TRIBUNE 05/03/2009 à 16h39

Il y a d'autres outre-mer : sauvons Saint-Pierre-et-Miquelon !

Annick GIRARDIN | Députée PRG de Saint-Pierre-et-Miquelon

Députée de Saint-Pierre-et-Miquelon, je voudrais vous parler de mon pays, cet autre outre-mer, dont on ne parle jamais, celui de l’Atlantique Nord. Un outre-mer fait de froid et de brume.

C’est la collectivité la plus proche de la métropole (5000 km), mais certainement la plus éloignée des préoccupations métropolitaines et la plus méconnue aussi. Ce « morceau » de France insolite au large du Canada, souffre depuis des décennies d’une crise économique aigüe et du désintérêt du pouvoir parisien.
Nous sommes 6000 Français, descendants de Bretons, de Basques et de Normands à batailler avec opiniâtreté depuis 500 ans pour y vivre.

Mais il est bien difficile de se faire entendre lorsque l’on représente une si petite population. C’est notamment un obstacle auquel je me heurte, chaque jour, dans mon travail de parlementaire.

L’actualité de Saint-Pierre-et-Miquelon n’est pas de celle qui fait la une des quotidiens et l’ouverture des journaux télévisés. Pourtant, il y a urgence à réagir et à prendre conscience que la seule et unique terre de France en Amérique du Nord pourrait dans quelques années se retrouver à l’abandon, aussi déserte que les Terres australes…

Droits de pêche, un intérêt majeur pour la France

Traditionnellement, Saint-Pierre-et-Miquelon a constitué un intérêt économique majeur pour la France, en raison des droits de pêche attachés à sa zone économique exclusive des 200 milles.

A partir de 1988, l’interprétation divergente de cette règle internationale a engendré un contentieux sérieux entre la France et le Canada. Le différend fut tranché par le Tribunal d’arbitrage international de New-York en 1992. Et les conséquences furent dramatiques pour l’archipel : sur les 48 000 km2 de zone économique que revendiquait la France, le tribunal n’en accorda que 12 400.

Cette humiliation diplomatique n’a d’autre cause que la négligence et le peu d’intérêt du ministère des Affaires étrangères pour ce dossier. Là où le gouvernement canadien a mobilisé durant deux années les compétences d’une soixantaine de fonctionnaires et juristes pour préparer ses plaidoiries, son homologue français a, quant à lui, mis à la disposition des élus de l’archipel, 3 fonctionnaires et juristes... quelques mois avant l’audience !

Cette sentence a durablement marqué la population locale qui l’a ressentie comme une injustice et un abandon de Paris. L’avenir de toute une collectivité a été sacrifié sur l’autel des bonnes relations commerciales avec le Canada.

Face à ce comportement pour le moins timoré, notre puissant voisin s’est même permis en 1996 de repousser, par décision unilatérale, la limite de sa zone économique, enclavant ainsi totalement l’archipel dans les eaux canadiennes. Ceci sans aucune contestation de la France !

Cette attitude hégémonique, associée au moratoire canadien sur la morue, a donc décapité une activité sur laquelle reposait l’économie de l’archipel depuis des siècles.

Revendiquer le plateau continental étendu de Saint-Pierre-et-Miquelon

Dans un tel schéma, le déclin semble inexorable, d’autant que beaucoup de clignotants économiques et démographiques sont au rouge. Malgré tous les efforts de diversification, la pêche ne représente plus que 3000 tonnes de captures par an, contre 8000 en 1992. Le fret maritime (source d’importation de la quasi-totalité des produits et aliments consommés localement) marque un repli de 40% en 2008. Entre 1999 et 2006, la population a chuté de 3%, et cette tendance se poursuit.

Il existe pourtant un espoir. Nous ne réclamons pas de nouvelles subventions (nous ne voulons pas d’une économie sous perfusion) mais « simplement » une décision politique du président de la République, en revendiquant au nom de la France, le plateau continental étendu de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Alors que les perspectives en matière d’hydrocarbures et de pêche sont réelles dans l’Atlantique Nord, notre seule option repose désormais sur l’extension du plateau continental, sur lequel l’Etat côtier concerné exerce des droits souverains sur son exploration et sur l’exploitation des ressources naturelles. Juridiquement, la sentence du tribunal arbitral de 1992, que nous ne voulons pas remettre en cause, reconnaît explicitement la possibilité de cette revendication.

L’envoi par la France d’une lettre d’intention auprès de l’ONU formulant celle-ci permettrait de préserver nos droits et d’ouvrir le dialogue avec les autorités canadiennes pour une véritable intégration de Saint-Pierre-et-Miquelon dans une région en plein « boom » économique, notamment grâce à l’exploitation des hydrocarbures (de 2002 à 2007 la province de Terre-Neuve a affiché un taux de croissance de son PIB de 76% !).

Là, réside la seule et unique hypothèse pour sauver l’archipel : aboutir à une solution équitable sur la gestion de cette zone qui pourrait, éventuellement, donner lieu à une gestion concertée avec le Canada, dégageant ainsi de vraies perspectives de coopération régionales et laisserait envisager un avenir pour l’archipel.

Mais pour cela, la France doit impérativement faire valoir ses droits dans la région et déposer sa lettre d’intention avant la date butoir du 13 mai 2009. Après il sera définitivement trop tard.

Jusqu’à présent, les gouvernements successifs, s’appuyant sur les conseils « entêtés » du Quai d’Orsay, ont toujours refusé d’entamer cette démarche afin de ne pas froisser ce pays « ami ». C’est pour cette raison qu’un Collectif citoyen s’est créé en février dernier et a adressé à Nicolas Sarkozy un courrier lui demandant solennellement d’effectuer cette démarche auprès de l’ONU Ce courrier a été symboliquement déposé au représentant de l’Etat à Saint-Pierre-et-Miquelon par une délégation du Collectif, accompagnée par plus de 700 personnes (plus de 10% de la population).

Assurée de nombreux autres soutiens, notamment celui de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale (présidée par le député UMP du Val d’Oise, Axel Poniatowski) qui s’est s’est déclarée, le 10 décembre 2008, favorable à cette démarche et l’a fait savoir par courrier dès le mois de janvier au Premier ministre, toute la population reste mobilisée et attend la position du président de la République.

Alors que Jean-Louis Borloo vient de lancer le 27 février, le « Grenelle de la mer », dont l’objectif annoncé est de doter notre pays d’une véritable stratégie nationale, il serait inconcevable que la France, forte de ses 11 millions de km2 de ZEE répartis sur la planète (deuxième rang mondial), abandonne sciemment, ne serait-ce qu’un bout de son territoire maritime.

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  • padiran
    padiran
    Chroniqueur Grolandais
    • Posté à 18h29 le 05/03/2009
    • Internaute 5159
      Chroniqueur Grolandais

    Normand, petit fils de marin hauturier, je me sens solidaire de Saint Pierre et Miquelon. N’oublions jamais qu’au temps des « morutiers » cet archipel représentait un havre de repos pour les marins.
    Au delà de la nostalgie, il faut savoir défendre, non pas un « caillou », mais une communauté de Français et aussi des intérêts économiques (halieutiques, pétrolières)
    Il est plus facile actuellement pour notre « bon président » de mettre en place une commission pour réfléchir à la fusion de la Picardie avec le Nord Pas de Calais que de trouver des solutions pérennes à nos DOM-TOM-POM-COM

    • yoruk
      yoruk répond à padiran
      au fil de l'eau
      • Posté à 19h44 le 05/03/2009
      • Internaute 57383
        au fil de l'eau

      Cà alors c’est marant, la Bretagne et la Normandie pile poil sur le coup. ceci dit, le québecois va nous renvoyer dans les dents, un certain abandon au XXVII è siècle...

      Yoruk

      • ysengrimus
        ysengrimus répond à yoruk
        • Posté à 00h21 le 06/03/2009
        • Internaute 12674

        Pas abandon, fripon. Défaite militaire coloniale en bonne et due forme... et pas au 27e mais au 18e siècle (1760)...
        P.L.

         
        • yoruk
          yoruk répond à ysengrimus
          au fil de l'eau
          • Posté à 06h38 le 06/03/2009
          • Internaute 57383
            au fil de l'eau

          Paul Laurendeau

          On ne se connaît pas, mais tu vas apprendre à me connaître.
          Tout d’abord je m’appelle Michel Perruchot, homme libre sur son voilier. Pour parler avec autant d’assurance et de suffisance, j’imagine que tu as le cul assis sur ton fauteuil. Cà donne du recul çà et cela permet de donner des leçons à tout le monde.
          A voyager à travers le monde sur mon voilier, j’ai eu l’occasion de croiser beaucoup de canadiens et d’apprécier la belle santé des québécois en particulier. Ce qui m’autorise à te dire : là, tu emmerdes tout le monde, rien de plus.
          A la vérité, derrière tout çà, ce sont des histoires de gros sous, et çà semble t’inspirer de la passion.
          Je comprends les 6.000 habitants des ces îles, et je me dis qu’avec des voisins comme toi, il va falloir se mobiliser vite fait. Madame la députée, ou est ce que l’on signe SVP, avant de commencer à mobiliser mes potes.

          Yoruk

          Paul Laurendeau : je m’appelle Michel Perruchot et je suis un homme libre.

          • ysengrimus
            ysengrimus répond à yoruk
            • Posté à 10h55 le 06/03/2009
            • Internaute 12674

            Montre-moi un référendum des 6,200 Saint-Pierrais pour dire qu’ils veulent mordicus, et à leurs risques exclusifs, devenir les têtes de pont baillonnées et serviles de la mégalomanie poissonière métropolitaine et on en reparlera, monsieur le touriste à voile.

            Je ne te remercie que d’une chose (que j’apprécie grandement cependant - en dehors de tout débat) : ta signature.

            Paul Laurendeau

            • yoruk
              yoruk répond à ysengrimus
              au fil de l'eau
              • Posté à 11h26 le 06/03/2009
              • Internaute 57383
                au fil de l'eau

              On se choisi les maitres que l’on peut :

              « Peu après avoir été félicité par George W. Bush pour sa victoire, Harper a réprimandé l’ambassadeur des États-Unis au Canada David Wilkins pour avoir critiqué le plan conservateur d’assurer la souveraineté canadienne sur les eaux de l’Arctique avec les forces armées. »

              Michel Perruchot touriste à voile et curieux..

              • ysengrimus
                ysengrimus répond à yoruk
                • Posté à 11h31 le 06/03/2009
                • Internaute 12674

                Ne basculons pas hors sujet. On reparlera de la Grande Foutaise du Grand Nord et de Harper le Blême un autre jour.
                P.L.

                • yoruk
                  yoruk répond à ysengrimus
                  au fil de l'eau
                  • Posté à 11h56 le 06/03/2009
                  • Internaute 57383
                    au fil de l'eau

                  Cà gratte ou çà démange, là n’est ce pas ? ? ?

                  au fait ou en êtes vous sur vos investissements en Alberta ? ? ?

                  • ysengrimus
                    ysengrimus répond à yoruk
                    • Posté à 12h07 le 06/03/2009
                    • Internaute 12674

                    Au coeur de la mise en place de la plus durable et profonde catastrophe écologique de l’histoire des Amériques. N’en doutez surtout pas. On va payer pour cet « investissement » très bientôt. Je regrette vraiment que vous vous pensiez fin et subtil en m’attirant vers des questions intéressantes mais hors-sujet.

                    Je ne suis pas le porte-parole du Canada rouge, blanc blême, au fait. Je laisse le chauvinisme étroit aux hexagonaux sectaires...
                    P.L.

                    • yoruk
                      yoruk répond à ysengrimus
                      au fil de l'eau
                      • Posté à 12h24 le 06/03/2009
                      • Internaute 57383
                        au fil de l'eau

                      Je ne crois pas du tout que ce soit hors sujet.
                      Le sujet ce sont 6.200 égarés qui tentent de survivre. Et la mère patrie ne semble pas beaucoup se bouger le cul.
                      Il faudra bien entrer en négociation. Or si l’on vous écoute vous nous dites :

                      « Allez-vous faire le matamore légaliste jusqu’à ce que les ricains occupent votre archipel indéfendable et vous disent de prendre le fric et de vous casser, comme en Louisiane (vous) et en Floride (les espagnols) »

                      Et je vous dis, balayez devant votre porte, et balayez vite, vous avez fait assez de conneries comme çà. Votre libéralisme institutionnel, inféodé aux anglo saxons, nous coûtent 2.000 milliards d’euros en fausse monnaie (subprime) et peut être 20 fois plus avec les » credit default swap ».
                      Or c’est nous qui allons payer, c’est le monde entier, qui va bosser pendant plusieurs générations.
                      Alors, sympa, les habitants de St pierre et Miquelon, qui vont bosser, entre autre, pour rattraper vos conneries, laissez les vivre …

                      Yoruk

                      • ysengrimus
                        ysengrimus répond à yoruk
                        • Posté à 12h46 le 06/03/2009
                        • Internaute 12674

                        Je ne suis pas le gardien du capitalisme occidental (hexagonal inclu) ni de la bourgeoisie flibustière nord-américaine... Si la métropole s’occupait des Saint-Pierrais au lieu de s’occuper en exclusivité des poissons et du pétrole qui les entourent, la chose serait simple et peu couteuse (ils sont 6,200, une paille).

                        Mais la Guadeloupe nous montre bien ce que la France a de fait à foutre des confettis de l’empire. Colbertisme d’abord, responsabilités sociales après.
                        P.L.

                        • yoruk
                          yoruk répond à ysengrimus
                          au fil de l'eau
                          • Posté à 12h54 le 06/03/2009
                          • Internaute 57383
                            au fil de l'eau

                          J’ai bien peur que ce soit sans espoir. Vous êtes un bavard stérile. Je ne vais pas m’user la santé à pinailler. Retenez tout de même, qu’avant de nous donner des leçons, il y a du boulot qui vous attend chez vous.

                          Mme La députée, merci de nous sensibiliser à vos problèmes. Me concernant, mes réseaux vont fonctionner, dans la limite de mes moyens. Battez vous Madame, battez vous, c’est un marin qui vous le dit

                          Yoruk
                          S/Y Laorana.

                          • ysengrimus
                            ysengrimus répond à yoruk
                            • Posté à 13h03 le 06/03/2009
                            • Internaute 12674

                            Et surtout, Madame la Députée, dans votre prochain papier, n’omettez pas les cartes et la démographie que j’ai du introduire... cela fait intox hexagono-centriste...
                            P.L.

                        • Lugi
                          Lugi répond à ysengrimus
                          • Posté à 14h42 le 06/03/2009
                          • Internaute 28945

                          Le plus comique dans l’histoire, c’est que tantôt vous fustigez la France qui s’en mêle parce qu’elle ne s’en moque pas, puis ensuite la France qui s’en moque parcequ’elle s’en moque pas.

                          Ca vous ennuierais pas de structurer votre point de vue une bonne fois pour toutes, histoire qu’on puisse bien comprendre votre opinion une bonne fois pour toute avec des contours fixes et bien définis ?

                          Car là j’ai l’impression que vos opinions ne sont pas si catégoriques que que le ton avec lequel elle sont défendues.

                          Tantôt vous méprisez l’hégémonisme américain, mais vous semblez bien content de vous cacher derrière.

                          Je vais vous donner mon point de vue, sur les DoM, sur Saint-Pierre et Miquelon.

                          Ces départements ont voté leur appartenance à la France. En tant que tel, ils sont l’égal des autres français vis à vis de la gouvernance du pays et à leur égard le gouvernement français doit faire preuve de la même attention qu’aux autres français.
                          Cette attention à St Pierre et Miquelon, ne doit pas seulement concerner les 6200 individus, et aussi sur le territoire qu’ils habitent, la santé économique et sociale de l’île, à son développement humain.
                          Il s’agit pas d’un problème de cocorico ou de coucougnettes comme ce à quoi vous réduisez le débat. Ce sujet autrement plus sérieux que cela. Il s’agit pas, de faire flotter des bouées avec le drapeau français sur le plus grand espace aquatique possible.

                          Il s’agit de restaurer une économie viable pour Saint Pierre et Miquelon.

                          Il ne s’agit pas de contester l’arbitrage fait par New York il y a plus de 15 ans.

                          On pourrait disserter sur à qui de droit reviens les ressources maritimes de la région (droit que vous avancez selon la règle de la loi du plus fort grosso modo, appelé aussi vulgairement la loi du kikalapugrosse -selon vous, les américains-, et que vous superposez à une justification territoriale et démographique relativement obscure).

                          En vérité les 200 miles, ce n’est ni une loi crée par une quelquonque intelligence supérieur ni une loi dictée par le bon sens de la vie en communauté. Et comme tout le reste concernant la possession d’hectare de flotte leurs légitimité est relativement indéfinie et je ne crois pas les Miquelonnais plus légitimes que n’importe qui d’autre sur les ressources maritimes des environs.
                          La légitimité est ailleurs.

                          Est-ce que vous canadiens, ça ne vous gêne pas d’avoir étouffé littéralement l’économie de cette île à votre bénéfice propre, et soutenez vous encore sans sourciller et toute honte bue qu’ils peuvent vivre d’alloc chômage taillées sur mesure, vous vous en lavez les mains ?

                          On parle ici, même pas de remettre en question les traités internationaux, mais sur des eaux encore non régies par de tels traités. Je crois que cette île a d’autres revendications à faire, notamment d’avoir un accès aux eaux internationales un peu plus réalistes qu’un couloir.
                          La France a une part de responsabilité dans cette affaire. Le Canada aussi. C’est en partie à vous qu’on doit cette situation.

                          Maintenant, je n’éprouve, en tant que français aucun besoin d’une quelquonque affirmation de l’autorité, ni de l’exploitation nationale des ressources de la région. Sur le sujet, c’est quelques 6000 habitants sur leur île sont au cœur de mes considérations.

                          • ysengrimus
                            ysengrimus répond à Lugi
                            • Posté à 13h01 le 07/03/2009
                            • Internaute 12674

                            Je ne me cache pas derrière l’impérialisme américain. Je le subit. Vous aussi. Faites ce que vous voulez dans ce coin du monde et vivez avec les conséquences...

                            Je ne suis pas le gardien des combines économiques canadiennes...

                            Paul Laurendeau

        12 autres commentaires
  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 22h38 le 05/03/2009
    • Internaute 24987

    Merci aux contributeurs pour les cartes, j avais pourtant une bonne opinion des canadiens jusqu à présent mais là c est proprement une invasion territoriale. Surprenant qu une juridiction internationnale ait pu leur donner raison dans ce cas de figure. Bon courage à la population locale parceque compter sur notre lider minimo pour faire quelque chose de senser...

  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 23h52 le 08/03/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Mme le député,

    Je connais votre archipel, je fais partie des rares touristes de métropole qui l’ont visité.

    Peut-être y-suis-je allé pour un reste de nostalgie d’enfance, à cause du souvenir d’un timbre postal figurant un cargo en pleine mer avec ses mâts de transbordement avec en sous-titre : St PIERRE ET MIQUELON .

    Et ce tableau de Marin Marie que j’ai contemplé au musée de St-Pierre, peintre de la Marine et matelot, entre autre du Pourquoi Pas :
    Un bateau à aube devançant un cargo au milieu des vagues qui ne cachent pas des rochers qui effleurent comme des crocs bavant et vachards.

    On ne peut pas oublier le son énorme des bouées avisant des hauts fonds au large des côtes de l’archipel comme des supplications rauques, pleureuses par avance des naufrages.

    L’appartenance à la France est indubitable. Mais ce n’est pas un hasard si l’un des derniers administrateurs coloniaux a choisi l’archipel pour y vivre le reste de sa vie quand la retraite est venue, et y mourir, il y a peu, hélas.
    Lui, à jamais maintenant dans l’île qu’il aimait tant. Cultivé, humaniste qui récitait par cœur des poèmes entre autres de Rimbaud, à près de 90 ans.

    C’est une ancienne France qu’on a couché dans la terre de l’archipel. C’est une page d’histoire déjà tournée depuis longtemps dont il était l’un des tous derniers témoins.

    Il est temps, maintenant, d’ouvrir les îles d’Outre mer, au présent de la modernité :

    Le temps de l’exploitation des ressources naturelles est, à peu près fini, partout dans les DOM-TOM sauf en Nouvelle Calédonie à cause des énormes réserves de Nickel, dans son sol.

    Le temps de l’isolement administratif et règlementaire qui coupe les archipels français d’Amérique de leur environnement régional, au profit de quelques oligopoles métropolitaines doit aussi prendre fin.

    Ils vous faut prendre vos bâtons de de pèlerin et visiter tous vos voisins, vous-même.

    Sans eux qui seront vos partenaires ou bien vous dépérirez pris dans un clientélisme qui vous éteindra.

    La réforme en cours de l’administration locale régionale doit absolument permettre aux élus des régions d’Outre mer de récupérer des prérogatives de négociateur international en vue d’accords avec les régions voisines étrangères.

    Ce qui sauvera, difficilement, mais d’une manière certaine, les France d’Amérique, c’est leur capacité à s’intégrer eux-même dans l’espace naturellement élargie des échanges régionaux en intégrant comme réalité, la diversité des partenariats.

    Finalement, en ce qui concerne votre archipel (le nôtre aussi, un peu), la période la plus faste économiquement ne le doit-elle pas à du commerce avec l’Amérique ?

    Quand les principaux acteurs de métropole et des DOM auront compris l’intérêt de développer des vastes secteurs de services tertiaires pour les technologies, la finance, le commerce et le juridique, alors verrons-nous enfin des délocalisations depuis la métropole, gagnantes-gagnantes, favorisées par des législations ad hoc, d’activités attrayantes pour nos partenaires, alors le sordide isolement de nos îles d’Amérique ne vaudra plus que pour l’histoire celui d’un trop long enclavement des confins ultramarins.

    Certes le ciel est souvent blafard au dessus de l’archipel et des eaux grises et froides. Mais il y des soleils inoubliables qui dispersent les brumes par la joie de vivre. Quel panorama cette cascade d’étangs qui, par palier de miroirs resplendissants, descend jusqu’à la mer.

    En métropole, les régions frontalières profitent en général de la proximité des partenaires économiques étrangers. Ce n’est pas du tout le cas en Outre mer. Il est plus que temps de s’interroger sur ce manque patent de relations et d’échanges.

    Je suis certain qu’il y a un avenir économique possible et très proche. Mais il ne peut se fonder que sur l’intégration de l’économie des îles dans l’ensemble de leur réalité géographique en générant des inter-territorialités locales et profitables.

    • ysengrimus
      ysengrimus répond à egide
      • Posté à 11h21 le 09/03/2009
      • Internaute 12674

      Ceci se résume en deux mots : Terre Neuve...

      Traversier entre Fortune, Terre-Neuve et Saint-Pierre : une heure.

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      P.L.

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