25/02/2009 à 19h12

« Bellamy » : sous vos fourches caudines, Depardieu et Chabrol

Arnaud Aubron | Les Inrocks (et ex-Rue89)

C’est comme un rituel. Le nouveau Chabrol est de sortie ce mercredi, nous le soumettons donc à vos critiques implacables. D’autant que celui-là réunit pour la première fois le susdit réalisateur et Gérard Depardieu.

Côté scénario, on pourrait résumer ainsi : le commissaire Bellamy (Gérard Depardieu, donc), voit ses traditionnelles vacances nîmoises avec sa femme (Marie Bunel) perturbées par l’arrivée de son frère (Clovis Cornillac), qu’il ne porte pas dans son coeur, et d’un fugitif (Jacques Gamblin), qui s’accuse d’un crime. D’où enquête. (Voir la vidéo)

Voilà, pour le reste, vous avez jusqu’à lundi matin pour descendre, ou encenser, le film dans les commentaires ci-dessous.

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  • 39 réactions
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  • mul georges
    mul georges
    demonstrateur
    • Posté à 20h18 le 25/02/2009
    • Internaute 64640
      demonstrateur

    UN CHABROL C EST TOUJOURS BON

    • DBL8
      DBL8 répond à mul georges
      Retraité
      • Posté à 22h22 le 25/02/2009
      • Internaute 19562
        Retraité

      Oui... mais Depardieu est un rustre !

      • Colonel Fabien
        Colonel Fabien répond à DBL8
        www.get_anxious.com
        • Posté à 12h05 le 26/02/2009
        • Internaute 31416
          www.get_anxious.com

        Qui vous demande votre avis (surtout quand il est aussi lapidaire) sur la personnalité de chacun ?
        Il s’agit ici de donner son opinion sur un œuvre, ce qu’elle vous évoque, ce qu’elle vous fait ressentir, les réflexions qu’elle vous à amener à avoir, etc...
        Quand à Depardieu, je ne fais pas partie des fans du bonhomme, mais je reconnais ses qualités d’acteur. Le reste n’a pas sa place ici.

        P.S : vous avez beau jeu de juger Depardieu de rustre, quand on voit ce que vous avez choisi pour vous représenter... Vous pouvez vous asseoir dessus (votre jugement, s’entend...)

         
        • Maxfrerot
          • Posté à 12h40 le 26/02/2009
          • Internaute 23114

          Oui mais... Depardieu est un gros connard ( en tant que technicien du cinéma, j’ai eu le malheur de travailler plusieurs semaines avec lui). On peut avoir été un excellent comédien et être une ordure.

          • sup à la demande du riverain 28.09.09
            • Posté à 19h48 le 26/02/2009
            • Internaute 57826

            exact j’ai vu un extrait de video ou il se conduisait de facon assez ignoble envers un figurant ,dis donc le cyrano en a pris un coup
            Je me souviens d’un commentaire de journaliste qui m’est resté en memoire depuis (20 ans au moins...)
            { Depardieu c’est un berliet avec un moteur de solex...}

        2 autres commentaires
    • Beryl
      Beryl répond à mul georges
      • Posté à 00h30 le 26/02/2009
      • Internaute 25737

      Un Chabrol, c’est toujours mauvais, enfin, moyen, mais du théatre filmé à la sauce mise en scène de cinema - pas de véritable expression. J’ai bien aimé ses premiers films : Les bonnes femmes, A double-tour, ainsi qu’un extraordinaire court-métrage, Porte d’Auteuil, d’une cruauté folle et d’une forme concise, maitrisée.

      Après, Chabrol a navigué entre navets et beauferies culturelles, sans génie.

      • Maxfrerot
        Maxfrerot répond à Beryl
        • Posté à 12h36 le 26/02/2009
        • Internaute 23114

        « un Chabrol c’est toujours mauvais ». Et mec, tu généralises comme un Sarkozy parlant de la banlieue et, comme lui, tu fais de fausses citations. T’as craqué, mec.

        Tu es navrant de poncifs abrutis car, manifestement, tu ne connais pas l’auteur. Ses premiers films sont, en effet, excellents mais ce ne sont pas ceux que tu cites. Les voici : Le Beau Serge ( 1958 ), Les Cousins ( 1959 ), A Double Tour ( 1959 ).

        Par ailleurs, Chabrol a réalisé plusieurs très bons films avec, entre autres, Isabelle Huppert, Jean Yanne ou le génial Jean-François Balmer.

        Parle de ce que tu connais et tout ira mieux.
        Salut, mec.

  • in girum
    • Posté à 00h36 le 26/02/2009
    • Internaute 8170

    je prends bellamy, je laisse belle amie !

  • footchibol
    footchibol
    etudiant
    • Posté à 10h59 le 26/02/2009
    • Internaute 59593
      etudiant

    hier j’ai plutot choisi Gran Torino, et je me suis régalé...

    • Arnaud Aubron
      Arnaud Aubron répond à footchibol
      Auteur(e) de l'article Les Inrocks (et ex-Rue89)
      • Posté à 11h44 le 26/02/2009
      • Internaute 77
        Les Inrocks (et ex-Rue89)

      On a hésité, mais on a déjà publié Lien, on s’est dit que ce serait dommage d’y revenir et de pas parler des autres films.

      • footchibol
        footchibol répond à Arnaud Aubron
        etudiant
        • Posté à 09h46 le 27/02/2009
        • Internaute 59593
          etudiant

        y’a pas de souci...vous avez raison, mais je tenais à le dire parce que gran torino est vraiment excellent.

  • Rachlela
    Rachlela
    Journaliste
    • Posté à 11h11 le 26/02/2009
    • Journaliste 71428
      Journaliste

    A chaque fois qu’un nouveau Chabrol sort, j’y vais, et malheureusement, de plus en plus, je suis déçue.

    Personnages féminins caricaturaux ou inconsistants, intrigue moyenne, c’est mou, cela manque de sel.

    Bellamy n’est pas un des meilleurs opus du réalisateur. Sauf peut-être le « c’est quoi ce f*%^¨*r, on n’est pas à la Star Acdemy ! » ...

    Et encore ! Dommage. J’aurais mieux fait d’aller voir Slumdog...

    • Jack Sullivan
      Jack Sullivan répond à Rachlela
      en boule
      • Posté à 11h38 le 26/02/2009
      • Internaute 42204
        en boule

      « Personnages féminins caricaturaux ou inconsistants, intrigue moyenne, c’est mou, cela manque de sel. »

      Vous, vous n’avez pas vu « La cérémonie », je me trompe ?

      • Colonel Fabien
        Colonel Fabien répond à Jack Sullivan
        www.get_anxious.com
        • Posté à 12h07 le 26/02/2009
        • Internaute 31416
          www.get_anxious.com

        Vous, vous n’avez pas vu « la Cérémonie », je me trompe ?
        En tout cas pas comme moi. Et c’est dommage, vous en garderiez sans doute un meilleur souvenir...

         
        • Jack Sullivan
          Jack Sullivan répond à Colonel Fabien
          en boule
          • Posté à 13h10 le 26/02/2009
          • Internaute 42204
            en boule

          Parce que selon vous c’est dommage d’avoir aimé un film ? Désolée de ne pas tomber d’accord.

          • Colonel Fabien
            Colonel Fabien répond à Jack Sullivan
            www.get_anxious.com
            • Posté à 10h35 le 27/02/2009
            • Internaute 31416
              www.get_anxious.com

            Au contraire, je trouve dommage de faire partager son dégoût pour un film plutôt que son amour pour un autre.
            Plutôt que de tirer dans les pattes de Chabrol en ne citant que des œuvres que l’on déteste personnellement et subjectivement, on pourrait plutôt partager ceux que l’on trouve de qualité et expliquer ses choix.

            • Rachlela
              Rachlela répond à Colonel Fabien
              Journaliste
              • Posté à 11h02 le 27/02/2009
              • Journaliste 71428
                Journaliste

              Mais quand on sort d’un film qui nous a déçu, autant prévenir les autres pour qu’ils ne perdent pas leur temps...

              Le film n’est pas une catastrophe, mais pas un chef d’oeuvre, loin de là.

              Mais si je vais voir des films de Chabrol, c’est aussi car j’en ai aimé certains.

        3 autres commentaires
      • Maxfrerot
        • Posté à 12h37 le 26/02/2009
        • Internaute 23114

        J’allais le dire.

      • sup à la demande du riverain 28.09.09
        • Posté à 19h56 le 26/02/2009
        • Internaute 57826

        ouais Isabelle Huppert m’a foutu les chocotes dans ce film
        Putain j’aurai pas voulu en connaitre une comme çà...
        Mais sinon elle comment dire ...c’est.... vous voyez quoi

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 15h17 le 26/02/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    Oué super ! ! Encore 14 commentaires sur 14 de gens qui parlent d’un film qu’ils n’ont pas vu ! ! ! Youpiiii...

    • Julos
      Julos répond à azerty69
      ex E.N
      • Posté à 16h41 le 26/02/2009
      • Internaute 38577
        ex E.N

      Oui Azerty, c’est comme qui dirait « sidérant » : ce vide qui aspire la vacuité des commentaires, comme un trou noir avale des galaxies entières...
      Tagada pouët pouët ; -))

    • sup à la demande du riverain 28.09.09
      • Posté à 21h24 le 26/02/2009
      • Internaute 57826

      Moi je ne parle que de ce que je connais ...enfin d’après ce qu’on dit...

  • paco
    • Posté à 21h51 le 26/02/2009
    • Internaute 17955

    C’est un petit Chabrol (comme souvent) : on ne s’ennuie pas, mais il n’y a pas grand chose de plus à dire. Depardieu, de plus en plus gros et essoufflé, n’est pas mal en commissaire Maigret en fin de course, pas sûr de ne pas s’être fait rouler dans la farine par son « client », pas sûr que sa femme ne le trompe pas. Cornillac en fait un peu trop. Tout ça fait un peu « qualité France » des années 1970.

    • Rachlela
      Rachlela répond à paco
      Journaliste
      • Posté à 11h03 le 27/02/2009
      • Journaliste 71428
        Journaliste

      Exactement... Qualité France des années 70.

  • Julien83
    Julien83
    chroniqueur BD au Mague, (...)
    • Posté à 00h20 le 27/02/2009
    • Internaute 37797
      chroniqueur BD au Mague, (...)

    rien que par ce teaser ... ce trailer... on voit tout de suite le côté lent du film, l’ennuie, l’envie de dormir... vous dorrrrmeez ! ! ! vous ronflez au côté de Depardieu et Chabrol...

    Bon .. rdv le 4 mars, il y a de quoi WATCH... Men ! ! !

  • Philippine7
    Philippine7
    Cadre
    • Posté à 01h10 le 27/02/2009
    • Internaute 53646
      Cadre

    Pour faire davantage connaissance avec le maître, Master Class de Claude Chabrol, il revient sur son approche du cinéma et son parcours :

    Lien

  • Thucydide
    Thucydide
    Que survive la Démocratie en (...)
    • Posté à 07h45 le 27/02/2009
    • Internaute 6396
      Que survive la Démocratie en (...)

    je suis allée voir le film, et je me suis ennuyée à mourir... et a priori j’aime bien les films de Chabrol, mais là, c’est d’un mou !

  • mathieu tuffreau
    mathieu tuffreau
    (cinéaste)
    • Posté à 08h39 le 27/02/2009
    • Internaute 66304
      (cinéaste)

    Claude Chabrol filme mieux les femmes que les hommes car leur charme tempère son nihilisme, et confèrent même à ses meilleurs films une dimension tragique : Stéphane Audran dans Le boucher, Sandrine Bonnaire et Isabelle Huppert dans La cérémonie, ou pour son dernier film Ludivine Sagnier dans La fille coupée en deux.

    Bellamy n’échappe pas à la règle, avec une Marie Bunel enchanteresse en compagne sensuelle et vive de Gérard Depardieu. Elle entretient la flamme de son couple par le jeu du désir et de la frustration en mille et un gestes, allusions et attentions. Elle mériterait un premier rôle, mais les lois du financement du cinéma sont impitoyables et la caméra se consacre entièrement à notre ogre national qui interprète ici un commissaire revenu de tout. Bellamy se prend d’amitié pour un escroc minable (Jacques Gamblin) qui s’accuse d’un meurtre, et doit en même temps supporter la présence à domicile de son frère raté qui se détruit à petit feu par l’alcool et la dépression (Clovis Cornillac).

    Le calendrier est parfois cruel. Dans Gran Torino qui sort cette semaine, Clint Eastwood filme les ouvriers retraités des usines automobiles, tous les peuples qui ont fait l’Amérique (Irlandais, Noirs africains, Polonais, Italiens, Latinos, Asiatiques, etc.), et se met en scène dans la peau d’un homme qui sue de haine par tous les pores. Dans Bellamy, Claude Chabrol filme bourgeoisement des bourgeois préoccupés par des questions fort bourgeoises : Ai-je bien fait de tromper ma femme ? Comment gagner de l’argent sans me salir les mains (Bellamy a hérité de sa belle maison nîmoise, ce qui signifie qu’il n’a pas eu à exercer un métier lucratif, donc compromettant) ?

    Le casting quatre étoiles donne pourtant envie de croire à cette histoire de commissaire désabusé dont l’enquête déteint sur la vie, et à ce duo qui semble évident entre les deux demi-frères, Clovis Cornillac et Gérard Depardieu, mais la grisaille de l’image, des décors, des costumes et des situations déteint progressivement sur le moral du spectateur. Et puisque Bellamy rend hommage à Georges Brassens, dont la tombe ouvre et une chanson clôt le film, il nous est permis de nous demander où sont les Chabrol d’antan, qui avaient le sens de l’épopée.

  • villers
    villers
    prof
    • Posté à 09h46 le 27/02/2009
    • Internaute 71551
      prof

    Un Chabrol d’une bonne cuvée et tous les acteurs excellents.
    Cornillac ? C’est Serge Réggiani !

    Les échanges entre commentateurs de Rue 89 ressemblent de plus en plus à ceux de Marianne 2 voire Libé ! C’est dommage. On va toucher le fond !

  • Julos
    Julos
    ex E.N
    • Posté à 16h24 le 27/02/2009
    • Internaute 38577
      ex E.N

    Commençons par ce dont je suis sûr : Chabrol sait faire du cinéma parce qu’il sait de quoi est fait un film ; Chabrol sait diriger les acteurs parce qu’il sait de quoi est fait un acteur, homme ou femme. Ce qui fait que, lorsque Chabrol « fait » un nouveau Chabrol, j’y vais, sans hésiter, en me disant « ça ne sera pas forcément génial mais ça ne peut pas être mauvais », et c’est la même chose concernant Woddy Allen par exemple.

    Ceci posé, durant toute la projection de ce « Bellamy », j’ai éprouvé un léger malaise, indéfinissable, sur le coup. Puis, après quelques heures, j’ai compris ce qui me gênait. Une sorte de lourdeur, de lenteur, que je n’ai pas vécu comme étant de l’ennui, ou de la torpeur mais comme une absence de légèreté, de respiration, d’aisance. Et j’ai l’impression que, malgré la lumineuse présence de Marie Bunel, ainsi que l’excellence de l’ensemble des acteurs (même la petite Adrienne Poly est à sa place), c’est l’imposante stature de Depardieu qui plombe l’ensemble. Comme si Chabrol avait construit son film « autour » de Depardieu. Sauf que celui-ci est devenu un tel monument du cinéma (à l’écran comme à la ville) ... qu’on finit par ne plus voir que ça, ou presque. Ce qui sauve l’ensemble c’est, à mes yeux, le talent et le savoir-faire de Chabrol.
    Bref, ce Chabrol 2009 n’est pas un mauvais cru mais, devant le verre à moitié plein, j’hésite à y retourner, ou à en rester là...

    • Ketchoupy
      Ketchoupy répond à Julos
      étudiante
      • Posté à 17h17 le 27/02/2009
      • Internaute 71618
        étudiante

      Entièrement d’accord avec toi... Mais tout de même j’ai aimé ce cinéma qui s’assume, cette tendance vers l’absurde dans les dialogues parfois et cette tension constante durant le film...

      • Julos
        Julos répond à Ketchoupy
        ex E.N
        • Posté à 17h41 le 27/02/2009
        • Internaute 38577
          ex E.N

        « ...ce cinéma qui s’assume, cette tendance vers l’absurde dans les dialogues parfois et cette tension constante... »

        Oui, moi aussi c’est ce que j’apprécie par dessus tout chez Chabrol et quelques autres grands noms du cinéma. En tout cas, c’est comme ça que je m’explique cette envie irrépressible qui me fait y aller, à chaque fois, les yeux fermés. Quitte à être déçu ou à moitié satisfait.

         ; -)

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 18h44 le 27/02/2009
    • Internaute 54353
      quidam

    Bellamy est le premier film de Chabrol depuis Betty à porter le nom de son personnage principal. C’est le portrait en vacance(s) d’un commissaire célèbre et respecté qui goûte un repos sans cesse interrompu. A l’image de la première scène avec Depardieu, le film hésite entre veille et sommeil, ce qui se traduit par un rythme le plus souvent languissant, quelques décrochages et une fin heurtée qui marque le réveil.
    Bâti sur la très chabrolienne et très habituelle figure du double, le scénario va éclairer la personnalité de Bellamy par le biais d’une bizarre affaire qui lui tombe dessus en la personne de Jacques Gamblin, arnaqueur à l’assurance peut-être meurtrier.
    Ce versant policier, traité par-dessus la jambe, grève le film de scènes incohérentes et étirées jusqu’à plus soif - le malheureux Gamblin ne sait pas exactement quoi jouer et le couple qu’il forme avec Depardieu est hautement improbable. Survient un second double, le jeune frère de Bellamy interprété par un Clovis Cornillac sans nuances, une autre pièce d’un puzzle qui ne semble toujours pas avancer.
    Bellamy est un curieux mélange de rigueur et de laisser-aller coupable. Le film patine, manque d’assise et de précision, à deux doigts du je-m’en-foutisme. Il fait pourtant souvent mouche dans ses dialogues délectables et un art consommé du portrait.
    Ce qui gêne beaucoup chez Chabrol depuis quelques films (la Fille coupée en deux et la Demoiselle d’Honneur exceptées), c’est l’abandon d’un sentiment capital à son oeuvre : l’inquiétude.
    Bellamy est un film exempt d’inquiétude sur un personnage inquiet, ce qui gêne à la fois et la fiction et l’identification du spectateur. Le malaise que l’on ressent à sa vision est tout simplement celui de ne pas être plus inquiet. Depardieu semble souffrir d’un mal invisible dont nous voyons les symptômes (irritabilité, assoupissement) sans en pouvoir imaginer la cause. Le poids du monde est sur ses épaules, mais ce monde ne se laisse pas deviner. Chabrol, on l’oublie trop, est un cinéaste terrible et ses plus grands films sont des coups de couteau dans le cœur. Ici rien de plus que des coups d’épingle, et un à-quoi-bonisme à peine douloureux ; bien loin de nous, le cinéaste de Betty, du Boucher ou des Godelureaux - ce concentré d’absolu nihilisme unique dans le cinéma français.
    C’est que Chabrol est dans la dernière partie de son œuvre que l’on pourrait qualifier sans honte de « période télévisuelle », un peu à la façon des derniers Renoir. Aucun des films qu’il a tournés depuis la Cérémonie n’est spécialement inoubliable à l’exception de la sublime adaptation de Maupassant, la Parure, réalisée pour France 2, et bien évidemment qu’il le sait - il en rigole certainement.
    Ce retrait du monde à la fois amusé et dénigrant fait de Bellamy une sorte de pis-aller – « ben oui, ç’aurait pu être mieux mais c’est comme ça, voyez-vous ! ».
    Cela pourrait être totalement déprimant s’il n’y avait dans Bellamy une réussite qu’on mesure à sa pleine valeur en laissant le film se diffuser dans notre mémoire. Le couple formé par Gérard Depardieu et Marie Bunel est l’un des plus beaux qu’on ait vus de notre vie de cinéphile. Jamais Chabrol n’avait autant fait ressentir l’élan physique et sensible qui unit deux individus ; Bellamy, c’est l’essence de la conjugalité, quelque chose qui passe les mots et que Chabrol traduit avec l’aide inappréciable de deux merveilleux acteurs.
    Rien que pour cela, on va encore bander quelques années pour le cinéma de Claude Chabrol.

    NB : Lu ici et là les enièmes pleurnicheries admiratives devant le dernier Clint Eastwood (je le vois tout à l’heure, je n’en dis encore rien). Théorème : un Chabrol moyen vaudra toujours mieux qu’un « bon » Eastwood (denrée fort rare). Chabrol a derrière lui une dizaine de films carrément exceptionnels et une bonne vingtaine de tout à fait recommandables. Eastwood a réalisé trois ou quatre bons films mais la majorité de sa filmographie hésite entre le médiocre et l’affligeant. Je ne sais pas, vous, mais moi, mon choix est fait...

    • Ballantrae
      Ballantrae répond à valzeur
      enseignant
      • Posté à 11h44 le 28/02/2009
      • Expert 69029
        enseignant

      Votre analyse est plutôt intéressante néanmoins il me semble curieux de jouer la carte « chabrol » contre la carte « Eastwood ».
      En tant que lecteur de positif et ex-lecteur des Cahiers (je découvris quasi conjointement ces deux revues), je crois déceler ici de vieux réflexes qui ne comptent pas parmi les meilleurs de la politique des auteurs : défense des travers d’un auteur élu, dégommage en règle d’un prétendu faiseur (pour Eastwood , on croit rêver : j’ai l’impression de revenir vers mes quinze ans lorsque Pale rider permit une amorce de reconsidération... à vous lire, il semble que Bird, White hunter..., Unforgiven, un monde parfait, Madison, A minuit dans le jardin..., Mystic river, Million dollar baby, le dyptique Iwo jima et L’échange comptent pour des nèfles !), recherche d’un « secret » de réussite dans l’échec (je repense au sauvetage désespéré des derniers Hitchcock, à l’analyse savante mais peu convaincante de Rio lobo par Daney).
      A mon avis , Eastwood est le véritable héritier des pionniers américains tant sa mise en scène effectivement sait se faire « invisible » sans pourtant s’avérer inexistante (question dramaturgie du cadre, de la lumière, de l’ellipse je pense que son travail « inconscient » l’emporte de loin sur les trucs d’ancien critique de Chabrol).
      La nonchalance sublime que vous décelez dans les derniers Chabrol m’apparaît comme une fiction. Rien à voir chez lui avec le sens du retrait, du retranchement d’un Oliveira qui effectivement sait tirer profit de choix minimalistes. Effectivement, depuis La cérémonie , je ne pense pas avoir vu un bon Chabrol y compris cette fille coupée en deux célébrée ici et là de manière absurde. Ayant rencontré Chabrol deux fois, je le trouve fort sympathique, habile même amis le plus fort de son oeuvre m’apparaît circonscrit dans chaque décennie au sein d’une production parfois hallucinante tant elle est affligeante pour de bonnes (cf le sang des autres) ou de mauvaises raisons (cf l’échec inexcusable de madame bovary).
      Autant je ne peux qu’admettre la constance qualitative d’un rohmer et même son aptitude au renouvellement (sa trilogie en costumes-l’anglaise et le duc, triple agent, Les amours d’astrée- compte parmi les objets cinématographiques les plus surprenats de ces dernières années) autant je doute de la jouissance effective des exégètes admiratifs des derniers Chabrol tant ma
      patience fut mise à l’épreuve. Cette cinéphilie un peu exsangue qui consiste à se pâmer face à l’épuisement explicite d’une inspiration me semble très étonnante (autre exemple de cette exprassion, la pamoison qu’entraînèrent les derniers Monteiro, caricatures des qualités certaines de Souvenirs de la maison jaune ou La comédie de dieu).
      En espérant vous relire, arguments à l’appui pour ce qui est cas Eastwood : il est trop rare de pouvoir ferailler cinéphiliquemnt parlant. en tout cas, il est indéniable que vous savez écrire et penser le cinéma.

      • valzeur
        valzeur répond à Ballantrae
        quidam
        • Posté à 14h33 le 28/02/2009
        • Internaute 54353
          quidam

        Merci pour votre message, il est toujours plaisant de lire des avis structurés même si on ne les partage que très partiellement.

        Sur Eastwood : De tous les films que vous citez, seul Million Dollar Baby et - plus ou moins - Minuit dans le Jardin... me séduisent en tant que spectateur. Je suis toutefois d’accord avec vous pour reconnaître que sa mise en scène « invisible » peut être de belle facture. Le problème réside en la qualité désolante de la plupart de ses scripts marqués du sceau de la convention. Eastwood a une double ascendance : les séries B de Siegel et le « classicisme » de Ford. Je goûte infiniment plus ses petits films de genre à la Siegel (Les Pleins Pouvoirs, Jugé Coupable) que ses grands films pseudo-fordiens à la limite du regardable en ce qui me concerne.
        En tant que cinéphile, on attend généralement d’un cinéaste un regard particulier sinon original sur le monde. De ce point de vue là, Eastwood me laisse totalement sur ma faim. Ses dernières tentatives autour du Mal (Mystic, L’Echange) sont tout simplement effarantes et mort-nées, un peu comme si Tintin se prenait de réécrire Dostoïevski. Comment croire aux figures du mal qu’agence Eastwood ? Prenons son dernier Gran Torino : la bande de méchants asiatiques a autant d’existence que des Sioux ou Comanches dans un western années 40 de Ford - une pure convention censée acheminer l’histoire vers un dénouement riche en rédemption/sacrifice/transmission (rayer les mentions inutiles). Et on pourrait dire ça d’une bonne moitié de ses films.
        Eastwood fait du cinéma pour adolescents et adultes en inversant l’ancienne classification de l’Office catholique. Pourquoi pas ? , mais personnellement, j’attends plus du cinéma qu’une petite histoire rassurante avec des personnages génériques. Je conçois que certains spectateurs s’y laissent prendre mais la suspension d’incrédulité n’agit jamais avec moi. A la vision d’un Eastwood, je lis sur l’écran un mauvais scénario déroulé en dépit du bon sens et selon une idéologie qui me répugne le plus souvent.
        Vous allez me demander des exemples, je me limiterai à son dernier qui est tout frais dans ma mémoire. Eastwood a un vrai problème avec le typage de ses personnages depuis une bonne dizaine de fims (je suis gentil) - comme dans Million Dollar Baby, la famille de Gran Torino est une bande de rapaces sans espoir de rémission. Les vingt première minutes d’une lourdeur assez remarquables montrent Clint en vieux con terminal raciste et infect qui trois scènes après, hop ! magie ! , s’est transformé en vieux héros difficile mais sympathique et compassionnel ! Exit Tatie Danielle, bonjour Mère Térésa ! Passons sur les facilités de scénario qu’on compte par pelletées - la révélation du trauma, la fin risible (je ne la révèlerai pas mais rappelons que 10 minutes avant dans le film, on nous a asséné que « les Hmong ne parlent pas », pourquoi deviendraient-ils loquaces passés le mot fin ?) Eastwood en trois mots, c’est à mes yeux excès, lourdeur et facilité. Ceci dit, je dois reconnaître que l’aspect comique de Gran Torino est vraiment réussi et que les scènes avec Thao et Sue, notamment dans la famille chinoise, renvoient aux meilleurs moments de Minuit quand John Cusack découvrait bouche bée un autre monde effarant, celui des travestis noirs qui aiment les hommes.

        Sur Chabrol : je n’ai aucune passion pour sa dernière période - même si c’est mon réalisateur français préféré. Je trouve toutefois que certains de ces derniers films rappellent en mineur qu’il a été un cinéaste important. Je n’en dirais pas autant des derniers Rohmer qui me laissent un peu comme John Cusack dans le Eastwood sus-mentionné. Le seul grand film français de vieillesse que j’ai vu récemment est l’admirable Coeurs d’Alain Resnais. Ceci dit, je ne peux que constater le renouvellement de Rohmer. De là à parler de réussite, je ne franchirai pas ce pas.

        A bientôt,

        PS : je reconsulterai mes messages mardi, ne vous étonnez pas si je ne vous réponds pas d’ici là

    • Ballantrae
      Ballantrae répond à valzeur
      enseignant
      • Posté à 11h59 le 28/02/2009
      • Expert 69029
        enseignant

      Je ne pense pas aller voir le dernier Chabrol en salle pour trois raisons :
      1)je manque de temps et dois faire des choix
      2)la dernière « manière » de Chabrol sied mieux au petit qu’au grand écran
      3)Depardieu est inqualifiable de nullité depuis des années et poutant j’ai été impressionné par son boulot au moins jusqu’au Garçu (je me suis risqué aux Temps qui changent, inqualifiable ratage de Téchiné qui me déçoit lui aussi beaucoup depuis des années : ce fut l’une de mes pires expériences de spectateur, une vraie punition).

  • PIT LE CHIEN
    PIT LE CHIEN
    Wouaooouh!
    • Posté à 11h08 le 02/03/2009
    • Internaute 25924
      Wouaooouh!

    Il est toujours déplaisant de dire « hélas » à la sortir d’une projection
    quand on sait quelle énergie demande la concrétisation d’un film et que, par ailleurs, le Réalisateur est bien sympathique et a beaucoup fait, dans le temps,...
    Pourquoi ne pas parler des films qu’il faut vite aller voir avant qu’il ne soit trop tard..
    Le beau 35 RHUMS de Claire Denis, par exemple.
    LOUISE MICHEL, SERAPHINE, avec la magique Yolande Moreau
    ,LE BAL DES ACTRICES de la Grande Maïwenn,
    L’AUTRE pour l’interprétation de Dominique Blanc,

    et, bientôt, WELCOME de Philippe Lioret (tourné à Sangatt)

    Il y tant d’excellents films français.

    (Pas trop tard, non plus, pour vous rattraper si vous n’avez pas encore vu « THE VISITOR » avec Richard Jenkins et Iam Habbas, remarquables, dans cette histoire de sans -papiers aux USA, universelle, poignante certes mais subtile et tonifiante pour le coeur).