04/03/2009 à 10h20

Gus Van Sant : « Le combat d'Harvey Milk a encore un sens »

Olivier De Bruyn | Journaliste

Rencontre avec le réalisateur de « Milk », dans lequel Sean Penn incarne le premier élu américain ouvertement gay.



Gus Van Sant et Sean Penn sur le tournage de ’Milk’ (DR)

Harvey Milk, abattu dans la mairie de San-Francisco en 1978, fut le premier homme politique ouvertement gay à être élu aux Etats-Unis. Gus Van Sant, figure du cinéma indépendant U.S, lui consacre aujourd’hui un film, « Milk », incarné par un Sean Penn au sommet de son art. Rencontre avec le cinéaste.

Depuis ses débuts dans les années 80, Gus Van Sant a toujours aimé filmer les marginaux dans tous leurs états, les jeunes ados en bisbille avec l’ordre moral et social. De « Drugstore cow-boy “ à ‘Paranoïd Park, de My Own Private Idaho à Elephant (sur le massacre de Columbine, palme d’or à Cannes en 2003), il ausculte la face noire de l’Amérique avec une prédilection pour l’examen des états seconds (dans sa filmo, on se came plus que dans aucune autre) et des formes esthétiques radicales et hypnotiques.

A l’occasion, Gus Van Sant fréquente également l’univers des grands studios. Il y tourne des fictions plus sages mais non moins inventives (’Prête à tout, Will Hunting) qui témoignent de son intelligence et de son savoir faire.

‘Tom Cruise avait également témoigné de son intérêt’

Son nouveau film, ‘Milk’, célébré la semaine dernière aux Oscars (prix d’interprétation plus que justifié pour Sean Penn), se situe à l’intersection des deux veines de sa carrière. Formellement, c’est probablement son film le plus classique. Un ‘biopic’ qui suit les huit dernières années de la vie d’un personnage emblématique, Harvey Milk, incarnation de la cause gay, de son installation à Frisco dans le quartier gay (le ‘Castro’), jusqu’à son assassinat dans la mairie de la ville.

Entretemps, une vie perso déchirée de partout, une élection au conseil municipal (une première aux Etats-Unis) et, surtout, un combat viril pour les droits des homosexuels et contre les ultra-réactionnaires qui, dans les années 70, militaient activement pour renvoyer les gays au rang de sous-hommes (et de sous femmes, ça va de soi). (Voir l’interview du véritable Harvey Milk, en 1976)

Avec un tel sujet, Gus Van Sant, qui n’a jamais caché son homosexualité, sait qu’il convient de faire simple et fort. Il le sait d’autant plus qu’il traîne ce projet depuis plus de quinze ans et a mis beaucoup de temps à trouver le bon script, les partenaires compétents, la forme adéquate. Le cinéaste se souvient.

‘Oliver Stone était un temps pressenti pour mettre en scène un film sur Harvey Milk. J’ai failli récupérer le projet, mais ça ne s’est pas fait. Puis, dans les années 90, j’ai fait une autre tentative. Sean Penn y était déjà impliqué. Et Tom Cruise avait également témoigné de son intérêt. Finalement, nouvel échec.

Il me fallait en finir avec cette histoire vieille de quinze ans. Ma rencontre avec Dustin Lance Black a été déterminante. Il a longuement enquêté sur Harvey. Rencontré ses amis encore en vie. Il a bâti un script efficace et intelligent qui renvoie à une époque et un contexte précis, mais montre aussi combien le combat d’Harvey a toujours un sens aujourd’hui.’

‘Je connais la culpabilité, le pouvoir d’une morale aveugle’

Connu pour sa discrétion et sa timidité, Gus Van Sant répond aux interviews accompagné de son jeune acolyte scénariste. Les deux hommes partagent beaucoup. Même amour pour un cinéma farouchement indépendant, mêmes souvenirs d’adolescence peu frivoles.

Dans ses entretiens (et surtout dans ses films), Gus Van Sant a souvent évoqué ses angoisses d’enfance face au monde normatif des adultes et à ses diktats. Le combat de Milk résonne évidemment d’une façon particulière en lui. Constat similaire chez son scénariste.

‘J’ai été élevé chez les mormons, confie Dustin Lance Black. Dans ce genre de milieu, l’homosexualité est considérée comme le mal absolu et l’on vous promet l’enfer. Je connais la culpabilité, le pouvoir d’une morale aveugle, la peur d’avouer ses désirs.

J’ai 35 ans. Je n’étais qu’un gamin quand Harvey a été assassiné. Quand j’ai commencé à travailler sur le projet, je me suis aperçu combien ses idées restaient actuelles. Ce film s’adresse aussi aux nouvelles générations, et à toutes les minorités. Si ’Milk’ peut les aider à comprendre qu’il faut rester vigilants, nous n’aurons pas bossé pour rien.’

Avec la biographie opulente de son personnage, Gus Van Sant aurait pu tourner un film de 4 heures ou bâtir une série en plusieurs épisodes. Il a préféré se concentrer sur les dernières années d’Harvey Milk et réaliser un film de deux heures, susceptible d’être vu par le plus grand nombre.

Captivant du premier au dernier plan, d’une incroyable fluidité narrative, ‘Milk’ apprend énormément de choses concernant les années 70, l’ébullition du San Francsiso de l’époque, la lutte pour l’égalité des droits.

‘Accuser Sean d’une quelconque complaisance homophobe est juste absurde’

Sean Penn incarne le protagoniste en évitant le cabotinage grande folle qui lui tendait les bras. Sobre, bouleversant, il signe une de ses prestations les plus convaincantes, ce qui, au regard de sa généreuse filmographie, n’est évidemment pas rien.

De quoi oublier les polémiques grotesques initiées par une partie de la communauté gay US reprochant à l’acteur ses amitiés politiques avec Castro et Chavez, personnalités assez peu ‘gay friendly’, il est vrai.

‘Accuser Sean d’une quelconque complaisance homophobe est juste absurde, explique Gus Van Sant. Son implication dans le film a été totale. Il s’est documenté de son côté. Il a veillé avec un soin maniaque à la caractérisation de son personnage, à son look, ses fringues.

Lui comme moi n’aimons pas beaucoup parler sur le plateau de tournage. Nous nous comprenions d’un simple regard. Quand on peut se passer de grands discours, je pense que tout va bien. Le succès commercial du film aux Etats-Unis est une belle récompense. Pour lui comme pour nous, l’essentiel est que ce film soit vu par le grand public et que les spectateurs comprennent que le combat de Milk est toujours contemporain.’

Riverains de Rue89, vous avez maintenant jusqu’à lundi midi pour nous donner votre vais sur le film dans les commentaires ci-dessous. Nous en publierons la synthèse dans la foulée. Photo : Gus Van Sant et Sean Penn sur le tournage de ’Milk’ (DR)

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Ailleurs sur le Web
Oscars, les gays et lesbiennes censurés dans 53 pays d’Asie, sur Têtu.com
La fiche Allociné sur ’Milk’
La bio de Harvey Milk, sur Wikipedia

A lire
► ‘Gus Van Sant’, de Stéphane Bouquet et Jean-Marc Lalanne. (Ed ‘Cahiers du cinéma’) Tout sur le cinéaste, de ses débuts à ‘Milk’.
► ‘L’homosexualité au cinéma’, de Didier Roth-Bettoni (Ed. La musardine). Une somme sur la représentation de l’homosexualité sur grand écran.

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  • steed1
    steed1
    Franco-Breton
    • Posté à 10h37 le 04/03/2009
    • Internaute 29140
      Franco-Breton

    Excellent choix de la part de Gus Van Sant d’avoir prit Sean Penn pour le rôle de Milk. Celui-ci paye encore très fort aux états unis son engagement contre la guerre en Irak.
    Et puis franchement pour ce rôle, c’était vraiment la personne qu’il fallait, je n’imagine même pas tom cruise dans la peau du personnage.
    en tout cas j’irais le voir.

    • Numerosix
      Numerosix répond à steed1
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 11h28 le 04/03/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      « Excellent choix de la part de Gus Van Sant d’avoir prit Sean Penn pour le rôle de Milk. Celui-ci paye encore très fort aux états unis son engagement contre la guerre en Irak ».

      -Non , seulement il etait contre la guerre en Irak , mais maintenant , il joue les gays ! quelle tafiole , ce Sean Penn, décidemment !
      -Mais non , Joe , justement : Sean incarne le protagoniste en évitant le cabotinage grande folle qui lui tendait les bras. Hyper sobre !

      J’ aime bien cet avertissement au public qu’ on lit dans toutes les critiques : Le jeu de Sean Penn dans « Milk » est plus sobre que Sim chantant « La petite libellule » dans « elle boit pas , elle fume pas , elle drague pas , mais elle cause “

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      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 11h43 le 04/03/2009
        • Internaute 29846
          menuisier

        N°6, en dessous de l’adresse URL que tu as copiée, il y a « intégrer une vidéo à un site », tu fais pareil, copié/collé et là les images elles bougent et font de la musique...

        C’est joli et magique.

         
        • Numerosix
          Numerosix répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          Prisonnier dans le village (...)
          • Posté à 11h47 le 04/03/2009
          • Internaute 14499
            Prisonnier dans le village (...)

          Je n’ aime pas imposer du bruit aux autres . je préfere rester sobre .

          • Adéménagé le 3 janvier 2011
            • Posté à 13h15 le 04/03/2009
            • Internaute 29846
              menuisier

             : -)))))) ! ! ! ! : -))))))) ! ! ! ! émoticona t’il en pouffant...

            • Numerosix
              Numerosix répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
              Prisonnier dans le village (...)
              • Posté à 14h15 le 04/03/2009
              • Internaute 14499
                Prisonnier dans le village (...)

              Et puis tu commences a me faire chier , a me faire toujours la leçon ! Change de disque !
              Et une grosse bise , vieux . Tu passes jamais à Paname ? Quand est ce qu’ on se prend un pot en vrai ? ( héterosexualité homossociable )

        6 autres commentaires
  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 10h56 le 04/03/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Sean Penn est, lorsqu’il est bien dirigé, un acteur formidable (« L’impasse », « Mystic RIver », par exemple), mais aussi un réalisateur assez époustouflant qui sait s’entourer (« Crossing Guard », s’il ne fallait en garder qu’un). J’ai été ravie que l’Oscar lui soit décerné.
    Je ne suis pas une inconditionnelle de Gus Van Sant, mais « Gerry » et « Elephant » m’avaient rivée à mon siège.
    Et je suis très sensible à la cause des homosexuels, d’une manière générale toute lutte pour la tolérance me touche.
    Pour autant je ne pense pas aller voir « Milk ». Il y a juste un peu trop de biopics sur les écrans ces dernières années, et c’est un genre dont je suis peu friande (à de rares exceptions, tel « Ali » de Michael Mann). Peut-être en laissant passer un peu de temps, en laissant s’éteindre la pub et le buzz ? ....

    • PIT LE CHIEN
      PIT LE CHIEN répond à Jack Sullivan
      Wouaooouh!
      • Posté à 11h20 le 04/03/2009
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      D’accord sur la « pénibilité » des biopic en général mais seulement lorsqu’il s’agit de personnages ultra connus, lus, vus, etc... Le Che, par exemple ou même Mesrine (sans comparer les réalisateurs). Dans le cas d’Harvey Milk, dont je n’avais jamais vu d’images, la combinaison Van Sant/Penn/ sur une telle cause me semble incontournable...

      • Jack Sullivan
        Jack Sullivan répond à PIT LE CHIEN
        en boule
        • Posté à 11h51 le 04/03/2009
        • Internaute 42204
          en boule

        J’ai pas parlé de « pénibilité des biopics en général », je n’ai fait que dire que *moi* je n’en étais pas folle. C’est tout.

         
        • PIT LE CHIEN
          PIT LE CHIEN répond à Jack Sullivan
          Wouaooouh!
          • Posté à 12h12 le 04/03/2009
          • Internaute 25924
            Wouaooouh!

          Oui, oui, et je n’ai pas dit que vous disiez que...seulement que « moi, “moi”, je trouve en général les biopic pénibles mais qu’exceptionnellement celui-ci me semble intéressant. Voilà.
          (Mon avis indispensable qui fait bien avancer le débat...Pardon).

        1 autres commentaires
  • liberationdelevangilepopulaire
    liberationdelevangilepopulaire
    sans mandat du ciel ni de (...)
    • Posté à 11h10 le 04/03/2009
    • Internaute 71809
      sans mandat du ciel ni de (...)

    « Milk s’adressait à toutes les minorités »

    Mourir ou vivre honteusement parce qu’on est différent, quelle effroyable misère.
    Dustin, le jeune scénariste a insisté pour sa part sur le caractère universel du discours d’Harvey Milk :

    « Il a vite compris que son message ne s’adressait pas seulement à une minorité mais toutes les minorités, tous ceux qui pouvaient se sentir opprimés à l’époque. Les noirs, les ouvriers, mais aussi les personnes âgées ont contribué à son élection. »

    Dustin se retrouve à son tour dans la position d’influencer une toute nouvelle génération d’activistes, un rôle qu’il assume avec enthousiasme :

    « J’espère que le film rappellera au monde qu’une politique en faveur des gays et lesbiennes n’est pas seulement une politique en faveur d’une communauté mais une politique en faveur de l’amour et de l’acceptation de soi. »
    L’insurrection d’amour et de vérité se propage.
    Lien

  • G-Free
    G-Free
    membre de la FM Team
    • Posté à 11h35 le 04/03/2009
    • Internaute 48915
      membre de la FM Team

    Excellent film ! La performance d’acteur de Sean penn est excellence, et il mérite amplement son oscar.

    On peut voir à travers ce film à quel point les homosexuels étaient considérés comme « déviants » et rejetés au banc de la société.

    Le courage de cet homme et de tous ceux qui l’ont suivi est impressionnant, et c’est grâce à ce genre de leader qu’une cause juste avance.

    j’encourage tout le monde à voir ce film, tant pour la performance d’acteur de Sean Penn, que pour le message, effectivement encore actuel, qu’il fait passer aujourd’hui.

    • Mastrono
      Mastrono répond à G-Free
      -
      • Posté à 12h17 le 04/03/2009
      • Internaute 71574
        -

      Je viens de regarder le film, rien à redire il est excellent, sans aucune fausse note. Les acteurs principaux du film, que ce soit Sean Penn, Emile Hirsh ou Josh Brolin jouent tous parfaitement leur rôle. On est vraiment scotché à l’écran pendant 2h par le combat de Harvey Milk.

      Gus van Sant nous prouve ici qu’il peut briller non seulement dans les films expérimentaux comme Elephant ou Paranoid Park mais également dans les films classiques et grand public.

      D’ailleurs, non content de nous replonger avec brio dans l’univers des années 70 en Californie, Gus van Sant nous montre à quel point son film est encore d’actualité aux Etats-Unis : voir récemment le combat des religieux en Californie pour faire abolir le mariage homosexuel.

  • NonooStar
    NonooStar
    Informaticien
    • Posté à 12h15 le 04/03/2009
    • Internaute 34879
      Informaticien

    C’est assez marrant que ce film sorte au moment où Nadine Morano (que je ne porte pourtant pas dans mon coeur) a eu la bonne idée d’annoncer un projet de loi qui donnerait une sécurité légale et juridique à un enfant élevé dans une famille recomposée ou un couple homosexuel, ce qui fait pousser des cris d’orfraies à un bonne partie de la droite (Boutin en tête) qui s’insurge contre la reconnaissance de la famille homoparentale...

    Et quand on entend les arguments opposés à ce projet de loi, c’est peu dire que le combat d’Harvey Milk a encore un sens.

    • Mastrono
      Mastrono répond à NonooStar
      -
      • Posté à 12h20 le 04/03/2009
      • Internaute 71574
        -

      Exact, la droite religieuse française à encore beaucoup de problèmes avec ça.... vous avez juste à voir les commentaires des internautes du site Lefigaro.fr pour vous en rendre compte.

      • Albedo
        Albedo répond à Mastrono
        • Posté à 18h21 le 05/03/2009
        • Internaute 7121

        La gauche aussi. La France est très conservatrice.

  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 12h24 le 04/03/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Tout ce qui peut faire avancer la cause des « minorités », qu’elles soient sexuelles ou etniques ou sociales ne peut qu’être le bien venu.
    En France, ces sujets sont très peu développés par le cinéma « grand public », mise à part sous forme de gaudriole du type « la cage aux folles » .
    Le seul film qui peut éventuellement faire avancer le débat sur le sujet est « Pédale Douce »
    Quand on regarde la réaction de Ch ; Boutin on à l’impression de revenir quelques décennies en arrière avec le père « La Morale » , Jean Royer., ministre de Giscard et maire de Tours

  • AlcoOri
    AlcoOri
    ingenieur
    • Posté à 12h28 le 04/03/2009
    • Internaute 72005
      ingenieur

    Je ne suis pas fan des biopic non plus, mais en tant que gay je me sentais dans le ’devoir’ d’aller voir le film et je n’ai vraiment pas ete decu.

    Habitant a l’etranger je l’ai vu en VO donc voir la bande annonce de la version francaise m’a fait un peu grincer des dents puisqu’on perd tout le ton de Sean Penn dans le film. Contrairement a ce que dit la critique, Penn est tout a fait juste dans son interpretation d’Harvey Milk. La voix et les gestes le rendent tout a fait credible en tant qu’homo sans pour autant tomber dans la caricature outranciere.

    Ce film montre egalement tout un panel d’homosexuels, de la grande folle au gay viril en passant par le jeunot et la vieille tapette. Et c’est en cela aussi que j’ai trouve le film tres bon. Il montre la diversite au sein meme de la communaute gay et l’envie commune de se faire accepter par un societe qui n’est souvent pas encline a le faire.

    Je ne suis pas fan en general des films de Gus Van Sant mais il a su s’entourer de personnes ayant fait du boulot exceptionnel tant au niveau du jeu d’acteur que du scenario qui ne traine pas en longueur et expose les fait clairement sans tomber dans de la propagande pure et simple.

  • broussman
    broussman
    Insoumis
    • Posté à 12h41 le 04/03/2009
    • Internaute 49300
      Insoumis

    Moi je veux bien glorifier les talenteux Gus Van Sant et Sean Penn, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que tout cela est bien démagogique !

    • poupouille
      poupouille répond à broussman
      ...
      • Posté à 13h37 le 04/03/2009
      • Internaute 57238
        ...

      Développez s’il-vous plaît, je n’ai pas vu le film mais il me semble que le sujet traité peut en déranger plus d’un par les temps qui courent... Alors la démagogie, heu... peut-être, mais dans ce cas autant affirmer que le spectacle quel qu’il soit est par nature démagogique ? J’en sais rien...
      Sinon, total respect à Sean penn.

  • parousnik
    • Posté à 12h42 le 04/03/2009
    • Internaute 18991

    Sean Penn s’est engagé contre la guerre en Afghanistan avant de de s’engager cintre la guerre en Irak... Il est un truthers est a signé la pétition de PatriotsQuestion911réclamant l’ouverture d’une enquête indépendante sur les événements du 11 septembre ...comme des nombreux artistes au EU comme Juliette Binoche et Marion Cotillard ... Madame Boutin a aussi signé cette pétition...c’est facilement vérifiable là Lien
    Contrairement a ce qui ce passe en France aujourd’hui les personnalités du spectacle, des médias, de l’architecture, des militaires etc qui jugent nécessaire l’ouverture d’une enquête sur ces événement ne sont pas automatiquement vilipendés et mis a la lie de la société... Bigeard n’a pas eu la chance de Marion ou de Juliette...d’être adopté par Hollywood... Sean Penn comme pour des millions d’occidentaux la vérité d’un occident terrorisant par des mensonges et des guerres de pillage le monde entier a du mal a passer... car ce n’est pas a cet horrible terrorisme qu’aurait du mener la démocratie...du monde « libre »... La communauté gay US subit elle aussi les propagandes néo fasciste émises par le ploutocratie et ses serviteurs qui diabolise évidemment tous ceux dans le monde qui ne veulent ni s’aligner ni s’agenouiller devant cette ignominie « politique »… Sean Penn dérange le bel agencement hypocrite comme tous ceux connu et même inconnu qui protestent démocratiquement contre cette politique criminelle…décidée à Londres et Washington puis contaminant les autres capitales occidentales. Des millions d’occidentaux sont humiliés des millions de crimes commis par les armées terroristes de l’Otan en Afghanistan en Irak et maintenant au Pakistan… Ce comportement barbare et sanguinaire est indigne de pays qui il n’y a pas si longtemps pouvaient encore prétendre être démocratiques… Depuis les démolitions contrôlées du WTC maquillées et présentées par les médias aux ordres comme un attentat terroriste islamiste le 11 septembre 2001 le monde libre gît là… lui aussi assassiné…
    Lien

    • HandsomeBob
      HandsomeBob répond à parousnik
      Pas là, non, un peu plus par là (...)
      • Posté à 13h55 le 04/03/2009
      • Internaute 40160
        Pas là, non, un peu plus par là (...)

      C’est bien joli tout ça, mais c’est carrément hors sujet...

      Vous en pensez quoi, du film « Milk » ?

      • parousnik
        parousnik répond à HandsomeBob
        • Posté à 16h19 le 04/03/2009
        • Internaute 18991

        Hors sujet ?

        « »« De quoi oublier les polémiques grotesques initiées par une partie de la communauté gay US reprochant à l’acteur ses amitiés politiques avec Castro et Chavez, personnalités assez peu “gay friendly”, il est vrai. » »

        Cloisonner, séparer, diviser, scinder, fractionner, segmenter, démantibuler, déparier, désaccoupler, décomposer est le but de tout autoritarisme... Le sujet ici ce n’est pas le sujet mais les sujets...qui s’entrelassent dans tout..ou presque ... Je n’ai pas encore vu le film mais je le verrai ce soir mais je doute que ce film n’aborde que le problème de l’homosexualité... car tous les problèmes d’atteintes aux libertés en occident n’ont pas été résolu par la déclassification de l’homosexualité... « “La France en 1968, adopte la classification de l’OMS classant l’homosexualité dans les maladies mentales...” » »... Les normas sexuels de trés anciennes civilisations ne faisaient pas de distinction... L’occident ne revient qu’a une norme naturelle...mais il ne faut pas que cela cache les graves atteintes aux libertés et aux démocraties que subit l’occident...

    • Numerosix
      Numerosix répond à parousnik
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 14h23 le 04/03/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ha , c’est bon , Parousnik , t’es toujours la , « ils » ne t’ ont pas assassiné pour te faire taire .
      Tant mieux .

  • screugneugneux
    screugneugneux
    râleur-NRV
    • Posté à 14h19 le 04/03/2009
    • Internaute 43534
      râleur-NRV

    bonjour,

    a quand le premiers homme politique se déclarant ouvertement masturbophile, ou infidèle, ou sodomite..ou quoi que ce soit d’autre...

    est ce normal de catégoriser les gens en fonction de leur pratiques sexuels qui sont de l’ordre de la vie privée ? ? ? ?

    Les homosexuels veulent ils être reconnues en tant que personnes « à part » ou bien en tant que personnes « à part entière » ? ? ? ?

    Que pensez vous des notions de « droit à la différence » et « droit à l’indifférence » ? ? ? ? ?

    Je ne cherche pas la polemique, c’est juste qu’a la longue ça deviens chiant, c’est juste un os à ronger pour journalistes...

    • HandsomeBob
      HandsomeBob répond à screugneugneux
      Pas là, non, un peu plus par là (...)
      • Posté à 14h58 le 04/03/2009
      • Internaute 40160
        Pas là, non, un peu plus par là (...)

      Sans prétendre répondre pour l’ensemble des homosexuels, personnellement, je souhaiterais juste avoir les mêmes droits que tout le monde.

      Et comme nous sommes tous différents mais un peu pareils quand même, je pense qu’on a tous le droit à la différence, et à l’indifférence.

    • Schtroumpf perplexe
      Schtroumpf perplexe répond à screugneugneux
      physicien
      • Posté à 16h59 le 04/03/2009
      • Internaute 22547
        physicien

      Le début du comporte des images d’archives de descentes de flics dans des bars gays de Castro au début des années 60. Elles montrent clairement que ces gens que les policiers embarquaient n’avaient ni le droit à la différence, ni le droit à l’indifférence. Il s’agit, je pense, dans ces luttes, justement de ne pas être « catégorisé » en fonction de ses préférences sexuelles ou autres, mais de pouvoir vivre sans que cela ait une incidence sur le reste : trouver du travail, pouvoir amener son conjoint aux réunions de familles, ne pas se faire foutre de sa gueule par les collègues etc.

    • glennhall
      glennhall répond à screugneugneux
      ushtubruk
      • Posté à 10h13 le 05/03/2009
      • Internaute 67205
        ushtubruk

      Bonjour Screugneugneux, je vais tenter de vous donner mon avis par rapport à vos interrogations...

      « est ce normal de catégoriser les gens en fonction de leur pratiques sexuels qui sont de l’ordre de la vie privée ? ? ? ? »
      - non, mais c’est ainsi, et c’est ce contre quoi certains se battent. le fait de catégoriser des personnes crée des peurs, et la peur apporte la violence. en ce qui concerne la vie privée, les homophobes préfèrent lutter contre des pratiques sexuelles qu’ils disent dégoutantes (comme si certains hétéros n’avaient pas les mêmes...), que contre la notion d’amour entre deux personnes de même sexe (ce qui fait aussi parti de la notion d’homosexualité, mais on en parle moins). certains tiennent ce discours que je trouve encore plus choquant « les homosexuels, ça ne me dérange pas, pourvu qu’ils ne fassent pas ça devant nos enfants, et qu’ils restent chez eux ». et moi, qui suis homo, n’ai-je pas le droit de tenir la main de ma compagne dans la rue ? de lui donner un petit baiser quand l’envie me prend ? la vie privée peut arriver dans la rue par ce genre de petits gestes. quand un couple agé se fait un petit baiser dans la rue, on entend « regarde, c’est beau d’être encore amoureux à cet age là », quand ce sont 2 hommes agés, on entend plutot « tiens, regarde les deux vieilles tantes ». ça ne choque que moi ? j’ai été enfant, et si j’avais eu l’image de gens de meme sexe se tenant par la main dans la rue, peut-etre aurais-je été mieux dans mes baskets à une époque. mes parents étaient hétéros, et mes grands-parents avant eux, ainsi que mes oncles, mes tantes, mes cousins, mes professeurs et instituteurs. je n’ai eu aucun exemple d’homosexuel qui aurait pu m’influencer. alors qu’on arrête de brandir l’image du « mauvais exemple », quelle hypocrisie !

      « les homosexuels veulent ils être reconnues en tant que personnes “ à part ” ou bien en tant que personnes » à part entière » ? ? ? ? »
      - la société a fait des homosexuels des personnes « à part ». ils ont donc été forcés de se rassembler, pour être plus fort, et sont donc devenus plus visibles. pour ma part, tout ce que je demande, c’est de ne plus être « à part ». certaines choses vont dans ce sens. par exemple le PACS, qui lors de sa création était ouvertement un moyen pour des personnes de même sexe de se lier devant les lois, est devenu tellement populaire auprès des hétéros (plus populaire que le mariage si on en croit les dernières statistiques), qu’il n’a plus l’image du « substitut de mariage homo » collé dessus. pour moi, c’est une victoire, car c’est un outil législatif qui met tout le monde au même niveau.

      « que pensez vous des notions de “droit à la différence ” et “ droit à l’indifférence ” ? ? ? ? ? »
      - le droit à la différence, et le droit à l’indifférence, sont au final trés proches. c’est toujours une question de tolérance, mais posée de plusieurs façons. le droit à la différence, c’est accepter que je n’aie pas la même sexualité que d’autres, et que ce n’est pas mal. le droit à l’indifférence, c’est accepter que je sois un individu comme les autres, avec les mêmes devoirs et les mêmes droits, sans mettre en avant ce que certains considèrent comme une différence.

      j’espère vous avoir en partie répondu
      bien à vous
      glennhall

    • Albedo
      Albedo répond à screugneugneux
      • Posté à 18h24 le 05/03/2009
      • Internaute 7121

      99,99% des personnages publics se déclarent en permanence hétérosexuels... ça n’a pas l’air de vous gêner.

  • screugneugneux
    screugneugneux
    râleur-NRV
    • Posté à 14h22 le 04/03/2009
    • Internaute 43534
      râleur-NRV

    petite question ouverte :
    est-ce sean penn qui mérite l’oscar, ou bien est-ce le personnage qu’il incarne ? ? ? ?
    ( je pense à ça dans le cadre de Rourk vs Penn pour l’oscar, si quelqu’un vue les deux films.... ? ?)

  • LaptiteBlan
    LaptiteBlan
    dilettante
    • Posté à 14h40 le 04/03/2009
    • Internaute 57314
      dilettante
  • a déménagé le 30 août 2010
    a déménagé le 30 août 2010
    commentjecomprendspas
    • Posté à 14h47 le 04/03/2009
    • Internaute 65511
      commentjecomprendspas

    Tiens ,encore un film américain !
    Tiens encore une biographie... pas trop à se fouler pour trouver le scénario.
    Tiens un deuxième article de ce film de ce film sur Rue89 et si je me plante pas il y en aura un 3ème.

    Il y aurait un sponsor d’Hollywood derrière tout ça ?

  • Schtroumpf perplexe
    • Posté à 16h37 le 04/03/2009
    • Internaute 22547
      physicien

    C’est pour un témoignage, pas un avis.

    J’ai vu ce film en décembre, avec des amis, à San Fransisco, au Castro, dans le quartier même de l’action du film, et là aussi où il a été tourné.

    Le Castro est non seulement une avenue qui donne son nom à un quartier emblématique de la communauté gay de SF, mais aussi c’est un cinéma qui fait le coin de la rue, qui se voit de loin, avec une très grande salle (balcon, orchestre etc), un gars qui joue de l’orgue avant la projection du film, un décor qui doit dater des années 40 comme dans les tableaux de Hopper, et où l’on peut acheter des seaux de pop corn. Bref, un vrai ciné à l’ancienne.

    Le film était sorti depuis plusieurs semaines. J’ai fait la queue (la plus longue que j’ai jamais vue pour un film) en attendant mes amis, sans savoir ce qu’ils m’emmenaient voir. Je l’ai appris en discutant avec les gens qui patientaient à coté de moi. Ils m’ont dit : vous êtes au bon endroit, au bon moment, pour le bon film. Les gens que j’ai rencontré étaient hyper fiers de ce film et de ce qu’il racontait. Le Castro, qui le projetait avant la sortie nationale, n’a pas désempli pendant des semaines. Dans de nombreuses boutiques, l’affiche était en vitrine, à tel point que je me demandais s’il n’avaient pas sorti le DVD en même temps !

    Pendant la projection, il y avait une ambiance incroyable dans la salle. Les gens faisaient des « ouh » aux méchants, applaudissaient les discours de Harvey Milk/Sean Pean, riaient fort etc.

    Plus sérieusement, certains spectateurs regrettaient que le film ne se termine pas par une allusion aux luttes actuelles des homos. Car ces choses là continuent. La Californie est toujours à l’avant garde aux USA en matière de droits des homosexuels, mais il existe des offensives opposées venant d’autres Etats, soutenues par des lobbies très riches (l’argent est toujours le moteur de la guerre en Amérique).

    Je retournerai volontiers voir le film en France, avec des sous-titres, histoire de comprendre les 30-40% de dialogues qui m’ont échappés ; -)

    • mlab
      mlab répond à Schtroumpf perplexe
      chercheuse dans le Tout-monde
      • Posté à 13h44 le 07/03/2009
      • Internaute 71050
        chercheuse dans le Tout-monde

      Merci pour ce témoignage !
      Juste un commentaire sur : « certains spectateurs regrettaient que le film ne se termine pas par une allusion aux luttes actuelles des homos ». Je ne pense pas que Gus Van Sant aurait dû finir avec une allusion directe aux luttes actuelles, le film est suffisamment clair pour qu’on comprenne que c’est toujours d’actualité. Et puis à la fin il y a quand même un lien créé avec le présent quand les visages des vrais acteurs de cette lutte sont dévoilés avec une « rapide » bio de ce qu’ils sont devenus. On voit que la lutte continue et doit continuer. Sean Penn est Harvey Milk mais il était important de montrer le visage d’Harvey Milk à la fin, pour ne pas oublier qu’il a été réel. Si Van Sant n’avait pas fait ça, cela aurait tendu à « fictionnaliser » l’histoire. Enfin c’est mon avis.

      • Schtroumpf perplexe
        Schtroumpf perplexe répond à mlab
        physicien
        • Posté à 16h21 le 07/03/2009
        • Internaute 22547
          physicien

        Oui. Je n’ai fait que témoigner de ce que j’ai entendu. Je pense, moi aussi qu’un tel rappel aurait inutilement alourdi le propos du film.

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 17h22 le 04/03/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    Mais pourquoi j’ai lu cet article... Je le sais bien, il ne faut JAMAIS lire les articles sur les films avant de les avoir vu, mais j’ai été faible et j’en paye le prix.
    Première ligne, on dévoile la fin du film...

  • Venezuela
    Venezuela
    vit aux Pays-Bas
    • Posté à 17h35 le 04/03/2009
    • Internaute 114
      vit aux Pays-Bas

    Je suis allee voir le film car je ne connaissais rien sur le combat des homosexuels et que Sean Penn me surprend toujours. Je n’ai pas ete decue.

  • JDep
    • Posté à 18h15 le 04/03/2009
    • Internaute 40602

    Le film de Gus Van Sant vient un peu tard, peut-être dans l’espoir d’obtenir pour ses amis le mariage légal… C’est un documentaire romancé, agrémenté de quelques-unes des liaisons du militant, un peu répétitif et ennuyeux, mais qui a le mérite d’appeler à la tolérance ceux qui s’arrogent un droit de regard sur la vie privée des autres. Ils sont encore nombreux, paraît-il.
    Lien

  • glennhall
    glennhall
    ushtubruk
    • Posté à 22h17 le 04/03/2009
    • Internaute 67205
      ushtubruk

    Merci à Gus Van Sant, et à Sean Penn.
    Merci de m’avoir fait découvrir ce personnage haut en couleurs, mais non caricatural. « Milk » est un formidable film à voir, tout public, car il est important de voir à coté de quoi les Etats-Unis sont passés en 1978, en risquant d’adopter la Proposition 6. Ce film ne fait pas que retracer 8 années d’un militant gay dans les années 70’, c’est aussi une formidable photographie d’une époque, d’une révolution, dans un pays où tout est possible (même le pire), et de ses différents acteurs.
    Ce film est une grand réussite, aussi bien au niveau du discours, qu’au niveau de la réalisation, de l’interprétation et de l’ambiance. Tout est juste, personne n’en fait des tonnes, tout sonne juste.
    En voici un qui ira vite dans ma dvdthèque. A voir, et à revoir.

  • jyr
    jyr
    ou jean-yves rousson..artiste ? (...)
    • Posté à 10h38 le 07/03/2009
    • Internaute 60613
      ou jean-yves rousson..artiste ? (...)

    ce mec est extremement doué..ses films sont puissant..intelligent..

    et moi je suis jaloux

  • mlab
    mlab
    chercheuse dans le Tout-monde
    • Posté à 13h22 le 07/03/2009
    • Internaute 71050
      chercheuse dans le Tout-monde

    Je dois dire que « Harvey Milk » m’a bouleversée comme rarement un film le fait. Le montage est excellent, le choix de la narration est judicieux. La photographie est sublime (comme toujours chez Gus Van Sant) et les acteurs incroyablement justes. Sean Penn est remarquable. Il est Milk, on n’en doute pas une seconde. Ses gestes, sa diction, ses émotions sont plus que naturels, ils sont « réels ». C’est là toute la force de l’interprétation de Penn. Oscar largement mérité. Les autres aussi sont formidables : Emile Hirsh, James Franco, Josh Brolin, Alison Pill...
    Les images d’archives du début donnent le ton, elles font froid dans le dos, ces visages cachés, ces arrestations, la honte d’être ce qu’on est... D’emblée Van Sant recontextualise la lutte d’Harvey Milk et le déroulement de son film nous permet de comprendre pourquoi et comment un homme qui ne se destinait pas à la politique va devenir le représentant de la lutte pour les droits des homosexuels. La lutte pour la reconnaissance et l’égalité des droits... on voit là toute l’absurdité qui régnait aux Etats-Unis à cette époque et l’ignominie de la proposition 6. Et même si du chemin a été fait depuis et que des droits ont été acquis, ce n’est pas le cas partout et ce qui est acquis n’est pas immuable...
    « Harvey Milk » est un acte de mémoire nécessaire pour maintenir notre vigilance à l’encontre des discriminations et des répressions, qu’elles soient des actes isolés ou pire, légiférées.
    Ce qui ressort de ce film c’est énormément d’amour, de générosité et d’humanité. Milk a fait don de sa personne, entièrement. Merci à Gus Van Sant et à Sean Penn de lui avoir rendu cet hommage.

  • jyr
    jyr
    ou jean-yves rousson..artiste ? (...)
    • Posté à 10h51 le 08/03/2009
    • Internaute 60613
      ou jean-yves rousson..artiste ? (...)

    que suis je ?
    sinon lui..enfin ce « lui » qui à un autre point de vue sur mon corps.
    lui..qui combat l’inertie pour avoir une conscience non figée sur les déformations physiques ..que ma non-conscience ne cesse de vous valoriser..
    qui suisje ?
    l’autre..

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 11h33 le 09/03/2009
    • Internaute 54353
      quidam

    On est bien désolés, mais Harvey Milk est l’un des films les plus faibles de Gus Van Sant, et bien qu’extrêmement informatif et civiquement irréprochable, il ne se relève jamais d’un ensemble de choix plus que malvenus.

    Le scénario de Dustin Lance Black épouse une grande partie des conventions du biopic édifiant où la figure omniprésente du personnage principal fait obstacle au développement des rôles secondaires - particulièrement sommaires ici, voire sacrifiés (le maire George Moscone assassiné avec Milk et expédié en deux scènes, ça la fout mal). DLB nous fait le bon vieux coup du regard rétrospectif - le testament enregistré qui déroule tous les flash-backs - affreuse structure vue partout depuis 10 ans, la dernière fois dans Benjamin Button. Hésitant entre individu et communauté, le film n’est convaincant ni d’un côté ni de l’autre. Le portrait de Milk se limite aux 10 années d’activisme de sa vie et induit le regard porté sur lui : Milk, dans le film, est un militant gay et rien d’autre. La communauté qu’il défend n’apparaît qu’en toile de fond à la façon d’un décor extrêmement soigné mais vague et presque flou - il est clair qu’est visée ici une forme supérieure de réalisme voire de mimétisme (les photos des modèles se succédant au générique de fin), mimétisme qui va dispenser d’aborder en profondeur la question de l’ici et maintenant. C’est quoi être un homosexuel à San Francisco à la fin des années 70 ? Le film n’en dit pas grand chose, sinon que ça ressemble un peu à être à la fois boy-scout et concerné. Harvey Milk pourrait être un film sur n’importe quel groupe minoritaire en lutte pour la reconnaissance de ses droits, et la spécificité du combat qu’il relaie passe pour une grande part à la trappe. Rien n’existe autrement que comme signe, la chair ne pèse pas, et les homos engagés qu’on y voit restent de pures figures fétichisées par la reconstitution sans futur ni passé d’où une petite surprise d’entendre à la fin Harvey Milk évoquer un opéra vu dans sa jeunesse (il a donc un passé).

    Le cinéma de Van Sant a toujours eu tendance à faire du présent une bulle subjective qu’élégie et romantisme larvé viendront remplir de plus ou moins belle façon. Dans le cas d’un film à contenu politique, le résultat est, disons, désarçonnant. Procédant par soustraction, désexualisation et distance, Harvey Milk est un objet par défaut. Van Sant se tire d’ailleurs une balle dans le pied en compensant ces manques par des archives filmées toutes passionnantes comme s’il adoubait lui-même ses propres images ternes et compassées qu’on pourra toujours juger suffisamment ressemblantes avec la réalité. C’est là que le bât blesse le plus. A mesure que le combat de Milk avance et rebondit, on regrette que le film ne soit pas qu’un documentaire, ce qui nous aurait au moins permis d’échapper à l’effroyable composition de Sean Penn, peut-être la pire de toute sa carrière. Après avoir lu une dizaine de papiers admiratifs sur sa prestation en Harvey Milk, on reste la bouche bée comme un mérou asthmatique. Bon sang, mais est-ce que c’est la première fois au monde que les spectateurs voient un acteur hétéro incarner un gay ? Sean Penn a vraiment beaucoup de chance d’être mis en scène par un réalisateur homo qui cautionne de fait son « interprétation », car ce qu’il fait à l’écran tient de la performance besogneuse et de mauvais goût - une constante de son parcours. Son idée de Milk, c’est :
    - de petits moulinets de poignet incessants
    - un regard humide de Droopy chassieux
    - minauderies et sourires mécaniques en veux-tu, en voilà.

    Le tout certainement pour sur-signifier que Milk est mal dans sa peau. En bref, le cliché tri-décennal de l’homo lambda sans la démesure de Serrault en Zaza Napoli ni l’émotion facile mais réelle d’un Harvey Fierstein dans Torch Song Trilogy - que Penn a visiblement visionné en prenant des notes. On regrette qu’il ne se soit pas inspiré de l’extraordinaire composition de Tony Leung dans Happy Together où celui-ci - pourtant hétéro beauf dans la vie et évidemment horrifié par son rôle - se surpassa d’une façon qui force le respect. Mais bon, Leung est un grand acteur alors que la technique rôdée de Penn exempte de grâce ou de génie ne fait de lui qu’un laborieux petit soldat de la performance visible - une fois de plus couronnée par un Oscar (le mauvais goût triomphe presque toujours).

    En attendant, on ne peut pas vraiment dire qu’il serve la mémoire de Harvey Milk. Le peu qu’on a vu du vrai Milk donnait l’impression d’un homme à la fois miné et transfiguré par la mission qu’il s’était choisie – en tous les cas animé d’une force de conviction inébranlable. J’aimerais bien savoir où se niche la conviction de Sean Penn dans les épouvantables scènes de discours. Comment croire à ce Milk, ludion superficiel qu’il tire vers la sensiblerie dès que le script l’y amène ? Avoir vu Depardieu la semaine dernière et enchaîner avec lui, c’est le hamburger de trop après un quatre étoiles. Miscasting le plus fatal de ces dernières années, Penn chez Van Sant, c’est un éléphant dans un magasin de
    porcelaine, éléphant qui fait écran à celui qui fut Harvey Milk et n’en offre qu’une interprétation effarante de facilité et, par moments, insultante.

    Aparté : qu’on s’extasie devant ce massacre est tout à fait symptomatique. La représentation d’un homosexuel à l’écran a toujours posé problème. Le cinéma hollywoodien - mais pas seulement - n’est gay-friendly qu’en apparence. Qui aujourd’hui peut citer un seul nom d’acteur de cinéma célèbre, homosexuel et en activité ? Afficher son coming-out, c’est pour un acteur tuer sa carrière et être enfermé dans des rôles d’homo sympa à la Rupert Everett. D’un autre côté, jouer un rôle de gay est le chic du chic pour tout acteur hétéro qui rêve Oscar ou récompense. Tout ça frise la bien-pensance absolue. On entend souvent les acteurs hétéros castés en gay révéler en promotion que c’est un rôle, hein ? Bizarrement, ça ne viendrait à l’idée d’aucun serial-killer à l’écran d’avouer en plein talk-show : « Vous savez, je n’ai tué personne dans la vraie vie “.

    On revient à nos moutons : un bon acteur joue son rôle sans se poser de questions ni faire le malin et il joue l’être humain avant telle ou telle caractéristique de celui-ci. Sean Penn fait le malin, joue l’homo avant l’homme et rend illisible l’admirable combat d’Harvey Milk - réduit ici à une Jeanne d’Arc gay, folle mais pas trop. Par admiration pour Van Sant, on va quand même essayer de trouver une ou deux qualités au film - en premier lieu, les archives (merde, déjà dit). Mettons aussi que le regard sur la cuisine politique dans la seconde partie du film, en confrontant Milk à la réalité du pouvoir, opère un passage de l’idéalisme au pragmatisme et évite ainsi l’hagiographie qui menaçait. Alliances intéressées et coups de poignard dans le dos sont plutôt bien écrits. On n’en dira pas autant du personnage joué par Josh Brolin, acteur infiniment plus talentueux que Penn, condamné ici à prononcer le mot ‘ famille une fois par phrase, histoire de bien enfoncer le clou. Le montage cut d’une étreinte homo bisounours avec le bambin baptisé de Brolin est l’un des moments de Kolossale Finesse du film - et l’on ne dira rien du malheureux Diego Luna qui fait à peu près n’importe quoi en Latino névrosé fâché-parce-que-Harvey-rentre-trop-tard-pour-manger (message subliminal : les homos sont des couples hétéros comme les autres, ils ont Bobonne qui les attend à la maison).

    En deux mots, Van Sant mâche tellement le travail d’identification du spectateur à ses personnages gays tous sages et bien mis que son film a le gland qui pendouille. Comme si chaque représentation de l’homosexualité - à fortiori hollywoodienne - devait être encadrée et transmuée en spectacle digeste à l’hétérosexuel. Un petit rappel de la vie : tout homosexuel grandit et vit en apprenant à se projeter dans des histoires écrites, filmées, racontées avec et pour des hétérosexuels, il y trouve pourtant à se construire et à rassasier sa soif de fiction. A quand l’inverse une fois de temps en temps ? Pas pour bientôt si tous les films mainstream et concernés par le sujet choisissent ce genre d’options consensuelles.

    Dans un grand accès de largesse et malgré tous ces défauts, on reconnaîtra que Harvey Milk rappelle de façon bienvenue que les homosexuels n’ont toujours pas gagné leur droit licite à être considérés comme des citoyens de première zone et que le combat continue. Mais bon, un film plus couillu avec un bon acteur dans le rôle-titre, cela n’aurait pas fait de mal non plus. Reste le cas Van Sant à qui on ne va malgré tout pas tenir rigueur de ce Milk qui a tourné (ouaf ! ouaf !). C’est qu’on se rappelle qu’après la soupe semi-eastwoodienne d’A la Recherche de Forrester, il réalisa Gerry, soit l’un des plus beaux films de la décennie (le pluriel est ici une réserve rhétorique). On attend donc avec impatience son prochain.