13/03/2009 à 16h20

Les Putes veulent s'organiser « comme des artisans » (1/2)

Marc de Boni | Journaliste

Ils et elles ont librement choisi le « sexwork » et réclament une réglementation de leur profession. Une enquête en deux volets.


Manifestation pour la légalisation de la prostitution à San Francisco le 3 mars 2008 (Kimberly White/Reuters)

« Putes », c’est ainsi qu’ils et elles veulent être désignés, parce que « femme prostituées » a une connotation subie. Les fondatrices de l’organisation militante « Les Putes » affirment avoir choisi le sexwork, et revendiquent en conséquence une réglementation de leur profession.

A l’occasion des Assises européennes de la prostitution, qui se tiendront au Théâtre de l’Odéon le 20 mars, le tapin entend porter le débat sur la place publique.

Disponible depuis le mois de janvier sur la toile, un nouveau portail brésilien crée l’émotion : Wikigp.com. Un vrai catalogue de prostituées, qui propose photos, mensurations, tarifs, pratiques, et notes des clients.

« Pourquoi pas », tempère Cadyne, 27 ans. A la façon des rappeurs US qui, pour désamorcer l’insulte, s’appellent « Nigger » (nègre) , elle exige d’être présentée comme « pute », assumée depuis huit ans, mère d’une petite fille et étudiante en double cursus Droit-Sciences Politiques. Des traits tirés lui confèrent une beauté un peu tragique.

« C’est beaucoup moins faux-cul et bien-pensant que les sites de rencontres connus du milieu, sur lesquels les “escorts” font leur communication. »

Cadyne est une « traditionnelle » : française, blanche et en règles ; et bien payée en général : 300 euros de l’heure.

Tarifs minimum, sécu et médecine du travail



Le site des Putes (DR)

Les lois sur le proxénétisme rendent toute existence légale d’une organisation de prostituées périlleuse, notamment pour la perception de cotisations, l’anonymat des militant(e)s ou la médiatisation de leurs activités. « Les Putes » se définissent comme un « groupe d’activistes », fondé en 2006, et ne peuvent donc pas se constituer en association.

Leur site Internet affiche 424 membres, dont un bon tiers se compose de curieux, de clients potentiels, de sympathisants.

Cadyne a rejoint « les Putes » dès leurs premières manifestations et la mise en place des états généraux de la prostitution, il y a trois ans.

Elle demande des droits : des tarifs minimum, une sécurité sociale, une organisation professionnelle, une médecine du travail, et une reconnaissance sociale :

« Et pourquoi pas un service public de la prostitution, un remboursement de nos prestations avec les handicapés par la Sécu. »

Le mythe de la « pute polonaise »

Payer pour du sexe n’est pas interdit en France. Les prostituées peuvent, et doivent, déclarer leurs revenus en bénéfices non commerciaux. Mais la pénalisation du « racolage passif » avec la Loi de sécurité intérieure (LSI Art. L50) de mars 2003, oblige ceux et celles qui en vivent à se cacher plus loin. Le délit de racolage peut être puni de deux mois de prison et 3 750 euros d’amende.

Depuis l’entrée en vigueur de la LSI, la Police urbaine de proximité francilienne a procédé à 12 900 arrestations. Les « putes » se dénombrent à la contravention, elles sont stigmatisées par la morale et exercent clandestinement.

Cette situation crée des tensions de trottoir, entre les sans papiers et les traditionnelles : une guerre des prix s’engage, on s’accuse d’attirer la police, on se dispute les emplacements, le dumping menace. La baisse des revenus entretient le mythe de la « pute polonaise », sur le modèle du fameux plombier. Entre deux bouffées de cigarette, Cadyne lâche :

« Je voudrais que nous puissions travailler un peu comme les avocats, dans un cabinet dont on partage le loyer, sans patron, et avec une protection sociale. Ça se fait en Suisse. »

Dans certains cantons, comme à Genève, on travaille avec un permis, on est déclaré auprès des autorités. Le tapin peut donc s’organiser, bénéficier des assurances maladie, d’une prévention hygiénique et médicale efficace, avoir une retraite, des bulletins de salaires parfois. Vivre presque normalement en somme, parce que la morale n’évolue que lentement.

Pour Françoise Gil, chercheure en sociologie à l’EHESS et co-organisatrice des assises européennes de la prostitution :

« C’est la preuve que c’est possible. C’est l’opprobre et la clandestinité qui créent l’essentiel des horreurs du métier, et favorisent l’emprise des réseaux de proxénètes sur le marché du sexe. Il faudrait une organisation sur le modèle de l’artisanat, un syndicat comme il en existe aux Pays Bas. »

« Un statut légal est nécessaire »

Sous couvert d’anonymat, un haut gradé de la Brigade de répression proxénétisme (BRP) qui s’emploie depuis quatre ans à traquer les exploiteurs du travail sexuel en Ile de France, confirme en partie :

« En faire un métier d’un seul coup, c’est aller un peu vite, car les expériences de groupes autogérés tournent régulièrement à l’avantage de l’une des filles, qui devient de fait proxénète. Mais la reconnaissance d’un statut légal est nécessaire pour les indépendantes, cela offre une alternative sérieuse à la misère du trottoir et prépare les mentalités à évoluer en douceur. »

En Hollande, la prostitution est légale depuis 2000. Comme au Danemark, les travailleuses du sexe y paient la TVA à 19%, des impôts sur le revenu, ont un statut, même si les conditions de travail restent souvent difficiles. Passes à la chaîne, licenciement abusif en cas de refus, racket, n ’épargnent pas les bordels du quartier rouge d’Amsterdam.

Un petit syndicat y à été créé, De Rode Draad -le Fil Rouge- par une fille de joie en retraite, Mariska Majoor. Elle perçoit une centaine de cotisations régulières.

Mais toutes les prostituées ne veulent pas de ce genre d’organisations et sont attachées à la discrétion comme à l’indépendance. Pour le sociologue du CNRS Lillian Mathieu :

« Le monde de la prostitution recouvre des situations tellement variées, qu’il est difficile de fonder un statut pour cette activité. Or en France les syndicats ne protègent que les travailleurs salariés. »

Pour Cadyne :

« Celles d’entre nous qui s’affichent publiquement risquent un contrôle fiscal ou de perdre la garde de leurs enfants. La militante prostituée et écrivain Claire Cartonnet a dû fuir aux Etats-Unis écrasée par les dettes. »

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  • Fondriest
    Fondriest
    http://spermufle.wifeo.com/
    • Posté à 01h33 le 16/03/2009
    • Internaute 49865
      http://spermufle.wifeo.com/

    « Ta petite chanson, selon laquelle toute commercialisation de la sexualité serait un avilissement suinte le victimisme à deux balles. Et, en parlant ainsi, c’est toi qui chosifie la femme qui, aux dernières nouvelles, est un être pensant. »

    ==> Je pense que vous et vos camarades hargneux interprétez mes propos de travers.

    Concernant l’activité de prostitution, je n’ai à aucun moment parlé d’avilissement (registre de la morale), j’ai évoqué la pénibilité du métier. N’allez pas me faire croire qu’il est anodin de recevoir huit ou dix pines chaque jour d’hommes qu’on ne désire fondamentalement pas. Parlons concrètement des risques : oedèmes vaginaux, fissures anales, mycoses et infections répétées dues à la fragilisation de la flore vaginale (faut bien se laver après chaque passage d’un client), etc.

    Quant au discours des prostituées, je l’accueille avec circonspection, comme du reste n’importe quel discours (dans bien des domaines, il existe un décalage entre les intentions exprimées et les mobiles réels mais inconscients des actes commis par les gens). Comme je le mentionne plus loin, j’ai eu l’occasion de me rendre compte que le discours des prostituées militantes servait fréquemment de posture destinée à rendre leur situation moins pénible. Je suis doublement circonspect si ce discours s’accompagne d’un refus catégorique de l’introspection (« mon passé est mon passé, et je vous défends d’y fouiller pour expliquer mes choix présents »). Posons nous cette question : quels mécanismes psychologiques permettent à une femme de faire abstraction de la présence d’un pénis non désiré dans leurs orifices pendant plusieurs dizaines de minutes chaque jour, voire plusieurs heures ?

    Les remarques des riverains me consternent : si on ne considère pas la prostitution comme un échange de services tout ce qu’il y a de plus banal et anodin, on est forcément un petit-bourgeois partisan de la répression sexuelle, qui ne raconte forcément que de la merde. Certains ne sont même pas très loin de considérer la prostitution comme une activité subversive, oubliant qu’il s’agit d’un des visages de la domination masculine (écrasante proportion de clients masculins et de prostituées femmes ou trans).

  • A déménagé le 1-6
    • Posté à 22h45 le 14/03/2009
    • Internaute 61755

    c’est quoi ce verbiage ? ..le découpage en paragraphes (de longueurs différentes) avec des mots outils « soyons » « mais soyons » (« il faut » c’est d’un lourd) me fait penser à une copie de lycéen...d’autant plus que la teneur du texte est d’un consensuel qui fleure ( ?) l’hypocrisie...tout ça pour finir sur du hs...(non non pas du serraf)....monsieur fondriest serait-il trop au lit pour être au net ? nan c’est pas son genre...

  • Francois Toulouse
    • Posté à 11h21 le 14/03/2009
    • Internaute 8648

    Pourquoi parler de « sexwork » plutôt que de « travail sexuel » ? L’anglicisme amène quoi, dans ce cas ?

    • Camille
      Camille répond à Francois Toulouse
      Mauvais genre
      • Posté à 14h38 le 14/03/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Je pense que ça n’amène rien. Il me semble que c’est lié au fait que le collectif « Les Putes » est canadien au départ (d’après ce que je peux lire sur leur site)

      rectif de l’auteur : « Sexwork est employé à dessein par les militants des Putes car l’éthymologie latine de travail renvoie à la torture et la douleur (a l’origine, l’accouchement) alors que les sexworkers revendiquent la vente de plaisir dans la bonne pratique et la bonne humeur. »

  • Crainquebille
    • Posté à 11h41 le 14/03/2009
    • Internaute 64055

    Je suppose que tous ceux qui hurlent à la « bien-pensance hypocrite » ne verraient aucun inconvénient à ce que leur mère/femme/fille soient des putes (et n’oublions pas les prostitués masculins) ? Je veux dire, il faut accorder la théorie et la pratique...

    • Camille
      Camille répond à Crainquebille
      Mauvais genre
      • Posté à 16h10 le 14/03/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Sous réserve qu’elles l’aient choisi, qu’elles puissent exercer librement, qu’elles aiment ça, qu’elle ne subissent pas l’opprobre sociale, dans des bonnes conditions sanitaires, qu’elles rencontrent des gens intéressants, qu’elles voyagent, etc... C’est ce que l’on veut pour des gens qu’on aime non qu’ils et elles soient heureux et aient un boulot épanouissant ? Alors bien sûr si ma mère a été frappée, violée, je ne vais pas lui souhaiter de finir à la rue !
      Il me semble que tout le monde est d’accord pour dire que la prostitution n’est pas un cas simple. Il y a énormément de violence dans ce monde là.

      Vous avez envie que votre père/mère/femme/fils soit ouvrier au trois huit en usine ?

      La pratique, c’est qu’on ne choisit pas pour les gens ce qu’ils ou elles font. Si un ami me dit « moi ce qui va vraiment m’épanouir c’est d’être mécano », je ne vais pas lui dire (au nom de quoi ?) qu’il serait plus heureux en faisant du mannequinat...

      • Crainquebille
        Crainquebille répond à Camille
        • Posté à 11h23 le 17/03/2009
        • Internaute 64055

        Vous ne répondez pas, vous esquivez le sujet en parlant d’autre chose.

        Cela ne vous pose pas de problème que votre mère/fille/sœur sucent des pénis d’inconnus et se les introduisent dans leur intimité, le tout pour de l’argent pour qu’un type puisse tirer un coup ? Où est le choix ? Où est l’épanouissement ? L’ouvrier peut lui encore conserver le respect de lui-même.

        Je crois que l’hypocrisie n’est pas là où on le pense.

  • penabranca
    • Posté à 11h52 le 14/03/2009
    • Internaute 62583

    money money money

    « J’irai chercher la croissance avec les dents... »

    pitié , sans les dents !

    • lemuet
      lemuet répond à penabranca
      • Posté à 14h58 le 14/03/2009
      • Internaute 26129

      peut-être voulait-il dire : « excroissance » où ? on se le demande

  • penabranca
    • Posté à 11h56 le 14/03/2009
    • Internaute 62583

    Je suis pour l’instauration d’un « ticket de joie ». Equivalent du ticket resto. Offert par les comités soucieux de l’équilibre de leurs membres actifs.

  • mandareen
    mandareen
    casse-toi caillou
    • Posté à 12h19 le 14/03/2009
    • Internaute 32452
      casse-toi caillou

    « La militante prostituée et écrivain Claire Cartonnet “.
    je trouve en général qu’il est vraiment dommage de ne pas féminiser les mots. sur un blog qui se veut une ouverture aux questions de genre et de sexe, ça fait pas très mauvais genre.

    • Camille
      Camille répond à mandareen
      Mauvais genre
      • Posté à 14h42 le 14/03/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

       : -)
      En l’occurrence, l’article n’a pas été écrit pour rue69 mais quoiqu’il en soit, les journalistes qui interviennent sur rue69 font ce qu’ils veulent.

      Pour l’anecdote, je me souviens d’une interview où la journaliste avait demandé à une femme « vous êtes écrivaine depuis longtemps » et où la femme, écrivain donc, avait hurlé qu’elle détestait cette mode de la féminisation des noms de métiers, que « écrivain » n’était pas masculin mais épicène, etc. Perso, je ne détiens pas la vérité sur la question

      • Utilisateur désinscrit à sa demande
        • Posté à 16h25 le 14/03/2009
        • Internaute 70482
          nc

        Perso, je reste fidèle à notre bonne vieille langue française adorée : après avoir un temps tenté de féminiser ci et ça, je suis revenu à la joliesse initiale : une écrivaine, ça sonne mal, tout simplement... et tout le reste à l’avenant.

        Qu’est-ce que ça peut faire si le soleil est un mot masculin et pas la lune ?

        Il y a une chose je déteste : c’est cette manie d’écrire tout avec des tirets ou des majuscules pour vouloir coller à la nouvelle étiquette conformiste : des ami-e-s ; des amiEs. Berk. J’ai fait ça, mais pas longtemps.

        On a des amis, tout simplement : -)

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 16h38 le 14/03/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          EcriTEvaine , il (elle) faut écrire d’ abord, mille sabordes !

          • Utilisateur désinscrit à sa demande
            • Posté à 16h42 le 14/03/2009
            • Internaute 70482
              nc

            Tout comme on dit une poiTEvine et un poivin.

            • Numerosix
              Numerosix répond à Utilisateur désinscrit à sa demande
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 16h57 le 14/03/2009
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              « Davantage d’avantages,
              Avantagent d’avantage »
              Lui dis-je, quand elle revint
              Avec ses seins Angevins...
              (deux fois dix !)
              « Permets donc que je lutine
              Cette poitrine angevine... »

              • Pseudo
                Pseudo répond à Numerosix
                Enfin libre : -)
                • Posté à 17h15 le 14/03/2009
                • Internaute 25947
                  Enfin libre : -)

                Des Saints ange vin...

                En tant qu’Angevine moi-même, je tab saoul(e)

                A ta santé Numérosix.

        4 autres commentaires
  • Monard
    • Posté à 14h15 le 14/03/2009
    • Internaute 19095

    Difficile de ne pas faire de lien entre la crise mondiale et la prostitution de masse ....

    Maintenant que certaines escort girls ou boys se fassent en une soirée deux ou trois smig !

    Faut croire que le travail est vraiment dévalorisé !

  • Olivier34
    Olivier34
    Enseignant
    • Posté à 14h50 le 14/03/2009
    • Expert 47078
      Enseignant

    Elles paient un impôt forfaitaire. Il n’y a pas de raison qu’elles n’aient pas droit à un statut juridique et un statut économique. C’est vraiment une posture de faux-cul des bien-pensants de s’effaroucher dès que l’on parle de cul. Comme on dit en politique, si certains arrivent à vendre leur âme, ... pourquoi pas leur corps...

    A quand une prostituée présidente d’une chambre des métiers ? Et une nomination au conseil économique et social ?

  • Marc de Boni
    Marc de Boni
    Auteur(e) de l'article Journaliste
    • Posté à 15h00 le 14/03/2009
    • Journaliste 72902
      Journaliste

    Fondriest dit :
    On ne demande pas à ces femmes de faire du point de croix ou des paniers en osier, on demande à ces femmes de sucer des pénis ou de les recevoir dans leur orifice génital et/ou anal alors qu’elles n’en ont fondamentalement pas envie. Ca n’est pas un service ordinaire, c’est fondamentalement agressif. Ce n’est pas un métier comme un autre

    - Non, ce n’est pas un métier facile ni commun, c’est bien pour cela qu’elles réclament un statut spécifique. Ça nécessite la mise en œuvre d’un savoir faire spécifique : psychologie, tact relationnel, prévention hygiénique, etc... Les client qui « vont aux putes » n’attendent pas qu’un simple coït, ils paient pour une relation humaine, sans quoi ils s’équiperaient d’une poupée gonflable.
    - L’agression procède d’une contrainte. Hors on ne peu pas considérer la prestation de services sexuels sous l’angle étroit de la généralité : il y a autant de situation que de pratiques sexuelles et de clients. Loin des clichés misérabilistes chers aux abolitionnistes, les putes ont leurs limites, leurs codes, et dans le cadre d’une activité librement consentie elles ne sont pas des sacs dociles, elles restent précisément des être humains. Ce n’est pas le cas dans certains bordels ni dans le cadre de l’esclavage sexuel. Mais plusieurs policiers qui luttent contre le proxénétisme me l’ont confirmé, la prostitution totalement contrainte reste très marginale (cf la suite de l’enquête).
    - lorsqu’il s’agit de manger et de nourrir une famille le choix est relatif. On accepte cependant volontiers qu’un sportif soit grassement payé pour exposer son corps à des cadences infernales qui le promettent à une vieillesse douloureuse et précoce. On accepte que le soldat s’engage dans la troupe, et soit payé pour le risque potentiel de voir son intégrité physique détruite par l’absorption d’une balle ou d’un projectile. Quoi qu’il en soit du jugement moral que l’on puisse porter sur la nature de l’activité, ce que cette enquête entend souligner c’est que c’est la pénalisation, la négation, le déni de considération qui rend l’existence des ces personnes plus difficile – puisque de toute façon force est de constater qu’elles existent. Existe t-il de bonnes et de mauvaises aliénations ? Il me semble, dans une société libre, que ce soit aux aliénés eux mêmes d’en juger en premier lieu.
    - Pour les termes : l’anglicisme « sexwork » est employé à dessein, pour des raisons détaillées dans la suite. Ce n’est pas mercantile. Le terme Pute était « une condition », « une requête » des putes elles-mêmes, je n’ai fait que respecter leur désidérata – loin de moi la volonté de les insulter. Au delà de l’analogie avec l’emploi de « niggers », c’est aussi une façon de se rapproprier une place sociale dans le diptyque de « la vierge et de la pute » qui régit le machisme dans nos sociétés. Et c’est à ce point que leur combat procède à mon sens d’une lutte féministe pour les unes et libertaire pour les autres.
    - Certains commentaires m’invitent à joindre l’idée à la pratique en mettant ma femme, mes filles, mes sœurs et ma mère sur le trottoir... Je ne suis pas pute moi même, ni client. Cela ne m’enlève pas le droit – et le devoir - d’en parler. Nous avons, avec ma compagne et mes colocataires, hébergé un jeune prostitué rendu accroc à la cocaïne par un mac pendant un an, à titre gratuit - sans coucher avec je vous rassure dessuite - . Nous risquions, selon la loi, une condamnation pour proxénétisme. J’ai invité et poussé cette personne à sortir du milieu parce qu’il se détruisait. Il est certain que tout le monde n’est pas armé pour affronter un tel métier et c’est pourquoi il est urgent de considérer leur existence et leur offrir des cadres à même d’amortir les difficultés consubstantielles du métier. Même le Nid, association d’obédience « catholisante » et abolitionniste, en convient. Il faut porter le débat au delà du jugement normatif et moral. En tout cas la répression en 9 000 ans d’histoire des civilisations n’a jamais endigué le phénomène. Se posent deux choix : nier et punir, faire face et agir.

    Je voudrais répondre à chaque réaction mais c’est impossible avec seulement deux mains. Merci en tout cas à la Rue89 d’avoir le courage de soulever un débat, que beaucoup de médias ont refusé par un « c’est très intéressant et aboutit, mais ce n’est pas une priorité de l’actualité en ce moment »...

    • Tomadecap
      Tomadecap répond à Marc de Boni
      étudiant
      • Posté à 15h42 le 14/03/2009
      • Internaute 65580
        étudiant

      « - Non, ce n’est pas un métier facile ni commun, c’est bien pour cela qu’elles réclament un statut spécifique. Ça nécessite la mise en œuvre d’un savoir faire spécifique : psychologie, tact relationnel, prévention hygiénique, etc... Les client qui “ vont aux putes ” n’attendent pas qu’un simple coït, ils paient pour une relation humaine, sans quoi ils s’équiperaient d’une poupée gonflable. »..... Relation Humaine ? Non je ne suis pas d’accord car tout d’abord la relation humaine dans ce cas ne va que dans un sens : du mec vers la pute et pas l’inverse ; pour qu’il y ait relation humaine il faut l’égalité et dans l’histoire la pute est dominée. De plus, combien d’hommes vont entretenir un dialogue palpitant quand on lui fait ça petite affaire, l’acte est brutale et rapide, je ne vois pas du tout en quoi on peut parler ici de relation humaine. Un homme qui veut des relations humaines, il se fait des amis, il rentre dans des associations mais une ne paie pas une pute !
      En plus c’est limite de parler d’un savoir faire, bientôt on va créer une formation en deux ans qui mènera au diplôme « bonne pute », un homme qui paie pour du sexe a rien foutre du tact relationnel, il y va pour le sexe.( mais j’ai peut être mal compris le propos de l’auteur)
      En effet une prostitué a des codes, mais comment peuvent -elles les respecter dans un milieu où la clientèle est justement suffisamment « marginale » au niveau sexuel pour aller aux putes. Les prostitués qui peuvent dire non à une certaine pratique, peuvent ce compter sur les doigts de la main. La plupart n’ont pas le choix, et les clients veulent qu’elles soient justement des sacs dociles.
      ceci dit je reconnais que votre acte d’héberger une pute et de l’aider à sortir du milieu est bien, et cela montre qu’on n’a pas envie de voir des filles exercer de tels métiers car au fond de nous cela nous gène.

      • Camille
        Camille répond à Tomadecap
        Mauvais genre
        • Posté à 16h00 le 14/03/2009
        • Internaute 48427
          Mauvais genre

        Mais vous en connaissez vous des mecs qui sont ou ont été clients de putes ? Vous avez lu les études de sociologues sur le terrain ? pour savoir ce qu’ils veulent ?

        Parce que des clients j’en connais, et j’en connais plusieurs, ce ne sont ni des pervers, ni des sadiques, ni des hommes qui traitent les femmes comme de la viande, certains vont voir « leur » pute comme d’autres vont voir un psy ou un masseur : ça leur fait du bien... Bien sûr que la relation importe ! La plupart des hommes déçus par les putes sont ceux qui justement n’ont pas eu de relationnel dans l’histoire.

        « un homme qui paie pour du sexe a rien foutre du tact relationnel, il y va pour le sexe » : c’est des préjugés ou vous avez une étude sérieuse pour soutenir une telle affirmation ?

         
        • Tomadecap
          Tomadecap répond à Camille
          étudiant
          • Posté à 16h27 le 14/03/2009
          • Internaute 65580
            étudiant

          Non je n’ai rien lu, d’ailleurs si vous connaissez une analyse sur le sujet ça m’intéresse.
          Ma seule référence, malheureusement, c’est moi. Ce n’est pas des préjugés, j’essaie de comprendre comment un homme peut payer pour du sexe. Même dans une solitude extrême, moi je ne trouverai pas la solution dans la prostitution. De plus, « ça leur fait du bien », je suis d’accord, le sexe a un pouvoir magique, mais je met à la place de la prostitué, est-ce que elle ça lui fait du bien d’être obligé de coucher avec un mec pour payer son loyer ? Est-ce que vous, cela vous ferait du bien si vous étiez obligé de faire l’amour à quelqu’un parce que vous avez besoin d’argent ?
          Ceci dit je reconnais avoir tort, mes messages laissent entendre qu’il ne faut pas protéger les putes, au contraire je pense qu’il faut trouver le meilleur moyen de les préserver de la maladie et de la souffrance psychologique...
          Et c’est vrai je ne sais pas ce que les hommes recherchent quand ils vont voir les putes, mais dans tous les cas est-ce qu’il n’y a pas une meilleure solution pour résoudre leurs problèmes que passer par la prostitution ? et dans ce cas là, est que la croissance de la prostitution ne révèle pas un malaise de la société où on a un besoin à tout prix de sexe ? sommes nous plus anxieux, plus matérialistes, plus désireux d’accéder à l’inaccessible ? ( j’aimerais vraiment savoir ce que vous en pensez ?)

          • Camille
            Camille répond à Tomadecap
            Mauvais genre
            • Posté à 17h22 le 14/03/2009
            • Internaute 48427
              Mauvais genre

            Je vais interviewer prochainement une sociologique qui a travaillé sur la question.

            Je connais des filles qui se prostituent volontairement. J’en connais une qui a démissionné d’un boulot en CDI dans une grosse boite, elle a fait des études et tout, elle avait un « bon » boulot (disons stable et payé correctement) dans lequel elle était malheureuse. C’est une jolie fille, qui aime faire des massages, donner du plaisir. Elle est passée « escort » pour détendre les gens, donner du plaisir, bref s’épanouir dans son boulot.

            Je vais vous raconter prochainement l’histoire d’un gars qui fait de l’escort, il gagne très bien sa vie et « s’occupe » parfois d’hommes de 70 ans (alors qu’il est hétéro), pour lui, c’est presque un devoir social et c’est un vrai plaisir (en plus de lui faire gagner de l’argent : -) )

            Il est évident que le cas d’une fille comme elle n’a rien à voir avec le cas d’une fille violée, mise sur le trottoir de force et frappée régulièrement ! Ne me faites pas dire que la prostitution c’est toujours tout beau non plus !

            Côté homme client, j’ai quelques copains qui m’ont dit être ou avoir été clients (un a fini par épouser « sa » pute !), leur motivation :
            - se détendre, oublier leur stress, passer un bon moment
            - une relation fantasmatique, avec une femme consentante (une fellation quand leur femme ne veut pas)
            - une relation thérapeutique (c’est souvent le cas de relations SM, l’une d’elle avait été très célèbre parce que c’était un rescapé des camps de concentration qui payait une femme pour rejouer « la guestapo »... un truc assez choquant en fait mais en même temps, je ne me sens pas de juger que le type a tort ou qu’il est pervers si lui dit que ça l’aide à s’en sortir)
            - apprendre à faire l’amour pour des hommes peu sûrs d’eux (c’est souvent le cas des initiations et vous avez intérêt à ce que les femmes qui font ce métier aient un super relationnel si on veut former des hommes ouverts à l’autre, etc.)
            - réapprendre son corps pour des hommes qui ont subi des traumatismes ou qui ont des problèmes sexuels (accidents mais aussi pédophilie ou éjaculation précoce, ou pb d’érection, ou autre)
            - avoir des relations sexuelles quand, par exemple, on ne peut pas se masturber tout seul suite à un handicap

            Alors oui, il existe des fous sadiques pervers qui vont voir les putes pour maltraiter une femme qui n’a pas les moyens de se défendre, mais ce n’est pas tous les hommes non plus... Et si protéger les prostituées peut permettre de leur éviter ces clients là, je suis pour.

            • Fondriest
              Fondriest répond à Camille
              http://spermufle.wifeo.com/
              • Posté à 20h01 le 14/03/2009
              • Internaute 49865
                http://spermufle.wifeo.com/

              « Je connais des filles qui se prostituent volontairement »

              ==> Je pense que le recul nous manque face à ces témoignages. Il serait bon d’interroger les mêmes personnes trois ou quatre ans après l’arrêt de la prostitution, et savoir si leur regard sur cette activité demeure inchangé. Je pense également qu’il faut avoir à l’esprit que les motivations inconscientes de nos actes peuvent différer des intentions affichées. Le discours « je suis pute, je l’assume, je ne tombe que sur des chics types, je fais oeuvre sociale » peut être un moyen d’édulcorer une réalité bien plus sordide.

              • Camille
                Camille répond à Fondriest
                Mauvais genre
                • Posté à 20h14 le 14/03/2009
                • Internaute 48427
                  Mauvais genre

                J’ai interviewé un homme qui gagne 30 000 euros par mois (oui !) et qui se prostitue sur ses loisirs, est-ce que vous remettez en cause le fait qu’il aime ça ?

                Pourquoi un homme on le croit et pour les filles, on refuse de les croire ?

                • Fondriest
                  Fondriest répond à Camille
                  http://spermufle.wifeo.com/
                  • Posté à 23h03 le 14/03/2009
                  • Internaute 49865
                    http://spermufle.wifeo.com/

                  « Pourquoi un homme on le croit et pour les filles, on refuse de les croire ? »

                  ==> Mais, j’aurais fait preuve de la même suspicion si vos témoins avaient été des hommes...

                  • Camille
                    Camille répond à Fondriest
                    Mauvais genre
                    • Posté à 23h07 le 14/03/2009
                    • Internaute 48427
                      Mauvais genre

                    Alors zapper mes prochains articles : mes témoins sont des hommes volontaires et heureux et pas du tout en situation précaire.

                    • Fondriest
                      Fondriest répond à Camille
                      http://spermufle.wifeo.com/
                      • Posté à 23h15 le 14/03/2009
                      • Internaute 49865
                        http://spermufle.wifeo.com/

                      « Alors zapper mes prochains articles : mes témoins sont des hommes volontaires et heureux et pas du tout en situation précaire. »

                      ==> Ils m’intéresseront. Mais pas autant qu’un nouveau témoignage quelques mois après qu’ils auront raccroché.

                      • Camille
                        Camille répond à Fondriest
                        Mauvais genre
                        • Posté à 23h49 le 14/03/2009
                        • Internaute 48427
                          Mauvais genre

                        Ils le font depuis plusieurs années et à mon avis, je raccrocherai mon blog avant qu’ils ne raccrochent... Et s’ils raccrochent c’est qu’ils n’ont plus envie, pourquoi rétrospectivement tout ce qu’ils m’ont dit avoir vécu de bonheur dans leurs rencontres deviendraient « mauvais » ?

                        Quand deux personnes se marient, faut-il attendre qu’ils divorcent pour savoir ce qu’ils pensaient du mariage ? Est-ce qu’ils ne peuvent pas avoir été heureux pour de vrai quitte à être vraiment malheureux après ?

                        • Fondriest
                          Fondriest répond à Camille
                          http://spermufle.wifeo.com/
                          • Posté à 11h01 le 15/03/2009
                          • Internaute 49865
                            http://spermufle.wifeo.com/

                          « Quand deux personnes se marient, faut-il attendre qu’ils divorcent pour savoir ce qu’ils pensaient du mariage ? »

                          ==> Oui, je crois qu’il est plus intéressant de recueillir un avis exprimé avec recul, toujours plus objectif qu’un avis formulé « en plein coeur de l’action ».

                          • Camille
                            Camille répond à Fondriest
                            Mauvais genre
                            • Posté à 11h43 le 15/03/2009
                            • Internaute 48427
                              Mauvais genre

                            Je suis sur le cul, pardonnez moi mais votre raisonnement est absurde pour moi.
                            Françoise Simpère me disait sur le polyamour : « si on divorce même après 35 ans de mariage, les gens diront ’vous voyez bien que ça marche pas le polyamour’ “ et elle était (à juste titre selon moi) choquée que l’on considère que ‘le polyamour ne marche pas [du tout]’ sous prétexte que ça n’avait pas marché ‘toute la vie’.
                            Il en est de même pour moi : si quelqu’un est heureux et épanoui dans son boulot pendant 10 ans ou 15 ans, ce n’est pas parce qu’il ne l’est plus après que c’était nul.
                            Et ce genre de choses arrive dans tous les boulots : dans tous les divorces on a tendance à changer d’avis

                            • Fondriest
                              Fondriest répond à Camille
                              http://spermufle.wifeo.com/
                              • Posté à 14h37 le 15/03/2009
                              • Internaute 49865
                                http://spermufle.wifeo.com/

                              « Je suis sur le cul, pardonnez moi mais votre raisonnement est absurde pour moi »

                              ==> Je ne vois pas ce qu’il y a d’absurde à envisager à ce qu’on envisage les choses différemment une fois qu’on dispose du recul et qu’on n’est plus dans le feu de l’action.

                              J’ai connu « intimement » et amicalement d’anciennes prostituées. Toutes reconnaissent avoir tenu le discours « j’assume, j’aime ce métier, je fais des chouettes rencontres, c’est un métier comme les autres, j’apporte un peu de bonheur, etc ». Mais une fois cette carrière terminée, elles admettent que ce discours leur permettait de rendre moins difficile une réalité sordide : fréquents clients sales, irrespectueux, brutaux, caractère traumatisant (physiquement ou psychologiquement) de la réception aussi régulière de pénis dont elles n’avaient fondamentalement pas envie, recours à la drogue ou l’alcool pour tenir le coup, mise e danger (risques d’agression, de maladies), etc.

                              • Camille
                                Camille répond à Fondriest
                                Mauvais genre
                                • Posté à 16h06 le 15/03/2009
                                • Internaute 48427
                                  Mauvais genre

                                Ah non, je suis d’accord avec vous : on envisage toujours les choses différemment après coup.

                                Si je parle d’une femme ou d’un homme que j’aime je vais dire à quel point c’est un être exceptionnel, si je parle de quelqu’un avec qui je ne suis plus, je vais expliquer à quel point cette personne était désagréable. Les deux seront probablement vrai, c’est une question de point de vue. Mais je ne vois pas pourquoi le second point de vue serait « le vrai » et le premier « le faux »

                                Enfin, vous avez été exaucé, dans les 300 commentaires, il y en a un d’un ancien prostitué qui ne regrette aucunement de l’avoir été, il regrette éventuellement de ne pas avoir pu l’être dans de meilleures conditions.

                                Pour vos amies qui le faisaient volontairement, est-ce qu’il n’aurait pas surtout fallu :
                                - limiter les risques de brutalité des clients
                                - trouver un système leur permettant de refuser les clients trop malsains (ma copine qui se plait dans ce métier ainsi qu’un des hommes que j’ai interviewé refusent les clients qui ne leur plaisent pas)
                                - obliger les clients à se laver
                                - limiter le nombre de clients par jour
                                - les protéger pour éviter la mise en danger (agression, maladie...)
                                Est-ce qu’au moment où elles faisaient ça, elles auraient accepté qu’on les pénalise et qu’on prohibe la prostitution ? Est-ce que ça n’aurait pas rendu leur situation encore plus précaire ?

                • Yvon le Zébulon
                  Yvon le Zébulon répond à Camille
                  L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
                  • Posté à 08h46 le 17/03/2009
                  • Internaute 65781
                    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

                  30 000 €uro par mois ?

                  * Dommage que j’ai déjà dépassé la date limite de vente !

          • 98euro
            98euro répond à Tomadecap
            technicien
            • Posté à 17h24 le 14/03/2009
            • Internaute 62796
              technicien

            Nous trouverions les réponses à vos (nos) questions bien légitimes dans un débat sur l’allénation.

            Je l’ai proposé hier à un membre de Rue89 qui cherchait des sujets. (Arnaud Aubron, j’espère que je n’écorche pas son nom)

          • Vincent.Guillot
            • Posté à 18h28 le 14/03/2009
            • Internaute 26182

            Non je n’ai rien lu, d’ailleurs si vous connaissez une analyse sur le sujet ça m’intéresse.

            Bonsoir, je vous conseille : La prostitution à Paris aux éditions de La Martinière 2005. ISBN : 2846751560

            cordialement

        • Mireille Boyer
          Mireille Boyer répond à Camille
          une femme (45 ans)
          • Posté à 16h33 le 14/03/2009
          • Internaute 65560
            une femme (45 ans)

          La réponse à la misère et à la frustration sexuelles n’est pas forcement dans la prostitution et la pornographie. Le fait que les putes fassent peut-être du bien aux mecs (alors que l’inverse est généralement faux) ne justifie en rien la banalisation de leur activité et la reconnaissance de la prostitution comme un métier.

          • Camille
            Camille répond à Mireille Boyer
            Mauvais genre
            • Posté à 17h02 le 14/03/2009
            • Internaute 48427
              Mauvais genre

            « La réponse à la misère et à la frustration sexuelles n’est pas forcement dans la prostitution et la pornographie »

            Je veux bien imaginer d’autres choses...Que pensez-vous de la situation des hommes handicapés moteurs et des témoignages de mères qui se sont finalement mises à masturber leur fils pour les soulager ? Est-ce qu’il faut laisser ces jeunes hommes en souffrance ? Est-ce qu’il faut laisser des mères masturber leur fils comme elles ont nettoyé leur fesse ? Est-ce que c’est du ressort d’infirmières ? Est-ce qu’on peut accepter qu’il y ait des professionnelles dont ce soit le métier ?

            (ma question est ouverte, je ne suis ni abolitionniste, ni pro quelque chose, je n’ai pas d’avis tranché sur la question, je sais bien qu’une part des femmes font ce boulot dans des conditions effroyables qui relèvent plus de l’esclavage et de la torture que du choix librement consenti mais je trouve qu’il faut entendre les femmes qui disent qu’elles veulent vraiment faire ce métier et qu’elles rendent réellement un service important socialement)

            • 98euro
              98euro répond à Camille
              technicien
              • Posté à 17h19 le 14/03/2009
              • Internaute 62796
                technicien

              Vous avez une sacrée ouverture d’esprit et ça donne de l’espoir.

              Vous l’utilisez ici, pragmatiquement, pour essayer de rendre moins dures les conditions de vie dans notre monde tel qu’il est.

              Et si nous réfléchissions aussi à ce que pourrait être un monde meilleur ?

              Je suis convaincu que vos qualités humaines seraient très utiles dans cette réflexion.

            • Mireille Boyer
              Mireille Boyer répond à Camille
              une femme (45 ans)
              • Posté à 17h37 le 14/03/2009
              • Internaute 65560
                une femme (45 ans)

              Ni pro, ni anti, mais vous semblez défendre « un droit à la sexualité » pour les hommes. Tout homme frustré pour une raison ou pour une autre, devrait donc avoir droit aux services sexuelles d’une femme, celle-ci bénéficiant de la reconnaissance sociale eu égard au service rendu, et sans doute aussi d’un bon salaire, éventuellement pris en charge par la collectivité ?

              C’est Camille au féminin ou au masculin en ligne ?

              • Camille
                Camille répond à Mireille Boyer
                Mauvais genre
                • Posté à 17h53 le 14/03/2009
                • Internaute 48427
                  Mauvais genre

                C’est Camille « mauvais genre » je ne souhaite pas me situer sur l’échiquier sexuel, notamment pour éviter que l’on me renvoie des « vous dites ça parce que vous êtes... femme, homme, trans, etc... » qui finalement coupent le débat.

                Oui, je « milite » pour un bonheur sexuel. J’entends bien que ça vous parait idiot mais je pense que c’est important, que l’équilibre des êtres humains passe par une sexualité équilibrée et que certaines personnes iraient mieux si on pouvait les aider de ce côté là. Pour moi, la sexualité est importante au même titre que (en vrac et au hasard) l’amitié, la santé ou les études en fait : c’est une composante de l’humanité. Mais je pense que la sexualité est importante pour les femmes aussi. Il y a eu des lois marrantes sur le droit des femmes à l’orgasme.

          • A déménagé le 1-6
            • Posté à 23h50 le 14/03/2009
            • Internaute 61755

            d’une part mettre sur le même plan et prostitution et pornographie, ça me semble limite...d’autre part, le fait que des putes soient forcément des femmes...ça me paraît plus que limite...enfin, les notions de bien et de mal ne sont-elles pas un jugement ? « alors que l’inverse est généralement faux »...c’est quoi cette sentence ? d’où ça sort ? parce que le « généralement »...je m’en méfie ! des preuves !

        • AlexG2008
          AlexG2008 répond à Camille
          temporaire
          • Posté à 17h49 le 14/03/2009
          • Internaute 62913
            temporaire

          Clair que le côté « humain » est prépondérant, la preuve ?

          Il y des clients qui vont « se payer une pute » et ne vont même pas la « niquer », mais juste parler avec... là on est plus quelque part entre Pause-Café et Allo Macha que dans « Fouette-moi cochère » ou un mauvais remake de « Caligula ».

          Mais bon, il existe certainement parmi les clientEs de prostituéEs, comme parmi toute communauté d’humains, une minorité de sales nazes sans respect de l’Autre (peu importe quel ou quelle que ce soit) au point de n’y voir qu’un morceau de viande, de la marchandise...

          Tiens, ça me fait penser à certaines entreprises ou à certains patrons d’ailleurs. Autres lieux, même moeurs ? :)))

        22 autres commentaires
    • Numerosix
      Numerosix répond à Marc de Boni
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 16h42 le 14/03/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Respect !

    • Mireille Boyer
      Mireille Boyer répond à Marc de Boni
      une femme (45 ans)
      • Posté à 16h50 le 14/03/2009
      • Internaute 65560
        une femme (45 ans)

      Ah oui, la prostitution, « le plus vieux métier du monde » sans doute ...et qui existerait depuis toujours, puisque selon vous, il y aurait eu 9000 ans de répression contre le phénomène ?

      Je me suis toujours demandée quel message on essayait de me faire passer depuis toute petite déjà, quand on m’annonçait comme une règle établie, que les prostituées avaient toujours existé et qu’on y pouvait rien ? Un message peut-être pour me dire qu’il ne fallait pas s’illusionner sur l’espèce humaine, que c’était dans la nature des femmes de se prostituer ou dans la nature des hommes d’aviliser celles-ci.

      Tant pis, je suis restée dans ma niaiserie et j’ai appris à mes enfants que le plus vieux métier du monde, c’est chasseur(se)-cueilleur(se) puis cultivateur(trice) et non pas pute. Et c’est peut-être un point de gagner pour l’humanité, qui n’est déjà pas si brillante ?

      • AlexG2008
        AlexG2008 répond à Mireille Boyer
        temporaire
        • Posté à 17h55 le 14/03/2009
        • Internaute 62913
          temporaire

        Bin on ne sait pas trop, peut-être que les humains ne sont devenus « chasseurs-cueilleurs » que lorsqu’ils ont abandonné le cannibalisme, et que la prostitution existait déjà avant, au temps du steack de Néandertalien saignant et du filet de femme des cavernes à la sauce de mammouth d’Auvergne... comment savoir ? :))

      • egide
        egide répond à Mireille Boyer
        Littéral
        • Posté à 06h29 le 16/03/2009
        • Internaute 45067
          Littéral

        Je peux vous affirmez que le plus vieux métier du monde n’est pas la prostitution malgré ce que la sagesse populaire affirme péremptoirement.

        En fait, le plus vieux métier du monde, c’est spécialiste des technologies de l’information, la preuve ?

        Qu’y avait-il avant toute chose de la création ?

        Le chaos ! Spécialité bien connue des informaticiens, toutes tendances confondues.

  • Tomadecap
    Tomadecap
    étudiant
    • Posté à 15h18 le 14/03/2009
    • Internaute 65580
      étudiant

    C’est une question difficile je pense que celle de la légalisation de la prostitution, car c’est il faut voir si on reconnait cette pratique. Déjà est-ce que les putes qui exercent par leur propre volonté sont nombreuses ? Quel est le pourcentage de putes qui font ça librement et le pourcentage de celle qui ont un connard sur dos qui les place dans une situation où elles sont bloquées ( drogue, clandestinité, chantage) ? Si on légalise la prostitution cela ne va-t-il pas favoriser le commerce de mafieux qui asservissent des filles pour se faire de l’argent ? cela ne va t-il pas favoriser une forme d’esclavagisme ? Je pense qu’on ne résout pas le problème de la prostitution en donnant des droits aux prostitués, car cela incite la prostitution, et aujourd’hui pour devenir une société moderne il faut bannir la prostitution qui est une réponse à un problème social. Je ne crois pas qu’une fille devienne une pute parce qu’elle le veut vraiment, que c’est son rêve de petite fille. Non, Si aujourd’hui il y a encore de la prostitution cela signifie que les salaires sont trop bas, que la vie est trop cher, et qu’il n’y a pas suffisamment d’aides. Ainsi si on donne des droits par le biais de lois politiques aux prostitués, on rentre dans un cercle vicieux où finalement le but n’est plus de limiter la prostitution en améliorant les conditions de vie, mais il devient un aveuglement sur le fait qu’une fille ( ou un garçon) est obligé de se prostituer pour vivre correctement en France. Je pense qu’il faut passer par des associations apolitiques qui vont aider médicalement les putes mais pas par des décisions politiques qui elles doivent résoudre le problème à sa source.
    Je pense que cela releve du fantasme de certains de penser que toutes les putes exercent par des choix libres et non déterminés.
    Il faut lutter contre la société capitaliste qui entraine la croissance de pratiques qui nient l’individu.
    Enfin, mon dernier reproche à de tels mesures, est qu’elle peuvent entrainer une deculpabilisation du mec qui paie pour le sexe. En effet, je pense que c’est mal dans une moralité basé sur le respect de l’individu de payer pour du sexe. Cela mène à la négation de l’individu dans son ensemble, la pute est réduit à son sexe, cela correspond à une perte d’identité. Le mec qui veut du sexe et qui ne peut pas en avoir sans payer peut toujours se masturber cela évitera la mise en place de réseau de prostitution, et la croissance de souffrances physique et morales. En plus, on est dans un monde où la seule issue est la solidarité et l’amour, alors je préfère les gens qui associe le sexe à l’amour et non pas à l’argent.

    • Numerosix
      Numerosix répond à Tomadecap
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 17h01 le 14/03/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      « je préfère les gens qui associe le sexe à l’amour et non pas à l’argent ».

      Moi personnellement , j’ associe le sexe à la saucisse ..
      ( on trouve vraiment n’ importe quoi sur recherche google image , étonnant comme sexe artisan )

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