TRIBUNE 18/03/2009 à 10h55

Le dénuement du créateur d'entreprise en cas d'échec

mdanguy | Formatrice en communication à Lyon

La création d’entreprise, de son entreprise, est quelque chose de fabuleux, de passionnant. Avoir l’impression de gouverner sa vie, être totalement responsable de ses succès… et de ses échecs, est très responsabilisant et intéressant à vivre. Oui, mais…

Les médias, les organismes, l’Etat… poussent à la création d’entreprise, en font miroiter les avantages, et c’est vrai qu’il y en a beaucoup.

Le statut d’auto-entrepreneur, par exemple, va enlever des chômeurs des statistiques. Mais s’ils échouent dans deux ans ou trois ans, ils n’auront plus rien s’ils n’étaient pas aux Assedic auparavant. Au mieux, un RMI. Ce statut n’est intéressant que si on a un emploi à côté.

Personne n’insiste sur le dénuement total du créateur d’entreprise en cas d’échec. L’échec peut être dû à un manque de fond propre, à un manque de compétences ou de savoir (commercial, marketing...).

Mais l’échec peut être plus simplement dû aux épreuves de la vie. On résiste à une grippe, mais à un cancer, à un deuil douloureux… Comment tout gérer et rester opérationnel lorsqu’on gouverne seul ? Si on lâche la barre plus d’une semaine, les problèmes arrivent déjà.

Créer une entreprise, quel que soit le statut, peut facilement mener à devenir SDF.

Si vous étiez aux Assedic, vous restez couverts quelques années. C’est-à-dire que vous pouvez revenir aux allocations chômage.

Sinon, il y a le RMI ou le RSA bientôt. Ça ne donne pas de quoi vivre vraiment. Quant à trouver un logement en présentant un RMI…

J’ai participé à la création d’une TPE (Très petite entreprise) dont j’étais salariée. J’ai cotisé aux Assedic plusieurs années. La société dépose son bilan.

J’ai attendu plus de quatre mois pour comprendre pourquoi je ne touchais rien. Quatre mois sans aucun revenu !

J’apprends que je suis reclassée « gérante de fait » par le liquidateur.

Je dois faire le deuil du fruit de mon travail, des heures de ma vie à bosser encore et toujours. On ne me paiera pas les quatre mois de salaires dûs.

Je me sens niée dans tout le travail que j’ai fait, dans mon intégrité, dans mon sens des responsabilités…

Pendant ce temps, je n’ai rien pour vivre. J’attends la décision des Assedic… elle viendra... sept mois après !

Il fallait attendre la décision de rejet de ma retraite (j’ai 61 ans). La caisse de retraite a mis quatre mois pour statuer.

Et pendant ce temps, j’avais « faim ». Si je n’avais pas eu d’amis, une propriétaire compréhensive… Je serais dans la rue.

J’ai obtenu un RMI, après huit mois et demi sans ressource. Le découvert bancaire m’a permis de survivre et a permis au banquier de bien vivre (16% de mon RMI est passé en frais bancaires).

Aujourd’hui, je n’ai pas droit à la retraite, pas le droit aux Assedic, mais, créatrice de deux entreprises, j’ai des compétences attestées, de l’expérience dans mon domaine d’activité, du punch et la santé. Alors, je m’apprête à redémarrer, riche d’une énorme expérience supplémentaire.

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  • elmanol93
    • Posté à 11h09 le 18/03/2009
    • Internaute 31108

    Oui… L’économie libérale donne un fonctionnement de société pas très intéressant ni performant pour le plus grand nombre. Y compris pour les plus motivés à devenir acteur dans le système en place. La chute est rude.

    Peut être n’aviez-vous pas d’appuis politiques et/ou financiers assez forts pour pérenniser votre entreprise. Car au delà du discours entrepreneurial des chantres du libéralisme, la seule bonne volonté et le travail ne suffisent plus depuis longtemps pour réussir en tant que chef d’entreprise.

    • Xtophe
      Xtophe répond à elmanol93
      • Posté à 12h38 le 18/03/2009
      • Internaute 9665

      C’est effectivement bien beau de nous inciter à créer nos entreprises, mais il y a – une fois de plus – de bien belles anguilles sous roche.

      Effectivement, l’une des premières motivations étatiques est que ça diminue le nombre de chômeurs… une fois ça passé, regardons un peu ces micro entreprises qui se cassent bien souvent la figure.
      Le problème et que l’Etat fait croire que c’est facile, des exonérations par ci, des statuts simples par là, et hop, roule ma poule, je crée ma boîte, je deviens indépendant…
      Mais bien souvent j’ai de la volonté, des idées et des heures à donner à n’en plus finir, mais aucune connaissance en gestion… quand on peut créer aujourd’hui une SARL au capital d’1 €, en investissant si peu, pas trop la peine de s’intéresser au fonctionnement financier qui est pourtant la base de toute activité. J’ai une amie qui siège au tribunal de commerce, depuis que cette loi est passée, elle a jamais vu autant de boites se casser la gueule ! et c’est toujours le même discours, des gens désemparés, qui ont de la volonté, des idées et des heures à donner, mais qui n’ont jamais été conseillés dans leur lancement de boîte, avec souvent des plans de trésorerie approximatifs, un emprunt fait en douce du banquier, à titre personnel (je suis loin de défendre un banquier mais quand vous montez une boite, que vous allez le voir pour emprunter avec des plans de trésorerie pourris, il refuse en vous disant que vous allez au devant des ennuis) et les catastrophes en série arrivent… et oui entrepreneur c’est un métier, ça ne s’improvise pas et il ne faut pas juste avoir un gros cœur pour y aller. Le gouvernement a fait croire que c’était la panacée, nombreux sont ceux qui s’y sont engouffrés en méconnaissance de cause et qui s’en mordent les doigts !

      • elmanol93
        elmanol93 répond à Xtophe
        • Posté à 13h02 le 18/03/2009
        • Internaute 31108

        En effet.

        On peut citer aussi les entreprises qui pratiquent les salaires les plus bas pour contenter les investisseurs ou pour s’offrir le dernier 4x4 à la mode (vécu).

        Les entreprises qui sont dans des secteurs ou l’entrepreneur ne peut pas rester honnête s’il veut garder ses marchés ou en obtenir de plus importants (BTP, restauration, habillement…).

        Les entreprises volontairement gérées à ultra court terme et qui se cassent la gueule à la première brise quand leur dépôt de bilan n’est pas purement organisé. Et qui repartent sous un nouveau nom avec les mêmes investisseurs dans un même fonctionnement.

        j’en oublie certainement

  • envert94
    • Posté à 11h19 le 18/03/2009
    • Internaute 56778

    Lien

    Chapeau pour votre courage...

    Mais pour y être passé, on vous racontes tout et n’importe quoi sur la création d’entreprise...

    Il y à un langage particulier, par exemple :
    Exonération de taxes : comprendre un report...

    Une fois que vous avez le statut de « patron », vous n’avez plus le droit à rien sauf de payer...et en cas de coup dur, pas de chomage assédic etc...Rien !

    C’est une Honte de dire aux gens de devenir leur propre patron, de créer son emploi et ensuite de dire « vous n’y avez pas le droit »...

    Combien de gens vont être ruinés et sans le sous (à part le RMI) avec cette crise ?
    Et Christine Lagarde qui continue à crier sur tous les toits que c’est LA solution...

  • equilibrium
    equilibrium
    citoyen du monde
    • Posté à 12h55 le 18/03/2009
    • Internaute 73298
      citoyen du monde

    Apres 6 mois de chômage et motivé par l’ANPE pour créer mon entreprise et ne plus apparaitre dans les statistiques du chômage, j’ai crée mon entreprise....rassuré par l’ANPE me disant que si je me plantais je pourrais toujours bénéficier de mes droits au chômage acquis après 10 ans de CDI.

    Premièrement, le faite de réussir et de créer une entreprise pérenne est accessoire je l’ai compris au bout d’un certain temps...car même avec une entreprise qui n’a pas d’avenir vous fournirez du boulot et donc de la rémunération à beaucoup d’intermédiaires.
    Les premiers sont les conseillés ANPE spécialistes de la création d’entreprise, ensuite il y a un parcours administratif hallucinant à franchir, votre dossier passe devant une commission etc...donc quelqu’un vous épaule pas à pas afin de faire un dossier de candidature complexe (un autre employé). En plus il y a les membres de la commission (cela leur fourni du boulot). Une fois le dossier validé, il faut se rendre au C.F.E (centre de formalité des entreprises) là vous remplissez une pile de documents administratifs qui seront envoyés aux différentes administrations donc vous leur fournissez du boulot aussi (impôts, greffe du tribunal, sécu, etc...). Vous payez les formalités de création d’entreprise (impots, greffe, etc...).
    A ce stade vous avez déjà participé à fournir du travail à une bonne cinquantaine de fonctionnaires et déjà payé quelques divers taxes mais je vous rassure ce n’est que le début.

    Ensuite vous devez prendre un comptable, que votre société fonctionne ou pas il en faut un (un autre employé). Personnellement j’avais une activité d’import donc il fallait se battre en plus avec les process douanier. Mon banquier c’est bien servi au passage avec les divers frais bancaires afférent à mes comptes professionnels. Pour mes opérations douanières Il me fallait une caution bancaire de 4000€. La banque n’a pas voulue se porter garante malgré mes comptes personnels remplies à hauteur de 75 000€. J’ai donc bloqué cet argent sur un compte et mis à disposition de la douane. Chaque fois que la douane faisait des opérations dessus la banque me facturait des frais etc, etc...

    Bref avec ma petite entreprise que j’ai fermé au bout de un an et demi d’activité j’ai fourni du boulot à au moins une centaine de personnes du secteur public et privé. Quand j’ai fermé ma boite à nouveau il faut payer et faire de la paperasse.

    J’ai fermé ma boite non pas par ce qu’elle n’était pas rentable mais par ce que je passais plus de 50% de mon temps à faire de l’administratif et donc pas assez de temps à développer mon affaire. Voilà comment créer de l’activité avec du vent, la création d’entreprise est un business peu importe si l’entreprise est rentable à court, moyen ou long terme car cela fourni du boulot et de l’activité à énormément de gens.

    J’ai arrêté au bon moment par choix, car je manquais de fonds propre pour pérenniser mon activité et la rendre rentable. Je devais acheter en plus grande quantité afin de faire des économies d’échelles et améliorer mes marges cependant les banques étaient frileuses et je ne souhaitais pas investir tout ce que j’avais dedans donc j’ai arrêté. Je n’ai pas perdu ni gagné d’argent.

    J’ai ensuite directement enchainé sur un job d’intérim donc je n’ai pas réintégré les bancs du chômage tout de suite....et donc bénéficié de mes droits au chômage que j’avais avant la création.
    Une fois ma mission d’intérim fini (12mois), je suis allé pointé au chômage et par un calcul savant on m’a informé que je n’avais droit qu’à 3 mois et demi d’ASSEDIC, car mes droits cumulés étaient perdu car après ma cessation d’activité j’avais enchainé directement sur un job...et que mes droits cumulés lors de ma mission d’intérim me permettaient d’avoir 3,5 mois d’indemnisation, car le calcul des droits au chômage avec un contrat précaire (intérim) ne sont pas les mêmes qu’un CDD !

    Désormais je suis au RMI, tombé bien bas...le plus drôle c’est que je ne trouve pas de job depuis 6 mois et un célèbre cabinet de recrutement m’a dit : le point le plus négatif sur votre CV c’est que vous avez osé créer votre propre société. La France ce n’est pas les états unis, la créativité et la prise de responsabilités sont des facteurs négatifs pour un patron français, c’est assez mal vu.
    Lors de mon dernier entretien à l’ANPE je leur parle de cette réflexion du cabinet de recrutement et le conseiller ANPE m’a confirmé ça. Alors si vous souhaitez créer votre boite réfléchissez bien car ensuite revenir en arrière c’est très compliqué !

  • Majeure5ème
    Majeure5ème
    Entrepreneur
    • Posté à 13h13 le 18/03/2009
    • Internaute 73308
      Entrepreneur

    En France, il n’est pas bon d’avoir vécu un échec. Outre-Atlantique, c’est plutôt un gage d’expérience. De même il n’est pas bien vu de s’être fait entubé ni de lutter contre. Les entubeurs profitent souvent de la longueur des actions judiciaires et de leur coût.
    Allez jeter un oeil sur ce site d’entrepreneurs qui se sont fait piquer leur boîte par des fonds d’investissement ( Lien ), ils décrivent en détail les processus qui ont conduit à leur chute et leur combat.
    Votre expérience vous profitera nécessairement. Courage et confiance.

    • elmanol93
      elmanol93 répond à Majeure5ème
      • Posté à 13h58 le 18/03/2009
      • Internaute 31108

      cela dit, Outre-Atlantique, le système économique marche pas beaucoup mieux…

  • TARPON
    • Posté à 13h21 le 18/03/2009
    • Internaute 27263

    Dommage,c’est un beau sujet mais completement loupé car « j’ai participé “ ne nous apprend rien sur ce que cette personne a pu faire .A partir de là....

  • h-r
    h-r
    • Posté à 13h58 le 18/03/2009
    • Internaute 37765

    Mon premier sentiment par rapport au nouveau statut d’auto-entrepreneur fut le suivant : une vraie bonne idée pour le gouvernement !
    En effet, la création de ce statut ne règle en rien les problématiques de gestion liées à la création d’une entreprise ; mais invite tout simplement les gens qui travaillent « un peu au black » à se déclarer (sans aucune contre partie). Il s’agit d’une mesure, pour une fois non agressive (dans sa forme), visant à récupérer des taxes sur du travail qui échappait aux déclarations fiscales. Le peintre en bâtiment qui passait chez vous après son travail en entreprise pour réaliser un petit chantier et que vous rémunériez en cash un prix convenu et détaxé, par exemple. Il pourra dorénavant vous faire payer la TVA (peut-être aussi un peu de CSG, RSCG, etc...), et lui -même versera un ensemble de taxes et/ou cotisations à l’état.
    C’est malin, ça bouche des trous (BNC, TPE, travailleur indépendant, libéral : quel statut pour quelle fiscalité ?), et ça lutte contre le travail « au noir ».
    Monter une entreprise est une formidable expérience : dans les pays anglo-saxons, on sait qu’il faudra parfois s’y reprendre à plusieurs fois pour acquérir les rouages et les « trucs » pour pérenniser une entreprise, gérer l’activité, les ressources, les perspectives, éviter les pièges, et mesurer les succès de ses initiatives.
    En France, un ensemble de mesures-conseils existent, mais sont peu accessibles au public. Parce que certains relais sont défaillants, il est quasi impossible de créer un partenariat audacieux avec les banques pour financer des projets d’entreprises sans apport financier conséquent (même muni d’excellentes études de marché, de perspectives évaluées par des simulations favorables, etc...).
    Biensûr, il y a toujours des risques à monter une entreprise, entre autres celui d’échouer ; comme il y a des risques dans tous les défis.
    Dans la plupart des cas, les risques liés à l’entreprise sont mesurables et gérables, et doivent être traités comme tels. Mais une entreprise, ce n’est pas « moi, tout seul dans mon coin » ; c’est plutôt « mes collaborateurs et moi », « nous et les autres ». Une entreprise, c’est une entité sociale, économique, un élément structurel de l’organisme d’une société ; c’est un engagement humain et collectif.
    Je crois qu’il faut, en France, favoriser la dynamique des entrepreneurs (à l’image de la personne qui témoigne ici), en favorisant le développement de perspectives d’activité, les aides à l’autonomie, l’horizontalité des rapports professionnels.

    • elmanol93
      elmanol93 répond à h-r
      • Posté à 14h05 le 18/03/2009
      • Internaute 31108

      « Dans la plupart des cas, les risques liés à l’entreprise sont mesurables et gérables, et doivent être traités comme tels. Mais une entreprise, ce n’est pas “ moi, tout seul dans mon coin ” ; c’est plutôt “ mes collaborateurs et moi ”, “ nous et les autres ”. Une entreprise, c’est une entité sociale, économique, un élément structurel de l’organisme d’une société ; c’est un engagement humain et collectif. »

      Je ne connais aucun exemple de ce type de fonctionnement. Mais cela doit exister. Une denrée rare peut-être.

      Par contre, les entreprises qui tiennent ce discours et ne l’appliquent pas, j’ai beaucoup connu. Le coup de « La grande famille »… pathétique.

      • h-r
        h-r répond à elmanol93
        • Posté à 16h29 le 18/03/2009
        • Internaute 37765

        Je ne crois pas à « la grande famille » de l’entreprise, je trouve ça sans doute aussi pathétique que vous.

        Par contre, je crois au bon sens et à l’honnêteté de gens responsables que j’ai rencontré, et qui ont forgé chez moi la conviction qu’on pouvait avoir des entreprises responsables socialement, économiquement, et professionnellement.
        Observez simplement les exemples de réussites des salariés qui ont repris leur entreprise sous forme de gestion coopérative : les salariés sont leurs propres patrons (d’une certaine manière), en tout cas, ils partagent contraintes, défis, responsabilités, enjeux et perspectives ; soit une gestion horizontale des prises de décision, qui fonctionne bien dans la plupart des cas.
        C’est un exemple parmi d’autres fonctionnements, et tous ne font pas école.

        J’ai eu la chance dans ma vie de rencontrer des entrepreneurs motivés par la réalisation plutôt que par le profit, et ce sont ces gens-là qui m’ont convaincu du bien-fondé et du rôle fondamental de l’entreprise dans la société.
        Au départ, il s’agit de gens qui ont un projet et un savoir-faire qui motivent le développement d’une activité : pour que l’activité soit rentable, il faut monter une entreprise, engager d’autres personnes, d’autres talents, pour donner corps, développer, faire fonctionner le projet et l’activité. Les personnes qui s’engagent dans cette entreprise, face à ses enjeux, sont interdépendants : il faut que ça marche pour payer les salaires, les augmenter, développer la boîte en l’inscrivant dans une activité durable, etc... Au patron, de ne décevoir aucun de ses collaborateurs, d’être à la fois bon gestionnaire, entreprenant, et motiver ses équipes en un sens commun.
        L’entrepreneur en question, n’est pas pris d’une soudaine contagion « bling bling », il sait qu’il doit dynamiser son chiffre d’affaire pour assurer exponentiellement les rémunérations de ses collaborateurs, la pérennité de sa boîte, et peut-être son développement (plus de collaborateurs, ou bien le soutien à la création d’entreprises dont l’activité serait complémentaire à la sienne, ou bien encore soutenir l’ancrage de l’activité de son entreprise dans le giron d’une collectivité locale, etc...).
        Ce profil n’est sans doute pas majoritaire, mais je sais que ces exemples existent ; et je crois dans l’entreprise en tant qu’activité collective, tout en nuançant les degrés de responsabilité mais en évaluant la qualité des collaborations et le mérite de chacun au travail.

        J’ai malheureusement observé en France, une défiance des gens les uns vis à vis des autres, qui m’a désolée : un mépris hiérarchique incroyable, en de nombreuses circonstances ; et je crois que , sociologiquement, c’est là que la bât blesse.
        J’ai le sentiment qu’en France, on ne saisit bien le lien de réciprocité entre liberté individuelle et collectivité : mon intérêt propre parmi les autres, ma liberté à servir des intérêts communs, collectifs et donc partagés.

    • envert94
      envert94 répond à h-r
      • Posté à 14h52 le 18/03/2009
      • Internaute 56778

      Lien

      C’est sur qu’en ce moment, les clients se bousculent...

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 17h09 le 18/03/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    France de fonctionnaires.

    Prompt a defendre leurs revendications (ils nous disent que c’est pour avoir un meilleur service pour l’usager hahahaha) mais des qu’on leur lache 50 euros, ils arretent la greve.

    Je ne met pas feignant, je n’aime pas les pleonasmes

  • zargloff
    zargloff
    retraité
    • Posté à 01h03 le 19/03/2009
    • Internaute 60888
      retraité

    J’ai donné deux fois dans la situation ,les caisses sociales ne sont pas autant tolérantes envers l’entrepreneur de très très petite entreprise qu’avec les gros groupes exonérés de charges,selon les statistiques la durée de vie moyenne est de 3 à 4 ans les banques lachent (surtout maintenant) dès que les problèmes se présentent . Courage à ceux qui osent mais gare à ne pas perdre encore plus que ce que l’on avait au départ (je pense aussi à la famille ...) J’ajouterais que malheureusement le petit comme dans la jungle,en affaires,c’est lui qui nourrit les fauves.....

  • Annie Gérardin
    Annie Gérardin
    Ingénieur
    • Posté à 12h48 le 19/03/2009
    • Internaute 73437
      Ingénieur

    On peut parler du dénuement du créateur tout court !
    Avant de pouvoir déléguer à une équipe expérimentée et bénéficier d’un retour sur les diverses formes d’investissement, humain, financier ou intellectuel, le flux des apports est inverse, il va du patrimoine personnel vers celui de l’entreprise. Et cela pour une durée de trois à cinq ans minimum !

  • mdanguy
    mdanguy
    Auteur(e) de l'article Formatrice en communication à (...)
    • Posté à 13h12 le 19/03/2009
    • Internaute 32768
      Formatrice en communication à (...)

    A la relecture de ma contribution d’hier, je me rends compte que j’ai écris trop vite et que je ne retrouve pas vraiment mon histoire, ni le message que je voulais faire passer :

    Le message que je voulais faire passer : « Le reclassement en gérance de fait et ses conséquence sont des décisions trop souvent iniques.

    Leurs conséquences sont la négation du travail, un travail non rémunéré (le travail gratuit, jusqu’à preuve du contraire est interdit), la mise en galère...

    Ce n’est pas le gérant qui est responsable de cela, mais bien ceux qui gravitent autour d’un dépôt de bilan.

    Ils n’ont pas “le temps” de se pencher sur les petits dossiers et sur les conséquences humaines de leurs décisions parfois arbitraires.

    Dans mon cas, la fermeture de la SARL est la conséquence, d’une grave maladie sur 1 année, sur un très proche, donc indisponibilités fréquentes + le chagrin.

    J’ai eu le courage de reprendre le travail, de me battre, de réussir une remontée du chiffre d’affaires de 30 % par an. Il y avait suite à cette année un déficit de 30 000 €. Le dépôt de bilan a eu lieu 5 ans après cette année difficile.

    Sur les difficultés, il y a ceux qui s’enrichissent : huissiers (certains sont compréhensifs et aidants, mais d’autres…), certains organismes sociaux (bonne surprise avec l’URSSAF et les impôts, que j’ai rencontrés : j’ai eu des interlocuteurs compréhensifs, proposants de vraies solutions au-delà de ce que nous espérions, mais les frais étaient là malgré tout.

    De plus, nous avions 2 banques.

    L’une a taxé le découvert, mais a été compréhensive et nous a épaulés.

    Avec l’autre banque, j’ai appris les rouages bancaires qui permettent de dépasser les frais au-delà de ce que prévoit la loi. Par exemple, le découvert est mis en pratique. Mais il y a refus de l’autoriser. Cela rapporte davantage. Les dépassements de découvert sont taxés dès 0 €. Il y a eu bien d’autres pratiques “limites” de leur part.

    J’ai acquis un nouveau savoir : je sais maintenant, comment une banque, peut se rémunérer au-dessus du seuil légal.

    Nous avions presque terminé nos remboursements sur l’année difficile, quand j’ai eu une opportunité de pouvoir en finir avec ces difficultés.

    Un client m’a proposé un challenge : animer 70 jours de formations sur 4 mois, dans le Nord de la France (avec des trajets fréquents). J’ai accepté de suite, pensant mettre fin à toutes ces années de galères et repartir avec une trésorerie plus saine.

    Résultat : un burn out (j’avais 60 ans) et surtout une indisponibilité pour faire l’administratif et le commercial, pendant ce challenge. J’étais seule pour tout faire.

    Je n’ai jamais eu le temps pour me soigner et je ne me suis même pas arrêtée de travailler. J’ai travaillé dur, pour tenter de redresser à nouveau la société.

    Ma récompense pour tout cela : reclassement en gérance de fait.

    Les conséquences pour moi : je n’ai pas soigné la fatigue (pas le temps, donc elle est toujours là), pas de paiement de mes salaires en retard (j’ai donc travaillé d’arrache-pied pendant 4 mois gratuitement), 7 mois d’attente d’une décision pour toucher un RMI en final, les ASSEDIC n’ont rien voulu savoir… et un sacré sentiment d’injustice qui commence à me quitter, parce que j’ai de la chance : je suis positive et j’ai du punch. »

  • mdanguy
    mdanguy
    Auteur(e) de l'article Formatrice en communication à (...)
    • Posté à 13h12 le 19/03/2009
    • Internaute 32768
      Formatrice en communication à (...)

    A la relecture de ma contribution d’hier, je me rends compte que j’ai écris trop vite et que je ne retrouve pas vraiment mon histoire, ni le message que je voulais faire passer :

    Le message que je voulais faire passer : « Le reclassement en gérance de fait et ses conséquence sont des décisions trop souvent iniques.

    Leurs conséquences sont la négation du travail, un travail non rémunéré (le travail gratuit, jusqu’à preuve du contraire est interdit), la mise en galère...

    Ce n’est pas le gérant qui est responsable de cela, mais bien ceux qui gravitent autour d’un dépôt de bilan.

    Ils n’ont pas “le temps” de se pencher sur les petits dossiers et sur les conséquences humaines de leurs décisions parfois arbitraires.

    Dans mon cas, la fermeture de la SARL est la conséquence, d’une grave maladie sur 1 année, sur un très proche, donc indisponibilités fréquentes + le chagrin.

    J’ai eu le courage de reprendre le travail, de me battre, de réussir une remontée du chiffre d’affaires de 30 % par an. Il y avait suite à cette année un déficit de 30 000 €. Le dépôt de bilan a eu lieu 5 ans après cette année difficile.

    Sur les difficultés, il y a ceux qui s’enrichissent : huissiers (certains sont compréhensifs et aidants, mais d’autres…), certains organismes sociaux (bonne surprise avec l’URSSAF et les impôts, que j’ai rencontrés : j’ai eu des interlocuteurs compréhensifs, proposants de vraies solutions au-delà de ce que nous espérions, mais les frais étaient là malgré tout.

    De plus, nous avions 2 banques.

    L’une a taxé le découvert, mais a été compréhensive et nous a épaulés.

    Avec l’autre banque, j’ai appris les rouages bancaires qui permettent de dépasser les frais au-delà de ce que prévoit la loi. Par exemple, le découvert est mis en pratique. Mais il y a refus de l’autoriser. Cela rapporte davantage. Les dépassements de découvert sont taxés dès 0 €. Il y a eu bien d’autres pratiques “limites” de leur part.

    J’ai acquis un nouveau savoir : je sais maintenant, comment une banque, peut se rémunérer au-dessus du seuil légal.

    Nous avions presque terminé nos remboursements sur l’année difficile, quand j’ai eu une opportunité de pouvoir en finir avec ces difficultés.

    Un client m’a proposé un challenge : animer 70 jours de formations sur 4 mois, dans le Nord de la France (avec des trajets fréquents). J’ai accepté de suite, pensant mettre fin à toutes ces années de galères et repartir avec une trésorerie plus saine.

    Résultat : un burn out (j’avais 60 ans) et surtout une indisponibilité pour faire l’administratif et le commercial, pendant ce challenge. J’étais seule pour tout faire.

    Je n’ai jamais eu le temps pour me soigner et je ne me suis même pas arrêtée de travailler. J’ai travaillé dur, pour tenter de redresser à nouveau la société.

    Ma récompense pour tout cela : reclassement en gérance de fait.

    Les conséquences pour moi : je n’ai pas soigné la fatigue (pas le temps, donc elle est toujours là), pas de paiement de mes salaires en retard (j’ai donc travaillé d’arrache-pied pendant 4 mois gratuitement), 7 mois d’attente d’une décision pour toucher un RMI en final, les ASSEDIC n’ont rien voulu savoir… et un sacré sentiment d’injustice qui commence à me quitter, parce que j’ai de la chance : je suis positive et j’ai du punch. »