Document 11/09/2007 à 00h05

Affaire Boulin : la lettre au président Sarkozy

David Servenay | Ex-Rue89

Dans une lettre qu’elle a décidé de publier sur Rue89, la fille du ministre assassiné en 1979 demande justice.

C’était au tout début de la campagne électorale, le 26 janvier, à Poitiers. Dans un discours que les observateurs ont salué pour son large balayage de l’histoire de la droite, Nicolas Sarkozy eut ces mots : « Je n’oublie pas Robert Boulin, victime du mensonge et de la diffamation. »

Des mots que Fabienne Boulin, fille du ministre du Travail et de la Participation assassiné en octobre 1979, n’a pas oublié, alors qu’elle réclame depuis quatre ans la réouverture de l’enquête sur cette mort officiellement classée en suicide. Elle a donc pris sa plume pour écrire au président de la République. Faute d’avoir une réponse, elle décide de la rendre publique sur Rue89 et France Inter.

Il y a urgence : certains témoins, comme Raymond Barre, sont en train de disparaître...

« Le matin du 25 juin dernier, nous dit-elle, j’ai déposé au Pavillon de garde de l’Elysée, où je m’étais faite annoncer, une lettre personnelle au président de la République concernant la recherche de la vérité sur la mort de mon père. Je n’ai reçu à ce jour aucune réponse, pas même un simple accusé de réception de son cabinet, ce qui n’est vraiment pas dans les habitudes de M.Sarkozy. »

« J’avais, quelques jours plus tôt, demandé au Procureur Général de la République de Paris de faire désigner un juge d’instruction pour entendre des témoins capitaux sur les circonstances de la mort de mon père, et avec mon avocat, William Bourdon, nous avions insisté sur l’urgence, le risque que certains disparaissent. Le décès de M. Barre cet été me donne malheureusement raison. A l’évidence le temps presse. J’ai donc décidé de rendre publique ma lettre au Président de la République. »


La lettre au président Sarkozy

« Monsieur le Président de la République,

“Sachant n’avoir rien à attendre de vos prédécesseurs, c’est la première fois en près de vingt-huit ans de combat pour la vérité que je m’adresse directement au plus haut magistrat de notre pays.

‘Mon père, Robert Boulin, Ministre en exercice, a été assassiné le 29 octobre 1979, tabassé à mort et victime d’un complot politique. Avec l’aide de quelques journalistes, et de mes avocats, je crois avoir aujourd’hui réussi à renverser la charge de la preuve : à ceux qui voudraient continuer à accréditer la thèse officielle du suicide d’en démontrer la véracité. A ceux qui s’en sont fait les défenseurs, contre toutes les évidences du dossier judiciaire lui-même, de démontrer leur bonne foi en expliquant comment et par qui ils ont été manipulés.

La mort d’un ministre en exercice est par définition une affaire d’Etat. Ou un ’accident du travail’, comme l’écrivait Coluche dès le mois de décembre 1979... Je reste profondément blessée que l’Etat, employeur de mon père pour près de vingt et un ans, et que celui-ci nous avait appris à tant respecter, ait été aussi négligent durant tant d’années, me laissant seule dans la recherche de la vérité et protégeant de fait les assassins et leurs complices. Je suis profondément choquée que l’appareil d’Etat ait pu être si longtemps utilisé à de simples fins de ’raison privée d’Etat’.

Dans ses responsabilités ministérielles, avec constance et détermination, mon père fut un homme de réformes. Dans la vie politique, avec la même constance et détermination, il fut l’homme de la fidélité au Général de Gaulle et aux valeurs que celui-ci incarnait. Lorsque ces valeurs ont été remises en cause par les pratiques de ceux qui se prétendaient les héritiers du gaullisme à des fins personnelles, mon père est devenu, à sa façon, un homme de rupture. Sa rupture à lui l’a tué. Autres temps, autres mœurs et que de temps perdu ! Nous sommes à la croisée des chemins’

‘Si je m’adresse à vous aujourd’hui, c’est d’abord parce que, dans ce dossier comme dans tant d’autres, nous sommes à la croisée des chemins. Des éléments nouveaux impérieux et concordants et la confirmation de l’impossible vraisemblance de la thèse officielle obligent à l’évidence à rouvrir l’instruction criminelle sur les circonstances et les causes du décès de mon père. Cela est urgent car plusieurs témoins se sont manifestés, espérant comme moi que les temps ont changé. Certains d’entre eux sont vieux, d’autres se sentent encore aujourd’hui menacés et ne pourront témoigner, éventuellement sous X, que sous la protection de la justice et devant un juge d’instruction. C’est aussi parce que cette décision cruciale appartient en propre, de manière discrétionnaire et sans appel, au Procureur Général de la République près la Cour d’Appel de Paris, représentant du ministère public, c’est-à-dire des autorités de l’Etat. C’est enfin parce que je n’ai pas manqué de noter que vous-même, dans votre discours d’ouverture de campagne présidentielle à Poitiers, avez eu des mots précis et explicites sur ce drame de notre vie politique. J’y ai été sensible, sentant que vous n’étiez pas de ceux, nombreux avant vous, qui se sont contentés de brandir le nom de mon père comme une menace pour leurs adversaires et concurrents.

Oserez vous ce qu’aucun de vos prédécesseurs n’a osé : entendre ceux qui veulent faire la vérité sur la mort d’un ministre de notre République ? En vous écoutant je le crois, et suis donc à votre disposition pour en parler directement avec vous, à votre convenance et avec la visibilité ou la discrétion que vous jugerez opportune.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.

Signé : Fabienne Boulin-Burgeat’


Une vérification auprès de l’Elysée nous a permis d’apprendre que la lettre de Fabienne Boulin est aujourd’hui entre les mains de Patrick Ouart, le conseiller pour la justice du Président.

Or, nous savons aujourd’hui (voir le dossier Boulin que Rue89 consacrait à cette affaire en mai dernier) que la fable Boulin fut patiemment construite par des policiers, des juges et un entourage politique au coeur même du RPR.

Le mobile du crime ? Malgré de nombreuses pistes possibles, les éléments glanés par l’enquête de Benoît Collombat (‘Un homme à abattre’, Fayard) ramènent toujours à la même piste des intrigues financières qui agitaient alors le parti de Jacques Chirac.

Fabienne Boulin ne baissera pas les bras. Près de vingt-huit ans après les faits, elle reste la seule partie civile dans cette procédure judiciaire. Le 29 octobre prochain, elle sera à Libourne (Gironde) pour une réunion publique afin de constituer une association de soutien.



A lire :
La lettre de Fabienne Boulin à Sarkozy
(Page 1)



A lire :
La lettre de Fabienne Boulin à Sarkozy
(Page 2)


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  • Anonyme

    Si Sarkozy permet d’élucider cette affaire alors là chapeau...
    Ca doit y aller la Corona et le tripottage de choucroute en ce moment !
    Ca ne va pas être évident de faire patienter jusqu’à ce que tous les témoins meurent...
    Tant qu’à faire l’affaire Borel...et les autres...

    • loupblanc
      • Posté à 14h30 le 13/09/2007
      • Internaute 13180

      Paranoïa chez les fafs dieudonnistes Lien

    • Anonyme

      Il faudrait faire revenir en France monsieur tournet

    • Anonyme

      Il serait interessant que toutes les personnes qui s’interessent à ce que la lumière soit faite sur cette affaire envoient un mail aux rédactions de chaine de tv afin que cette vidéo soit diffusée.
      Si vous souhaitez soutenir fabienne Burgeat-Boulin n’hésitez pas.
      Un moyen de la soutenir
      Merci pour elle

  • Anonyme

    courage, Fabienne. en fait vous n’êtes pas seule.

  • Augustus-
    Augustus-
    Globe-trotteur en quête de (...)
    • Posté à 00h52 le 11/09/2007
    • Internaute 11613
      Globe-trotteur en quête de (...)

    La vérité sur l’affaire Boulin... Je rêve. Et pourquoi pas une enquête sérieuse sur le Onze Septembre, pendant qu’on y est ? Mais à quoi peut servir de connaitre la vérité, quand le mensonge et la fable sont si jolis, et si efficaces à maintenir le lien social et l’ordre des choses ? La justice... les droits de l’homme... la démocratie... oui, ça existe, mais c’est pour les discours, avant les élections... ne vous inquiétez pas, on s’occupe de tout !

  • BATTANTE
    • Posté à 00h56 le 11/09/2007
    • Internaute 1492

    Même si nous sommes, bien sûr, de tout coeur avec Fabienne Boulin, dans sa recherche de la vérité (car il n’y a rien de pire qu’une erreur judiciaire, surtout si cette « erreur » a été volontaire...), je doute, pour le moment, de la volonté de Sarkozy de tirer cette affaire au clair.
    Je me pose la question suivante : Sarkozy n’aurait-il pas fait allusion à l’affaire Boulin en début de campagne uniquement pour envoyer un message aux chiraquiens, façon de leur dire « Soutenez ma candidature ou bien je mets sur la place publique tout ce que je sais ! », vu que le RPR semble mouillé dans cette histoire ... ? Rappelons-nous que même les chiraquiens les plus anti-Sarko se sont ralliés à lui...Curieux !

    • pfff
      pfff répond à BATTANTE
      • Posté à 08h28 le 11/09/2007
      • Internaute 3614

      plutot d’accord avec ce raisonnement, il est tellement vicieux et surtout il était pret à tout pour arriver au pouvoir.

      • Anonyme répond à pfff

        Je pense d’ailleurs qu’il l’a fait sur demande personnelle de Georges Bush pour éviter qu’il ne sorte le dossier comme quoi NS est manipulé depuis le début par un fond de pension.

      • Anonyme répond à pfff

        Je pense d’ailleurs qu’il l’a fait sur demande personnelle de Georges Bush pour éviter qu’il ne sorte le dossier comme quoi NS est manipulé depuis le début par un fond de pension.

      • Anonyme répond à pfff

        Je pense d’ailleurs qu’il l’a fait sur demande personnelle de Georges Bush pour éviter qu’il ne sorte le dossier comme quoi NS est manipulé depuis le début par un fond de pension.

    • Anonyme répond à BATTANTE

      C’est en tout cas ce que laisse entendre madame Boulin-Burgeat à la fin de sa lettre, avec un remarquable sens de l’antiphrase. L’antiphrase étant l’art de dire le contraire de ce que l’on pense, elle prétend croire que Sarkozy « ne (s’est) pas contenté de brandir le nom de (son) père comme une menace ». Qu’a dit Sarkozy ? « Je n’oublie pas non plus Robert Boulin ». Sous-entendu : « Dans la liste de mes armes contre ceux qui veulent me plomber, je n’oublie pas non plus Robert Boulin. » Ce qu’il ne faut pas oublier non plus, c’est que Sarkozy a été ministre de l’Intérieur, et que, comme le savait un de ses prédécesseurs, Charles Pasqua, un ministre de l’Intérieur ne quitte jamais son poste sans emporter ses dossiers.

      Thomas GREDAT

      • Anonyme

        Y a eu un bug ? ’Comprends pas !

        T. G.

      • Anonyme

        Bonjour, Monsieur Gredat, faites quand même attention aux procès d’intention.
        Dans tout ça il n’y a pas le début du commencement du moindre élément de preuve.
        Comme dans l’intervalle entre les faits et l’arrivée de Nicolas Sarkozy place Beauveau, Messieurs :
        -Deffere
        -Joxe
        -Chevenement
        -Marchant
        ont été aussi Ministre de l’Intérieur et que j’ai du mal à me les représenter en premières communiantes à la limite de la miévrerie, il me semble que si des faits avaient été avéré on en aurait eu quelques échos.
        Alviano

         
        • Anonyme

          Bien d’accord avec vous sur les personnages que vous citez, Alviano. Aurions-nous eu des échos de faits nouveaux ? Comment en être sûr ?

          Thomas GREDAT

          • Anonyme

            J’avais oublié Monsieur Vaillant dans la liste.
            Non nous n’aurions rien eu si un seul d’entre eux avait été au courant de faits - au sens juridique du terme - mais comme il y a eu au moins une dizaine de Ministres de l’Intérieur depuis les faits celà aurait fuité, quand on est trop nombreux à partager un secret ça n’en n’est plus un.
            Il est impossible bien sûr d’avoir des certitudes.
            Ceci dit il y a des éléments troublants dans cette affaire, non pas l’état du corps (les echymoses peuvent être liées au séjour dans l’eau), mais dans le déroulement des faits.
            Si je me souviens bien aucun témoin ne se souvient d’avoir vu Monsieur Boulin particulièrement déprimé quelques heures auparavant, il avait donné des rendez-vous pour le lendemain etc...
            Il peut y avoir des dépressions subites, j’ai connu un cas dans ma vie professionnelle, mais bon curieux quand même.
            Disons que la famille est en droit de demander des éclaircissements.
            Il y a une autre affaire qui pour le coup est mystérieuse c’est l’assassinat en pleine rue de Monsieur Fontanet lui aussi ministre et dont on n’a jamais trouvé les assassins qui l’ont criblé de balles en pleine rue - ils étaient deux, donc complot - et ils ont été vus -.
            Alviano

            • Anonyme

              Avant le meurtre de Fontanet (puisque officiellement ce n’est pas un assassinat), avant l’étrange suicide de Boulin (puisque officiellement ce n’est pas un assassinat), il y avait eu le meurtre (ou l’assassinat) de Jean de Broglie. L’enquête, semble-t-il, n’a jamais vraiment abouti. Trois ministres, trois morts violentes, trois mystères.

              Thomas GREDAT

              • Anonyme

                Oui rien de nouveau...vous connaissez « Une ténébreuse affaire ».
                Alviano

            • Anonyme

              L’emplacement des lividités est imparable. Les lividités prouvent qu’il est mort sur le dos et il a été retrouvé sur le ventre ; plusieurs fractures sur le visage, dont une de 1cm, absence de barbituriques et d’alcool dans le sang, pas de boue sur le bas du pantalon, alors qu’il est censé avoir marché sur plusieurs mètres dans la boue... il y a 70 anomalies dans ce dossier. Le premier Ministre, le ministre de l’interieur, le chef de cabinet du ministre et plusieurs personnes ont appris la découverte du corps à 2-3 heures du matin et puis 4 heures plus tard on envoie des motars pour rechercher une haute personnalité susceptible d’attenter à sa vie...etc Il faut lire le livre de Benoît Collombat/ Un Homme à abattre.Edifiant !

        • Anonyme

          La candeur infernale est décidément toujours de ce monde…

        6 autres commentaires
    • Anonyme répond à BATTANTE

      Il est intéressant de revoir cette histoire ressortir, saurons-nous la Vérité ? J’en doute fort.
      Je trouve remarquable que toutes ou presque les affaires des années 1960-1970 (Boulin, Ben Barka, etc) restent toujours non élucidées ou peu sujettes à investigations tant de la police que des médias.
      Il est vrai qu’à l’époque ce genre d’enquête était très risquée tant le Parti au pouvoir était omniprésent (Cf SAC).
      Je pense que le meurtre de Boulin restera un mystère car il y a trop d’intérêts particuliers à ne pas faire éclater la vérité.
      Le suicide de Bérégovoy se range aussi dans cette catégorie, - les cadavres - on les laissent dans les placards.

      • Anonyme

        Vous oubliez De Broglie

      • Anonyme

        On peut aussi parler de Bousquet, opportunément assassiné, avant d’être inculpé pour génocide, crime de guerre etc.
        Et de Monsieur de Grossouvre « suicidé » dans son bureau de l’Elysée, de la crise cardiaque de monsieur Pelat.
        On peut toujours parler tout c’est relaxant, c’est mieux que le « Da Vinci code ».
        En tout cas tout le monde conviendra que la vieillesse du président Mitterand a du être tellement triste sans la présence de ses amis de la guerre avait lesquels il avait tellement de vieux souvenirs à partager.
        Ayons une pensée compatissante à son égard, surtout qu’un homme de culture comme lui a dû vivre douloureusement la disparition d’un homme de lettre comme Jean Edern-Hallier.
        Tant qu’on en est à délirer dans le genre conspirationniste, il ne faut pas fixer des frontières arbitraires à son imagination.
        Alviano

         
        • Anonyme

          On peut aussi parler des Borgiats, de l’affaire des poisons ..etc la liste est longue

        1 autres commentaires
    • Anonyme répond à BATTANTE

      Bonjour,
      Je suis d’accord avec votre commentaire, dans cette affaire il y aussi l’ombre du « SAC » cellule plus que douteuse inventés par les créateurs du RPR et dirigé par un certain Charles PASQUA (5 mises en examen)devenu à ce jour sénateur(UMP)des Hautes-Seine et qui bénéficie d’une immunité parlementaire et dont le président(UMP) du département à ce moment des dernières élections sénatoriales était autre que N.Sarkozy et ses acolytes P.Devedjian, P.Balkany (condamné), A.Santini(mis en examen), que du beau monde ! ! !
      J’ai un gros doute sur la recherche de la vérité ! ! !
      Fabienne BOULIN tenez bon !

  • Alexad
    • Posté à 01h08 le 11/09/2007
    • Internaute 8145

    Tenez-nous au courant des suites données à cette action, car il y a fort à parier que les média TV se tairont sur le sujet.
    Je me souviens de cette affaire. A l’époque, les personnes connaissant les lieux ne croyaient pas à la thèse du suicide dans 30 cm d’eau...
    La longue lettre « dactylographiée » (et si j’ai bonne mémoire, comportant des fautes d’orthographes)que Robert Boulin aurait tapée à la machine à écrire, explicitant son geste, semblait peu vraisemblable....Beaucoup de gens à l’époque étaient vraiment perplexes. Mais la chape de silence était vite retombée.
    Courage Madame Boulin-Burgeat ! !

  • Takeshi
    • Posté à 04h38 le 11/09/2007
    • Internaute 10297

    La vérité finit toujours par sortir...

    • Augustus-
      Augustus- répond à Takeshi
      Globe-trotteur en quête de (...)
      • Posté à 08h44 le 11/09/2007
      • Internaute 11613
        Globe-trotteur en quête de (...)

      C’est vrai, il vaut mieux être optimiste, c’est meilleur pour la santé. Mais dans quels délais, et dans quel état sort-elle, la Vérité ? En fonction du principe général de fonctionnement des media, à savoir : « tant qu’on ne sait rien, on en parle, dès que l’on a des éléments constatés et vérifiés, on en dit plus rien », principe qui vaut tant pour les catastrophes aériennes que pour les grands évènements mondiaux - suivez mon regard - en fonction de ce principe, donc, la vérité sort en général lorsque toutes les conséquences qui en découleraient sont devenues impossibles ou insignifiantes.

      Rendez-vous en 2311 pour la vérité sur la mort de Jack Kennedy.

      Rendez-vous en 2541 pour la vérité sur le Onze-Septembre.

      En attendant, lisez le numéro spécial de l’Express sur le salaire des cadres ou sur le mal de dos.
      Nous avons des journalistes que le monde entier nous envie, comme aurait dit Coluche. Tiens, encore un dont la disparition est teintée de mystère. Rendez-vous en 2986 ?

      • Anonyme répond à Augustus-

        Tristement vrai.

         
        • Anonyme

          Ca s’appelle l’Histoire, avec un grand H, il sufit d’attendre ou de seulement passer une frontière, parfois, « vérité audelà, mensonge... »

        1 autres commentaires
    • PonG
      PonG répond à Takeshi
      rationaliste fondamentaliste à (...)
      • Posté à 15h25 le 11/09/2007
      • Internaute 14407
        rationaliste fondamentaliste à (...)

      Ah bon ?

    • Anonyme répond à Takeshi

      ...oui... mais dans quel état ? ? ?

    • Anonyme répond à Takeshi

      Pourquoi ne pas demander l’avis du responsable de la sécurité du président de la république de l’époque ?

  • sumacel
    • Posté à 04h42 le 11/09/2007
    • Internaute 14251

    Souhaitons que cette affaire connaisse un heureux dénouement, et que la vérité apparaisse, ainsi du reste que dans les dossiers similaires, tel, entre autres, le cas Bérégovoy, qui se suicide de deux balles dans la tête (…) La république en sortirait grandie.
    Une question me tracasse. Mme Boulin-Burgeat commence sa lettre ainsi : « Sachant n’avoir rien à attendre de vos prédécesseurs… »
    Si, depuis 1979, le RPR ou sa descendance était restée au pouvoir, et qu’enfin, son opposition l’aurait déposée en 2007, je comprendrais cette entrée en matière. Toutefois, il me semble tout de même que la gauche, opposée au gouvernement en place en 79, et arrivée au pouvoir en 81, eût été à même d’employer les grands moyens pour élucider cette affaire. Aussi, je ne comprends pas. Que l’on dise par exemple que, 28 ans après les faits, de nouveaux éléments ou témoignages permettent de remettre en cause la thèse officielle, soit. Mais, encore une fois, je ne comprends pas pourquoi, aux dires de cette dame, aucun des prédécesseurs du Président Sarkozy ne pouvait intervenir.
    Quelqu’un pourrait-il éclairer notre lanterne ?

    Merci.

    • David Servenay
      David Servenay répond à sumacel
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 07h40 le 11/09/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      @Sumacel

      Depuis 28 ans, l’affaire Boulin fait partie, passez moi l’expression, des « patates chaudes » de la République, le genre d’affaire que personne, pas plus à droite qu’à gauche, ne tient vraiment à faire sortir.
      Pour preuve, à plusieurs reprises, dans des périodes tendues au niveau des « affaires », la simple évocation du nom « Boulin » suffisaient aux députés de gauche pour faire taire leurs collègues de droite à l’Assemblée nationale. Là où ces derniers pouvaient brandir « Urba » ou d’autres casseroles de la gauche.
      La différence avec l’actuel occupant de l’Elysée, est une question de génération. Nicolas Sarkozy est entré en politique juste après cette affaire. Fabienne Boulin espère donc qu’il pourra faire preuve d’un peu plus de courage politique que ses prédécesseurs. C’est un espoir, pas une certitude.

      Enfin, pour ceux qui connaissent cette affaire, il est aujourd’hui évident que la vérité judiciaire actuelle ne tient pas. La mort de Robert Boulin est l’histoire d’un suicide impossible. Si ce n’est un suicide, alors...

      Pour mémoire, en ce qui concerne les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy, ni VGE, ni Jacques Chirac n’ont brillé par leur volonté acharnée à vouloir faire la vérité sur cette affaire. Pour comprendre, je vous recommande la lecture de la scrupuleuse et implacable enquête de notre confrère Benoît Collombat, ainsi que la lecture du dossier que nous avons réalisé en mai dernier.

      • Thorgal46
        Thorgal46 répond à David Servenay
        Informaticien dans le Lot
        • Posté à 09h03 le 11/09/2007
        • Internaute 4302
          Informaticien dans le Lot

        Voilà un bon exemple du rôle démocratique que peut avoir un site communautaire d’infos comme Rue89.
        Bravo ! Continuez !
        Pensez vous qu’à l’Elysée, certains Tout Puissants viennent prendre connaissance des articles publiés ici ?
        Dans l’article, il est question d’un « tabassage à mort ». Comment un médecin légiste peut il valider la thèse du suicide dans un cas semblable ? ? ?
        D’autre part, le lien vers le Dossier Boulin ne fonctionne pas...
        Dans les réactions, j’ai lu que P. Beregovoy s’était suicidé de 2 balles dans la tête ?
        Peut on en savoir plus ?
        Merci

         
        • David Servenay
          David Servenay répond à Thorgal46
          Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
          • Posté à 09h32 le 11/09/2007
          • Internaute 8946
            Ex-Rue89

          @Thorgal46

          Sur le service de presse de l’Elysée, je crois qu’il est assez efficace. Et en tout cas, les hommes du Président connaissent Rue89. Certains, paraît-il, apprécient le site...

          Sur l’histoire des autopsies autour de l’affaire, je vous renvoie vers cet article qui donne plus de détails...

          Lien

          Mais la réponse est claire : un médecin-légiste peut très bien ne pas voir certains détails, si on lui en donne l’ordre. Cherchez le « on ».

          Le lien fonctionne sur nos ordinateurs.

          Enfin sur Bérégovoy, je laisse l’auteur de ce propos donner plus d’informations sur cette assertion.

          Bonne journée.

          • Anonyme répond à David Servenay

            Bravo pour ce sujet
            rue89 j’apprecie sauf les attaques envers le Pape
            bonne continuation

        2 autres commentaires
      • sumacel
        sumacel répond à David Servenay
        • Posté à 11h14 le 11/09/2007
        • Internaute 14251

        Monsieur Servenay,

        Je vous remercie vivement de votre réponse qui, si elle apporte un éclairage, me laisse toutefois dans une certaine pénombre. Je rappelle que ce que je ne comprends pas, c’est que, selon Mme Boulin-Burgeat, Nicolas Sarkozy pourrait être plus enclin à vouloir éclaircir cette affaire que ces prédécesseurs.
        Vous dites que N. Sarkozy est entré en politique après cette affaire, et que, de ce fait, étant vierge de toute implication directe ou indirecte, il pourrait montrer davantage de clarté. Cette hypothèse est séduisante, mais inexacte. En effet, Sarkozy est entré au RPR en 1974. En 79, il était conseiller municipal de Neuilly depuis deux ans, chef des jeunes soutiens de Jacques Chirac, après l’avoir déjà été, aux présidentielles précédentes, de Chaban-Delmas. Il avait donc une position bien plus modeste que celles qu’il occupa plus tard, je vous l’accorde, mais il était déjà bien présent.

        Je pense donc que la première phrase de cette lettre ne constitue qu’une forme de flatterie, tout au plus, et je ne poserai plus de questions bêtes, promis.

        Concernant Pierre Bérégovoy, pensant m’être avancé à tort suite aux réactions, j’ai rouvert mes archives, pour constater qu’en effet, la thèse des deux balles dans la tête est discutée (et pour cause !). C’est Pierre Marion, alors patron du contre-espionnage, qui l’affirme dans « Mémoires de l’ombre », cependant que d’autres se sont contentés d’entretenir le doute. Par ailleurs, ni la famille ni la justice n’a jamais accédé au rapport d’autopsie, et, comme dans le cas présent, de nombreux documents ont disparu. Rappelons que Bérégovoy s’apprêtait à passer une loi anti-corruption.

         
        • gargamelle
          gargamelle répond à sumacel
          • Posté à 13h33 le 11/09/2007
          • Internaute 14123

          Oui encore quelque chose de trouble... mais aussi, il ne faut pas perdre de vue que Beré était un homme très très honnête, parti de rien, et les attaque très virulentes relatives à son emprunt (d’une somme loin d’être énorme) pour son appartement a pu vraiment le destabiliser. Cependant...doute il y a....

        1 autres commentaires
      • Anonyme répond à David Servenay

        Ni Mitterand, quel oubli curieux...
        Alviano

    • Anonyme répond à sumacel

      J’ignorai ce détail des deux balles pour Bérégovoy : tu es sûr ?
      Sinon comme suicide douteux, je te propose celui de Franiçois de Grossouvre (une balle dans la tête le lendemain de attentat contre Juvénal Habyarimana, signal du déclenchement du génocide rwandais)

  • Anonyme

    Votre question est pertinante.
    La réponse se trouve peut être dans la fable « le corbeau et le Renard » de Monsieur Jean de la Fontaine ».
    Comprenne qui pourra.

    Courage Fabienne la Vérité finit toujours par
    trionpher.

    jp.bessin89
    Lien

  • Charles Mouloud
    Charles Mouloud
    Bras gauche de la Vénus de (...)
    • Posté à 06h21 le 11/09/2007
    • Internaute 12542
      Bras gauche de la Vénus de (...)

    Tout n’est pas perdu pour la France !

    Bernard Laporte compte lire la lettre de Fabienne Boulin à notre équipe de chippendales avant le prochain match de rugueubille !

    Allez France !

    • Anonyme répond à Charles Mouloud

      Sarko n’envoies pas Cécilia avant le prochain match ... Vas y leur faire toi-même un streeeppeteasse ce sera mieux leur domaine.
      Ils doivent aimer les poignées d’amour.

  • nathalie.ohana
    nathalie.ohana
    (tant de choses)
    • Posté à 08h01 le 11/09/2007
    • Internaute 13690
      (tant de choses)

    Merci pour cet article et cette lettre. Et courage à Madame Boulin. Nous sommes plus d’un avec elle.

  • Anonyme

    Aller Cécilia : au boulot ! ! ! !

  • rezba
    rezba
    homard intempestif
    • Posté à 09h26 le 11/09/2007
    • Internaute 3623
      homard intempestif

    Impossible d’ouvrir le dossier de Rue 89. « Accès refusé », dit le serveur. Déjà piraté par les vieux caciques de l’ex RPR ?

    • David Servenay
      David Servenay répond à rezba
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 10h03 le 11/09/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Désolé, un petit problème technique a perturbé ce lien. C’est désormais réparé. Pas de censure, juste une question d’URL. ;)

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