ENTRETIEN 13/03/2009 à 18h32

Bertrand Burgalat : pourquoi je soutiens la loi Hadopi

François Krug | Journaliste Rue89

La loi Hadopi est-elle simplement un cadeau fait aux majors du disque ? Bertrand Burgalat, musicien, producteur et patron du petit label Tricatel, explique à Eco89 pourquoi il est, lui aussi, favorable au texte. Tout en défendant un meilleur accès à la musique sur le Web, il dénonce la « logique de gloutonnerie » des pirates.


Bertrand Burgalat (Audrey Cerdan/Rue89)

Les députés se sont pour l’instant contentés de défricher le projet de loi. Ils en ont débattu mercredi et jeudi, et n’en reprendront l’examen que le 31 mars. Le temps de se pencher sur des textes jugés plus urgents par le gouvernement, mais aussi d’affûter leurs arguments.

Les deux jours de débats ont déjà permis à Christine Albanel et à la majorité de rejeter la principale proposition du PS : la « contribution créative », plus connue jusqu’ici sous le nom de « licence globale ». Le principe ? Plutôt que de réprimer le piratage, libéraliser l’échange des chansons ou des films sur le Web en échange d’un forfait payé par les internautes.

Les majors n’en veulent pas. Burgalat non plus, même si son public compte sans doute plus de pirates que de fans de la Star Ac. Il a enregistré trois albums sous son nom, et a travaillé avec Valérie Lemercier, Michel Houellebecq, A.S. Dragon, Robert Wyatt ou, dans un autre registre, Christophe Willem ou Alizée.

« Les gens en marge seront laminés »

Il dirige aussi un label à l’équilibre financier précaire, Tricatel. Et tout en soutenant la loi Hadopi, il ne tient pas à être confondu avec Pascal Nègre, le patron d’Universal : « Moins il y a de majors, mieux je me porte. »

Selon lui, la répartition des sommes récoltées avec cette licence globale serait défavorable aux « gens en marge », qui seront « complètement laminés ». (Ecouter le son)

« Une loi faite pour ne pas être appliquée »

Le volet répressif de la loi Hadopi n’inquiète pas Burgalat :

« C’est une loi qui est faite pour ne pas être appliquée de manière effective, une façon de marquer le coup. On n’est pas dans un clivage droite-gauche. Ce n’est pas une histoire de gros ou de petits. »

Pour Burgalat, les majors ne sont pas pour autant innocentes : « C’est une industrie qui faisait n’importe quoi, qui sortait des disques horribles à coup de marketing. » Mais selon lui, le piratage a d’abord nui aux genres les moins populaires. Et il aurait favorisé l’essor d’artistes plus consensuels. (Ecouter le son)

« Une pyramide de profits complètement inversée »

Pour le patron de Tricatel, le piratage n’explique pas à lui seul la crise de l’industrie musicale :

« En musique, plus on essaie d’être sincère dans sa musique, plus on de mal à en vivre. Et ce problème-là existait avant Internet. »

Dénonçant « le duopole Fnac-Virgin », il veut d’ailleurs « aller au bout de la logique du numérique, en établissant un lien direct avec les acheteurs, sans interférence du marketing ».

Tricatel a d’ailleurs tenté l’expérience il y a deux ans. Devant les faibles ventes de son fonds de catalogue (les disques les moins récents), le label a décidé de les retirer des magasins pour les vendre uniquement sur Internet. Expérience concluante, selon Burgalat : « En un mois, on a vendu plus de disques qu’en deux ans. »

Décomposant le prix d’un disque entre le label, le distributeur et les magasins, Burgalat dénonce « une pyramide de profits complètement inversée par rapport au risque qui est pris ». (Ecouter le son)

« Une logique de gloutonnerie »

Et si le piratage reposait avant tout sur « une dévalorisation » de la musique ? Burgalat veut distinguer « les amoureux de la musique » et « les consommateurs de musique ». Ceux-ci obéiraient à « une logique de gloutonnerie, qui a été façonnée par les grosses boîtes comme Universal ». (Ecouter le son)

Sur son iPod, Burgalat n’aurait « que » 4 000 morceaux. Mais il avoue utiliser parfois, lui aussi, des réseaux peer-to-peer comme Limewire. Paradoxal ? Il y cherche des disques jamais réédités ou des compilations de soul assemblées par des labels peu scrupuleux : « On sait très bien qu’ils ne reversent pas les droits aux musiciens, qui étaient déjà rarement payés à l’époque. »

Amusant : ces arguments sont justement avancés par beaucoup d’opposants à la loi Hadopi. Mais ils font peut-être aussi la différence entre les « amoureux de la musique » et les « gloutons ».

Photo : Bertrand Burgalat (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • too good
    too good
    étudiant
    • Posté à 21h02 le 13/03/2009
    • Internaute 72915
      étudiant

    J’aime bien Burgalat moi, c’est un très bon producteur et musicien. Le personnage est sympathique et cultivé.

    Il se permet de l’ouvrir car ça fait 15 ans qu’il galère dans le milieu de la musique « indé », je pense qu’il doit maîtriser le sujet donc.
    Tricatel son label, c’est vraiment pas mal : c’est un peu la marge de la marge, de la pop music pointue fait pour le plus grand nombre.

  • Pierre-Auvergne
    Pierre-Auvergne
    Lycéen
    • Posté à 21h10 le 13/03/2009
    • Internaute 62976
      Lycéen

    J’ai 15 ans. Nombre de mes copains et copines possèdent des baladeurs mp3, capables pour certains de lire des vidéos. Les capacités de ces baladeurs sont impressionnantes : parfois plus d’une centaine de Go. Tous remplis de musique piratée.
    La plupart de ces titres sont téléchargés sur un simple coup de tête, comme ça, parce que c’est gratuit. Je ne parle pas non plus de tous les autres qui téléchargent des films et séries jour et nuit et qui vivent dans la hantise que cette loi soit adoptée.

    Pour moi, cette loi est une bonne chose. Elle apprendra à nombre d’entre eux que tout ne s’obtient pas sur un simple claquement de doigts, et les fera un peu réfléchir.

    Pour une fois que ce gouvernement fait quelque chose de censé, c’est à signaler.

    • sinclair
      • Posté à 22h28 le 13/03/2009
      • Internaute 2580

      Eh faudrait peut être arrêter la fumette des baladeurs a plusieurs centaines de méga ? sa existe certes max 160giga c’est un mini ordinateur et pourquoi faire avec 100giga on case 14 0000 chansons ouarf ! ! !
      Pour quoi faire ? si on veut tous les écouter il faudrait ouf ! ! 700 heures ou un mois jours et nuit d’écoute au doigt mouille. Cela devient de l’ordre du maladif. Du collectionneur compulsif faut les soigner fissa loll : o(

    • 101.7
      101.7 répond à Pierre-Auvergne
      Promeneur
      • Posté à 23h08 le 13/03/2009
      • Internaute 59121
        Promeneur

      Tiens, vous aussi vous avez 15 ans !

      Nous sommes deux alors...

      Heu.. attention on voit l’élastique du masque qui dépasse, mais chuttt...

    • lalejand
      lalejand répond à Pierre-Auvergne
      Freelance multimédia à San (...)
      • Posté à 23h59 le 13/03/2009
      • Internaute 2858
        Freelance multimédia à San (...)

      « Elle apprendra à nombre d’entre eux que tout ne s’obtient pas sur un simple claquement de doigts »
      >>> Pourquoi ne devrait-on pas pouvoir accéder aux produits culturels d’un simple claquement de doigts ? Pourquoi c’est mal ?

      Je fond du problème est une question de choix de priorité :

      Pro-Hadopi : « posséder un produit culturel sans que son auteur n’en soit rémunéré est inadmissible. Dans l’état actuel c’est ce qui se passe avec le piratage. Il faut donc stopper le piratage »

      Anti-Hadopi : « L’idéal serait un accès illimité et gratuit aux produits culturels. Le modèle économique actuel est incompatible avec ça. Il faut donc inventer un nouveau modèle économique pour rémunérer les auteurs »

      • Zoup
        Zoup répond à lalejand
        En rappel par rapport au système (...)
        • Posté à 08h45 le 14/03/2009
        • Internaute 37009
          En rappel par rapport au système (...)

        Justement. Il me semble que le moment est parfait pour entamer une réflexion sur le monde économique actuel.
        Ce modèle-ci, on voit où il mène : krach payé par les contribuables et les plus fragiles, destruction de l’équilibre écologique, accaparement des richesses : est-ce bien le rôle des artistes que de soutenir un tel modèle ?

        Mon espoir est le suivant : que les artistes mettent leur créativité au service de l’invention de noueaux modèles, tissent des réseaux d’échanges différents : qu’est-ce que l’économie, sinon la manière de gérer les échanges ?
        La voie que « nous » avons choisie n’est pas une fatalité.
        Créons, non pour servir le système, mais pour en inventer un autre !

        Lien
        Lien

         
        • chrisreal
          chrisreal répond à Zoup
          Prof Université
          • Posté à 12h16 le 14/03/2009
          • Internaute 10866
            Prof Université

          bonjour
          Le problème du droit d’auteur est réel sauf qu’ici il sert de faux-nez pour faire passer une loi qui attaque les libertés..Du coup, beaucoup ne voient que le problème « prétexte » et ne percoivent pas l’atteinte à notre démocratie- ou le peu qu’il en reste-
          Chris

          • kdb
            kdb répond à chrisreal
            • Posté à 12h31 le 14/03/2009
            • Internaute 29729

            EXACTE ! jai mis ce poste plus haut

            Le droit d’auteur n’est qu’un paravent servant à dissimuler les intentions liberticides de la classe dirigeante.
            La réalité, c’est qu’internet :

            - a fait échouer le projet de constitution européenne lors du référendum de 2005 en France et en Hollande

            - a fait échouer les projets de Sarkozy lors du référendum sur le traité de Lisbonne en Irlande l’année dernière

            Dans leur esprit, internet est à neutraliser d’urgence car c’est un média incontrôlable. Pourquoi le refus de la licence globale ? Parce qu’elle règle le problème du droit d’auteur, tout simplement. : » Plus de problème, plus de prétexte.
             » !
            Il n’y a qu’à observer l’hystérie collective qui s’empare d’eux pour voir à quel point ça panique. Croyez-vous qu’en plein débat sur la loi HADOPI, les fausses indignations de nadine Morano soient le fait du hasard ? Moi, je pense qu’elle est en service commandé !
            et que le public visé est :

            - le peuple, pour ce qui est de la menace (on fait un « exemple »)
            - les parlementaires, pour ce qui est de la tromperie ( »internet est votre ennemi » …)

            Les suites probables ? On assistera à l’émergence du web 3.0, le web « planqué » qui, pour fonctionner s’appuiera sur des réseaux clandestins et reposera sur la confiance mutuelle.
            Résultat des courses : internet va « sortir » de la toile et donner aux gens une raison de tisser des réseaux relationnels qui, eux, n’auront rien de virtuel.

            .

        2 autres commentaires
      • leguminator
        leguminator répond à lalejand
        vivant
        • Posté à 12h10 le 15/03/2009
        • Internaute 68440
          vivant

        Je ne suis pas d’accord avec votre définition anti-Hadopi. Personnellement, je suis contre cette loi tout en souhaitant que les artistes soient rémunérés comme il se doit.
        Par contre ce qui me fait peur dans cette loi, pour peu que le gouvernement se donne le peine de l’appliquer, c’est le volet répressif totalement irrationnel qui a été pondu par on-ne-sait-qui et qui a déjà été désavoué par des commissions officielles dont on n’a pas voulu tenir compte.

        Il y a deux problèmes majeurs dans ce volet répressif : premièrement on part du principe que tout internaute est coupable et qu’il lui revient de prouver sa bonne foi : on croit cauchemarder... Quand vous conduisez votre voiture et que vous êtes pris en excès de vitesse, l’opération est réalisée par un agent assermenté qui utilise du matériel homologué pour prouver le délit. C’est une affaire bien ficelée. Deuxièmement, il existe des technos pour utiliser les adresses IP d’autres personnes afin de surfer / télécharger sur le web. Comment prouver sa bonne foi dans de telles conditions techniques : c’est tout simplement impossible !

        Voilà donc l’épine dans le pied de cette loi moribonde qui je l’espère sera enterrée avant même d’être votée, car des lois inutiles ou inapplicables, il y en a déjà suffisamment actuellement.

    • nixar
      nixar répond à Pierre-Auvergne
      informaticien, Paris
      • Posté à 03h49 le 14/03/2009
      • Internaute 31373
        informaticien, Paris

      Salut Pierre.
      J’ai 15 ans, d’expèrience en tant qu’admin systèmes et réseaux. J’était sur Internet quand t’étais à peine né. Bon, en gros, je suis un vieux con, enfin je veux dire : je sais de quoi je parle, et cette loi ne tient pas debout d’un point de vue technique, c’est mon avis d’expert du domaine.
      Et toi, eh bien j’ai envie de dire, « si jeune et déjà con. » Renseigne-toi sur la culture libre. Réfléchis 2 secondes. Téléchargé sur un coup de tête ou pas, ça fais de mal à personne. Ah si, à Pascal Nègre, fraudeur fiscal. Désolé. J’avais oublié ce pauvre garçon.

  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 21h24 le 13/03/2009
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    Alors lui, il est pour la loi Hadopi, et pour le piratage quand ça l’arrange... il a sa carte à l’UMP et au NPA, il aime Hélène Segara et les indés,... fameux ! ! !
    Ça va donner un sacré appui aux défenseurs de la loi ! ! !

    (Y’en a qu’on pas peur du ridicule ! ! !)

  • sup. à la demande du riverain 24.09.09
    • Posté à 21h46 le 13/03/2009
    • Internaute 30981

    pauvre type !

  • Spiripotain
    Spiripotain
    promeneur écoutant
    • Posté à 21h54 le 13/03/2009
    • Internaute 49037
      promeneur écoutant

    Comme je l’ai déjà écrit sur d’autres posts, tout cela tiendrait debout si l’on ne constatait, parallèlement, d’étranges conduites de la part des fameux ayant-droits. J’ai déjà signalé une grosse affaire de contrefaçon étouffée par l’ALPA et la justice tandis qu’une minuscule affaire de copie illégale était montée en épingle. Deux poids, deux mesures, on se protège entre amis et on écrabouille les petits.
    On ne me convaincra plus jamais que ces lois répressives et liberticides visent à protéger les créateurs. Elles ne servent qu’à assurer les rentes des quelques familles qui se partagent le pactole. Mon plus grand regret ; que la presse (Rue 89 en tête) ne joue pas son rôle de contre-pouvoir.

    • François Krug
      François Krug répond à Spiripotain
      Auteur(e) de l'article Journaliste Rue89
      • Posté à 02h05 le 14/03/2009
        rédacteur
      • Journaliste 52034
        Journaliste

      Spiripotain, je ne vous surprendrai sans doute pas en vous trouvant un peu injuste avec Rue89...

      Contre-pouvoir ? Nous avons été les premiers à publier l’appel du Réseau des pirates, qui ne me semble pas particulièrement favorable à la loi Hadopi, ou à donner la parole au créateur du site BeeMotion, mis en cause par Luc Besson et oublié par les autres médias.

      Ces derniers mois, nous avons publié des dizaines d’enquêtes, d’analyses et de tribunes sur le sujet. En nous intéressant par exemple à la lenteur de la mise en place d’une véritable offre légale en ligne, aux sanctions prévues par la loi Hadopi, aux statistiques plus ou moins sérieuses utilisées dans le débat, ou aux technologies et aux modèles économiques qui permettront à la musique et au cinéma d’évoluer...

      Seulement, un vrai contre-pouvoir ne fonctionne pas à sens unique. Dans un débat aussi complexe, il doit s’intéresser à tous les points de vue. Y compris à ceux des professionnels qui soutiennent (avec plus ou moins d’enthousiasme) la loi Hadopi.

      Mais ce n’est pas seulement par souci d’équilibre que j’ai interviewé Bertrand Burgalat... Le discours de Pascal Nègre, pour prendre l’exemple du plus célèbre représentant de l’industrie musicale, est assez simple et connu. Burgalat représente une autre partie de cette industrie, à mi-chemin entre la « marge » et la variété, à la fois musicien et patron de label. Je peux évidemment me tromper, mais son discours me paraît un peu plus original (on ne peut pas l’accuser de défendre les majors...), il est peut-être contradictoire, mais qu’on l’approuve ou non, il mérite d’être entendu.

      • lalejand
        lalejand répond à François Krug
        Freelance multimédia à San (...)
        • Posté à 04h16 le 14/03/2009
        • Internaute 2858
          Freelance multimédia à San (...)

        François, vous avez raison sur toute la ligne.

      • mick69
        mick69 répond à François Krug
        • Posté à 12h06 le 14/03/2009
        • Internaute 2907

        Bonjour,
        Ce serait intéressant d’interviewer le patron de Musea Records pour connaître son opinion. Il distribue des milliers de référence dans le style anti-médiatique du rock progressif + variantes diverses. Dans ce créneau, les fans sont habitués à payer 15 à 22€ par cd (souvent le visuel des pochettes est important).
        Il y a aussi le port en plus puisque les disques sont introuvables chez le disquaire du quartier

        Lien
        manager@musearecords.com

  • jjhb
    jjhb
    cosmonaute
    • Posté à 21h57 le 13/03/2009
    • Internaute 44957
      cosmonaute

    Normal que la loi Hadopi satisfasse le jeune Bertrand opportuniste qui jouit des droits d’auteur d’un nom dont il n’a pas la paternité : tricatel, rappelez-vous, l’aile ou la cuisse...

    Et puis il y a les « creative commons » plus dans l’air du temps, généreusement partageurs...

    Je connais un RMiste bricoleur qui a choisi cette formule-ci

    Lien

    • chinchilla1967
      chinchilla1967 répond à jjhb
      plate
      • Posté à 07h50 le 14/03/2009
      • Internaute 50756
        plate

      Merci pour le rappel sur l’origine du nom Tricatel :) L’aile ou la cuisse :)

  • VinceDeg
    • Posté à 22h36 le 13/03/2009
    • Internaute 36941

    J’aurais bien aimé que le mec, avec les mêmes arguments, les mêmes constats, termine par « .... et voilà pourquoi je m’oppose à Hadopi, qui conserve le statut quo actuel qui emmène doucement les petits producteurs et créateurs à leur perte au lieu de permettre la réflexion sur une nouvelle façon de promouvoir et financer la création artistique ».

    - « Les gens en marge seront laminés ? » Mais c’est déjà le cas et si on ne change rien (comme avec HADOPI) ça ira de mal en pis !
    - « Une loi faite pour ne pas être appliquée » ? Voilà qui ne contente personne et ne sert à rien !
    - « Une pyramide de profits complètement inversée » : et une license globale, par hasard, ça ne permettrait pas d’éviter la marge honteuse que se font les distributeurs ?
    - « Une logique de gloutonnerie » : depuis que je « pirate », j’ai plutôt l’impression de mieux choisir ce que j’écoute et d’écouter des trucs plus pointus (albums entiers) au lieu d’avoir l’actitude passive et consumériste du mec qui laisse NRJ 24/24 diffuser les mêmes tubes en boucle... Les meilleurs artistes que j’ai découvert sont ceux pour lesquels un pote m’a subrepticement glissé un album sur ma clef mp3. Quand on n’est pas mis en tête de gondole à la fnac ou diffusé sur les radios, pourquoi s’opposer au meilleur bouche à oreille qu’il soit ?

    Quand à son flip rapport à la licence globale, faut voir que c’est juste une manne financière, et qu’après il reste à discuter sur quelles modalités la distribuer - pourquoi les « petits » artistes, qui sont la majorité, ne sauraient tirer leur épingle du jeu ?

  • Sup.25.08.09 àlademandeduriverain
    • Posté à 22h36 le 13/03/2009
    • Internaute 40056

    Est-ce que ce sont les auditeurs téléchargeurs qui sont boulimiques ou les oeuvres artistiques qui sont du prêt à consommer jetable, ou les deux ?
    Les oeuvrettes paraissent souvent monochromes et interchangeables. il n’y a pas de raison de dépenser pour ça ; on ne les garde pas.
    Peut être faudrait-il un plus grand effort artistique. Après, on verrait...

  • Desiderio
    • Posté à 22h39 le 13/03/2009
    • Internaute 24791

    Burgalat ? Ce type qui a voté Sarkozy au second tour et qui vient de l’extrême droite la plus identitaire et la plus nazifiante via Malliarakis... Ce n’est pas très étonnant et on sera encore moins étonné de savoir comment le personnage a fait nettoyer son portrait dans Wikipedia où toutes les anciennes postures du personnage figuraient encore il y a quelques mois. Mais vous savez de qui vous parlez au moins ?

    • VinceDeg
      VinceDeg répond à Desiderio
      • Posté à 23h32 le 13/03/2009
      • Internaute 36941

      Tiens, pas grand chose à faire donc j’ai mené ma pitite web investigation sur vos dires.

      - Effectivement, une mention à un engagement politique d’extrême droite du sieur Burgalat a existé sur sa page Wikipedia : « Bertrand Burgalat est un producteur, un musicien et un compositeur français né à Bastia en 1963. Hormis sa participation à des mouvements d’extrème-droite (GUD, MNR, Troisième Voie), il est connu pour divers projets éclectiques ». Cependant, cette mention a été rajoutée « à l’arrache » le 18 décembre 2008 par un utilisateur anonyme (l’article existait sans cette mention depuis le 1er novembre 2005), pour être retirée quelques jours plus tard, le 30 décembre 2008, voir pour cela l’historique de Wikipedia Lien
      ... Pas très concluant. Ca sent à plein nez le mec qui a une dent contre Burgalat.

      - Reste donc l’ami Google, pas la plus fiable des sources mais bon. Nous trouvons donc sur un « site d’informations antifascistes », en plein milieu d’un article sur Chevènement, ces phrases là : « René Monzat raconte [2] comment en 1984, le jeune Bertrand Burgalat, membre du bureau politique du MNR, responsable du mensuel de l’organisation Jeune Nation Solidariste, chef du MNR sur Assas, responsable du service d’ordre et pas encore le chanteur connu d’aujourd’hui, est allé frapper (poliment) avec un de ses kamarades à la porte du CERES. Il expliqua franchement venir de l’extrême-droite, ne plus supporter ce milieu de nostalgiques et vouloir adhérer au CERES. » Lien . La source, c’est un livre dudit René Monzat, « Enquêtes dans la droite extrême », Le Monde Editions, Paris, 1992, qui est lui même un journaliste d’extrême gauche parfois controversé....
      Au moins, si c’est vrai, Burgalat s’est repenti très vite... On peut être con quand on est jeune (j’en sais quelque chose).

      - Y’a un skyblog qui reprend des infos de ce site, mais bon, la crédibilité des skyblogs....

      - Après, un peu troublant, le truc le plus fiable serait éventuellement un article dans Mariane 2, mais celui-ci a disparu (erreur 404) et rien dans le cache de Google... Remarque, rien de sûr puisque les mentions « MNR » et Burgalat étaient éloignées dans la page et auraient pu appartenir à des articles différents.

      - MSN Live Search et Yahoo ne donnent pas grand chose de neuf.

      Conclusion : y’a rien de solide, et je ne crois pas que le web ait été nettoyé à ce sujet (les seuls nettoyages possibles, c’est ceux atteignant à la vie privée d’après la loi Informatique et Liberté gnangna)

  • Thomas Cadène
    Thomas Cadène
    Dessinateur
    • Posté à 22h56 le 13/03/2009
    • Internaute 38789
      Dessinateur

    Si je peux entendre le raisonnement je suis un peu ’étonné » par la légèreté du ton vis à vis des aspects dérangeants de la loi. En somme si on pense que ça ne sera pas appliqué alors on peut tolérer qu’on inscrive dans notre droit une forme de justice vaguement privée à tendance liberticide...

    J’ai l’impression (sans doute mon passé de juriste) que sur ces questions là on raisonne beaucoup par un prisme un peu egocentré (mon métier, mon revenu) et que faute de mieux (après tout on a ce pouvoir là, faut bien faire avec) on prend ce qui semble aller le mieux avec la sauvegarde de « mon métier, mon revenu » quitte à piétiner au passage quelques principes républicains ou la liberté des uns ou des autres... c’est pas grave puisque « ce n’est pas destiné à être appliqué »...

    Le débat tourne beaucoup autour de la musique, un peu du cinéma, mais il faut savoir que ces questions touchent tous les genres de création. Dans la BD le développement des supports numérique implique que nous nous sentions concerné. LE site « 9eme art » m’a demandé ce que j’en pense ainsi qu’à d’autres auteurs, vous pouvez lire leurs contributions ici : Lien

    en ce qui me concerne voilà ce que j’en ai dit :

    « Hadopi est une vaste connerie. On pourrait s’arrêter là si ce n’était plus grave, beaucoup plus grave.
    Il s’agit de principes, il s’agit de droit, il s’agit de principes républicains. Alors bien sur tout de suite on baille, on s’ennuie et ça devient chiant. Mais le problème c’est que l’air de rien on instaure, à travers une loi d’ores et déjà caduque et inconséquente, une privatisation de l’autorité judiciaire, on introduit un contrôle illégitime sur le web, on le pourrit et par incidence on pourrit les relations sociales, un socle républicain. Le web n’est pas un truc à coté, le web est au coeur du monde, comme la presse, comme le livre, comme n’importe quel medium. Quand Morano (Nadine Morano, Secrétaire d’Etat chargée de la famille, NDLR) commence à demander les IP des gens qui disent du mal d’elle, quand Albanel (Christine Albanel, ministre de la culture, NDLR) veut que le wifi public ne fonctionne que sur des sites validés, quand le gouvernement propose une loi comme la loi Hadopi, on est en droit et on devrait se sentir le devoir de commencer très sérieusement à s’inquiéter.
    Très franchement, je peux comprendre les problèmes de rémunérations qu’a mis en avant les nouveaux usages liés à internet mais accepter qu’on y réponde par une loi liberticide, c’est faire preuve soit d’une ignorance crasse, soit d’une inconséquence politique (au sens large et noble) totale, soit d’un égoïsme assez dégueulasse et cynique. D’autant plus que cette loi n’aidera pas les artistes, elle mélange tout, elle rejette les principes même de la diffusion culturelle, le partage, la découverte. Elle se colle sur un modèle “major” : protéger ce qui est déjà connu quitte à entraver l’émergence d’une alternative, la découverte de nouvelles offres culturelles. L’une des grandes “découverte” du net aura été précisément celle ci : l’échange, le partage, le “libre”. Ainsi on a pu développer des modèles alternatifs (Wikipedia, logiciels libres etc.) fondés sur la coopération plutôt que la concurrence, en dehors des gros groupes. Tout l’esprit de sa loi, depuis la surveillance jusqu’à la validation des modèles dominants va frontalement à l’encontre de tout cet esprit. D’ailleurs depuis quelques mois on voit bien que la communication du gouvernement sur le sujet d’internet est de faire passer l’idée qu’internet est un repère de terroristes pirates pervers. Hadopi n’est pas une loi pour protéger les pauvres millionnaires de la chanson française, ce point là est bidon, ça ne servira à rien, non elle est dangereuse parce qu’elle est le doigt que l’on met dans un engrenage dangereux. Je ne veux pas en être. Il y a d’autres solutions pour permettre aux auteurs de vivre de leur création et c’est sur celles-ci, qui respectent nos concitoyens et leurs libertés, que nous devrions être en train de discuter. »

    • Dapperdave
      Dapperdave répond à Thomas Cadène
      Compositeur / DA
      • Posté à 14h26 le 15/03/2009
      • Internaute 73033
        Compositeur / DA

      Ce sujet est d’autant plus intéressant qu’il pose la question de l’idéal social où on ne paie plus et où l’on échange à volonté Savoir, Culture et propriétés diverses ...

      Je suis pour l’échange et pourquoi pas aller au bout de cette idée ! ? Vraiment ! complètement ! ?

      Je suis contre l’idée qu’il faille forcement avoir de l’argent pour accéder à la Culture.

      Qu’il s’agisse du Cinéma ou de la Musique ou encore des Livres, il me parait important que le plus grand nombre puisse y avoir accès.

      Je suis musicien, je compose avec un groupe mais aussi seul.
      Nous sommes régulièrement en concert et notre musique est utilisée quotidiennement à la TV pour illustrer des programmes, diffusés sur des radios et en streaming sur différent sites etc.

      Personne ne nous paie correctement, ni même légalement.
      Les concerts sont très mal payés et au black 9 fois sur 10.
      Les sites qui font du contenu grâce à notre musique et qui vendent chèrement les espaces publicitaires en rameutant le fan ne nous reverse rien.

      La SACEM met 2 à 3 ans à faire remonter très partiellement les droits (même quand votre éditeur fournit un dossier lourd comme une machine à laver).

      Heureusement que l’argent n’est pas notre seul motivation :)
      Car la maison de campagne est loin d’être payé dans ces conditions !
      Ne surtout jamais avoué être musicien si vous cherchez un appartement, même si vous êtes un peu connu, et pourquoi ?

      Pourquoi cette réputation de gagne misère ?

      Tout le monde se flatte de connaître tel ou tel artiste, les gloutons comme les intellos, pourquoi ?

      Parce que derrière la culture il y a une vrai force, une perspective, des sentiments, de la légèreté, de l’intelligence.

      Manque juste l’intelligence économique qui va avec.

      On croit que faire un disque digne de ce nom ne coûte rien aujourd’hui et c’est faux, totalement faux. Bien sur on peu trouver des choses magnifiques faites avec trois bouts de ficelles mais ce modèle ne vaut pas pour toutes les musiques.

      Les répétitions c’est en moyenne 16€ de l’heure.
      Les instruments, accessoires et leurs entretiens coûtent la peau des fesses.
      Il y a ensuite l’enregistrement, le mixage, le mastering, la conception graphique etc.

      Si l’on veut une musique bien enregistrée dans tous les sens du terme et tous styles confondus, toutes ces étapes doivent être considérées et adaptées au projet musical.

      Je ne suis malgré tout pas amer pour autant, j’aimerais pouvoir vivre dignement de mon métier c’est tout.

  • trotter
    • Posté à 23h13 le 13/03/2009
    • Internaute 10738

    Une bonne lecture concernant le sujet, avec des propositions sur la Licence Globale :

    Lien

    Lien

    • saintgui
      saintgui répond à trotter
      • Posté à 01h00 le 15/03/2009
      • Internaute 16732

      licence globale : injuste dans la perception, injuste dans la répartition.

      Un nouveau modèle est toujours possible...

  • Micka FRENCH
    Micka FRENCH
    Ecossaise, un corps de rêve (...)
    • Posté à 23h22 le 13/03/2009
    • Internaute 4614
      Ecossaise, un corps de rêve (...)

    Des nouvelles de l’Ecossaise...
    Il y a certes plus simple :
    Lien
    Avec les compliments de Micka FRENCH...
    Lien

  • ipokop
    ipokop
    Lecteur d'idées
    • Posté à 23h28 le 13/03/2009
    • Internaute 39986
      Lecteur d'idées

    La musique n’évolue pas assez vite comparé au net (encore qu’il y a du mieux depuis quelques temps)... : -)

    Tout à fait d’accord avec Jhal, il ne faut pas résumer à la seule musique le but de cette loi.

    Il s’agit aussi de s’opposer à un nouveau style de vie et à des controles quotidiens dont -au début- on ne pourra jamais connaitre le vrai du faux :

    En effet que va-t-il se passer si on reçoit tous les 4 jours un hoax informant que son accès va être suspendu car je suis un « pirate » ?

  • Benedicte.
    Benedicte.
    Jeune journaliste
    • Posté à 23h48 le 13/03/2009
    • Journaliste 62450
      Jeune journaliste

    Je suis assez d’accord avec lui sur son concept de « gloutonnerie »... Je n’ai jamais vraiment compris les gens qui avaient 10 000 morceaux dans leur Itunes ou leur Ipode... ils n’écoutent jamais les 3/4 de ces morceaux, alors pourquoi les stocker ?
    On dirait que c’est une logique ou de gloutonnerie, comme il dit (avoir le plus de musique possible, privilégier la quantité à la qualité), ou simplement de frime : « regarde, je suis au top niveau culture musicale parce que j’ai tant de musiques dans mon Ipod ».
    Or les vrais amoureux/ connaisseurs de la musique s’en foutent du nombre, mais préfèrent connaître à fond 5 musiciens plutôt que de connaître en superficie des milliers d’artistes...

    • Maxfrerot
      Maxfrerot répond à Benedicte.
      • Posté à 03h36 le 14/03/2009
      • Internaute 23114

      T’as dix mille vinyles, t’es un passionné, t’as dix milles morceaux mp3, c’est de la frime !
      Le bon , c’est celui qu’a les 20000 euros ?

    • nixar
      nixar répond à Benedicte.
      informaticien, Paris
      • Posté à 03h41 le 14/03/2009
      • Internaute 31373
        informaticien, Paris

      La technique nous permet d’avoir 20000 morceaux si on veut. Pourquoi s’en priver ? Parceque ça fait pleurer Dique Riveurse ?

      Tiens, je hais dick, il me fait vomir, presque autant que Didier Barbelesbien. Bon, si je copie un mp3 de leur bouse infecte qu’ils appellent « musique, » en quoi ça les lèse, ces bons à rien ? Moi ça me sert à rien, mais ça fait du mal à qui ? Personne !

    • lalejand
      lalejand répond à Benedicte.
      Freelance multimédia à San (...)
      • Posté à 04h06 le 14/03/2009
      • Internaute 2858
        Freelance multimédia à San (...)

      Moi non plus j’ai jamais vraiment compris ceux qui ont des Go et Go de morceaux, mais bon à la limite je m’en fous, ça ne fait de mal à personne et je dirais même le contraire :

      En effet le profil majoritaire parmi les « pirates » c’est celui qui télécharge pour découvrir un truc et qui achète le disque (ou DVD, ou ...) quand il aime. Par exemple une étude menée en Bretagne ¹ et une autre menée au Canada ² démontrent que les utilisateurs de P2P achètent plus de musique que ceux qui n’échangent pas. Or plus il y a de « pirates gloutons », plus le P2P est efficace, plus le utilisateurs de P2P découvrent des choses, plus ils en achètent.

      D’autre part je pense que les « gloutons » disparaissent peu à peu car :
      1 - les jukebox en ligne type fairtilizer, deezer (et autres trucs en « zer ») supplantent peu à peu le P2P
      2 - ce type de comportement était lié à la nouveauté du P2P, un peu comme quand on se goinfre quand on va la première fois dans un buffet à volonté.

      ¹ Lien

      ² Lien

    • liberationdelevangilepopulaire
      liberationdelevangilepopulaire répond à Benedicte.
      sans mandat du ciel ni de (...)
      • Posté à 06h32 le 14/03/2009
      • Internaute 71809
        sans mandat du ciel ni de (...)

      Quelle importance ? La musique - et le reste - est à tous, connaisseurs et zappeurs !
      Accès libre et universel !
      Licence globale.
      Lien

  • sayfam
    • Posté à 23h58 le 13/03/2009
    • Internaute 37718

    eco89 est vraiment un vieux remake de rue89 tellement qu’a certain moment je souhaite l’apparition d’une extension filtrant ses articles si proche de la presse à scandale. Si la tendance se confirme, je demanderai dans un avenir proche au développeur de l’extension karcher ( extension qui filtre toutes les occurrences sarkozy ou carla au choix des sites, que vous pouvez récupérer ici : Lien ) de sortir la version pour le site eco89.

    Revenons en à l’article : Cette personne je ne le connais pas, et son avis sur l’Hadopi ne m’intéresse pas, tout comme tous les artistes qui ne comprennent rien dans l’informatique. Quel intérêt ?

    Le sujet de l’article : Au lieu de parler de l’HADOPI, si eco89 pouvais se réveiller un peu pour décrire une nouvelle façon de partager et ce en toute sécurité : je vous présente le F2F ( friend to friend).
    Hadopi c’est déjà has been, et je dis un grand merci à tous pour avoir relayé la publicité de logiciel de partage ( ce qui n’est pas un mal ) pour tous nos enfant qui vont se régaler devant la nouvelle version de logiciels plus secure, plus anonymes, plus branchés, plus connectés. Un grand merci aux majors qui ont fait une publicité inespéré au téléchargement et précipité leurs chutes ( dans de profondes abysses je l’espère ) un tonnerre d’applaudissement au gouvernement qui, dépensant des millions par jour, prouve encore une fois son incompétence dans ce domaine ainsi que dans d’autres reléguant le plus important derrière le plus médiatique. Santé, chaumage, crise, ces domaines sont oubliés et eco89 est pris dans la tourmente.

    eco89, recalé au test de qualité.

    • mick69
      mick69 répond à sayfam
      • Posté à 12h58 le 14/03/2009
      • Internaute 2907

      L’idée est bonne mais est-ce que cette extension Firefox est garantie sans spyware ? ? ?

      • sayfam
        sayfam répond à mick69
        • Posté à 14h08 le 14/03/2009
        • Internaute 37718

        L’extension ne fait pas plus de quelques kilooctets, et d’après le code il est inoffensif.

  • Benedicte.
    Benedicte.
    Jeune journaliste
    • Posté à 23h55 le 13/03/2009
    • Journaliste 62450
      Jeune journaliste

    Cela dit je suis plutôt contre la loi Hadopi, précisément sur ce point, qui fait assez peur : la possibilité de collecter les adresses IP des Internautes...

  • Warp
    • Posté à 00h22 le 14/03/2009
    • Internaute 26414

    à Bertrand Burgalat :

    je suis en désaccord avec vous sur nombre de points mais je dois reconnaître que la licence créative (alias licence globale) est un non-sens car il me paraît impossible d’avoir une juste répartition des sommes qui seraient ainsi mise en jeu entre les artistes
    les majors n’en veulent pas non plus mais pour d’autres raisons : cela ne rémunèrerait que les artistes

    en tant que directeur d’un petit label, vous conviendrez comme moi que les sommes faramineuses englouties dans le dispositif répressif prévu par l’HADOPI qui conduirait à envoyer 10 000 mails d’avertissements par jour de manière semi-automatisée (en bafouant le respect de la présomption d’innocence) pourraient être mieux utilisées
    on pourrait imaginer un dispositif semblable à ceux qui existent pour le cinéma où les œuvres les moins « bankable » sont aidées par un fond d’aide à la création

    avouez que dépenser des millions d’euros pour une loi que n’importe quel internaute sait inapplicable en l’état car les possibilités de cryptage des échanges et la fragilité de la preuve par l’adresse IP (qui est aisément détournable : Lien ) vont encore rendre cette usine à gaz (voir ceci : Lien ) inefficace

    en ce qui concerne les majors, il faudrait mettre en place une répartition plus juste des revenus générés par la vente d’œuvres
    actuellement, un artiste touche la même chose pour un morceau vendu sur cd et pour un morceau vendu sur une plate-forme légale...
    les majors n’ont pourtant dans le cas d’un téléchargement plus aucun frais de fabrication du support ni de transport

    si l’industrie musicale commence à peine à se rendre compte qu’internet est l’avenir de la distribution de la musique, le cinéma n’a toujours pas compris l’intérêt de la chose
    qui peut me citer une plate-forme légale d’achat de films et/ou de séries télévisées sans DRM ? (condition sine qua non à la diffusion de ces fichiers sur la totalité des systèmes d’exploitation)

    vous faites la différence entre ce que vous appelez les « consommateurs » et les « amoureux » de la musique, que pensez-vous des diverses études qui montrent que ceux qui téléchargent le plus sont ceux qui achètent le plus des œuvres culturelles ?
    dans quelle catégorie mettez-vous ceux qui n’ont pas les moyens d’acheter des œuvres musicales et/ou audiovisuelles ?

    quant à la dévalorisation de la musique, n’est-elle pas le fait des majors qui ne jouent plus leur rôle de découvrir des nouveaux talents et préfèrent des formatages marketing de personnes qui n’ont d’artiste que le nom et de la manie d’exploiter leur catalogue jusqu’à l’usure avec les compilations et les « best-off » ?

    vous êtes vous même un pirate en utilisant le peer to peer pour télécharger des titres oubliés !
    pourtant la loi DADVSI prévoyait la mise en place d’un plate-forme de téléchargement publique pour les œuvres indisponibles chez les majors, pour les artistes voulant s’auto-produire et pour les œuvres tombées dans le domaine publique...
    mais cela n’a pas été fait tout comme l’évaluation de l’application de la DADVSI qui était prévue dans la loi et qui aurait déjà due être faite

    enfin je terminerait sur quelques constatations :

    -la loi s’appuie sur l’adresse ip qui peut aisément être masquée, détournée et qui n’est pour l’instant pas reconnue comme preuve suffisante par la justice

    -la loi prévoit qu’une autorité de 7 personnes constatera des infractions en surveillant le net, relèveront l’adresse ip des contrevenant et enverront un mail d’avertissement et/ou demanderont la suspension de l’abonnement internet... tout cela à un rythme de 10 000 mails ou suspensions par jour
    à moins de superpouvoirs, cela est impossible

    -la charge financière des outils de filtrage n’est pas établie par la loi

    -il n’y a pas de procédure contradictoire ni de respect de la prévention d’innocence

    -il n’y a pas de reversements prévus en direction des artistes

    je pourrais en citer d’autres mais je compte pas battre le record de longueur de message de rue89 / éco89

    • nixar
      nixar répond à Warp
      informaticien, Paris
      • Posté à 03h38 le 14/03/2009
      • Internaute 31373
        informaticien, Paris

      « je suis en désaccord avec vous sur nombre de points mais je dois reconnaître que la licence créative (alias licence globale) est un non-sens car il me paraît impossible d’avoir une juste répartition des sommes qui seraient ainsi mise en jeu entre les artistes »

      Comme le signale malicieusement Jérémie Zimmerman a Sylvester, euh pardon Olivier Henrard, oui, c’est très très dur de mettre en place un système qui gère les droits de façon collective. Comment faire ?

      C’EST PAS COMME SI ÇA EXISTAIT DÉJÀ DEPUIS UN SIÈCLE ET QUE ÇA S’APPELAIT, OHHH, JE SAIS PAS MOI, ...

      LA SACEM ? ? ? ?

      • Warp
        Warp répond à nixar
        • Posté à 05h28 le 14/03/2009
        • Internaute 26414

        la sacem répartit les fonds qu’elle récupère suivant les ventes sur supports physiques, plates-formes légales et représentations (après en avoir pris une grosse part)

        si on met en place une licence globale (ou contribution créative) comment répartir les fonds entre les artistes ? au téléchargement ?
        dans ce cas je lance une chanson pourrie dans la seconde et me monte un bot qui ne fera que télécharger ma musique détournant ainsi l’argent de la licence globale

        si on prend comme référence le calcul actuel de la sacem les artistes auto-produits et les petits labels n’auront quasiment rien comme actuellement

        enfin ce n’est pas la peine de mettre de grosses majuscules, j’ai une excellente vue

         
        • FO le dire
          FO le dire répond à Warp
          Nantes
          • Posté à 08h10 le 14/03/2009
          • Internaute 24404
            Nantes

          S’il crie, c’est peut-être parce qu’il est énervé ^^

        • nixar
          nixar répond à Warp
          informaticien, Paris
          • Posté à 14h33 le 14/03/2009
          • Internaute 31373
            informaticien, Paris

          « si on prend comme référence le calcul actuel de la sacem les artistes auto-produits et les petits labels n’auront quasiment rien comme actuellement »

          Ouais, et alors ? Avec l’Hadopi ça va être comment ? Oh oui, exactement pareil.

          Je vous signale aussi que la licence globale ne combat pas le cancer.

          Quelle connerie, cette licence globale.

        3 autres commentaires
  • Zanko
    Zanko
    Étudiant
    • Posté à 00h34 le 14/03/2009
    • Internaute 60272
      Étudiant

    Encore un qui vit dans le passé et qui est prêt à sacrifier les droits des autres pour s’en mettre un peu plus dans les poches.

    La loi Hadopi, en plus de vouloir stopper le progrès, représente une atteinte aux droits fondamentaux (double voir triple peine possible, présomption de culpabilité...), est une usine à gaz inapplicable et est techniquement impossible à mettre en pratique.

    Si un système basé sur Hadopi est tout ce que les majors et autres labels envisagent comme modèle économique pour l’avenir, ils sont condamnés à disparaitre. Ce ne sera pas faute d’avoir été prévenus.

    Maintenant, s’il est indéniablement contre-productif de vouloir empêcher la libre diffusion de la culture, il est possible d’adapter son modèle économique et de continuer à prospérer, si tant est que l’on sache conserver une utilité. Évidemment, cela suppose de renoncer à se comporter comme des parasites sur le dos des artistes et de cesser de se foutre du public en leur fourguant à prix d’or des fichiers pleins de verrous numériques, lisibles seulement avec certains logiciels, encodés en piètre qualité dans des formats à la con. Les majors et labels se comportant ainsi de méritent de toute façon pas d’être sauvés.

    La musique existait bien avant la vente de disques, elle existera bien après. Seuls quelques parasites risquent de disparaitre, mais ça tombe bien, le secteur a besoin d’un petit assainissement.

    un billet assez pertinent sur le sujet : Lien

  • bomsky
    bomsky
    5 è étage
    • Posté à 02h39 le 14/03/2009
    • Internaute 49301
      5 è étage

    bertrand, j’aime beaucoup ce que tu fais, mais là, pour l’histoire de gloutonnerie, yé souis pas d’accord :

    les gloutons, c l’industrie du disque, et celle du cinéma de la même manière.

    ils ont fait une erreur bien avant l’apparition du premier peer to peer :
    numériser.

    à partir du moment où ils ont numérisé les données sur CD (et DVD pour le cinoche), ils ont permis techniquement de ripper la musique (et les images), et ils ont aussi abaissé fortement la qualité d’objet de leurs supports.
    personnellement, autant j’achetai plusieurs vynils par semaine, autant je n’ai acheté que 3 CDs en tout et pour tout...
    Et, à l’époque du vynil (le « y » il est au début ou à la fin bordel ?), je n’était pas le dernier à copier sur cassettes à tout va.
    Mais arrivé le CD, avec ses boites en plastique qui ressemblaient à rien sauf justement à celle des cassettes, ba merci bien.
    Dès l’aquisition de mon premier Nourdinateur : vive le rip.

    D’ailleurs ya un exemple simple : les envois de disques promos par les labels, je sais pas si il y a des chiffres, mais à mon avis au passage au CD, ils ont augmenté de manière exponentielle, pourquoi ?
    parcequ’un CD ça vaut que dalle.

    les motivations ? augmenter largement leurs marges de gloutons.
    moi je dis : ils avaient qu’a voir plus loin que le bout de leur nez.
    C’était on ne peu plus logique qu’en numérisant les contenus, il y aurait rapidement grosse exposition au rippage d’abord, puis au piratage.
    à désacraliser un objet de culte en le faisant passer à la moulinette du 0111011000, pour des histoires de bénef, ils ont creusé leur tombe. ils ont ouvert la boite de pandore (c comme ça qu’on dit je suis pas sûr là...).

    C’est en fait un modèle rare mais rassurant, et une leçon : faites bien gaffe où vous mettez les pieds bande de gros mercantiles à la petite semaine, attention aux retours de manivelle !

    Après je suis d’accord sur le fond, pour les droits d’auteur et les revenus des labels, en particulier de tricatel, et ba ça craint. Et en plus tu y es pour rien toi, mais ne te trompe pas de coupable, ni de glouton.

  • nixar
    nixar
    informaticien, Paris
    • Posté à 03h35 le 14/03/2009
    • Internaute 31373
      informaticien, Paris

    T’es nul, Bertrand. J’aimais ce que tu fais, j’avais adoré (et payé) « au Coeur de Tricatel », j’ai acheté plusieurs CD, téléchargé (légalement) sur emusic.com, mais là, je me sens trahis. T’es vraiment un idiot. Tu te plains des majors, mais là tu enfonces tes fans. Bravo.

    Et puis je vais te dire un truc : j’ai jamais trouvé tes skeuds sur le P2P. J’ai pas trop cherché non plus, puisque j’avais déjà tout (sauf que je retrouvais pas mon original de « au coeur » ce qui était la raison de ma recherche), mais il est clair que les méchants pirates ne pirataient pas tes prods.
    Eh oui. Les oeuvres les plus piratées sont aussi les plus achetées. C’est tellement évident, mais apparemment tu es aveuglé par tes échecs. Peut-être que si tu avais profité du mouvement, justement, tu aurais pu accroitre ta notoriété.
    C’est dommage, mais pour le coup, alors que j’étais désolé pour toi, maintenant, si je te croisais au coin de la rue, je te dirais : « casse-toi Bertrand, bien fait pour ta gueule. »

    Ouais, je suis réellement énervé. Minable. Gerbatoire.

  • aymthe
    • Posté à 06h10 le 14/03/2009
    • Internaute 32291

    Témoignage très intéressant.
    En professionnel indépendant et passionné, il donne des arguments qui changent de la propagande habituelle des majors.

    Je partage son opinion sur la license globale : comme c’est impossible de savoir qui télécharge quoi sur le net (ou alors c’est Big Brother...), la redistribution, basée sur des estimations, serait forcément moins juste que si les artistes étaient rémunérés par leurs auditeurs.

    Le problème du système actuel, c’est qu’il n’est souvent pas encore possible pour les auditeurs de rémunérer les artistes directement, à la manière de petits mécènes, sans passer par de trop gourmands intermédiaires.

    • saintgui
      saintgui répond à aymthe
      • Posté à 01h05 le 15/03/2009
      • Internaute 16732

      Très juste : rémunérer les artistes par leurs auditeurs.

      Mais comment, ils vont quand même pas acheter leur musique ?

  • chinchilla1967
    • Posté à 07h31 le 14/03/2009
    • Internaute 50756
      plate

    J’aime Burgalat quand il parle de gloutonnerie alors que ce sont les majors, de gros gloutons qui font pression pour qu’on applique cette loi. D’autre part, qui télécharge les oeuvres de Burgalat ? Ca lui fait perdre combien d’argent ? On est là dans la même façon de faire que celle des majors, à une autre échelle. C’est de l’arnaque : il faut vite que tu achètes mon disque, vite, tant que la pub marque ton cerveau. Mais surtout ne va pas en écouter un extrait ou l’intégralité, ça te dégouterait de dépenser ton argent durement gagné pour cette merde. C’est ça la logique des « artistes » d’aujourd’hui...Je préfère la logique des concerts où le public va et revient si ça lui plait et où on ne peut pas entretenir de fausses gloires. Ceux qui ont peur des « pirates » sont ceux qui ont peur du public.

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