18/03/2009 à 00h14

Pourquoi l'Europe a besoin d'une gauche forte

Bertrand Delanoë | Maire PS de Paris

La crise économique est au cœur de l’Europe. Brutalement, c’est tout un système qui a implosé, ce capitalisme financier livré à lui-même et fondé sur la recherche massive et immédiate du profit. Pour des millions d’Européens, confrontés au chômage et à la précarité, l’impact social est terrible. Dans ce contexte si tourmenté, disons-le nettement : l’Europe n’a pas été à la hauteur. Ni sur le plan social et économique, ni dans l’affirmation de ses propres valeurs.

Au cours des cinq années précédentes, c’est un fait, aucun acte significatif n’a été posé, qui aurait armé l’Europe face à la récession actuelle. Historiquement, pourtant, sous l’impulsion de Jacques Delors, s’étaient concrétisées des synergies aussi considérables que la solidarité entre régions européennes, les programmes Erasmus ou la mise en place des comités d’entreprises européens. Mais là, rien, panne absolue du modèle social européen !

Résultat : nul plan de relance concerté, nul dispositif pour soutenir, par exemple, le secteur automobile européen et le réorienter vers la voiture de demain. Et les pays de l’Est ? Certains, au bord de la faillite, se tournent aujourd’hui vers le FMI, car l’Union européenne n’a jamais porté cette volonté politique de tisser avec eux les liens stratégiques pourtant indispensables. Toujours en manque d’un ministre des Affaires étrangères, l’Europe peine d’ailleurs à faire entendre sa voix sur la scène mondiale.

Faire face à la résurgence des réflexes nationalistes

Dans ces conditions, comment prétendre peser sur les futures réformes à l’échelle planétaire ? De cette crise profonde peuvent d’ailleurs jaillir les dérives et les conflits les plus redoutables. Gramsci a décrit les dangers de toute transition historique : « Le vieux monde se meurt, le monde nouveau tarde à paraître et dans ce clair-obscur, les monstres surgissent. »

Oui, l’époque est menaçante. Face à la tentation du repli, à la résurgence des réflexes nationalistes, il faut donc que l’Europe retrouve les voies d’une ambition collective qui a nourri sa dynamique. Le monde a besoin d’une Europe influente, inventive et audacieuse, donc d’une Europe unie.

Dans cette perspective, à qui faire confiance ? A la droite européenne ? Celle-ci dirige la plupart des Etats membres, préside la Commission européenne et détient la majorité au Parlement. Pourtant, tout au long de cette législature, elle s’est contentée de défendre une conception étriquée de l’Europe : une zone de libre échange, un point c’est tout.

Dès lors, au moment où le capitalisme spéculatif vole en éclats, nul ne doit s’étonner de voir notre continent manquer à la fois de cohérence et d’arguments, d’autant que par dogmatisme, les conservateurs européens n’ont pas poussé l’audace jusqu’à faire bouger le carcan d’un budget limité à 1% du PIB de l’Union.

Tels sont les faits, et la sémantique n’y peut rien : ceux qui, aujourd’hui, prétendent « refonder le capitalisme » se sont toujours inscrits dans la logique mécanique d’un système qui a failli. Y compris sur le plan philosophique. Car les mêmes qui évoquent en France une hypothétique « politique de civilisation » cautionnent les tests ADN pour les étrangers. Et au Parlement européen, ils soutiennent une directive autorisant le maintien des immigrés pendant dix-huit mois, dans les centres de rétention. Ce n’est pas cela l’Europe.

Le sentiment pesant d’une grosse machine bureaucratique

L’Europe procède des Lumières, elle est de toutes les couleurs et de toutes les religions. Elle ne se réduit à aucun culte, à aucune langue. Elle est, par nature, universalisme. Quand le désespoir des ouvriers anglais de Lindsey les rassemble autour d’un mot d’ordre aux relents xénophobes (« des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques »), c’est bien l’identité même de l’Europe qui est abîmée.

L’enjeu du 7 juin, date du prochain scrutin européen, est donc immense. Renouer avec les fils si féconds d’une construction singulière. Le vœu des Pères fondateurs s’est réalisé et notre continent a connu un demi-siècle de paix. L’Union européenne est un espace démocratique qui n’a pas d’équivalent dans le monde.

Pourtant, on le voit, l’aventure s’est grippée. Plus d’horizon, plus de souffle. Juste le sentiment pesant d’une grosse machine bureaucratique, produisant des textes modérément utiles, voire franchement contre-productifs. Dessein enthousiasmant à l’origine, l’Europe serait-elle condamnée à devenir le symbole d’une technocratie froide et déconnectée du peuple ?

C’est la gauche qui, depuis l’origine, affirme les principes de régulation et de contrat social, défend les services publics et souligne la modernité du rôle de l’Etat. La réalité donne aujourd’hui crédit aux valeurs fondatrices de la social-démocratie. Mais la suite est plus exigeante. Les progressistes européens abordent cette campagne autour d’un projet commun, le « Manifesto ». Belle avancée, même si elle appelle d’autres étapes. Car leur unité doit être à la mesure des attentes de nos concitoyens.

Construire la première puissance social-écologique dans la mondialisation

Oui, nous devons donner à l’Europe des outils qui demeurent inopérants à l’échelle de chaque Etat, à commencer par une gouvernance économique centrée en particulier sur l’emploi. Il faudra aussi muscler la législation européenne sur les droits et la représentation des salariés, notamment face aux effets du dumping social. Un grand emprunt de 100 milliards d’euros permettrait de financer les investissements stratégiques, dans les secteurs de la protection sociale, des transports, du bâtiment et de l’énergie.

L’Europe peut être également une force d’impulsion pour l’éducation, la formation des salariés, ainsi que la recherche et développement : plus que jamais, il faut soutenir le savoir faire et la capacité d’innovation de nos entreprises. En cohérence avec cet impératif, la gauche européenne doit affirmer sa volonté de construire la première puissance social-écologique dans la mondialisation.

La croissance de demain ne sera pas fondée sur la consommation aveugle d’énergies en voie d’épuisement ni sur la spéculation, mais sur la production réelle de richesses durables, à forte valeur ajoutée et partagées. Quand, en 2004, au Parlement européen, la droite (dont des élus UDF qui siègent aujourd’hui au MoDem) refuse de confier à la Banque centrale l’objectif stratégique d’une croissance durable, c’est bien l’illustration d’une lecture erronée du temps présent.

Le 7 juin, il faudra donc choisir. Entre les deux seules familles politiques porteuses, au niveau de chaque pays membre, d’un projet à vocation majoritaire pour l’Europe. D’un côté, les conservateurs, de l’autre les sociaux-démocrates, qui représentent l’unique force d’alternance de ce scrutin, à distinguer d’autres partis, impuissants politiquement hors d’un processus de coalition à l’échelle de toute l’Europe.

Trente ans après les premières élections européennes au suffrage universel, ce futur scrutin revêt une dimension fondatrice. Seule une dynamique progressiste pourra doter l’Assemblée européenne d’un mandat de gauche, ancré dans son époque. Ce message, qui est aussi une promesse ambitieuse, nous devons le porter avec force, le dédiant à l’avenir de 482 millions d’Européens.

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  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 00h21 le 18/03/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    Il ne faut pas forcement une gauche forte, il faut des partis qui comprennent de quoi ils parlent, qui ne pensent pas qu’a faire du buzz, qui ne pensent pas qu’a epater la galerie, de gauche ou du centre ou de droite on s’en moque.

    J’ai l’impression que je parle du PS :).... dont j’attends tjs le gouvernement fantome.....

    • PauLo anarcho-patriote
      • Posté à 09h43 le 18/03/2009
      • Internaute 38801

      Le Monde du 8 mars 2009 brise (enfin) un tabou médiatique du « politiquement correct » : « plusieurs pays européens baissent les traitements de leurs fonctionnaires… »

      Après la Lettonie, la Hongrie et l’Irlande ont le courage d’agir dans la bonne direction…

      TROP DE FONCTIONNAIRES… TROP CHER PAYÉS… PAR LES TRAVAILLEURS !

      Partout pareil… non ! .. pas de ça chez nous…

      Ici, en France, Corse et Outre Mer, le « POUVOIR D’ACHAT » est certes accaparé… confisqué par les SEULS « FONCTIONNAIRES’ & “ÉLUS’ mais pas question de baisser leurs traitements et pensions…

      Les autres ? … ‘ Toutes & Tous Pauvres !’

      Les travailleuses et travailleurs, elles et eux, ont du mal à ‘boucler leurs fins de mois’… tirent le diable par la queue’ !

      Tant pis, c’est ça le socialogaullisme… le royaume des fonctionnaires ’, n’est-ce pas ?

      • Les Chats
        Les Chats répond à PauLo anarcho-patriote
        En grève du zèle contre le (...)
        • Posté à 12h47 le 18/03/2009
        • Internaute 24526
          En grève du zèle contre le (...)

        De quels fonctionnaires vous parlez ?
        Allez donc voir les politiques au lieu de taper sur les petits fonctionnaires, qui eux sont mal payés.

        Les politiques français sont les mieux payés d’europe.
        Petits privilèges entre amis :

        Les FRAIS de PERSONNEL LES PLUS IMPORTANTS D’EUROPE ! !

        A en croire la cour des comptes, la rémunération des fonctionnaires de l’Assemblée serait supérieure de 75% à 150% à celle de la fonction publique.
        Ces fonctionnaires coûtent aussi beaucoup plus cher que leurs homologues européens.
        La part des frais de personnel dans le budget global est beaucoup plus élevée à Paris (25% au Palais Bourbon) qu’à Londres (15% à la Chambre des communes britannique) ou à Berlin (10 à 12% au Bundestag).
        Les magistrats épinglent un empilement d’indemnités qui représenteraient 58% des traitements bruts !

        Les 24 hauts fonctionnaires les mieux payés de la maison perçoivent une rémunération brute moyenne annuelle de 213.000 euros, jugée dans le rapport « particulièrement élevée compte tenu des avantages matériels et sociaux ».

        Le rapport cible les prêts consentis au personnel et aux élus (pour l’acquisition d’un logement ou d’une permanence), à des taux faibles (3% en moyenne) et au fondement juridique fragile. Au printemps 2008, ces prêts entraînaient l’immobilisation de 122 millions d’euros.

         
        • PauLo anarcho-patriote
          • Posté à 13h44 le 18/03/2009
          • Internaute 38801

          Grève de Fonctionnaires… « vie chère » ? ...

          Quelle honte !

          Fonctionnaires... feignants (faisant semblant) ou... fainéants (ne faisant rien du tout)... quelquefois laborieux (les pires... qui emmerdent leurs compatriotes)... osent se plaindre...

          ... eux qui accaparent le ’pouvoir d’achat’ et provoquent ainsi la « vie chère »...

          Président ! ... révoquez-les.

          • anini
            anini répond à PauLo anarcho-patriote
            terrienne de souche !
            • Posté à 14h38 le 18/03/2009
            • Internaute 51759
              terrienne de souche !

            Vous avez raison , à bas les fonctionnaires , tous et toutes footballeurs ! !

          • FrC
            FrC répond à PauLo anarcho-patriote
            architecte
            • Posté à 15h05 le 18/03/2009
            • Internaute 70535
              architecte

            MONEYGASQUE on t’a reconnu ! ! !

        3 autres commentaires
  • Youceff
    Youceff
    Géographe
    • Posté à 00h29 le 18/03/2009
    • Internaute 59174
      Géographe

    Il n ’ y a pas que l’Europe qui a besoin d’une gauche forte...

    • PauLo anarcho-patriote
      • Posté à 09h46 le 18/03/2009
      • Internaute 38801

      L’européisme... déconstructeur...

      Les « grands européens », dont les me’rdias « politiquement corrects » nous bassinent, se sont uniquement illustrés à créer après la seconde guerre mondialisée cet embryon d’« Europe unie » : la « Communauté Européenne du Charbon et de l’Acier » (la C.E.C.A.) ?
      Faute d’avortement de confort (quel dommage pour une fois !), cette C.E.C.A. a prospéré... un temps… et s’est muée, adulte, en « Communauté Européenne ».

      Mais que reste-t-il de cette C.E.C.A. ?
      Tout simplement RIEN !

      La ruine intégrale du charbon européen… et la ruine intégrale de l’acier européen !

      Le charbon nous vient désormais, très cher, de Chine et l’acier, encore plus coûteux, d’Inde…

      • La C.E.C.A. : un champ de ruines, une faillite totale !

      • Pas pour tout le monde, non ! .. pour les peuples européens, qui l’ont financée à grands et lourds impôts mais pas pour certaines « familles », qui en ont tiré de très gros sous…

      Un vrai « succès » cette C.E.C.A. ! Merci à ces « grands européens » : de fieffés « déconstructeurs » quoi qu’en disent les me’rdias socialogaullistes.

      La mue de cette C.E.C.A. maléfique en « Communauté Européenne » s’est faite sur un slogan mercatique : « la préférence communautaire ». Il s’agissait de créer un « marché commun », élargi à tous les produits et services, « réservé aux européens » !
      Même processus, même résultat et la transformation diabolique de cette « Communauté Européenne » en... « Union Européenne » !
      Comment ?
      Par l’abandon de l’essentiel de la promesse : l’abandon pur et simple de « la préférence communautaire ».
      Résultat : la ruine de ladite Communauté et de ses six pays fondateurs !

      Que reste-t-il de la Communauté Européenne ? RIEN.

      • Finie la préférence communautaire, vive « la mondialisation » !
      • Finie l’autosuffisance française et européenne en agriculture et en industrie…
      Le lait manque. La viande manque. Le blé manque. Le prix de la baguette de pain ou des pâtes s’envole… Nous devons importer pour manger !
      Les prix des produits manufacturés explosent… Ils nous viennent à grands frais des pays émergents où sont « délocalisées » nos usines.
      Que de casse agricole ! Que de casse industrielle ! et au total, que de casse sociale !

      Tout ça voulu et conçu par les eurocrates apatrides, leurs mondiocrates complices et leurs valets français socialo-gaullistes.

      • Aux frais de qui ? .. aux frais des peuples fondateurs de cette désastreuse C.E.C.A. et de cette funeste Communauté, aux frais des Françaises et Français.

      • Au bénéfice desquels ? .. Des mêmes : de cette bourgeoisie européiste... transnationale et mondialiste... apatride... qui tient les manettes à Bruxelles et à Paris notamment, enrichie abusivement, scandaleusement aux frais des contribuables communautaires dont les contribuables français.

      « Communauté Européenne » dont il ne reste RIEN…
      sinon des pays en ruine, des peuples dans la misère.

      Si ! « demeure » l’Union Européenne, ce machin tout à la fois virtuel et totalitaire, littéralement infernal, qui sert à conditionner et manipuler les peuples de « la vieille Europe », les anesthésier, les émasculer… pour qu’ils somnolent dans leur misère… en admirant cette bourgeoisie mondialisée, friquée à leurs frais et sans scrupule ni vergogne : « décomplexée » !

      Quelle décrépitude pour ces peuples européens, dont le peuple français, qui ont apporté la santé à toutes les autres peuplades de la planète !
      Quel revers !
      Quelle punition pour avoir adulé ces « grands européens », élu ces « grands gouvernants » socialo-gaullistes, soutenu ces destructeurs !

      Lueur d’espoir ? ...
      L’irrépressible fracas de cette apocalypse… qui ne fait que débuter… emportera cette « union européenne », la ruinera assurément, elle aussi… n’est-ce pas ?

      • 98euro
        98euro répond à PauLo anarcho-patriote
        technicien
        • Posté à 10h31 le 18/03/2009
        • Internaute 62796
          technicien

        Mais qu’est-ce que vous racontez ?
        Le problème du monde n’est pas le manque. C’est l’excédant qui pose problème.

        Si on manque de quelque chose, c’est à cause de l’idéologie de la concurrence.

        La peur de la surproduction qui rend invendable les produits pousse le producteur à éliminer ses concurrents. La disparition des concurrents peut ensuite aboutir à la pénurie.

        En effet cette logique fait se cotoyer surabondance et pénurie.

        Mais la caractéristique fondamentale de notre monde n’est pas le manque. C’est la peur de la surabondance dans un système concurrentiel qui conduit à la pénurie.

        Notre système ne tient pas debout.
        Nous nous laissons depuis toujours convaincre du contraire parce qu’à l’échelle mondiale nous en étions globalement bénéficiaire.

         
        • PauLo anarcho-patriote
          • Posté à 13h49 le 18/03/2009
          • Internaute 38801

          Vous dites... « le problème n’est pas le manque... c’est l’excédent qui pose problème ».

          OK... c’est l’EXCÉDENT de FONCTIONNAIRES... QUI NOUS RUINE.

          Faut soit BAISSER LEURS TRAITEMENTS et PENSIONS...

          soit, tout simplement, LES RÉVOQUER.

        1 autres commentaires
      • 98euro
        98euro répond à PauLo anarcho-patriote
        technicien
        • Posté à 10h38 le 18/03/2009
        • Internaute 62796
          technicien

        « Quelle décrépitude pour ces peuples européens, dont le peuple français, qui ont apporté la santé à toutes les autres peuplades de la planète ! »

        Vous êtes patriote. C’est sûr. Mais en quoi êtes-vous anarchiste ?

        Pour les réactionnaires l’anarchie c’est le bordel, le désordre. Ils n’ont pas de meilleurs alliés que ces bouffons qui braillent des idées de gauche tout en cassant tout sur leur chemin.

        C’est quoi pour vous l’anarchie ?

         
        • PauLo anarcho-patriote
          • Posté à 13h53 le 18/03/2009
          • Internaute 38801

          Quand l’État est totalitaire, il est légitime pour le PATRIOTE d’être ANARCHISTE...

          Anarcho-Patriote, 98euro... anarcho-patriote !

          • 98euro
            98euro répond à PauLo anarcho-patriote
            technicien
            • Posté à 14h23 le 18/03/2009
            • Internaute 62796
              technicien

            et votre patrie c’est quoi ?

            • compte sup. à la demande du riverain 25.08
              • Posté à 16h47 le 18/03/2009
              • Internaute 34833
                chat de garde

              Sa patrie, c’est la Trollie ! ! !
              Don’t feed him !

            • 98euro
              98euro répond à 98euro
              technicien
              • Posté à 19h35 le 18/03/2009
              • Internaute 62796
                technicien

              j
              Je crains que votre patrie soit une notion bien moins ecclectique que votre anarcho-patriotisme.

              Je crains qu’elle soit une de ces bien banales cellules de complicité dans laquelle les citoyens du monde se réfugient depuis la nuit des temps par peur d’autrui.

              L’anarchisme est pour moi un idéal inaccessible. Celui qui rêve d’en appliquer les règles à la société entière ici et maintenant doit être fui comme la peste.

              Par contre en tant qu’idéal il est très utile pour guider l’humain intègre, responsable de ses actes.

              L’anarchisme, c’est l’absence de hiérarchie. Chacun conserve l’entière souveraineté sur ses décisions (donc sur sa réflexion), ne délègue aucun pouvoir.

              C’est inapplicable. Mais c’est indispensable de l’avoir pour idéal afin de mettre les hiérarchies à leur juste place et rendre aux relations humaines le droit d’évoluer.

              L’anarchie pourrait être un modèle théorique nous guidant vers l’opposé du totalitarisme. Elle ne sera jamais le moyen de sortir d’un totalitarisme en vigueur.

              Pour penser l’anarchie il faut de la sérénité. Pas de la rage contre un fantasme anti-fonctionnaire hystérique.

              Quant à faire cohabiter le patriotisme qui est l’abandon de souveraineté de l’individu au profit d’une cellule de complicité et l’anarchie qui est le refus d’abandonner toute souveraineté...

              Il fallait le trouver.

              • Mougik
                Mougik répond à 98euro
                Loser imperturbable
                • Posté à 02h40 le 19/03/2009
                • Internaute 70567
                  Loser imperturbable

                Vous fatiguez pas sur lui, rien que le pseudo « anarcho-patriote », tout comme l’autre « anarcho-évangéliste » laissent a penser que ces messieurs n’ont pas forcément tout saisis en ce qui concerne le communisme libertaire.

                Manque plus qu’un anarcho-capitaliste et ils feront un trio très amusant.

                Et je vous rejoins entièrement sur : « Pour penser l’anarchie il faut de la sérénité » .

                Un anar.

        5 autres commentaires
      • Lugi
        • Posté à 11h25 le 18/03/2009
        • Internaute 28945

        Notre anarcho-populiste est aussi pertinent que notre anarcho-évangéliste.

        Il y a de la poésie chez eux. Mais j’ai cette désagréable impression qu’on essaye de me laver le cerveau quand je les lis. Je suis le seul ?

         3 autres commentaires
      • léo solo
        • Posté à 13h17 le 18/03/2009
        • Internaute 2483

        15 points d’exclamation dans le même billet :
        ça disqualifie le propos.

        la pulsion ne va pas l’amble avec l’argumentation.

        Tiens,
        points d’interrogation : 6.

        Vous êtes un peu paumé , quoi .

         2 autres commentaires
      • 98euro
        98euro répond à PauLo anarcho-patriote
        technicien
        • Posté à 18h29 le 18/03/2009
        • Internaute 62796
          technicien

        un dixième des chinois produisent à eux seuls quasiment tous les biens nécessaires (et même les biens inutiles) dont la planète a besoin.

        Pourquoi on ne se partagerait pas cette corvée ?

        Pourquoi faudrait-il que ceux qui doivent la supporter soient si mal traités ?

  • Anonyme

    C’est déjà trop tard. Cette Europe est définitivement celle de la concurrence libre et non faussée. Elle met en concurrence les peuples et préparent les affrontements et divisions de demain.

    Il aurait fallu y réfléchir avant le Traité constitutionnel, qu’il n’est plus question de ne pas adopter, fût-ce contre les peuples. Il aurait fallu y penser avant le dernier élargissement. Il aurait fallu en concevoir le positionnement éclairé, progressiste et social au sein de l’OMC.

    Maintenant, c’est terminé. En Europe, capitaux et marchandises circulent librement. Les êtres humains, toujours pas. Pour paraphraser Churchill, les eurocrates ont préféré la honte par peur de la régression : ils auront et la honte et la régression.

    La véritable capitale de cette Europe-là, c’est Schengen.

    • dodu
      dodu
      Slow burn
      • Posté à 00h39 le 18/03/2009
      • Internaute 67365
        Slow burn

      Totalement d’accord avec vous ...hélas !

    • 98euro
      98euro
      technicien
      • Posté à 09h41 le 18/03/2009
      • Internaute 62796
        technicien

      ok message reçu. J’éteins mon ordi et je saute par la fenêtre.

      • PauLo anarcho-patriote
        • Posté à 09h50 le 18/03/2009
        • Internaute 38801

        Non, Front Populaire... Gardons le moral : « le Financiarisme » c’est fini ! ..

        Pourquoi ? Tout simplement : la religion « financiariste », dont Davos était le synode périodique, s’est évanouie... écroulée ! Ses ’grands-prêtres’ ont disparu...

        Le « Financiarisme »... à ne pas confondre avec le Capitalisme... est né dans les années 1970.
        Bien plus qu’une idéologie... ce fut dès l’origine une « religion’.

        Une “foi’ (bien sûr irrationnelle) dans la toute-puissance de la financiarisation de l’économie... sous-tendue par un culte : le ’tout-fric’ !

        Ses adeptes... les cupides du monde entier... ont pris d’assaut - partout - la haute fonction publique, l’État et les grandes entreprises... pour mettre en oeuvre...
        les deux dogmes majeurs ’donnant-donnant’ de cette ’nouvelle religion’ : (1) ‘neutraliser’ les États... (2) assurer la ‘liberté’ du fric...

        (1) en les réduisant à des ’États-rentiers’... anesthésiés, percevant une manne régulière : la T-V-A... qui découple la plus-value financière de l’activité productive, permet la mondialisation en facilitant la sous-traitance et les délocalisations ;

        (2) en assurant la ’libre circulation’ et mieux la ’libre création’ de capitaux qui affranchit des règles et contrôles... facilite l’ingénieuse ’protection financière’ et le ’monopoly financier’.

        On en voit le résultat après à peine 40 ans... Ce que d’aucuns osent encore nommer ’crise’... est en fait l’écroulement de cette religion financiariste, la capilotade de sa prétendue ’ingénierie’... de ses ’innovations financières’... de la ’création de valeur’...
        et la débandade de ses adeptes... avec, au premier rang des ‘sauve-qui-peut’, ses grands-prêtres : les politiciens socialogaullistes, européistes, mondialistes et leurs affidés !

        Des milliards de milliards de dollars, d’euros... de monnaie... ’fausse’ bien sûr... évaporés !
        Les conséquences de cet effondrement total de cette ‘religion financiariste’ ?
        Non encore perçues par tout un chacun...

        Assurément ruine et misère...
        sang et larmes pour les peuples du monde entier !
        mais… enfin… bientôt la délivrance !

         
        • 98euro
          98euro répond à PauLo anarcho-patriote
          technicien
          • Posté à 10h50 le 18/03/2009
          • Internaute 62796
            technicien

          Nos élites sont pourries parceque....nous le sommes un petit peu nous-même.

          Ce n’est pas nous vraiment. Pas de naissance en tout cas. Mais on le devient facilement. Notre éducation nous y encourage au lieu de nous en dissuader.

          C’est nos relations humaines qui sont pourries. Pas toutes. Certaines seulement. Mais le bilan des bonnes et des mauvaises donne ce résultat mauvais.

          Si la base est pourrie c’est normal que les élites (de cette base) le soient à l’extrême.

          Plutôt que de se lamenter nous pourrions réfléchir à ce que nous pouvons changer entre nous.

        4 autres commentaires
      • 98euro
        98euro répond à 98euro
        technicien
        • Posté à 10h07 le 18/03/2009
        • Internaute 62796
          technicien

        raté !
        j’habite au rez-de-chaussée !

        QUAND VA-T-ON ARRETER CES LAMENTATIONS ?

        La fin du monde n’est pas survenue avec la boucherie de 14-18, pas plus avec les monstruosités de tous les totalitarismes qui ont suivi.
        C’est quoi Schengen à côté de ça ? ? ?

        Que diraient nos parents et grands-parents qui ont subi de telles époques ?

        Je suis d’accord avec vous, on ne va pas dans le bon sens. Mais le problème n’est pas dans une des décisions prises. Il est dans l’immobilisme de la majorité silencieuse.

        Pourquoi cet immobilisme ? c’est un sujet à lui seul.

        Il faut arriver à orienter la question de rue89 vers une autre : peut-on envisager un monde meilleur ?

        C’est une question destinée fondamentalement à la majorité silencieuse. Et internet est bien adapté au besoin de cette majorité.

        Malheureusement, comme dans la vraie vie, d’une extrémité à l’autre des idées politiques il y a ceux pour qui le monde est parfait tel qu’il est.

        C’est pour eux une arène dans laquelle il faut se battre. Pour eux, sans affrontement, la vie n’a aucun intérêt.

        L’affrontement des idées (uniquement des idées) est la solution. Elle convient parfaitement à la majorité et internet est un outil parfait pour cela.

        Pour ceux qui rêvent d’affrontement réel, celui des idées n’est qu’un prétexte. Ce qu’ils veulent c’est l’affrontement des gens. C’est la raison majeure de l’immobilisme de la majorité qui refuse de se tromper de combat !

        Il y en a une poignée ici qui occupent 50 pour cent de l’espace.
        Comme dans la vraie vie.

        Il sont très utiles car ils peuvent nous permettre de comprendre notre tragique immobilisme.

        Il faut que la majorité silencieuse apprenne à leur bottter le cul virtuellement pour pouvoir le faire ensuite dans la vraie vie.

         
        • jexiste
          jexiste répond à 98euro
          si, si
          • Posté à 10h30 le 18/03/2009
          • Internaute 53099
            si, si

          « C’est une question destinée fondamentalement à la majorité silencieuse. Et internet est bien adapté au besoin de cette majorité. »

          Problème : comme dans la vraie vie, elle s’y fait battre par ceux qui ont tout intérêt à la faire taire.

          D’où la nécessité de faire connaître et combattre leurs techniques d’expulsion du net de tous ceux dont l’expression publique les dérange. C’est ce que se propose de faire le groupe « liberté d’expression » dont je vous parlais hier et avant-hier (notez que tous mes messages à ce sujet ont disparu).

          • bricedewemmel
            bricedewemmel répond à jexiste
            chomeur
            • Posté à 10h52 le 18/03/2009
            • Internaute 73260
              chomeur

            tu n’es pas le premier à qui cela arrive. C’est quoi ce groupe dont tu parles ?

            • jexiste
              jexiste répond à bricedewemmel
              si, si
              • Posté à 11h02 le 18/03/2009
              • Internaute 53099
                si, si

              C’est sur le Post :

              Lien

              Une petite question : tu te présentes comme chômeur, tes difficultés d’expression concernent-elles ta situation ou les questions qui te préoccupent plus particulièrement en tant que chômeur ?

              Si c’est le cas, tu n’es pas le premier, loin de là. Les chômeurs comptent parmi les citoyens les plus muselés.

              • bricedewemmel
                bricedewemmel répond à jexiste
                chomeur
                • Posté à 12h44 le 18/03/2009
                • Internaute 73260
                  chomeur

                Je suis un chômeur spécial( gradué en écologie sociale et possesseur d’un MBA en Business International) ma mère est une eurocrate qui ne paie donc pas d’impôt et a participé a cette « crise » qui est in fine un moyen de manipulation de masse (ex : le 11 septembre) et d’un autre côté mon père est en faillite et risque de se retrouver à la rue car les petits commerces se sont fait de plus en plus rares à cause de lobby etc,je ne te fais pas un dessin j’ai même dû l’aider a boucler ces fins de mois !
                Je suis chômeur en quete d’une nouvelle vois plus respectueuse des hommes et de le planète
                Dernièrement on m’a viré d’une agence bruxelloise pour l’emploi nommée ACTIRIS car j’ai dis que j’étais (je le suis et le resterai) un utopiste , ce qui est une discrimination d’ailleurs ! c’est comment tourne le monde qui me préoccupe :)

                merci pour le lien :)

          • 98euro
            98euro répond à jexiste
            technicien
            • Posté à 18h37 le 18/03/2009
            • Internaute 62796
              technicien

            12 top « naze ». Je m’incline.

            Mais au fait, quand je compte la bande anarcho-elitiste (et oui ça existe, je viens de le découvrir sur ce site) j’ai du mal à en compter 12.

            Sans compter que certains oublient parfois leurs obligations d’aller « nazer » leurs ennemis et « toper » leur amis. Et oui c’est ça les cellules de complicité. On y trouve des protections mais il faut aussi respecter des obligations.

            Il doit y avoir quelques passants qui se sont laissés influencer.

        • anini
          anini répond à 98euro
          terrienne de souche !
          • Posté à 14h51 le 18/03/2009
          • Internaute 51759
            terrienne de souche !

          Contente que vous vous soyez raté en sautant du rez de chaussée ! Il faut des gens qui réfléchissent sans perdre espoir et surtout sans se laisser aller à répéter le même discours qui ne fait rien avancer , QUE LA VIOLENCE STÉRILE ET DANGEREUSE !

          • 98euro
            98euro répond à anini
            technicien
            • Posté à 18h55 le 18/03/2009
            • Internaute 62796
              technicien

            « Il faut des gens qui réfléchissent “

            Mouai...comme dirait Brédala

            Je préfère ‘il faut que tous les gens réfléchissent’

            Je pense que vous ne serez pas contre ma précision.

            Réfléchir, exprimer sa réflexion, intégrer les réactions qu’elle suscite, réfléchir à nouveau, s’exprimer à nouveau, etc...

            Et aussi prendre en compte la réflexion des autres, réagir, etc...

            C’est ce qu’on essaie de faire ici. Malgré certains pour qui la base n’a pas à réfléchir. Certains pour qui la base doit seulement obéir, consommer, travailler et regarder la télé.

            Vous n’en faîtes pas partie et je constate que le nombre de gens comme vous et moi commence sérieusement à augmenter.

            Internet est une révolution. Comme toute révolution elle engendre du bon, du moins bon et du franchement mauvais.

            Dans le mauvais il y a l’utilisation d’internet pour faire le mal qu’on faisait déjà sans lui.

            Dans le bon il y a le bien qu’on ne pouvait pas faire avant.

            Le meilleur exemple est de communiquer, d’échanger dans le cadre de l’anonymat. Sans se faire mousser, sans attendre rien en retour. Quel que soit notre niveau social, notre milieu culturel, notre âge, notre race, notre genre, etc...

            Nous pouvons pour la première fois, sans intermédiaire, réfléchir à la faisabilité d’un monde meilleur.

            Sans avoir à déléguer notre pouvoir de réflexion. Pour la première fois !

        7 autres commentaires
    • pablico
      pablico
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 11h45 le 18/03/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      on ne récolte durablement, que si l’on a labouré et semé préalablement.

      le libéralisme, et la récolte à court, et très court terme ne suit pas ce principe.

      et voila où l’on en est...on ne laisse plus le temps au temps.

      et l’homme là dedans ?
      il ne compte pas, c’est l’argent et le profit qui compte.
      Toutes les valeurs, même religieuses sont bafouées.
      Ces valeurs étaient le fruit de milliers d’années de réflexions et de philosophie.
      et l’on va se battre pour un préservatif, alors que le combat principal n’est pas là.

    • Oeillet rouge
      Oeillet rouge
      rêve générale
      • Posté à 12h23 le 18/03/2009
      • Internaute 72489
        rêve générale

      Adresse à la gauche radicale
      pour un Front populaire du 21è siècle

      L’histoire est en marche. Le moment est venu d’entendre le cri du peuple français qui descendra massivement dans la rue jeudi 19 mars 2009 pour hurler sa colère et son désarroi face à la politique de casse systématique des acquis sociaux de la classe ouvrière et des services publics menée par le gouvernement de droite portée au pouvoir par 53% de votants en juin 2007, un des gouvernements les plus à droite que la France ait connu depuis Pétain et la collaboration.

      Le 29 janvier était un coup d’essai à côté de la déferlante à laquelle nous allons assister !

      Il est fort à parier qu’une partie des électeurs qui ont mis Sarko 1er au pouvoir seront aussi dans la rue ce jeudi, car subissant également les dégâts d’une politique prédatrice pour tous les travailleurs, qui par ses choix et sa défense viscérale du chacun pour soi et de la loi du fric depuis des décennies est directement responsable de la crise internationale qui a éclaté et dont les effets s’amplifient de jour en jour...

      Depuis la journée du 29 janvier, un mois et demi s’est écoulé. Un délai qui a été jugé trop long par certains militants ou observateurs de la gauche radicale pensant et écrivant qu’un mouvement durable pouvait être impulsé en France dès le mois de février 2009.

      Soit, mais pour quel débouché politique ?

      Bien sûr, la situation n’est pas en tous points comparable aux dissenssions existant chez les révolutionnaires d’Octobre 1917. Mais qu’on veuille lire attentivement ces lignes de Lénine :

      « Dans le courant du printemps et de l’été prochains écrivent les “ communistes de gauche ” dans leurs thèses, doit commencer l’écroulement du système impérialiste, écroulement que la victoire éventuelle de l’impérialisme allemand dans la phase actuelle de la guerre ne peut que différer, et qui revêtira alors des formes encore plus aiguës. » La formule est ici encore plus enfantine et inexacte, en dépit de tout son appareil pseudo-scientifique. C’est le propre des enfants de « comprendre » la science comme si elle pouvait prévoir en quelle année, au printemps, en automne ou en hiver, « doit commencer l’écroulement ». Ce sont des tentatives ridicules de connaître l’inconnaissable. Aucun homme politique sérieux ne dira jamais quand « doit commencer » l’écroulement d’un « système » (d’autant plus que l’écroulement du système a déjà commencé, et qu’il s’agit de dire quand se produira l’explosion dans les divers pays). » Sur l’infantilisme de gauche et la propriété petite-bourgeoise, Lénine, 1918.

      (Les « communistes de gauche » s’opposaient aux Bolchéviks sur la question de la poursuite ou non de la guerre contre l’Allemagne. Les communistes de gauche, jusqu’auboutistes (c’est un terme employé par lénine) se prononçaient pour la poursuite de la guerre par soi-disant « pureté » révolutionnaire et les Bolchéviks (dont Lénine) pour la paix (Paix de Brest-Litovsk) dans l’intérêt de la Révolution. Lénine explique pourquoi dans ses écrits.)

      Les partisans de la gauche radicale acepteront-ils seulement de discuter et de débattre de la question de la construction d’un mouvement populaire uni et adulte politiquement, c’est à dire ayant pris le temps de l’élaboration de solutions révolutionnaires, sans crier à la trahison et sans trépigner d’impatience infantile (le terme est aussi de Lénine) devant la molesse des syndicats (7,5% de syndiqués parmi les salariés !) et des partis de la gauche de la gauche, tous mis dans le même sac des « traitres à la cause » des travailleurs ?

      Ces militants et observateurs accepteront-ils seulement l’idée qu’à regarder ce que nous enseigne l’histoire, une Révolution se fait avec tout un peuple et pas avec une minorité d’avant-gardistes le plus souvent autoproclamés ? Et que ceux qui manifesteront jeudi ne sont pas des professionnels de la politique mais des citoyens qui en ont marre et qui ont envie que les choses changent. L’idéal serait qu’ils aient envie de changer les choses. Mais en sommes-nous déjà là ?

      « Pour devenir le pouvoir, les ouvriers conscients doivent conquérir la majorité : aussi longtemps qu’aucune violence n’est exercée sur les masses, il n’existe pas d’autre chemin pour arriver au pouvoir. Nous ne sommes pas des blanquistes, des partisans de la prise du pouvoir par une minorité. Nous sommes des marxistes, des partisans de la lutte de classe prolétarienne ; nous sommes contre les entraînements petits-bourgeois, contre le chauvinisme jusqu’auboutiste, la phraséologie, la dépendance à l’égard de la bourgeoisie ». Lénine, sur la dualité du pouvoir, avril 1917.

      Ces partisans de la gauche radicale voudront-ils entendre qu’à notre avis, les solutions à apporter contre les ravages du capitalisme et les fondements de la société socialiste à construire, ses institutions, ses lois, doivent être les fruits d’une volonté et d’une élaboration populaire la plus large possible, c’est à dire de la majorité des citoyens et de la démocratie ?

      Voudront-ils seulement entendre qu’au 21è siècle, en France, si l’on tire les leçons de l’histoire et des graves dérives des régimes socialistes du bloc soviétique dans les décennies qui ont suivi la révolution d’Octobre, une Révolution ne vaincra qu’à travers l’adhésion d’une majorité de citoyens adultes à même de se prononcer pour de vrais bouleversements révolutionnaires ?

      L’exemple du Vénézuela et des multiples élections organisées par son président Hugo Chavez, celui de la Bolivie devraient pourtant donner des idées à ces penseurs de la Révolution qui écrivent des articles à grands coups de références historiques (Lénine parle de « phraséologie ») en oubliant bien souvent d’ancrer leur réflexion dans la réalité contemporaine (Pour Lénine, « un vrai communiste est plus tourné vers l’avenir que vers le passé »).

      Entendent-ils que les modèles du passé servent à être critiqués et dépassés ? Que l’histoire doit servir à apprendre et à eviter les écueils d’hier, mais qu’elle ne peut figer l’esprit dans un récit mystificateur (encore une expression de Lénine) de ce que devrait être la Révolution et quant elle doit avoir lieu, en s’appuyant sur des textes écrits il y cent ans ou plus ? Que la Révolution se construit jour après jour au sein même des institutions bourgeoises pour former les esprits à la résistance et à la combativité, pour tirer partie de ce que le capitalisme a construit, tirer partie de ses faiblesses, et transformer peu à peu le rapport de forces en faveur d’un changement radical (oui, nous sommes d’accord !) du système politique et économique.

      Quel marxiste-léniniste prétendrait aujourd’hui vouloir faire la Révolution sans actualiser, prolonger les pensées de Marx et de Lénine en les confrontant aux nombreuses connaissances accumulées tout au long du 20e siècle sur le mouvement ouvrier, la lutte des classes, la nature même du système capitaliste, les expériences heureuses ou malheureuses du socialisme du 20è siècle ?
      Sans mesurer les forces aujourd’hui en présence en France (et dans le monde) dans le camp révolutionnaire et en tirer les conséquences quant à la stratégie à adopter pour faire grandir la Révolution ? Le niveau d’éducation des citoyens dans la France d’aujourd’hui ne peut-il être un levier pour une Révolution socialiste qui s’épanouirait dans la rue et dans les urnes, comme une promesse de jours meilleurs...

      Etre révolutionnaire n’est-ce pas avant tout se projeter dans le futur et imaginer la société
      que l’on veut construire ? Peut-on sèrieusement penser aujourd’hui l’avènement d’une société socialiste, révolutionnaire, sans recours fréquent au vote, à l’expression démocratique qu’il constitue et qui reste une des plus grandes conquête de l’homme moderne devenu citoyen contre les despotes ?

      Bien sûr, donner aux travailleurs des droits inédits de réunion, d’élaboration de la stratégie de l’entreprise sur leur lieu de travail, nationaliser les moyens de production, orienter l’argent vers l’emploi et les progrès humains sont autant d’objectifs essentiels, primordiaux de la Révolution. Mais la Révolution du 21ème siècle ne vaincra pas par le sang et les larmes mais par la conviction du plus grand nombre que le capitalisme a fait son temps et qu’une ère nouvelle doit s’ouvrir plus humaine et plus solidaire.

      Elle vaincra par la démocratie la plus poussée – articulation de la démocratie directe et de la démocratie représentative - et par la faculté du peuple de substituer aux institutions capitalistes des institutions socialistes, de restituer l’héritage de l’ancien système à tous les travailleurs et d’ organiser la société nouvelle au profit de tous. Aujourd’hui, la question du vote, de la prise de décison collective et l’organisation d’élections à tous les niveaux – assemblées élues et référendums - ne peut être considérée comme le détail (encombrant) d’un projet politique révolutionnaire...

      C’est pourtant ce que semble nous dire les partisans de cette gauche radicale qui rappelle à plusieurs égards les « communistes de gauche » du temps de Lénine et qui, tout en présentant des candidats aux présidentielles et aux européennes explique qu’élire des représentants au parlement européen a finalement peu d’intérêt et que « le fruit est mûr » pour une Révolution dans la rue, sans l’unité nécessaire à l’édification de solutions politiques.

      « Des ignorants ou des renégats du marxisme, tels que M. Plékhanov et ses pareils, peuvent crier à l’anarchisme, au blanquisme, etc. Qui veut penser et apprendre ne peut manquer de comprendre que le blanquisme est la prise du pouvoir par une minorité, tandis que les Soviets des députés ouvriers, etc., sont notoirement l’organisation directe et immédiate de la majorité du peuple. Une action ramenée à la lutte pour l’influence au sein de ces Soviets ne peut pas, ne peut littéralement pas verser dans le marais du blanquisme. Elle ne peut pas, non plus, verser dans le marais de l’anarchisme, car l’anarchisme nie la nécessité de l’Etat et d’un pouvoir d’Etat durant l’époque de transition qui va de la domination de la bourgeoisie à la domination du prolétariat. Je défends, au contraire, avec une clarté excluant toute équivoque, la nécessité, durant cette époque, de l’Etat, non pas d’un Etat parlementaire bourgeois ordinaire, mais, en accord avec Marx et avec l’expérience de la Commune de Paris, d’un Etat sans armée permanente, sans police opposée au peuple, sans fonctionnaires placés au-dessus du peuple. » Lénine ; Lettre sur la tactique., avril 1917.

      A cette gauche-là, nous disons que la démocratie représentative est une avancée humaine si importante qu’aucun révolutionnaire n’a le droit de la poser en concurrente déloyale de la démocratie directe. (Exclure l’une ou l’autre serait condamner la Révolution au despotisme...) Et que nous appelons la démocratie directe de nos voeux aussi chèrement qu’eux. Que ces deux formes d’expression politique doivent être associées, articulées tant par un gouvernement révolutionnaire que dans le combat qui construit patiemment l’esprit de la Révolution en s’appuyant sur les réalités présentes. Et l’une des données de la réalité présente en France, c’est qu’une partie du PS, emmenée par Jean-Luc Mélenchon, fait scission avec ce parti libéral hégémonique à gauche !

      A cette gauche radicale, nous disons que dans ce combat pour la Révolution des consciences, elle qui veut prétendument nous faire gagner du temps en appelant à l’insurrection sans l’unité politique du camp révolutionnaire, négligeant du même coup la force que recèle la démocratie représentative pour fragiliser l’ordre capitaliste dominant, eh bien cette gauche-là nous en fait perdre - du temps - en suscitant des attentes que la « pureté » de son isolement ne pourra satisfaire.

      Pour cela, nous ne lui disons pas merci ! Mais nous l’appelons à laisser derrière elle ses vieilles chimères et à nous rejoindre dans le combat unitaire pour une Europe politique sociale et solidaire et pour tous les combats à venir afin de débarasser le monde de l’aigle capitaliste.

      Pour un Front Populaire du 21ème siècle !

      Votez pour le Front de gauche (PCF, PdG, unitaires du NPA) !

      P.S. Les mots qui peuvent blesser ou être perçus comme désobligeants ne sont pas de moi.

      Sur l’infantilisme de gauche et la propriété petite-bourgeoise :

      [->Lien, 1918]

      • 98euro
        98euro répond à Oeillet rouge
        technicien
        • Posté à 14h41 le 18/03/2009
        • Internaute 62796
          technicien

        Chapeau bas devant cet acte de bravoure propagandiste.

        si vous n’avez pas encore un bon poste dans une hiérarchie politique vous ne tarderez pas.

        « Il est fort à parier qu’une partie des électeurs qui ont mis Sarko 1er au pouvoir seront aussi dans la rue ce jeudi »

        ca c’est sûr. C’est bien pour ça que je ne comprends pas votre enthousiasme avec tant de confusion dans le message revendicateur.

        « Etre révolutionnaire n’est-ce pas avant tout se projeter dans le futur et imaginer la société
        que l’on veut construire ? »

        tout à fait et surtout éviter les agitateurs, les agités et les agitations.

        « nous rejoindre dans le combat unitaire »
        ça c’est original ? ? ? vous connaissez un parti qui dise le contraire ?

        Passez vous un coup d’eau froide. Reprenez votre texte en lui enlevant toute la propagande. Et présentez nous le nouveau texte d’une dizaine de lignes.

        Je suis sûr qu’il sera très intéressant et que vous aurez des réactions constructives.

         
        • Oeillet rouge
          Oeillet rouge répond à 98euro
          rêve générale
          • Posté à 15h05 le 18/03/2009
          • Internaute 72489
            rêve générale

          « Passez vous un coup d’eau froide. Reprenez votre texte en lui enlevant toute la propagande. Et présentez nous le nouveau texte d’une dizaine de lignes ».

          Vous devriez faire la remarque à B. Delanoé !

          Si éclairer les enjeux d’aujourd’hui avec des faits historiques, c’est de la propagande, et bien soit ! Mais vous savez, la propagande n’est pas que d’un côté, elle envahit nos vies à notre insu et vous-même en êtes victime sans le savoir !

          • 98euro
            98euro répond à Oeillet rouge
            technicien
            • Posté à 17h10 le 18/03/2009
            • Internaute 62796
              technicien

            Delanoe comme les autres est le dernier de mes soucis.

            Si vous éclairez trop quelque chose vous éblouissez et tenez tout le reste dans une obscurité accrue.

            Il faut tout éclairer d’une lumière égale.
            Eclairer l’intégralité de la réalité. C’est le rôle d’un humain intègre.

            Je vous y encouragerai toujours parce qu’on sent derrière tout ce galimatia une bonne volonté. Malheureusement mal utilisée.

            Allégez vos propos de leur propagande. Il le faut.

            • Oeillet rouge
              Oeillet rouge répond à 98euro
              rêve générale
              • Posté à 19h25 le 18/03/2009
              • Internaute 72489
                rêve générale

              Eh bien, ne vous génez pas, éclairez nous d’une manière égale comme vous dîtes ! Je me ferai un plaisir de vous lire ! Mais il est vrai qu’en général, vous ne développez pas beaucoup, si bien qu’on ne sait pas ce que vous pensez vraiment... Pas très constructif tout ça !

              • 98euro
                98euro répond à Oeillet rouge
                technicien
                • Posté à 23h34 le 18/03/2009
                • Internaute 62796
                  technicien

                Moi qui ai des scrupules de trop écrire... vous me les enlevez.

                Ne vous fachez pas. J’ai le sentiment en vous lisant que vous débordez d’énergie positive. C’est pas si commun que ça sur ce site.

                Mais votre tirade, non. Au secours.

                « éclairez nous d’une manière égale »
                Mais pourquoi voulez-vous à tout prix renouveler les schémas du passé ? Le berger et ses moutons, c’est une fable. La laïcité a trop voulu copier les schéma de la religion et voilà ou on en est.

                La lumière est en nous. Donc elle est en vous aussi bien qu’en moi.
                Eclairez vous, vous-même. Vous en avez la capacité Je vous conseille seulemen de le faire d’une manière égale.

                Notre échange ne doit pas être la tentative de convaincre l’autre. Nos témoignages doivent être aussi légitime l’un que l’autre.

                Nous n’avons pas la même vision des choses et c’est normal. D’abord parce que nos points de vues sont différents. Nous voyons la même réalité mais à partir de points de vue différents.

                Ensuite parce que l’opinion qu’on se fait à partir de notre vision est interprétée par notre esprit. C’est donc un mélange de subjectivité et d’objectivité. La part de subjectivité est très grande et l’objectivité très petite.

                C’est pour ça que nous sommes ici. Pour échanger afin de faire varier le mélange, pour qu’il devienne plus objectf.

                Dans votre tirade, quand j’ai senti que vous récitiez des morceaux d’histoire et de doctrine socialo-communo-bolchévo-...-révolutionnaire, j’ai dis stop.

                Soyez authentique. Ne cherchez à ressembler à personne. Et surtout ne cherchez à convaincre personne que votre point de vue est meilleur que celui d’un autre.

                En revanche, soyez convaincu que votre témoignage est aussi important que celui de quiconque.

        4 autres commentaires
      • 98euro
        98euro répond à Oeillet rouge
        technicien
        • Posté à 15h00 le 18/03/2009
        • Internaute 62796
          technicien

        « Le niveau d’éducation des citoyens dans la France d’aujourd’hui ne peut-il être un levier pour une Révolution socialiste »

        mettez le bordel que vous voulez dans le monde du travail mais SVP respectez le mot « éducation ».

        l’éducation est déjà confondue avec l’instruction
        l’éducation synonyme d’endoctrinement, non ! ! !

      • Mougik
        Mougik répond à Oeillet rouge
        Loser imperturbable
        • Posté à 21h15 le 18/03/2009
        • Internaute 70567
          Loser imperturbable

        Je ne comprend pas :

        Vous critiquez les blanquistes à propos de leur volonté de prendre le pouvoir même en étant minoritaire... mais c’est pourtant précisément ce qu’ont fait les bolcheviks a l’époque ...
        Les seules élections libres tenues en URSS furent en 1917, et donnèrent les bolcheviks nettement minoritaire, face aux socialistes-révolutionnaires obtenant prêt de 40% des scrutins.
        Que fit Lenine ? Il garda le pouvoir et s’abstint prudemment de toutes autres élections.

        Vous le citez encore : « un Etat sans armée permanente, sans police opposée au peuple, sans fonctionnaires placés au-dessus du peuple ». C’est beau une telle tartuferie tout de même non ?

        Lenine se servi largement dans les slogans et idées libertaires (tout le pouvoir aux soviets, par exemple), les mit à sa sauce et n’hésita pas à massacrer les libertaires dès que ce fut techniquement possible (chute du front blanc de Denikine/Wrangel, l’armée rouge profita de ses mains libres pour détruire la Makhnovichtina).

        Depuis l’ouverture des archives de l’ex URSS, difficile de tenir un tel discours sans un brin de ridicule.

         
        • bricedewemmel
          bricedewemmel répond à Mougik
          chomeur
          • Posté à 12h13 le 19/03/2009
          • Internaute 73260
            chomeur

          Oui en histoire on appelle çà la montée des fascismes, il bon de préciser
          que le fascisme a plus souvent été emmené par des partis de gauche forte que par des droite fortes... exemples : en Espagne, en Russie en Chine, en amérique du sud ...

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