Pourquoi les dauphins s’échouent-ils sur les plages ?
C’est devenu une triste habitude. Ce lundi, les habitants de la baie d’Hamelin, au nord de Perth en Australie, ont découvert près de 80 dauphins globicéphales échoués sur le sable. C’est la deuxième fois ce mois-ci qu’un tel accident survient en Australie, deux cent dauphins se sont en effet échoués début mars et 400 depuis quatre mois. Un phénomène dont l’origine est discutée par les scientifiques.
Onze d’entre eux ont pu être sauvés, grâce à l’aide de volontaires qui ont notamment utilisé des camions et des grues pour déplacer les animaux. (Voir la vidéo)
La recherche de la cause des échouages de cétacés est récente, même si ces accidents sont observés depuis longtemps : Aristote décrivait déjà des corps de dauphins échoués sur les côtes grecques dès le IVe siècle av. J.-C., mais n’en proposait aucune explication.
Un échouage massif était souvent considéré comme un présent des dieux, amenant des tonnes de viande et d’huile aux villageois des environs. Devant une telle aubaine, pourquoi chercher à comprendre ?
Délaissant l’approche mystique, Samy Hassani, biologiste dans le service des mammifères marins d’Oceanopolis, à Brest, détaille les principales théories visant à expliquer ces phénomènes.
Ils ont été pris dans des filets.
Qu’un dauphin se retrouve piégé dans un filet de pêche, il se blessera dans la plupart des cas. Si les dégâts touchent ses organes de navigation, il peut perdre tout sens de l’orientation et s’échouer.
« Quand on retrouve un cétacé sur la plage, c’est souvent dû à des captures accidentelles, il se blesse et finit par se retrouver sur la côte. Mais c’est beaucoup plus rare dans le cas des échouages massifs. »
Ils ont été perturbés magnétiquement.
Une des théories soutient que des anomalies magnétiques perturbent le système de navigation des dauphins globicéphales. Une équipe universitaire de Cambridge, en Grande-Bretagne, a proposé que les cétacés suivaient les lignes de même force magnétique.
Ces lignes qui s’étendent à des kilomètres sous la surface, passent parfois par les côtes, emmenant les dauphins droit à leur perte. Samy Hassani se montre prudent avec cette théorie.
Les dauphins utilisent l’« écholocation » (ou « écholocalisation ») pour se repérer et se diriger, en envoyant des sons à diverses fréquences ils sont capables de savoir où se situent obstacles, proies, etc. :
« Les cétacés se dirigent surtout avec les sons, grâce à un système d’écholocation, ce qui n’est pas de nature magnétique. Il s’agit simplement d’ondes sonores. »
Ils ont été dérangés par des sons
Si les anomalies d’origine magnétique n’expliquent pas forcément la mort de tous ces animaux, des dérèglements sonores constituent une piste à ne pas négliger.
Les sonars de sous-marins ou de bateaux, notamment ceux utilisant des ondes à très basse fréquence (sonars dits ATBF) peuvent avoir des conséquences désastreuses sur les cétacés, des accidents étant déjà survenus en Grèce, au large des îles Canaries, ou encore près des Bahamas.
« Il y a deux cas de figure. Si les animaux sont proches du sonar, ils peuvent subir des lésions au niveau de l’oreille interne, qui sont directement dues aux ondes sonores. Dans ce cas, leur système de navigation est déréglé et on imagine que c’est ce qui les mène vers la côte.
Autre possibilité, les sons peuvent littéralement affoler les cétacés qui paniquent et remontent vers la surface beaucoup trop vite : une embolie gazeuse survient, et les animaux blessés et affaiblis finissent par échouer sur les côtes.
Dans les deux cas des autopsies poussées doivent être réalisées afin de déterminer l’origine du décès. »
Ils ont été trompés par leur pilote
Les dauphins globicéphales vivent en groupe de plusieurs centaines d’individus qui suivent un meneur, ou pilote.
Lorsque celui-ci est vieux, ou malade, et que son système de navigation est défectueux, il peut finir par s’échouer. Tragiquement, le groupe entier le suivra sur la côte.
« Il est arrivé que des dauphins remis à l’eau pendant un sauvetage, reviennent s’échouer volontairement. Une fois l’individu le plus vieux euthanasié, ses congénères remis à l’eau ont cessé de revenir sur le sable. La corrélation n’est pas certaine, mais il semble que les individus suivent leur pilote quoi qu’il arrive, même dans ces conditions dangereuses. »
Ils ont été piégés par la marée
.Lorsqu’ils chassent, les cétacés sont parfois amenés à nager non loin de la côte, et peuvent se faire surprendre par la marée descendante : un banc de sable les empêche alors de regagner le large.
Cependant ceci survient uniquement dans certains endroits où la géographie de la plage le permet (souvent, de longues plages de sable qui sont creusées par la mer).
Conclusion : les scientifiques hésitent mais progressent
Si les chiffres de ces derniers mois sont inquiétants, Sammy Hassani veut rester optimiste.
« De gros progrès ont été faits dans le domaine de l’analyse des échouages. Des règlementations européennes imposent désormais quelques contraintes aux bateaux de pêche pour protéger les cétacés, comme par exemple l’utilisation de répulsifs acoustiques pour les éloigner des filets.
La perturbation sonore est également prise en compte, des organismes comme l’Otan ou la Marine Nntionale ont aussi mis en place des codes de bonne conduite afin de ne pas nuire aux cétacés. »
Chacune de ces théories explique en partie ces accidents, mais aucune ne semble répondre entièrement à la question. Des groupes d’études ont été créés aux Etats-Unis et en Europe notamment, dans le but de mieux comprendre le comportement de ces animaux et afin de prendre des résolutions face aux échouages.
Malheureusement, cela n’empêchera pas ce triste spectacle de se reproduire et les chercheurs devront redoubler d’efforts pour mieux appréhender ces curieux phénomènes.
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La preuve de vie de Roméo Langlois, bientôt libéré par les Farc ? 








J’ai lu tout l’article en attendant l’apparition du réchauffement climatique qui n’est finalement jamais venu. Ouf, heureusement nos chercheurs travaillent encore sur autre chose.




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