A la Une 26/02/2009 à 16h56

Pour répondre à Sarkozy, les chercheurs se mettent à nu


Le documentaire « Cherche toujours » retrace le quotidien des labos, où la mobilisation est repartie de plus belle ce jeudi. Témoignages.


Extraits de ’Cherche toujours’ (de Etienne Chaillot et Mathias Théry, production Les films d’ici)

Ce jeudi 26 janvier, nouvelle journée de mobilisation de l’université, avec manifestations à la clé. Près d’un mois et demi après le début du mouvement, les enseignants-chercheurs n’ont pas décoléré contre le « mépris » du discours de Nicolas Sarkozy sur la recherche, début janvier.

Après avoir fait raconter à un prof de fac son emploi du temps par le menu, Rue89 voulait proposer à des chercheurs de décrire le quotidien d’un laboratoire. C’est un riverain de Rue89 qui nous a soufflé le casting en conseillant chaudement « Cherche toujours », le documentaire de Etienne Chaillot et Mathias Théry.

Dans le cadre de la mobilisation contre Valérie Pécresse, l’EHESS organisait mercredi après-midi à Paris une projection du film, dont le tournage a duré plus d’un an dans un laboratoire de physique de l’Ecole Normale Supérieure. A la sortie, Rue89 proposait à trois physiciens, dont deux protagonistes du film, de nous expliquer leur métier. (Voir l’extrait vidéo de « Cherche toujours »)



Quelle est la part de l’intuition ?

Stéphane Douady (ENS, travaille sur le chant et le mouvement des dunes). Pour moi, la part de l’intuition est énorme. D’abord dans le choix des sujets, mais aussi dans les idées de solutions. Ça a l’air magique, car l’idée me vient rapidement, comme une certitude, et en plus, ça marche souvent parfaitement.

Mais en fait ça reflète juste le résultat d’une longue réflexion inconsciente. Je cherche inconsciemment (dans l’arrière de ma tête comme dis ma compagne) la solution à mon problème. Mon cerveaux essaye plein de possibilités, et tout à coup un agencement fait tellement sens qu’il surgit et devient conscient.

Quelle place accordez-vous à l’erreur ?

Stéphane Douady. Une bonne place, car c’est souvent que ça arrive... il faut alors juste ne pas désespérer, et se demander pourquoi ça ne marche pas ! Il faut toujours chercher à comprendre. C’est en cherchant à comprendre pourquoi ça ne marche pas que l’on peut soit trouver une solution pour finalement faire marcher notre expérience, ou trouver quelque chose d’autre.

De toute façon je trouve qu’il faut finir par comprendre, c’est notre seule vraie satisfaction. Et pour cela, il ne faut pas désespérer mais continuer d’insister. Jusqu’à ce que cela cède.

Chercher, ca se joue sur la durée ?

Stéphane Douady. Entre l’idée, l’intuition qui germe, et le problème résolu, il se passe souvent plusieurs années. Cinq ans est une bonne durée pour un sujet qui marche bien. Surtout si l’on démarre sur un nouveau sujet, sur une vrai intuition, il faut alors beaucoup de temps et de tâtonnement pour éviter tous les éceuils, et finalement comprendre ce qui marche.

Bien sûr c’est plus rapide si l’on se contente de continuer à faire ce que l’on a toujours fait. Mais un de mes buts est toujours de faire quelque chose d’original, de différent. Cette durée est souvent ce qui est le plus dur à faire comprendre et à tenir. Il faut savoir insister et ne pas se laisser décourrager. »

Le plaisir esthétique, ça joue ?

Cyprien Gay (spécialiste des mousses à l’université Paris-Diderot). Quand on fait des expériences, on voit parfois de très belles choses. C’est très enthousiasmant car c’est déjà le signe que l’expérience fonctionne, ce qui, souvent, n’était pas gagné au départ.

Pour ma part, je fais des modèles et des calculs : l’esthétique des expériences est pour moi tout d’abord un émerveillement (observer les bulles d’une mousse se déformer et permuter de voisines est fascinant, surtout si le liquide est fluorescent !), et aussi un aiguillon pour l’intuition (imaginer quel est le mécanisme déterminant qui permettra de donner une description simple de l’essentiel du phénomène).

Chercher quelque chose qui ne serve à rien, vous le revendiquez ?

Stéphane Douady. D’une certaine manière oui et non. Je revendique que cela n’ait pas d’utilité ou de motivation « économique » évidente. Le problème est toujours de comprendre le monde dans lequel nous vivons, et je trouve cela suffisamment important.

D’un autre côté, j’aime et je trouve important de raconter ce que je fais, d’en faire des histoires que tout le monde apprécie et comprend. Et cela c’est pour moi une grande « utilité » : je crée des histoires qui peuvent servir à tous.

On ne sait jamais à quoi ce que l’on fait pourra un jour servir. Par exemple les savants qui ont étudié l’électricité au XIXe n’avaient aucune application visible. C’était juste l’étude de phénomène de foires, un peu étranges. C’est bien après que l’on a trouvé des applications. Quand Edison a crée l’ampoule élecrique, il n’a rien découvert, mais il a su tirer parti de ce qu’avaient découvert les chercheurs. (Voir un extrait vidéo de « Cherche toujours »)




Vous dîtes que la recherche est le royaume de l’idéologie ?

Etienne Couturier (ENS, travaille sur la forme des feuilles). Il y a des rivalités, mais il y a surtout des idéologies qui s’affrontent. Les sciences dures sont très idéologiques. C’est normal : le travail est hyper répétitif, quasiment religieux.

Pour se motiver, on a besoin d’idéologie. C’est un moyen de faire travailler autour de soi et de travailler soi-même. Mais les affrontements peuvent être rugueux : je suis un physicien qui s’intéresse au développement des plantes, et les généticiens ont une toute autre approche. Dans ces cas-là, il est plus difficile d’être publié car on est très minoritaire.

L’évolution des modes de financement, ça a changé quoi pour vous ?

Cyprien Gay. La majeure partie des appels d’offre concernent des domaines précis, et cela oriente les travaux d’une grande partie des équipes de recherche. Ce financement principalement « sur projets » est venu progressivement depuis dix ans.

Auparavant, une dotation régulière et inconditionnelle (quoique faible) nous évitait un temps considérable passé à la fois pour rédiger la demande, pour l’évaluer (car ce sont les collègues, en France et dans le monde, qui évaluent notre projet), et même pour utiliser l’argent (à cause de règles de gestion très lourdes et de rapports réclamés de manière inutilement fréquente).

Tout cela est aujourd’hui au détriment du travail de recherche, notamment dans des domaines de recherche où l’on a un besoin de financement réel, mais léger. A l’étranger, des scientifiques se rebellent contre le tout-projet. »

Comment se manifeste l’exigence de rentabilité ?

Stéphane Douady. On est maintenant essentiellement financé par des contrats sur projets de trois ans. Cela veut dire qu’il faut déjà que la recherche en elle-même soit rentable à court terme, sous trois ans.

Pour la plupart de ces contrats le thème du projet est aussi défini à l’avance, dans des thèmes appliqués. Je pense que c’est une erreur que le financement se fasse uniquement de cette manière.

C’est bien qu’une partie de la recherche fonctionne comme cela pour ceux qui sont doués pour cela. Mais il faut pouvoir garder une partie pour les rêveurs, les huluberlus, qui sont nécessaires pour fournir de temps en temps des idées originales, quand la grosse machine s’essoufle et tourne à vide. Avant tout, il faut de la diversité.

La recherche française était-elle plus originale jusque-là ?

Etienne Couturier. Je termine ma thèse sur la forme des feuilles des arbres. Quand je dis ça à l’étranger, on me répond que j’ai de la chance d’être en France pour faire cela, alors que la tendance est de tout séquencer, sur un schéma industriel.`

D’ailleurs, souvent, aux Etats-Unis, c’est le chef du labo qui pense et les autres qui font, c’est très tayloriste. Pour prendre des risques et réfléchir à des choses bizarres, il faut vraiment être prix Nobel.

Les autres font des recherches rentables. Même en fin de thèse, il faut au moins quatre ans pour publier. Aux USA, on ne paye pas quelqu’un quatre ans pour ne rien publier. Donc les gens ne se lancent pas.

En vidéo, des extraits de « Cherche toujours », de Etienne Chaillot et Mathias Théry, production Les films d’ici.

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  • supprimé à la demande du riverain 27.02.09
    • Posté à 22h11 le 26/02/2009
    • Internaute 69200

    Salut, je m’en vais pour toujours. cette fois-ci, c’est sérieux. Byyyyyyyyyyyyeeeeeeeeeeeee ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

    • Disciple
      • Posté à 22h16 le 26/02/2009
      • Internaute 69854

      Il y a wikiberal qui t’attend.
      Salut.

    • ZonZon la MouChe
      • Posté à 07h31 le 27/02/2009
      • Internaute 53182
        ni dieu ni maître !

      Paul-Marie ?
      J’ose espérer que c’est un de vos enfants qui a écrit ce message de départ...
      Ramenez vos petites fesses immédiatement SVP : le débat démocratique exige une confrontation d’idées et un terreau de contestation que vous nous offrez.
      Bonne journée à vous

      • framboise92
        framboise92 répond à ZonZon la MouChe
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 09h19 le 27/02/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        zonzon, c’est mon naniversaire aujourd’hui...
        Plus que cinq ans et la retraite... Alors, tu comprends pourquoi je veux profiter de cette vie un maximhommme ! lol
        Bonne journée toi aussi !

        • didier1
          didier1 répond à framboise92
          retraité
          • Posté à 10h38 le 27/02/2009
          • Internaute 66204
            retraité

          Bon anniversaire.

          Moi, la retraite, c’est depuis 6 mois. Tu verras comme c’est bon. C’est là que tu te rends compte que ceux qui déblatèrent sur la valeur du travail, sa nécessité en terme d’insertion sociale etc, ben : ça doit être des gens qui ne l’ont connu que de très loin, le travail !

          NB : Ils manquent peut-être tout bêtement d’imagination !

          • framboise92
            framboise92 répond à didier1
            je choisis la campagne, la (...)
            • Posté à 19h45 le 27/02/2009
            • Internaute 24519
              je choisis la campagne, la (...)

            Merci Didier ! ! ! ! !

            bizzzzzzzzzzzzzz

    • framboise92
      framboise92 répond à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 09h15 le 27/02/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      Hé ! ne vous en allez pas comme ça à si bonne pastille ! Pour une fois qu’on a le sourire avec les coins relevés !

      Autant javeliser le forum, alors, mince quoi !

      Ceci-dit, je viens de quitter un autre forum qui m’écrabouillait la framboise, je comprends.
      A bientôt !

    • didier1
      • Posté à 09h10 le 27/02/2009
      • Internaute 66204
        retraité

      Ben dis-donc déserteur, tu te tires comme un malpropre. Et juste au moment ou tu te lâchais un peu. S’il ne nous reste plus que Pierrrre et Hulk, on est pas dans la.....

    • dulconte
      dulconte répond à supprimé à la demande du riverain 27.02.09
      Mordu par un fachogarou
      • Posté à 20h58 le 27/02/2009
      • Internaute 250
        Mordu par un fachogarou

      Non mon jouet préféré est cassé ouinnnnnnnnnnnnnnnnnn

  • framboise92
    framboise92 répond à Disciple
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 09h06 le 27/02/2009
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    comme quoi tout est dans la culotte sur cette terre, envoyons nos culottes en l’air, et nous aussi par la même occasion !

    • Disciple
      Disciple répond à framboise92
      • Posté à 09h25 le 27/02/2009
      • Internaute 69854

      Comment veux-tu ? Je suis en déshérence.
      Tu me parles de culottes, je ne pense qu’au fondement
      de la pensée de mon maître disparu. Ici je le confesse,
      sans lui, sans Paul-Marie, je fais vœu de silence.

      • Banana ex de juanitoto
        Banana ex de juanitoto répond à Disciple
        Je déteste rue89, tous les (...)
        • Posté à 09h28 le 27/02/2009
        • Internaute 67910
          Je déteste rue89, tous les (...)

        A qui le dis- tu , ami ? je comprends ta douleur,
        ce « départ » pour nous est un vrai crève -coeur !
        mais à trop déverser bla bla comme purée
        il a reçu réponses qui lui ont mis le nez
        devant contradictions et idées éculées.

      • framboise92
        framboise92 répond à Disciple
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 09h40 le 27/02/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Bon, voyons où en sont les choses, sur le « fond » (de.c..... de ch’val comme disait Bobby àLapointe de l’humour) et Gérard Philippe dans Pierre et le Loup. (pas celui du forum, ce Pierre est un loup, il pense que je ne sais pas Et travailler ET manifester ! Car, si je manifeste, c’est justement pour pouvoir bien travailler !

        Bref, peu importe,

        Le général reviendrait, je lui sauterais au cou, à l’heure actuelle. Je lui déroulerais le tapis rouge (bleu, pardon) .

        Votre maître était d’une autre étoffe ! Ah ! que oui !

        Alors, faire le deuil et savoir que bien d’autres comme vous aussi, sur d’autres forums, sont déçus de cette écatombe actuelle qui n’a rien à voir avec votre grande époque.
        bizzzzzzz @ plus ! Obligé ou on va se fâcher !

      • framboise92
        framboise92 répond à Disciple
        je choisis la campagne, la (...)
        • Posté à 09h42 le 27/02/2009
        • Internaute 24519
          je choisis la campagne, la (...)

        Où ça, ? ? ? ? hi hi !

        Prenez le métro et revenez ; please ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • framboise92
    framboise92 répond à framboise92
    je choisis la campagne, la (...)
    • Posté à 09h28 le 27/02/2009
    • Internaute 24519
      je choisis la campagne, la (...)

    Top, pas pertinent, top du top !

  • postdoc
    postdoc
    (chercheur)
    • Posté à 19h11 le 26/02/2009
    • Expert 71503
      (chercheur)

    Aux Etats-Unis les universites recrutent deja les enseignants chercheurs selon les besoins de chaque departement. Ainsi si le departement de biologie d’une universite a besoin d’un nouveau professeur de biologie cellulaire, elle passera une annonce a cet effet, et apres une pre-selection, chaque candidats viendra faire un seminaire presentant des travaux et son projet de recherche devant l’integralite du departement, tous les professeurs sont tenus d’y assister. A l’issu du seminaire, les professeurs, rempliront une fiche d’evaluation pour chaque candidat, jugeant la capacite du candidat a s’exprimer (si un candidat ne peut faire comprendre a ses collegues docteurs son projet, impossible qu’il puisse enseigner quoique ce soit a des eleves sortant du lycee), l’interet de son projet, et son potentiel a obtenir des financements (le nerf de la guerre). Il faut aussi preciser qu’il est impossible de se porter candidat dans l’universite ou l’on a obtenu sa these et ce pour une periode de 10ans apres obtention du doctorat.
    Ce systement de recrutement en dehors du pool d’une universite permet l’echange d’idees, promeut les collaborations inter-universites et evitent les risques de nepotisme.
    La recherche aux Etats-Unis est certes loin d’etre parfaite mais un etudiant en these sera finance jusqu’a la fin de son projet (et non sur un periode fixe de 3 ans, qui poussent les etudiants thesards a abandonner en cours de these ou bien a faire du benevolat pour pouvoir terminer leur doctorat... situation vecue par de nombreux thesards en France, un gachis hallucinant de richesses intellectuelles et d’argent pour l’etat). Et malgre la necessite de publier et d’obtenir des financements, il y a toujours de la place pour une certaine liberte de poursuivre ses propres hypotheses. Comme partout cela depend du directeur de labo.

  • rezareza
    rezareza
    rezareza
    • Posté à 19h21 le 26/02/2009
    • Internaute 16449
      rezareza

    « tous des feniants surpayé qui bouffe du findus gras trop cher
    vive les femmes de ménage qui travaillent dans la merde avec des salaire de merde » se dit antoine, un peut seul dans son appartement minable.

  • didja
    didja
    out of nowhere
    • Posté à 22h35 le 26/02/2009
    • Internaute 59575
      out of nowhere

    Une vidéo avec Stéphane Daoudy, le premier chercheur interviewé dans cet article, tournée dans le désert marocain. Il présente ce mystérieux chant des dunes : très étonnant !

  • a déménagé le 4 février 2011
    • Posté à 20h01 le 26/02/2009
    • Internaute 51971

    « éviter tous les éceuils » : Ce n’est pas votre cas…
    « sur une vrai intuition » : une intuition masculine ?
    « ne pas se laisser décourrager » : Décidément, rien ne vous décourage !
    « l’ampoule élecrique » : que le grand crique vous croque.
    « les huluberlus » : les hurluberlus, frappés de berlue, hululent-ils ?
    « la grosse machine s’essoufle » : vous n’en manquez pas de souffle…

    Là, je propose une souscription auprès des riverains pour fournir à Chloé Leprince, ce correcteur orthographique dont elle a tant besoin ! Ca presse…

  • obey-
    obey-
     : -\
    • Posté à 20h55 le 26/02/2009
    • Internaute 66286
       : -\

    test

    • framboise92
      framboise92 répond à obey-
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 21h02 le 26/02/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      de quel test s’agit-il, jeune homme ?

    • JJLF-
      JJLF- répond à obey-
      citoyen mitoyen
      • Posté à 22h14 le 26/02/2009
      • Internaute 60031
        citoyen mitoyen

      Je confirme : t’es mort.

    • a déménagé le 4 février 2011
      • Posté à 23h26 le 26/02/2009
      • Internaute 51971

      Je confirme : il est négatif !

  • JJLF-
    JJLF-
    citoyen mitoyen
    • Posté à 22h13 le 26/02/2009
    • Internaute 60031
      citoyen mitoyen

    Que c’est bon un peu de complexité dans le monde simplifié de Non-Non et de ses acolytes. La complexité du vivant, rétive, mathématique, belle, rebelle à l’analyse et aux causalités à 2 balles (« Qu’est-ce que j’y dis moi à la gamine, Mame Chabot ? »).

  • Riad
    • Posté à 22h28 le 26/02/2009
    • Internaute 21549

    Bravo pour cet article, qui décrit très finement le quotidien du chercheur. Je suis également en thèse de physique, et bien que travaillant dans un domaine très différent (la cosmologie) je me retrouve complètement dans ce que décrivent l’article et les extraits.

    Une petite précision, pour rassurer les lecteurs qui s’inquièteraient du côté un peu rêveur de S. Douady et de ses étudiants : les publications du groupe sont d’un niveau remarquable (nombreux articles dans de (très) prestigieuses revues : Nature, Physical Review Letter, etc.).

  • verbeux
    verbeux
    pensif
    • Posté à 22h51 le 26/02/2009
    • Internaute 71532
      pensif

    Je ne sais pas ce que vaut la réforme Pécresse. Je sais qu’un maître de conf peut, s’il le souhaite, ne rien foutre du tout, et qu’il ne risque rien, mais alors rien, à ce petit jeu-là, sinon de patienter de très longues années avant de passer prof. De là à écrire que les maîtres de conf sont des glandus et des profiteurs... je ne me le permettrai pas, non, non, ne craignez rien. Une agrégation, plus une thèse de doctorat, le tout pour 2500 euros / mois à 40 balais : je conçois que les maîtres de conf soient un peu agacés quand le président (de la République) leur jette à la tête des gentillesses. Il n’en reste pas moins que le contrôle de leur production est nul, que l’année universitaire dure d’octobre à mai, et que de mai à octobre, ils bossent... ou pas. Voilà. J’espère n’avoir heurté personne.

    • Fajrino
      Fajrino répond à verbeux
      –-
      • Posté à 10h26 le 27/02/2009
      • Internaute 71557
        –-

      Pour info, depuis la réforme LMD, les cours ont lieu de début septembre, voire fin août jusqu’à la mi juin suivant les facs, l’année universitaire commençant donc fin aout pour se finir à la mi juillet (temps nécessaire pour faire les corrections de partiels, les jury, rattrapages, re jury, examens des dossiers pour les entrées dans les années suivantes, etc.). Les vacances de la Toussaint n’existent pas (juste un pont), celles de février ont tendance à disparaitre suivant les facs et leur organisation propre, mais ne font déjà plus deux semaines.
      Il n’y a plus deux facs avec exactement le même calendrier, je vous dit pas le bordel pour préparer les dossiers de Master, déjà que les licences ne sont plus forcément reconnues d’une fac à l’autre...
      Mais en tous cas faut se mettre à jour, les vendanges pour les étudiants... c’est d’une autre époque.

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 23h26 le 26/02/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    Lui aussi c’est un intello...la preuve :

    Lien

    • framboise92
      framboise92 répond à General Subverciòn
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 09h22 le 27/02/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      LOL ou lola ou rigoleta !

    • framboise92
      framboise92 répond à General Subverciòn
      je choisis la campagne, la (...)
      • Posté à 09h25 le 27/02/2009
      • Internaute 24519
        je choisis la campagne, la (...)

      La différence entre ces deux animaux :
      - on rase l’un
      - et c’est l’autre qui nous rase !

  • Filoulou
    Filoulou
    retraité
    • Posté à 23h36 le 26/02/2009
    • Internaute 61458
      retraité

    Je crois avoir compris que, pour simplifier, on pouvait distinguer trois niveaux de recherche :
    - un niveau de recherche fondamentale, qui ne demande pas toujours de gros moyens financiers (sauf accélérateurs de particules !), qui suppose un financement de longue durée avec une faible probabilité de retour sur investissement. Il me semble que c’est dans cette situation qu’un laboratoire suisse financé sans contrainte de résuktat par IBM qu’a été découverte la supraconductivité à haute température,
    - un niveau de recherche appliquée qui suppose des investissements plus lourds (comment élaborer un élément conducteur avec la découverte précédente). Là, on peut admettre une organisation par projet, mais trois ans semble un peu court,
    - enfin un niveau de recherche industrielle (comment faire un câble supra avec les précédents résultats). Ici, les investissements peuvent être très importants.
    Mais vouloir se passer du premier niveau semble tout simplement utopique. Réduire la recherche à une recherche par projet, c’est vouloir commencer au second stade et c’est encore une idée technocrate où l’approche financière l’emporte sur les réalités.

    • Seb30
      Seb30 répond à Filoulou
      Biologiste expatrié
      • Posté à 20h20 le 27/02/2009
      • Internaute 50073
        Biologiste expatrié

      C’est exactement celà.
      Il y a quelques années, j’assistais à la conférence d’un chercheur retraité (et toujours actif) du Conseil de Recherche du Canada (NRC).
      Ce monsieur nous expliquait qu’en sciences, il y a :
      - Innovation
      - Recherche
      - Développement

      Et on ne peut pas avoir l’un sans les autres. Et que le niveau scientifique d’un pays ne peut pas être maintenu s’il n’y a que du développement.

  • fouqs-
    fouqs-
    cadre du BTP
    • Posté à 23h56 le 26/02/2009
    • Internaute 28729
      cadre du BTP

    ah si bien y en un au moins qui cherche la M..... c’est bien notre nabo et a défault on peut souhaiter qu« il la trouve ce con

  • fouqs-
    fouqs-
    cadre du BTP
    • Posté à 00h03 le 27/02/2009
    • Internaute 28729
      cadre du BTP

    tu travaille pour monsanto dit ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ça paie combien pour nous faire bouffer tes merdes d’insecticide via les plantes que tu t’ingénie à trafiquer ,elle est pas belle la science ! ! ! ! etienne etienne ! ! ! ahhhhhhhhhhhhhhh

  • Rêve-générale
    Rêve-générale
    Etudiant
    • Posté à 01h03 le 27/02/2009
    • Internaute 69409
      Etudiant

    Les exigences de rentabilités et l’abandon de la recherche fondamentale par le financement public sont une grave erreur : l’exemple de l’électricité est cité dans l’article, on pourrait aussi cité le système binaire en mathématique (vous savez les 0 et les 1).
    En effet ce fameux système qui permet de faire fonctionner à peu près tous les systèmes informatiques fut découvert par Leibniz au XVIIème siècle, et ne fut utilisé « concrètement » qu’à partir de... 1945 et les débuts de l’informatique, alors même qu’au temps de Leibniz les premières machines à calculer fonctionnaient techniquement sur un système décimal classique...

    • Autre raleur
      • Posté à 11h13 le 27/02/2009
      • Internaute 39310

      Je ne suis pas sur que ce soit un bon exemple. Si personne n’avait parlé du système binaire avant l’ère de l’informatique, je ne pense que pas cela aurait été un obstacle : on aurait commencé à en parler à cette occasion.

      L’histoire des CD est, il me semble, un meilleur exemple. Dans ce cas les découvertes n’aurait pas pu être faites dans l’autre sens : tiens on voudrait un support compact -> ah ben il faudrait de la lumière bien cohérente et tout et tout -> ah ben on va mettre au point le laser -> ah ben on va découvrir la physique sous-jacente... ah ben non ça marche pas comme ça...

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 07h41 le 27/02/2009
    • Internaute 52604
      à croquer

    Arrête de bouder Paul-Marie et reviens nandidiou !

  • Veum
    Veum
    doctorant
    • Posté à 09h10 le 27/02/2009
    • Internaute 23064
      doctorant

    Merci la rue ! On critique beaucoup, mais ce genre d’articles, au plus près de l’info et de la réalité, rachète beaucoup d’erreurs !

  • morova
    • Posté à 09h42 le 27/02/2009
    • Internaute 24254

    je suis chercheur a l’anpe depuis de nombreuses annees et j’ai invente un rehausseur pour vespasiennes afin que le president puisse pisser debout qu’en penses tu carla toi qui a ete donnee au president par berlusconni je pensait que donner une femme a un autre etait reserve aux maquerots mafiosots je me suis trompe ou alors c’est pire que ce que je pensais SOURIEZ DEMAIN SERA PIRE

  • le_vieux_j.
    le_vieux_j.
    retraité
    • Posté à 10h55 le 27/02/2009
    • Internaute 66237
      retraité

    Enseignants-chercheurs : une modeste contribution déjà publiée, mais non lue et un peu modifiée.
    En laissant volontairement de côté, et ce n’est pas rien, l’enseignement, un chercheur a-t-il encore le loisir de faire de la recherche ?
    Entre la soumission de projets afin d’obtenir d’indispensables crédits à court terme au niveau national (type ANR) ou régional (type ATP), les rapports annuels intermédiaires, le rapport final, comportant, comme il se doit, les références à des publications dans de grandes revues internationales (qui ont demandé un certain nombre d’allers-retours avec des referees pas toujours coopératifs - compétition oblige), sans oublier la participation à des séminaires, congrès et autres réunions de concertation interminables, un nouveau document très « pédagogique » serait destiné sinon au Président de l’Université, par constitution, comme chacun d’entre nous, assez incompétent hors de son domaine d’origine (ce n’est pas une critique), mais, sans doute, à une nouvelle commission ad-hoc (une de plus, toutes les autres n’ayant rien à voir avec une quelconque évaluation !). A ce propos, il faut souligner que le « plan de carrière », le long d’ une pyramide très pointue, se fait trop rarement en poursuivant une réelle activité de recherche mais, le plus souvent, en devenant « chef » de ceci et/ou cela, et/ou encore autre chose… (lobbying oblige). Il faut d’ailleurs noter qu’un excellent chercheur n’est en général pas formé (je n’ai pas dit formaté) pour devenir un bon coordinateur, encore moins un administratif passable d’une grande structure.

    Même avec toutes les facilités du traitement informatisé, surtout du copier-coller, ces activités restent très chronophages.

    Il reste alors à la paillasse ou sur le terrain des étudiants (en CDD à durée très limitée ?) en « formation » (qui peut se limiter,cela s’est vu, au simple : « débrouille-toi… »). De leur côté, ils vont avoir à constituer nombre de dossiers adaptés en vue d’un éventuel recrutement par concours dans un grand organisme (université, CNRS, INSERM, INRA…) tout en rédigeant une thèse comportant d’indispensables articles mis bout à bout plus ou moins judicieusement. La thèse est un effort individuel, pour progresser, une équipe de recherche demande une action collective. Chercher l’erreur. La chasse au poste est ouverte pour le candidat, comme pour le patron, même si le concours n’est de fait qu’un cache-misère de la cooptation. Dans le même temps, il est indispensable de trouver un post-doc, si possible aux USA (et pour y rester).

    Seul un nombre très limité de manip à résultats garantis (le temps de se planter n’est pas envisageable, les crédits ne suivront pas) peut être effectué, même s’ils n’apportent pas grand-chose (tout réside dans un judicieux habillage). La tentation de recourir à « un fond de commerce » dans les thèmes et méthodes de recherche est alors grande. Cela ne conduit pas au Prix Nobel mais permet de rester « le spécialiste incontesté »…
    Cette vision sinistre peut sembler provocante, encore faut-il le démontrer.
    Bien à vous, et…à vous.

  • dez
    dez
    musicien
    • Posté à 12h01 le 27/02/2009
    • Internaute 68055
      musicien

    Il faudrait que les chercheurs se préoccupent d’abord de l’état des finances publiques, ils avanceraient en position de force dans leurs revendications...
    Dernièrement, la Cour des Comptes a révélé que les Français se sont vus spoliés de près de 10Md d’euros sur le dossier des concessions d’autoroutes...un demi budget de la recherche...Normal ?
    Plus de 40Md d’euros par an partent en intérêts de la dette, soit une fois et demie le budget de la recherche ! Normal ? ? ?

    Je présente à cette adresse
    Lien
    ma contribution sur la question centrale de la dette dans nos économies, l’impôt sur le revenu partant dans la poche des créanciers de la République, ainsi qu’ une solution portant sur plus de 1200Md d’euros dans le cadre de la Francophonie pour une sortie de crise et l’émergence de fait d’un monde multipolaire...
    J’y aborde aussi la question de la réforme territoriale qui devrait aussi intéresser les chercheurs ! Par exemple, la création de synergies entre les pôles de recherche doit primer sur une concurrence stérile entre métropoles ...
    Cordialement

  • Negus56
    Negus56
    musicien
    • Posté à 15h49 le 27/02/2009
    • Internaute 68805
      musicien

    Je pense que ce que l’homme a de plus précieux est sa capacité à comprendre ce qui l’entoure et d’en tirer un savoir.
    Il serait fortement préjudiciable que l’élaboration de ces savoirs soit soumise à l’appréciation unique de financeurs. Que certains aspects de la recherche, même certains qui paraîtraient incongrus, échappent à toute notion de rentabilité me semble une valeur primordiale qu’il convient de protéger.
    Je ne sais pas précisément comment le projet de madame Pécresse compte aborder cet aspect, mais je doute fortement qu’un désengagement financier de l’état dans ce domaine permette une totale liberté d’étude.

  • piflechien
    piflechien
    animal domestique
    • Posté à 12h43 le 28/02/2009
    • Internaute 42424
      animal domestique

    Echantillon peu représentatif de la communauté scientifique française. Il laisse à penser que les chercheurs français sont plus libres dans leur travaux que les chercheurs nord-américains, ce qui n’est absolument pas vrai. En réalité, pour obtenir des financements, les contraintes sont bien plus importantes qu’aux Etats-Unis, concernant non seulement la thématique, mais le type de méthode utilisées. Naturellement, si vous faites de la recherche essentiellement théorique, comme sur la forme des dunes ou des feuilles, vous n’êtes pas concerné, mais disons que c’est une évolution soviétique du système. Cette évolution est apparue dans l’espace de 20 ans, essentiellement pour trouver une argumentation de type « sociétale » à l’augmentation des coûts humains en conséquence du mandarinat.

  • Yvon le Zébulon
    Yvon le Zébulon
    L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
    • Posté à 13h19 le 28/02/2009
    • Internaute 65781
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

    Il y a des chercheurs qui cherchent et qui ne trouvent pas
    Il y a des chercheurs qui trouvent sans avoir rien chercher

    Des chercheurs, on en cherche...
    mais lorsqu’on les cherche...on les trouve !

    En fait, Madame Pécresse, les chercheurs, faut pas les chercher !
    ni leur chercher des pous !

    .
    merci Anne

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