TRIBUNE 21/03/2009 à 12h58

Mayotte : les relents néocolonialistes de la départementalisation

Alexandre Gerbi | Ecrivain

Le 29 mars prochain, par référendum, Mayotte se verra proposer de devenir un département français. Le rapport (UMP-PS) de la Commission des Lois explique :

« L’attachement indéfectible de la population de Mayotte à la France, la constance et la force de son aspiration à se rapprocher du droit commun de la République créent des devoirs pour notre pays : prendre en compte cette volonté constitue une exigence démocratique. »

Entre exigence démocratique et… sociale ?

A l’approche du cinquantenaire des indépendances africaines (1960-2010), en accomplissant symboliquement la mutation refusée il y a un demi-siècle, l’Etat français espère-t-il démontrer à la face du monde sa rupture avec la Ve République blanciste ?

A examiner le projet de plus près, loin d’accueillir fraternellement dans la communauté nationale 185 000 Mahorais majoritairement noirs et musulmans, il semble plutôt que le gouvernement s’apprête à faire de Mayotte le théâtre d’une énième aventure ambiguë. Dans la plus pure tradition du régime…

Un seul exemple.

Dans le 101e département français, nos « concitoyens mahorais » seront gratifiés d’un RMI qui ne sera pas le même qu’en métropole. Il lui sera même quatre fois inférieur.

« (…) Ce bouleversement déstabiliserait l’économie mahoraise », explique la commission des lois.

En son temps, le ministère de l’Economie Fabius-Parly invoqua semblable souci de l’équilibre des économies locales pour justifier son refus d’appliquer un arrêt du Conseil d’Etat recommandant la « décristallisation » des pensions des anciens combattants africains (ou plutôt franco-africains…).

Force est de constater que le sous-développement (ou le niveau de vie) de la Corrèze n’a jamais induit des tels ajustements…

L’égalité ? Oui… mais

L’Etat français prétend appliquer à Mayotte l’égalité républicaine. Mais, fidèle à la tradition typiquement colonialiste du « deux poids deux mesures », il commence par en exclure les montants du RMI et du smic, en arguant d’un sous-développement local dans lequel, pourtant, sa responsabilité est patente. Aimé Césaire dans son « Discours sur le colonialisme » écrivait :

« Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. Une civilisation qui choisit de fermer les yeux à ses problèmes les plus cruciaux est une civilisation atteinte. Une civilisation qui ruse avec ses principes est une civilisation moribonde. »

Comment les députés français peuvent-ils craindre que Mayotte ne sache, dans l’avenir, offrir du travail à sa jeunesse, et lui infliger dans le même temps un sous-régime salarial et social qui pourrait durer jusqu’à « 25 ans » ? Quelle est cette rupture qui emprunte au système qu’elle prétend abattre certaines de ses recettes les plus rances ?

L’Union africaine a condamné par avance ce référendum organisé sur une terre « occupée par une puissance étrangère », et le colonel Kadhafi accuse la France de « néocolonialisme ». Les députés de la commission s’en sont offusqués. Pourtant, en traitant comme à son habitude les ultramarins en Français de seconde zone, Paris justifie ces grondements et ces attaques.

La Révolution anjouanaise, été 1997 

La départementalisation de Mayotte nous confronte à des problématiques coloniales ou néocoloniales et s’inscrit dans un contexte historique, politique et géographique complexe.

Or celui-ci est largement caché, voire falsifié, par la commission des lois et le gouvernement français, mais aussi par la « gauche de la gauche » française, et certaines des plus hautes instances internationales…

A l’issue de grèves de longue durée, de soulèvements populaires, de fête nationale non chômée et de 14-juillet fêté, Anjouan et Mohéli font sécession de la République des Comores, et proclament leur rattachement à la France.

A l’époque, l’Union européenne, l’OUA et Paris condamnent la sécession, et Grande Comore finit par organiser un débarquement militaire pour faire rentrer les « rattachistes » dans le rang. En vain.

L’unité de la République des Comores, devenue Union fédérale, ne s’en est jamais vraiment remise.

De là, on comprend qu’aujourd’hui Grande Comore exige plus que jamais la rétrocession de Mayotte, et que celle-ci ne veuille pas en entendre parler.

On comprend aussi que, contrairement à la « volonté » des Mahorais, pas plus en 2009 qu’en 1997 (ou en 1981…) celle des Anjouanais et autres Mohéliens n’inspire à la commission des lois et au gouvernement français une quelconque « exigence démocratique »…

Les errements d’une certaine gauche

Dans l’Humanité, le 12 mars 2009, on lisait :

« Jean-Paul Le Coq (PCF) a rappelé, au nom des députés communistes et du Parti de gauche, que “la séparation arbitraire de Mayotte viole l’intégrité territoriale de l’archipel des Comores et suscite légitimement les condamnations internationales, notamment des Etats-Unis.” »

A suivre le PCF et le Parti de Gauche, faudrait-il que la France impose l’indépendance à Mayotte, et somme ses populations d’intégrer l’Union des Comores, avec la bénédiction de Washington, selon les méthodes appliquées à l’Afrique française en 1960 ?

Cette gauche stalino-trotsko-sartrienne française, prisonnière d’une histoire absurde ou criminelle qui l’a conduite, il y a cinquante ans, à trahir les rêves égalitaires des Africains au profit de l’impérialisme soviétique et de ses cauchemars (mais aussi, dans les faits, des néocolonialismes français, états-uniens, et autres), se dresse maintenant contre l’unité franco-mahoraise.

Que ne suit-elle dignement l’idéal d’un Senghor, d’un Lévi-Strauss ou même d’un Césaire, tels que la République blanciste, PCF compris, les élimina ou les écrasa, les dégoûta et les aliéna, parce qu’elle refusait de bâtir avec l’Outre-mer un projet fraternel… Il faut relire la lettre de démission d’Aimé Césaire à Maurice Thorez en 1956.

Les monstres de faïence

Si le gouvernement français, dans un respect strict et mutuel avec ses interlocuteurs comoriens et dans un dialogue permanent avec l’Union africaine, songeait à ouvrir honnêtement et fraternellement les très épineux dossiers d’Anjouan et de Mohéli, il romprait radicalement avec une tradition abjecte.

Or, par un paradoxe qui n’est qu’apparent, s’il s’avisait d’accomplir enfin les rêves de Senghor, de Lévi-Strauss et de Césaire –et même peut-être ceux de Rosa Luxembourg– le gouvernement français trouverait sur sa route une extrême-gauche galvanisée.

Non d’ailleurs sans quelques bonnes raisons, tout de même, puisque le régime, à l’image de son projet de départementalisation de Mayotte ou d’autonomie des Antilles, traîne de vieilles démangeaisons inégalitaires et colonialistes…

Ce face-à-face, absurde et monstrueux, où chacun des adversaires trahit, dans les deux cas et chacun à sa façon, tout à la fois les Nègres, la France, le peuple, la République et ses principes, est le paradigme de tout un système. Espérons-le, agonisant.

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  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 14h18 le 21/03/2009
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Voici cinq semaines, alors que la plupart de mes confrères ne suivaient pas les débats à l’Assemblée nationale et au sénat, j’avais commis ce point :
    Lien
    démontrant certaines absurdités, et qui me semble complémentaire de la tribune de Alexandre Gerbi.

    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à FabiendeMénilmontant
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 23h09 le 21/03/2009
      • Internaute 56555
        Ecrivain

      Chers Riverains,

      Dans le texte, il est écrit :

      « L’égalité ? Oui… mais l’Etat français prétend appliquer à Mayotte l’égalité républicaine. Fidèle à la tradition typiquement colonialiste, etc. »

      Il fallait lire :

      « L’égalité ? Oui... mais (en gras, c’est un intertitre)

      L’Etat français prétend appliquer à Mayotte l’égalité républicaine. Mais fidèle à la tradition typiquement colonialiste du “ deux poids deux mesures ‘, il commence par en exclure les montants du RMI et du SMIC, en arguant d’un sous-développement local dans lequel, pourtant, sa responsabilité est patente.’

      Cela ne veut pas dire tout à fait la même chose...

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi

  • ydcl
    • Posté à 18h41 le 21/03/2009
    • Internaute 17421

    Les partis et le gvt, ne doivent en aucun cas entériner cette loi colonialiste !

  • Alexandre Gerbi
    Alexandre Gerbi
    Auteur(e) de l'article Ecrivain
    • Posté à 18h57 le 21/03/2009
    • Internaute 56555
      Ecrivain

    Chers Riverains,

    Pour ceux qui voudraient en savoir plus sur la Révolution anjouanaise et mohélienne de 1997, voici un lien vers mon blog :

    Lien

    Bonne lecture...

    Bien cordialement,

    Alexandre Gerbi

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à Alexandre Gerbi
      journaleux - blogueur
      • Posté à 20h11 le 21/03/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Mis à part le fait que, durant les débats à l’Assemblée nationale (française) et au sénat (français) la presse (française) avait les yeux (un peu) tournés vers les Antilles (…françaises), j’avoue avoir du mal à piger l’omerta sur la réunion de l’Union africaine (dont je fais état dans mon point du 15/02/09), sachant que le patron de cet organisme, le grand humaniste Khadafi, est un ami du président Sarkozy.
      Un silence aussi grand sur le sujet que sur la visite cette semaine en France du président libanais Sleimane (en pleine semaine de la Francophonie et 31e « anniversaire » de l’installation de la FINUL) et de sa suite, dont le général Aoun, ce samedi avec Brice Hortefeux :
      Lien

  • barbouille
    barbouille
    surfeuse
    • Posté à 19h04 le 21/03/2009
    • Internaute 62861
      surfeuse

    La France ne s’est jamais interessée à Mayotte.
    Sa population n’est pas en majorité francophone.

    L’école de la République ( dont les enseignants sont recrutés à bac + 2 depuis peu ) est supplanté par les écoles coraniques.

    pourquoi ce brusque regain d’interet ? Pourquoi ne pas les retroceder à la Républiques Islamistes des Comorres ?

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à barbouille
      journaleux - blogueur
      • Posté à 20h18 le 21/03/2009
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      Les écoles coraniques, comme les tribunaux, sont vouées à la disparition. Pour ce qui est du statut du mariage, la polygamie doit être interdite, mais les actuels polygames pourront conserver leurs différentes épouses.
      La grande logique colonisatrice.

      Dans l’abécédaire UMP des propositions du candidat Sarkozy :
      Lien
      avec le suivi de la mise en œuvre, le mot « mayotte » ne figure pas plus que le mot « tva » ou « restauration ».

      Il s’agit d’une chose non écrite. Il n’a pas été élu pour augmenter les impôts, mais pour diminuer le « mille-feuille administratif », d’où sa volonté de créer un département à sa gloire dévoué.

      Car qui votera le 29 mars ? Celles et ceux qui auront été recensés. L’Etat civil n’ayant commencé à être mis en place que en l’an 2000 et de façon facultative, cela reste très sélectif, tant que ce n’est pas obligatoire. Une fois la départementalisation votée, obligatoire ce sera, pour pouvoir avoir la joie de payer des impôts locaux et percevoir des aides maigrichonnes (les élus locaux ne veulent pas le quart du RMI, mais réclament la moitié).

      • barbouille
        barbouille répond à FabiendeMénilmontant
        surfeuse
        • Posté à 20h26 le 21/03/2009
        • Internaute 62861
          surfeuse

        c’est donc ca Sarkoland ( lol)
        non pas trop drôle !

        et les explications pour le referendum, elles seront en français ?

        pourquoi la moitié du RMI ? si département ils deviennent, ils devraient toucher un RMI complet !
        La location dans l’immobilier est très élévée.

        Lien

         
        • FabiendeMénilmontant
          FabiendeMénilmontant répond à barbouille
          journaleux - blogueur
          • Posté à 20h51 le 21/03/2009
          • Internaute 14145
            journaleux - blogueur

          En cliquant sur les différents liens contenus dans les deux sujets où je parle de Mayotte :
          Lien
          ici en note de bas de page,
          Lien
          là en intégralité,
          on tombe sur des joyeusetés comme ceci :
          Lien
          ou ce « pacte » :
          Lien
          dont certains croient (là-bas comme à La Réunion) qu’il n’est pas écrit et repose sur la confiance mutuelle. Comme si on pouvait raisonnablement avoir confiance en notre président ! C’est sans doute ce document que tu recherches…

          Pour ce qui est du montant du RMI, il n’est pas précisé s’il s’agit du RMI français ou domien (les deux sont très légèrement différents depuis 2002). Tu demandes POURQUOI une différence. La réponse est : parce que ! Il en était ainsi sous Mitterrand-Rocard pour le reste de l’Outre-mer où le RMI existait. Si Chirac s’en est ému et a promis l’alignement, il lui a fallu un septennat entier (1995-2002) pour le réaliser.

          Le système colonial a la peau dure… Sauf que, lorsque c’est dit ou écrit par des Antillais, on parle de racisme. Quand ça l’est par quelqu’un comme moi, quelqu’un qui a vécu sur place, qui parfois s’est fait appeler « sale blanc » et parfois tombais sur des gens surpris que je soie blanc (bien qu’ils sachent que j’étais français de France), ça passe (un peu) mieux.

        1 autres commentaires
    • a déménagé le 10 décembre
      • Posté à 09h01 le 22/03/2009
      • Internaute 42623
         ? ? ?

      « Pourquoi ne pas les retroceder à la Républiques Islamistes des Comores ? » à cause d’un tout petit détail : les mahorais veulent rester français et l’ont déjà exprimé de façon démocratique à plusieurs reprises...
      de plus, vu comment les mahorais traitent les comoriens, ils auraient beaucoup de soucis à se faire s’ils retournaient dans la Rép. Islamique des Comores...

      • barbouille
        • Posté à 10h55 le 22/03/2009
        • Internaute 62861
          surfeuse

        ok je vois les un peu moins pauvres profitent des un peu plus pauvres. et préfére rester sous la protection d’un pays du Nord.

        Nature humaine quand tu nous tiens !

    • bidulbo
      bidulbo répond à barbouille
      bof
      • Posté à 19h21 le 22/03/2009
      • Internaute 67678
        bof

      La France s’est toujours beaucoup intéressée à Mayotte et au Comores en général.
      Les Français non.
      (on expulse des enfants seuls à Mayotte sans que cela émeuve grand-monde en métropole.)
      Pendant 20 ans, Bob Denard a fait la pluie et le beau temps sur les Comores.

    • SIRIUS3421
      SIRIUS3421 répond à barbouille
      chercheuse
      • Posté à 14h20 le 24/03/2009
      • Internaute 73946
        chercheuse

      non seulement elle ne s’est jamais intéressée à celle île mais elle n’a jamais demandé aux français de métropole s’ils voulaient que d’autres étrangers deviennent français : un référendum aurait été le bienvenu en ces temps historiques ! Car avouons le un pays qui n’a pas su régler le problème colonial des antilles, qui a fui ses responsabilités dans les départements outre mer en ne prenant jamais à bras le corps la réalité insulaire, et qui en plus n’a pas su à ce jour intrégrer des populations plus proches géographiquement, comment faire confiance à ces gens qui nous gouvernent ?
      L’exemple de la nouvelle calédonie montre combien il est difficile de s’enraciner à des milliers de kilomètres !
      Il devrait y avoir d’ici le 29 mars des pétitions pour annuler cette décision : les mahorais vont devenir nos esclaves et notre future main d’oeuvre à bas prix. Laissons les dans les comores et aidons les à se prendre en charge !
      C’est la seule façon de les respecter et de nous respecter.

  • madrid
    • Posté à 22h12 le 21/03/2009
    • Internaute 24463

    Bonsoir
    Merci pour cet article
    **
    Il est impossible de parler de Mayotte sans parler des Comores (République Islamique des Comores) ou encore (République Fédérale des Comores) et de la France …un enfant et deux mères ?
    **
    Pour vous montrer la complexité de la situation : à un moment donné, l’archipel des Comores comptait 4 présidents.
    Un petit lien parmi bien d’autres : Lien
    ***
    Mayotte : Collectivité Territoriale, ou Territoires d’Outre Mer, petite île de 380 km carres, Nb d’habitant ? plus de 300 milles en estimant le nombre des Anjouanais (entre autres) qui travaillent clandestinement à Mayotte, c’est grâce à eux que l’économie Mahoraise fonctionne.
    **
    SMIC à Mayotte
    A compter du 1er juillet 2007, le SMIG net de Mayotte devra être à 69% du SMIC net métropolitain ;
    Smic mensuel net en 2005 (552,83 euros), en 2006 (605,20 euros) et en 2007(660,50 euros)
    **
    Pour savoir un peu plus sur le statut fiscal, voir le site des Service fiscaux :
    Lien
    **
    Je ne souhaitais être plus long ...
    Cordialement

  • Alexandre Gerbi
    Alexandre Gerbi
    Auteur(e) de l'article Ecrivain
    • Posté à 23h09 le 21/03/2009
    • Internaute 56555
      Ecrivain

    Chers Riverains,

    Dans le texte, il est écrit :

    « L’égalité ? Oui… mais l’Etat français prétend appliquer à Mayotte l’égalité républicaine. Fidèle à la tradition typiquement colonialiste, etc. »

    Il fallait lire :

    « L’égalité ? Oui... mais (en gras, c’est un intertitre)

    L’Etat français prétend appliquer à Mayotte l’égalité républicaine. Mais fidèle à la tradition typiquement colonialiste du “ deux poids deux mesures ”, il commence par en exclure les montants du RMI et du SMIC, en arguant d’un sous-développement local dans lequel, pourtant, sa responsabilité est patente. »

    Cela ne veut pas dire tout à fait la même chose...

    Bien cordialement,

    Alexandre Gerbi

  • supprimé à la demande du riverain24mars
    • Posté à 05h17 le 22/03/2009
    • Internaute 71634
      Sarkozyste de gauche

    Encore un beau numéro de propagande contre la France.

  • a déménagé le 10 décembre
    • Posté à 09h05 le 22/03/2009
    • Internaute 42623
       ? ? ?

    A propos de la Guadeloupe, ça a choqué peu de monde que 200 € soient accordés aux Domiens pour compenser le coût de la vie (ça semble d’ailleurs une très mauvaise réponse que d’augmenter les salaires à cause d’un coût de la vie élevé surtout vus les causes avancées : une baisse des prix peut être plus drastique aurait été une réponse plus égalitaire et plus efficace), pourquoi dans l’autre sens, ça choque quand il y a des adaptations à la baisse en fonction de la situation économique et sociale d’une C.O.M. ?

    • barbouille
      • Posté à 11h28 le 22/03/2009
      • Internaute 62861
        surfeuse

      une baisse drastique des prix en Guadeloupe ? tu es fou toi tu touches au « bizness ». Il aurait fallu nationaliser les supermarchés du coin. Pas vraiment dans l’esprit du gouvernement en place.

      « pourquoi dans l’autre sens, ça choque quand il y a des adaptations à la baisse en fonction de la situation économique et sociale d’une C.O.M. ? »
      Euh oui ca choque élémentaire mon cher Watson.
      Il me semble que l’alimentation et le logement sont très cher à Mayotte et leur prix ne sont pas vraiment adaptés à la situation économique et sociale de ce futur département.

      Mais comme je ne voudrais pas dire de bêtise, je prefere laisser la main aux personnes qui connaissent meix la situation que moi.

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à barbouille
        journaleux - blogueur
        • Posté à 21h28 le 22/03/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        Le recensement et la création d’un cadastre (on ne sait pour l’instant pas qui vit où) vont engendrer quoi ? des impôts à payer… des locaux, d’abord, puis des Français supérieurs aux actuels.
        Or qui va voter le 29 ?
        Ceux qui sont déjà recensés, soit essentiellement ceux qui sont d’accord.
        Qui paiera ensuite ?
        Tout le monde.

        En France, quasiment tous les habitants paient une taxe d’habitation, une taxe sur la télé, chacun acquitte la TVA, etc…

  • deks976
    deks976
    sagesse
    • Posté à 13h32 le 22/03/2009
    • Internaute 73762
      sagesse

    je suis mahorais !

    En lisant cette article et les commentaire, je trouve que les personne s’expriment ici ne connaissent pas mayotte et ce n’est pas à travers des propos utilisés, que vous découvrirez la réalité qui existe à Mayotte.
    je tiens à vous dire que Mayotte est française depuis 1841 (par une sorte de rachat de 1000 piastre par an) et avant cette date l’unité comorienne n’a jamais existé ou qu’on me dit le contraire. durant ces années là, les mahorais ont choisi la france pour sécurser l’ile des violances extérieures notamment ceux des sultans des autres iles et de la région. en 1886 la france a mit un protectorat dans les trois autres iles de l’arcipel et les ratache ainsi sous le gouverneur de mayotte. En 1912 la france décida de ratacher la colonie de mayotte et ses indépendances(comores) avec Madagascar pour mieux gérer poltiquement cette région. au moment de la décolonisation de Madagascar en 1946, les dirigents de mayotte ont manifesté le maintient de mayotte dans la france. c’est la raison sur laquelle l’archipel est transformé en TOM. En 1958 la population de Mayotte a demandé aux autorités de l’époque d’aller demandé le statue de département français quand M.abdallah a sont tours a était envoyer pour demandé l’indépendance.
    En 1974 la france c’est apperçu que la population de mayotte ne souhaitaient pas l’indépendance et par la bétiese du passé(le mélange de mayotte et les comores en 1886) ne devrait pas conduire les mahorais contre leurre volonté. c’est la seule raison que la france a décidé d’organiser les election ile par ile pour évité que les mahorais se retrouve avec un choi qui n’est pas le leur. moi en tant que mahorais je reconnais pas les résolutions de l’onu, l’ua et la ligue arabe, pourquoi devrais-je accepter une telle chose. la ligue arabe, je suis musulman mais pas un arabe qu’ils arrangent dabor les problèmes des moyen-orien avant de s’occupé des problèmes des mahorais, l’ua ne m’inquiète pas car je ne vote pas pour un gouvernement africain mais plutot européen et je ne laisserai jamais un dictateur africain prendre des décisions à mayotte. les nations-unis aussi par ce que cet organisme ne prend pas en conte l’histoire de mayotte avec la france et la volonté des mahorais de disposer d’eux memes. je pense que je suis pas un animal qu’on doit décider pour moi. les comoriens aujurd’hui accepteront-ils de suivre mayotte pour devenir français si mayotte venait à décider ansi.je ne le pense pas. La départementalisation de Mayotte aujourd’hui ne fait que suivre l’intégraton de mayotte et donner mayotte sa place dans la république où nous souhaitons y rester (les jaloux vont grossir).
    Les comoriens, ne soyez pas hypocrites car meme entre vous, vous vous acceptez pas, un anjouanais qui vit aujourd’hui à la grande-comore subi des violance verbale et morale, il y a quelques années les commerçants de la grand-comore manifestaint contres les commerçant anjouanais qui sont à moroni et pourtant ils sont chez eux. les espris qui éxistaient au momnt des sultans y sont encors aujourd’hui chez vous. et vous parlez qu’à mayotte vos frères sont mal traités, il faut qu’ils sachent ce qu’ils veulent. au lieu que vous vous battez pour etre mieux chez vous, vous critiquez la france mais vous etes pret à accepter ou frauder pour acquérir sa nationalité pour pouvoire vivre.

    mayotte département les jaloux vont grossir, vive la france

    • barbouille
      barbouille répond à deks976
      surfeuse
      • Posté à 14h36 le 22/03/2009
      • Internaute 62861
        surfeuse

      En fait ca ne vous dérange pas d’être considéré comme un futur département au rabais par nos gouvernants ?

      Percevez vous - d’autres populations en ont fait l’expérience - qu’en tant que peuple à majorité de confession musulmane, vous aurez à souffrir de l’ hégémonie d’une métropole judéo-chrétienne, qui d’ailleurs vous à bien délaissée, ou qui vous considérera comme un peuple parasite comme certains le pensent encore de la Guadeloupe et de la Martinique du fait de vos particularités ?

      représentez vous la majorité votante de votre territoire ou la globalité de la pensée locale ?

      Autrement ne craigniez vous pas l’agitation d’une population qui préférait être rattachée à un etat musulman ?

      • nicolas1er
        nicolas1er répond à barbouille
        surfeur
        • Posté à 15h42 le 22/03/2009
        • Internaute 73775
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        Il est plus facile de faire des commentaires sur Mayotte et les Mahorais à partir des comparaisons hasardeuses avec les autres sites ultramarins que de se renseigner sur la réalité de cette terre française.

        Je reviens il ya peu de mon deuxième séjour chez un ami métropolitain enseignant installé depuis trois ans à Mayotte et je voudrais revenir sur certains commentaires relatives à la départementalisation de l’île.

        Déjà, il serait faux de croire que que le statut de département « au rabais » effraye le Mahorais plus que tous les autres Français, de métropole ou d’ailleurs, leur état actuel étant déjà pour eux le pire en ce qui concerne à la fois l’intérêt que leur porte la France à tous les points de vue et les condtions de subsistance quotidienne. là-bas, ils ne sont pas aujourd’hui nombreux les gens qui préfèreraient rejoindre une fédération des Comores avec des voisins qui ne les portent pas en leur coeur comme d’ailleurs beaucoup de Mahorais les méprisent en retour. On peut s’attendre le 29 mars à un vote favorable massif sur la départementalisation, non pas par espoir immodéré dans la métropole, mais par l’impossibilité de croire en un avenir meilleur sans elle. Et il peut en effet sembler juste que les Mahorais soient considérés suffisamment responsables et renseignés pour qu’on accepte leur choix sans les imaginer ignorants de leur propre sort.

        Il est ridicule d’opposer l’islam mahorais à une quelconque intégration départementale. On est loin des représentations intégristes de certains médias. le muezzin y cohabite plutôt favorablement avec les contraintes républicaines (appels modérés à la prière près des ghettos de blancs, implantation d’une industrie de brasserie de bière sur l’île « la hepo », consommation répandue de l’alcool de palme artisanal, culture animiste encore très vivante...) et les jeunes se partagent leur journée entre école coranique et école républicaine sans véritable conflit si ce ne sont les regards suspicieux que se jettent sans véritable raison prouvée imams et enseignants.

        Peut-être d’ailleurs que cette départementalisation permettra un rapprochement des populations blanche et noire qui vivent aujourd’hui dans une ségrégation sans nom mais souvent choquante, tant dans les propos de chacun que dans les réalités économiques. peut-être aussi, que de nouvelles lois favoriseront une lutte plus efficace contre la prostitution infantile et la pédophilie dont les fonctionnaires blancs sont la première clientèle et que certains expliquent sans rire par des justifications vaseuses de différence culturelles. Peut-être encore que cette île par la départementalisation deviendra l’objet d’une attention plus poussée que celle qui naît chez le fonctionnaire métropolitain avide de primes inconvenantes en regard des ressources locales, ainsi qu’un développelment favorisant les Mahorais tout autant que les blancs.

         
        • barbouille
          barbouille répond à nicolas1er
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          • Posté à 18h51 le 22/03/2009
          • Internaute 62861
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          « Il est plus facile de faire des commentaires sur Mayotte et les Mahorais à partir des comparaisons hasardeuses avec les autres sites ultramarins que de se renseigner sur la réalité de cette terre française. »

          il est très facile de croire que l’on connait un peuple et la subtilité d’une civilisation colonisée après avoir passé des ( 2 !) sejours chez un ami enseignants ... métropolitain... belle immersion ! !

          « Il est ridicule d’opposer l’islam mahorais à une quelconque intégration départementale »

          C’est bien connu, l’intégration des régions musulmanes à la France a toujours été un succès remarquable, et l’histoire ne se répéte jamais.

          « Peut-être encore que cette île par la départementalisation deviendra l’objet d’une attention plus poussée que celle qui naît chez le fonctionnaire métropolitain avide de primes inconvenantes en regard des ressources locales »

          pas très sympa pour votre ami enseignant.
          Sinon c’est vrai, la départementalisation des ultra-marins à lever tous ces avantages.
          HAHAHAHAHAHA

          Quant à la pedophilie, tant qu’on ne coupera la bite aux hommes , il y en aura toujours et partout.

          Je posais des questions car oui je ne connais peu Mayotte et pas les Mahorais, et j’essayais d’élaborer une reflexion, une argumentation sérieuse et vous vous tournez ça à la farce touristique. Vous avez ramené de belles photos au moins ?

          • nicolas1er
            nicolas1er répond à barbouille
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            • Posté à 19h23 le 22/03/2009
            • Internaute 73775
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            dommage que des questions qui permettraient peut-être d’alimenter une réflexion plus profonde soient devenues l’objet d’atteinte à une susceptibilité déplacée.

            je n’ai pas à détailler mon « immersion » (le mot me convient cependant) à Mayotte mais elle m’a permis d’approcher une réalité qui dépasse la querelle idéologique estudiantine et la surdité aux voeux mêmes des Mahorais.

            mon ami enseignant résidant aujourd’hui là-bas connait et accepte mon avis sur la question.

            quant au règlement de la pédophilie récurrente sur l’île, j’ai déjà malheureusement entendu le même argument de la part de personnes qui se satisfaisaient des corps enfantins (aucun soupçon ou sous-entendu de ma part n’est à lire ici) . C’est pourtant un problème suffisamment inquiétant et nulle part ailleurs en France aussi toléré qu’il peut selon moi se passer de commentaires potaches pour être un jour règlé.

            Mayotte mérite peut-être un peu plus ; Je crois dans le peuple mahorais pour mieux savoir qu’aucun d’entre nous quels sont les choix qu’il a à faire.

            • barbouille
              barbouille répond à nicolas1er
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              • Posté à 22h06 le 22/03/2009
              • Internaute 62861
                surfeuse

              « dommage que des questions qui permettraient peut-être d’alimenter une réflexion plus profonde soient devenues l’objet d’atteinte à une susceptibilité déplacée. »

              Vous l’avez cherché, non, ma susceptibilité. Elle est chatouilleuse je vous l’accorde.

              « quant au règlement de la pédophilie récurrente sur l’île, j’ai déjà malheureusement entendu le même argument de la part de personnes qui se satisfaisaient des corps enfantins »

              Mon argument sur le problème de la sexualité des hommes provient juste du fait que je suis.... une femme.. susceptible certes mais vous vous n’êtes pas très subtile.

              et je ne vois pas en quoi la départementalisation - avec un RMI et SMIC au rabais en plus - va porter atteinte à ce type de commerce ( car c’est bien de commerce dont il s’agit, non ?).
              Une chose m’interpelle : Si ils sont savent quels sont leurs choix à faire, pourquoi ne trouvent pas la volonté de régler eux memes cet affreux problème ?

              je vois les termes de potache, estudentine trainés dans vos propos, etes vous étudiant ? votre vision naïve du monde le laisse penser. Ils sont beaux ils sont gentils mais ils sont manipulés ! Ils sont pauvres ne parlent pas français je n’imagine meme pas si ils l’écrivent. Seuls les élites manipulent la langue correctement française et seront à même de comprendre ce que la départementalisation va impliquer. Comment le peuple mahorais peut il voter en connaissance de cause ? D’ailleurs ils ne décident de rien, c’est la France qui va décider pour eux ( et leurs élites ).

        3 autres commentaires
  • Narbonne
    • Posté à 15h49 le 22/03/2009
    • Internaute 35421

    En toute franchise je n’ai pas compris cet article et la position prise par l’auteur .S’agit il d’accueillir « fraternellement“Mayotte dans la republique et d’appliquer ‘subito’ les reglements et lois republicains ‘in extenso’ ? .S’agit de rompre avec des attitudes ‘neo coloniales et de favoriser la reunification de l’archipel ? Pour avoir vecu a plusieurs reprises a Mayotte je pense qu’il est bon de rappeller un peu le contexte,une petite partie du moins. . Referendum de 77 : 20000 H sur Mayotte 2009 : autour de 180000 ( statisques imprecises ,nombreux clandestins,etat civil approximatif etc.. ) .90% de musulmans et nombreux anjouannais et comoriens a Marseille et ayant la nationalite Francaise . Ressources budgetaires d’origine locales
    quelques % (Economie de comptoir) .

    Pour ma part je suis atterre de l’incapacite de penser et vouloir autrement .Premierement il faut oublier l’idee meme de departementalisation ,il faut le dire localement et favoriser l’emergence de responsables qui s’impliqueraient dans la voie de l’autonomie avec a terme la possibilite pour eux de choisir d’engager ou pas un dialogue avec le rest de l’archipel pour rejoindre ou pas la federation des Comores.D’ailleurs le referendum ne fera peut etre pas plus de 75 % et Mr Jego n’a t’il pas declare qu’au cas ou il ne ferait pas 70% alors il faudrait peut etre revoir cette evolution ! ! ! Admirable contorsion.
    On ne precise pas que le choix fait par les Mhorais, en 1977 a ete un choix aussi contre’ la reunion ‘aux autres iles avec lesquelles les contentieux historique etaient anciens .Giscard dEstaing en proposant un referendum ile par ile a joue un jeu dangereux,ou fait un calcul pervers ? et sans doute,dira t’on, ne l’eut il pas fait que des le jour de l’independance ,Mayotte serait devenue une deuxieme Anjouan secessionniste et on nous aurait reproche d’avoir conduit les choses de mauvaise facon.
    Pourquoi en 2009 persister ? .La politique est l’art des possibles et on a bien souvent vu des responsables se livrer a d’autres reniements .Le pragmatisme veut qu’on ne se mette pas un caillou dans la chaussure ,qu’on ne s’oppose pas aux resolutions internationales ,qu’on ne cree pas un departement ou il y aura 40% d’immigres ou de sans papiers a cote de Francais ,
    ,qu’on agite pas un chiffon rouge devant une federation des Comres qui’ n’en peut mais ‘...et a des soutiens dans les pays arabes ,en chine etc..,qui a demain pour elle et qui au travers de ceux qui ont souvent risque de mourir pour gagner les rives de Mayotte garde et gadera des liens de sang autrement plus puissants que les liens de la metropole avec son 101 eme departement .

    • barbouille
      barbouille répond à Narbonne
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      • Posté à 17h50 le 22/03/2009
      • Internaute 62861
        surfeuse

      « surtout qui parlent la langue que comprends tout le monde ce qui n’est pas loin de la du Francais .(allez dans une ecole ,a l’hopital ou meme poter plainte ) »

      et votre texte cafouille , vous pourriez préciser svp ?

      • Narbonne
        Narbonne répond à barbouille
        • Posté à 19h04 le 22/03/2009
        • Internaute 35421

        @ barbouille Ca « depote “ dans la typo ! ! donc je precise : Le mahorais reste la langue la plus parlee ,la mieux comprise par la majorite et comme souvent les elites possedent aussi bien le Francais ,de meme que les codes relationnels avec notre classe politique .
        PS J’ai un clavier anglais

         
        • barbouille
          barbouille répond à Narbonne
          surfeuse
          • Posté à 21h15 le 22/03/2009
          • Internaute 62861
            surfeuse

          c’est justement une des parties qui m’interessaient le plus, et pouf pas de chance c’etait incompréhensible.
          merci de vos précisions
          et bon courage avec le qwerty

        1 autres commentaires
    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à Narbonne
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 19h28 le 22/03/2009
      • Internaute 56555
        Ecrivain

      Cher Narbonne,

      Vous écrivez :

      « En toute franchise je n’ai pas compris cet article et la position prise par l’auteur .S’agit il d’accueillir “ fraternellement‘Mayotte dans la republique et d’appliquer subito’ les reglements et lois republicains in extenso’ ? .S’agit de rompre avec des attitudes neo coloniales et de favoriser la reunification de l’archipel ?’

      Je croyais pourtant avoir été clair : je suis favorable à l’application de la démocratie et de l’égalité républicaine.

      Si les Mahorais veulent - majoritairement, conformément au principe démocratique - que Mayotte devienne un département français, c’est leur droit le plus strict.

      Mais dans ce cas, Mayotte doit devenir un département français au même titre que n’importe quel département métropolitain, en terme de droit comme en terme d’aides sociales et de SMIC.

      Sans quoi, cette départementalisation sera un scandale inégalitaire de plus dans l’histoire colonialiste ou néocolonialiste de la France.

      Vous écrivez également :

      ‘Pour ma part je suis atterre de l’incapacite de penser et vouloir autrement

      Je partage votre effarement. Mais contrairement à vous, l’autonomie ne me semble pas, en 2009, la solution. Car l’autonomie - à laquelle les Africains furent acculés par Paris, à force de mépris, justement - a servi, historiquement, de tremplin pour larguer contre leur gré les territoires ultramarins de la France et leurs populations. Alors que l’égalité pleine et entière, qu’aurait dû permettre une vraie’ départementalisation, était la revendication de la plupart des anciens colonisés (cf. l’Afrique dite française, il y a cinquante ans).

      C’est à force d’essuyer des rebuffades et des humiliations, et de constater que l’égalité - et donc la dignité qui va avec - était refusée (y compris en cas de départementalisation arrachée de haute lutte, comme ce fut le cas pour les Antilles en 1946) que l’autonomie (et parfois l’indépendance...) est devenue une solution de rechange aussi bien pour un Senghor que pour un Césaire.

      En revanche, si la départementalisation avait été conjuguée sur un mode strictement égalitaire, notamment au plan social (ce qui, jusqu’à une date récente, ne fut pas le cas pour les Antilles par exemple, on le sait bien), l’autonomie (ou l’indépendance...) ne serait jamais apparue comme la seule voie compatible avec la dignité nègre. Je dis ‘nègre’, parce que dans cette affaire, l’insularité ou l’éloignement géographique ont bon dos, alors que c’est, au fond, la condescendance (ou le mépris) blanciste qui est largement à l’oeuvre... Ce qui m’amène à dénoncer le ‘système’ de la ‘Ve République blanciste’... Je vous renvoie à mon blog : Lien et aux précédents textes que j’ai publiés dans Rue89.

      Evidemment, il y cinquante ans, accorder cette égalité politique et sociale à l’Outre-mer, Afrique comprise, aurait conduit à construire sur des bases saines l’unité franco-africaine, et aurait entraîné une métamorphose de la France, ou plutôt de la grande République franco-africaine... C’est cette métamorphose, c’est ce grand tournant révolutionnaire que la classe politique métropolitaine, avec la Ve République blanciste, refusa, et qui la conduisit à octroyer (imposer...) l’indépendance aux territoires africains...

      Quant à la réunification de l’archipel, elle doit cesser d’être un alibi pour justifier les positions les plus antidémocratiques et les régressions sociales de toute sorte. C’est à la population de chacune des quatre îles qui composent l’ensemble géographique des Comores (Mayotte, Anjouan, Mohéli, et bien sûr Grande Comore) qu’il appartient de choisir son destin. Or à ce petit jeu là, il est bien possible qu’aujourd’hui les trois premières îles choisissent leur intégration départementale dans la République française... Ce qui, à prendre les résultat ‘en bloc’ (et non pas île par île), pourrait bien conduire tout l’archipel à rejoindre la République française...

      Dans ce cas, le problème de Mayotte terre d’immigration comorienne ne se poserait plus...

      Mais encore faudrait-il, pour en arriver là, que la parole soit démocratiquement rendue aux populations mahoraises et comoriennes...

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi

  • bidulbo
    bidulbo
    bof
    • Posté à 18h05 le 22/03/2009
    • Internaute 67678
      bof

    Si Mayotte est restée française, c’est parce qu’en 75, on s’est arrangé pour expédier des milliers d’indépendantistes sur Anjouan, Mohéli ou Grande Comore, juste avant le scrutin sur l’indépendance dont le décompte devait au départ être global et non île par île. le Sénat et le Parlement ont amendé en deux temps le texte sur l’autodétermination : un, décompte île par île ; deux, vote, île par île, sur le projet de constitution.
    Résultat : 95% des habitants des Comores votent pour l’indépendance, 64% des mahorais contre.
    c’est l’Etat français qui a sciemment cassé l’archipel en deux sur les conseils des lobbies coloniaux et de l’Action française monarchiste...
    on a donc un cas où, à la différence de l’écrasante majorité des autres colonies que De Gaulle fait accéder à l’indépendance sans référendum, on a infléchi l’expression populaire qui la demandait massivement. C’est l’Etat français qui a privé les Comores de leur destin, généré tous les problèmes actuels qui donnent du grain à moudre au FN à Mayotte.
    On voit enfin que voter pour rester dans le giron des lambeaux de la Plus Grande France ne dispense pas des avatars du code de l’indigénat (le RMI 4 fois inférieur que vous soulignez) mais j’imagine que dans votre esprit, M. Gerbi, c’est la faute des Gaullistes...

    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à bidulbo
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 20h41 le 22/03/2009
      • Internaute 56555
        Ecrivain

      Cher Biduldo,

      Comme indiqué dans l’article, le « deux poids deux mesures » dont pâtit Mayotte, comme l’Outre-mer en général, n’est pas que le fait exclusif des « gaullistes », mais de toute la classe politique hexagonale, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite en passant par le centre.

      En outre, et en l’occurrence, j’essaye d’éviter, autant que possible, d’employer le mot « gaulliste » dans cette acception, car ce terme renvoie aussi à l’épopée de la France Libre, qui mérite un très grand respect. C’est pourquoi je préfère, quand c’est possible, utiliser le mot « blanciste ».

      Enfin, je ne vois pas en quoi l’indépendance de Mayotte (contre la volonté de sa population) aurait-elle permis aux Comores d’éviter la trajectoire qui fut la leur depuis l’indépendance, trajectoire faite d’innombrables coups d’Etat et d’effroyables désastres économiques et sociaux...

      J’observe que, depuis 1975, la population de Mayotte a été interrogée de nombreuses fois sur sa volonté de rester française ou de devenir indépendante. J’observe également que, malgré sa volonté de réintégrer la République française (depuis au moins 1981, lettre signée par 380 notables anjouanais adressée, en vain, à François Mitterrand), la population d’Anjouan (et de Mohéli...) n’a jamais bénéficié de pareilles consultations. Est-ce à dire qu’aux yeux du monde, l’Histoire ne puisse souffler que dans un sens ?

      Je vous renvoie au chapitre intitulé La révolution anjouanaise dans mon ouvrage Histoire occultée de la décolonisation franco-africaine (Ed. L’Harmattan, 2006), chapitre accessible gratuitement à cette adresse :

      Lien

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi

      • bidulbo
        bidulbo répond à Alexandre Gerbi
        bof
        • Posté à 09h53 le 23/03/2009
        • Internaute 67678
          bof

        Bonjour,
        c’est pourtant la règle en droit international que les frontières restent les mêmes avant et après la colonisation. En ce qui concerne Mayotte, c’est là que le bât blesse.
        Gandhi était contre la partition de l’Inde, à la différence des Anglais qui souhaitaient garder un pied en Asie.
        Pour ce qui concerne les coups d’Etats et les désastres économiques et sociaux, 78, 89, 95 portent la marque de Robert Denard et l’argent massivement injecté par la France à Mayotte explique le déséquilibre économique en défaveur du territoire comorien.
        merci j’ai déjà des livres à la maison

         
        • Alexandre Gerbi
          Alexandre Gerbi répond à bidulbo
          Auteur(e) de l'article Ecrivain
          • Posté à 18h09 le 23/03/2009
          • Internaute 56555
            Ecrivain

          Cher Bidulbo,

          Bizarre... Je pensais que posséder des bouquins n’excluait pas d’en lire d’autres... Surtout que le lien que je vous indiquais est gratuit... Enfin bon, c’est votre droit de refuser de compléter votre information...

          Pour ce qui est de l’intangibilité des frontières, j’espère que vous vous rendez compte que ce principe entre en contradiction avec le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »... Faut-il croire que, selon vous, les Mahorais sont condamnés (comme les Anjouanais et les Mohéliens) à faire partie d’un ensemble politique - l’Union des Comores - même s’ils ne le souhaitent pas ? Le droit à la sécession serait-il réservé aux populations qui n’ont jamais été colonisées (si tant est que cela existe) ? Ce n’est pas très sérieux...

          Pour ce qui est de Bob Denard, si son rôle a été évidemment désastreux, n’est-il pas un peu facile d’attribuer à ce seul personnage la responsabilité exclusive des échecs économiques et sociaux de l’archipel ? Les différents dirigeants comoriens sont-ils donc les seuls dirigeants du monde à n’avoir aucune responsabilité dans les malheurs de leurs populations ?

          Quant à Mayotte, vous dites : « l’argent massivement injecté par la France à Mayotte explique le déséquilibre économique en défaveur du territoire comorien. »

          Mais, au vrai, le vrai problème est-il le « déséquilibre économique » entre les îles, ou bien le sidérant sous-développement des autres îles, en particulier d’Anjouan ? Par quel effet magique la suppression des aides dont bénéficie Mayotte aurait-elle résolu les problèmes économiques et sociaux d’Anjouan et des Comores en général ?

          Je constate en tout cas que le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » est reconnu aux populations qui veulent quitter la France, mais est refusé à celles qui voudraient la rejoindre... Voilà qui n’est pas très cohérent...

          Bien cordialement,

          Alexandre Gerbi

        1 autres commentaires
  • so976
    so976
    chef d'entreprise
    • Posté à 11h47 le 23/03/2009
    • Internaute 73836
      chef d'entreprise

    Merci à tous pour l’intérêt que vous portez à Mayotte.
    Le débat est intéressant, mais nous nous éloignons de Mayotte !
    Je souhaite remercier l’internaute desk976 pour son avis en tant que Mahorais et son rappel de l’histoire locale, puisque le débat est bien là ! Il s’agit du choix des mahorais ! Je vie à Mayotte depuis 7 ans. La situation locale est complexe, il est déplacé de comparer la situation de Mayotte à celle des Antilles, de la réunion ou autre ... Il est aussi déplacer de remettre sur le tapis des histoires vieilles de 50 ou 60 ans ou la France est toujours la « méchante » colonisatrice qui profite de tout le monde. Je ne suis pas pro-sarkosiste, mais il aura eu tout de même le mérite de faire ce que tous les autres Présidents et gouvernement avait promis. On peu penser ce que l’on veut du statut de département, pour / contre, à chacun a ses arguments et c’est donc démocratiquement que la question sera posée aux Mahorais le 29 mars prochain.
    Le fait que le RMI et autres allocations ne soit pas tout de suite amenées au taux de métropole s’inscrit dans une logique économique et c’est très réaliste.
    Imaginez un instant, vous en métropole, on vous dit : « à partir de demain, vous gagnerez plus d’argent si vous restez chez vous avec vos 7 enfants qu’à aller travailler chaque jours sous 35°C et 95% d’humidité »
    vous feriez quoi ? ? ? et bien vous resteriez chez vous avec vos 7 enfants ! logique ! Mais est-ce vraiment ça que vous voulez pour les mahorais ?
    Une autre hypothèse :
    vous avez une entreprise, vous payer un smic horaire à environ 6€ avec 24% de charges et on vous dit : « à partir de demain, vous payerez vos salariés à 8.71€ + 60% charges “ alors ? ? ? vous faites quoi ? et bien vous mettez la clef sous la porte ! et vous licenciez vos 3 ou 4 employés qui iront pointer aux chômage ! et même si vous vous accrochez, personne ne viendra travailler pour vous, car ils gagneront plus chez eux au RMI !
    Voilà ! la réalité économique de Mayotte.
    Et tout le monde ici en est bien conscient !
    et si les mahorais votent oui, ce n’est pas parce qu’ils sont mal informés ... devinez pourquoi ?
    Alors svp, laisser le temps au temps
    le temps à tout un système que VOUS maitrisez de se mettre en place ici, sinion, Mayotte coure à la catastrophe et dans 10 ans, ils vous jetterons des cailloux en demandant 200 € de plus ... comme aux antilles ... puisque vous aimez la comparaison !
    Est ce vraiment aussi honteux de vouloir que les gens travaillent, gagnent de l’argent d’eux même ?
    Pouvons nous encore demander aux métropolitains de se serrer la ceinture pour permettre à d’autre de se la couler douce ? ? ? NON !
    Formons les mahorais sur place, donnons leur un travail dont ils pourront être fiers, faisons en sorte qu’ils élèvent leur famille par leur propre moyens.
    est ce là un discours de colonisateur ?
    Je ne pense pas.
    Alors si vous intéressez vraiment à Mayotte, ouvrez vos oreilles, ouvrez vos yeux, même si c’est dérangeant et que ça bouscule toutes vos belles idées pré-conçues !

    • Alexandre Gerbi
      Alexandre Gerbi répond à so976
      Auteur(e) de l'article Ecrivain
      • Posté à 19h01 le 23/03/2009
      • Internaute 56555
        Ecrivain

      Chère so976,

      C’est une simple affaire de cohérence : le RMI est partout le même en métropole (pourtant, le coût de la vie n’est pas du tout le même à Paris et en Lozère...), alors au nom de quoi devrait-il être « adapté » en fonction du niveau de vie outre-mer ? ?

      Au gouvernement de trouver des solutions « de transition ». Par exemple en instaurant un SMIC équivalent à celui de la métropole, quitte à aider les entreprises à assumer le différentiel, le temps que la situation locale s’améliore, ce qui devrait avoir lieu rapidement, notamment grâce au développement du marché local que permettra la hausse du niveau de vie grâce, notamment, au SMIC.

      Aux Antilles, la situation est très particulière : on a d’abord accordé des primes substantielles aux fonctionnaires venus de métropole (selon la tradition de l’exorbitante prime d’ « expatriation » - pourtant, les Antilles, c’est la France, non ?) ; là-dessus, on a fini par accorder le même avantage aux fonctionnaires d’origine locale, au nom de l’égalité ; tout cela a contribué à provoquer une inflation importante, et de là les difficultés que l’on sait pour les non-fonctionnaires, avec les fameux 200 euros au bout de la route, pour limiter les dégâts... Au passage, pendant des années, l’Etat ne s’est pas beaucoup inquiété de ladite inflation et des difficultés qu’elle posait aux populations, et de la façon dont elle bénéficiait à un petit nombre de nantis très habiles...

      Si, au début de la chaîne, au lieu de primes, on avait donné aux fonctionnaires venus de métropole des avantages en nature justifiés par la situation géographique lointaine (par exemple des billets d’avion, des heures de téléphone gratuites avec l’Hexagone, etc.), on n’aurait pas induit de tels déséquilibres, effectivement insurmontables pour le petit peuple...

      Si l’Outre-mer ne doit pas être défavorisé, il ne faut pas non plus qu’il bénéficie d’un traitement de faveur... Le colonialisme est mauvais ; le colonialisme à rebours aussi...

      Cela nous ramène aux problématiques colonialistes et aux exigences égalitaires. Le respect de l’égalité républicaine, la rupture avec le « deux poids deux mesures » colonialiste, tout cela a un coût qu’il faut savoir assumer intelligemment. Si elle ne l’assume pas, la France prêtera le flanc, une fois de plus et à juste titre, aux procès en « néocolonialisme »...

      Or, comme indiqué dans l’article, il est grand temps d’en finir avec l’héritage colonialiste, qui détruit la République, l’Outre-mer, et la France...

      Bien cordialement,

      Alexandre Gerbi

  • Lugi
    • Posté à 17h26 le 23/03/2009
    • Internaute 28945

    Sujet intéressant.
    Moins de temps perdu à désigner les responsables et à les fusiller, et un peu plus pour détailler la situation aurait été le bienvenue. Responsables de je ne sais toujours quoi, d’ailleurs.

    Le peu que j’ai compris c’est sur les points que je connaissais déjà.