tribune 28/03/2009 à 12h33

Pourquoi il ne faut pas limiter le salaire des patrons

Eclairages économiques"
Pierre Chaigneau | EclairEco.org

Comment déterminer la valeur d’un dirigeant pour une entreprise ? C’est simple : un euro de plus dans la poche d’un dirigeant, c’est un euro de moins en profits, donc un euro de moins pour les actionnaires.

Permettre à ces derniers de fixer la rémunération des dirigeants assure qu’ils payent ce qu’il faut, ni plus ni moins, pour avoir de bons dirigeants à la tête des entreprises.

Mais en France, tout doit apparemment passer par l’Etat. Par décret, le gouvernement veut interdire les bonus comme les actions ou les stock-options pour les dirigeants des entreprises qui disposent d’une aide publique.

Même des entreprises ne disposant pas d’aides publiques ont fait preuve de menaces à peine voilées lorsqu’elles honoraient des promesses contractuelles en termes de rémunération de leur « top management ». Or cet acharnement populiste est très néfaste.

Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ?

A court-terme, cet argent qui n’ira pas dans les poches des dirigeants pourra soit augmenter les profits des entreprises (auxquels ont droit les actionnaires), soit augmenter les salaires. Le premier cas n’est probablement pas ce que les politiciens et l’opinion publique ont en tête.

Dans le deuxième cas, une augmentation des salaires dans un contexte de crise et donc de productivité du travail plus faible élèverait le coût du travail, lequel deviendrait insoutenable pour de nombreuses entreprises qui devraient alors licencier et renoncer aux embauches potentielles.

En outre, la suppression de tout lien entre performance de l’entreprise et rémunération des dirigeants coupe le lien entre l’intérêt de l’entreprise (donc, in fine, de ses salariés) et l’intérêt des dirigeants. Dorénavant, on ne voit pas ce qui va inciter ces derniers à agir dans l’intérêt de leur compagnie.

Une loi qui sera détournée et créera d’autres modes de rémunération opaques

Mais c’est à long-terme que les conséquences catastrophiques de cette mesure se feront sentir.

Quelle entreprise va se soumettre aux lois changeantes et arbitraires d’un pays caractérisé par un interventionnisme gouvernemental omniprésent mais imprévisible, car fluctuant aux gré des évolutions d’une opinion publique pas forcément éclairée ?

Quelle firme va soumettre à la vindicte populaire d’un pays qui séquestre et intimide ses dirigeants d’entreprises ?

Sans compter que ces mesures qui restreignent les stock-options ou les bonus ne demandent qu’à être contournée en faisant preuve de créativité comptable ou en rémunérant les dirigeants avec d’autres instruments plus opaques et plus complexes, ou encore avec des avantages en nature plus coûteux.

C’est justement cet « arbitrage réglementaire » qui a généré dans la finance une structure de rémunération perverse qui est maintenant largement mise en cause dans la crise financière actuelle.

Une loi repoussoir pour les entreprises

Si pour une raison ou une autre les dirigeants n’ont plus la même valeur pour l’entreprise, leur rémunération telle qu’elle est déterminée du moins indirectement par les actionnaires diminuera naturellement. Cela suppose que les entreprises disposent d’une bonne gouvernance.

En ce domaine, tout n’est pas toujours parfait, et c’est pourquoi améliorer cette dernière est un chantier tout à fait louable. Mais ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement.

Dans la mesure où le climat actuel est appelé à se pérenniser, soit les sièges sociaux des meilleures entreprises françaises quitteront la France, soit les talents quitteront notre pays pour des cieux plus accueillants. Dans les deux cas, les entreprises françaises du futur auront perdu leur statut.

Et toute la nation souffrira. Pour le plus grand plaisir de nos voisins qui ne sont plus empêtrés dans une lutte des classes d’un autre âge, et qui seront heureux d’accueillir et de rémunérer les talents à leur juste valeur, pour le bénéfice de tous leurs citoyens. On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas.


Publié initialement sur
Eclairages économiques
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  • Humain
    • Posté à 12h38 le 28/03/2009
    • Internaute 21387

    Le salaire des patrons ?

    Mais quel salaires ? De quels patrons ?

    • napakatbrax
      napakatbrax répond à Humain
      • Posté à 13h14 le 28/03/2009
      • Internaute 23966

      « Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ? » Euh... une question... et sans carotte, qu’est-ce qui incite les ouvriers à bien travailler ?

      « Une loi qui sera détournée et créera d’autres modes de rémunération opaques ». Sans aucun doute. Rappelons que les stock-options ont été inventées aux US quand un président a décider de limiter le salaire des patrons.

      Lien : connaissez-vous une entreprise qui ne soit pas aidée ? l’Etat dépense tout de même 65 milliards d’euros tous les ans en « subventions » diverses et variées...

      Lien

      • pablico
        pablico répond à napakatbrax
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 14h27 le 28/03/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        ce n’est pas que l’argent qui pousse un patron à bien travailler. D’ailleurs cela se saurait..

        c’est surtout le pouvoir, et son droit de ’vie ou de mort’ qu’il exerce, ses décisions, le nombre de ses subordonnés, ses relations, sa notoriété, son carnet d’adresse, les portes qu’il ouvre, les passe-droit qu’il obtient, les articles dans le journal. etc ....(comme tout dirigeant à quel niveau qu’il soit) c’est une question d’EGO...

         
        • LG240
          LG240 répond à pablico
          • Posté à 14h37 le 28/03/2009
          • Internaute 23978

          Le principe même du parachute doré, c’est que les dirigeants puissent continuer à s’en mettre plein les fouilles quand l’entreprise se crache. Bonjour l’incitation à bien travailler ! ! !
          (Si votre patron vous promet 3 millions d’euros en cas de licenciement pour faute grave, combien de milliseconde mettrez-vous avant de décider de commetre une faute grave ?)

          • Menfeser
            Menfeser répond à LG240
            Etudiant
            • Posté à 15h02 le 28/03/2009
            • Internaute 535
              Etudiant

            Cet article est un sophisme foireux, convenu, réchauffé et tête à claque.

            • TOMMY DU 11
              TOMMY DU 11 répond à Menfeser
              retraité à CASTELNAUDARY
              • Posté à 22h28 le 28/03/2009
              • Internaute 40643
                retraité à CASTELNAUDARY

              ENTIEREMENT D’ACCORD AVEC VOUS CET ARTICLE EST LIMITE DE LA PROVOCATION ENVERS LES SALARIES DE TOUTES LES ENTREPRISES QUI SUBISSENT LA CRISE DE PLEIN FOUET ET QUI EUX SONT TRES MAL PAYES MAIS QUI TRAVAILLENT BIEN POUR FAIRE VIVRE LEUR ENTREPRISE !
              QUAND AU CONCEPT EVOQUE DANS CET ARTICLE CE N’EST NI PLUS NI MOINS QUE LES PROPOS REACTIONNAIRES DE LA PATRONNE DU MEDEF ! INSULTANT ET ARCHAIQUE !

              • Le coup du hongrois
                Le coup du hongrois répond à TOMMY DU 11
                habitant du monde
                • Posté à 08h29 le 29/03/2009
                • Internaute 54863
                  habitant du monde

                Non, non et non, il faut laisser faire. Toute tentative pour « réglementer » (car il faut voir qui réglemente) ne serait qu’une volonté de faire baisser les colères. D’autres méthodes seront trouver pour compenser ses pertes de rémunérations. IL y a de plus en plus de doux rêveurs qui pensent que l’on peut rendre plus juste le système capitaliste...

        • Emma T.
          Emma T. répond à pablico
          Camille est sur SeXpress
          • Posté à 15h59 le 28/03/2009
          • Internaute 40366
            Camille est sur SeXpress

          C’est vrai que si ce n’était que pour l’argent, ils seraient tous et toutes proxénètes ou narcotraficants ; -))

          Il y a des tas d’autres raisons à vouloir que sa boite tourne bien et heureusement pas toutes mauvaises.

          Aussi simple que le plaisir de réussir des meringues ou une descente en kayak sans passer à la baille...

          Mais il faudrait que certains patrons prennent des cours d’économie familiale : il faut leur dire qu’on peut vivre (et même être heureux) avec nettement moins, si si, ils devraient vraiment essayer.

          Trop angoissés ces gens là, trop angoissés...

        5 autres commentaires
      • Eclaireur
        Eclaireur répond à napakatbrax
        Eclairages Economiques
        • Posté à 14h34 le 28/03/2009
        • Internaute 74409
          Eclairages Economiques

        Merci pour tes réactions, permets moi d’y répondre :

        1. Les ouvriers n’ont pas nécessairement besoin de carotte pour « bien travailler » car en règle générale leur travail est codifié. S’ils ne le font pas bien ils sont licenciés. Ce n’est pas le cas des artisans par exemple, et c’est pourquoi ces derniers ont généralement une rémunération différente. De même, le travail d’un patron est beaucoup plus complexe que celui d’un ouvrier. Par définition, on ne sait ce qui constitue un bon travail que ex post, lorsqu’il est trop tard pour licencier le patron en question. Une façon de s’assurer que leurs intérêts soient alignés avec ceux de l’entreprise est donc d’avoir un contrat dans lequel ils gagnent plus en cas de bonne performance, et moins en cas de mauvaise performance (avec un cours de Bourse en baisse, les stock-options n’ont plus aucune valeur).

        2. Les stock-options se sont effectivement généralisées aux Etats-Unis pour des raisons fiscales. Cela montre justement qu’une réglementation est contournée, pas forcément de façon optimale. C’est précisément l’argument de la tribune.

        3. Si le terme « entreprise aidée » est élargi à toutes les aides de l’Etat ; alors en effet toutes les grosses entreprises sont « aidées » (cela dit ce terme est paradoxal au sens où elles contribuent en impôts et charges sociales bien plus qu’elles ne reçoivent). Cela justifie-t-il pour autant qu’elles soient gérées par l’Etat ? Ce serait par définition même du communisme.

         
        • LG240
          LG240 répond à Eclaireur
          • Posté à 14h44 le 28/03/2009
          • Internaute 23978

          Tiens, puisque vous êtes là, une petite question en passant : nous avons les grands patrons les mieux payés d’Europe, donc les meilleurs (si j’ai bien compris votre raisonnement), comment cela se fait alors que les autres pays n’essaient pas de nous les piquer ?

          • Eclaireur
            Eclaireur répond à LG240
            Eclairages Economiques
            • Posté à 15h06 le 28/03/2009
            • Internaute 74409
              Eclairages Economiques

            Parce qu’à l’équilibre, et si la gouvernance des entreprises fonctionne correctement, les patrons gagnent ce qu’ils méritent.

            Les chercheurs Augustin Landier et Xavier Gabaix ont ainsi montré dans un papier récent (Lien) que l’augmentation de la rémunération des dirigeants était simplement expliquée par l’augmentation de la taille des entreprises : simplement, un bon dirigeant qui gère 1 milliards d’euros a plus d’impact qu’un dirigeant qui gère « seulement » 100 millions. Les entreprises sont donc prêtes à payer plus pour une petite différence de compétence.

            • LG240
              LG240 répond à Eclaireur
              • Posté à 15h20 le 28/03/2009
              • Internaute 23978

              Ca, c’est la réponse à ma question ? ! ! ! ! ! !

              • Eclaireur
                Eclaireur répond à LG240
                Eclairages Economiques
                • Posté à 16h09 le 28/03/2009
                • Internaute 74409
                  Eclairages Economiques

                Pour être plus clair, de plus grandes entreprises paieront plus leurs dirigeants, parce que ces derniers ont plus d’impact (cf. mon explication ci-dessus). La France est un grand marché avec de nombreuses grandes entreprises (c’est une spécificité française : il y a plus d’entreprises de taille moyenne en Allemagne par exemple), il n’est donc pas aberrant que les rémunérations soient relativement élevées. Cela dit je ne suis pas sûr que les patrons français gagnent significativement plus que leurs homologues allemands ou anglais, à job comparable.

                Sans compter qu’en France les hauts revenus payent beaucoup plus d’impôts qu’au Royaume Uni ou en Suisse par exemple ; dans ces conditions, la rémunération des dirigeants serait aussi élevée en partie pour leur permettre de payer 50% de leurs revenus en impôts, et d’avoir au final un revenu net comparable à ce qu’ils pourraient gagner en Suisse par exemple.

                • LG240
                  LG240 répond à Eclaireur
                  • Posté à 16h44 le 28/03/2009
                  • Internaute 23978

                  Si l’on suit votre raisonnement, on devrait avoir en France des patrons suédois ou allemands fuyant les moins bonnes conditions salariales ou fiscales de leur pays, tandis que réciproquement des patrons français pourraient diriger des groupes suisses ou britanniques. Or vous savez très bien que c’est faux : contrairement à un des postulats de base de votre article, le marché de l’emploi des dirigeants d’entreprise n’est pas mondialisé. Le haut-dirigeant français à qui ont offre aujourd’hui 300 000€ mensuels + 3 millions de parachutes dorés pour diriger une entreprise, si demain on ne lui en offre « plus » (sic) que la moitié ou le quart, il saura s’en contenter pour la très bonne raison qu’il n’aura aucune alternative.

                  • Olaf
                    Olaf répond à LG240
                    • Posté à 22h42 le 28/03/2009
                    • Internaute 739

                    Tiens ? Pus d’éclairage en réponse à cela ? Il est clair que le discours énoncé ici, dans l’article et les compléments lumineux qui y sont adjoints, fait partie de l’auto-justification développée par une classe sociologiquement déterminée pour se permettre tous les abus. Les « grand patrons » se recrutent entre eux, dans un ensemble déterminé par une origine sociale, une éducation, une philosophie commune. L’idée selon laquelle les salaires accordés sont forcément justes puisqu’ils sont conditionnés par le marché est illusoire et fausse, car ce marché, comme tous les autres, est totalement biaisé.

                • Talou
                  Talou répond à Eclaireur
                  • Posté à 21h29 le 29/03/2009
                  • Internaute 18795

                  Bonsoir,
                  Donc, on en revient toujours au même « problème » : l’angoisse de Sarkozy : que les gros revenus quittent la France ! ! ! Mais s’ils paient trop d’impôts, pourquoi ne partent ils pas ? ? ? Des gens courageux, compétents, prêts à bosser honnêtement il y en a en France, et pas seulement dans le cercle restreint du pouvoir actuel ! ! !

        • clive
          clive répond à Eclaireur
          • Posté à 14h59 le 28/03/2009
          • Internaute 27908

          allez voir le papier de Lordon sur le site du diplo
          ensuite allez au diable
          ou dans l’enfer fiscal

          • chakattak
            chakattak répond à clive
            Consultant
            • Posté à 14h26 le 30/03/2009
            • Internaute 62515
              Consultant

            Hello !
            un lien ?
            Merci !

        • lmartelli
          lmartelli répond à Eclaireur
          Paris
          • Posté à 13h54 le 30/03/2009
          • Internaute 38548
            Paris

          Merci d’éclairer avec tant de clarté la perversion du système capitaliste.

          1. Pour le ouvriers le bâton, pour les patrons la carotte. Très belle philosophie de la vie. Et vous nous expliquerez en quoi la hausse d’une action est signe des bonnes performances d’un patron. Vous souvenez-vous de la bulle internet ? On a vu des action monter de façon délirante, et puis tout s’est effondré comme un château de cartes. C’est grâce au genre de raisonnement de vous tenez que des dirigeants détruisent des entreprises avec des stratégies à court terme qui ne visent qu’à les rendre attrayantes aux yeux d’investisseurs pressés en faisant bonne figure vis à vis d’indicateurs biaisés tels que la rentabilité ou la diminution des coûts. Le dirigeants peut alors quitter l’entreprise avec primes et bonus, en laissant le soin à ses successeurs de mettre la clé sous la porte et mettre tous le monde à la rue parce que l’entreprise n’a plus aucune force d’innovation et ne peut donc pas rester compétitive à long terme.

          3. Ce serait par définition même du communisme. Et alors ? Vous avancez ça comme une preuve irréfutable que la gestion d’une entreprise pas l’état est une mauvaise chose. Cela montre bien votre parti pris.

          POur conclure, je suis scandalisé que rue89 ait publié un tel article. Ce n’est pas du journalisme. Au mieux c’est un édito de mauvaise fois.

        10 autres commentaires
  • quentin.g
    quentin.g
    Chef touriste
    • Posté à 12h38 le 28/03/2009
    • Internaute 50602
      Chef touriste

    « Sans carotte, qu’est-ce qui va inciter les patrons à bien travailler ? »
    Et les employés ? N’est-ce pas la même question ?

    • DBL8
      DBL8 répond à quentin.g
      Retraité
      • Posté à 13h57 le 28/03/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Ils se moquent de nous ?
      Ils y a des entreprises ou il y a une échelle des salaires assez faible, comparativement à actuellement.
      Les coopératives ouvrières sont faites pour quoi ?
      L’entreprise « chèque déjeuné » (pas sûr) fonctionne de cette manière, la standardiste est peut-être la mieux payé de France pour ce poste vu que le dirigeant a un bon salaire.

      Il serait bien qu’à la « Rue » on ce renseigne pour nous donner plus d’infos.

      • dodu
        dodu répond à DBL8
        Slow burn
        • Posté à 14h06 le 28/03/2009
        • Internaute 67365
          Slow burn

        Effectivement , j’ai entendu il y a déjà quelques semaines une émission sur France-Inter à propos des coopératives et il a été donné comme exemple celui des « chéques -repas » et « alternative économique » parmi d’autres (je crois que c’était une émission présentée par I. Gordiano « service public »)

    • Eclaireur
      Eclaireur répond à quentin.g
      Eclairages Economiques
      • Posté à 15h13 le 28/03/2009
      • Internaute 74409
        Eclairages Economiques

      cf. ma réponse à napakatbrax, plus haut

  • Toby E
    • Posté à 12h42 le 28/03/2009
    • Internaute 24834

    Et vous appelez çà « Eclairages économiques » !

    • eXistenZ
      eXistenZ répond à Toby E
      Arracheur de dents
      • Posté à 13h35 le 28/03/2009
      • Internaute 67914
        Arracheur de dents

      L’éclairage est effectivement économique. J’ai mesuré, ça fait moins de 2W.

    • Weatherboy
      Weatherboy répond à Toby E
      v2=notes articles en moins...
      • Posté à 13h57 le 28/03/2009
      • Internaute 38063
        v2=notes articles en moins...

      Ben après une petite escapade sur le site des « éclaireurs » à la bougie, il se trouve qu’on a échappé au pire : dans un autre article Pierre Chaigneau défend (tenez-vous bien) les parachutes dorés : -\

      « Although widely criticized as a “reward for failure”, golden parachutes are potentially useful. They get competent employees to accept the CEO job, they facilitate an efficient market in corporate control, and they prompt inadequate CEOs to leave on their own volition.
      (...)
      In conclusion, golden parachutes facilitate fundamental corporate change by limiting managerial entrenchment,
      Lien
       : -)
      Euh sinon l’“éclairage” en question, c’est bien après qu’un fusible ait disjoncté, c’est ça ?

      • Eclaireur
        Eclaireur répond à Weatherboy
        Eclairages Economiques
        • Posté à 14h40 le 28/03/2009
        • Internaute 74409
          Eclairages Economiques

        Salut WeatherBoy,
        En tant qu’auteur de l’article en question, qui s’inspire des analyses de la science économique et va il est vrai à l’encontre des analyses simples du Français moyen, j’invite les internautes à lire l’article dans son intégralité, et non des morceaux choisis par toi, avant de se faire une opinion : Lien

        Je citerai simplement ces passages :
        « The outrage is justified on a meritocratic basis : why should these CEOs earn so much money if they fail ? But why would golden parachutes exist at all if they were so inefficient and detrimental ? (...) if golden parachutes are an element of rent extraction by CEOs, empowered shareholders will suppress them. »

         
        • Weatherboy
          Weatherboy répond à Eclaireur
          v2=notes articles en moins...
          • Posté à 15h15 le 28/03/2009
          • Internaute 38063
            v2=notes articles en moins...

          Ah ah ah ah ah ! Grand Dieu ! Bénis soient nos saints parachutes dorés, la morale des actionnaires nous protège de leur dérive !
          « inspiré des analyses de la “science” :) économique », ben voyons...Vous avez une réponse Lien d’un chercheur qui expliquera très bien ce qu’il en est de la « science », du moins celle qui mérite de porter ce nom

          Quand au reste et aux petits agitateurs d’ostensoirs, en voilà une autre réponse de « français moyen »

          « Ce dont nous parlons, c’est de tous ces pays, de ces continents entiers qui ont perdu la foi économique pour avoir vu passer avec pertes et fracas les Boeing du FMI, pour avoir un peu tâté de la
          Banque mondiale. Rien, là, de cette crise des vocations que subit mollement, en Occident, l’économie. Ce dont il s’agit en Guinée, en Russie, en Argentine, en Bolivie, c’est d’un discrédit violent
          et durable de cette religion, et de son clergé.
          “Qu’est-ce qu’un millier d’économistes du FMI gisant au fond de la mer ? – Un bon début”, blaguet- on à la Banque mondiale.

          Plaisanterie russe : “Deux économistes se rencontrent. L’un demande à l’autre : ‘Tu comprends ce qui se passe ?’ Et l’autre de répondre : ‘Attends, je vais t’expliquer.’ ‘Non, non, reprend le premier, expliquer ce n’estpas difficile, moi aussi je suis économiste. Non, ce que je te demande c’est : est-ce que tu comprends ?’”
          Le clergé lui-même feint par pans d’entrer en dissidence et de critiquer le dogme. Le dernier courant un peu vivant de la prétendue “science économique ” – courant qui se nomme sans humour l’“économie non autistique” – se fait un métier, désormais, de démonter les usurpations, les tours de passe-passe, les indices frelatés d’une science dont le seul rôle tangible est d’agiter l’ostensoir autour des élucubrations des dominants, d’entourer d’un peu de cérémonie leurs appels à la soumission et enfin, comme l’ont toujours fait les religions, de fournir des explications. Car le malheur général cesse d’être supportable dès qu’il apparaît pour ce qu’il est : sans cause ni raison. »
          - Tiqqun, « L’insurrection qui vient »

        • eXistenZ
          eXistenZ répond à Eclaireur
          Arracheur de dents
          • Posté à 19h59 le 28/03/2009
          • Internaute 67914
            Arracheur de dents

          « [...] qui s’inspire des analyses de la science économique [...] »

          Les acteurs qui endossent une blouse blanche pour donner une caution scientifique au dentifrice dont ils vantent les mérites dans les publicités ne procèdent pas autrement. L’économétrie est une science mais ce que vous pratiquez n’est rien d’autre que de l’évangélisation.

          « [...] et va il est vrai à l’encontre des analyses simples du Français moyen, [...]

          La messe est dite.

        • kemardo
          kemardo répond à Eclaireur
          Trublion
          • Posté à 21h02 le 28/03/2009
          • Internaute 50800
            Trublion

          Cet article est intéressant :

          1. Un patron gagne beaucoup d’argent car sa tâche est complexe. En quoi la complexité est-elle un critère plus valable que la responsabilité sociale, les bienfaits sociétaux, l’efficacité ou l’humanité ?
          Un ouvrier qui construit des panneaux solaires toute la semaine ne devrait-il pas gagner 1000 fois plus que votre patrons pour les bienfaits qu’il apporte à la société et l’exemple qu’il donne aux autres ? Sa tâche est pourtant simple et répétitive...

          2. Les parachutes dorés motivent les patrons à l’embauche. Certes. Quels élèves de 6ème ne serait pas content d’aller à l’école s’il gagnait des bonbons à chaque mauvaise note. Mais cette impunité est-elle juste lorsque seul quelques uns en profitent ? ?

          3. Les patrons ont les salaires qu’ils méritent dans un système libéral ou le marché en général, comme le marché des salaires, se régule tout seul. Alors pourquoi le contribuable est-il en train de payer pour la régulation de ce marché ? Et pourquoi les patrons bénéficient-ils de cette socialisation des pertes ? Apparemment votre système marche juste en théorie...

          4. Les patrons siègent à différents conseils d’administration et se favorisent les uns et les autres au détriment de la régulation naturel du marché des salaires.

          5. « Le culte du leader » est particulièrement bien mis en évidence dans votre article. Ce dernier pourrait-être valable si le patron était élu démocratiquement par les salariés. Hors celui-ci est souvent « parachuté » (ce mot marche aussi en politique) par le conseil d’administration qui est composé des gros actionnaires.

          6. Je suis contre le culte du leader et souhaite voir les principe de la démocratie s’installer dans l’entreprise.

          Votre article est en somme une insupportable daube et il est difficile de garder son calme en lisant ça...

          • Talou
            Talou répond à kemardo
            • Posté à 21h35 le 29/03/2009
            • Internaute 18795

            Merci d’avoir expliqué clairement ce que je m’énervais à ne pas savoir dire !

          • lmartelli
            lmartelli répond à kemardo
            Paris
            • Posté à 14h07 le 30/03/2009
            • Internaute 38548
              Paris

            Oui, c’est article est une daube qui n’a rien de journalistique. Mais il a au moins le mérite d’inciter beaucoup de monde à prendre le clavier pour démonter ses arguments foireux.

        5 autres commentaires
  • ZonZon la MouChe
    ZonZon la MouChe
    ni dieu ni maître !
    • Posté à 12h56 le 28/03/2009
    • Internaute 53182
      ni dieu ni maître !

    Quoiqu’il en soit, il y a une différence entre être bien payé et être trop payé.

    Ne pas confondre salaire et revenus : pour les stocks-option par exemple, les patrons sont passés du stade artisanal au stade industriel. Les stock options sont devenus des rentes !
    Ceux qui cumulent leur salaire doré et des stocks-options de luxe en arrivent à une rémunération totale qui dépasse de beaucoup le salaire d’un dirigeant

    Question subsidiaire : et l’ouvrier dans tout ça ? Il gagne combien de fois moins qu’un dirigeant ? ? ? 1000 fois moins ...

    • zyclo
      zyclo répond à ZonZon la MouChe
      • Posté à 13h55 le 28/03/2009
      • Internaute 19052

      Tous les patrons ne sont pas millionnaires. Désolé ..

      • Schtroumpf perplexe
        Schtroumpf perplexe répond à zyclo
        physicien
        • Posté à 14h02 le 28/03/2009
        • Internaute 22547
          physicien

        Les patrons moins fortunés ne seraient pas concernés par des mesures de limitation des revenus patronaux. Ils ne sont donc pas l’objet de cet article. C’est bien des autres, assez nombreux pour que cela vaille la peine d’en parler, dont il est question dans l’article et le forum.

      • TOMMY DU 11
        TOMMY DU 11 répond à zyclo
        retraité à CASTELNAUDARY
        • Posté à 19h39 le 29/03/2009
        • Internaute 40643
          retraité à CASTELNAUDARY

        Mon cher zyclo : ZonZon la Mouche parle des grands patrons
        ceux qui perçoivent des stocks-options !
        Evidemment les petits patrons ne sont pas visés de même que les artisans surtout ceux qui travaillent seuls !
        Je pense ne pas déformer les propos de ZonZon la Mouche !

    • DBL8
      DBL8 répond à ZonZon la MouChe
      Retraité
      • Posté à 13h58 le 28/03/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Il n’est pas nouveau ce dessin.
      Mais toujours d’actualité !

  • sev
    sev
    • Posté à 12h53 le 28/03/2009
    • Internaute 10374

    Bien. Mais c’est partir du principe que dans le groupe « des patrons“tous sont honnetes. A la tête de nombreux grands groupes, ce ne sont pas toujours les qualités de la personne qui priment, mais son réseau, le copinage et autres faits de clientélisme. Oui, depuis longtemps beaucoup partent ailleurs (beaucoup de jeunes dynamiques bardés de diplomes et de compétences), mais leur départ est souvent motivé par le manque d’oppotunités ici(y’a pas de place !). Il faut arreter de faire croire que les patrons sont une denrée rare : des centaines de jeunes biens sortent des grandes écoles chaque année ! !

    • Eclaireur
      Eclaireur répond à sev
      Eclairages Economiques
      • Posté à 14h46 le 28/03/2009
      • Internaute 74409
        Eclairages Economiques

      Salut Sev,
      En fait c’est partir du principe que les actionnaires ont du pouvoir vis-à-vis du patron. S’ils comprennent bien leur intérêt, ils ne vont pas surpayer ce dernier. Et s’il quelqu’un d’aussi compétent est prêt à faire le même job pour un coût moindre, il vont l’embaucher (cela dit je ne suis pas certain qu’un jeune sortant même d’une très bonne école soit tout de suite prêt à diriger une grande entreprise...). Maintenant, comme le dit l’article, « Cela suppose que les entreprises disposent d’une bonne gouvernance. En ce domaine, tout n’est pas toujours parfait, et c’est pourquoi améliorer cette dernière est un chantier tout à fait louable. »

      • LG240
        LG240 répond à Eclaireur
        • Posté à 15h12 le 28/03/2009
        • Internaute 23978

        Cela présuppose aussi que la rémunération des dirigeants soit discutée en Assemblée générale par tous les actionnaires. Or je me suis laissée dire que :
        - pour ce qui concerne les entreprises du CAC 40, ces chose là ce discutent plutôt de manière assez confidentielle au sein de « comité de rémunération » ;
        - que ces comités de rémunération sont composés de membres soigneusement choisis du Conseil d’administration ;
        - que vu l’extrême consanguinité du haut-capitalisme français (le patron de l’entreprise A siège au CA de l’entreprise B et C, tandis que les patrons des entreprises B et C siègent au CA de l’entreprise A et tout ce petit monde s’est connus sur les bancs de l’ENA 30 ans plus tôt), c’est pas demain la veille qu’ils vont se censurer entre eux !

         
        • Eclaireur
          Eclaireur répond à LG240
          Eclairages Economiques
          • Posté à 15h17 le 28/03/2009
          • Internaute 74409
            Eclairages Economiques

          Tout à fait d’accord pour dire que dans ce domaine, il faudrait faire en sorte que les patrons sont moins « entrenched » (indélogeables), comme dit la litérature académique. Je sais que les Etats-Unis prennent des mesures dans ce sens, et c’est très bien. Les patrons doivent être tenus responsables, et ça n’a pas toujours été le cas.

        • eXistenZ
          eXistenZ répond à LG240
          Arracheur de dents
          • Posté à 20h16 le 28/03/2009
          • Internaute 67914
            Arracheur de dents

          Un tableau édifiant :

          Lien

        • Pas lolo
          Pas lolo répond à LG240
          fasciné
          • Posté à 20h19 le 28/03/2009
          • Internaute 29635
            fasciné

          « vu l’extrême consanguinité du haut-capitalisme français... »
          Tout à fait d’accord avec ce que vous pouvez écrire dans vos commentaires. La « science » économique a bien du mal à se confronter à la réalité ces jours-ci.
          Juste un point, le terme « crony capitalism » n’a pas été inventé par les américains pour parler de la France. J’ai bien peur qu’il n’y ait pas d’exception française en la matière.

        • bloqué le 24.09.09
          • Posté à 18h23 le 29/03/2009
          • Internaute 25106

          LG240 a entièrement raison.

          Celui qui agirait pour limiter la rémunération d’un dirigeant dont les performances sont mauvaises risquerait de subir des représailles dans le Conseil d’Administration de sa propre entreprise...

        4 autres commentaires
  • Weatherboy
    Weatherboy
    v2=notes articles en moins...
    • Posté à 13h04 le 28/03/2009
    • Internaute 38063
      v2=notes articles en moins...

    « une lutte des classes d’un autre âge »

    Tout ça, pour ça, c’est bizarre, quand c’est un autre qui le dit (disait... :), ça avait l’air de l’être beaucoup moins d’un autre âge

    « Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma
    classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et nous
    sommes en train de la gagner. »
    Lien, PDG de Berkshire Hathaway
    Lien)

    Lien

    • Schtroumpf perplexe
      Schtroumpf perplexe répond à Weatherboy
      physicien
      • Posté à 14h06 le 28/03/2009
      • Internaute 22547
        physicien

      Oui. Vous oubliez de préciser que Warren Buffet a dit cela en 2009, pas en 1950. Et que ce dernier, très confiant dans la pérennité du système libéral actuel a acheté énormément d’actions, alors que d’autres vendaient à tour de bras.

    • pablico
      pablico répond à Weatherboy
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 14h55 le 28/03/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      déconnons un peu :

      soyons politiquement correct, ne les traitons plus de PDG (pédégés) disons GAYgés... dorénavant.
      ils auront moins de complexes et demanderont peut-être moins..

  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 13h17 le 28/03/2009
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Il y a en France quelque un ou deux millions de « patrons »...

    Nous confondons, je crois, les patrons du CAC40 ou de leurs grosses fililales alimentées par une source intarissable d’Enarques.... qui se partagent les révenus de la république.

    Nous les confondons avec les autres patrons, les dirigeants qui tentent de faire tourner leur boite, parfois sans l’appui des banques ou des politiques...

    Les autres, les patrons que l’on qualifie de petits...Que font-ils donc ?
    Ils travaillent !

    En règle générale, les patrons (petits et moyens) travaillent.... ! !
    (Il y a surement comme partout des brebis galleuses, certes)

    Les patrons boulangers ne râtent pas ! Ils n’ont pas le temps !

    Les patrons commerçants se débattent avec les marges avant, arrière, avec les règles arrières, avec les lois... avec l’URSSAF, avec les Fisc ! !

    Les autres patrons du type CAC40 déléguent, sont en réunion, se répartissent les stock options, les dividendes, les jetons de présence...

    Les petits patrons, ceux qui sont à leur compte, ceux qui galèrent pour payer les fins de mois...Ceux là sont légion, mais nous n’en parlons pas ! !

    Pendant ce temps nous avons les patrons de Labo internationaux , les patrons de « Conti », les patrons CAC ou filiales qui ne peuvent rien faire sinon avaliser les décisions de leur conseil d’administration pour fermer une boite non rentable.

    Ou, pire encore, ces patrons institutionnels issus de l’ENA, Sup de Co ou autres ne sont là que pour gérer (fermer) une « boite » qui ne serait pas suffisamment rentable, non pas pour les actionnaires, mais pour les « gros » investisseurs ! !

    A confondre patron et dirigeant de boite, nous confondons finance et économie.

    Nous confondons aussi ceux qui travaillent réellement, et ceux qui ne font que glaner les subsides en pantouflant.
    En « pantouflant », les patrons en question des grosses sociétés publiques (ou assimilées comme EDf, SUEZ ou Air France...Natexis etc...), n’ont quasiment aucun risque ! !
    Ce n’est pas juste le salaire des grands patrons qu’il faut baisser, c’est toutes leurs compensations.

    Pourquoi ? ! ! C’est là qu’est la question importante.

    • Kereven
      Kereven répond à Madiran
      • Posté à 13h51 le 28/03/2009
      • Internaute 29900

      C’est exact, mais les petits-patrons ne se goinfrent pas sur le dos de leurs employés, ne gagnent pas 1000 fois plus qu’eux et ne les virent pas au moindre soucis. Ils sont prévoyants et savent diriger.
      Ce n’est pas à ceux-la que s’adresse l’article, mais aux quelques milliers de patrons de grandes boites, qui ne travaillent que du cigare et du restaurant de luxe, totalement déconnectés de la réalité, du monde, du quotidien et qui s’engraissent même en cas d’echec. Ceux là ne voient rien venir, investissent n’importe où et se ramassent violement dans les crises, tout en touchant le pactole pour eux seuls.

      • Madiran
        Madiran répond à Kereven
        (Business Analyst)
        • Posté à 16h41 le 28/03/2009
        • Internaute 16911
          (Business Analyst)

        Vous avez entièrement raison, nous ne parlons pas de ces gens là...

        Nous parlons, quand nous parlons des patrons, de ceux qui pilotent un avion qui n’est pas le leur, dans lequel ils ne voyagent uniquement qu’en première classe, et de plus... Ce ne sont même pas eux qui pilotent.
        Mais ce sont eux qui en touchent le salaire...

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