13/03/2009 à 16h20

Les Putes veulent s'organiser « comme des artisans » (1/2)

Marc de Boni | Journaliste

Ils et elles ont librement choisi le « sexwork » et réclament une réglementation de leur profession. Une enquête en deux volets.


Manifestation pour la légalisation de la prostitution à San Francisco le 3 mars 2008 (Kimberly White/Reuters)

« Putes », c’est ainsi qu’ils et elles veulent être désignés, parce que « femme prostituées » a une connotation subie. Les fondatrices de l’organisation militante « Les Putes » affirment avoir choisi le sexwork, et revendiquent en conséquence une réglementation de leur profession.

A l’occasion des Assises européennes de la prostitution, qui se tiendront au Théâtre de l’Odéon le 20 mars, le tapin entend porter le débat sur la place publique.

Disponible depuis le mois de janvier sur la toile, un nouveau portail brésilien crée l’émotion : Wikigp.com. Un vrai catalogue de prostituées, qui propose photos, mensurations, tarifs, pratiques, et notes des clients.

« Pourquoi pas », tempère Cadyne, 27 ans. A la façon des rappeurs US qui, pour désamorcer l’insulte, s’appellent « Nigger » (nègre) , elle exige d’être présentée comme « pute », assumée depuis huit ans, mère d’une petite fille et étudiante en double cursus Droit-Sciences Politiques. Des traits tirés lui confèrent une beauté un peu tragique.

« C’est beaucoup moins faux-cul et bien-pensant que les sites de rencontres connus du milieu, sur lesquels les “escorts” font leur communication. »

Cadyne est une « traditionnelle » : française, blanche et en règles ; et bien payée en général : 300 euros de l’heure.

Tarifs minimum, sécu et médecine du travail



Le site des Putes (DR)

Les lois sur le proxénétisme rendent toute existence légale d’une organisation de prostituées périlleuse, notamment pour la perception de cotisations, l’anonymat des militant(e)s ou la médiatisation de leurs activités. « Les Putes » se définissent comme un « groupe d’activistes », fondé en 2006, et ne peuvent donc pas se constituer en association.

Leur site Internet affiche 424 membres, dont un bon tiers se compose de curieux, de clients potentiels, de sympathisants.

Cadyne a rejoint « les Putes » dès leurs premières manifestations et la mise en place des états généraux de la prostitution, il y a trois ans.

Elle demande des droits : des tarifs minimum, une sécurité sociale, une organisation professionnelle, une médecine du travail, et une reconnaissance sociale :

« Et pourquoi pas un service public de la prostitution, un remboursement de nos prestations avec les handicapés par la Sécu. »

Le mythe de la « pute polonaise »

Payer pour du sexe n’est pas interdit en France. Les prostituées peuvent, et doivent, déclarer leurs revenus en bénéfices non commerciaux. Mais la pénalisation du « racolage passif » avec la Loi de sécurité intérieure (LSI Art. L50) de mars 2003, oblige ceux et celles qui en vivent à se cacher plus loin. Le délit de racolage peut être puni de deux mois de prison et 3 750 euros d’amende.

Depuis l’entrée en vigueur de la LSI, la Police urbaine de proximité francilienne a procédé à 12 900 arrestations. Les « putes » se dénombrent à la contravention, elles sont stigmatisées par la morale et exercent clandestinement.

Cette situation crée des tensions de trottoir, entre les sans papiers et les traditionnelles : une guerre des prix s’engage, on s’accuse d’attirer la police, on se dispute les emplacements, le dumping menace. La baisse des revenus entretient le mythe de la « pute polonaise », sur le modèle du fameux plombier. Entre deux bouffées de cigarette, Cadyne lâche :

« Je voudrais que nous puissions travailler un peu comme les avocats, dans un cabinet dont on partage le loyer, sans patron, et avec une protection sociale. Ça se fait en Suisse. »

Dans certains cantons, comme à Genève, on travaille avec un permis, on est déclaré auprès des autorités. Le tapin peut donc s’organiser, bénéficier des assurances maladie, d’une prévention hygiénique et médicale efficace, avoir une retraite, des bulletins de salaires parfois. Vivre presque normalement en somme, parce que la morale n’évolue que lentement.

Pour Françoise Gil, chercheure en sociologie à l’EHESS et co-organisatrice des assises européennes de la prostitution :

« C’est la preuve que c’est possible. C’est l’opprobre et la clandestinité qui créent l’essentiel des horreurs du métier, et favorisent l’emprise des réseaux de proxénètes sur le marché du sexe. Il faudrait une organisation sur le modèle de l’artisanat, un syndicat comme il en existe aux Pays Bas. »

« Un statut légal est nécessaire »

Sous couvert d’anonymat, un haut gradé de la Brigade de répression proxénétisme (BRP) qui s’emploie depuis quatre ans à traquer les exploiteurs du travail sexuel en Ile de France, confirme en partie :

« En faire un métier d’un seul coup, c’est aller un peu vite, car les expériences de groupes autogérés tournent régulièrement à l’avantage de l’une des filles, qui devient de fait proxénète. Mais la reconnaissance d’un statut légal est nécessaire pour les indépendantes, cela offre une alternative sérieuse à la misère du trottoir et prépare les mentalités à évoluer en douceur. »

En Hollande, la prostitution est légale depuis 2000. Comme au Danemark, les travailleuses du sexe y paient la TVA à 19%, des impôts sur le revenu, ont un statut, même si les conditions de travail restent souvent difficiles. Passes à la chaîne, licenciement abusif en cas de refus, racket, n ’épargnent pas les bordels du quartier rouge d’Amsterdam.

Un petit syndicat y à été créé, De Rode Draad -le Fil Rouge- par une fille de joie en retraite, Mariska Majoor. Elle perçoit une centaine de cotisations régulières.

Mais toutes les prostituées ne veulent pas de ce genre d’organisations et sont attachées à la discrétion comme à l’indépendance. Pour le sociologue du CNRS Lillian Mathieu :

« Le monde de la prostitution recouvre des situations tellement variées, qu’il est difficile de fonder un statut pour cette activité. Or en France les syndicats ne protègent que les travailleurs salariés. »

Pour Cadyne :

« Celles d’entre nous qui s’affichent publiquement risquent un contrôle fiscal ou de perdre la garde de leurs enfants. La militante prostituée et écrivain Claire Cartonnet a dû fuir aux Etats-Unis écrasée par les dettes. »

  • 110647 visites
  • 313 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 17h58 le 13/03/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Je ne comprends pas que des gens à qui l’on refuse toute identité légale et toute considération publique puissent être soumis à l’impôt sur le revenu...

    ¤ Le premier proxénète est donc l’Etat !

    • sarkophage_xyz-
      • Posté à 18h19 le 13/03/2009
      • Internaute 24987

      Tout à fait, et en particulier les flics qui leurs dressent des procés verbaux à tout va et j’en passe sur leurs pratiques de bons maquereaux.
      C’est scandaleux cette hypocrisie chez nous qui réprime ces pauvres filles pour la plupart tout n’inquiétant en rien le client.
      Soit c’est légal et il faut laisser les putes tranquiles (qui pourraient se protégé plus éfficacement des macs) soit c’est illégal, et le client aussi doit être poursuivi.
      J’espère pour ces dames que les flics ne boucleront pas leur salle de réunion mais j’ai des doute comme pour les bus d’associations de soutiens il fut un temps.

      • BobCat
        BobCat répond à sarkophage_xyz-
        observateur
        • Posté à 02h14 le 14/03/2009
        • Internaute 71310
          observateur

        C’est comme pour les autres hypocrisies ou contradictions :

        Le tabac et l’alcool sont nocifs, mais rapportent des taxes,
        L’addiction aux jeux d’argent est dangereux, mais les taxes attachées renflouent la trésorerie de l’état,
        Le carburant est cher, mais 80% de son prix sont constitués de taxes.
        L’on peut ainsi énumérer à l’envi, les aberrations du « système » mais ces quelques exemples sufisent à l’illustration de l’absurde ;

        En conséquence, pour compenser en partie le manque à gagner consécutif à la loi TEPA, il faut bien maintenir le statuquo sur toute « pompe à fric » existante .

    • geff
      geff répond à Yvon le Zébulon
      www.ecapote.com
      • Posté à 18h20 le 13/03/2009
      • Internaute 17855
        www.ecapote.com

      pour mieux combattre l’esclavagisme sexuel, qui lui est inacceptable, légalisons la prostitution de celles et ceux qui le font de leur plein gré.

      « Les putes » méritent les même droits sociaux que n’importe quel autre citoyen à partir du moment ou elles payent leurs impôts, c’est discriminatoire comme beaucoup d’autres pratiques de notre beau pays des droits de l’homme. Un monde sans prostitution est il possible à l’heure actuelle ? peu probable, la demande a peu de chance de baisser, et il y a des gens qui font le choix de fournir l’offre.

      • pablico
        pablico répond à geff
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 19h25 le 13/03/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        Madame Christine Boutin, ne va pas être d’accord sur ce coup..

        mais si elles demandent le statut d’artisans, donc de patrons indépendants..cela va peut-être vu d’une autre façon...l’économie avant tout en période de crise. ; -)

        (ironie sur les grands principes souvent contradictoires)

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à geff
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 08h36 le 14/03/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Nous vivons dans une société de type Capitaliste où la propriété privée est soit disant sacrée...
        mais certains considère que les gens ne sont pas propriétaires de leur propre corps, et n’auraient pas le droit d’en faire ce qu’ils en veulent.

        ¤ Certes, il convient de lutter contre la prostitution lorsque celle ci est imposer, et de sanctionner gravement les maquereaux (elles).
        - Il n’est pas pour autant normal de légiférer pour interdire aux gens adultes et maitres de leur raison, ce qu’ils doivent faire de leur C..
        ...............................................................
        Parfois, la violence s’installe...qui n’est pas prévue au programme !
        * Dès que des maquereaux s’opposent sur un site...le thon monte !

    • jabier
      jabier répond à Yvon le Zébulon
      consultant dans les Landes
      • Posté à 10h00 le 14/03/2009
      • Internaute 31087
        consultant dans les Landes

      Les sans papiers poursuivis par Hortefeux->Besson payent des împots sur le revenus.
      Dans ce domaine l’hypocrisie n’étonne personne

      • Yvon le Zébulon
        Yvon le Zébulon répond à jabier
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
        • Posté à 22h41 le 16/03/2009
        • Internaute 65781
          L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

        Brice Hortefeux est quasi albinos...

        S’il était né au Gabon, ya longtemps qu’on l’aurait dépecé en petits morceaux magiques pour améliorer les potages et porter chance aux malheureux ! ...car l’albinos est nanti de pouvoirs.

        Mais ça, c’est pas en France, car ici on respecte les gens !

  • TARPON
    • Posté à 18h02 le 13/03/2009
    • Internaute 27263

    J’aime beaucoup la comparaison avec les avocats,la difference doit tenir à la robe qu’on descend ou qu’on releve .
    Pourquoi les prostituees n’auraient elles pas aussi un petit col blanc avec une robe noire comme les lapins de garenne ?

    • marie 75
      marie 75 répond à TARPON
      • Posté à 20h14 le 13/03/2009
      • Internaute 3563

      Un col blanc et une robe noire, c’est une bonne soeur !
      Pas un lapin !

      • TARPON
        TARPON répond à marie 75
        • Posté à 20h23 le 13/03/2009
        • Internaute 27263

        M..alors,ce serait pas un lapin que j’ai tiré ce matin ?

         
        • BobCat
          BobCat répond à TARPON
          observateur
          • Posté à 01h46 le 14/03/2009
          • Internaute 71310
            observateur

          Oh hô !
          Seriez-vous un chaud lapin,
          qui tire un autre lapin,
          et non une lapine ?
          Hum !

        1 autres commentaires
  • Raslacouette
    • Posté à 18h10 le 13/03/2009
    • Internaute 59636

    Le plus vieux métier du monde et des conditions qui datent de la même époque.

  • puresonic
    puresonic
    Contempteur irascible
    • Posté à 18h34 le 13/03/2009
    • Internaute 55211
      Contempteur irascible

    « Cadyne est une “ traditionnelle ” : française, blanche et en règles “

    Et un petit couplet sur la couleur.....
    Trés bien Camille vous êtes en phase d’institutionalisation...

    • argiope
      argiope répond à puresonic
      chatouille ou pique, c'est selon
      • Posté à 19h14 le 13/03/2009
      • Internaute 34103
        chatouille ou pique, c'est selon

      (seconde remarque sur la même phrase, pour l’auteur)
       »...Cadyne est une « traditionnelle » : française, blanche et en règles... »
      Vous êtes sûr du pluriel, ici ?

      • BobCat
        BobCat répond à argiope
        observateur
        • Posté à 01h48 le 14/03/2009
        • Internaute 71310
          observateur

        Ha ha,
        C’est « chelou » en effet,
        mdr

    • Camille
      Camille répond à puresonic
      Mauvais genre
      • Posté à 20h06 le 13/03/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Qu’est-ce que je viens foutre là dedans ?

      Edit : soyez rassuré pure sonic, on voit bien que ce n’est pas moi qui a écrit cet article ! J’ai juste demandé à ce qu’il soit sur rue69 parce que je trouve qu’il est dans le sujet...

      • TARPON
        TARPON répond à Camille
        • Posté à 20h08 le 13/03/2009
        • Internaute 27263

        « foutre » me parait un mot de circonstance

      • puresonic
        puresonic répond à Camille
        Contempteur irascible
        • Posté à 22h48 le 13/03/2009
        • Internaute 55211
          Contempteur irascible

        Exact, je n’avais pas vu le nom de l’auteur mais ça prêtait un peu à confusion d’avoir un bandeau « Quickies de Camille » à droite de l’écran.

        Enfin.... il y a quand même le choix éditorial.......

         
        • Camille
          Camille répond à puresonic
          Mauvais genre
          • Posté à 09h58 le 14/03/2009
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          Attention la branche sur laquelle tu tiens va craquer ; -)

          Sinon, je revendique mon choix éditorial d’autant plus que cet article n’a pas été écrit pour rue69 et que, comme je prévoyais un sujet similaire que je ne vais pas faire du coup, je trouvais dommage qu’il n’y soit pas.

          • puresonic
            puresonic répond à Camille
            Contempteur irascible
            • Posté à 17h50 le 14/03/2009
            • Internaute 55211
              Contempteur irascible

            « Attention la branche sur laquelle tu tiens va craquer ; -) »

            Pas compris.....

        • Tyrian
          Tyrian répond à puresonic
          Informaticien
          • Posté à 22h19 le 15/03/2009
          • Internaute 61861
            Informaticien

          Le choix éditoriale est logique puisque que rue69 aborde les sujets touchant au sexe y compris au niveau de la société.
          Pour la phrase que tu critiques, elle est là pour démontrer que c’est un métier qui n’est pas réservées à des immigrées qui seraient forcément dans l’illégalité. Car c’est bien souvent l’image qu’a la prostitution.

        3 autres commentaires
    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à puresonic
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 08h40 le 14/03/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Vous semblez trouver anormal que la « française traditionnelle » soit identifiable par sa couleur de peau et sa nationalité... ?

      ¤ Je connaissais moi aussi un Malien qui refusais qu’on le dise Malien traditionnel, car il était noir et ne voulait pas qu’on le sache !

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 19h31 le 13/03/2009
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Quand on va sur le site des Putes, on est immédiatement convaincu que leurs revendications trouveront grâce aux yeux de la Sécu, etc., sans tarder. Si vous ne me croyez pas, je vous emmerde (c’est une citation) !

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Jaycib
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 22h47 le 16/03/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Cher Jacyb, les « citations » ne vous vont pas du tout !

      Vous nous avez habitué à des commentaire pertinents et diablement informatifs, qui font que cette petite intervention ne vous ressemble pas. Vous avez un peu ’craqué’ mais j’aime (et les autres aussi) vos avis très documentés.

      Vous seriez presque le « sage » du forum...mais rien ne vous interdit de vous « lacher » un peu. Vous ne serez pas discrédité.

  • marie 75
    • Posté à 18h38 le 13/03/2009
    • Internaute 3563

    Quand vous saurez faire des titres, ce sera mieux !
    Les putes ... pourquoi ne pas avoir écrit les prostituées ?
    Votre titre me dérange.
    Cette pute, comme aurait écrit Brassens, pourrait être ta mère !

    • Raslacouette
      Raslacouette répond à marie 75
      • Posté à 19h01 le 13/03/2009
      • Internaute 59636

      Ben non Marie. Qu’on dise, fille de joie, péripatéticienne, belle de nuit, prostituée, tapineuse, catin, courtisane, etc... Ou pute, c’est pareil. Les personnes concernées revendiquent d’ailleurs ce terme, souvent.

      Ce qui est choquant, c’est leur condition.

      • Banana ex de juanitoto
        Banana ex de juanitoto répond à Raslacouette
        Je déteste rue89, tous les (...)
        • Posté à 22h59 le 13/03/2009
        • Internaute 67910
          Je déteste rue89, tous les (...)

        Qu’on les appelle périprostipatétipute ou autrement
        c’est pas leur nom, mais leur condition qui choquent les gens.
        Et cette chanson, tu l’as postée à point nommé.

    • Misère.Lactée
      Misère.Lactée répond à marie 75
      A l'épreuve des bals.
      • Posté à 19h29 le 13/03/2009
      • Internaute 50484
        A l'épreuve des bals.

      Allons, ne te contente pas de lire le titre. L’explication de ce choix est lisible peu après.

    • compte sup le 26.08.09
      • Posté à 19h31 le 13/03/2009
      • Internaute 58250

      Hello Marie,

      la premiere phrase de l article est
      « Putes », c’est ainsi qu’ils et elles veulent être désignés, parce que « femme prostituées » a une connotation subie. Les fondatrices de l’organisation militante « Les Putes » affirment avoir choisi le sexwork, et revendiquent en conséquence une réglementation de leur profession.

      Voilà pourquoi le titre n’est pas prostituées

    • Millecalottes SARKASTIK
      Millecalottes SARKASTIK répond à marie 75
      Variable
      • Posté à 20h10 le 13/03/2009
      • Internaute 44768
        Variable

      Te froisse pas marie, je le trouve pas si mal ce titre. La rédac consensuelle était, (semble-t’il), désireuse d’englober d’autres professions et personnalités... Je garde la conclusion de Raslacouette.

      • marie 75
        • Posté à 20h18 le 13/03/2009
        • Internaute 3563

        je ne suis pas froissée...
        Mais ds un « papier » ... on lit que le titre et le chapeau ! ! !
        Et l’art du titre... ca s’apprend au CFJ.

        sans importance ...

         
        • Tyrian
          Tyrian répond à marie 75
          Informaticien
          • Posté à 22h20 le 15/03/2009
          • Internaute 61861
            Informaticien

          « Mais ds un “ papier ” ... on lit que le titre et le chapeau ! ! ! »

          Ca c’est critiquable. Forcément à se contenter du titre, on comprend rarement grand-chose...

        1 autres commentaires
    • DBL8
      DBL8 répond à marie 75
      Retraité
      • Posté à 09h32 le 14/03/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Encore une sainte-nitouche !
      Ne pas prononcer certains mots mais faire les pires vilénies !

      Le politiquement correct gonfle un max ! !
      Un chat est un chat.
      Et là... c’est le cas de la dire.

      • Disciple ressucité
        • Posté à 11h38 le 14/03/2009
        • Internaute 71674

        La minute poétique et culturelle de Mr. DBL.

        Aujourd’hui : comment « gonfler un max » sans Viagra.

  • Xiaolin
    • Posté à 18h40 le 13/03/2009
    • Internaute 1264

    Allez les filles, battez-vous, vous le méritez.Je suis comme Yvon, je ne vois pas comment on peut vous rejeter, et vous imposer dans le même mouvement. Mon seul problème par rapport à la légalisation ; cela risque de conforter les gros cons qui vous rendent visite dans leur fantasme : ils ont raison d’espérer qu’on les aime (/ ! ! !) même s’ils sont laids, bêtes et salauds, même s’ils sont sadiques et cherchent des victimes non consentantes, même s’ils sont trop feignasses pour passer le 1/4 d’heure nécessaire à draguer une fille dans un bar. Ils existent, y a rien à faire, de tout coeur je vous souhaite une vie professionnelle meilleure, de tout coeur je leur souhaite les pires difficultés. Bonne chance quand même !

    • Camille
      Camille répond à Xiaolin
      Mauvais genre
      • Posté à 20h54 le 13/03/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Et les timides, les débutants, les handicapés, les mecs qui veulent du sexe sans s’engager, les hommes mariés à qui leur femme refuse de nombreuses pratiques, etc... Il y a de nombreuses raisons qui peuvent pousser à faire appel à une professionnelle sans être ni un connard, ni « une feignasse »

      Après tout, c’est honnête aussi de ne pas baratiner une fille dans un bar et lui offrir trois bouquets de rose parce qu’on a envie d’une pipe ? Ou faut vraiment être sadique pour se dire « j’ai envie d’une pipe, je vais trouver une fille qui veut bien et je la paie pour cela » ? Parce que perso, j’ai plus de respect pour le type qui assume ce dont il a envie que pour celui qui fait miroiter mariages et châteaux alors que ce dont il a envie, c’est de tirer son coup.

      Accessoirement, ce n’est pas forcémment la même chose d’avoir envie de sexe et d’avoir envie de tomber amoureux, si ? (même si certains disent qu’on ne peut pas séparer les deux)

      • Leprivilégié
        Leprivilégié répond à Camille
        Nous sommes tous le connard de (...)
        • Posté à 22h31 le 13/03/2009
        • Internaute 20644
          Nous sommes tous le connard de (...)

        J’espère que vous avez une voire plusieurs filles pour rendre service aux débutants, handicapés, mecs qui veulent du sexe sans s’engager, aux hommes mariés à qui leur femme refuse de nombreuses pratiques etc ....
        si c’est le cas merci pour eux !

         
        • Tyrian
          Tyrian répond à Leprivilégié
          Informaticien
          • Posté à 22h23 le 15/03/2009
          • Internaute 61861
            Informaticien

          Argument sans intérêt. C’est au choix de chacun...

          • Leprivilégié
            Leprivilégié répond à Tyrian
            Nous sommes tous le connard de (...)
            • Posté à 09h17 le 16/03/2009
            • Internaute 20644
              Nous sommes tous le connard de (...)

            Est-ce vraiment un choix ?

        2 autres commentaires
      • Benedicte.
        Benedicte. répond à Camille
        Jeune journaliste
        • Posté à 22h34 le 13/03/2009
        • Journaliste 62450
          Jeune journaliste

        ça existe aussi des femmes qui ont juste envie de sexe, de « tirer leur coup »...
        Et ce ne sont pas des putes pour autant. Je préférerais que les timides, débutants, handicapés, « mecs qui veulent du sexe sans s’’engager » patientent un tout petit peu pour trouver une fille ayant les mêmes envie (si si il y en a, toutes les filles ne sont pas des fleurs bleues attendant leur prince charmant) que d’aller payer une fille qui vend son corps.
        Les putes/prostituées/filles de joies ne font pas ça par plaisir, mais pour l’argent. Le jour où les hommes seront un peu moins impatients et plus respectueux des femmes, ils n’iront plus voir les prostituées.
        Alors on me dira qu’on respecte plus une prostituée en lui donnant un salaire qu’en allant tirer son coup avec une femme qui attendait plus. Ou qu’en allant violer une femme.
        Certes.
        Mais une prostituée devient un corps, qui devient un produit de consommation.
        ça, j’ai du mal à l’accepter.
        D’autant plus que les hommes n’ont pas à s’y coller. On parle bien plus de putes que de gigolos.
        Si les femmes arrivent à retenir leur pulsions, pourquoi pas les hommes ? Un petit effort, s’il vous plait... Puis ça existe la littérature, les dessins érotiques, les chansons, que sais-je... Pourquoi aller jusqu’à transformer la femme en objet sexuel ? ?
        Je suis sûre que la plupart de ces professionnelles, si elles avaient le choix, feraient un autre métier...
        Si je me trompe faudra m’expliquer !

         
        • Xa_chan
          Xa_chan répond à Benedicte.
          (nippon ni mauvais)
          • Posté à 23h26 le 13/03/2009
          • Internaute 23695
            (nippon ni mauvais)

          « D’autant plus que les hommes n’ont pas à y s’y coller. On parle bien plus de putes que de gigolos ».

          Eh bien, tapez juste « prostitution masculine » dans un moteur de recherche et vous verrez ce que cela donne. C’est ce que j’ai fait, interpellé par votre phrase comme quoi seules les femmes étaient obligées de se prostituer.

          Vous verrez alors que la prostitution masculine ça existe. Et que les clients sont des homosexuels mais aussi des femmes, qui parfois même font du tourisme sexuel (comme les hommes en Thaïlande par exemple) !

          Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on n’en parle pas que ça n’existe pas.

          • Benedicte.
            Benedicte. répond à Xa_chan
            Jeune journaliste
            • Posté à 23h59 le 13/03/2009
            • Journaliste 62450
              Jeune journaliste

            Je me doute bien que cela existe, sinon le mot gigolo n’existerait pas ! Mais restons de bonne fois, la prostitution féminine est bien plus répandue.

            • Xa_chan
              Xa_chan répond à Benedicte.
              (nippon ni mauvais)
              • Posté à 01h39 le 14/03/2009
              • Internaute 23695
                (nippon ni mauvais)

              certes. et donc on fait quoi ? on stigmatise la prostitution féminine, on essaie de faire changer les choses dans le bon sens et on oublie la prostitution masculine qui est « marginale » ? Désolé, je préfèrerais considérer le problème dans son ensemble.

          • DBL8
            DBL8 répond à Xa_chan
            Retraité
            • Posté à 09h37 le 14/03/2009
            • Internaute 19562
              Retraité

            Exact ! !
            Je connais des retraitéEs qui vont dans des pays « exotiques » rien que pour ça !
            Pour certaines, il faut avoir faim pour grimper dessus.

            • Disciple ressucité
              • Posté à 11h33 le 14/03/2009
              • Internaute 71674

              La minute poétique et culturelle de Mr. DBL.

              Aujourd’hui : les voyages forcent la jeunesse.

            • Xa_chan
              Xa_chan répond à DBL8
              (nippon ni mauvais)
              • Posté à 13h44 le 14/03/2009
              • Internaute 23695
                (nippon ni mauvais)

              faut surtout pas avoir le choix, malheureusement...

        • Mandoline
          Mandoline répond à Benedicte.
          demain peut-être...
          • Posté à 00h00 le 14/03/2009
          • Internaute 69328
            demain peut-être...

          Votre commentaire, chapeau, bravo, rien à rajouter ! Merci de l’avoir écrit.

        • vite2012
          vite2012 répond à Benedicte.
          doctorant
          • Posté à 01h27 le 14/03/2009
          • Internaute 52194
            doctorant

          Merci pour cette réponse. C’est rassurant, qu’il y ai encore du bon sens tout simplement.

        • Camille
          Camille répond à Benedicte.
          Mauvais genre
          • Posté à 10h20 le 14/03/2009
          • Internaute 48427
            Mauvais genre

          Je vais parler des gigolos incessamment sous peu... le sujet devait sortir ce week end mais je n’avais pas prévu cet article et ça va décaler un peu tout ça... Mais ça va être intéressant (j’espère)
          Les femmes arrivent à retenir leurs pulsions et les hommes aussi. Je ne vois pas le rapport. Les violeurs ne sont pas des hommes « submergés par leurs pulsions », certains peuvent avoir une vie sexuelle ce sont des hommes qui ne considèrent pas l’existence de l’autre.

          « Je suis sûre que la plupart de ces professionnelles, si elles avaient le choix, feraient un autre métier...
          Si je me trompe faudra m’expliquer ! »

          Toute votre phrase réside dans ce « la plupart » qui la rend sûrement juste mais peut être pas parce qu’on n’a jamais mesuré combien voulaient et combien ne voulaient pas. Il y a des femmes qui font ce métier par choix, il est également évident que certaines femmes y sont douloureusement contraintes dans des conditions abjectes.
          Ce que disent « Les Putes » (le collectif) c’est qu’elles le font par choix et qu’elles aimeraient qu’on arrête de les considérer comme des femmes qui ne savent pas ce qu’elles disent ou qui ont eu une enfance malheureuse, etc.

          J’essaie de vous expliquer un cas d’une femme qui fait ça volontairement et que je connais
          Pour situer, elle a fait des études, bilingue, cultivée. Ses motivations sont les mêmes que celles des hommes qui « font de l’escort » : donner du plaisir et gagner de l’argent. Elle a quitté un grand groupe et un boulot en CDI où ça se passait bien, elle gagnait très correctement sa vie, mais avec un boulot pas très épanouissant pour faire un boulot où elle considère qu’elle rencontre plein de gens, qu’elle leur donne du plaisir et elle prend du plaisir à en donner.
          Ses clients lui reconnaissent des qualités de service exceptionnelles, passent des moments de rêve avec elle et elle trouve aussi du plaisir dans la reconnaissance de ceux-ci, dans les progrès éventuels de leur vie sexuelle (certains prennent avec les prostituées des « cours de sexe »), de leur bien-être, etc.

          Je ne crois pas que toutes les prostituées « deviennent des corps » justement, celles qui gagnent bien leur vie le sont car elles deviennent « une relation de service qui utilise leur corps » ce qui est très différent

          Il y a aussi le cas, que je ne connais pas personnellement, de Virginie Despentes qui expliquait, en gros, que « faire payer les hommes » a été sa thérapie personnelle suite à son viol. A partir de là, on peut juger, critiquer, etc... Mais on peut aussi accepter et comprendre que certaines le font par choix (tout en défendant celles qui y sont contraintes et je vous rejoindrai sur le fait qu’elles sont peut être nombreuses).

        9 autres commentaires
  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 6