TRIBUNE 20/03/2009 à 08h13

Francophonie en France : le calvaire de l'optimiste

Jean-François Lisée | Cerium, Montréal


(De Montréal) On attribue à l’activiste américaine Claire Booth Luce l’adage selon lequel « un pessimiste est un optimiste informé ». En cette journée de la Francophonie (20 mars) et de retour d’un séjour en France et en Belgique, j’avoue que l’information s’acharne sur ceux qui ont de l’avenir de la Francophonie une vision optimiste.

Ecoutant les plages publicitaires à la télé française et belge, j’ai voulu compter le nombre de messages utilisant des termes anglophones. J’ai renoncé. Il était plus simple de compter celles qui n’en utilisaient pas. Du parfum haut-de-gamme aux couches jetables, tout semble plus moderne lorsque dit en « english ».

Optimistes, on n’y voit qu’une mode, même si elle dure depuis longtemps et semble s’amplifier. La France est un grand chêne qui, s’il arbore quelques feuilles anglophones, n’en a pas moins un tronc et des racines solides. Alors peu importe que la chaine d’alimentation Champion se rebaptise Carrefour Market, que son concurrent Auchan affiche Simply Market et que le Groupe Casino lance Leader Price.

Fréquence plus ou Flying Blue ?

On s’inquiète un peu pour les branches, tout de même, lorsqu’on constate que de grandes institutions nationales s’y mettent. On savait qu’Air France avait renommé sa carte de fidélité Fréquence Plus en Flying Blue. On note maintenant que les aéroports de Lyon se rebaptisent Lyon Airports et qu’il a fallu l’action d’activistes pour que la région de la Vallée de la Loire renonce à s’afficher, même localement, sous le vocable Loire Valley.

La compagnie Française des Jeux n’hésite pas à clamer dans ses pubs « J’ai la wiiin ! » et la Banque nationale de Paris-Paribas propose aux jeunes ses produits Ze Box et Naked Land. Je ne vous explique pas. Le patronat mène le bal. Son organisation nationale, le Medef, avait réuni ses états généraux l’an dernier sous le thème unilingue « Go for Benchmarking ! » et a consenti cette année à un thème bilingue : Vivement l’avenir/Ready for the future. C’est pourtant une rencontre ouverte aux seuls patrons français.

Heureusement qu’en France, le président Sarkozy veille. Certes, sa ministre de l’économie, Christine Lagarde, a reçu en 2007 le convoité prix de « La Carpette Anglaise » pour avoir communiqué en anglais avec ses propres fonctionnaires -ce que font déjà de grandes entreprises.

Mais le président veut rehausser la qualité de la recherche française qui, avec deux prix Nobel cette année, est, dit-il, « médiocre ». Pour sortir du marasme, il propose d’évaluer les chercheurs sur le nombre de leurs articles publiés dans les meilleures revues scientifiques dont la plupart, selon le relevé officiel français, sont... américaines.

On admet que l’utilisation de l’anglais ne modifie pas significativement la recherche lorsqu’il s’agit de calculer la masse d’une particule subatomique ou de déchiffrer le génome humain. Mais les sciences humaines ne sont pas aussi imperméables aux conditions locales et linguistiques. Le philosophe Serge Cantin, aujourd’hui titulaire de la chaire d’études du Québec contemporain à Paris, dit connaître des collègues qui ont abandonné la tradition philosophique dite continentale pour inscrire leurs recherches dans l’école analytique, non par choix scientifique, mais parce que c’est la seconde qui est plus généralement acceptée par les revues américaines.

La recherche française ... en anglais !

Les historiens français ont d’ailleurs calculé que s’ils se pliaient aux nouvelles exigences d’évaluation et proposaient, tous, des articles aux revues américaines d’histoire, ces revues n’auraient simplement pas assez de place pour les publier, même en leur consacrant 100% de leur espace.

Cet appel à la soumission collective de la recherche française à un critère de qualité défini par des comités de lectures formés de chercheurs Américains ne lisant, évidemment, que l’anglais, a une conséquence logique qui m’a sauté au visage lorsque je donnais une conférence sur la diversité linguistique dans une université parisienne.

Une étudiante polonaise au français excellent m’a expliqué qu’il était « scandaleux » que son université française l’oblige à produire sa thèse de doctorat en français, plutôt qu’en anglais. Pourquoi ?

« De toutes façons, les articles scientifiques que j’écrirai à partir de la thèse le seront en anglais, pour des revues anglophones. »

C’est logique. Alors pourquoi ne pas donner tous les cours en anglais, ce serait plus simple ?

Seul un pessimiste croirait une telle dérive possible. On observe bien que, à HEC Paris, dans l’intitulé des cours de « masters » (qu’on appelle bêtement au Québec des « maîtrises », mais où va-ton chercher tout ça ?) on n’a tout simplement pas su traduire « Strategic Management et Sustainable Development ». Remarquez, la campagne de financement de HEC s’affiche clairement : The Campaign.

« No minimal level in French will be required »

Cette année, la grande école Science Po Paris offre, sur ses quinze masters, une formation donnée en anglais pour moitié (« Corporate and public management ») et une autre totalement et seulement en anglais (« Economics and public policy »). La version française n’est pas disponible, comme c’est le cas à l’Ecole des hautes études en santé publique pour son master de « Public Health » en anglais seulement. L’école signale aimablement sur son site que « No minimal level in French will be required » (« aucun niveau minimum en Français n’est exigé »).

L’optimiste se console en notant que c’est pire ailleurs. A l’Ecole polytechnique de Turin, les étudiants qui suivent les cours en anglais sont exemptés des taxes universitaires. Ceux qui suivent les programmes en italien doivent les payer.

Un pessimiste dirait que si le savoir est produit prioritairement en anglais, les spécialistes devraient être formés dans cette langue, puis les techniciens qui interagissent avec eux. Pour bien les préparer, il serait plus simple de donner en anglais l’éducation secondaire, puis primaire. Seul un pessimiste verrait dans l’introduction récente, en France, des chaînes télé Canal Family et BabyTV, des signes avant-coureurs.

En partenariat avec :



  • 11141 visites
  • 87 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • PauLo anarcho-patriote
    • Posté à 09h03 le 20/03/2009
    • Internaute 38801

    Extrait du plan d’actions de salut public du Collège Anarcho-Patriote :

    Pour le renouveau de la francophonie.

    « La francophonie, avant d’être constituée d’États, est composée de femmes et d’hommes, présents sur tous les continents, qui ont en commun la langue et la culture françaises.
    Ce patrimoine et cette richesse vive, hérités du passé glorieux de la France et de la République marqué par le labeur et le sacrifice de nombreuses générations de Français et de personnes francophones, doivent non seulement demeurer partagés entre les “ citoyens français ” et leurs “ partenaires francophones ” mais être développés et valorisés.

    “C’est pourquoi, non seulement sont reconnus des droits et devoirs particuliers par la République française à ses ‘ partenaires francophones ’ mais est instituée,

    ‘une Assemblée des Francophones ’

    ‘composée d’autant de membres, dénommés Représentants ’, élus parmi eux par les ‘ partenaires francophones ’, que de membres du Parlement de la République française (environ 170), lesquels siègent à égalité avec eux dans cette assemblée (soit environ 340 membres au total).

    ‘Ces représentants ’ des ‘ partenaires francophones ’ sont élus à raison :

    ‘• d’1 par pays ou binôme de pays (à définir), membres de l’Organisation de la Francophonie, au scrutin uninominal à un tour, par les partenaires francophones résidants dans lesdits pays ;

    • d’1 par groupes continentaux (à définir) de pays non membres de l’Organisation de la Francophonie, au scrutin uninominal à un tour, par les partenaires francophones résidants dans les pays du groupe concerné ;

    • et le complément, au scrutin de liste à un tour et à la proportionnelle intégrale, par les partenaires francophones résidants sur le territoire de la République française.

    Cette Assemblée des Francophones, composée d’environ 340 membres, Représentants, Députés et Sénateurs, siège au palais Bourbon : ceci montre l’estime et la considération de la République et des citoyens français pour leurs partenaires francophones et la francophonie.

    Cette Assemblée des Francophones a autorité sur toutes les questions relatives au développement et au rayonnement de la langue et de la culture françaises. Le Ministère de la Francophonie travaille en étroite liaison avec cette Assemblée.

    Cette Assemblée des Francophones fait ses recommandations ’ au gouvernement français et doit être ‘ consultée ’ par lui sur tout sujet opportun, singulièrement et notamment sur ceux relatifs à la sûreté, à la prospérité et au bien-être des ‘ partenaires francophones ’ dans le monde ainsi qu’à la protection de leurs biens.

    ‘Étant simplement rappelé ici ce qui est prévu par l’action n° 2 du C-A-P, à savoir :
    ’• l’institution d’un ‘ service de coopération francophone ’, effectué par les jeunes citoyens français et leurs jeunes partenaires francophones dans les pays francophones qui le souhaitent et en ont besoin, avec leur collaboration, et organisé par le ministère de la francophonie ;
    ”• que l’aide et l’assistance de la République française sont désormais, en priorité, à destination des personnes francophones et de leurs projets locaux de développement plutôt qu’aux États et à leurs dirigeants.

    “Cette action déterminée pour le renouveau de la francophonie et pour le respect mutuel, la dignité, le développement et une solidarité concrète entre les citoyens français et leurs partenaires francophones contraste avec la politique frileuse et simplement clientéliste du régime socialogaulliste et les mauvais traitements dévolus par ce régime tant aux personnes francophones qu’à la langue et la culture françaises.”

    Pour le renouveau de la francophonie.

  • caiuspupus
    caiuspupus
    Extrême centre
    • Posté à 09h30 le 20/03/2009
    • Internaute 69028
      Extrême centre

    Il semble clair pourtant que l’usage d’une langue correspond à son cadre d’utilisation :
    - L’anglais, pour le travail, les relations publiques etc.
    - Le Français, pour un usage local, culturel, ou quelque part un peu...militant (comme beaucoup de langues vernaculaires...)

    La francophonie ne déclinera pas si les locuteurs trouvent un intérêt à parler le français. Cet intérêt peut être multiple, et il faut se battre pour montrer que notre langue est belle et riche. Mais il faut accepter aussi que d’autres langues la concurrencent sur certains terrains, notamment celui du travail et des relations internationales.
    Je pense que chaque langue peut avoir sa place, pour peu qu’elle arrive à se démarquer des autres.

    • armi11
      armi11 répond à caiuspupus
      Hôtelier
      • Posté à 10h27 le 20/03/2009
      • Internaute 55530
        Hôtelier

      Non, non . vous ne comprenez pas. French in the home. that is where it should be used. Dehors l’appartement (out of the home) speak white ! so that we can hear everything you say against the USA.

    • fde
      fde répond à caiuspupus
      technicien
      • Posté à 10h30 le 20/03/2009
      • Internaute 49800
        technicien

      « - L’anglais, pour le travail, les relations publiques etc.
      - Le Français, pour un usage local, culturel, ou quelque part un peu...militant (comme beaucoup de langues vernaculaires...) »

      Il s’agit effectivement de ma perception des choses actuellement. Néanmoins, il faut quand même se méfier des habitudes, des normes, voire des dogmes. D’autant plus que dans ce cas précis, cette norme peut parfois défavoriser les anglophones non natifs.

      Le nécessité de l’anglais pour le travail est elle vraiment une perception universelle ? N’est-elle pas liée à notre appartenance à un continuum culturel européen et nord américain (plus généralement, anglosaxon).

      Par exemple, dans le domaine scientifique, il me semble qu’il existe toujours des publications non anglophone de haut niveau. En russe et en japonais par exemple. La volonté de publier dans sa propre langue n’est pas ridicule en soit.

      Enfin, le rôle de l’anglais en tant que lingua franca n’est pas définitif, avec la monté de nouveaux acteurs économiques de premier plan et non anglophones.

      Tout cela pour dire qu’il est loin d’être ridicule de revendiquer de travailler dans sa propre langue.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 10h03 le 20/03/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    la campagne de financement de HEC s’affiche clairement : The Campaign.

    L’ avantage des termes anglo américains , c’est que ça fait moderne et surtout que comme les paroles des chansons rock , et pour la plupart d’entre nous , même si on en connait la signification , ça sonne bien et on fait moins attention au ridicule et au concept creux que ça cache ..

    Alors que pour en revenir à HEC , par exemple , leur devise en français
    « Apprendre à oser » ramène pour tous ceux qui ont un minimum de culture cinématographique française à la phrase d’ Audiard : « les cons , ça ose tout , c’est même à ça qu’ on les reconnait “

    • Pseudo
      Pseudo répond à Numerosix
      Enfin libre : -)
      • Posté à 10h11 le 20/03/2009
      • Internaute 25947
        Enfin libre : -)

      Et leur devise en anglais : business is business.

      Ca me fait penser que me too, il faut que je fasse mon job, finies les jokes, sinon mon boss va râler.

      Good morning Numérosix

      Lien

      • Numerosix
        Numerosix répond à Pseudo
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 10h20 le 20/03/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        Get High, Stay High !

         
        • A déménagé le 1-6
          • Posté à 10h24 le 20/03/2009
          • Internaute 61755

          stay sick (the cramps)....

          • Numerosix
            Numerosix répond à A déménagé le 1-6
            Prisonnier dans le village (...)
            • Posté à 10h27 le 20/03/2009
            • Internaute 14499
              Prisonnier dans le village (...)

            Won’t Get Fooled Again

          • freakfeatherfall
            freakfeatherfall répond à A déménagé le 1-6
            moonchild
            • Posté à 19h21 le 20/03/2009
            • Internaute 21024
              moonchild

            touch me i’m sick ! (mudhoney)

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 23h41 le 20/03/2009
              • Internaute 61755

              hi freak brother...ça m’a donné l’envie de revoir « sick : the life and death of bob flanagan, supermasochist »...putain le bourdon ! donc sur la rue, je baisse le torn curtain...nice to meet you....et banzaaaaïïï ! ! !

              • Adéménagé le 3 janvier 2011
                • Posté à 23h45 le 20/03/2009
                • Internaute 29846
                  menuisier

                Rien compris dutout, les gars.
                Devez causer de cinoche déviant très large au delà de ma chapelle...

                (plus classiquement, viens de voir « La chose d’un autre monde »)..

              • freakfeatherfall
                freakfeatherfall répond à A déménagé le 1-6
                moonchild
                • Posté à 03h00 le 21/03/2009
                • Internaute 21024
                  moonchild

                ah ça je connais pas !
                faudrait que je mate...
                en même temps j’aime pas mater les films tout seul, et c’est pas facile de trouver des gens qui veulent voir ce type de film
                 : D

                • A déménagé le 1-6
                  • Posté à 21h45 le 21/03/2009
                  • Internaute 61755

                  tu connais pas ? tant pis pour toi ! désormais, plus personne ne veut zieuter ce chef d’oeuvre pourave avec moi...et je comprends ! c’est d’un voyeurisme insoutenable...mais bon...quand je vois les kids kiffer sur saw...je suis dubitatif...

        7 autres commentaires
    • mr_megot
      mr_megot répond à Numerosix
      .
      • Posté à 10h52 le 20/03/2009
      • Internaute 53015
        .

      Mais enfin, la moitié des étudiants d’HEC ira travailler dans un pays anglophone ou travaillera en anglais quotidiennement, il est ridicule de reprocher à l’école de proposer un master en anglais ? ! Quand à la bouffonnerie de leurs slogans anglicisants pour faire moderne et cacher les concepts creux qu’ils recouvrent, c’est pathétique mais anecdotique, et ca n’est certainement pas avec ca qu’on doit constater la baisse d’influence de la francophonie.

      L’enseignement du francais dans le secondaire, l’exportation de livres francais à l’étranger, ca ca a un sens, plus que ce concept foireux de « francophonie en France » caricatural du petit francais se plaignant qu’on dise master au lieu de maitrise.
      Et le but de la recherche c’est un tout petit peu d’être mondial, pour écrire sa thèse le doctorant francais doit utiliser des articles du monde entier, il serait bien avancé s’il avait sur son bureau des papiers en polonais et en arabe...

      • Numerosix
        Numerosix répond à mr_megot
        Prisonnier dans le village (...)
        • Posté à 11h56 le 20/03/2009
        • Internaute 14499
          Prisonnier dans le village (...)

        T’as raison , mais t’a ouar ta gueule , Mégot !

        Urgent , je t’ai envoyé un message perso .

    • Jambalaya-
      Jambalaya- répond à Numerosix
      Le contenu de ce champ apparaît (...)
      • Posté à 11h47 le 20/03/2009
      • Internaute 25992
        Le contenu de ce champ apparaît (...)

      Si la devise est aussi en anglais c’est que le groupe, pas particulièrement pour le programme Grande Ecole, mais pour les MBA et les Mastères Spécialisés, fait son marché à l’international (80% d’étudiants étrangers pour les MBA)... et ce sont justement les MBA qui rapportent le plus au groupe (ce ne sont pas les modiques 7 000 euros par élève de Grande Ecole qui rapportent beaucoup au groupe...)

      Rien de bien choquant là dedans sauf pour les hystériques « toubonesques » de la franchouillardises.

      Sinon vous aussi osez tout, même traiter de cons des gens que vous ne connaissez pas...

  • Chlore
    Chlore
    Plurium interrogationum
    • Posté à 10h19 le 20/03/2009
    • Internaute 21035
      Plurium interrogationum

    Je peux à la limite comprendre qu’une marque française utilise l’anglais pour un de leurs produits ( qui pourrait tout aussi bien un nom aussi poétique que « khflhxwsz » mais beaucoup plus difficilement pour leur slogan comme dernièrement une pub Citröen ou je m’en suis fait la remarque et qui me hérisse le poil à chaque fois que je la vois, alors que cela ne me choque pas du tout pour une marque étrangère.

    • armi11
      armi11 répond à Chlore
      Hôtelier
      • Posté à 10h31 le 20/03/2009
      • Internaute 55530
        Hôtelier

      alors que je suis choqué qu’une marque étrangère vienne me vendre son produit dans une langue autre que la mienne...

  • alaixih
    • Posté à 12h57 le 20/03/2009
    • Internaute 19775

    J’ai a ma mesure constaté cela.
    L’anglais nous submerge.
    La structure même de la phrase est changée dans certains cas. L’ordre des mot est modifié.
    Je pense que la langue structure la pensée.
    En changeant de langue on change de mode d’expression de la pensée et donc on se transforme par là même.
    Quitte a perdre nos spécificités culturelles.
    Et je sais aussi qu’une langue s’impose toujours par le haut et là c’est le cas. Si pour acquérir un statut social on doit apprendre à ses enfants à parler anglais couramment alors l’enseignement en Anglais se fera de plus en plus tôt.
    Mais plutôt que de faire cela pourquoi ne pas passez tous les films étrangers en VO sous titrée ?

  • hallucine
    hallucine
    dans le flou
    • Posté à 10h53 le 20/03/2009
    • Internaute 44353
      dans le flou

    « un pessimiste est un optimiste informé »... donc comme je ne voudrais pas vous voir devenir pessimiste, je ne vous informerai pas de l’impact de la langue sur l’apprentissage et la compréhension des phénomènes scientifiques.

    A l’occasion, ouvrez un livre de maths en Irlande ou en Angleterre et cherchez une démonstration similaire en français... la comparaison est amusante. Si ça vous intéresse, au risque de devenir pessimiste, j’ai fait il y a quelques années un mémoire sur la question... en anglais bien sûr.

    • alaixih
      alaixih répond à hallucine
      • Posté à 12h52 le 20/03/2009
      • Internaute 19775

      Ceci dit pour votre gouverne les Français ont eu a plusieurs reprises la médaille fields qui récompense les mathématiciens ( un peu comme le nobel ).

      La pédagogie en France n’a peut être rien à voir avec la pédagogie à l’étranger mais il n’empèche que la recherche mathématique Française est reconnue au travers du monde. Il ne faut pas confondre pédagogie et niveau des chercheurs.

      Lien

  • pierre101
    pierre101
    voyageur
    • Posté à 10h53 le 20/03/2009
    • Internaute 73570
      voyageur

    Bon elle a sans doute pas tort, mais quand on va au Québec et qu’on se rend compte du niveau affligeant des Québécois en Français on se dit qu’elle devrait commencer à faire le ménage chez elle. Certes ils traduisent « stop » par « arrêt » mais ne peuvent pas prononcer deux mots sans au moins un en Anglais. Les « jokes » les « chums » les « that’s it » les « anyway » les « toasters » et j’en passe. Par contre un « showroom » se dit « salle de montre »....super. Je passe aussi sur les fautes de grammaire effrayantes du genre « les chevals » ou les « tu veux-tu » qui semblent la norme. La pub c’est une chose, et je suis aussi agacé par ces anglicismes, mais le Français au Québec.....c’est un drame.....

    • aymthe
      aymthe répond à pierre101
      • Posté à 17h12 le 20/03/2009
      • Internaute 32291

      Les anglicismes au Québec sont nombreux c’est vrai, mais pour être juste il faut aussi noter les nombreux cas où il y a anglicisme en France et pas au Québec. Par exemple, ils disent plus volontiers « fin de semaine » que « week-end », ou bien « parc de stationnement » que « parking ».

      Quant à votre jugement sur « le niveau affligeant des Québécois en français », j’espère que vous vous rendez compte à quel point il est insultant pour eux, même s’il révèle avant tout votre ignorance de la question.

      • pierre101
        pierre101 répond à aymthe
        voyageur
        • Posté à 09h53 le 23/03/2009
        • Internaute 73570
          voyageur

        Il n’y a rien d’insultant, je ne dis pas que les Québécois sont bêtes mais simplement que le niveau global du Français y est plus faible. Ce n’est pas moi qui le dit mais toutes les études des différents ministères le montrent. C’est d’ailleurs ce qui a incité les Québécois à la défense du Français. Là où ils font une erreur, c’est qu’ils devraient commencer par la défense de la grammaire et du vocabulaire. Quant à mon ignorance, ayant vécu quatre ans au Québec, vous tombez mal. J’ai gardé de nombreuses attaches dans ce pays, et des amis Québécois vous diront la même chose. Ayant habité également en Belgique et en Suisse, je peux vous dire que ces pays ne souffrent pas du tout du même problème, et que le Français y est le même qu’en France, enrichi d’expressions propre à ces cultures et d’accents différents. Il en va d’ailleurs de même au Québec ou certains mots inventés par les Québécois sont très savoureux. Mais vous ne pouvez nier (études à l’appui) que les Québécois dans leur majorité utilisent moins de 1000 mots en moyenne par habitant (je crois qu’on est au moins à 3000 en Belgique). Je persiste à penser qu’il n’y a rien d’insultant à cela, et je ne dis pas qu’en France tout est formidable loin de là. Mais je pense que dans leur défense du Français par rapport à l’Anglais, les Québécois font une erreur. Il vaut mieux dire parking, et conjuguer les temps de manière correcte.

  • haggis
    • Posté à 10h58 le 20/03/2009
    • Internaute 1777

    En commençant à l’ire l’article, je me suis dit : encore un article sur « le français se perd ma bonne dame ! ». Et puis en le lisant, je comprends mieux votre point de vue. Je vis en écosse depuis 4 ans et d’ici je ne me rends pas compte de cette « invasion » de l’anglais dans les média et autres, vu que je n’écoute pas la radio et ne regarde pas la télé (hors podcast et video internet qui ne sont pas touchés par les pubs) Je pense que c’est plus un effet de mode qu’autre chose, j’ai toujours trouvé idiot qu’on cherche à créer un mot français pour un mot anglais qui désigne quelque chose de nouveau (courriel au lieu de « email » , pourriel pour le spam et autre invention linguiste pas jolie jolie). Ici aussi on utilise des mots français dans le langage courant par effet de mode ou historique (termes gastronomiques et dans la mode essentiellement). Ca tient à l’évolution des langues pour moi et à l’influence d’une culture (et donc d’une langue) dans tel ou tel domaine. Je parle français car je suis française, et en plus je l’enseigne ici. Mais je n’y suis pas plus attachée que ça. Je crois que c’est surtout un rejet face à l’enseignement du français en France. J’étais (et je suis encore) hermétique à tous ces textes et auteurs qu’on me présentait comme « merveilleux ». J’ai toujours un peu de mal aussi avec le « raffinement » de la langue. C’est une langue complexe, difficile à enseigner aux non-francophones qui pourtant « adorent » le français et son côté mélodieux voir « sensuel ».
    Il y a un côté archaïque à vouloir défendre bec et ongle la prévalence du français, ça m’a toujours un peu agaçée, cet espèce de chauvinisme. On double les films, et les interviews à la télé alors qu’ici (en Grande Bretagne) on sous-titre. Les français ont souvent l’impression qu’ils font mieux que les autres, que leur style de vie, leur langue , leur cuisine est meilleure et qu’il faut les protéger de « l’extérieur ». Pourtant c’est comme ça que la France et le français se sont construits, par les vagues d’immigrations qui petit à petit ont changé notre langue, notre façon de vivre, notre cuisine. Peut être que ça évolue plus vite maintenant. Mais il me semble ça à toujours été comme ça, pour le meilleur et pour le pire.

    • huck
      huck répond à haggis
      Riendutoutiste
      • Posté à 16h14 le 20/03/2009
      • Internaute 55856
        Riendutoutiste

      Ce n’est pas la langue qui est défendu au Québec, c’est bien plus que ça. C’est une culture, des racine et une histoire. Le Québec c’est 6 millions de personnes vivant en français, pensant en français, dans un océan d’anglophone (300 millions). C’est certain que l’on s’en rend compte de cette assimilation forcenée. Plusieurs communautés françaises en Amérique du nord se sont fait déjà assimilée et ont complètement disparues. Donc le Québec défend sont identité bec et ongle, avec parfois des francisations qui peuvent vous choquer, mais qui, à mon humble avis, sont pas plus laids que les mot anglais qu’ils remplacent. Penser qu’e-mail est un mot plus charmant que la contraction de courrier électronique est votre droit, mais c’est uniquement une affaire de goût. Quand vous parlez de protectionnisme face à la peur de perdre son identité, je vous ramènerai au Québec qui est certainement l’un des pays au monde qui reçoit le plus d’immigrés dans le monde et ou l’intégration se passe le mieux. Ce n’est pas parce qu’on défend des valeurs qu’on est nécessairement fermé aux autres. Je dirai, même que c’est parce qu’on est fier d’être différent que l’on accepte mieux la différence chez les autres. La mondialisation n’est pas l’uniformisation que vous prônez.

      • haggis
        haggis répond à huck
        • Posté à 19h19 le 20/03/2009
        • Internaute 1777

        Je ne prône pas l’uniformisation du tout. La situation du Québec est particulière. Je comprends que là bas, la défense du français par rapport à l’anglais est plus cruciale qu’en France. Mais quand l’administration française demande de ne pas utiliser « email » et demande l’usage de « courriel » exclusivement, je trouve ça idiot. Pourquoi créer un mot quand cela vient d’ailleurs ? Le français est plein d’apports étrangers, pas seulement anglais et je trouve cela très bien comme cela. Ca enrichit la langue et la fait évoluer. Que le Québec défende son identité culturelle particulière, je trouve cela très bien, et je le comprends, mais la situation en France est différente. Pour ce qui est des valeurs, j’aimerai beaucoup que la France défende les valeurs qui étaient les siennes depuis des lustres, malheureusement « liberté, égalité, fraternité » ça se perd en ce moment à vitesse grand V et ça n’a rien à voir avec la langue.
        Et pour en rajouter une couche, les nouvelles lois qui demandent aux immigrés de parler français avant de venir en France sont un pas de plus vers un protectionnisme imbécile. Combien de parents de français maintenant « de souche » n’auraient jamais pu venir s’installer et faire la richesse de ce pays ?

         
        • huck
          huck répond à haggis
          Riendutoutiste
          • Posté à 19h51 le 20/03/2009
          • Internaute 55856
            Riendutoutiste

          Quand un mot n’existe pas dans une langue, on peut utiliser un mot étranger , et la prononciation se fera dans la langue qui aura adopté le mot. Par exemple Cinématographe ou plus simplement cinéma ne se prononce pas pareil en anglais ou en français. Pour email, il est difficile de franciser le mot comme on le fait pour parking. Mais qu’est-ce que email sinon la contraction d’electronic mail qui à sa traduction française depuis des lustres soit courrier électronique. Il est donc naturel de traduire une contraction par une autre contraction étant donné que la traduction est déjà existante. Donc il est illogique d’employer email alors qu’on peut employer courrier electronique ou courriel. De plus, je trouve ridicule d’employer des termes anglais pour faire branchouille alors que leurs équivalents français existent avec souvent plus de précision que les termes anglais qui sont souvent plus généralistes.
          Je ne suis pas contre l’apparition de nouveau mots dans la langue française si ceux-ci apporte quelque chose de nouveau, si c’est pour remplacer un mot existant, je n’en vois pas l’intérêt, sauf pour faire beauf’.

        1 autres commentaires
      • pierre101
        pierre101 répond à huck
        voyageur
        • Posté à 09h56 le 23/03/2009
        • Internaute 73570
          voyageur

        Je ne sais pas si l’intégration se passe très bien, mais 80% des Français tentant leur chance là-bas finissent par rentrer........après avoir laissé en moyenne plus de 50000$CAN dans les caisses de l’état. Ca, le centre d’immigation accueillant les candidats Français à paris se passent bien de le dire.

  • fde
    fde
    technicien
    • Posté à 11h01 le 20/03/2009
    • Internaute 49800
      technicien

    Le fait d’utiliser l’anglais (ou d’autres langues) ponctuellement et pour des raisons stratégiques (exemple : pour exporter, diffuser des idées...) n’a rien de choquant en soit.

    Là où cela devient embêtant, c’est quand on généralise son usage sans raison, ou pire, par ’paresse’. On passe alors du simple pragmatisme à de vrais politiques d’anglicisation.

    Il y a là, peut-être, un savoir vivre et un savoir faire à apprendre pour faire cohabiter les deux langues.

  • jissé
    jissé
    Ingé retraité
    • Posté à 11h03 le 20/03/2009
    • Internaute 23393
      Ingé retraité

    La langue universelle ?

    L’espéranto ?
    Espèce en voie de disparition.

    Alors ? ?

    Lien

    Jc

    • fde
      fde répond à jissé
      technicien
      • Posté à 11h40 le 20/03/2009
      • Internaute 49800
        technicien

      « La langue universelle ?

      L’espéranto ?
      Espèce en voie de disparition. »

      Pas tant que ça... Il existe toujours quelques million de locuteurs de cette langue.

      Mais certes, c’est inutile pour le travail.

      Les langues ’artificielles’ comme l’esperanto, ou même le lojban, sont des expériences très intéressantes en soi. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, l’utilisation d’une langue comme l’esperanto se fait très naturellement. On arrive même à apprécier la mélodie de certaines formulations.

      On pourrais s’attendre à ce que le plaisir du parlé soit lié à une longue histoire de la langue. Et bien non ! Cela existe aussi pour les langues artificielles.

      « La langue universelle ? »

      A mon avis, il n’y en aura pas...

      • jissé
        jissé répond à fde
        Ingé retraité
        • Posté à 12h21 le 20/03/2009
        • Internaute 23393
          Ingé retraité

        Re-bonjour fde.

        Les clubs d’espérentistes c’est peut-être sympa mais marginal.

        Les langues ’vivantes’ évoluent, surtout en technique.

        Et leur version française aussi : Des fois avec succès ..

        « Logiciel » pour « software », super bien trouvé.
        « Matériel » pour « hardware », moins bien.

        « Progiciel » pour « firmware » Glurp.

        « Courriel » ? ?

        Par contre « bouteur » proposé pour éviter « bulldozer » une konguerie.

        Ai bossé en milieu international : le midi on se faisait un appel pour aller à la cantine :

        « it is ya time to bouffer gehen »

        Sehr good appétit.

        Jissé

         
        • fde
          fde répond à jissé
          technicien
          • Posté à 12h58 le 20/03/2009
          • Internaute 49800
            technicien

          Bien entendu.

          Vous ne m’apprenez rien. Mais l’esperanto, même s’il s’agit d’une langue marginale, évolue. Une langue artificielle n’est pas forcément une langue morte. C’est le côté intéressant de l’expérience.

          A rectifier certaines idées reçus que vous me sortez là, j’ai presque l’impression de devenir un défenseur de l’esperanto.

          Alors que je n’en avais absolument pas l’intention !

          • jissé
            jissé répond à fde
            Ingé retraité
            • Posté à 15h26 le 20/03/2009
            • Internaute 23393
              Ingé retraité

            Pas espérentiste non plus.

            Ni contre .. Si ça les amuse.

            Ce n’est pas parce que j’ignore presque tout du bridge ou des échecs que yé blâme ceux qui aiment.

            Lien

            Culturellement le renouveau des langues ’régionales’ est à saluer.

            L’oncle - breton - qui m’a élevé se rappelait l’époque de son enfance où il était écrit dans son école primaire :

            « Défense de cracher par-terre et de parler breton ».

            PS : j’ai censuré une autre pin-up, plus « ollé-ollé » jouant aux échecs ..

            Bonne fin de journée.

            Jissé

        • Thomas_
          Thomas_ répond à jissé
          Jeanclaudebrialiste
          • Posté à 21h46 le 20/03/2009
          • Internaute 44689
            Jeanclaudebrialiste

          L’espéranto est précisément (devenue) une langue vivante. De plus il faudrait distinguer les esperantophones (terme neutre désignant un locuteur) des espérantistes (engagés dans une cause liée à l’espéranto). C’est une langue qui évolue, elle une communauté de locuteurs qui lui assure une pérennité et une évolution. Bien d’autres langues ont bien moins de locuteurs (hélas parfois).

          Je vous renvoie à cette étude, émanation d’une thèse, sur la littérature originale en espéranto (en anglais :) ) :
          Lien

        3 autres commentaires
  • groucho2613
    groucho2613
    Expert es Qualité
    • Posté à 11h57 le 20/03/2009
    • Internaute 65920
      Expert es Qualité

    Pour le coup de flying blue, vous frisez la mauvaise fois, flying blue a été introduit suite à la fusion avec KLM pour avoir un système commun.

    Difficile dans ces conditions d’imposer « Fréquence Plus » aux hollandais, sauf à accepter d’appeler la carte Fréquence Plus / Frequentie Plus.

    • puresonic
      puresonic répond à groucho2613
      Contempteur irascible
      • Posté à 15h36 le 20/03/2009
      • Internaute 55211
        Contempteur irascible

      il y a un nombre important de mots et d’expressions Française pouvant être compris par des anglophones.

      Si vous souhaitez créer un marque « française » qui soit compréhensible par des Anlo-Saxons, chercher simplement dans
      les racines linguistiques communes : cela permet de respecter notre culture sans se mettre « hors jeu » à l’international.

      « Frequence » est assez proche de l’anglais « frequencie » et aurait pu s’imposer à l’international comme le font déjà un certain nombre d’expressions Françaises.

      • groucho2613
        groucho2613 répond à puresonic
        Expert es Qualité
        • Posté à 15h47 le 20/03/2009
        • Internaute 65920
          Expert es Qualité

        Vous vous plaignez de l’influence de l’anglais mais vous voulez imposer des mots français aux étrangers, avouez que c’est étrange, non ?

        Ensuite il fallait un nouveau nom, pour ne pas froisser les hollandais, donce « Frequence plus » était hors de question.

        Airfrance - KLM, c’est 40% KLM, donc ce n’est plus une boite française.
        La grande réussite de la fusion, c’est que justement les français n’ont pas essayer d’imposer leur culture aux hollandais.

        PS : Frequency !

         
        • puresonic
          puresonic répond à groucho2613
          Contempteur irascible
          • Posté à 17h33 le 20/03/2009
          • Internaute 55211
            Contempteur irascible

          « Vous vous plaignez de l’influence de l’anglais »

          Je ne me plains pas, je souhaite préserver et diffuser la langue et la culture française et pourtant j’apprécie la langue anglaise.

          De plus, l’expression « Flying blue » n’est pas plus hollandaise que « fréquence plus »

          • groucho2613
            groucho2613 répond à puresonic
            Expert es Qualité
            • Posté à 19h08 le 20/03/2009
            • Internaute 65920
              Expert es Qualité

            Il fallait qu’ils trouvent quelque chose qui ne soit ni français ni hollandais, ils auraient pu choisir le chinois, mais je doute que ça ait marché.

            J’aurais bien aimé voir votre tête avec une carte « vliegende nederlander » (Flying dutchman, le hollandais volant, l’ancien programme de KLM )

            • puresonic
              puresonic répond à groucho2613
              Contempteur irascible
              • Posté à 20h14 le 20/03/2009
              • Internaute 55211
                Contempteur irascible

              « vliegende nederlander » ça ne me dérange pas du tout

        3 autres commentaires
  • Citoyenne_lambda
    • Posté à 12h12 le 20/03/2009
    • Internaute 35943

    Une remarque en passant : j’ai souvent constaté que les français qui truffent leur expression de termes anglais maîtrisent peu ou mal - voire pas du tout - cette langue.

    • jissé
      jissé répond à Citoyenne_lambda
      Ingé retraité
      • Posté à 18h01 le 20/03/2009
      • Internaute 23393
        Ingé retraité

      Bonsoir Citoyenne.

      Je ne pense pas que cela ait beaucoup changé depuis l’époque ousque yé passait le bac.

      L’explication en est fort simple. Les profs sont fonctionnaires. Donc français.
      Ce qui n’est pas péjoratif ni rédhibitoire pour certaines disciplines.

      Mais j’ai eu des profs d’anglais qui n’avaient jamais traversé la manche. Etudes et diplômes en France.

      Appris par coeur les ’verbes irréguliers’ sans savoir comment prononcer.
      Mais bonne note quand même : j’avais fait le boulot demandé.

      Et fautes de crédits pas moyen de recruter des « répétiteurs » ou autres qui soient ’british’.

      Résultat : Un français qui parle l’anglais est surtout compris - au moins au début - d’un autre français.

      Pour les states c’est pire : Qui peut comprendre un texan s’il n’est pas texan ?

      Pour le bac un copain tunisien avait pris « arabe » en option.

      Qui des deux savait se faire comprendre en arabe ?

      Pas le prof’ qui n’avait étudié que l’arabe « littéraire » utilisé pratiquement nulle part.

      Et c’est le copain qui a eut une sale note !

      Bon vouique, in english de cuisine.

      Jissé

  • Tita
    Tita
    oiseau
    • Posté à 12h23 le 20/03/2009
    • Internaute 7659
      oiseau

    Faisant parti des Français vivants au Portugal, j’ai pu constater qu’ici le Français n’est pas mort. Cependant, il est confiné à un usage précis : la mode et le haut de gamme. Par exemple, les magasins qui veulent faire « chic » ont des enseignes en Français. Ceux qui veulent faire « jeune et branché » sont en Anglais. Les autres restent dans la langue autochtone.

    Dans l’image populaire, il semble que le Français soit aussi la langue vieillotte des vieux bourgeois, cultivés, mais à côté de la plaque. Cette vision n’est pas très flatteuse, n’est-ce pas ?
    Mais il y a pire. Une amie m’a expliqué que le français était aussi « associé à une certaine préciosité et donc à l’homosexualité », C’est pire car l’homosexualité est guère apprécié ici par une population plutôt conservatrice et homophobe.

    La francophonie concerne entre 220 millions de locuteurs et 600 millions de personnes sur les cinq continents ont des connaissances en français. C’est en cela la 6eme langue la plus parlé au Monde, mais aussi l’une des deux langues internationales parlés sur les 5 continents. Défendre la francophonie ne se résume donc pas uniquement à se défendre de l’anglais, mais aussi à remédier aux images négatives (vieillote, etc...) que le Français véhicule chez les autres locuteurs.

    • yoruk
      yoruk répond à Tita
      au fil de l'eau
      • Posté à 13h15 le 20/03/2009
      • Internaute 57383
        au fil de l'eau

      Bonjour à tous.

      Ici, en Turquie, le français était la langue de l’élite ottomane.
      D’élitisme en élitisme, notre belle syntaxe, harmonieuse et alambiquée, est devenue chiante… Tout simplement chiante.

      Cà nous frise l’âme parce que nous sommes tombés dedans Mais, tenter de l’enseigner à un étranger, à l’étranger… Cà donne le vertige.

      Il est urgent de simplifier… Sinon, ce sera bientôt une langue morte…

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 13h11 le 20/03/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    La pénétration de la langue française par des termes anglais souvent mal digérés existe depuis longtemps, mais elle s’est effectivement accélérée ces derniers temps (parallèlement à l’essor de la globalisation de l’économie, ainsi que des nouvelles technologies).

    J’ai longtemps vécu aux Etats-Unis. J’y ai bien remarqué que les langues et les cultures étrangères n’ont rien à craindre tant qu’elles apportent quelque chose de nouveau au monde. Le problème n’est pas celui de la langue dans laquelle on crée les nouveaux savoirs, mais celui de la créativité persistante des cultures. Le fait que les chercheurs doivent écrire en anglais (dans Nature, Science, PNAS, etc.) ne pose pas à mon sens de problème particulier. Si l’auteur a quelque chose de significatif – ou plutôt de « signifiant » – à dire, les lecteurs iront le lire et le consulter dans sa langue originelle. On a bien vu en Histoire, par exemple, que Fernand Braudel, Le Roy Ladurie (et toute l’école des Annales) avaient un impact certain sur la perception anglo-américaine de l’Histoire malgré la barrière de la langue.

    Les Allemands l’ont bien compris. Il n’existe pas de mouvement de « germanophonie », mais ce n’est pas pour autant que les auteurs germanophones se sentent menacés. Ils cultivent leur jardin « vernaculaire » (déjà hautement distingué par l’Histoire) sans se soucier du rayonnement de leur langue. En tout cas, ils ne donnent aucun signe d’angoisse face à l’invasion de l’anglais. La clé du problème n’est pas celui de la survie de la langue, mais celui de la créativité. C’est vrai dans tous les domaines.

    • fde
      fde répond à Jaycib
      technicien
      • Posté à 13h39 le 20/03/2009
      • Internaute 49800
        technicien

      Encore faut-il que les auteurs en question écrivent leur contributions fondamentales dans leur langue.

      Ce n’est pas du tout évident aujourd’hui en France. Dans le domaine scientifique, je connais surtout des auteurs dont la langue d’écriture par défaut, voire la langue de réflexion, est l’anglais.

  • Aller à la page
  • 1
  • 2