13/03/2009 à 16h20

Les Putes veulent s'organiser « comme des artisans » (1/2)

Marc de Boni | Journaliste

Ils et elles ont librement choisi le « sexwork » et réclament une réglementation de leur profession. Une enquête en deux volets.


Manifestation pour la légalisation de la prostitution à San Francisco le 3 mars 2008 (Kimberly White/Reuters)

« Putes », c’est ainsi qu’ils et elles veulent être désignés, parce que « femme prostituées » a une connotation subie. Les fondatrices de l’organisation militante « Les Putes » affirment avoir choisi le sexwork, et revendiquent en conséquence une réglementation de leur profession.

A l’occasion des Assises européennes de la prostitution, qui se tiendront au Théâtre de l’Odéon le 20 mars, le tapin entend porter le débat sur la place publique.

Disponible depuis le mois de janvier sur la toile, un nouveau portail brésilien crée l’émotion : Wikigp.com. Un vrai catalogue de prostituées, qui propose photos, mensurations, tarifs, pratiques, et notes des clients.

« Pourquoi pas », tempère Cadyne, 27 ans. A la façon des rappeurs US qui, pour désamorcer l’insulte, s’appellent « Nigger » (nègre) , elle exige d’être présentée comme « pute », assumée depuis huit ans, mère d’une petite fille et étudiante en double cursus Droit-Sciences Politiques. Des traits tirés lui confèrent une beauté un peu tragique.

« C’est beaucoup moins faux-cul et bien-pensant que les sites de rencontres connus du milieu, sur lesquels les “escorts” font leur communication. »

Cadyne est une « traditionnelle » : française, blanche et en règles ; et bien payée en général : 300 euros de l’heure.

Tarifs minimum, sécu et médecine du travail



Le site des Putes (DR)

Les lois sur le proxénétisme rendent toute existence légale d’une organisation de prostituées périlleuse, notamment pour la perception de cotisations, l’anonymat des militant(e)s ou la médiatisation de leurs activités. « Les Putes » se définissent comme un « groupe d’activistes », fondé en 2006, et ne peuvent donc pas se constituer en association.

Leur site Internet affiche 424 membres, dont un bon tiers se compose de curieux, de clients potentiels, de sympathisants.

Cadyne a rejoint « les Putes » dès leurs premières manifestations et la mise en place des états généraux de la prostitution, il y a trois ans.

Elle demande des droits : des tarifs minimum, une sécurité sociale, une organisation professionnelle, une médecine du travail, et une reconnaissance sociale :

« Et pourquoi pas un service public de la prostitution, un remboursement de nos prestations avec les handicapés par la Sécu. »

Le mythe de la « pute polonaise »

Payer pour du sexe n’est pas interdit en France. Les prostituées peuvent, et doivent, déclarer leurs revenus en bénéfices non commerciaux. Mais la pénalisation du « racolage passif » avec la Loi de sécurité intérieure (LSI Art. L50) de mars 2003, oblige ceux et celles qui en vivent à se cacher plus loin. Le délit de racolage peut être puni de deux mois de prison et 3 750 euros d’amende.

Depuis l’entrée en vigueur de la LSI, la Police urbaine de proximité francilienne a procédé à 12 900 arrestations. Les « putes » se dénombrent à la contravention, elles sont stigmatisées par la morale et exercent clandestinement.

Cette situation crée des tensions de trottoir, entre les sans papiers et les traditionnelles : une guerre des prix s’engage, on s’accuse d’attirer la police, on se dispute les emplacements, le dumping menace. La baisse des revenus entretient le mythe de la « pute polonaise », sur le modèle du fameux plombier. Entre deux bouffées de cigarette, Cadyne lâche :

« Je voudrais que nous puissions travailler un peu comme les avocats, dans un cabinet dont on partage le loyer, sans patron, et avec une protection sociale. Ça se fait en Suisse. »

Dans certains cantons, comme à Genève, on travaille avec un permis, on est déclaré auprès des autorités. Le tapin peut donc s’organiser, bénéficier des assurances maladie, d’une prévention hygiénique et médicale efficace, avoir une retraite, des bulletins de salaires parfois. Vivre presque normalement en somme, parce que la morale n’évolue que lentement.

Pour Françoise Gil, chercheure en sociologie à l’EHESS et co-organisatrice des assises européennes de la prostitution :

« C’est la preuve que c’est possible. C’est l’opprobre et la clandestinité qui créent l’essentiel des horreurs du métier, et favorisent l’emprise des réseaux de proxénètes sur le marché du sexe. Il faudrait une organisation sur le modèle de l’artisanat, un syndicat comme il en existe aux Pays Bas. »

« Un statut légal est nécessaire »

Sous couvert d’anonymat, un haut gradé de la Brigade de répression proxénétisme (BRP) qui s’emploie depuis quatre ans à traquer les exploiteurs du travail sexuel en Ile de France, confirme en partie :

« En faire un métier d’un seul coup, c’est aller un peu vite, car les expériences de groupes autogérés tournent régulièrement à l’avantage de l’une des filles, qui devient de fait proxénète. Mais la reconnaissance d’un statut légal est nécessaire pour les indépendantes, cela offre une alternative sérieuse à la misère du trottoir et prépare les mentalités à évoluer en douceur. »

En Hollande, la prostitution est légale depuis 2000. Comme au Danemark, les travailleuses du sexe y paient la TVA à 19%, des impôts sur le revenu, ont un statut, même si les conditions de travail restent souvent difficiles. Passes à la chaîne, licenciement abusif en cas de refus, racket, n ’épargnent pas les bordels du quartier rouge d’Amsterdam.

Un petit syndicat y à été créé, De Rode Draad -le Fil Rouge- par une fille de joie en retraite, Mariska Majoor. Elle perçoit une centaine de cotisations régulières.

Mais toutes les prostituées ne veulent pas de ce genre d’organisations et sont attachées à la discrétion comme à l’indépendance. Pour le sociologue du CNRS Lillian Mathieu :

« Le monde de la prostitution recouvre des situations tellement variées, qu’il est difficile de fonder un statut pour cette activité. Or en France les syndicats ne protègent que les travailleurs salariés. »

Pour Cadyne :

« Celles d’entre nous qui s’affichent publiquement risquent un contrôle fiscal ou de perdre la garde de leurs enfants. La militante prostituée et écrivain Claire Cartonnet a dû fuir aux Etats-Unis écrasée par les dettes. »

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  • ninas
    ninas
    retraitée
    • Posté à 19h32 le 13/03/2009
    • Internaute 65791
      retraitée

    Voilà ou ça nous mène elles ont plus de boulot et ne touchent pas les assédics comment elles peuvent vivre autrement ils faudraient faire un statut exprés je paris que je vais me faire des amies.

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 19h35 le 13/03/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Trottoir

    • patrick du 14-
      patrick du 14- répond à Numerosix
      de plus en plus naze
      • Posté à 19h43 le 13/03/2009
      • Internaute 40667
        de plus en plus naze

      là on a une belle brochette , mais c’est cher , daba

    • framboise92
      framboise92 répond à Numerosix
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 08h02 le 14/03/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      LOL

  • patrick du 14-
    patrick du 14-
    de plus en plus naze
    • Posté à 19h41 le 13/03/2009
    • Internaute 40667
      de plus en plus naze
  • oxygen
    oxygen
    photographe
    • Posté à 19h54 le 13/03/2009
    • Internaute 53072
      photographe

    Pourquoi avoir choisi une fois de plus une iconographie d’origine américaine, manifestation près de l’hôtel de ville de San Francisco, pour illustrer l’article ? Tout visuel d’un fait de société « à part » doit-il être illustré par une image d’origine américaine ? Il n’y a plus de photographes en France pour illustrer ce sujet ?

  • hedona
    hedona
    retraitée
    • Posté à 20h16 le 13/03/2009
    • Internaute 49346
      retraitée

    Qui a entendu parler de la prostitution « casse-croûte » ? J’ai écouté un jjour une émission sur F.C. qui expliquait que des femmes dont le mari est au chômage envoie leur épouse se prostituer, histoire d’avoir quelque chose à manger. Certaines ouvrent des instituts de massage. Elles sont inscrites au registre du commerce et l’état ferme les yeux, car cela rapporte à l’URSSAF.

    Et que fait le mari pendant ce temps-là, il se vautre sur le canapé, et sirote une bière en regardant la télé. Mais bobonne elle, doit vendre son corps.
    A quand le retour des maisons closes, pour que les députés, comme au bon vieux temps de la IIIè et IVè républiques, puissent discuter en bonne compagnie ?

    • sevinilud
      sevinilud répond à hedona
      GAULOIS
      • Posté à 20h33 le 13/03/2009
      • Internaute 27066
        GAULOIS

      Ce sale type est bigame ?

  • TARPON
    • Posté à 20h18 le 13/03/2009
    • Internaute 27263

    « Cadyne est une “ traditionnelle ” : française, blanche et en règles » .Pourquoi elle prend pas la pillule ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 20h23 le 13/03/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)
  • les nuits fauves
    • Posté à 21h14 le 13/03/2009
    • Internaute 71700
      .

    Dure, dure ... La loi du silence.

    Les femmes comprendrons.

    J’en pleure encore comme quand ma mère se faisait tabassée par mon père parce qu’il manquait une bouteille de vin dans l’armoire. J’avais 7ans. Ils étaient derrière la porte fermée. J’étais derrière. J’disais doucement maman ! pour pas que le père m’entende. Ma grande doche disait « pourquoi t’as peur ? ! C’est pas toi qui se fait taper. »

    C’est depuis l’ores que j’ai commencé à la désaimer ma soeur.
    Mon père par contre, ca l’a été plus tard...

    J’ai pas aimé l’image de ma mère qui disait rien. Elle acceptait.

    C’est pas beau l’père d’taper sur une femme handicapée (erreurs médicales).

    Parfois, avec les gens qui font les lois, je me demande oû on en est. Les femmes : on a le devoir de les protèger ! ! !

    L’amour contre du fric. Et trois fois rien contre une femme pour un peu.
    Dis, ça veut dire qui « obligée » ? C’est quoi ?

    • les nuits fauves
      • Posté à 13h09 le 15/03/2009
      • Internaute 71700
        .

      J’ai chiallée comme une Madeleine.

      J’ai ouvert avec respect le Coran (c’est tellement rare) et en laissant le destin choisir la page.
      Je vous fais juste partager. Je ne pense pas ê musulmane :
      4. An-Nisa’ (les femmes)
      66. à 74. A les lire, certains versés du Coran sont écris comme au féminin.

      Pour l’anecdote, c’est la Page 89

      Et si Corneille disait vrai ? 100% respect pour les femmes.
      Lien

      TOUT CA POUR DIRE QUE
      1-CEUX SONT DES PERSONNES DE FAMILLES PAUVRES ET ISOLEES qui sont sur le trottoire, des (très) jeunes. RESPECT.

      2-CE SONT DES HOMMES et le business QUI DIRIGENT LA SOCIETE...
      et quand je pense à la pression des mafias, gros business des entreprises de charité, gros business de la rue, business des maladies, je me demande jusqu’à oü ca nous enmènera...

  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 21h03 le 13/03/2009
    • Internaute 25491
      difficile

    Je préférerai toujours une fille de joie à un homme de peine.

    Mais ça n’engage que moi.

    • Utilisateur désinscrit à sa demande
      • Posté à 22h53 le 13/03/2009
      • Internaute 70482
        nc

      Ça t’engage dans la fille, mais pas dans la joie, peine-à-jouir.

    • A déménagé le 1-6
      • Posté à 00h14 le 14/03/2009
      • Internaute 61755

      oh la saillie ! et les oeufs...tu les préfères durs, à la cock ou mollés ?

    • Adéménagé le 3 janvier 2011
      • Posté à 00h22 le 14/03/2009
      • Internaute 29846
        menuisier

      Finalement il se bigardise, version fin de banquet, après trop de guevel, le velour de l’estomac.

      Gare à la flaque.

      Il n’y a rien de plus répugnant qu’un notable qui ne sait pas vomir proprement.

      • A déménagé le 1-6
        • Posté à 00h29 le 14/03/2009
        • Internaute 61755

        un barda mou ? beurk....un bon « bikini kill » le redresserait pour sûr...

         5 autres commentaires
      • Bardamu
        • Posté à 13h27 le 14/03/2009
        • Internaute 25491
          difficile

        Confondre Bigard et Alphonse Allais...

        Comment dire : ça vous dépeint tout entier.

         
        • Utilisateur désinscrit à sa demande
          • Posté à 14h41 le 14/03/2009
          • Internaute 70482
            nc

          L’un et l’autre sont aussi minables, quoique dans un autre registre. Je déteste autant l’un que l’autre. Mais je n’aime pas Raymond Devos non plus.

          Le loufoque, c’est l’humour pleutre.

        • Adéménagé le 3 janvier 2011
          • Posté à 16h46 le 14/03/2009
          • Internaute 29846
            menuisier

          Tout dépend du locuteur, l’ignorez-vous ?

          Corneilles dit par Morano, c’est vulgaire.

          Allais dit par barda, c’est....

          C’est rien en fait.

          PS : Faire une citation sans guillemet et la conclure par « ça n’engage que moi » vous dépeint assez bien également.

          Se vêtir avec les costumes des autres, et n’avoir de panache qu’emprunté.

          Bon WE.

          • Bardamu
            • Posté à 18h56 le 14/03/2009
            • Internaute 25491
              difficile

            Il est atendrissant de naïveté.

            Bon, allez, je vous explique : ce n’était pas une citation (Allais dit « son père était un homme de peine, sa mère, une fille de joie »), c’était un détournement de citation.

            Dans ce cas, on ne met pas de guillemets, d’autant plus que c’est une citation archi-célèbre.

            Citer reviendrait à dire : « L’Iliade... d’Homère », ce qui serait ridicule.

            Bien sûr, vous détestez Allais, Toulet, de Gourmont, Schwob, etc.

            C’est normal, c’est pas pour vous.

            • A déménagé le 1-6
              • Posté à 20h18 le 14/03/2009
              • Internaute 61755

              ouah quel barda vous et vos références...

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 20h26 le 14/03/2009
              • Internaute 29846
                menuisier

              Schwob, non, Toulet, de Gourmont, connais pas.

              Mais comment soupçonner que vous citiez Allais (qui me tombe des mains, ce qui est normal) vous qui nous habituez aux citations (tronquées, mal digérées mais quand même) de Nietzsche ?

              Alors cette citation est peut être très célèbre dans la corporation des chauffeurs de taxi, mais ne la fréquentant pas, cela excuse mon ignorance je pense.

              Parceque franchement on eut cru entendre Bouvard (pas le comparse de Pécuchet, celui de RTL) :

              « De Mmme Bellepaire, de Lôches, qui a dit : » Je préférerai toujours une fille de joie à un homme de peine. »

              Hu hu hu, fit le Bardamu ne se sentant plus d’aise.

              • Utilisateur désinscrit à sa demande
                • Posté à 21h23 le 14/03/2009
                • Internaute 70482
                  nc

                Le ’Latin mystique’ de Remy de Gourmont est une mine, même s’il a bidouillé son ouvrage impressionnant (huit siècles de poésie latine !) tout à l’arrache.

                Je n’en ai qu’un mauvais exemplaire acheté aux Puces en très mauvais état, mais je suis bien content tout de même...

                Mais je déteste l’humour badin d’Alphonse Allais... je trouve ça d’un ringard...

          • Anonyme répond à Adéménagé le 3 janvier 2011

             : -)))

            Superbe, Déluge !

            Drôlement bien mouché, le drôle ! ...

            Tes posts de 16h46 et 20h26, entrent en grandes pompes (j’ai pas dit en grandes cothurnes) direct dans ma collec...

            • Adéménagé le 3 janvier 2011
              • Posté à 11h33 le 15/03/2009
              • Internaute 29846
                menuisier

              Vous êtes bien aimable chère amie.

            • Yvon le Zébulon
              Yvon le Zébulon
              L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
              • Posté à 23h03 le 16/03/2009
              • Internaute 65781
                L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

              Définissez vous, car je vous ai dans le collimateur !

              La dernière fois que vous avez proposé un lien sur ce ste (avec votre copain qui avait un autre prénom) il s’agissait d’une tentative de hameçonnage et cette fois, vous revenez sans aucune idée sur le débat avec l’intention de vous faire accepter.

        9 autres commentaires
  • malatrie
    malatrie
    Distraite
    • Posté à 21h06 le 13/03/2009
    • Internaute 26407
      Distraite

    On leur reconnaît le droit de payer des impôts, mais hors de ça, point d’existence légale, pas de sécu, pas de droits.
    Et ceux qui ne paient pas d’impôts grâce au paquet fiscal, alors qu’ils sont pétés de tunes, on les appelle comment ? ? ? ? ? ? ?

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à malatrie
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 01h49 le 14/03/2009
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      marrant, hein ? On dirait le traitement réservé à bon nombre de travailleurs clandestins, qui déclarent leurs revenus, qui paient leurs impôts, qui respectent les lois, qui aimeraient juste être régularisés pour pouvoir vivre en paix...

      Quand il s’agit de prendre leur fric, l’Etat ne regarde pas leur carte de séjour. mais quand en retour ils prétendent (les malappris ! !) à bénéficier des mêmes droits que tous ceux qui paient des impôts, là c’est police, camp de rétention et charter !

      Elle est toujours belle, la France...

      • malatrie
        malatrie répond à Xa_chan
        Distraite
        • Posté à 09h43 le 14/03/2009
        • Internaute 26407
          Distraite

        En ajoutant qu’une bonne partie d’entre eux se tapent les travaux pénibles ou/et dangereux que d’autres refusent de faire ( BTP, restauration, entre autres)...

  • Philippe Leclercq
    Philippe Leclercq
    dilettante
    • Posté à 21h33 le 13/03/2009
    • Internaute 64790
      dilettante

    Pourquoi cette sacralisation du sexe ?
    Une pute vend son cul, quand l’ouvrier vend ses bras.
    Quelle différence ? L’ouvrier est moins bien payé...

    Appelons ce cher vieux Georges à la rescousse :

    Bien que ces vaches de bourgeois,
    Nous appellent les filles de joie,
    C’est pas tous les jours qu’on rigole,
    Parole, parole,
    C’est pas tous les jours qu’ on rigole,

    Car, même avec des pieds de grue,
    Faire les cents pas dans la rue,
    C’est fatiguant pour les guiboles,
    Parole, parole,
    C’est fatiguant pour les guiboles,

    Non seulement, on a des cors,
    Des oeils de perdix, mais encore,
    C’est fou ce qu’on use comme groles,
    Parole, parole,
    C’est fou ce qu’on use comme groles,

    Y’a des clients, y’a des salauds,
    Qui se trempent jamais dans l’eau,
    Faut pourtant bien qu’on les cajole,
    Parole, parole,
    Faut pourtant bien qu’on les cajole,

    Qu’on leur fasse la courte échelle,
    Pour monter au septième ciel,
    Les sous, croyez pas qu’on les vole,
    Parole, parole,
    Les sous, croyez pas qu’on les vole,

    On est méprisées du public,
    On est bousculées par les flics,
    Et menacées de la vérole,
    Parole, parole,
    Et menacées de la vérole,

    Bien que toute la vie, on fasse l’amour,
    Qu’on se marie vingt fois par jour,
    La noce, c’est jamais pour notre fiole,
    Parole, parole,
    La noce, c’est jamais pour notre fiole,

    Fils de pécore et de minus,
    Ris pas de la pauvre Vénus,
    La pauvre vieille casserole,
    Parole, parole,
    La pauvre vieille casserole,

    Il s’en fallut de peu, mon cher,
    Que cette putain ne fut ta mère,
    Cette putain dont tu rigoles,
    Parole, parole,
    Cette putain dont tu rigoles,

    Bien que ces vaches de bourgeois,
    Nous appellent les filles de joie,
    C’est pas tous les jours qu’on rigole,
    Parole, parole,
    C’est pas tous les jours qu’on rigole...

    • Utilisateur désinscrit à sa demande 2
      • Posté à 03h23 le 14/03/2009
      • Internaute 71957
        nc

      La différence, c’est que l’ouvrier a l’impression de conserver sa dignité.

      Regardez cette histoire ancienne d’une ouvrière qui avait choisi de passer au porno pour se sortir de ce milieu et de son horizon qu’elle jugeait désespérant (je me souviens plus de son nom, une brune à gros nibards, style vulgaire). Elle racontait que parmi ses anciennes collègues, ses anciennes amies, plus personne ne lui adressait la parole ; pas tant parce qu’elle « faisait la pute devant la caméra », mais parce qu’elle avait transgressé les codes, pour s’en sortir, et qu’il était insupportable pour elles de voir que celle qui acceptait l’indignité « s’en sortait » mieux.

      Ce qui démontrait aussi qu’on n’est pas forcément moins cul serré chez les prolos que dans la haute...

    • Fondriest
      Fondriest répond à Philippe Leclercq
      http://spermufle.wifeo.com/
      • Posté à 10h35 le 14/03/2009
      • Internaute 49865
        http://spermufle.wifeo.com/

      « Une pute vend son cul, quand l’ouvrier vend ses bras.
      Quelle différence ? L’ouvrier est moins bien payé... »

      ==> Quelle différence ? On ne demande pas à ces femmes de faire du point de croix ou des paniers en osier, on demande à ces femmes de sucer des pénis ou de les recevoir dans leur orifice génital et/ou anal alors qu’elles n’en ont fondamentalement pas envie. Ca n’est pas un service ordinaire, c’est fondamentalement agressif. Ce n’est pas un métier comme un autre.

      • Philippe Leclercq
        Philippe Leclercq répond à Fondriest
        dilettante
        • Posté à 15h07 le 14/03/2009
        • Internaute 64790
          dilettante

        On ne demande pas non plus aux ouvriers de faire du point de croix !
        La prostitution est la mise a disposition de son corps contre paiement : que fait l’ouvrier ? Et, si je dois me montrer trivial, est-ce qu’il n’en a pas plein le cul, lui aussi, après une journée de travail ?
        Je connais des putes qui furent ouvrières. Eh bien, elles préfèrent mille fois être bien payées pour sucer des pénis que mal payées pour avaler des couleuvres !
        Une pute est une professionnelle qui fait abstraction de certaines parties de son corps pour les vendre.
        Un ouvrier aussi.
        Evidemment, il faut sortir de la morale petite-bourgeoise pour l’admettre...

         
        • Yvon le Zébulon
          Yvon le Zébulon répond à Philippe Leclercq
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
          • Posté à 18h05 le 14/03/2009
          • Internaute 65781
            L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

          Certaines femmes sont dans un tel état de désespérance financière, qu’elles en arrivent aussi à vendre leurs propres enfants, voire même d’accepter d’en porter un pour quelqu’un d’autre moyennant finance...

          * Croyez vous qu’il soit simple d’abandonner son enfant ou de donner neuf mois de son ventre, avec interdiction de s’attacher à la créature que l’on porte en soi, et que l’on bichonne pour que la « fourniture livrée » soit saine, et soit acceptée du demandeur ?

        • Au sud de nul part-
          Au sud de nul part- répond à Philippe Leclercq
          Situation
          • Posté à 03h15 le 15/03/2009
          • Internaute 57434
            Situation

          Imbécile : lis lyotard pour ne pas te faire plaisir en croyant que le cul vaut mieux que la chaîne.

          factotum (énervé, certes....)

        2 autres commentaires
  • liberationdelevangilepopulaire
    liberationdelevangilepopulaire
    sans mandat du ciel ni de (...)
    • Posté à 22h04 le 13/03/2009
    • Internaute 71809
      sans mandat du ciel ni de (...)

    « Les Putes veulent s’organiser comme des artisans »

    Et est-ce que la réciproque est vraie aussi ?
    On ne sait jamais, cette société du spectacle est si burlesque sur sa fin...

    Humour ( ?) mis à part, il y a tant d’horreurs subies par tant de jeunes femmes et jeunes filles, contraintes à toutes les humiliations, violées et brutalisées physiquement et psychologiquement, que l’obtention d’un statut ne réglera pas mais atténuera sans aucun doute l’aberration de la loi qui, en les obligeant à se cacher (lLSI Art. L50 de mars 2003), ce qui est une hypocrisie criminelle, les enfonce encore plus dans l’obscurité des cellules de leurs tortionnaires.
    Lien

  • reveric
    reveric
    Rillard
    • Posté à 22h07 le 13/03/2009
    • Internaute 31706
      Rillard

    « les putes » en tête de gondole pour l’article il n’y a pas mieux ?
    sur el panneau de la photo de tête de gondole il est écrit « prostitution ».
    Pas « pute » Ce mot est pour moi est insultant.

    • Xa_chan
      Xa_chan répond à reveric
      (nippon ni mauvais)
      • Posté à 01h50 le 14/03/2009
      • Internaute 23695
        (nippon ni mauvais)

      et si ce sont les « putes » qui choisissent elles-mêmes de s’appeler ainsi, vous dites quoi ? Vous allez les en empêcher parce que ce mot vous choque ?

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