« Welcome » n'est pas bienvenu, le parallèle avec 1943 non plus…
Le tohu-bohu provoqué par la sortie en salle du film « Welcome “, le 11 mars, est tout à fait étonnant. Lorsque le réalisateur explique que la vue des clandestins, pourchassés par la police, dans les environs de Calais, lui fait penser à la chasse aux juifs, en 1943, le ministre gardien de l’Identité nationale l’interpelle : ‘Ce n’est pas Auschwitz !’ Encore heureux !
Lorsque des citoyens, solidaires des parias risquent des poursuites, et même la prison, la réaction est tout aussi étonnante, dans sa triste simplicité : ‘C’est la loi !’ Pour la première fois, donc, un gouvernement censé garantir les libertés pour tous a établi un délit de solidarité. Comment ne pas rappeler qu’en 1943, le Préfet de police de Paris avait pris un décret menaçant de prison ceux des Français courageux qui se hasarderaient à cacher des juifs. Bien sûr cela n’a rien à voir...
Ce qui est en cause dans ‘Welcome’, et plus généralement dans le vécu du migrant désespéré, c’est le rôle de nos autorités policières qui s’appliquent à les bloquer sur les côtes de France pour leur interdire de gagner l’Angleterre. En 1943, nos policiers et gendarmes montaient une garde attentive tout au long de la ligne de démarcation pour interdire l’accès à la zone sud, possible lieu d’asile. Surtout, ne pas comparer...
Non ! Il ne s’agit pas de faire un amalgame simpliste entre deux périodes répressives. Plus simplement, il convient de rappeler que les libertés fondamentales se voient à nouveau fixer des limites. Il suffit de s’attarder sur le regard mauvais des défenseurs de l’ordre public qui patrouillent dans les ‘jungles’ de Calais pour bien comprendre ce qui peut gêner aux entournures les défenseurs de notre ordre social.
Il faudrait être stupide pour comparer 2009 et 1943. Ce n’est pas du tout pareil, et ce serait une grave erreur que de l’envisager. En 1943, nous vivions sous la botte nazie, en craignant la police de Vichy à tous les instants. En 2009, nous sommes en démocratie. Ce qui pourrait constituer une circonstance aggravante, si l’on s’obstinait à oublier la dimension humanitaire qui fait la spécificité des peuples libres.
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J’ai vu le films mais sans avoir lu aucune des interviews du réalisateur.
Mon constat est que de réfèrence à la déportation des juifs n’est explicite qu’une fois : lorsqu’on voit les clandestins arrêtés se faire tatouer un numéro sur la main (heureusement seulement au feutre, mais bon, on voit vite le rapport).
Pour les autres rapprochements, c’est vraiment au spectateur de les voir ou pas. Le partie pris de l’auteur est évident mais il se contente de montrer les choses comme elles le sont.
Pour ma part, je dirais que le sujet est intéressant, qu’on sort de la séance avec un froid dans le dos mais qu’il manquait un petit quelque chose. Plusieurs des thématiques du film auraient méritées d’être plus poussées, y compris parmi celles qui ne traitent pas du problème principal des clandestins.




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