ce que je pense

  • Lairderien
    • Posté à 19h12 le 28/03/2009
    • Internaute 22751

    Très bonne réaction argumentée face à cette tribune qui me hérisse.

    Néamoins, pour ce qui me concerne parler de « patrons » est une erreur.

    Pour la plupart de ceux que nous fustigeons pour leur gloutonneries, il ne s’agit au sens stricte du terme, que « d’employés supérieurs »

    Le problème avec les Sociétés anonymes, c’est qu’avec leur actionnariat finalement très dilué, il n’y a pas de patrons, mais une entité, dont toutes ces élites qui dirigent ces entreprises ont depuis longtemps compris la manière de la manipuler à leur avantage. (Notamment en faisant bloc entre eux, pour se coopter dans les conseils d’administration et en verrouillant les assemblées générales d’actionnaires))

    C’est avant tout cela qui explique leurs rémunérations faramineuses, déconnectées de toute justification de véritable valeur ajoutée par leur présence.

  • erqzor
    erqzor
    Détecteur de Greenwashing
    • Posté à 13h19 le 28/03/2009
    • Internaute 69919
      Détecteur de Greenwashing

    Il faut quand même vivre dans un autre monde pour écrire un papier comme ça.

    Redescendez sur Terre, et arrêter les théories fumeuses.

  • raspou
    • Posté à 13h19 le 28/03/2009
    • Internaute 29047

    Un « éclairage économique » qui dit dès les premiers paragraphes que l’argent non distribué aux patrons ira soit aux dividendes soit aux salaires, oubliant ce « détail » qu’est l’investissement, montre d’emblée tout son sérieux.

    Beaucoup ici rappellent à juste titre l’impossibilité de généraliser l’analyse à toutes les entreprises et à tous les patrons, tant leurs cas sont divers. Il semblerait que, dans le cas qui nous intéresse, celui de certains grands groupes, le problème soit celui d’une alliance entre patrons et grands actionnaires (les frontières entre les deux groupes étant fort poreuses) pour privilégier une logique de profits à court terme, au détriment de l’investissement et de l’emploi (qui est, faut-il être fou pour l’oublier, une richesse à long terme de l’entreprise).

    Pour utiliser une image triviale, certains grands patrons font figure d’hommes de main du racket qu’imposent des grands actionnaires (fonds d’investissement ou autres) à des entreprises, dans une logique de rentabilité rapide plutôt que d’épanouissement économique équilibré à long terme. Et de bons hommes de main qui vous rapportent beaucoup d’argent, ça se paye cher.

    • Eclaireur
      Eclaireur répond à raspou
      Eclairages Economiques
      • Posté à 14h59 le 28/03/2009
      • Internaute 74409
        Eclairages Economiques

      L’investissement n’est, par définition, qu’un réinvestissement de sommes existantes. Ce n’est que repousser le problème. Une fois qu’on aura investi, on a le même problème de répartition des fruits de la production : , entre actionnaires, salariés, et mandataires sociaux. C’est pourquoi une vision analytique peut omettre l’investissement de la répartition des fruits de la production.

      Je ne comprends pas comment les patrons pourraient gagner trop s’ils sont là pour extorquer de l’argent pour les actionnaires (qui ont de toutes façons droit aux profits, patron complice ou non). Si c’était le cas, les actionnaires paieraient moins les patrons afin d’avoir plus d’argent pour eux non ?

      • raspou
        raspou répond à Eclaireur
        • Posté à 16h13 le 28/03/2009
        • Internaute 29047

        On ne peut absolument pas omettre la question de l’investissement. Si une boite a un résultat de 100 et qu’elle donne 20 à ses actionnaires et 80 en réinvestissement, ou bien 100 à ses actionnaires, la différence est énorme en termes d’emploi et d’activité économique.

        Vous voulez nous faire croire que l’alternative aux rémunérations élevées des patrons c’est soit plus de dividendes soit la hausse des salaires. Non, il y a aussi l’investissement dans des stratégies d’entreprises de long terme.

        Certains patrons sont complices d’un système où l’on privilégie la rentabilité à court terme plutôt qu’une performance économique saine à long terme. Ce sont ceux-là qui font (faisaient !) augmenter le cours en bourse des actions à coups de plans sociaux, de délocalisations (pas toujours pertinentes) et d’attaques constantes contre les avantages acquis par les salariés. Ils font le jeu d’actionnaires obnubilés par des dividendes rapides plutôt que par une croissance à long terme. De faire ce jeu-là, ils sont récompensés par des rémunérations élevées.

        On peut penser qu’un patron moins payé serait plus réticent à sacrifier les perspectives à long terme de sa boîte pour enrichir des financiers qui n’ont comme seule préoccupation que d’obtenir le maximum de dividendes en un minimum de temps puis de revendre leurs parts dès que la plus-value réalisée leur semble suffisante. Ces rémunérations indécentes sont le prix de la docilité.

  • enildem
    enildem
    Chercheur
    • Posté à 13h19 le 28/03/2009
    • Expert 55890
      Chercheur

    On ne peut pas faire plus obscur sous couvert d’explication. Ce n’est pas un logo séduisant qui va faire passer la pillule.
    Le problème est surtout de fond.

    Si l’égoïsme légalisé permet à quelques humains de vivre dans l’excès d’argent et à d’autre de survivre difficilement, c’est qu’il y une injustice.

    L’habitude de ces procédés à banalisés les pratiques iniques et désormais elle font lois.

    L’état ne changera guère la donne. Un jour il nourrit un autre il met tout le monde au régime.

    Comment peut on apporter de la confiance en adoptant deux attitudes si antagoniques ?
    Comment peut on vouloir légiférer pour autrui alors qu’en président on augmente injustement son salaire...

    C’est l’Elysée qu’il faudrait dégresser, l’assemblée et le Sénat... les élus d’aujourd’hui sont les nobles d’autrefois.

    L’injustice perdure mais s’est parée de nouveaux habits pour qu’on peine à la reconnaitre.
    Mais elle est toujours là.

    Comme des enfants les humains doivent encore apprendre le partage.
    Sinon on leur tapera encore et encore sur les doigts.

  • 101.7
    101.7
    Promeneur
    • Posté à 13h20 le 28/03/2009
    • Internaute 59121
      Promeneur

    Je suis un peu étonné de la façon dont le problème est posé.
    Des affirmations infondées, des raccourcis douteux et des sentences sans nuances.
    Les questions énoncées à la mode des jésuites qui ont pour seule volonté la validation des propos ou du postulat.

    Je vais reprendre juste trois points, mais tous pourraient être démontés de la même façon tant l’approche est caricaturale.

    Vous dites :

    « un euro de plus dans la poche d’un dirigeant, c’est un euro de moins en profits, donc un euro de moins pour les actionnaires.
    Permettre à ces derniers de fixer la rémunération des dirigeants assure qu’ils payent ce qu’il faut, ni plus ni moins, pour avoir de bons dirigeants à la tête des entreprises.

    D’après quoi ? Les actionnaires ne connaissent que leur rentabilité immédiate, ils n’ont rien à faire de payer ce qu’il faut, ce qui leur importe c’est de payer le moins possible.

    Bien sûr qu’un euro de moins dans un poste du compte “rémunération du personnel” ça donne un euro de plus dans le compte “résultat de l’exercice”. (logique de la partie double qui est à la base du système comptable général)
    On est bien là dans le système capitaliste froid et déshumanisé, les actionnaires ne sont pas des patrons, juste des financiers qui veulent récolter le plus vite possible les dividendes de leur fric pour les replacer ailleurs et en récolter encore plus.

    Vous dites aussi :

    “Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ?”

    Sauf votre respect je dirai : les coups de pieds au cul, en clair la menace du chômage.
    Passé cette parenthèse :

    Dans le deuxième cas, une augmentation des salaires dans un contexte de crise et donc de productivité du travail plus faible élèverait le coût du travail etc.

    Vous semblez oublier que les “patrons” comme vous dites font partie de la masse salariale, s’ils sont actionnaires par ailleurs c’est autre chose.
    Les augmenter c’est donc augmenter la masse salariale donc diminuer les profits des actionnaires.
    De là à déduire que vous pensez que augmenter les salaires des “patrons” c’est bien et augmenter les autres salariés c’est mal il n’y a qu’un pas. (ou alors votre texte est très mal formulé)

    Vous dites enfin :

    “Pour le plus grand plaisir de nos voisins qui ne sont plus empêtrés dans une lutte des classes d’un autre âge,”

    Vous trouvez qu’il n’y a plus de lutte des classes de nos jours ?
    Vous vivez sur quelle planète ?
    La différence entre les classes est si forte qu’elle a fait sauter presque toutes les classes sociales intermédiaires entre les salariés (travailleurs) et le capital (actionnariat déshumanisé).
    Il y a quelques décennies il y avait un patron et des salariés, un patron bien représenté physiquement, propriétaire à qui on pouvait parler en vrai.
    Aujourd’hui il y a ceux qui engrènent les bénéfices et qui disparaissent à la première occasion sans se préoccuper des dégâts causés aux humains et de l’autre ceux qui ont besoins de donner leur santé et leur force de travail aux premiers sous peine de se retrouver dans un sous prolétariat qui prospère lui, en nombre.

    Et vous pensez que la lutte des classes est dépassée ?

    Chômeur et actionnaires même combat ?
    Vous êtes ou cynique ou humoriste à l’insu de votre plein gré.

    et qui seront heureux d’accueillir et de rémunérer les talents à leur juste valeur, pour le bénéfice de tous leurs citoyens.

    Ces talents qui vont s’établir à l’étranger pour ne pas payer d’impôts et qui reviennent vite en France pour se soigner ou faire soigner leurs enfants à la première alerte de santé. Sur le compte des salauds de salariés qui ne sont pas partis, des citoyens qui assument le juste devoir de payer des impôts dans leur pays.

    Je ne sais pas pourquoi mais quand vous parlez de talents il me semble avoir déjà entendu cette phrase dans la bouche de nos dirigeants...

    Enfin : “On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.

    Vous saviez donc que cette crise était latente depuis pas mal d’années puisqu’elle est la conséquence de ce que vous faites semblant de dénoncer.
    Vous saviez donc de certains se gavaient sur le compte des entreprises et des salariés, sur le compte du pays.
    Je ne vous félicite pas, je crois que ce que vous dites est l’antithèse des solutions à l’échelle humaine pour sortir notre pays et les autres de la crise dont le capitalisme et ses affidés sont les responsables.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 13h31 le 28/03/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Et il faudrait changer les voitures de fonctions aussi . Assez de Mercedes et de BMW ..Qu’ on les équipe de voiture indiennes , puisqu’ ils admirent tant la mondialisation ..

    J’ ai travaillé dans une boite ou le patron était un sage . Sa voiture de fonction était une Peugeot 204 et il avait lui meme fixé son salaire dans des limites raisonnables , ce qui faisait un peu râler les gros cadres supérieurs juste en dessous .
    Par contre , tous ses salariés étaient motivés pour travailler sous sa responsabilité et le respectait . Et je vous raconte pas la productivité , la créativité , l’ augmentation du CA et des bénéfices dans ces années la , début des années 80 .
    Ensuite est arrivé progressivement l’ ultra libéralisme , ses pratiques absurdes , ses goinfrages des nouveaux patrons , ses pratiques de management de sectes américaines , ses tueurs de couts et son cortège de mépris et de haines réciproques .
    Quant aux résultats aujourd’ hui , ha ! ha !

  • Kurt
    Kurt
    ––––
    • Posté à 13h27 le 28/03/2009
    • Internaute 31000
      ––––

    « Permettre à ces derniers de fixer la rémunération des dirigeants assure qu’ils payent ce qu’il faut, ni plus ni moins, pour avoir de bons dirigeants à la tête des entreprises. »

    Il est bien évident que cet argument ne tient pas la route une seule seconde. Les nominations des grands patrons, particulièrement des grands patrons français, s’effectuent par cooptation et absolument pas au mérite. Sinon, les patrons français seraient issues des rangs de leur entreprise. Ce qui n’est quasiment jamais le cas en France. Il me semble que tous les patrons des entreprises du CAC40 sont entrés dans leur entreprise directement au poste de dirigeant. Je n’en vois pas un qui soit là après une progression au sein de l’entreprise...

    On notera par exemple que l’argument des Parisots et autres Pierre Chaigneau est que si on ne paie pas assez un patron, il sera débauché. Donnez-moi donc des exemples de grands patrons français débauchés par des entreprises étrangères ?

    Alors, voilà, en effet quand on envoie des mercenaires qui se cooptent mutuellement aux plus hauts postes, pour qu’ils effectuent convenablement leur travail, il faut en effet une carotte de bonne taille. Si tout naturellement, les dirigeants étaient issus de l’entreprise, s’ils ne venaient pas là, nommés par les petits copains qu’ils ont eux-mêmes nommés pour faire un maximum de pognon en un minimum de temps, il n’y aurait aucun besoin de les payer autant...
    Mieux : les entreprises seraient sûrement bien mieux gérées qu’avec cette prime aux « réducteurs de coûts » même si cela doit être au détriment de l’entreprise à plus longue échéance...

    Fixez donc un salaire maximum des patrons à 100000 euros par an, vous ne verrez aucune différence. Tout comme il y a de nombreux employés prêts à prendre la place de ceux qui refusent le moins-disant social, il y a de très nombreux patrons très compétents qui pourraient parfaitement diriger ces entreprises à moindre coût.

    Autre chose très amusante : « soit les sièges sociaux des meilleures entreprises françaises quitteront la France, soit les talents quitteront notre pays pour des cieux plus accueillants »

    Il me semble que chaque année des centaines de scientifiques formés en France quittent le pays à défaut de moyens pour exercer leur métier. Je ne vous entends pas beaucoup réclamer de bonus faramineux pour les scientifiques français. Pas même demander à ce qu’ils aient les moyens de faire leur métier...
    Par ailleurs, pas un seul dirigeant d’entreprise française n’est débauché il me semble... Il s’agit d’une vaste arnaque : les dirigeants d’entreprises françaises ne sont pas très bons... Ils sont même plutôt médiocres, il n’y a aucune raison qu’on nous les prennent. Et au pire, on pourra facilement les remplacer pour moins cher...

  • Warp
    • Posté à 13h30 le 28/03/2009
    • Internaute 26414

    Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ?
    les employés ont besoin aussi d’incitation

    Une loi qui sera détournée et créera d’autres modes de rémunération opaques
    ce qui veut dire que la rémunération actuelle des patrons est déjà opaque

    je ne vais pas reprendre toutes les bêtises énoncées dans cet article mais que l’auteur réfléchisse et remplace dans son raisonnement patron par employé pour voir toute l’absurdité de sa réflexion

  • LeRital
    LeRital
    pécheur
    • Posté à 13h33 le 28/03/2009
    • Internaute 74404
      pécheur

    C’est peut-être moi que je suis un peu con mais honnêtement je ne comprends pas.

    Si on utilisait l’argent pour les poches des dirigeants c’est bien mais si le même argent on le donnait plutôt aux salariés cela élèverait le coût du travail.
    C’est où la logique ? Une prime pour les dirigents ça motive. La même prime pour les salariés ça élève le coût du travail.
    No comment !

  • vincicom
    vincicom
    Responsable « informatique » (...)
    • Posté à 13h34 le 28/03/2009
    • Internaute 24211
      Responsable « informatique » (...)

    « Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ? »

    Comment expliquer qu’avec une grosse carotte, les « grands » patrons du cac40 fassent des conneries monumentales, virent des gens alors qu’ils empochent dans le même temps des milliards de bénéfices et des millions de bonus ? ? ?

    Moi je propose quelque chose, au choix des entreprises. Si vous optez pour 1, 2 ou 3 des propositions suivantes :

    - distribuer les bénéfices en 3 1/3 : 1/3 actionnaires, 1/3 investissement et 1/3 salariés

    - fixer une échelle de salaires en fonction de la taille de l’entreprise, de son secteur, etc ... ( de 1 à 10, de 1 à 20, ... )

    - ne pas licencier si l’entreprise dégage un bénéfice de plus de 10% du chiffre d’affaires, avant impôts et investissements

    Vous avez droit à une réduction du taux d’imposition sur les bénéfices de l’entreprise ( actuellement 33% ) : du genre 3 points d’imposition en moins par proposition acceptée !

    Ca peut permettre, dans le cas de 3 propositions choisies, de baisser à 24% le taux d’imposition sur les bénéfices, de mieux répartir les bénéfices de l’entreprise, de mieux rémunérer TOUS les employés, et d’éviter les licenciement boursiers ! ! !

  • Kereven
    • Posté à 13h36 le 28/03/2009
    • Internaute 29900

    Votre analyse me semble absurde.
    Selon vous, le fait de limiter le salaire d’un patron augmente les bénéfices de l’entreprise. Là nous sommes d’accord.
    Ces bénéfices peuvent soit enrichir les actionnaires, soit servir à augmenter les salaires.
    Vous considérez que la seconde solution est contre-productive. Pourquoi ? Quelle différence il y a-t-il entre des fonds versés pour le salaire d’un seul dirigeant, et les mêmes fonds répartis équitablement entre tous les employés et le patron ? L’entreprise ne perd pas plus, ni les actionnaires. Le coût du travail n’augmente pas, puisque la même somme est utilisée, mais mieux répartie.
    Vous regrettez que tout passe par l’Etat. Certes, il eut été préférable que les patrons, d’eux-mêmes se rendent compte que gagner 1000 fois par mois le salaire le plus bas de leur entreprise est inhumain, car rien, absolument rien ne justifie cela,le patron ne travaille pas 1000 fois plus, ni mieux. Le patron ne peut gagner de l’argent que par le travail de ses employés. Sans eux, point de gains. C’est cet oubli, dans le discours patronal, qui oblige l’Etat à intervenir sur pression du peuple. Dire que les patrons partiront si on baisse leur salaire, pas si sur. Il y a pleins de gens compétents qui sont prêt à les remplacer pour moins cher. Ce n’est pas parce que vous êtes patron, que vous êtes indispensable, irremplaçable.
    La meilleure phrase c’est celle-là : « Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ? » Je vous retourne la question, en ce qui concerne les salariés. Qu’un patron travaille bien avec des employés qui en font le minimum, et c’est la faillite. Il faut que tous travaillent bien pour que la boite soit rentable. Pourquoi un seul percevrait des bonus et pas les autres ?
    Ensuite, ce sont les salaires bas qui rendent la crise encore plus forte, par la baisse de la consommation. En tant de crise, le salarié qui peut encore tenir une fin de mois, ne dépensera pas, préférant limiter le risque de se retrouver dehors plus tard. Il épargnera. En augmentant les salaires, le salarié peut consommer, et relancer l’économie.
    « Quelle firme va soumettre à la vindicte populaire d’un pays qui séquestre et intimide ses dirigeants d’entreprises ? » La aussi je vous propose de changer le mot dirigeants par salarié. Et vous comprendrez pourquoi ces derniers n’en font pas plus, du moins pas mieux, même en temps de crise.
    J’ai quitté l’année passée une boite qui m’exploitait. Plus exactement la moitié du personnel a démissionné en un mois après une grève matée. La boite a perdu 50% de son chiffre d’affaire, nous avons tous retrouvé du boulot en quelques semaines, en augmentant notre salaire de plus de 15%. Nous travaillons plus aujourd’hui et mieux, car nous sommes considérés, payés et respectés. L’ancienne boite est en train de crever.

    Votre article est totalement absurde, égoïste, malsain et inhumain, car il considère qu’en dehors du patron, point de salut. Cela revient à considérer les salariés comme du bétail.

    Lors des 35h, de nombreuses entreprises sont venues s’installer en France, bien que le coût du travail ait augmenté, car la productivité restait l’une des meilleures au monde.
    L’échelle de salaire n’a aucun intérêt à être de 1 à 1000, 1 à 10 serait déjà bien.
    Ce n’est même plus de l’ultra-libéralisme, c’est la justification d’un hold-up permanant d’une caste ultra-minoritaire contre le peuple.

  • Adéménagé le 3 janvier 2011
    • Posté à 13h38 le 28/03/2009
    • Internaute 29846
      menuisier

    La seraffite s’étend sur rue 89.

    Nous sommes en vigilance orange.
    Ceci n’est pas un exercice.

    La seraffite s’étend sur rue 89.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 14h54 le 28/03/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Bon ceci dit , cet article est bien écrit et bien expliqué , du point de vue de l’ennemi .
      Ce n’est pas ininteressant de savoir ce que pensent les méchants pas trés futefutes et totalement inféodés au système qui est en train de se casser la gueule .
      Ca va etre fatiguant , quand nous aurons pris le pouvoir , parce qu’ il va réellement falloir construire des camps de rééducation . 30 ans de propagandes et de lavages de cerveau ultra liberal , ça laisse des traces ..

    • LG240
      • Posté à 14h54 le 28/03/2009
      • Internaute 23978

       ; -D

  • Eliott
    • Posté à 13h39 le 28/03/2009
    • Internaute 24550

    Le problème n’est pas le salaire des patrons, mais le système dans lequel nous vivons et les règles qui le régissent.

    Tant qu’une minorité se partagera les richesses créées par tous les autres les problèmes continueront.

    Aujourd’hui ceux qui travaillent le plus sont ceux qui gagnent le moins. Pire ce sont souvent les métiers les plus difficiles et contraignants qui sont les moins rémunérés.

    Les patrons sont devenus de simples gestionnaires. Parfois je me demande ce qui différencie un patron d’un proxénète.

    Je distingue les patrons des SARL qui eux sont souvent plus proches des employés, et ont le risque de tout perdre, des patrons des SA ou SAS qui ont tous les avantages (salaires et sécurité de l’emploi).

    • Vinosse
      Vinosse répond à Eliott
      Poète des bas-côtés
      • Posté à 13h57 le 28/03/2009
      • Internaute 66673
        Poète des bas-côtés

      « “Dorénavant, on ne voit pas ce qui va inciter ces derniers à agir dans l’intérêt de leur compagnie.” »

      Et qu’est-ce qui incite un bas salaire à œuvrer dans l’intérêt de son entreprise ? ? ? ?

      Peut-être aujourd’hui l’espoir de trancher dans le vif ?

  • P
    P
    • Posté à 13h44 le 28/03/2009
    • Internaute 16478

    Cet article passe complétement sous silence le fait que tous les patrons mis en cause actuellement n’auraient aucune place sur le « marché international des patrons ».

    Ils sont inconnus à l’étranger et il y a d’ailleurs très, très peu de français à la tête des mutlinationales dans le monde ! ! Et aucun patron français du CAC 40 n’a trouvé de place à l’étranger quand il a quitté son poste récemment.

    Cette soit-disante « compétition mondiale des talents » n’est qu’un leurre et un mensonge qui tente de justifier l’injustifiable. Surtout en ce qui concerne les patrons du CAC 40.

    En réalité ces sur-rémunérations donnent beaucoup plus d’informations sur l’avidité, l’absence de sens moral et par voie de conséquence la pauvreté intellectuelle des gens qui les touchent que sur leur soi-disant « talent ».

    • Kurt
      Kurt répond à P
      ––––
      • Posté à 14h01 le 28/03/2009
      • Internaute 31000
        ––––

      Il me semble me souvenir d’une enquête à ce sujet (qui date d’il y a quelques années). Les seuls dirigeants français d’entreprises étrangères étaient les fondateurs de ces entreprises à l’étranger. En gros, des types qui partaient aux USA pour monter leur entreprise. Pas un seul débauché...

      Je serais d’ailleurs ravi qu’on me donne un seul exemple d’un grand patron français qui a quitté son poste pour rejoindre une entreprise étrangère qui le voulait tellement qu’elle lui a proposé une meilleure rémunération... Je n’en vois pas un seul. Mais puisque Mme Parisot dit qu’ils existent, il doit bien y a voir un exemple quelque part... ; -)

  • liberationdelevangilepopulaire
    liberationdelevangilepopulaire
    sans mandat du ciel ni de (...)
    • Posté à 13h44 le 28/03/2009
    • Internaute 71809
      sans mandat du ciel ni de (...)

    Ce qu’il nous faut à tous, ce qui manque le plus, c’est la décence, du côté des pauvres comme du côté des riches.

    Proposition de Décence Partagée.

    Faisons remonter à la surface de la vie sociale l’idée d’une répartition de tous les salaires entre 1500 euros net et 15 000 euros net.Que ce soit pour les éboueurs - que nous devrions tous être à tour de rôle au moins quelques mois dans une vie (Gandhi) - pour les politiciens, les vedettes, les journalistes, bref sans exception.

    Avec 1500 euros, on mène une vie simple mais décente.
    Avec 15000 euros, on mène une vie agréable mais décente.

    A bas l’abus et l’avidité, A bas l’exploitation.
    Vive la décence !
    Lien

    « Si un homme a beaucoup plus qu’il ne faut, c’est que d’autres manquent du nécessaire. »
    Léon Tolstoï

  • supragloves
    • Posté à 13h44 le 28/03/2009
    • Internaute 4845

    Pour se convaincre que M. Pierre Chaigneau vit dans une autre dimension :
    Lien’s.pdf/CV%20Pierre%20Chaigneau%20rev26-09-07.pdf

  • ker
    ker
    • Posté à 13h47 le 28/03/2009
    • Internaute 12793

    Qu’est ce qui pousse un chercheur comme moi, payé au lance pierre, enfilant les contrats precaires, endossant systematiquement les echecs mais n’etant jamais mis en avant pour les succes (« collectifs »)... ?

    Ce qui nous pousse, ce n’est pas l’argent, valeur aussi factice que la verroterie refourgué au roi negre, et dont j’espere personnelement que la valeur sera anihile par une serie de devaluation monetaire, afin de remettre les compteur a zero. Voire par une revolution si il le faut.

    Ce qui nous pousse, nous qui refusons ce systeme de valeur bestial, c’est la recherche d’un sens a nos actions, y compris lorsque nous travaillons. C’est parce que nous sommes persuadé que nos activités pemettent de construire un monde plus interessant, plus humains, que nous refusons de gagner plus pour faire des boulots de merde (finance, armement, multinationale de la chimie etc) pour lesquels nous sommes largement surqualifie. Et surtout pour cautionner un systeme dont nous sommes persuade qu’il est physiquement destructeur.

    Et nous savons que tout cette argent, rançonné sur ce que nous produisons comme biens ou techniques, par des etres qui ont fat la preuve de leur caractere nocif au cours de cette crise, cette argent est la cause de la destruction de nos vie. Car c’est bien cette rancon sur le travail qui n’a de cesse de croitre qui nous mine petit a petit en diminuant la part des salaires, mais surtout en exigeant une productivite de plus en plus demente pour maintenir a un niveau decent les salaires de ce qui produisent. Le resultat, c’est la crise. Nos maigres salaires ne nous permettent plus d’absorber le flux enorme de marchandise, sans compter que les matieres premieres ne peuvent plus etre extrait a un rythme suffisant pour maintenir ce flux. Impasse.

    A cela, il n’existe qu’une seule solution plausible : la revolution, la suppression de cette rancon, le refius de ce pouvoir arbitraire au sein du systeme de production. Il n’ya aucune justification au fait que des entreprises, autrefois nationalisé, reste dans les mains d’actionnaires privés qui n’ont pas participe a la creation de ces entites. Ces usines n’ont aucun besoin de leur concours pour produire, elles peuvent directement emprunter a l’etat pour ce financer si un projet le necessite, apres un debat democratique. De meme, nous sommes au 21 ieme siecle. Comment se fait il que des fils a papa, les actionnaires, decident de la direction d’une industrie, alors qu’ils n’ont strictement aucune connaissance technique sur la marche de la production. Ce principe strictement dictatorial doit etre aboli. Nous n’avons pas besoin de patron. Si une entreprise doit se doter d’une direction alors celle ci doit etre elue par ceux qui y travaillent et rendre des comptes. Elle doit faire participer tous les salaries aux decisions, et les tenir informés.

    En attendant nous sommes esclave. La seule chose que nous pouvons faire c’est de soutenir certaine lutte, mais aussi a titre personnel, refuser de conssommer le superflu. Travailler moins, ne pas faire de zele, rester le plus longtemps au chomage entre les contrats precaires. L’important c’est de comprendre que des qu’il depasse nos besoins reelles, l’argent devient un esclavage global et qu’il nous fait plus de mal que de bien. Avons nous besoins de notre voiture, pouvons nous faire plus de velo, avons nous besoin de notre portable, pouvons nous appeler un peu moins, avons nous besoin de notre tele, pouvons nous sotrtir un peu plus dehors ou lire, avons nous besoin d’un grand appart etc..Et si nous avons de l’argent en trop, investissons le dans des prjets cooperatifs ou achetons des forets, des biens durable et maintenons les hors systeme en attendant de trouver quelqu’un qui en aura une utilisation durable et soucieuse du bien commun.

    Il en coute a notre sante, a lenvironnement et au bien etre social de gagner plus d’argent. Sabotons le systeme a titre personnel et collectivement. Si notre participation aux systeme n’etait pas vital pour celui ci, nous ne serions pas assailli de propagande publicitaire, d’exhortation publique a la conssommation. Nous avons donc bien un pouvoir certain et sommes acteurs.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à ker
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 14h12 le 28/03/2009
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Voilà une réaction qui vaut 100 articles de ce Pierre Chaigneau, merci !

    • y-Bot
      y-Bot répond à ker
      • Posté à 14h40 le 28/03/2009
      • Internaute 38620

      Content de lire l’avis d’un chercheur !

      Parce qu’il me semble que dans l’histoire du monde, les seuls talents indispensables et rares, viennent de la philosophie, des sciences et des arts. Et ceux là dont le travail fait faire des bons de géant n’ont jamais été très récompensés, et après tout, n’en ont pas demandé autant. Et voir expliqué par des requins que le capitalisme = le progrès, que sans concurrence chiffrée, point de salut, on en serait encore à l’âge de pierre, eux qui exploitent l’intelligence des uns et la santé des autres, ça ne fait pas seulement vomir...

      Ces « généreux mécènes » tirent la couverture à eux. Ils n’ont que le privilège illégitime de la mise de départ.

      Il y a mieux à faire pour le bien de tous.

  • tom25
    • Posté à 13h49 le 28/03/2009
    • Internaute 74406

    « A court-terme, cet argent qui n’ira pas dans les poches des dirigeants »................« élèverait le coût du travail »
    pourquoi , ils ne coûtent rien à l’entreprise ? ils payent leur salaire de leurs poches ?
    avec de tels raisonnements, nous ne sommes pas sorti de la M....

  • Nostrum
    • Posté à 13h50 le 28/03/2009
    • Internaute 6436

    M. Pierre Chaigneau est incontestablement un idéologue ultra libéral, ce qui parfaitement son droit, nonobstant qu’il n’en soit vraisemblablement pas totalement conscient (ce sont les plus dangereux). Je lui suggère même de porter à la connaissance de Mme Parisot son article dans le cas ou il souhaiterait postuler comme membre de son cabinet ( je suis prêt à parier avec lui qu’il sera immédiatement embauché dans son équipe de communicant).
    Dans la perspective que son idéologie ne fasse pas trop de dégât auprès des lecteurs Eco89, je conseil à ces derniers d’aller lire l’article de Frédéric Lordon sur le même sujet
    (Lien).

    • Kurt
      Kurt répond à Nostrum
      ––––
      • Posté à 22h31 le 28/03/2009
      • Internaute 31000
        ––––

      Sauf tout le respect que je dois à l’auteur de l’article, l’argumentation « raz-des-pâquerettes » développée dans cet article pourrait à peine justifier la moyenne dans un devoir d’économie niveau secondaire...

      Je ne sais pas si tous les travaux d’économie fonctionnent de la même manière ou sont de la même qualité, mais les affirmations sans le semblant d’un début de preuve ou de démonstration, l’absence de référence, voire même le style si on est cruel, font de cet article un exemple du genre dans la médiocrité. Si Parisot recrute ce genre de « communicant », je suis moins étonné des bourdes qu’elle enchaîne depuis qu’elle est aux manettes du MEDEF...

      J’irai jeter un coup d’oeil au site d’ « éclairage économique », mais si tout est de cette teneur, je conseillerais à l’auteur de le transférer vers un skyblog parce qu’il y aura toute sa place...

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 13h52 le 28/03/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Cette « démonstration » a pour caractéristique principale de ne citer aucun exemple précis (alors que la presse nous en livre en grand nombre) et de situer le problème de la rémunération des patrons dans un cadre théorique fondé sur une concurrence libérale de bon aloi entre les entreprises mondiales, accompagnée de la persistance d’une lutte des classes « d’un autre âge ». Rien n’est dit, notamment, de la conjoncture présente marquée par de graves menaces de tous ordres pesant sur l’économie, et, partant, sur les entreprises, les actionnaires, les salariés et la population en général.

    Tout se déroulerait ainsi dans le meilleur des mondes possible, et il ne tiendrait donc qu’à un Etat envahissant de s’abstenir de toute ingérence dans les affaires des entreprises pour que le système fonctionne parfaitement.

    La réalité est tout autre. Il faudrait pour commencer démontrer comment les chefs d’entreprise en général se sont comportés au mieux des intérêts de leur société et des actionnaires qui les ont nommés. Or, nous sommes confrontés à une crise sans précédent où, justement, un grand nombre des patrons incriminés ont failli à leur tâche. Le fait qu’ils n’ont pas collectivement anticipé la crise financière et économique prouve qu’ils n’ont pas été à la hauteur. Ils ont quasiment tous concentré leur attention sur l’arbre qui cache la forêt, et ignoré les risques énormes qu’ils prenaient ou qu’ils ont été contraints de prendre par l’évolution du système tout entier. On pourra toujours arguer que la fonction des patrons est de manager leur entreprise « le nez sur la guidon » et qu’il ne leur appartient pas de s’occuper de l’environnement global. Mais alors, si ces patrons, prétendument portés à leurs hautes fonctions par leur mérite et leur compétence intrinsèque, ne sont pas capables (ni requis) de comprendre l’environnement économique et financier, QUI EST CENSE LE FAIRE ?

    La faillite des patrons et de leurs actionnaires (qui devraient pourtant gérer leurs avoirs « en bon père de famille » et éviter que les pratiques des entreprises ne les plongent dans le gouffre) est patente, et d’autant plus évidente qu’on assiste actuellement à une socialisation massive de leurs pertes, puisque, aux Etats-Unis, au Japon, en Europe, pour ne citer que ces « marchés », ce sont les contribuables, et donc les salariés, qui sont les seules parties appelées à les tirer d’affaire en les renflouant à grands coups de subventions, prêts, etc. des Etats.

    La lutte des classes est d’autant moins une chose du passé que les patrons et les actionnaires savent parfaitement que ce sont ces salariés et contribuables (la classe « laborieuse ») qui vont payer pour leurs propres erreurs ! Les divers plans de relance et de subsides aux banques et aux entreprises industrielles démontrent cet état de fait de manière ECLATANTE.

    Dans ces circonstances, la « juste valeur » des rémunérations devant revenir aux chefs d’entreprise comme aux actionnaires est globalement égale à ZERO, et il serait même légitime qu’on exige d’eux la restitution à l’Etat (censé représenter les intérêts de la population en général) de ce qui leur a été indument versé puisque leurs services s’avèrent aujourd’hui inexistants dans les faits.

    Cela dit, le projet de loi visant à restreindre les possibilités de gain des chefs d’entreprise est un pur mirage d’inspiration populiste. Les propositions de Sarkozy à cet égard ne sont que du vent, tout comme la prétendue indignation du président face au phénomène des paradis fiscaux, où les avoirs des entreprises françaises, de leurs propriétaires et de leurs gérants ont été soigneusement dissimulés depuis des années afin de les soustraire à l’impôt. L’hebdomadaire Marianne cette semaine a calculé, sur la foi de recoupements entre les chiffres du FMI, de l’OCDE et de l’ONU, que ces avoirs totalisent 576 milliards de dollars.
    Où est la « juste valeur », et à qui devrait-elle versée ?

    • Chlore
      Chlore répond à Jaycib
      Plurium interrogationum
      • Posté à 14h45 le 28/03/2009
      • Internaute 21035
        Plurium interrogationum

      Ce serait sympa de ne pas sous entendre que seuls les salariés sont contribuables, de même que l’inverse est vrai (insuffisance de salaire pour avoir à payer un impôt sur le revenu)

      • Jaycib
        Jaycib répond à Chlore
        Désagrégé de l'Université
        • Posté à 15h15 le 28/03/2009
        • Internaute 37053
          Désagrégé de l'Université

        La grande majorité des contribuables sont des salariés. Il n’y a pas que l’impôt sur le revenu, qui rapporte peu à la collectivité. Les autres prélèvements (CSG, TVA, TIPP, taxes diverses) rapportent beaucoup plus et grèvent principalement le budget des usagers, qui sont eux-mêmes principalement des salariés (ou des personnes qui l’étaient ou le seront).

  • Axior
    Axior
    Citoyen
    • Posté à 13h54 le 28/03/2009
    • Internaute 26085
      Citoyen

    L’ensemble des salaires d’une entreprise, rémunération des patrons comprise, doit être décidé par ceux qui la font fonctionner (les salariés) sous recommandation de ceux qui la financent (les actionnaires).
    Le fait que les « talents » risquent de partir à l’étranger n’est pas un obstacle : ils seront remplacés par d’autres talents ( la France en regorge ) qui seront sans aucun doute plus efficaces et moins gourmands, et qui pour le moment ne sont pas exploités, ne faisant pas partie du petit cercle restreint des priviligiés qui décident de tout et se remplissent les poches sur notre dos.

    • Joe Liqueur
      Joe Liqueur répond à Axior
      Journaliste
      • Posté à 14h06 le 28/03/2009
      • Journaliste 46793
        Journaliste

      Le salaire des grands « patrons » (drôles de patrons quand même) est un problème annexe à mon avis. Le problème, c’est que le déséquilibre entre l’offre et la main-d’œuvre sur le marché du travail donne aux détenteurs du capital un pouvoir exorbitant et met les simples travailleurs dans une position de faiblesse insoutenable. Tant que l’Etat ne se décidera pas à créer massivement de l’activité, on n’en sortira pas.

      • Axior
        Axior répond à Joe Liqueur
        Citoyen
        • Posté à 14h24 le 28/03/2009
        • Internaute 26085
          Citoyen

        D’où l’intérêt du système que je préconise, où chacun y trouverait son compte.
        Les actionnaires auraient directement affaire avec les travailleurs et pourraient négocier avec eux leur propre rémunération.
        Les travailleurs auraient la possibilité de décider d’une grille de salaires équitable et pourraient désigner, parmi les milliers de postulants, le patron qui répondrait le mieux aux exigences de l’entreprise tout en négociant avec lui une rémunération raisonnable.
        Les voyoux qui sont actuellement aux commandes, et qui s’engraissent malgré la crise partiraient à l’étranger ; je dis tant mieux pour nous, et tant mieux pour eux si d’autres pays sont assez crétins pour leur faire encore confiance.

    • Joe Liqueur
      Joe Liqueur répond à Axior
      Journaliste
      • Posté à 14h24 le 28/03/2009
      • Journaliste 46793
        Journaliste

      Désolé Axior, mon post ne n’était pas destiné en particulier, c’est juste que j’avais mal compris les subtilités de l’interface Eco 89…

  • aurelius
    aurelius
    etudiant
    • Posté à 13h56 le 28/03/2009
    • Internaute 71695
      etudiant

    je suis surpris de voir un point de vue aussi obtut défendu avec tant de serieux par un journaliste d’une revue qui se dit pragmatique et indépendante

    pour rectifier quelque points :

    il n’y a pas réellement de marcher mondial des dirigeant d’entreprise le risque de les voir partir est donc très minime

    Les dirigeant qui dirigeait les entreprise jusqu’a maintenant était sensé etre motivé et bien travaillé pour autant le systeme ne s’est pas aussi mal porté.
    Je vois que tu propose de bien rémunerer les patron pour qu’il travaille bien
     » Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ? » dans un meme temps tu te plaint des pression qu’on subit les entreprise qui honoraient des contrats avec leur dirigeant
    « Même des entreprises ne disposant pas d’aides publiques ont fait preuve de menaces à peine voilées lorsqu’elles honoraient des promesses “
    , dans ta logique un dirigeant serait bien payé en supposant que grâce à cela il va bien travaillé mais si il travaille mal comment expliqué que la rémuneration reste la même ? ne serais ce pas un peu démagogique comme point de vue ?

    ,

    Je suis assez content de lire un point de vu qui s’oppose a cette idiotie qu’on appelle régulation ou moralisation du capitalisme.
    Sur ce point la je suis d’accord avec toi le capitalisme ne peut etre moraliser il ne peut etre modifié l’exploitation des travailleur est innerrante au systeme

    Un autre monde est possible

  • lancelot du lac
    lancelot du lac
    artiste
    • Posté à 14h03 le 28/03/2009
    • Internaute 74408
      artiste

    Qu’est ce qui pourrait motiver les patrons à se démener pour faire prospérer leur entreprise ?
    ... pourquoi pas le désir de faire son travail correctement, dignement, dans un esprit véritablement citoyen, avec le désir de réussir pour soi ( tout travail mérite évidemment salaire, et 40 fois le salaire minimum de l’entreprise, par exemple, ça laisse une bonne marge de confort) et pour le collectif. Faire son travail en somme, ce qu’on exige de n’importe quel salarié. Où est la question ? S’ils sont incompétents ou qu’ils rechignent à faire ce pour quoi on les paye, qu’ils s’en aillent, ou qu’on les vire. Ton entreprise, tu l’aimes ou tu la quittes !

  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 14h09 le 28/03/2009
    • Internaute 23064
      doctorant

    ça existe encore des libéraux qui s’assument ? Dingue ça !

  • YoshiL7
    • Posté à 14h12 le 28/03/2009
    • Internaute 29840

    Si on ne donne pas du fric aux patrons, on nous dit qu’on en aura plus...
    Si on ne donne pas du fric aux traders, on nous dit qu’ils vont pas rester...
    Si on ne donne pas du fric aux riches, ils vont s’exiler...

    Par contre, quand il est question de payer à sa juste valeur un salarié, la, c’est le téléphone qui sonne dans le vide... tous ces gens en ont bien rien à foutre de savoir qu’un mec est en train de se tuer au boulot pour 3 sous... il y aura toujours un autre pour assurer le taf pour 2 sous ensuite et les enrichir finalement... par contre, ils sont les premiers à pleurer que les salariés ne sont plus fidèles à leurs entreprises... mais la pas question, de nous faire le coup du « il faut les payer pour qu’il reste »... En attendant, les patrons francais ne seraient ils pas parmi les mieux payer au monde à ce jour ?
    Lien

  • elmanol93
    • Posté à 14h20 le 28/03/2009
    • Internaute 31108

    Comment un article aussi malhonnête a pu voir le jour sur Rue89 ?
    Ou est-ce de la simple provocation ?

    25 ans que je bosse, 25 ans que je vois les salaires s’effondrer pour une demande de compétences toujours plus exigeante. Vous vivez sur quelle planète ?

    Les patrons vont partir si on les obligent à gagner moins ? Mais qu’ils se cassent ! Vous trouverez parmi les salariés français une armée de dirigeants compétents prêt à toucher un salaire qui ne soit pas obscène par rapport à ceux de leurs subalternes.

    Quel arguments minables d’une élite élue de dieu vous osez proférer ici !

    Prenons un exemple qui vous concerne en particulier. La majorité des patrons de presse, des éditeurs et des directeurs de presse n’ont aucune expérience de journaliste dans leur cursus professionnel. Les ventes des parutions sont globalement en chute libre dans tous les secteurs depuis 20 ans. Deux décennies qu’ils ont montré leur incompétence.
    Vous estimez qu’ils méritent leur salaires ? Vous estimez que des gens dont c’est le métier feraient moins biens qu’eux pour un salaire moindre ? Vous pensez qu’un tel article aurait vu le jour si votre patron était un journaliste indépendant et intègre ? Sans arguments contradictoires ? Sans débat de plusieurs points de vue ?

    Vous êtes, monsieur, un pur produit de cette incompétence surpayée qui nous plonge chaque jour davantage dans une société orwélienne, un moyen age inacceptable. Vous espérez juste gagner votre part du gâteau en abrutissant vos lecteurs de fadaises ridicules les enjoignant d’accepter leur rôle d’esclave heureux de leur statut.

    Répugnant.

    • behemoth
      behemoth répond à elmanol93
      • Posté à 15h23 le 28/03/2009
      • Internaute 14395

      Je partage completement votre réaction : on peut admettre la pluralité des opinions mais en tout , un minimum de décence et de sens commun s’impose.
      Dans le contexte actuel, défendre le principe de rémunérations hors normes est une insulte à l’intelligence , un déni de Morale et une injure au principe de « Bien Commun » ...

    • LG240
      LG240 répond à elmanol93
      • Posté à 15h42 le 28/03/2009
      • Internaute 23978

      « Comment un article aussi malhonnête a pu voir le jour sur Rue89 ?
      Ou est-ce de la simple provocation ? »

      Je pense que c’est effectivement une provocation éhontée qui n’ a d’autre but que de nous obliger à passer notre samedi aprem’ devant l’ordi à pondre des réactions enfiévrées. Le pire c’est que ça marche et à l’heure qu’il est la rédaction de rue 89 doit être en train de rigoler comme une baleine

  • daniel_57
    daniel_57
    +50 ans licencié. De gauche, (...)
    • Posté à 14h23 le 28/03/2009
    • Internaute 57227
      +50 ans licencié. De gauche, (...)

    Dans le deuxième cas, une augmentation des salaires dans un contexte de crise et donc de productivité du travail plus faible élèverait le coût du travail, lequel deviendrait insoutenable pour de nombreuses entreprises qui devraient alors licencier et renoncer aux embauches potentielles.

    Je ne vois pas, en quoi, que l’argent aille a une personne ou a plusieurs augmente le coup du travail ! ! !

  • Smaragdin
    • Posté à 14h23 le 28/03/2009
    • Internaute 31076

    Il manque un élément

    L’histoire démarre au moment des profits, à se partager entre le dirigeant et les actionnaires, et s’il est vrai que les intérêts des deux parties divergent à ce stade, l’introduction de l’ensemble constitué des salariés peut modifier ce système en permettant à chacune des deux précédentes parties d’oeuvrer de concert.

    où quand la carotte devant le nez du dirigeant se transforme en bâton sur la tête les employés

  • TARPON
    • Posté à 14h26 le 28/03/2009
    • Internaute 27263

    Etre un vrai patron n’est pas une sinecure car il faut savoir qu’etre patron c’est avant tout faire bosser des mecs qui n’ont pas envie d’etre patrons .
    Pourquoi n’ont ils pas envie d’etre patrons ? il suffit souvent de les regarder la truffe humide,rampants sous l’ordre pour avoir un debut de reponse .Mais ce n’est pas tout.
    Il faut faire croire à l’employé qui ne veut pas etre patron qu’il pourrait avoir des idees de patron ,les syndicats sont là pour ça.
    Les syndicats qui en croquent autant que le patron organisent des manifs ,en general programmees longtemps à l’avance les jours qui devraient etre du chomage technique ,c’est toujours ça de moins à payer.Pendant les manifs,les employes disent au patron ce qu’ils feraient s’ils etaient patrons.Apres ,on partage avec les syndicats sans que les salaries le sachent bien sur.
    Etre patron,c’est toute une organisation.Des fois on part à l’etranger apres avoir fermé la boutique en france,ça s’appelle delocaliser.C’est pas un mot tres adapté ni juste ,on devrait dire multiplier les benefices.Ce qu’il y a de bien c’est que les salaries ne suivent jamais,ils sont comme les animaux tres attachés à leur terroir.
    Moi,j’aime bien etre patron mais je trouve que si on pouvait se passer de salaries,on gagnerait plus et ce serait moins chiant .

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