Entretien 23/02/2009 à 13h08

Entretien avec Danny Boyle, réalisateur de « Slumdog »

Jean-Vic Chapus | Journaliste


La nuit dernière, à Los Angeles, le film « Slumdog Millionaire » a raflé huit oscars dont celui du meilleur film et celui de la meilleure mise en scène pour son réalisateur anglais Danny Boyle.



Danny Boyle, réalisateur de ’Slumdog Millionaire’ à la cérémonie des Oscars le 23 février (Lucas Jackson/Reuters)

La majorité des commentaires lus dans la presse aujourd’hui saluent un long-métrage représentant sans pathos la dureté des bidonvilles de Bombay. Sauf que la razzia de statuettes dorées de « Slumdog Millionaire » est aussi à prendre comme la consécration de son réalisateur, Danny Boyle, citoyen britannique de 52 ans et cinéaste pop par excellence.

Les films de ce natif de Manchester ont constamment mis la musique en avant : bande originale britpop et techno (La trilogie « Petits Meurtres Entre Amis », « Trainspotting » et « Une Vie Moins Ordinaire »), cosmopop signée par le « Timbaland indien » A.R Rahman sur « Slumdog Millionaire ».

En décembre dernier, nous avons rencontré le cinéaste pour parler de son éducation punk au son de The Clash, du mouvement des rave parties, de Martin Scorsese et de l’Angleterre sous Thatcher. A l’époque, le réalisateur se voyait comme un rocker adulé trop vite par l’industrie du cool (le film de la génération britpop et drogues avec le culte « Trainspotting ») et descendu de son piédestal par le même système (le flop de son adaptation du livre d’Alex Garland, « La Plage »). Depuis hier et son triomphe aux oscars Danny Boyle est redevenu une popstar du cinéma. Entretien.

Après la sortie de « Trainspotting », votre nom a été mis en avant comme celui de Quentin Tarantino. Avez-vous eu le sentiment de devenir un cinéaste rock star ?

Ce que je vais dire va être très ennuyeux : ma vie privée n’a jamais connu le moindre excès notable. L’existence de rock star n’aurait pas pu marcher sur un type comme moi. Je suis trop bien élevé pour me défoncer ou détruire ma chambre d’hôtel. Je suis trop timide et misanthrope également.

J’ai grandi dans un environnement très religieux, très strict. Je ne suis pas catholique, mais ma famille aurait aimé que je devienne un homme d’église. J’ai failli entrer dans les ordres, sans blague. Avec ce genre d’éducation, tu portes un fardeau de culpabilité sur tes épaules.

Quand le succès de « Trainspotting » est arrivé, je n’ai pas réussi à en apprécier les conséquences. J’étais toujours dans mon vieux complexe catholique : « Ce n’est pas possible. Je ne mérite pas, ce succès. Un jour, les gens vont se rendre compte jusqu’à quel point je peux être un véritable imposteur ! »

Vous êtes né en 1956. Au milieu des années 70, l’Angleterre devient punk. Avez-vous adhéré à ce mouvement ?

A la fin du lycée, j’avais déjà entendu parler des Stooges et de tous ces groupes rock arty qui gravitaient au CBGB de New York. Quand cette musique est arrivée en Angleterre, j’étais déjà préparé à aimer ce mouvement.

Le punk c’est mon premier vrai sentiment d’appartenance à un courant de pensée. Ce n’était pas de la musique. C’était de la loyauté. Encore aujourd’hui mon groupe de référence, ça reste The Clash. J’ai commencé à apprendre le théâtre le jour, tout en devenant punk la nuit. Un chouette exercice très formateur.

A travers leurs chansons, The Clash parlaient beaucoup d’engagement politique. Etiez-vous réceptif à ce discours ?

La pop est un baromètre fiable de l’état de la jeunesse et de la société pourrie dans laquelle elle essaye de survivre. C’est pour ça que j’y suis tellement réceptif. Il n’y a pas que des chansons dans tout ça. Il y a surtout une attitude globale.

The Clash a mis des guitares et des slogans sur notre refus de subir la politique de Margaret Thatcher et de sa clique. Ils se comportaient comme un groupe en guérilla contre le pouvoir en place. Je viens du Nord de l’Angleterre. J’ai vu beaucoup d’usines fermer leurs portes et encore plus de braves types se retrouver brisés par le système, sur le carreau… Après cela, il y avait l’alcoolisme, la drogue…

The Clash a redonné de l’espoir car ce groupe ne se foutait jamais de la gueule de ses fans. Ils ne nous prenaient jamais de haut. Ils sortaient des doubles ou des triples albums, mais qui coûtaient le prix d’un 33 tours. Ce genre de truc force le respect ! (Voir la vidéo de l’interview de The Clash par Tom Snider, en 1981 -en anglais-)



L’état d’esprit punk -faire tout soi-même avec les moyens du bord, défier les autorités morales- a-t-il donné un sens à votre travail de cinéaste plus tard ?

J’ai commencé dans le théâtre. Mes films ne se font pas avec des moyens, disons, trop misérables, mais ils parlent quand même de la rue. Sans arrêt. Que je tourne en Ecosse, en Thaïlande ou en Inde, je me concentre toujours sur les endroits où il y a une énergie : la rue, les quartiers pauvres, là où sont les outsiders.

Comme les punks, je ne prends jamais mes personnages en pitié : je laisse la parole à la rue. Le scénario original de « Slumdog Millionaire » m’a attiré justement car il parle de ça : les gamins des rues qui vont prendre l’ascenseur social grâce aux jeux télévisés. (Voir l’extrait de « Slumdog Millionaire » -en anglais-)



Etait-il difficile pour un jeune cinéphile britannique de ne pas avoir de modèles nationaux, dans votre domaine, aussi forts que ceux existant dans la pop musique ?

Quand je me suis vraiment intéressé au cinéma, je me suis tourné vers les réalisateurs américains capables de jouer avec des notions comme la violence, l’urgence de la mise en scène. Ma grande référence dans ce domaine, ça reste Martin Scorsese ou Francis Ford Coppola. Des films comme « Taxi Driver » ou « Apocalypse Now » m’ont marqué.

Je voulais m’orienter vers le théâtre par goût des beaux textes. Avec ces films américains, j’ai compris ce que je voulais faire de ma vie. Plus tard, il y a eu David Lynch. « Elephant Man » et « Blue Velvet », principalement. J’aime être secoué. J’aime les artistes qui expriment un point de vue qui vient de la rue.

Votre cinéma est marqué du sceau de la techno culture. De quelle façon la musique electro est-elle rentrée dans votre vie ?

J’ai recommencé à m’enthousiasmer pour la pop quand je suis tombé, par le plus grand des hasards, dans une des premières soirées acid house à Manchester. Il y avait une ambiance démente. Les gens souriaient. Tout le monde levait ses bras au ciel, prenait des ecstasy. J’ai adoré voir des petits blancs enfin danser.

A l’époque, je bossais pour la télévision. Le mouvement techno m’a donné l’ambition qui me manquait pour me lancer vraiment dans le cinéma. Je me suis dit : « Ça y est, mes aspirations personnelles sont enfin raccord avec celles de l’époque ! » Il y a un vrai sens du collectif dans la techno. Des gens comme KLF ou Underworld ont juste repris les choses là où The Clash les avait laissées. J’aurai adoré filmer ces scènes de communion auxquelles j’ai assisté dans les clubs. (Voir le clip de KLF, « America : what time is love »)



Vos premiers films sont-ils aussi les produits de la société britannique d’avant Tony Blair ?

Prenez mon premier film, « Petit Meurtre Entre Amis ». Tout tourne autour d’un concept : la corruption, la nature envieuse de l’être humain. Prenez une poignée de jeunes mecs bien sous tout rapport, foutez leur une valise pleine de billets de banque entre les mains. Tôt ou tard, ils vont se transformer en salopards, ils vont s’entretuer. Margaret Thatcher et John Major avaient fait de nous ce genre de caricatures.

Pour « Trainspotting », c’est à peu près le même constat mais en plus violent : les personnages du film comme Mark Renton ou Spud sont des paumés. Ils cherchent leur place dans la société. Ils refusent de grandir. Ils préfèrent rester entre amis et se droguer plutôt que de se confronter au monde du travail qui, de toute façon, va les exclure.

Le cinéma anglais ne pouvait pas nier que cette génération existait dans les années 90. Le gros problème c’est que les choses n’ont pas tellement changé. (Voir la vidéo de la scène finale de « Transpotting »)


Photo : Danny Boyle, réalisateur de ’Slumdog Millionaire’ à la cérémonie des Oscars le 23 février (Lucas Jackson/Reuters)

Lire l’intégralité de cet entretien exclusif avec Danny Boyle dans VoxPop numéro 8, « Au Cinéma ». Disponible en kiosques et relais presse à 5 euros.

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  • 11734 visites
  • 35 réactions
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  • Philippe@LiveinMarseille.com
    • Posté à 14h28 le 23/02/2009
    • Internaute 50984
      musicopathe

    Slumdog Millionaire est une adaptation malhonnête, bling-bling-de-droite, putassière et pour tout dire limite xénophobe d’un très bon roman - plutôt de gauche en l’occurence... Des voix se sont d’ailleurs élevées en Inde pour dénoncer le contenu du film dès qu’il y est sorti !

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à Philippe@LiveinMarseille.com
      - Gone fishing !
      • Posté à 15h17 le 23/02/2009
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Tu fumes quoi ? ? C’est pas du bon en tout cas.
      Les voix qui s’élèvent en Inde c’est normal....sur un milliards d’habitants, y’en a toujours qui sont pas d’accord.

      Maintenant pour ce qui est de l’exploitation....c’est interessant de se renseigner avant de causer.....il y a déjà plus de dix millions de dollars qui retourne dans le bidonville ou fut tourné le film....et ce n’est qu’un début.

      Les mômes qui ont été acteurs dans le film, ont gagné en quelques semaines ce qu’un adulte gagne en deux ans de salaire....exploités tu dis ? ? Allez, soyons serieux....

      • Charles Mouloud
        Charles Mouloud répond à Lemmy_Nothor
        Bras gauche de la Vénus de (...)
        • Posté à 15h46 le 23/02/2009
        • Internaute 12542
          Bras gauche de la Vénus de (...)

        A propos de fumette, je me dis en voyant la photo , qu’il a bien eu raison Phelps, de se mettre au cinéma pour niquer la tronche aux bouffeurs de cornflakes transgénériques .

        Lien

         
        • Lemmy_Nothor
          Lemmy_Nothor répond à Charles Mouloud
          - Gone fishing !
          • Posté à 16h33 le 23/02/2009
          • Internaute 12434
            - Gone fishing !

          Le plus rigolo c’est l’article que j’ai lu dans sa ville natale, ou, toute la famille Phelps, lui y comprit, on passé la semaine à écouter les émissions de télé qui faisait des blagues sur ses mésaventures.....en se bidonnant.
          Quand tu as gagné 14 médailles d’or, je crois qu’il se moque éperdument de Kellogm....et vu le boycott engagé par les fumeurs de pétards aux EU ( en gros 20 a 25 millions de personnes ) je pense que Kellogm se mord les doigts....espèrons quil ne leur arrive pas le même sort qu’à la Venus de Millau : -)

        1 autres commentaires
      • Philippe@LiveinMarseille.com
        • Posté à 17h07 le 23/02/2009
        • Internaute 50984
          musicopathe

        J’ai arrêté de fumer, et je n’ai pas employé le terme « exploitation » ! ! (ce qui m’interroge sur ta propre pratique de la fumette ? !)
        je précise donc ma pensée ulcérée, en publiant l’intégrale de ma propre chronique de ce film (ça ira plus vite) fin janvier :

        Quiconque a lu le truculent best-seller L’histoire d’un Indien malchanceux qui devint Millionnaire de Vikash Swarup, l’a refermé en se disant : quel putain de bon film ça pourrait faire ! Alors bon, que ce soit Danny Boyle ou un autre, on était bien content que quelqu’un soit passé à l’acte et on a foncé, confiant ! Première idée en sortant du cinéma : re-feuilleter un peu le bouquin pour voir dans quelle mesure le film l’a un peu, beaucoup, ou énormément trahi. Evidemment, pas moyen de retrouver ce livre à la noix - comme toujours quand on en cherche un chez soi…
        Alors tant pis, sans filet - il paraît tout à fait certain que le réalisateur et/ou un scénariste a amplement trahi l’histoire pour ne conserver que le pitch ludique : un jeune indien pauvre remporte « Qui veut gagner des millions » en répondant à des questions qui deviennent vite extrêmement difficiles. Interrogé par un policier certain qu’il a triché, il lui raconte comment sa vie agitée lui a donné, par hasard, toutes les réponses. Soit. Qu’on soit obligé de faire quelques raccourcis ou même de trahir un peu pour que ça tienne en 2 heures, ok, passe encore. Soit dit en passant ça n’empêche pas les bons cinéastes de faire Apocalypse Now en adaptant Au coeur des Ténèbres…

        Par contre ici on est loin du compte. Déjà il manque tout une galerie de personnages car, dans le roman d’origine, tout le monde n’était certainement pas si caricatural : l’Inde ne se résumait pas à un immense conflit du genre « baise-moi avant que je te baise », pays composé à peu près uniquement de voleurs, d’assassins et de prostituées… Il y avait au moins, un personnage d’actrice vieillissante et touchante à qui s’attachait le narrateur, et une avocate qui lui venait en aide, et qui ont disparu sans procès. On soupçonne aussi qu’il y ait des personnages en plus, d’ailleurs, ou des très simplifiés (dans notre souvenir il y avait aussi plus d’une femme dans sa vie !) Bref une simplification qui paraît au fond plutôt être une simple « occidentalisation » du film - rendre les gens tous blancs ou tous noirs, histoire qu’on suive bien.

        Par ailleurs au niveau images, couleurs, montages, tout est outrancier : Danny et ses potes monteurs, qu’on croirait tous défoncés au speed, en ont fait une fuite en avant fatigante, dans laquelle on retrouve en plus cette façon déplaisante de faire de la misère « chic » (référence en la matière, le Brésil de La Cité de Dieu). Comme si on pouvait faire tenir dans la même image The Darjeeling Ltd et Salaam Bombay, et racheter le tout avec un clin d’oeil à Bollywood à la fin… Ca mérite tout au plus un piment rouge enfoncé quelque part !

        C’était pourtant notre réalisateur préféré dans les années 90… Mais depuis il est en roue libre - son style d’épileptique en pleines convulsions ne semble plus convenir qu’à ses atroces histoires de vampires (28 trucs plus tard), épuisantes pour les mêmes raisons, en plus d’être terrifiantes. Bref, si vous n’avez pas lu le livre et êtes sensible à l’esthétique « clip », ça vous fera quand même un bon divertissement. Mais promettez-moi de lire le bouquin ensuite, il vous paraîtra d’autant plus génial ! Par contre si vous avez lu le livre, passez et attendez vingt ans que Ken Loach ou un autre vrai cinéaste s’y colle… Ou alors ne venez pas vous plaindre.

         
        • Lemmy_Nothor
          Lemmy_Nothor répond à Philippe@LiveinMarseille.com
          - Gone fishing !
          • Posté à 17h28 le 23/02/2009
          • Internaute 12434
            - Gone fishing !

          Il ne faut jamais lire le bouquin......on courre toujours à la deception. En passant, c’était pas méchant l’allusion à la fumette. Moi je fume comme un trou depuis 1965....que du bon. Bref, c’est pas le sujet.
          Je comprends très bien ton desarroi si tu as lu le bouquin.
          Par contre, moi qui n’a pas lu le livre, je trouve le film pas mal. Ça casse pas la patte à un cheval non plus, et je suis d’accord avec toi ...je préfère de beaucoup Trainspotting. Ceci dit, j’ai lu des livres qui se passent dans les bidonvilles de Calcutta et de Bombay. J’ai même travaillé 4 mois dans les favelas de Rio de Janeiro, sur un tournage de film. C’est certain que l’on a aseptisé bien des choses dans Slumdog. Ce n’est pas non plus un documentaire.
          Par contre ce qui est étonnant, c’est qu’un film étranger, avec aucun acteur connu, réussisse à ramasser autant d’Oscars....en 60 ans j’ai jamais vu ça à Hollywood. Mais maintenant que j’ai vu le film, je lirai le bouquin.

          Ceci dit.....Man on Wire.....de toute beauté.

          ps...lis le lien que j’ai mis plus bas....ils sont pas mécontents du tout a Mumbay de voir leurs techniciens ramasser 5 ou 6 oscars.

        1 autres commentaires
      • vol19
        vol19 répond à Lemmy_Nothor
        • Posté à 22h56 le 23/02/2009
        • Internaute 13492

        « Les mômes qui ont été acteurs dans le film, ont gagné en quelques semaines ce qu’un adulte gagne en deux ans de salaire….exploités tu dis ? »

        => Ce n’est pas du tout ce que j’ai entendu dans une émission d’Inter « Et pourtant elle tourne » ou les enfants en question et leur famille ont été interviewé... Ils resteraient à vivre sous leurs 4m2 de bâche en plastique, par contre il a été dit que la production leur paye l’école jusqu’à l’âge de 20 ans, âge ou par ailleurs ils pourront toucher leur cachet dont le montant n’a pas été précisé. En espérant pour eux qu’il ne sera pas placé chez un Madoff.

        Ca me semble le mot... cruel. Pygmalion, justement, çà se joue jusque au bout (ce dont il est question dans la pièce puisqu’il l’épouse à la fin... alors qu’elle devenue une étrangère dans son milieu d’origine). Les laisser mijoter après cette expérience sous leur bâche dans le bidonville, ou ils n’auront pas les conditions optimales électricité, hygiène pour suivre les cours à l’école (certes que l’on leur paye)... Qu’est-ce que çà leur aurait coûter de les faire rentrer dans un logement décent même petit, pour un film qui va faire le tour du monde et dont les recettes vont se compter en millions... Si ces informations sont exactes, celà me semble révoltant et obscène.
        Le cynisme de l’industrie du média, délocaliser le scénario et les acteurs dans les pays pauvres et surtout ne rien changer. Non, non et non !

         
        • Lemmy_Nothor
          Lemmy_Nothor répond à vol19
          - Gone fishing !
          • Posté à 08h49 le 24/02/2009
          • Internaute 12434
            - Gone fishing !

          Vous devriez lire d’autres sources. La compagnie qui a produit Slumdog, va reverser une partie des profits engrangés afin de venir en aide a ce bidonville. Et ici, on parle de 10 à 12 millions de dollars...pour le moment, et certainement plus.
          Il faut aussi prendre les choses avaec un grain de sel. La production aurait aussi pu engager que des enfants professionels ( acteurs ) qui ne venaient pas du bidonville. J’ai travaillé sur une production semblable, à Rio de Janeiro, avec des enfants des favelas. Ils étaient payés au même tarif que les acteurs professionels qui jouaient dans le film, cad plus de 700 $ par jour. Quand on sait que le salaire des gens qui vivent dans les favelas correspond a environ une cinquantaine d’euros par mois, ces mômes ont put faire vivre leurs familles entière pendant des années en travaillant quelques semaines.
          Dans le cas de Slumdog, la même chose est aussi vrai. Bien sur, il n’ont pas eu le salaire de Marlon Brando....mais personne d’autre dans le film ne touchait un slaire semblable. Une fondation a été crée sur place pour géré les fonds . Le problème, si c’est un problème, c’est que ces enfants qui vivent dans ces bidonvilles, en font partie...leurs amis y vivent, leurs familles....leur donner le fric en main propre equivaudrait à une peine de mort assurée....il se feraient assassiner dans les jours suivants. Les sortir de la nest pas une chose aussi facile qu’il semble. Pour aller ou ? Dans un quartier qu’ils ne connaissent pas, sans amis, sans personne ? Et surtout sans protection ? Dans les favelas, ou les bidonvilles, leur force c’est qu’ils se connaissent tous et s’entraident tous les jours.
          Bref, est il honteux de montrer comment vivent ces gens, dans un film ? Doit on les cacher ?

          • dijou
            dijou répond à Lemmy_Nothor
            Esclave d'une SSII
            • Posté à 14h37 le 24/02/2009
            • Internaute 803
              Esclave d'une SSII

            « Bref, est il honteux de montrer comment vivent ces gens, dans un film ? Doit on les cacher ? »

            Depuis les débuts de la télévision (comme vecteur privilégié de l’image) jusqu’à nos jours et à moins d’avoir le cerveau d’une huitre (et la comparaison n’est pas sympa pour elles) nous savons très bien comment le monde tourne. Mal. Et comment la majorité de l’humanité vit. Misérablement.
            Slumdog c’est , à ses dépends, peut être (je l’espère pour Boyle), du marketing misérabiliste qui vient de toucher le jack pot sur le dos des habitants d’un bidonville. C’est fait par et dans un milieu de gens qui nagent dans le pognon et ça n’est pas les 10 millions qu’ils vont pouvoir leur filer directement ou pas (géré par une ong ?) qui change quoique ce soit à l’affaire, dans le fond. Il n’y a pas que le réalisateur derrière, il y a le studio et le réseau d’exploitation (qui porte bien son nom) et le business hollywoodien.
            J’aurais préféré un film indien , réalisé par des indiens pour nous raconter l’histoire de leur point de vue. Mais je suppose que c’est moins vendable et présentable qu’un danny boyle. Et pourtant le cinéma indien ça n’est pas que bollywood.
            Brêf , personnellement je deviens extrêmement méfiant avec la soupe qu’on nous sert et comme par ailleurs ça n’est apparemment pas un chef d’oeuvre cinématographique j’ai d’autant moins de scrupules à le regarder avec des pincettes, le regarder en tournant dans tous les sens et finalement le reposer parce que oui, ça pue un peu quand même.
            Je pose une autre question , est ce qu’on doit aller voir le film comme on va au concert des enfoirés, en faire maintenant une œuvre caritative ? Autant filer son blé aux ong directement, ça me parait plus productif.

            • Lemmy_Nothor
              Lemmy_Nothor répond à dijou
              - Gone fishing !
              • Posté à 17h02 le 24/02/2009
              • Internaute 12434
                - Gone fishing !

              C’est un film Indien.....vous aussi vous devriez vous renseigner avant de dire des....remplissez vous même !

              Auteur du livre...un Indien...Vikas Swarup

              Coréalisatrice elle aussi Indienne...Loveleen Tandan

              Musique....encore Indien ...A.R. Rahman

              Directeur Artistique....merde, c’est un Indien.....Abhishek Redkar

              Costumes, désolé de vous decevoir....Suttirat Anne Larlarb et oui, une Indienne

              Raj Acharya .... first assistant director
              Avani Batra .... second assistant director
              Yugandhar S. Narvekar .... third assistant director
              Sonia Nemawarkar .... second second assistant director
              Rohit Ved Prakash .... first assistant director : second unit
              Tanya Singh .... second assistant director : second unit

              Nazar Abbas .... director : behind-the-scenes
              Maxima Basu .... assistant : director
              Paresh Behera .... production accountant

              les acteurs ? ?

              Dev Patel ... Jamal K. Malik
              Anil Kapoor ... Prem Kumar
              Saurabh Shukla ... Sergeant Srinivas
              Rajendranath Zutshi ... Director (as Raj Zutshi)
              Jeneva Talwar ... Vision Mixer
              Freida Pinto ... Latika
              Irrfan Khan ... Police Inspector
              Azharuddin Mohammed Ismail ... Youngest Salim
              Ayush Mahesh Khedekar ... Youngest Jamal
              Sunil Kumar Agrawal ... Mr Chi (as Sunil Aggarwal)
              Jira Banjara ... Airport Security Guard #1
              Sheikh Wali ... Airport Security Guard #2
              Mahesh Manjrekar ... Javed
              Sanchita Choudhary ... Jamal’s Mother
              Himanshu Tyagi ... Mr Nanda
              Sharib Hashmi ... Prakash
              Virendra Chatterjee ... Slum Man
              Feroz Abbas Khan ... Amitabh Bachchan
              Virender Kumar ... Man on Fire (as Virender Kumar Gharu)
              Devesh Rawal ... Blue Boy
              Rubiana Ali ... Youngest Latika
              Ankur Vikal ... Maman
              Tiger ... Punnoose
              Chirag Parmar ... Young Arvind
              Nazneen Shaikh ... Baby
              Farzana Ansari ... Latika’s Friend
              Anupam Shyam ... Old Villager
              Salim Chaus ... Ticket Collector
              Singh Shera Family ... Family in Train
              Harvinder Kaur ... Family in Train
              Narendra Singh Bhati ... Family in Train (as Narendra Singh)
              Tanay Chheda ... Middle Jamal (as Tanay Hemant Chheda)
              Ashutosh Lobo Gajiwala ... Middle Salim
              Satya Mudgal ... Taj Mahal Guide

              Janet de Vigne ... Ada
              William Relton ... Peter
              David Gilliam ... Clark

              Mia Drake ... Adele (as Mia Inderbitzin)
              Kinder Singh ... Driver

              Christine Matovich Singh ... Opera Singer #1
              Thomas Lehmkuhl ... Opera Singer #2
              Siddesh Patil ... Older Arvind
              Najma Shaikh ... Woman at Brothel
              Saeeda Shaikh ... Woman at Brothel
              Alka Satpute ... Woman at Brothel
              Tabassum Khan ... Woman at Brothel
              Tanvi Ganesh Lonkar ... Middle Latika
              Sitaram Panchal ... Dance Teacher
              Nigel Caesar ... Hotel Security Guard
              Ajit Pandey ... Javed Goon
              Kedar Thapar ... Javed’s Goon
              Amit Leonard ... Javed’s Goon
              Rajesh Kumar ... Javed’s Goon
              Sagar Ghopalkar ... Javed’s Goon
              Pradeep Solanki ... Javed’s Goon
              Abdul Hamid Sheikh ... Javed’s Goon (as Hamid Sheikh)
              Dheeraj Waghela ... Javed’s Goon
              Arfi Lamba ... Bardi
              Taira Colah ... Nasreen
              Varun Bagri ... Call Centre Trainee
              Ankur Tewari ... Dave
              Anjum Sharma ... Operator
              Madhur Mittal ... Older Salim
              Sarfaraz Khan ... Autorickshaw Driver
              Syed Fazal Hussain ... Autorickshaw Driver (as Syed Hussain)
              Umar Khan ... Autorickshaw Driver
              Imran Hasnee ... Javed’s House Doorkeeper
              Homai Billimoria ... KBC Contestant
              Udayan Baijal ... Cricket Commentator
              Sandeep Kaul ... Floor Manager
              Rufee Ahmed ... Double for Irrfan Khan
              Rhea Lawyer ... TV Reporter
              Deepali Dalvi ... Dancer at Javed’s Safehouse
              Anisha Nagar ... Dancer at Javed’s Safehouse
              Farrah Shaikh ... Dancer at Javed’s Safehouse
              Mamta Sharma ... Dancer at Javed’s Safehouse
              Neha M. Khatarawalla ... Dancer at Javed’s Safehouse
              Tanya Singh ... Newsreader

              Anand Tiwari ... Newsreader

              Faezeh Jalali ... Newsreader
              Meghana Jhalani ... Newsreader
              Rupali Mehra ... Newsreader
              Anju Singh ... Newsreader
              Saurabh Agarwal ... Call Centre Manager

              Hollywood n’a strictement rien a voir avec ce film....

              • dijou
                dijou répond à Lemmy_Nothor
                Esclave d'une SSII
                • Posté à 11h14 le 25/02/2009
                • Internaute 803
                  Esclave d'une SSII

                Je peux te donner le cast technique d’un film américain réalisé en amérique du sud ou au maroc, ce sont tous des locaux et ça n’en fait pas pour autant des films sud américain ou marocains. Ca n’était pas la peine de poster la liste.
                Les producteurs du film ne sont pas indiens :
                * Celador Films UK
                * Film4 (funding) UK
                * Pathé Pictures International FR
                Et on en revient au même point , c’est du business point barre, Européen pour une fois je le concède mais kif kif. Je te renvois également à la bonne analyse de « Pit Le Chien » , voir plus bas, que je partage en tout point.
                Personnellement j’ai arrêté de faire dans l’angélisme, ces gens me font gerber.

                • Lemmy_Nothor
                  Lemmy_Nothor répond à dijou
                  - Gone fishing !
                  • Posté à 12h02 le 25/02/2009
                  • Internaute 12434
                    - Gone fishing !

                  Oui justement il était important de poster la liste de tous les gens qui ont travaillé sur ce film...
                  C’est du business, point barre ? ? Laisse moi doucement rigoler, si c’était vrai, ils auraient insisté pour coller deux ou trois gros noms sur le générique, style Johnny Depp, ou Christian Bale.
                  Faire un film avec que des acteurs inconnus du grand public, c’est pas du business, c’est un casse gueule garanti dans le monde du film.

                  Tu es un dur, tu fais pas dans l’angelisme ? Ça veut dire quoi exactement ?
                  Qui te parle d’angelisme ?

                  Allez, va gerber tout seul.

    • Phil2922
      Phil2922 répond à Philippe@LiveinMarseille.com
      Retraite invalidité
      • Posté à 15h20 le 23/02/2009
      • Internaute 36639
        Retraite invalidité

      En effet, le débât fait rage en Inde sur le film. D’après le JDD ( qui n’est pas ma tasse de thé... !), le réalisateur indien K. Haridaram a déclaré dans le journal « The Hindu » : « Pour la majorité des spectateurs occidentaux écrasés sous le poids de la crise économique mondiale, ce conte de fées sur la face la plus sordide de l’Inde devrait certainement servir de catharsis orgiaque ».
      En effet, quelle orgie : 8 oscars. C’est peut-être un peu beaucoup, même si les bidonvilles existent en Inde. Mais n’y en a t’il pas dans beaucoup d’autres pays... ? Je pense nottamment à la Chine où les paysans (mingkongs) sont exploités, logés dans des tentes sur les chantiers où dans des bidonvilles et meurent chaque jour dans les mines où il n’existe aucune sécurité... ! !

      Allez, pour nous remonter le moral, un pt’tit coup de « Blagues actualités » :

      Lien

      • Lemmy_Nothor
        Lemmy_Nothor répond à Phil2922
        - Gone fishing !
        • Posté à 16h28 le 23/02/2009
        • Internaute 12434
          - Gone fishing !

        Il faut lire les journeaux plus souvent, et aussi dans les langues étrangères, ça aide....

        Lien

    • PIT LE CHIEN
      • Posté à 21h44 le 23/02/2009
      • Internaute 25924
        Wouaooouh!

      En l’occurrence... (2C2R) ... : « bling-bling-de-droite ne veut rien dire ici.
      C’est un film malin qui ne pouvait que plaire aux USA, où, tout scénario se doit d’appliquer la REDEMPTION à ses héros.
      D’où la mort ou le sacrifice (rédempteur) du “méchant” ou de celui qui a choisi un temps la mauvaise voie.
      C’est le cas dans Slumdog avec le sacrifice de l’un des deux frères héros de l’histoire + le happy end amoureux..
      Tout pour plaire aux âmes simples (c’est-à-dire, non perverties) et donc au public US et pas seulement là-bas vu le succès mondial.

      Ceci étant, 8 Oscar, c’est beaucoup, un seul aurait suffi.

      • Philippe@LiveinMarseille.com
        • Posté à 14h35 le 24/02/2009
        • Internaute 50984
          musicopathe

        Tu as raison, Pit le chien !
        on est bien dans des schémas hollywoodiens classiques
        Méchant -> Damnation -> Mort
        Pêcheur -> Rédemption -> Mort (bien avancé, couillon !)
        Gentil/repenti ->Purgatoire -> Amour, Gloire, Beauté et bouclier fiscal.

        Cela dit je pensais qu’on était passé à autre chose à Hollywood (exemple : 2005, Tom Cruise bute un mec de sang froid, dans WOTW de Spielberg, pêcheur donc, et s’en tire à la fin !)
        ... peut-être que Danny, qui n’est certes pas une flêche, a voulu faire plus américain que les vrais ?
        J’ai rien contre les 7 autres oscars (d’autant que les acteurs, certes corrects, n’en ont pas eu et c’est normal)... moi c’est toujours celui de la meilleure adaptation qui passe pas.

         
        • PIT LE CHIEN
          • Posté à 23h00 le 25/02/2009
          • Internaute 25924
            Wouaooouh!

          L’adaptation cinématographique ou télévisuelle d’un roman nécessite obligatoirement des choix de construction, des ellipses et des suppressions de personnages lorsque le roman est ’touffu » et, provoque, invariablement, une déception chez ceux qui ont lu et apprécié le livre auparavant car l’imaginaire de chacun a fait son oeuvre qui n’est pas celle du réalisateur (+ les contingences de production et de co-prod.).
          Pour ma part, en plus de vingt ans dans la profession, il ne m’est arrivé qu’une seule fois de voir la qualité d’un film supérieure au roman d’un auteur dont j’avais vendu les droits.
          Idem, pour la plupart des romans lus et même des scenarii lorsqu’ils sont bons.
          Si l’on peut, mieux vaut lire après le film...

        1 autres commentaires
    • Pixel
      Pixel répond à Philippe@LiveinMarseille.com
      là et nulle part ailleurs
      • Posté à 22h32 le 23/02/2009
      • Internaute 69161
        là et nulle part ailleurs

      heureuse que ce fllm ait remporté l’oscar du meilleur film devant l’étrange vie .....Philippe@ de marseille : tes commentaires ne veulent rien dire et sont tellement convenus, usant même du vocabulaire qui devrait être banni de quelqu’un qui a le verbe et l’idée si précise. Profitons des bons moments que le cinéma nous offre et vive la critique positive !

      • Philippe@LiveinMarseille.com
        Philippe@LiveinMarseille.com répond à Pixel
        musicopathe
        • Posté à 14h39 le 24/02/2009
        • Internaute 50984
          musicopathe

        Certes, aller à contre-courant sans se faire pourrir nécessite une argumentation précise et par-là même souvent scolaire, voire convenue.
        Je retiens le verbe et l’idée précise, merci camarade !
         ; -)
        PS : Note qu’en conclusion je tranche quand même pour « bon divertissement si on a pas lu le livre », tu vois, j’ai fait des effortsd pour pas paraître peine-à-jouir !

    • Hatamoto
      Hatamoto répond à Philippe@LiveinMarseille.com
      Vendeur de temps de cerveau (...)
      • Posté à 15h58 le 25/02/2009
      • Internaute 29766
        Vendeur de temps de cerveau (...)

      Je n’ai pas vu le film et je ne suis pas en Inde actuellement, mais plusieurs collègues qui vivent a Mumbai même m’ont dit que l’origine des contestations « médiatiques » du film viennent de Amitagh un des plus célèbres acteurs là bas qui s’avère être le présentateur de « qui veut gagner des milions » version Hindi.
      Il se trouve que Boyle lui avait proposer le rôle dans le film mais qu’il avait refusé (cachet trop faible, ne croyais pas en son succès).
      Quand le film à marché, il à été le premier à le critiquer.

      On suivi les « politiques », mais en Inde c’est encore pire que chez nous niveau corruption, opportunisme et populisme.
      Résultat des courses, parler de la contestation en Inde sans savoir vraiment de quoi on parle est peut être un peu présomptueux.

  • sandoo
    sandoo
    étudiante
    • Posté à 14h43 le 23/02/2009
    • Internaute 71092
      étudiante

    Tous les sites ont fait cette erreur ce matin en mettant 2 « n » à millionnaire
    pour info, le titre original est « slumdog milionaire »

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à sandoo
      - Gone fishing !
      • Posté à 14h47 le 23/02/2009
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      tu dis....le titre original est « slumdog milionaire »

      Il faut deux L a Millionaire.... : -)

      • sandoo
        sandoo répond à Lemmy_Nothor
        étudiante
        • Posté à 14h49 le 23/02/2009
        • Internaute 71092
          étudiante

        en effet, il y a 2 L
        comme quoi on fait tous des erreurs, mais dans ce cas, ce sont tous les sites qui se sont plantés ce matin

         
        • Lemmy_Nothor
          Lemmy_Nothor répond à sandoo
          - Gone fishing !
          • Posté à 14h56 le 23/02/2009
          • Internaute 12434
            - Gone fishing !

          D’après moi....ils ont traduit le titre du film a moitié...cad....difficile de traduire Slumdog....ils ont donc gardé ça intact....mais écrit millionnaire en français....

          • sandoo
            sandoo répond à Lemmy_Nothor
            étudiante
            • Posté à 15h05 le 23/02/2009
            • Internaute 71092
              étudiante

            si le titre est entre guillemets c’est qu’il est repris en original, donc le mieux c’est de l’écrire correctement en anglais.
            Slumgdog veut dire « chiens de pauvres » un truc comme ça

            • sandoo
              sandoo répond à sandoo
              étudiante
              • Posté à 15h07 le 23/02/2009
              • Internaute 71092
                étudiante

              En tout cas, c’est un très beau film qui mérite une belle orthographe, non ?

            • Lemmy_Nothor
              Lemmy_Nothor répond à sandoo
              - Gone fishing !
              • Posté à 15h13 le 23/02/2009
              • Internaute 12434
                - Gone fishing !

              Chiens de favelas....de bidonvilles....

              Je ne defends personne....j’essaye de comprendre pourquoi l’erreur s’est glissé...

              • Arnaud Aubron
                Arnaud Aubron répond à Lemmy_Nothor
                Les Inrocks (et ex-Rue89)
                • Posté à 15h18 le 23/02/2009
                • Internaute 77
                  Les Inrocks (et ex-Rue89)

                J’avoue que je ne sais pas pourquoi elle s’est glissée. Mais elle est corrigée ; -)

                • Lemmy_Nothor
                  Lemmy_Nothor répond à Arnaud Aubron
                  - Gone fishing !
                  • Posté à 15h48 le 23/02/2009
                  • Internaute 12434
                    - Gone fishing !

                  Donc c’était vraiment une erreur ?

                  Pour moi l’erreur ce sont les 8 oscars, The Wrestler en méritait deux...
                  Mais vous allez me trouver insistant......Man on Wire....un petit bijou de film, de la poésie sur un fil.....à voir absolument.

        6 autres commentaires
  • Le_Baron_Samedi
    • Posté à 15h57 le 23/02/2009
    • Internaute 4532

    Je n’arrive pas à choisir entre le tourisme carte postale et la nécrophile (Slumdog Millionnaire 0 - Heath Ledger 1) Lien

  • Cataphractaire
    Cataphractaire
    Keodedour ar bed
    • Posté à 17h20 le 23/02/2009
    • Internaute 58787
      Keodedour ar bed

    Dans les Inrocks, ils mettent en avant un effet pervers du film. Les touristes vont maintenant voir les pauvres dans leurs bidonvilles. Les occidentaux se complaisent à regarder la misère...

  • TonyMo
    TonyMo
    hummm
    • Posté à 18h58 le 23/02/2009
    • Internaute 22269
      hummm

    « Trainspotting » est le film culte des années 90 pour les tuffeurs... The Edge...of Dance Planet.

  • Le_Baron_Samedi
    • Posté à 20h46 le 23/02/2009
    • Internaute 4532

    Notice avant utilisation – Post Oscars

    Il est monnaie courante de tirer des enseignements des cérémonies. A tord ou à raison.

    Cette année, pour les Oscars, la sphère culturelle américaine se devait de faire corps avec le morphing électoral soutenu par ses plus illustres émissaires millionnaires et solidaires.

    Dans toute opération de communication ou de propagande moderne, peu importe l’objet sociologique, seul compte l’outil promotionnel : la plateforme hollywoodienne organisant la fête annuelle du personnel. Quelle occasion idéale pour formater l’industrie du divertissement avec le nouveau consensus du métissage unilatéral.

    Et comme il faut toujours un coupable, autant en trouver un qui représente l’autre marché d’avenir avec la Chine.

    Gandhi peine à rester dans vos livres d’Histoire, mais le bling bling spirituel de Bollywood trouvera sa place entre le renouvellement de votre garde de robe, quelques cours de danse et votre agence de voyage la plus proche.

    Le gagnant de cette année est Slumdog millionnaire, la fashion pauvreté ou le multiculturalisme touristique.

    Lien–-post-oscar/

  • MFog
    MFog
    enseignant chercheur
    • Posté à 12h19 le 25/02/2009
    • Expert 66712
      enseignant chercheur

    Voici un film émouvant - et très récompensé par Hollywood, avec huit récompenses. C’est l’histoire d’un jeune Indien musulman, orphelin (sa mère est massacrée par des hindouistes à coups de latte de bois), condamné à mener une vie misérable, dans une société qui semble faire de la misère tantôt un destin, tantôt un jeu cruel... jusqu’au jour où Jamal a l’occasion de participer à un jeu télévisé, qui lui permet de devenir riche et célèbre. C’est une sorte de récit picaresque d’aujourd’hui, un Oliver Twist contemporain, la roue de la fortune offrant au jeune Jamal Malik vingt millions de roupies (soit 300 000 euros, sachant que le revenu mensuel en Inde tourne autour de 20 euros).
    Je donne totalement raison à Philippe (1er commentaire). Le caractère néo-colonialiste du film n’a hélas pas été remarqué à Hollywood, dans la décision de récompenser le film à l’excès. Sous prétexte de dénoncer la misère des enfants indiens dans les bidonvilles, et plus généralement le malheur d’une société inégalitaire, l’Anglais Danny Boyle fait passer un message uniformément négatif sur l’Inde d’aujourd’hui, jouant à satiété sur la corde sentimentale sans faire preuve d’aucun génie cinématographique. Il cherche à nous faire verser une petite larme sur le thème : en Inde, les pauvres vivent comme des « chiens de bidonvilles » (c’est ce que signifie en anglais « slumdogs ») et les riches ne valent pas mieux. Il n’y a d’ailleurs pas de classe moyenne, ni de juste milieu : l’Inde est un pays d’extrêmes, et affreux de bout en bout. Le magnat du BTP utilise un homme de main (le frère du jeune héros) pour éliminer les obstacles sur sa route d’homme d’affaires ; ayant par ailleurs « épousé » la jeune femme dont le héros est amoureux - c’est-à-dire l’ayant en réalité asservie – on le voit se comporter avec elle en brute épaisse. Cette fresque sans nuances de l’Inde contemporaine est animée par un message clair : « voici l’Inde d’aujourd’hui, regardez son malheur : ses vieux démons l’ont pervertie jusqu’au tréfonds. »
    On s’attend presque à ce que le salut de Jamal, le jeune héros vainqueur du jeu « Qui veut gagner des millions de roupies » vienne de la possibilité ultime de venir étudier à Oxford ou Cambridge. Le jeu télévisé fournit un bon exemple des présupposés néo-colonialistes du film. En apparence, le jeu permet à l’enfant des bidonvilles de devenir riche et célèbre ; en réalité, dès que l’on quitte le plateau de télévision, tout se passe comme il n’est pas permis. Jamal, avec son air un peu ahuri, est suspecté d’avoir triché ; dans le bureau d’un commissaire de police, il est roué de coups, puis torturé à la prise électrique. Ce ne sont pas seulement les aspirations légitimes de l’homme qui sont perverties par l’Inde (respect de l’individu, fidélité à la parole, dignité du sentiment, etc), ou même ce que l’on pourrait appeler les valeurs occidentales : le jeu télévisé à l’occidentale est lui-même « adapté » aux mœurs d’une société pervertie, et défiguré. « Regardez où ils en sont, depuis 60 ans d’indépendance ! L’Inde vous montre le spectacle d’une sous-humanité, que seul un enfant pur peut racheter. » Il ne reste guère que les vieilles gares du 19ième siècle, l’infrastructure ferroviaire ou le Taj Mahal pour envoyer un rayon de lumière passée dans cette fresque contemporaine. Supposons un instant qu’un film français ait soutenu le même discours sur un pays du Maghreb : il est peu probable que le film eût été apprécié des Français d’origine maghrébine, et primé de huit palmes d’or à Cannes. De son côté, Hollywood a applaudi longtemps des deux mains !
    Les emprunts visuels au cinéma indien et le style « Bollywood », voulu par le réalisateur, créent une sorte de brume autour de la perspective néo-colonialiste du film. La bande originale du film a été réalisée par l’Indien Allah Rahman, compositeur star de musique « filmi », pour le films, et l’intrigue est empruntée au roman d’un diplomate indien, Vikas Swarup. Ces emprunts stylistiques restent de simples notes vestimentaires, dont l’effet ou la visée est d’habiller le regard de l’Anglais sur l’Inde perdue (par l’Angleterre, mais aussi moralement) d’un scénario pittoresque. Le jeune Jamal finira par triompher de tous les obstacles, et sera enfin réuni avec la belle Latika. Il serait peut-être exagéré de dire que Slumdog Millionnaire est un film raciste, mais au fond, qu’est-ce que le racisme en général, sinon une maladie du jugement qui consiste à condamner, à condamner par principe et de manière systématique, une société différente de celle que l’on pense dépositaire des valeurs humaines ? Qu’est-ce que l’Inde, chez Danny Boyle, sinon l’image affligeante et décriée d’une sous-humanité ? Le manque d’esprit critique à Hollywood interpelle, alors même que les habitants du bidonville de Dharavi, où a été tourné le film, affichent des pancartes indignées : « Nous ne sommes pas des chiens de bidonvilles ». Le triomphe du film à Hollywood est aussi le signe d’un profond repli sur soi : tout va mal chez nous, mais c’est encore pire ailleurs ! La perte d’influence du monde occidental est une catastrophe pour l’humanité. Même si l’économie de l’Inde ou celle de la Chine ont progressé, il reste tant progrès à faire sur le plan des valeurs et du droit, que l’histoire récente pourrait tout aussi bien être considérée comme une régression, depuis l’époque bénie où l’on a essayé d’y introduire la civilisation... On se réconforte comme on peut, mais afin d’échapper à la dépression (économique et morale), peut-on se permettre ainsi de célébrer avec aussi peu de retenue le retour d’une vision néo-coloniale du monde ?
    J’ai été ému par le film - comme tout le monde - mais l’idéologie qu’il diffuse aurait dû empêcher sa consécration outrancière à Hollywood.
    Marc Foglia