ENQUETE 12/03/2009 à 19h02

Dans la jungle des SSII, « on a une vie d'esclave »

Renée Greusard | Journaliste Rue89


Un employé dans une entreprise de Jakarta, en Indonésie (Dadang Tri).

Licenciements abusifs, harcèlement, dépression : il ne fait pas vraiment bon vivre en SSII. Derrière ce sigle, les sociétés de services en ingénierie informatique. Elles fournissent à des entreprises des informaticiens ou ingénieurs compétents dans un domaine. En 2007, l’Unedic a décompté 10 000 licenciements dans ce secteur.

Le col de sa chemise à carreaux sort de son pull fin. Bleu marine. Il a une mèche sur le côté. C’est presque une caricature du cadre et il gagne entre 3000 et 4000 euros par mois. Oui mais voilà, à 32 ans, Benoît [les prénoms de salariés ont été changés, ndlr] est dépressif.

« Là, ça va mieux. J’ai un traitement qui marche bien. Je suis sous antidépresseurs, anxiolytiques et je prends des somnifères. »

Employé dans une SSII, Benoît est spécialisé en informatique de gestion. Sa société l’envoie en mission ou « le vend », comme il le dit, à d’autres entreprises pour une compétence bien définie. « Je suis chargé d’automatiser la gestion des entreprises. » Aujourd’hui, Benoît s’estime moralement harcelé, poussé au licenciement :

« Je suis au placard. J’ai eu trop de clients et maintenant on me reproche d’être en intercontrat. »

L’intercontrat. En théorie, quand une mission s’achève, l’informaticien retourne à sa maison mère. En attendant une nouvelle mission, il peut être formé à de nouvelles compétences. En pratique, la période des intercontrats est souvent pour les salariés un mauvais moment à passer. Surtout quand la SSII ne trouve aucune mission pour son employé.

« Tu me coûtes trop cher »

Avant de se « retourner contre sa direction », Matthieu était responsable technique et commercial dans une SSII. Il était justement chargé de vendre les prestations, de « placer des collaborateurs » sur de nouvelles missions. Il raconte :

« On dit clairement au salarié “tu me coûtes trop cher”. J’ai vu des employés en intercontrat qui n’avaient plus d’électricité ! Vous entrez dans votre bureau, vous n’avez plus d’ordinateur ni de lumière. »

Le turn-over est donc très important dans les SSII. En 2007, l’Apec (association pour l’emploi des cadres) l’estime à 16% chez les cadres, soit plus du double que dans tous les secteurs confondu, où il s’élève à 7%.

Philipe Roux, directeur général de la société TRSB, pointe du doigt les employés :

« Le problème ne vient pas des entreprises mais des salariés. Quand une mission un peu moins noble se présente, certains la refusent. Et ça, clairement, ça excède l’entreprise. Un collaborateur ne peut pas refuser une mission. »

Au Munci (mouvement pour une union nationale des informaticiens), si on reconnaît l’existence d’un « opportunisme des informaticiens », on évoque aussi « [des] salaires ou évolution de carrière bloqués, [des] missions inintéressantes ou inadéquates, [des] problèmes de management ou de contournement du droit du travail, [et une] mobilité géographique excessive ou non désirée ».

Selon le Munci, l’Unedic a, en 2007, recensé 10 000 licenciements. Et si l’Apec annonce avec optimisme 38 000 recrutements de cadres en SSII en 2007, le Munci fait remarquer « la forte disproportion entre les recrutements “bruts” et les créations d’emplois “nettes” dans l’informatique, avec environ 75% de remplacements de personnel. »

L’informaticien, cette denrée périssable

Benoît évoque une autre raison pertinente à ce mouvement des salariés :

« L’informatique est un domaine en perpétuelle évolution. Externaliser la main-d’œuvre permet d’éviter le risque de se retrouver avec des informaticiens périmés. »

Régis Granarolo, le président du Munci, évoque, lui, pudiquement, des sociétés aux « visions commerciales à court terme ». De fait, elles brassent de l’argent. En 2007, l’Apec estimait le chiffre d’affaire du marché des SSII à 40 milliards d’euros. Un secteur bien portant, puisqu’il connaissait cette année-là une croissance de 6,5%, toujours selon l’Apec.

Et pour gagner de l’argent rapidement, certaines SSII n’hésitent pas à employer des méthodes éthiquement discutables. Une pratique consiste à vendre des compétences inexistantes. Cela s’appelle du prêt de main-d’œuvre illicite ou du délit de marchandage. Des faits passibles au pénal de deux ans de prison et de 30 000 euros d’amende. Concrètement, la SSII ne vend plus un savoir faire, mais… une personne.

« On m’appelait parce qu’un serveur avait planté, qu’un PC d’utilisateur ne démarrait pas, qu’il y avait des problèmes de conversion de fichier ou qu’un PC faisait un écran bleu », raconte Serge à propos d’une entreprise où il a été en mission.

« On a une vie d’esclave “

Pendant dix ans il a travaillé en SSII, avant de quitter ce secteur. Ecœuré.

‘On nous traite comme des chiens, on n’a aucun droit. Au XXe siècle, on a une vie d’esclave.’

Pour qu’il n’ y ait pas délit de marchandage ou prêt de main-d’œuvre illicite, la règle est pourtant simple : le prestataire doit être sous les ordres de la SSII et non de la société cliente.

Aujourd’hui, Serge est en litige avec TRSB, la dernière SSII qui l’a employé. Il lui reproche notamment des faits de ‘sous-sous-traitance’ ou d’avoir été ‘vendu’ à une première entreprise, puis ensuite revendu par son acheteur à une autre société. Sans apport de compétence par les intermédiaires.

Philippe Roux, le directeur général de TRSB, le reconnaît : ‘La sous traitance existe dans le métier de l’informatique’. Puis il déclare qu’‘il pourrait y avoir cinq ou six niveaux différents, ce ne serait pas un problème !’ ‘Archi faux’, juge Régis Granaralo. ‘Qu’est-ce que les sociétés intermédiaires viennent apporter là comme valeur ajoutée ? C’est totalement anormal.’

De l’autre côté de la barrière, Matthieu, l’ex-commercial, a clairement observé ces pratiques. ‘La plupart des commerciaux vendent des prestations qu’ils n’ont pas. On s’appuie exclusivement sur le salarié.’

‘On balance les gens sur des missions où ils se débrouillent’, déplore Anaïs, passée, elle, par huit SSII depuis 1981. Le CV trafiqué pour placer le plus de salariés dans des missions, elle connait :

‘Une fois, une société m’a vendue avec une expérience que je n’avais pas. On m’a présentée comme étant spécialiste. J’ai préféré être honnête et dire la vérité au client.’

‘Chaque fois qu’il y a eu des trous dans mon CV, on m’a demandé de les boucher’, confirme Benoît. C’est un autre grand défaut de ces entreprises : elles ‘n’ont pas de culture de gestion des ressources humaines’, explique Régis Granarolo du Munci, après avoir appelé ‘à ne pas mettre toutes les SSII dans le même sac’.

Delphine s’est suicidée

A GFI, trois employés se sont suicidés en seulement un an. Delphine était l’une d’eux. Déjà dépressive, cette chef de projet n’a pas supporté la pression de son manager sur son équipe. ‘Tous les problèmes qu’il y a eu dans cette équipe ont reçu une réponse autoritariste du manager’, explique Alexis Zadounaïfsky, du syndicat Sud Groupe GFI.

Si le syndicaliste tient à préciser que GFI n’est pas la pire SSII en France, et que la direction travaille à l’amélioration des ressources humaines, il regrette aussi une prise de conscience trop lente. Il évoque aussi une forme de dilettantisme dans la gestion du personnel : ‘Le manager avait la confiance totale de la direction’, se souvient-il avant de préciser :

‘C’est la part d’improvisation des SSII. On fait d’un commercial un manager. Il faut gagner de l’argent vite, faire des contrats vite. Les choix sont faits dans la précipitation.’

Du côté de l’administration de GFI, silence radio. Contacté, le service communication de l’entreprise n’a pas donné suite à nos appels.

Photo : un employé dans une entreprise de Jakarta, en Indonésie (Dadang Tri).

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  • pablico
    pablico
    À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
    • Posté à 19h27 le 12/03/2009
    • Internaute 14278
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

    « L’informatique est un domaine en perpétuelle évolution. Externaliser la main-d’œuvre permet d’éviter le risque de se retrouver avec des informaticiens périmés. »

    tout ce qui arrive et découle, part de cette phrase.

    ceux qui ont connu l’informatique à ses débuts ont du se recycler (quand ils pouvaient plus de 4 ou 5 fois, sans compter les spécialisations annexes). Cela coute très cher à une entreprise dynamique.
    l’entreprise économe préfère un jeune qui a été formé à l’école, et en changer à chaque changement de technologie...
    ou tout bonnement faire appel à une SII, de façon à lui refiler le problème humain.

    ceux qui on vécu ce problème, rient jaunes quand ils entendent les politiciens et autres spécialistes-conseillers faire l’apologie, de la formation permanente et autres balivernes. C’est facile pour eux, ils n’ont jamais été confronté au problème, alors ils font des ’il faut qu’on’ des ’ya ka’ etc..
    .pendant que les autres s’usent à ramer et finissent par se retrouver en inter contrat qui débouchent souvent par un renvoi.

    • jexiste
      jexiste répond à pablico
      si, si
      • Posté à 22h49 le 12/03/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      C’est un faux problème pour tous les informaticiens ayant une formation de base de bon niveau. Ils sont tous aptes à suivre les évolutions techniques de leur domaine de compétences. Les employeurs ont à leur égard une obligation de formation permanente qu’ils se refusent à assumer pour de très mauvaises raisons.

      • pablico
        pablico répond à jexiste
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 23h33 le 12/03/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        pas tous, il y faut tenir compte de l’usure du bonhomme et de son age....et surtout si il ne s’est pas(ou on ne l’a pas) ’ensablé’ dans un job peu valorisant ou dépassé trop longtemps..

         
        • manu2005
          manu2005 répond à pablico
          Afghanistan,Lybie, la france (...)
          • Posté à 08h00 le 13/03/2009
          • Internaute 1805
            Afghanistan,Lybie, la france (...)

          Et du fait que pour le marche, un informaticien de plus de 40 ans, ça n’existe pas...

          • jexiste
            jexiste répond à manu2005
            si, si
            • Posté à 10h35 le 13/03/2009
            • Internaute 53099
              si, si

            Si, si, des informaticiens de plus de 40 ans, on en trouve, mais il est vrai que dans l’ensemble ils ne font pas de vieux os. A 30 ans, on est déjà vieux ou « dépassé » pour certains décideurs.

            Mais cet état de fait ne résulte que d’une gestion des ressources humaines (et des projets informatiques eux-mêmes !) complètement débile, entièrement laissée au libre arbitre des « marchands de viande », les commerciaux et patrons de SSII qui font le marché sans connaître grand-chose à l’informatique et ses divers métiers et n’ont pas d’autre souci que celui de faire un maximum de fric en un minimum de temps.

            Imaginez qu’au lieu d’être une profession libérale, les médecins soient eux aussi soumis au diktat de ces affairistes véreux. Alors ils se verraient interdire d’exercer leur métier assez rapidement après avoir débuté sous prétexte des progrès de la médecine et de l’apparition de nouveaux médicaments, traitements, ou moyens de diagnostic depuis la fin de leurs études.

            C’est ainsi que cela se passe pour les ingénieurs informaticiens.

            • manu2005
              manu2005 répond à jexiste
              Afghanistan,Lybie, la france (...)
              • Posté à 11h00 le 13/03/2009
              • Internaute 1805
                Afghanistan,Lybie, la france (...)

              on est bien d’accord.

        3 autres commentaires
  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 19h35 le 12/03/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    « “ On m’appelait parce qu’un serveur avait planté, qu’un PC d’utilisateur ne démarrait pas, qu’il y avait des problèmes de conversion de fichier ou qu’un PC faisait un écran bleu ”, raconte Serge à propos d’une entreprise où il a été en mission. »
    Si c’est pas ça aussi le boulôt d’informaticien,alors c’est quoi ? ? ? Les écrans bleus,l’ignorance de certains usagers quand l’administrateur se prend pour Dieu et le déplantage de PC,y’en a quand même qui doivent se les coller...Redescendez de vos tours d’ivoire...
    Quand a accepter de bosser dans n’importe quelle condition pour des questions de fric, cautionner implicitement ce système sachant qu’au bout il y a souvent le burnout et venir pleurnicher ensuite parce qu’on a pas supporté,franchement,j’ai quand même du mal à compatir...fallait pas y aller...

    • Lurker
      Lurker répond à General Subverciòn
      Neant
      • Posté à 20h19 le 12/03/2009
      • Internaute 43564
        Neant

      Pour les raisons de travailler, je ne vous contredirais pas.
      Mais reparer des ecrans bleus et des problemes de demarrage, ce n’est pas forcément votre travail, si vous avez été embauché comme Ingénieur Recherche et Developpement. Comme si on demandait a un architecte de reparer un robinet qui fuit.

      L’informatique n’est pas un tout, mais une somme de métiers, tous très différents, même s’ils se recoupent forcément.

    • deecurl
      • Posté à 20h27 le 12/03/2009
      • Internaute 13077

      vous connaissez des informaticiens pour dire ça ?

      ils ne gagnent pas forcément plus d’argent qu’en travaillant en interne dans une société. ils acceptent de bosser dans ces conditions parce qu’ils ne trouvent pas de boulot ailleurs, c’est facile et tentant de cracher sur eux mais le fait est là...et d’ailleurs ce n’est pas que les informaticiens, c’est le lot de beaucoup d’ingénieurs dans d’autres spécialités.

      enfin pour ce qui est de l’écran bleu, pardonnez-leur de vouloir travailler au niveau auquel ils ont été formés...ça revient à demander à un chef cuisinier de faire cuire des pâtes (désolée Lurker, on a eu la même idée :))

    • touko_2
      touko_2 répond à General Subverciòn
      fonctionnaire http://minettelol (...)
      • Posté à 12h50 le 13/03/2009
      • Internaute 70143
        fonctionnaire http://minettelol (...)

      Tout à fait, je suis moi même informaticien, et bien que j’ai une formation de développeur, je suis obligé de connaitre sur tout.

      La différence c’est que mes boss, n’ont rien à me dire si je ne suis pas aussi pointu dans tout les domaines que des spécialistes qui ne font que ça dans leur domaine.

      Et la personne qui croie qu’elle va faire ce qu’elle à apprise à l’école toute sa vie se fourre le doigt dans l’oeuil jusqu’a l’omoplate,du moins pour l’informatique .

      Ce sont les bases même de l’informaticien, évoluer avec la technologie pour ne pas être dépassé, d’ailleurs il me semble que c’est le cas pour tout les boulots.

      Ce qui me choque ici, ce sont vraiment le manque de considérations de certains employeurs qui prennent leurs salariés pour des outils jetables, qu’il est plus simple de remplacer que de former.

  • Lurker
    Lurker
    Neant
    • Posté à 20h15 le 12/03/2009
    • Internaute 43564
      Neant

    Pour avoir testé les SSII (je n’avais pas l’intention d’y rester bien longtemps), j’ai pu me rendre compte par moi meme a quel point le problème est simple.
    Une entreprise va aller voir une SSII dans deux cas :
    1/ Petite entreprise, on prend un prestataire (un ingé de SSII, donc) comme avant on prennait un CDD. Pour une surcharge (réèlle) de travail, ou pour une compétence dont on a besoin ponctuellement. Cela me semble a peu pres legitime
    2/ Grosse entreprise, on prend un prestataire pour deux raisons : la premiere, c’est que cela ne compte pas comme un employé, mais revient grosso-modo au même prix. Mais cela fait une masse salariale plus reduite, moins de problemes de licenciements/reclassement, et a priori (je n’y connais rien, mais je l’ai souvent entendu dire) des avantages fiscaux non-négligeables. Deuxieme raison, le chef de projet dans une grosse boite a une marge de manoeuvre limitée en termes d’embauche, mais pas forcément en termes de moyens. Beaucoup plus simple pour lui de payer ’ponctuellement’ (comme un point qui serait en moyenne d’un an) et de changer si il y’a problème.

    Une SSII ne licencie pas. Elle mute. Vous êtes parisiens ou lyonnais, vous travaillez pour une SSII. Un point *CERTAIN* de votre contrat de travail stipule que vous êtes mobile. On vous embauche pour une mission (ou un choix de missions) sur Paris ou Lyon, et le jour ou le client ne veut plus de vous, on vous mute a Mendes. Non que Mendes soit une ville ignoble, mais vous n’allez pas changer completement de vie parce qu’on vous le demande. Donc vous demissionnez (ou refusez la mutation, ce qui revient exactement au même).

    J’ai vu des gens faire 5h de trajet par jour (Melun->Cergy) pendant des mois, parce qu’ils n’avaient pas vraiment le choix, sous peine de ’demission’. Payés assez peu pour leurs etudes (ingénieurs, donc bac+5 pour la plupart), aux alentours de 30/32ke par an. Et chose amusante, les frais de transport ne sont a la charge de l’employeur (pour moitié, en île-de-France) qu’entre les locaux de l’employeur (la SSII) et ceux du client. Exemple : votre SSII est a Cergy. Votre client a Osny (juste a coté de Cergy). On vous paiera royalement la moitié d’un ticket de bus, alors que vous passez 6 zones le matin, et 6 le soir.

    Enfin, le principe même de SSII est long a discuter, mais il est clair qu’une SSII n’apporte généralement aucune valeur ajoutée, seulement des avantages financiers/fiscaux. Mais c’est ce qui interesse les clients, après tout, cela doit être bon pour la France, donc pour le Peuple.

    • Ryuu
      Ryuu répond à Lurker
      Informaticien parisien
      • Posté à 13h33 le 13/03/2009
      • Internaute 28569
        Informaticien parisien

      Travaillant en SSII (et étant relativement content de mon sort), je voudrais ajouter quelques remarques :

      Une grosse entreprise, qui utilise le même logiciel depuis des dizaines d’années (comme c’est souvent le cas en finance par exemple), peut avoir besoin d’une grosse équipe d’informaticiens pendant 1 an et demi, 2 ans, pour changer de logiciel par exemple, puis seulement un ou deux ensuite pour assurer la maintenance. Il est totalement logique pour elle de passer par une SSII, car elle n’a alors pas à s’occuper du recrutement, et les emplois ne seront pas précaires (mieux vaut un CDI dans une SSII qu’un CDD chez un autre).

      Pour la mobilité, mon contrat stipule que je travaille en région parisienne. Ils peuvent toujours tenter de me muter sur Lyon, si je veux pas, c’est niet, et c’est bien précisé sur mon contrat. Pareil pour mes frais de transports : non seulement ils sont remboursés à 100%, mais c’est sur le trajet « domicile-siège entreprise-client ». J’ai conscience d’être privilégié sur ces points, c’est surtout pour témoigner sur le fait que toutes les SSII n’exploitent pas complètement leur salariés.

      Par contre, les conditions de travail abominable, j’ai connu quelques missions ou je confirme qu’elles existent. Et elle ne vient pas seulement de la hierarchie : les collègues peuvent vous démolir le moral, dans un délai de quelques semaines. Je l’ai vu, et c’est assez effrayant.

  • vol19
    • Posté à 21h45 le 12/03/2009
    • Internaute 13492

    Contrairement à d’autres secteurs, les SSIIs ont longtemps été des marchés en expansions (malgré des recessions périodiques) qui ont absorbé un nombre importants de modes, de techniques avec un effectif humain nom moins important.
    Là aussi, ce type d’activité s’insère bien (elle, en fait même partie) de cette logique individuelle allant vers davantage d’« isolement », de travail en miettes, de relations précarisées malgré ou grâce à des « imaginaires leurrants »... de configuration de travail qui associe à l’extrême de grosse boites de consulting qui rachètent des cabinets et de l’autre des petites structures qui survivent et évoluent sous la forme de réseaux d’« autoentrepreneurs »... avant d’être concurrencé par des plateformes en Inde, au Maroc...
    -> La question que l’on pourrait se poser, c’est y a t-il des « niches » des stratégies de positionnement, de spécialisation ou de certains métiers, ou de certains secteurs qui permettent à certains informaticiens de mieux survivre ?
    Par exemple, les spécialistes en robotique industrielle avaient meilleur compte de choisir la Californie que la France

    • jexiste
      jexiste répond à vol19
      si, si
      • Posté à 22h23 le 12/03/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      Je réponds à la question finale.

      Les SSII sont un système spécifiquement français qu’à titre personnel j’accuse d’avoir tué dans l’oeuf l’industrie du logiciel français.

      Voilà pourquoi, en effet, ceux qui peuvent s’en sortir s’épanouissent à l’étranger.

      • Ryuu
        Ryuu répond à jexiste
        Informaticien parisien
        • Posté à 13h36 le 13/03/2009
        • Internaute 28569
          Informaticien parisien

        Oui, c’est même tellement typiquement francais que ma grosse SSII francaise à été rachetée par une encore plus grosse SSII anglaise :)

      • multicompte e
        multicompte e répond à jexiste
        eee
        • Posté à 19h12 le 13/03/2009
        • Internaute 65247
          eee

        Les SSII ont été un secteur porteur très longuement, surtout avec le krach auquel on s’attendait avec le passage à l’an 2000. Bcp de postes ont été supprimés depuis, mais les avancées technologiques, surtout électroniques, sont en constante mutations.. donc, il y a toujours une forte demande !

  • jexiste
    jexiste
    si, si
    • Posté à 21h56 le 12/03/2009
    • Internaute 53099
      si, si

    Rhaaaaaaaaah ! Mon univers impitoyable !

    Plusieurs années d’expérience dans ce secteur, je confirme tout ce qui est dit dans l’article, sauf les raisons invoquées par les employeurs, toujours mauvaises.

    Mes premiers intercontrats, je les ai passés dans un vrai placard, un petit réduit sans fenêtre où s’entassaient les deux, trois ou quatre informaticiens de la boîte simultanément en intercontrat.

    Et ce n’est pas ce que j’y ai vécu de pire, loin de là...

    Après avoir subi plusieurs tentatives d’assassinat, et vainement tout essayé pour faire cesser les exactions permanentes et agressions à répétition dont je suis toujours victime plusieurs années après avoir refusé de travailler pour la Mafia, je suis incapable de résumer cette expérience et développer les conclusions que j’en tire, là, à chaud, en quelques lignes.

    Je tiens à la disposition de ceux que ça pourrait intéresser une armoire entière de dossiers à ce sujet.

    • texiste mal
      texiste mal répond à jexiste
      sidéré
      • Posté à 13h52 le 14/03/2009
      • Internaute 70995
        sidéré

      « Après avoir subi plusieurs tentatives d’assassinat »
      « après avoir refusé de travailler pour la Mafia, »

      Tentatives d’assassinat ? Mais dans ce cas vous avez dû porter plainte. Alors les conclusions ?

  • Siggg
    Siggg
    entrepreneur social
    • Posté à 23h26 le 12/03/2009
    • Internaute 72816
      entrepreneur social

    Et si les SSII mettaient leurs intercontrats au service de la solidarité ?

    Plutôt que de laisser des ingénieurs en standby déprimer « dans des placards » comme c’est parfois le cas, et si on les laissait mettre leurs compétences, sur leur temps de travail, à la disposition des projets informatiques d’associations d’intérêt général, le temps de leur retrouver une mission commerciale classique ? Ce serait une forme de mécénat innovante qui ne coûterait même pas un euro aux actionnaires mais qui rendrait de sacrés services au monde associatif.

    Dans le climat actuel, on risque d’avoir de plus en plus de ces situations d’intercontrat alors que nos problèmes de société deviennent de plus en plus criants. Ce serait bizarre de ne rien faire pour changer ça, non ? En plus, cela permettrait aux boîtes pour qui « développement durable » veut dire autre chose que « joli chapitre du rapport annuel » de se démarquer pour de bon, de passer à l’acte à moindre coût et de se rendre utile sur des causes justes.

    L’idée vous plaît ? Ca s’appelle faire du wecena. J’essaie de faire connaître ce concept dans la profession et auprès des patrons de SSII soucieux d’exercer leur responsabilité sociale d’entreprise sans sacrifier la performance économique. Plus d’infos sur Lien

    Qu’en pensez-vous ?

    • John10
      John10 répond à Siggg
      Fouineur du web
      • Posté à 23h26 le 12/03/2009
      • Internaute 72521
        Fouineur du web

      OUI l’idée parait bonne, et belle !
      Mais pourquoi une SSII aurait elle envie (intérêt) à faire ca ?
      Et cette idée pourrait elle fonctionner quelque soit la durée de l’intercontrat ?

      • Siggg
        Siggg répond à John10
        entrepreneur social
        • Posté à 10h52 le 13/03/2009
        • Internaute 72816
          entrepreneur social

        Ce que la SSII pourrait en retirer :

        - motiver, mobiliser, fidéliser ses troupes

        - obtenir de la matière pour répondre aux questionnaires « développement durable » des appels d’offres de certains grands comptes, notamment du secteur public

        - gérer le stress, le doute et le risque de perte de confiance en soi lorsque l’intercontrat se prolonge alors que l’on est compétent

        - s’afficher comme « entreprise citoyenne et solidaire » (sans que ça lui coûte un euro) au plus fort de la tourmente économique, de manière à améliorer sa réputation et séduire les jeunes diplômés sensibles au « développement durable » mais demandeur d’engagement concret

        Quant à la durée de l’intercontrat, elle peut être aussi courte que 48H. Bien sûr, plus la durée moyenne sera longue, plus les associations bénéficiaires y gagneront. Et le climat économique actuel fait que ces durées se rallongent. Dans tous les cas, les projets proposés aux volontaires sont adaptés à cette contrainte de durée courte et imprévisible et de tôt de rotation astronomique des intervenants.

    • jexiste
      jexiste répond à Siggg
      si, si
      • Posté à 09h20 le 13/03/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      Vous rêvez.

      Si la période d’intercontrat est toujours si délicate, c’est précisément parce que durant ce temps, le salarié ne rapporte plus rien à l’entreprise.

      Il n’est pas rare qu’il soit alors contraint et forcé de signer une démission antidatée de trois mois.

      • Siggg
        Siggg répond à jexiste
        entrepreneur social
        • Posté à 11h00 le 13/03/2009
        • Internaute 72816
          entrepreneur social

        Je n’espère quand-même pas faire changer du jour au lendemain les irréductibles « vendeurs de viande ». Et je sais bien qu’il y en a.

        Mais je pense que dans le secteur, tous ne sont pas à mettre dans le même panier. Pour un certain pourcentage de profiteurs immoraux (et peu respectueux de la loi), je crois qu’il y a également une proportion de dirigeants responsables et lucides :

        - le wecena ne leur coûte rien puisque le temps des intercontrats est dans tous les cas « perdu »,

        - ça leur rapporte en termes de motivation des salariés (et autres avantages énumérés dans mon autre commentaire),

        - et ça peut permettre à des associations d’intérêt général de rendre le monde un peu meilleur dans leurs créneaux respectifs.

        Alors pourquoi ne pas essayer de concrétiser cette part de rêve en réalité ? Ce serait plutôt sympa si on pouvait concrétiser ça, non ?

  • manu2005
    manu2005
    Afghanistan,Lybie, la france (...)
    • Posté à 08h25 le 13/03/2009
    • Internaute 1805
      Afghanistan,Lybie, la france (...)

    J’ai passé ma vie de SSII en SSII.

    Le SSII, si on essaie de la vivre comme un poste en fixe, c’est galère, limite esclavage.

    Mais si vous savez à qui vous avez affaire (ça va vite), alors, vous pouvez retourner la situation : vous êtes libre, de partir, où vous voulez, quand vous voulez, puisque « précaire ».

    Donc, de choisir la meilleure offre, de partir (voyager) quand vous en avez marre, ...etc

    On ne peut pas travailler pour un SSII et avoir une vie pépère.
    Mais, n’ayant pas de vie pépère, changer d’emploi devient très facile.
    Je n’ai jamais eu de crédit, car je n’ai jamais de salaire assuré...
    Je n’ai jamais acheté de maison, car je n’ai jamais eu de travail fixe.
    Partir là où il y a du boulot (il y a toujours un endroit), c’est très facile (j’ai femme et enfant).

    Les SSII sont des négriers, souvent.
    Mais je préfère ne pas travailler que de bosser pour 150€/mensuel de frais de déplacements(hôtel, resto, train) - offre véridique, à laquelle j’ai répondu : « quand vous aurez de l’argent, rappelez-moi »

    Enfin, la tractation entre la SSII et l’employé doit être simple : Il y a ça à faire la-bas, on vous donne ça, ça vous dit ?

    Tout autre test, étude..etc, ça sent pas bon, laissez tomber.
    La SSII n’est là que pour l’argent.
    Si on vous tracasse avec vos compétences, c’est juste pour vous esclavagiser.
    Sûrement pas pour la qualité, ils s’en foutent.
    Et si vous ne faites pas l’affaire, vous serez viré illico, donc ils ne prennent pas de risque.

    Par contre, je note de plus en plus que le client final...
    Déjà assez exigeant vu les tarifs, devient irrespectueux.
    Mais bon, pas que pour les prestataires, c’est plutôt dans l’air du temps.
    C’est pour cela que je ne bosse plus.
    Parce que les sous, plutôt que de les claquer dans des objets aussi clinquants qu’inutiles (Rolex ?) je les ai mis dans ma retraite anticipée…
    Bref, à cinquante ans, sans Rolex, je dis merci aux SSII de m’avoir sorti du monde du travail.
    Et je me dis que si les travailleurs, plutôt que de courir après une « sécurité du travail » (drôle non ?) courraient après la liberté…
    Mais bon, tant que la liberté sera de porter des Nike…

    • azerty69
      azerty69 répond à manu2005
      ExecutieveBranleur
      • Posté à 10h32 le 13/03/2009
      • Internaute 42089
        ExecutieveBranleur

      Bravo.
      MOI aussi item.
      Vous avez toujours le gauchiste qui se plaint de tout. Et puis vous avez ceux qui ont un cerveau.
      La SSII c’est beaucoup beaucoup mieux payé. C’est des opportunités extraordinnaire.
      Si vous êtes pepere et que vous voulez une vie tranquille, on fait 5 ans en ssii puis on rentre en fixe. Bien sur les nuls ne trouveront jamais de poste en fixe...
      Si vous avez du caractère, des couilles et êtes bon, la ssii c’est en 10-20 ans de quoi s’assurer une retraite tranquille.

      • Tyb
        Tyb répond à azerty69
        (par ici, par là)
        • Posté à 10h45 le 13/03/2009
        • Internaute 24914
          (par ici, par là)

        Les salaires ne sont pas particulièrement plus élevés en SSII, et non pour l’immense majorité des missions ce ne sont pas du tout des opportunités extraordinaires.

        Bon ceci dit je trouve l’article très critique, un petit peu trop.

        Il faudrait dégager les grosses usines à consultants des plus petites SSII où l’ambiance peut tout de même être bonne, comme la mienne.

        Alors certes y’a des points noirs, salaires d’embauche faible, pas de perspectives d’évolution professionnelle, que ce soit en terme de postes ou de compétences, missions le plus souvent inintéressantes, pression parfois, milieu de moutons décérébrés sans culture ni curiosité pour quoi que ce soit parfois pénible à vivre...

        Mais bon ce sont des points sur lesquels tout le monde est à peu près au courant avant d’accepter un poste en SSII.

        Par contre le vrai problème c’est effectivement que ça a causé la mort du métier d’éditeur de logiciel en France et des postes ’fixes’ dans ce domaine, et une sur représentation des offres en informatique de gestion qui masquent tous les postes potentiellement intéressants quand on recherche un emploi

         
        • manu2005
          manu2005 répond à Tyb
          Afghanistan,Lybie, la france (...)
          • Posté à 11h31 le 13/03/2009
          • Internaute 1805
            Afghanistan,Lybie, la france (...)

          « ça a causé la mort du métier d’éditeur de logiciel en France “

          Moi, je mettrait plutôt en cause la partie commerciale de cette affaire.
          Vendre du vent et ajouter des avenants pour décrocher les appels d’offres.
          Et une certaine naïveté, ou impuissance des créateurs face à cet aspect.

          Mais, y compris chez le client final, ce n’est pas souvent la qualité qui prime, mais le politique, donc le commercial.
          C’est bien triste, mais c’est comme cela partout depuis un moment.
          Alors, on peut râler, mais pour manger, le mieux c’est de se concentrer sur le salaire de la mission.

        1 autres commentaires
      • manu2005
        manu2005 répond à azerty69
        Afghanistan,Lybie, la france (...)
        • Posté à 10h52 le 13/03/2009
        • Internaute 1805
          Afghanistan,Lybie, la france (...)

        « Vous avez toujours le gauchiste qui se plaint de tout. »

        On me classerai plutôt gauchiste.
        Quant à moi, je classerai plutôt à droite se qui ronronnent en fixe...
        Comme quoi...

    • John10
      John10 répond à manu2005
      Fouineur du web
      • Posté à 11h35 le 13/03/2009
      • Internaute 72521
        Fouineur du web

      Je ne partage pas votre opinion.
      Mais je la respecte.
      L’important est d’avoir un débat possible, dans ce cas les reflexions peuvent avancer.

      Juste 2 commentaires :
      - je percois votre texte comme l’expression d’une frustratation, c’est en tous cas un peu « triste », pas très positif. Ayant travaillé plusieurs années en SSII, c’est que qqpart ca vous convenait non ?
      - le débat se déplace par rapport aux idées de reflexions de Sigg. Il ne faisait pas l’apologie des SSII ni leur procés, mais simplement le constat qu’il y a de l’intercontrat (un fait !) et que peut être y a moyen d’utiliser cet etat de fait positivement, pour les SSII, pour les salariés, et pour les associations. Ce type cherche a faire bouger les idées et les lignes, je trouve ca honorable.
      Apres, c’est comme les idées de Manu2005 : on n’est pas obligeé de partager, mais au moins Sigg est « positif » et cherche à proposer qqchose pour améliorer les faits ! C’est de ca dont on manque le plus à mon avis.

      a+

      • manu2005
        manu2005 répond à John10
        Afghanistan,Lybie, la france (...)
        • Posté à 12h05 le 13/03/2009
        • Internaute 1805
          Afghanistan,Lybie, la france (...)

        « je perçois votre texte comme l’expression d’une frustration »
        Certes, j’aurai aimé faire du bon boulot pour des gens qui en auraient été satisfaits.
        J’aurais aimé avoir des ailes aussi...
        J’ai fait de mon mieux avec ce qu’il y avait.
        Evidement, je suis tombé de haut par rapport à mes espoirs.

        « le débat se déplace par rapport aux idées de reflexions de Sigg. »
        Je trouve l’idée bonne, mais il vaut mieux compter sur soi-même et aller aider directement les gens, car je ne pense pas que le système le fera.
        Par exemple proposer ses services aux écoles, hospices...
        Ça marche. Je l’ai fait.
        Cela dit, ça sous-entend que vous gériez vous-même votre inter contrat plutôt que d’accepter de la régie (du placard) dans l’espoir de votre démission. On peut aussi négocier un licenciement.

        « mais au moins Sigg est “ positif ” »
        Mais moi aussi !
        Ce que je dis, c’est qu’au lieu de subir un système ...douteux, il vaut mieux l’utiliser.

        C’est pas positif ?

  • Emma T.
    Emma T.
    Camille est sur SeXpress
    • Posté à 10h20 le 13/03/2009
    • Internaute 40366
      Camille est sur SeXpress

    Hum hum ...

    Qui a mis en place le système des SSII ?

    • jexiste
      jexiste répond à Emma T.
      si, si
      • Posté à 11h13 le 13/03/2009
      • Internaute 53099
        si, si

      IBM.

      Mais l’élève a depuis longtemps dépassé le maître...

      • Emma T.
        Emma T. répond à jexiste
        Camille est sur SeXpress
        • Posté à 12h11 le 13/03/2009
        • Internaute 40366
          Camille est sur SeXpress

        IBM.

        Soit. Mais vous voulez dire des ingénieurs et des informaticiens d’IBM ?

         
        • jexiste
          jexiste répond à Emma T.
          si, si
          • Posté à 12h27 le 13/03/2009
          • Internaute 53099
            si, si

          Décidément, vous en voulez aux ingénieurs, vous.

          Les SSII sont une pure affaire commerciale.

          Voilà ce qu’en raconte l’élève, dont vous noterez qu’il a oublié le maître :

          Lien

  • elmanol93
    • Posté à 10h29 le 13/03/2009
    • Internaute 31108

    Ce type de gestion du personnel est loin d’être exclusivement réservée aux salariés des SSII. Il est même, à mon sens, étendu à la totalité des secteurs.

    La majorité des salariés en but à cette brutalité est le plus souvent tétanisée par la peur du lendemain et c’est bien compréhensible. il n’y à guère que dans les entreprises où les représentations du personnel ou syndicales font leurs boulot sans entraves que des fonctionnements de travail cohérents survivent.

    Code du travail « assoupli », Inspection du travail débordée et contrôlée par les responsables régionaux (poste politique ne découlant pas d’examen administratif), Prud’hommes surchargés et affaiblis par la réduction drastique du nombre de leurs tribunaux, volonté affichée du gouvernement de faire taire les revendications sociales…

    Les salariés des SSII - entre autres - n’ont pas fini de voire empirer leur situation. Ils mangent leur pain blanc.

  • YoshiL7
    • Posté à 10h51 le 13/03/2009
    • Internaute 29840

    L’informatique et les SSII, ca se résume à quelques phrases, expressions dans le monde des gens qui connaissent fortement ce milieu ou qui l’on expérimenté après avoir préféré la reconversion à la persévération par choix ou par oblgiation. Merci le Lien d’ou sont tirées tous ces points :

    1. rémunération moyenne des ingénieurs en SSII la plus basse du marché, juste devant l’agriculture, selon les enquêtes du CNISF et de l’APEC...
    2. marchands de viande
    3. prêt illicite de main d’oeuvre
    4. délit de marchandage
    5. interim de luxe
    6. loueurs de main d’oeuvre
    7. faux fournisseurs de services malgré leurs noms
    8. turnover deux fois plus présent que dans les autres domaines
    9. offre d’emploi fictive (l’APEC en regorge notamment...)
    10. recrutement en masse abandonné
    11. discrimination à l’embauche (age, profil...)
    12. jeunisme (moyenne d’age : 34 ans)
    13. reconversion à partir de 40 ans très fréquentes
    14. senior à 35 ans ou trop cher au bout de 10 ans
    15. bidouillage des CVs par les SSII
    16. isolement des salariés en poste
    17. double subordination (client et SSII) fréquente mais illégale
    18. contrat de travail avec des clauses souvent abusives
    19. stress professionnel et pression morale souvent importants
    20. clause de mobilité quasi-généralisée dans les contrats
    21. mobilité de plus en plus fréquente en France comme à l’étranger sans contrepartie réelle
    22. aucun véritable projet d’entreprise en SSII
    23. restriction du salarié à un profil-type qui permet difficilement la polyvalence ensuite
    24. pas ou peu de fidélisation du personnel
    25. pas ou peu de suivi du personnel en poste ou au petit bonheur la chance
    26. progression de carrière très éphémère et illusoire
    27. faible formation des salariés
    28. hiérarchie basée sur la rentabilité avant toute autre chose
    29. ethique pas toujours au clair (harcèlement, clause abusive...)
    30. licenciements abusifs pour motifs personnels, qui sont trois fois plus nombreux que les licenciements économiques
    31. faute imaginaire ou insuffisance professionnelle
    32. les SSII sont abonnés aux bancs des prud’hommes
    33. rareté des représentants du personnel ou des syndicats dans le milieu
    34. dumping social par immigration économique & sous-salariat des stagiaires
    35. convention collective une des moins favorables aux salariés
    36. politiques anti-concurrentielles de référencement des prestataires par les grands comptes
    37. verrouillage commercial du marché par les SSII
    38. ruptures abusives de périodes d’essai
    39. intercontrats

    Maintenant, toutes les sociétés ne sont pas aussi négatives que la liste de ces points peut le laisser penser. On ne peut généraliser bien évidemment et tout cela ne se retrouve pas systématiquement chez tout le monde et ce, de manière plus ou moins importante... Certains salariés y trouvent leur compte, et certains conditions de travail sont aussi meilleurs que dans d’autres métiers bien évidemment.

    Finalement, face la très mauvaise gestion du marché de l’informatique, nos politiques, avec l’appui du SYNTEC (convention collective) nous apporte son lot de nouvelles mesures : flexibilité, offshore, immigration économique, main d’oeuvre abondante... car pour ces gens, il manque des informaticiens sur le marché... hormis qu’à ce jour, Lien... sachant que l’anpe en compte 7 autres dont on ne parle pas... et qu’en cette période, les intercontrats semblent se multiplier, ce qui laisse présager pas que des bonnes nouvelles pour ces gens...
    Lien

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 12h44 le 13/03/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Le joyeux monde des SS2I, j’y ai passé à peine quelques mois. La première boite pour laquelle j’ai bossée en était une, mais elle s’est faite racheter par l’éditeur de logiciel pour qui elle bossait et qui avait un sacrée besoin de main d’oeuvre (les folles années 2000 : D)

    Du coup, c’est surtout en client de SSII que j’ai pu voir ce que c’était, et m’apercevoir que c’était du tout et n’importe quoi.
    Je compte plus les mecs totalement incompétents qu’on avait aux alentours de 2002, moment de grande pénurie de main d’oeuvre, ou bien les gars qui étaient doués mais hors de prix (10 000€/mois pour un mec à peine capable de faire tourner son AS400 !).

    Et c’est à côtoyer ces gens que j’ai compris que ce n’était pas fait pour moi. Je n’ai pas assez l’esprit mercenaire et vadrouilleur, j’adore voir pousser mes logiciels.
    Et puis devoir se trouver du taf pendant l’intercontrat, c’est un peu lourd. Je suis là pour faire le taf, mais pas pour en chercher.
    Sans compter que lorsqu’on a trouvé une boite qu’on aime bien, c’est dommage de pas y rester tant que ça dure. Pour dire, même celle que je n’ai pas aimée j’y suis resté trois ans : D

    Et la dernière expérience avec une SS2I en prestation fut terrible. La direction a eu l’idée étrange de vouloir embaucher une boite au Maroc pour faire du dev, car ce n’est pas évident de trouver de la main d’oeuvre et que ça coûte soit disant moins cher. Après six mois et pour un résultat lamentable, ils ont compris que c’était une très mauvaise idée, les mecs ne faisaient jamais ce qu’on leur demandé, on passait notre temps à tout gérer, et ces cons avaient un gros turn over et du coup il fallait toujours expliquer.
    La gueule de l’économie...

    L’autre truc vicieux avec les SSII, c’est qu’ils agitent les liasses sous le nez des types qu’ils veulent recruter. Bien souvent j’ai vu partir des gens vers ces sociétés qui penser y trouver argent et bonheur. Ce fut le cas pour certains, car ils étaient fait pour ça, mais beaucoup d’autres sont un peu blasés maintenant.
    Même moi j’ai eu le droit au coup quand je cherchais du boulot l’année dernière, une boite m’a proposé 6000 de plus que mon job actuel. Mais entre 500€ par mois et un boulot pas trop chiant, j’ai préféré miser sur les augmentations : D

    Et embaucher des bleus qui sortent de l’école, ça fait peut être style de mettre le nom du dernier langage à la mode sur le CV, mais ça reste un type sans expérience.
    Certes, le terme informaticien, que je honnis, est vaste et recouvre de nombreux métier. Mais dans le développement, on apprend pas un langage de programmation ou une méthode d’analyse. On apprend à développer.
    Je n’ai jamais suivi une vraie formation pour me mettre au C#, je me suis contenté d’explications, de quelques tutoriels pour installer les outils et surtout de comprendre les subtilités du langage, et au bout de six mois je m’en sert comme si j’avais fait ça toute ma vie. L’important c’est de savoir programmer, d’avoir une vision objet des choses, et le reste n’est que formalité.

    Enfin c’est toujours le même problème, quand on embauche quelqu’un, il est difficile de savoir si le mec est vraiment talentueux, et surtout de savoir s’il le restera toute sa vie.

    En tout cas une chose est sure, c’est qu’en ce moment les SSII stressent un peu. Il y a de plus en plus de CV qui nous arrivent, et on a même une SS2I qui propose de nous vendre un de ses employés (le truc classique) mais sans aucune commission !

    Mais il ne faut pas stresser. Même si c’est un peu mou en ce moment mais ça ne va pas durer (la crise est un prétexte pour la purge), du boulot il y en a à la pelle dans ce milieu. Et ceux qui ne trouvent pas devraient commencer à se poser des questions...

  • pegaze
    pegaze
    ingé
    • Posté à 16h18 le 13/03/2009
    • Internaute 25303
      ingé

    les ss2i servent de tampon, fournissant le manpower nécessaire en cas de besoin à d’autres entreprises. comme dans toutes les activités ponctuelles lorsque les salariés n’ont plus de travail ils sont sous pression. les temps étant plutôt au régime sec, ce sont les ss2i qui trinquent, elle prennent de plein fouet le ralentissement économique. mieux vaut ne pas faire dans le sentiment et ne pas hésiter à changer de société, et encore moins croire qu’une ss2i vous permettra de faire toute votre carrière chez elle. les salariés les mieux payés sont généralement ceux qui prennent de plein fouet les ralentissements économiques : quitte à choisir entre un débutant et un expérimenté en intercontrat, prenez un débutant moins cher, plus frais, moins installé dans la vie et qui acceptera largement plus facilement de changer tous les 6 mois de vie et de ville...

  • dw
    dw
    Développeur java/J2EE
    • Posté à 00h04 le 15/03/2009
    • Internaute 73003
      Développeur java/J2EE

    J’ai travaillé chez GFI. J’habitais à Calais, tout en travaillant à GFI Lille. Ca a l’air idyllique comme ça, sauf qu’évidemment, j’ai fini par être envoyé loin. A Douai ou à côté de Valenciennes. Quel est le problème ? Plus de six heures de trajet aller-retour pour aller faire de la merde qui faisait même pas partie de mes qualifications. Je suis développeur java, j’ai fait du C à Douai et Valenciennes. Et pas du développement, juste des lignes de code.
    Les six heures de trajet quotidien jusque Valenciennes ont duré cinq mois. Je suis passé à une mission à Douai, avec encore une fois 6 heures de trajet depuis mon domicile.

    Ayant eu des conflits avec ma hiérarchie, c’est évident que ces trajets à rallonge étaient mon placard, combiné à des augmentations refusées. Des ingénieurs sortant de leurs études sont arrivé ensuite dans la société au même salaire que moi malgré mon expérience.
    Sauf qu’au final, j’ai tenu la pression, que je les ai quittés et comme j’étais rentable, c’était une gêne que je parte.

  • dw
    dw
    Développeur java/J2EE
    • Posté à 00h09 le 15/03/2009
    • Internaute 73003
      Développeur java/J2EE

    J’ajouterai que quand je suis parti et donc qu’on avait plus de levier pour me faire travailler 48 heures par semaines sans heures sup payées, des collègues étaient forcé de travailler le samedi, le dimanche et les jours fériés en ayant pour seule compensation une journée de congé pour chacun de ces jours travaillés. Pas de bonus de travail le samedi ou les jours fériés et juste la moitié des heures supplémentaires dues à ces jours là payées. Evidemment les heures sup des 5 autres jours de la semaine n’étaient pas rémunérés.