Jérôme, chercheur, dix ans d'études pour 1800 euros net
Jérôme P. est enseignant-chercheur en physique-chimie à l’université Pierre et Marie Curie (Paris-VI), depuis septembre. « En choisissant ce métier, je n’ai jamais regardé le salaire, je suis vraiment passionné », nous dit-il. Eco89 a passé son porte-monnaie au rayon X.
Bac scientifique en poche, Jérôme n’a pas hésité avant de se diriger vers des études de physique, sa matière de prédilection. Il pensait devenir enseignant, comme ses parents. « Les hasards de la vie et des rencontres en ont décidé autrement, et c’est tant mieux ! » Le jeune chercheur de 29 ans tient à redorer le blason de sa profession, qu’il juge trop mal vue :
« Contrairement aux idées reçues, la recherche française se porte bien, on a de bons résultats. Ce n’est pas un métier ennuyeux, on se marre toute la journée au labo. »
Revenus : 1800 euros net par mois et une prime
Jérôme vit encore chez ses parents. Son salaire pourrait lui permettre de trouver un logement mais pas celui qu’il cherche :
« J’aimerais vivre dans un deux pièces à Paris mais je n’ai pas les moyens. Si j’habitais à Perpignan ou Toulouse, je n’aurais pas autant de difficultés mais vu les prix ici, j’ai du mal à trouver. »
L’« avantage », c’est qu’il ne rembourse aucun crédit. Il soupire : « Je n’ai rien à moi, je ne risque pas d’avoir un emprunt en cours. »
En tant qu’enseignant-chercheur, Jérôme doit partager son temps entre les cours à l’université et ses recherches au laboratoire. Comme maître de conférences, il enseigne 200 heures par an. « Il faut compter trois fois plus pour préparer les cours ». En moyenne, cela représente trois jours par semaine dédiés à l’enseignement et le reste du temps au laboratoire.
Mais pour sa première année, Jérôme a dû donner toutes ses heures de cours au premier semestre et il se consacre donc exclusivement à la recherche depuis janvier.
Il travaille cinq jours par semaine, de 9 heures à 20 heures au laboratoire et part à l’étranger, en Allemagne et au Japon, quatre fois par an, pour ses expériences. Son quotidien, c’est la rédaction d’articles scientifiques, les manipulations et le traitement des résultats :
« C’est assez stressant car si l’on rate une manipulation, ce sont trois mois de travail fichus en l’air et beaucoup d’argent perdu. Par chance, ça ne m’est jamais arrivé. »
Dépenses : 1500 euros par mois
Son budget alimentation est de 500 euros par mois, « ça inclut la cantine, les restaurants et ma participation aux courses familiales ». Jérôme consacre 230 euros par mois aux transports (essence et la carte de transports en commun), 100 euros « minimum, car ça explose quand je suis en mission à l’étranger » pour le téléphone et Internet. Il paye 200 euros par mois d’impôts et 130 euros à sa mutuelle et son assurance (automobile).
Il dépense 300 à 400 euros par mois pour ses loisirs. « Je suis passionné de pêche au leurre, ça me vide la tête. Je participe à des compétitions et même si je suis sponsorisé, je dépense beaucoup dans cette activité ». Pour les vacances, Jérôme n’a pas de « goûts de luxe » et part en Corrèze dans la maison familiale.
Epargne : 300 euros par mois
Pour quitter le domicile parental, Jérôme va devoir réduire ses dépenses : « J’irai moins souvent au restaurant et je ferai des économies sur les loisirs car le reste est incompressible. » Il met 300 euros de côté, chaque mois, sur un plan épargne logement pour s’acheter un appartement.
L’avenir
Jérôme aimerait devenir professeur d’université, mais « ce n’est pas pour tout de suite ». Il devra attendre dix à quinze ans, minimum. Au cours de sa carrière, son salaire va augmenter avec l’ancienneté, selon un système d’échellon. « Tous les trois ans, nous avons 200 à 300 euros supplémentaires. En fin de carrière, on peut espérer arriver à 3000 euros par mois. »
Mais en ce moment, l’avenir, il préfère ne pas trop y penser. « Suite aux annonces de réforme du statut d’enseignant-chercheur, on ne sait pas où on va. On est dans l’incertitude totale ».
Photos : Jérôme P., enseignant-chercheur en physique-chimie à Paris-VI, dans son laboratoire (Audrey Cerdan/Rue89).
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Chercheur
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Entierement d’accord avec toi !
J’ai d’ailleurs quitte le CNRS qui m’offrait aucune perspective, et un salaire de misere (a vie). ON commence a 1500 euros net par mois apres bac + 10 (j’inclu un petit post-doc de 2 ans). Et je suis retourne au Canada, la ou j’avais passer ma these. Et tu as raison, ils nous acceuillent les bras ouverts. Mon salaire x 2.5 (sans compter que la vie est légèrement mois chère ici) et un programme de crédit d’impôt qui fait que je commencerai a payer 100% mes impôts que dans 5 ans.
Effectivement, la these de doctorat est ici un diplôme vraiment reconnu. D’ailleurs ceux qui sont en thèse ne se posent que tres peu de question sur leur avenir...Quel contraste avec la France !
J’ai vraiment bien fais d’avoir quitter ce pays. Je reviendrai de temps en temps en vacances, et encore... comme destination touristique, il y a mieux, plus sympa est mois chère.




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