Sur le terrain 27/03/2009 à 16h35

Mayotte, havre tropical pour les génocidaires rwandais

Lisa Giachino | Journaliste

Des Rwandais accusés d’avoir participé aux massacres de 1994 se fondent dans la masse des demandeurs d’asile africains.


Pascal Simbikangwa, ancien officier de renseignement rwandais, accués de génocide (DR)

(De Mayotte) Mardi 28 octobre 2008. Ce jour là à Mayotte, un enquêteur de la Police aux frontières (PAF) arrache un aveu inattendu à l’homme qu’il interroge.

Soupçonné d’être le cerveau d’un trafic de faux papiers, ce Rwandais qui possède un passeport au nom de Safari Senyamuhara, finit par admettre qu’il est connu sous une autre identité : Pascal Simbikangwa, ancien officier de renseignement rwandais.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il est poursuivi par la justice de son pays pour son implication présumée dans le génocide des tutsis perpétré en 1994.

Dans les locaux de la police et au tribunal, ceux qui ont le réflexe de saisir « Pascal Simbikangwa » sur Google, tombent non seulement sur l’avis de recherche Interpol illustré d’une photographie de l’officier rwandais, mais également sur une série de documents qui l’accusent d’avoir torturé, organisé des massacres et des assassinats, et révèlent qu’il fut une plume virulente de la presse anti-tutsi.

Accusé d’avoir préparé le terrain au génocide

Un personnage peu commode surnommé « le tortionnaire », et qu’une caricature parue en 1992 dans un journal rwandais, représentait en rangers et tenue de camouflage, assénant des coups de matraque sur les pieds nus d’un journaliste...

« Senyamuhara » faisait partie du « Réseau Zéro », un groupe informel de responsables politiques et militaires qui a préparé le terrain pour le génocide de 1994, et est cité par une commission d’enquête internationale parmi les organisateur des exactions.

La nouvelle fait rapidement le tour des Comores, cet archipel où Simbikangwa a été assisté par les missions et secours catholiques de Grande Comore, Anjouan, puis Mayotte, la seule île restée sous administration française. Les « bonnes âmes » qui s’étaient fait un devoir de l’aider tombent des nues.

Ces dernières années, l’identité de cet homme aisément reconnaissable -il se déplace en fauteuil roulant- n’avait pourtant rien de secret pour qui voulait s’y intéresser.

« L’Africain en fauteuil » espérait bien bénéficier du statut de réfugié

Les Rwandais établis à Mayotte murmuraient que c’était un homme dangereux. Arrivé sur l’île en 2005, il avait posé son fauteuil au cœur d’un quartier populaire. L’endroit idéal pour qui veut se fondre dans le paysage : ici, le seul « étranger » surveillé de près, c’est la police venue cueillir son lot de « clandestins »...

Ses voisins connaissaient « l’Africain en fauteuil ». En plus de son trafic de faux papiers et en guise de couverture, il donnait des cours de soutien aux gamins du quartier. Suivant les indications d’un réfugié rwandais, je l’avais trouvé sans difficulté, quelques semaines avant son arrestation.

Demandeur d’asile auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), il se disait confiant :

« Le statut de réfugié ? Je l’aurai, et sinon je partirai ailleurs ! De toutes façons, l’Ofpra n’est pas un organe judiciaire et Kigali ne peut rien faire contre moi : ils ont le bras trop court... »

Il faut dire qu’à l’époque, la myopie des forces de police semblait lui donner raison. Poursuivi dès 2006 pour une première affaire de faux papiers, il ne sera pas démasqué par les enquêteurs de la PAF. Il a fallu qu’il récidive, et qu’il soit entendu par un agent « plus perspicace et plus habitué à l’international que les autres », pour qu’enfin des vérifications soient menées, indique un proche du dossier.

La police de Mayotte n’était pas reliée au fichiers nationaux et internationaux

Un responsable de la police nationale avance une hypothèse cocasse pour expliquer ce ratage :

« Le système français se met en place peu à peu à Mayotte. Quand je suis arrivé, il y a six mois, je me suis rendu compte que nous n’étions pas reliés aux fichiers nationaux et internationaux.

Mais la plupart des collègues ne le savaient pas. Ils entraient une recherche et, si la personne n’était pas répertoriée sur l’île, ils ne trouvaient rien. »

Si la police ignorait à qui elle avait affaire, d’autres sources étaient cependant mieux informées. L’examen de la demande d’extradition émise par le Rwanda, en novembre dernier (lien vers encadré), a en effet révélé que l’Ofpra avait identifié l’ancien officier en étudiant sa demande d’asile. De même, les autorités rwandaises l’avaient localisé bien avant son arrestation...

Pour un Simbikangwa démasqué, combien de criminels moins célèbres passent entre les mailles du filet ? Depuis 2001, Mayotte est une destination connue par les Africains des Grands Lacs, qui embarquent depuis la Tanzanie et font étape aux Comores indépendantes.

Les Rwandais sont les plus nombreux. En 2007, sur environ 430 demandes d’asile de Rwandais enregistrées par l’Ofpra dans l’ensemble de la France, plus de 120 émanaient de Mayotte.

A Mayotte, « il y a les vrais et les faux réfugiés »

Parmi les demandeurs, d’authentiques victimes, mais aussi un bataillon de jeunes venus tenter leur chance en s’inventant un douloureux passé, et enfin un certain nombre d’acteurs et de sympathisants du génocide...

« Il y a les vrais et les faux réfugiés », estime une Rwandaise qui a perdu des proches en 1994 :

« Ceux qui n’ont pas la conscience tranquille cherchent à se cacher quand tu les salues en kinyarwanda. Ils essaient tous de partir en Europe. Mayotte, c’est une vraie plaque tournante. »

Deux exemples parmi d’autres :

  • Ngenzi Octavien, ancien maire et responsable local du MRND, le parti au pouvoir durant la préparation du génocide, est recherché par la justice rwandaise. Ceux qui le connaissent affirment qu’il a adopté un nom comorien, ne garde jamais longtemps la même adresse ni le même numéro de téléphone.
  • Ancien employé d’une société pétrolière, Isaac ne se cache pas d’avoir fait partie, en 1993, des fondateurs de la Radio télévision libre des Mille Collines, fameuse pour avoir exhorté les Hutu à massacrer leurs concitoyens. Il prétend qu’il ne pensait pas à mal et voulait simplement investir son argent ; l’Ofpra ne partage pas ses vues et lui a refusé le statut de réfugié politique.

Quant à Safari Senyamuhara, il reste incarcéré à Mayotte dans le cadre des affaires de faux papiers pour lesquelles il a été arrêté. Début novembre, la demande d’extradition vers le Rwanda déposée par Kigali a été refusée, faute de garanties suffisantes que son procès serait équitable. Une inertie que le Collectif des parties civiles pour le Rwanda déplore.

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  • Madiran
    Madiran
    (Business Analyst)
    • Posté à 16h59 le 27/03/2009
    • Internaute 16911
      (Business Analyst)

    Tout génocide, est une horreur… Comme tous génocides reconnus ou non reconnus.

    L’implication de la France dans le génocide du Rwanda est semble-t-il indéniable, d’autant que les responsables en sont des personnes de bon teint, autant de droite que de gauche !

    La question serait plutôt de savoir pourquoi se désinteresse-t-on tant de l’Afrique, que l’on prend comme le pourvoyeur de richesses (Diamant, Coltan, Pétrole, uranium…) sans jamais lever le petit doigt sur les infamies qui s’y passsent !

    Les infâmies ont commencé par la fourniture d’esclaves au monde occidental, et ne l’oublions pas, au monde moyen-oriental (existant encore), puis par la fourniture de produits alimentaires et agricoles etc…

    Le massacre du Rwanda en est un exemple, une infâmie sans nom perpétrée avec l’aval de l’occident et de politiques Français c’est certain.

    Mais comment prendre en compte les déclarations du TPI losrque l’on sait son comportement vis à vis d’autres généocides ?

    Regardons également les Génocides « économiques », visant par la spéculation purement financière les produits agricoles pour stranguler des populations entières,

    Ce pressions économiques ont lieu depuis la corne de l’Afrique jusqu’à l’Ossetie, les provinces Chinoises et bien d’autres territoires.
    Regardons donc aussi ces génocides politiques et « économiques » en côte d’ivoire, au niger, au Nigeria, Ethiopie, Somalie
    Qui s’en interesse vraiment ? Au delà bien sur, d’émissions larmoyantes devant les caméras ?

    Qui s’interesse à l’Afrique

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Madiran
      journaleux - blogueur
      • Posté à 17h03 le 27/03/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Personne ne s’intéresse à l’Afrique, puisque, dans deux jours, Mayotte deviendra Française :
      Lien
      à 100 % et sans sommations !
      L’Onu, depuis septembre 2008, a cessé de mettre sur la table la question de Mayotte, ce qui ne légitime pas son statut.

      • Mon-Al
        Mon-Al répond à FabiendeMénilmontant
        roturière : -)
        • Posté à 20h09 le 27/03/2009
        • Internaute 24219
          roturière : -)

        Mais si on s’y intéresse, et surtout dans ce cas-là ! Mais dans la presse française, pas trop de remue-ménage ! Dame, en temps de « crise », au moment où on parle de supprimer des régions, des cantons, des ... enfin, des choses, et bien, mais OUI : on rajoute un département à la France ? Mais oui Messieurs-Dames, et ceci dans la quasi-indifférence générale ! ! !

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Mon-Al
          journaleux - blogueur
          • Posté à 21h07 le 27/03/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Simplification du mille-feuilles, qu’y disaient… avec une nouvelle région à la clef ou la création d’une super-région ? la question n’a même pas été posée. A PERSONNE…

        1 autres commentaires
    • TARPON
      TARPON répond à Madiran
      • Posté à 21h12 le 27/03/2009
      • Internaute 27263

      Personne ne s’interesse à l’Afrique surtout pas les africains.

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 01h18 le 28/03/2009
        • Internaute 61755

        puissante la réflexion !

      • cabral amilcar
        cabral amilcar répond à TARPON
        peureux célèbre
        • Posté à 10h24 le 28/03/2009
        • Internaute 29973
          peureux célèbre

        je sais bien qu’on écrit n’importe quoi dans les commentaires, mais là vous avez obéi à une pulsion subite ? un passage à l’acte irrépressible ? c’est faux bien sur, les africains aiment leur continent et s’y intéressent, je trouve que quand on a rien à dire, on peut le garder pour soi.

    • Compte supprimé le 17 novembre
      Compte supprimé le 17 novembre répond à Madiran
      observatrice hilare
      • Posté à 22h42 le 27/03/2009
      • Internaute 59030
        observatrice hilare

      « L’implication de la France dans le génocide du Rwanda est semble-t-il indéniable »

      Et ça y est, c’est reparti ! ! ! complotiste un jour, complotiste toujours.

      Ca fait des années que j’attends les preuves.... on se donne rendez-vous en 2015 ? un peu plus tard ? histoire de mettre de l’ordre dans vos dossiers ?
      Quelques liens frelatés à proposer en attendant, histoire de me faire patienter ?

      Le plus drôle dans votre phrase est l’association du « semble-t-il » et du « indéniable ».
      J’adore. Une bonne tranche de rire.
      Merci.

      • cabral amilcar
        cabral amilcar répond à Compte supprimé le 17 novembre
        peureux célèbre
        • Posté à 10h27 le 28/03/2009
        • Internaute 29973
          peureux célèbre

        vous je vous réponds que je ne vous réponds pas, pas le niveau, désolé.

      • projectionniste83370
        projectionniste83370 répond à Compte supprimé le 17 novembre
        opérateur-projectionniste
        • Posté à 11h46 le 28/03/2009
        • Internaute 25708
          opérateur-projectionniste

        Toi, on sait quelle est ta position favorite par rapport à Sarko...
        T’as rien de plus constructif à faire de tes journées ?
        Pauvre balanophage... reste donc à bouffer du gland.

    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      • Posté à 01h34 le 28/03/2009
      • Internaute 71957
        nc

      Votre message est un tel tissu d’âneries que je le reprends point à point.

      Tout génocide, est une horreur… Comme tous génocides reconnus ou non reconnus.

      Reconnu, ça ne veut rien dire. Un génocide est une affaire d’historiens. Il n’a pas à être reconnu ou non reconnu.

      L’implication de la France dans le génocide du Rwanda est semble-t-il indéniable, d’autant que les responsables en sont des personnes de bon teint, autant de droite que de gauche !

      Merci d’avancer vos preuves. Aucune implication de la France dans le génocide n’a été établie. C’est une affirmation diffamatoire.

      La question serait plutôt de savoir pourquoi se désinteresse-t-on tant de l’Afrique, que l’on prend comme le pourvoyeur de richesses (Diamant, Coltan, Pétrole, uranium…) sans jamais lever le petit doigt sur les infamies qui s’y passsent !

      Vous seriez d’accord pour qu’on envoie les soldats français se faire tuer partout où se commettent des crimes ?
      Non, désolé, ne pas intervenir pour mettre fin aux massacres en Afrique, ce n’est pas qu’on s’en désintéresse, c’est qu’on ne peut rien y faire bien souvent.

      Les infâmies ont commencé par la fourniture d’esclaves au monde occidental, et ne l’oublions pas, au monde moyen-oriental (existant encore), puis par la fourniture de produits alimentaires et agricoles etc…

      Partiellement faux. La traite a commencé dès le haut-moyen âge par les arabes.
      La traite occidentale est beaucoup plus tardive.
      Et surtout, la traite interne à l’Afrique était très importante. Dans ce cadre, les esclaves noirs étaient au service d’autres noirs.

      Le massacre du Rwanda en est un exemple, une infâmie sans nom perpétrée avec l’aval de l’occident et de politiques Français c’est certain.

      Faux. Le génocide rwandais n’a pas été perpétré avec l’aval de l’occident. Si vous pensez le contraire, dites-nous QUI en occident a donné son accord.

      Mais comment prendre en compte les déclarations du TPI losrque l’on sait son comportement vis à vis d’autres généocides ?

      C’est à dire ? Quels génocides ?

      Regardons également les Génocides « économiques “, visant par la spéculation purement financière les produits agricoles pour stranguler des populations entières,

      Un génocide économique ça ne veut rien dire. Un génocide suppose une intention exterminatrice. Il n’y a pas d’intention exterminatrice dans les relations économiques.

      Ce pressions économiques ont lieu depuis la corne de l’Afrique jusqu’à l’Ossetie, les provinces Chinoises et bien d’autres territoires.

      Mais de quoi parlez-vous ? Que vient faire l’Ossétie dans votre commentaire sur l’Afrique ?

      Regardons donc aussi ces génocides politiques et ‘ économiques en côte d’ivoire, au niger, au Nigeria, Ethiopie, Somalie
      Qui s’en interesse vraiment ? Au delà bien sur, d’émissions larmoyantes devant les caméras ?

      Il n’y a pas de génocides en Côte d’Ivoire, ni au Niger, ni au Nigeria, ni en Ethiopie, ni en Somalie.

      Qui s’interesse à l’Afrique
      Pas vous manifestement, au vu de votre connaissance très limitée du sujet.

      • Julien S
        • Posté à 10h32 le 28/03/2009
        • Internaute 67182
          ingénieur

        Les preuves de l’implication française dans le génocide manqueraient ? C’est l’armée française qui a formé et armé les milices génocidaires Interhamwhe du président Habyarimana, ce sont ces mêmes officiers français qui encadraient les assassins, c’est la France qui a continué à armer l’armée et les milices hutues pendant la guerre civle, c’est enfin elle qui a exflitré les dirigeants génocidaires à l’occasion de l’Opération Turquoise ! . Pas de preuves ? Les témoignages des rescapés Tutsis ne compteraient pas ? Les reportages et enquêtes de grands reporters comme Colette Braeckman (journal Le Soir) ne devraient pas être pris en compte ? Les assassins Hutus et leurs suppôts français de la Piscine et du négationniste Péan ont encore de beaux jours devant eux. Les accusations de la justice française contre le président Kagame désigné comme« initiateur du génocide ! “( !)se sont effilochées dans le ridicule.

         
        • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
          • Posté à 14h50 le 28/03/2009
          • Internaute 71957
            nc

          Racontars et billevesée.

        • Karine Lavestal
          Karine Lavestal répond à Julien S
          etudiante à aix en provence
          • Posté à 16h37 le 28/03/2009
          • Internaute 30011
            etudiante à aix en provence

          Un vrai révisioniste peut cacher un faux négationiste
          Désolée Julien S mais il n’est pas prouvé actuellement que l’armée française ait formé de miliciens génocidaires. Le principal témoin qui disait cela Janvier Africa s’est révélé être agent du FPR et s’est rétracté une fois réfugié au Cameroun. Pius Njawe du « Messager » peut vous le confirmer.
          L’armée française a formé des militaires dont certains ont été des génocidaires et d’autres des justes, tel le général Rusatira. mais la plupart des Rwandais formés par la France et la Belgique ont été sur le front. Et chaque fois qu’ils demandaient un cesser le feu en avril 94 le FPR refusait...
          L’histoire de l’exfiltration des génocidaires est bidon car la plupart n’avaient pas besoin de cela pour passer à l’Ouest. Il suffit de regarder une carte. De plus quand des dirigeants rwandais leur ont demander d’élargir la zone Turquoise ils ont refusé. il y a eu cependant une délégation du gouvernement provisoire qui est passée par Turqoise et qui a été raccompagnée à la frontière zaïroise par les soldat du général Hoggard qui ne voulait pas qu’ils restent là. Il ne les aimait pas pour autant.
          Quand vous parlez de témoignages Tutsi pourquoi refusez vous d’écouter les dissidents du FPR qui sont de plus en plus nombreux ? Ils confirment que c’est bien le FPR qui a descendu l’avion. Il ne s’agit pas seulement Ruzibiza qui est revenu sur ses dires concernant Bruguière, tant il a été sous pression par ses anciens amis...Et pourquoi faire l’impasse sur l’accusation espagnole qui va encore plus loin que Bruguière contre les manipulations et « actes de génocide » du FPR. Ce qui ne retire rien à la criminalité des assassins hutus, mais pourqoui le cacher ?
          Quand à Colette Braekman elle reconnait elle même que ses accusations contre la France à propos de l’attentat venaient d’une lettre anonyme et elle dit en privé que c’est bien le FPR qui descendit l’avion.
          Et elle n’a pas démenti Péan quand elle dit dans son livre qu’elle a été instrumentalisée par les services belges.
          Péan a manqué de nuance dans son travail sur le Rwanda, mais il a eu le courage rare d’aller à l’encontre de l’histoire des vainqueurs, laquelle a su spéculer sur la mauvaise conscience occidentale. C’est ça la guerre moderne. Et Péan n’a jamais nié le génocide tutsi. Mais il ne voit pas pourquoi il nierait pour autant la souffrance des centaines de milliers de hutu. Et vous ? .
          Où est le vrai négationisme ?

          • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
            • Posté à 16h51 le 28/03/2009
            • Internaute 71957
              nc

            cqfd

          • David Servenay
            David Servenay répond à Karine Lavestal
            Ex-Rue89
            • Posté à 17h34 le 28/03/2009
            • Internaute 8946
              Ex-Rue89

            Une fois n’est pas coutume, Karine Lavestal, vous continuez à répandre un relativisme de bon aloi sur le génocide rwandais avec toujours le même art de la fausse logique.

            1/ Si l’on identifie les commanditaires de l’attentat contre l’avion, alors on tient les responsables du génocide, car l’attentat déclenche le génocide.

            Le faux syllogisme par excellence.

            2/ Comment détourner, tout en l’admettant, le sens d’un événement. A l’époque des Soviétiques, on appelait cela de la propagande.

            Exemple : le 17 juillet 1994, le lieutenant-colonel Hogard, chef du secteur sud de la zone Turquoise, laisse filer le président du gouvernement intérimaire rwandais et son ministre des affaires étrangères (donc des génocidaires), vers le Zaïre, sous la protection d’une centaine de soldats de la Garde présidentielle.
            Et ce, au lieu de les arrêter, en application de la convention de 1948 de l’ONU sur le génocide.

            Il est vrai que l’officier français n’a pas reçu l’ordre de Paris (de les arrêter), qu’il a pourtant sollicité.

            Le résultat est là : l’armée française a laissé partir des génocidaires du plus haut niveau, au lieu de les arrêter. Pourquoi ? La question se pose toujours aujourd’hui.

            Dernier point : citez vos sources lorsque vous avancez des arguments. Je vous renvoie aux miennes : principalement, les intéressés (les militaires français) et les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998.

            • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
              • Posté à 19h24 le 28/03/2009
              • Internaute 71957
                nc

              Il me semble que la mauvaise foi n’est pas là où vous l’indiquez.

              Par exemple, je ne vois pas en quoi quand elle rappelle que c’est le FPR qui a abattu l’avion, Karine Lavestal en déduit que les tutsis sont responsables du génocide.

              Le message de Karine Lavestal reprend posément divers aspects du problème sans préjugés et en restant factuel. Vous lui répondez par :

              1) un argument mensonger visant à lui faire dire ce qu’elle n’a pas dit. C’est une technique habituelle pour discréditer quelqu’un quand on n’a pas d’argument de fond à opposer.

              2) par une anecdote d’un cas particulier, qui même si elle est vraie ne permet pas d’inférer quoi que ce soit.

              Vos propos sont malhonnêtes. Lé génocide qu’on subi les tutsis ne doit en aucun cas empêcher de discuter sans tabou le détail des événements. Il ne doit pas empêcher qu’on parle des crimes commis par les tutsis, et des crimes subis par les hutus.
              Même si de mon point de vue je ne verse pas une larme sur les hutus qui ont souffert et sont morts dans les camps de réfugié en RDC après la prise du pouvoir par le FPR. Ils ont subi une sorte de justice immanente pour l’épouvantable crime qu’ils venaient de subir.

              Mais ce n’est pas une raison pour ne pas en parler, et c’est un crime contre l’esprit, pour le coup, que de dire comme vous le faites entre les lignes, que parler des crimes des tutsis reviendrait à relativiser le génocide qu’ils ont subi.

            • Karine Lavestal
              Karine Lavestal répond à David Servenay
              etudiante à aix en provence
              • Posté à 00h02 le 29/03/2009
              • Internaute 30011
                etudiante à aix en provence

              A David Servenay
              Si vous aviez raison je crois que l’on ne ferai pas tant de l’attentat contre l’avion un tel tabou...
              Certes à priori on n’est pas obligé de faire un lien automatique entre l’attentat les massacres et le génocide.
              Mais voila, si l’attentat contre l’avion n’est pas déterminant, alors il faut que la planification soit claire. Et pour l’instant ce n’est pas clair.
              Le jugement qui vient d’être rendu sur Bagosora au TPIR, avec un procureur qui est pourtant pro FPR, doit admettre que l’on ne peut accuser celui-ci d’une telle chose.
              Il est possible que l’incitation, l’organisation se soit faite au fil des jours qui ont suivi l’attentat et je crois savoir que quelque chose de sérieux sera publié là dessus en fin d’année. Je ne peux pas dire ma source pour l’instant.
              Mais ce n’est pas par hasard que Carla del Ponte, l’ex procureure du TPIR a dit qu’il faudrait revoir l’histoire du génocide s’il s’avérait que le FPR avait perpétré cet attentat.
              Pour Hoggard, dont j’avais oubliée le statut précis, excusez moi, c’est Jean Hatzfeld qui a dit en privé qu’il l’a vu organiser des commandos nocturnes pour flinguer des Interahamwe. Puis Hoggard me l’a confirmée.
              Si on a une vue exclusivement juridique vous avez sans doute raison le président du gouvernement intérimaire doit être arrêté le 17 juillet. Mais si cela n’a pas été fait il faut vérifier avant tout pourquoi, car ce n’est pas forcément de la complicité. Or certains ont tranché d’avance...
              Des Tutsi (et des Hutu) sauvés par Turquoise j’en connaît beaucoup. Quand ils sont à l’étranger ils ne sont pas toujours obligés de dire le contraire à la demande pressante du FPR...

              PS. Alison Des Forges méritait un hommage, mais je vous signale qu’elle avait refusé de se rendre à la Commission soit-disant citoyenne, de Survie, commission que vous avez évoquée pour saluer sa mémoire... Source : ses collègues chercheurs.

        6 autres commentaires
  • Humain
    • Posté à 17h26 le 27/03/2009
    • Internaute 21387

    Mayotte...

    Dire oui au département, et par là à la République, c’est renoncer à la polygamie
    ...et au droit des musulman et de ses tribunaux machistes.

    De ce coté c’est instaurer le fait que la femme, (un jour peut être) devienne l’égale de l’homme.... en destabilisant les règles de la polygamie.

    Tant mieux !

    L’Islam ne sera plus la colonne vertébrale de la société, preuve s’il en est que la religion est difficilement soluble dans la république.

    Mais cela devrait aussi garantir le droit républicain qui devrait permettre de présentere aux tribun,aux les coupables de génocides...
    C’est une autre affaire certes.

    Mais espérons que cela se fera...

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Humain
      journaleux - blogueur
      • Posté à 21h06 le 27/03/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      comme le NON est baîlloné, que la France bafoue les règles internationales, que le Parti communiste va à l’encontre du PCF et se sert de Besancenot (qui s’aligne sur le MoDem) comme alibi, un OUI est plus que probable.
      Car qui vote ? les recensés… Et le recensement n’est à ce jour que facultatif, et n’existe que depuis 2000. Facile !

      • Humain
        • Posté à 12h35 le 28/03/2009
        • Internaute 21387

        Il me faut reconnaitre que le France sait baillonner un « non »... !

        Mais que Mayotte puisse s’exprimer est une choses très chouette..

        Sur quelle base denombre-t-on les électeurs ? Je ne sais.

        Reconnaître à Mayotte être une département, est lui reconnapître bien des droits, dont celui d’être soumis à la sépraration de l’Eglise (de toutes les églises) et de l’Etat.

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à Humain
          journaleux - blogueur
          • Posté à 15h01 le 28/03/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          Pour dénombrer les électeurs, c’est sur la base de lstes… électorales.

          Les listes sont établies à partir d’un recensement (facultatif).
          Pour recenser une personne, il faut au moins la connaître.

          L’Etat civil (pas encore obligatoire, puisque nous ne sommes que dans une COM particulière) n’existe que depuis 2000, avec Nom+prénom. Auparavant, les personnes étaient dénommées par une série de vocables.

          Le responsable de l’Etat civil de l’une des principales villes, par exemple, s’appelle Ibrahim Bé. Il a choisi son premier prénom, et le dernier vocable de la chaîne qui composait ce qui servait de nom. De mémoire, il n’a une existence « légale » au vu de la France que depuis 2002/2003.

          Beaucoup de Mahorais sont nés un 1er janvier. Il s’agit des « nés vers », qu’il fallait officialiser, car ils étaient éclarés dans des délais approximatifs, parfois plusieurs mois ou années après leur naissance.

          Les électeurs de demain sont donc des « initiés », à qui on n’a vanté que les mérites. Cependant, certains ont compris les inconvénients, entre autres la fin de la polygamie. Le préfet a expliqué qu’un homme pouvait conserver ses femmes, mais qu’il ne pourrait plus en épouser d’autres. Ce qui ne plaît pas à certains hommes, ni aux jeunes.

          Les cadis seront déssaisis de leur rôle, alors qu’ils étaient rémunérés par l’Etat. En Alsace et Moselle, pourtant, les rabbins et curés sont payés par la France, comme les profs des trois religions locales. La loi sur la Séparation aurait pu être assouplie, comme elle l’a été en 1924 pour construire la mosquée de Paris.

        1 autres commentaires
  • kamerlo divine
    kamerlo divine
    ouvrier
    • Posté à 18h50 le 27/03/2009
    • Internaute 73958
      ouvrier

    Comme disait Rama Yade , la France ne doit pas être un paillasson où tous les SANGUINAIRES de tout poil viennent éssuyer leurs pattes .

    • PauLo anarcho-patriote
      • Posté à 20h58 le 27/03/2009
      • Internaute 38801

      Merci à Rémi N’Gono d’avoir taclé... clair et net la bien-pensance socialogaulliste (habituelle) de l’émission on refait le monde sur R-T-L ce soir.

      À croire et… ESPÉRER que la DÉLIVRANCE nous viendra de la FRANCOPHONIE.

      Pour nous, au C-A-P (collège anarcho-patriote),

      ➢ la francophonie, avant d’être constituée d’États, est composée de femmes et d’hommes, présents sur tous les continents, qui ont en commun la langue et la culture françaises. 


      ➢ ce patrimoine et cette richesse vive, hérités du passé glorieux de la France et de la République marqué par le labeur et le sacrifice de nombreuses générations de Français et de personnes francophones, doivent non seulement demeurer partagés entre les « citoyens français » et leurs « partenaires francophones » mais être développés et valorisés.

      Sur notre site nous proclamons que l’action déterminée que nous proposons et développons pour le renouveau de la francophonie et pour le respect mutuel, la dignité, le développement et une solidarité concrète entre les citoyens français et leurs partenaires francophones contraste avec la politique frileuse et simplement clientéliste du régime socialogaulliste et les mauvais traitements dévolus par ce régime tant aux personnes francophones qu’à la langue et la culture françaises.

      • projectionniste83370
        projectionniste83370 répond à PauLo anarcho-patriote
        opérateur-projectionniste
        • Posté à 11h53 le 28/03/2009
        • Internaute 25708
          opérateur-projectionniste

        Toi le radoteur, lis donc « Mémoires de guerre » et « Mémoires d’Espoir » De Gaulle et « le manifeste du parti communiste » de Marx et Engels et tu t’apercevras à quel point le « socialo-gaullisme » que tu conchies à répétition est une dichotomie vide de sens, une ritournelle de petit facho désoeuvré, une fixation de petit-bourgeois qu’a pas grand-chose à f... de ses journées.

  • AbdulAziz
    AbdulAziz
    PEINARDE
    • Posté à 22h27 le 27/03/2009
    • Internaute 24536
      PEINARDE

    Defenseur des immigres clandestins, vous me ramenez a une autre realite ,celle des criminelles qui viennent se planquer. Un ami angolais vient de me donner un photomontage des Horreurs du KIVU. Les images sont insoutenables. Pas de pardon pour ces betes cruelles ! Vite la justice. Qu’attend-on quand le soupconne est formellement identifie ?

  • ALLAIN JULES C@MMUNICATION
    • Posté à 00h00 le 28/03/2009
    • Internaute 18202

    Vite Sarko, allez faire un tour à Mayotte !

    Lien

  • Karine Lavestal
    Karine Lavestal
    etudiante à aix en provence
    • Posté à 00h10 le 28/03/2009
    • Internaute 30011
      etudiante à aix en provence

    Jeter le droit d’asile avec l’eau du bain ?

    Je ne sais quelle est la réalité de la criminalité de Simbikangwa, mais ce n’est pas parce qu’il était membre des services qu’il est à coup sûr génocidaire.
    Dés avril 92 les services de renseignements rwandais étaient dirigés par un opposant Yamuremye, qui est aujourd’hui avec le FPR.
    De même que le chef d’état major MRND de la première semaine du génocide est aujourd’hui ministre de la Défense de Kagamé : Marcel Gatsinzi.
    Ce n’est pas non plus parce Simbikangwa est mis en cause par le collectif des parties civiles pour le Rwanda que c’est crédible, car celui-ci est proche du régime actuel.
    Et il faut mal connaître le Rwanda pour penser que justice pourrait se faire aujourd’hui sur place, où un pouvoir minoritaire a décidé de criminaliser tout une population : les Hutu, d’une part parce qu’il est minoritaire et qu’il ne pourra jamais se maintenir sans terreur, d’autre part et surtout parce que si une justice vraie pouvait se faire ce pouvoir serait démystifié.
    Il y a une autre raison de refuser ce genre d’extradition : c’est qu’après n’importe qu’elle autre dictature s’en servirait comme argument.
    Extrader vers les dictatures n’est heureusement pas encore la pratique malgré les justicier(e)s de plumes qui voudraient accélérer le processus avec les meilleurs sentiments....
    Qui est vraiment ce Simbikangwa c’est à des témoins et enquêteurs indépendants de nous le dire. Pas des relais conscients ou naïfs des vainqueurs...

  • Ukuri
    Ukuri
    riverain de rue 89
    • Posté à 00h17 le 28/03/2009
    • Internaute 58146
      riverain de rue 89

    A lire également sur le même sujet : Rwanda : « Le tortionnaire » a été arrêté.

    Lien

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 12h17 le 28/03/2009
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    Mayotte, c’est beaucoup de choses.
    Je suis abasourdi par les messages hostiles à sa départementalisation.
    La plupart argent que ça va encore nous coûter des sous (pauv’ chéris !) : Lien

    Qui connaît Mayotte ?
    J’y ai passé 2 ans. Mon fils y est né.
    Je ne prétendrai pas connaître tous les aspects du problème, de loin.

    Mayotte, c’est avant tout une base militaire française dans l’océan indien.
    C’est une ancienne colonie qui à choisi par vote de rester française.
    Ce vote est plus ou moins contesté.
    Mais, je peux vous assurer qu’une grande partie de la population est pro-française et que les femmes de Mayotte sont réputées avoir repousser les Comoriens qui voulaient récupérer l’île.

    Alors vouloir la base militaire sans rien payer, gueuler contre ceux qui ne veulent pas de la France (l’Algérie) et contre ceux qui veulent la garder (Mayotte) j’ai du mal à suivre.

    Maintenant cette histoire de « havre » tropical…

    Ben, oui, c’est ballot, Mayotte est tout prés de l’Afrique.
    Avec plein d’étapes à coté pour y arriver.
    Plein de passeurs entraînés, vu l’imigration comorienne.
    Le statut actuel de Mayotte fait que les habitants n’ont pas besoin de papiers français.
    Et puis, c’est français, alors, pour ceux qui parlent cette langue et ont des amis en France, c’est plus pratique.

    C’est comme dire : Strasbourg, un havre pour les Allemands qui veulent faire du shopping en France…
    Et ça a autant d’intérêt.

    Lien

  • AbdulAziz
    AbdulAziz
    PEINARDE
    • Posté à 16h22 le 28/03/2009
    • Internaute 24536
      PEINARDE

    a Manu 2005 : Ne provoquons pas un « Sur-accident » a Mayotte. Assurement c’en serait un de laisser nos freres de l’Ocean Indien livres ,non pas a eux meme,mais aux convoitises hegemoniques de voisins qui auraient tot fait d’endoctriner,islamiser,vampiriser ces perles. Hantes par l’obsession de dominer qu’auraient-ils a apporter,sinon l’anarchie et le non droit ou plutot la loi du plus fort et du mieux arme.Au dela de vos vues « strategico-militaires » souhaitons la bienvenue a Mayotte dans notre vieille Europe et tant mieux si c’est avec la France et ses imperfections. Au fait comment s’appellera la prefecture, les sous-prefectures, les chef-lieux ? Et puis les immigres hormis ceux que j’evoque dans mon 1er commentaire, ils ne sont pas mal venus,puisqu’ils fuient le danger dans leur pays.Peut-etre que NATIXIS et consorts leurs ferons une avance sous forme de Micro-credits ! Le moment semble opportun avec le remembrement qui vient de demarrer.

  • Samael
    Samael
    http://biodiversityconsulting. (...)
    • Posté à 17h40 le 28/03/2009
    • Internaute 58633
      http://biodiversityconsulting. (...)

    Et sarkoko il nous fait quoi ? rien... ! ! ! ! ! ! ! !