TRIBUNE 04/09/2007 à 15h50

« Sicko », de Michael Moore, ou la maladie américaine

Romain Huret | Historien, Lyon II - EHESS

La finesse n’a jamais été le fort de Michael Moore. L’homme ne fait pas dans la dentelle. Et le film « Sicko » ne déroge pas à la règle. Ses détracteurs ont beau jeu de rappeler les approximations et la mauvaise foi manifeste de ses documentaires. Mais Moore s’en moque : c’est sa marque de fabrique.

Las de la tiédeur des journalistes américains, il a renoué avec le style des muckrakers, littéralement les « fouilleurs de merde » , du surnom de ces journalistes qui dénoncaient à la fin du XIXe siècle le travail des enfants, la dureté de l’industrialisation et les abus des grandes entreprises. « Sicko » tranche toutefois avec cette ligne éditoriale habituelle. Car Moore ouvre par endroits une réflexion véritablement politique, et en rien caricaturale, sur le contrat social américain. Et c’est sans doute là qu’il devient le plus intéressant.

La peinture du système de santé donne un visage humain à de froides statistiques, connues des spécialistes des Etats-Unis : plus de quarante millions d’Américains ne possèdent pas d’assurance sociale. L’accession aux soins devient donc un drame quotidien pour les plus démunis. Comment le pays le plus riche du monde a-t-il pu en arriver là ? , s’interroge Moore. La réponse est simple : tout au long du XXe siècle, de puissants lobbys, en particulier celui des médecins, l’American Medical Association, ont mené de virulentes campagnes contre toute proposition politique en ce sens.

Le président démocrate Harry Truman échoua en 1946, Hillary Clinton connut le même sort cinquante ans plus tard. A chaque fois, les combats ont été violents contre ce projet assimilé à un système digne de l’URSS ! Le film rappelle à juste titre que l’acteur, et futur président, Ronald Reagan débuta sa carrière politique comme porte-parole de l’entreprise General Electric pour dénoncer les méfaits de cette médecine socialiste !

L’absence de système national de santé n’est pas le seul drame vécu par des millions d’Américains. Il y a pire, selon Michael Moore. Car les personnes qui possèdent une assurance ne sont pas pour autant sorties d’affaire. Le cas des retraités, bénéficiant du programme Medicare, créé pour eux en 1965, est exemplaire.

En 2003, le président George W. Bush Jr. réforme la loi sous couvert de « modernisation » , selon l’intitulé officiel. La loi module le taux de remboursement en fonction du niveau de dépenses des ménages : l’assuré paiera désormais 75% du coût des médicaments jusqu’à 2250 dollars. Au-delà de cette somme, les assurés seront responsables de tous leurs frais pharmaceutiques pour une dépense annuelle totale d’un montant de 3600 dollars. Au-delà encore, 95% du coût des médicaments leur sera à nouveau remboursé. Avec humour, les Américains appellent cet entre-deux de non-remboursement le « trou du donut » ( » donut hole » ) du nom de la célèbre pâtisserie nationale. Comme Michael Moore le déplore, ce « trou » est un formidable cadeau pour les compagnies d’assurance.

L’industrie pharmaceutique y trouve aussi son compte : la loi interdit l’importation de médicaments depuis le Canada, où ils sont meilleur marché. Si, pour les personnes âgées, les choses se compliquent donc, il en va de même pour ces Américains pauvres ou issus de la petite classe moyenne. Les compagnies d’assurance rechignent sans cesse à couvrir le coût du système de soins. Le film fourmille d’anecdotes effroyables qui racontent le déclassement de ces familles, dont les revenus ne leur permettent pas de faire face aux coûts faramineux des soins.

Rien de nouveau sous le soleil : depuis leur création, ces compagnies ont créé des tables de mortalité discriminantes pour repérer les mauvais clients. Pendant longtemps, elles ont ainsi fait payer davantage les Afro-Américains car leur espérance de vie était considérée comme plus faible en raison de critères biologiques tout à fait discutables. Sans intervention de l’Etat, les citoyens n’ont d’autre recours que le procès : la judiciarisation est la seule réponse à un système de santé dont la rentabilité à outrance est devenue la fonction même.

Cette dénonciation est aisée pour Michael Moore : il est en terrain connu tant sur le fond que sur le forme. Mais le documentaire atteint une dimension plus intéressante lorsque Moore s’interroge sur le sens même du contrat social américain. « Qui sommes-nous ? “ , se demande-t-il. Comment expliquer l’effondrement des valeurs de solidarité et de fraternité dans le pays ?

Accuser Moore d’être un pessimiste né serait réducteur. Tous les indicateurs sociaux vont dans le même sens : le pays n’a jamais été aussi inégalitaire. Depuis vingt ans, l’éducation américaine ne joue plus son rôle d’ascenseur social et renforce le capital culturel et social des élites. Si Bill Gates a raison de rappeler la corrélation entre la détention d’un diplôme d’études supérieures (master’s degree) et le niveau de réussite sociale, il est un fait que la scolarisation des étudiants pauvres est plus difficile aujourd’hui que dans les années 1960 !

Sans surprise donc, les enfants issus des milieux défavorisés réduisent leur temps de scolarisation souvent à deux années. Pour financer leurs études, ils doivent travailler dans la restauration rapide et la grande distribution : l’entreprise Wal-Mart en emploie plusieurs milliers.

La méritocratie américaine est incontestablement en crise. Dans les 146 meilleurs universités du pays, qui représentent 10 % de l’ensemble des étudiants, 74% viennent des portions les plus riches de la société, alors que seulement 3% seulement viennent de mileux défavorisés. Dans les 253 universités de rang inférieur, les pourcentages sont respectivement de 46% et 7%. Seules les petites universités (community colleges) accueillent de façon significative les étudiants pauvres. Plus que jamais, le réseau familial joue un rôle décisif tout au long de la vie.

Lors de la rentrée universitaire à Yale en 2001, le président George W. Bush n’a pas hésité à faire l’éloge des étudiants d’un niveau moyen (C students), estimant qu’ils pouvaient tout à fait devenir président des Etats-Unis ! C’est sans doute oublier un peu vite le rôle du capital social et économique qui a conduit le cadet des fils Bush à la Maison-Blanche pour succéder, avec quelques années d’écart, à son père.

Ce cynisme des élites et l’apathie de la classe moyenne, endettée jusqu’au cou, effraient Michael Moore. Au cours de l’une des scènes les plus émouvantes du film, il s’entretient avec un chef travailliste britannique, Tony Benn, aujourd’hui à la retraite. Avec enthousiasme, le vieil homme raconte la naissance du système de santé national au lendemain de la Seconde Guerre mondiale en Grande-Bretagne. A l’origine de cet Etat-Providence, des idées simples : la solidarité entre les générations, la nécessaire redistribution entre les riches et les pauvres, l’Etat comme arbitre social. Sur une commode de Benn, une vieille tasse à café traine avec l’inscription : ‘ Je suis un vieux travailliste (old Labour) et j’en suis fier’ !

C’est la leçon du film pour Moore : l’Amérique, fière de sa modernité, ferait sans doute bien de s’inspirer des idées de la vieille Europe. Une leçon à méditer de part et d’autre de l’Atlantique.

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  • Anonyme

    Les approximations se voient bien pour le public français dans la partie où il explique le système de soin français de manière beaucoup trop simplifié/ idéalisé. Ce qui fait qu’on met en doute ce qu’il dis sur les autres pays (il doit y avoir du vrai, mais il y a surement quelques simplifications comme pour la france).

    Dire qu’a chaque fois qu’on va à l’hopital, chez le médecins, ou même, et surtout en appelant sos médecins (sic) on ne nous demande pas de payer et que tout est gratuit, c’est un peu fort quand même. Certes après on se fait remboursé la quasi totalité (avec une bonne mutuelle en plus), mais on paye quand même...

    C’est dommage parce ue même sans faire d’approximation la dessus, ça n’aurai pas desservit son film. Là il va juste réussir à mettre le doute dans la tête de son public français...

  • Anonyme

    Monsieur Moore a trouvé un bon filon, en surfant sur l’anti-américanisme primaire qui est de règle dans certains milieux de par le monde.
    C’est son fonds de commerce, bon c’est son affaire.
    Moi je voudrais juste poser une question les Américains sont-ils signicativement en plus mauvaises santé que les Français ?
    Vivent-ils moins vieux par exemple ?
    Alviano

    • Anonyme

      Espérance de vie de l’Union Européenne, 78,3 ans, espérance de vie des USA, 77,9 ans.
      Alviano

      • Anonyme

        1- L’Union Européenne c’est 27 pays dont certains comme la Pologne Où l’espérance de vie est basse, ce n’est pas la France.
        2 - Le problème c’est que cette moyenne cache de grandes différences entre les classes sociales américaines : l’espérance de vie d’un noir américain est près de 10 ans inférieure à celle d’un blanc (ça doit être les gènes...)
        3 - 40 millions de personnes sans couverture maladie (ce n’est pas M. Moore qui le dit c’est l’Etat US) dans un pays qui produit à lui tout seul plus de 25% de la richesse du monde, ce n’est pas de l’anti-américanisme primaire, c’est un fait.
        4 - ne pas y voir un problème (surtout quand on est américain) ça c’est de l’aveuglement primaire.

         
        • Anonyme

          Si vous voulez comparer il faut des comparaisons valables, à vous lire comparons la France à l’Andorre (ou l’espèrance de vie est la plus élevée du monde)...
          Je ne dis pas qu’il n’y a pas de problèmes, je dis qu’à la fin les différences ne me paraissent pas extraordinaires.
          C’est tout.
          Alviano

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Viens vivre aux états-unis mon garçon, et ça t’évitera de donner des leçons sans savoir de quoi tu parle. La société américaine est d’une injustice hallucinante pour tout, je le sais je le vie au jour le jour et encore, j’ai de la chance, j’ai un bon boulot et je suis blanche.

         
        • Anonyme

          J’ai 61 ans et ne suis pas votre garçon...
          Je ne donne pas de leçon je donne des chiffres.
          Alviano

          • Anonyme

            On les voit pas les chiffres là, par contre comme à chacune de vos interventions sur ces commentaires on voit bien votre mauvaise foi

            • Anonyme

              Regardez mieux...
              Alviano

          • Seb_89
            • Posté à 17h56 le 05/09/2007
            • Internaute 11098

            Monsieur Alviano.

            Cela fait plusieurs fois que je vois votre nom circuler sur des sujets de société de rue_89. A chaque fois, je vois des réactions de lecteurs indignés de vos commentaires. A votre place je me poserai des questions sur la pertinence de votre contribution.

            En ce qui concerne le sujet de l’assurance maladie US. Vous êtes à l’age de la retraite et je vous souhaite de la passer heureuse ... parce qu’en France vous avez cette opportunité. Songez-y que diable !
            Et gardez votre mépris envers des personnes qui ELLES vivent aux USA et qui en connaissent les avantages et les inconvénients. Vos pseudo démonstrations à coups de « ça ce sont des chiffres Messieurs » sont ridicules face aux arguments de ceux qui vivent dans ce pays. Autant vous dire que vous pensez probablement défendre un point de vue, alors qu’en pratique vous ne faite que vous rendre que très peu estimable en méprisant les petites gens. Et je pense qu’apprendre à respecter une personne, quel que soit sont niveau dans la société, vous grandirait énormément.

            • Anonyme répond à Seb_89

              Que des opinions de Droite ne soient pas populaires sur Rue89, je le comprends bien volontiers.
              Par contre, je ne sais pas ou vous voyez un quelconque mépris de ma part vis-à-vis de qui que ce soit dans mes posts.
              A moins que vous n’ayez envie de trouver du mépris dans mes réponses à défaut d’y rétorquer des arguments.
              A votre place je m’interrogerais sur le fait que certains lecteurs de Rue89 sont dans l’incapacité de prendre en compte des opinions différentes ou opposées aux leurs.
              A moins que vous ne considériez que le fait d’avoir des opinions de Droite constitue en soi une sorte de blasphème.
              Alviano

        5 autres commentaires
    • Anonyme

      Ben oui, ils vivent moins vieux...et leurs nourissons meurent BEAUCOUP plus.
      Infos issues de wikipedia :
      Etats-Unis :
      # Espérance de vie des hommes : 75,2 ans (en 2006)
      # Espérance de vie des femmes : 80,4 ans (en 2006
      # Taux de mortalité : 8,34/1000 (en 2004)
      # Taux de mortalité infantile : 6,63/1000 (en 2004)

      France :
      Espérance de vie des hommes : 76,8 ans en 2005 ; 77,1 en 2006.
      Espérance de vie des femmes : 83,8 ans en 2005 ; 84,0 en 2006.
      Taux brut de mortalité : 8,7 ‰ (en 2006), 531 100 décès en 2006.
      Taux de mortalité infantile (enfants de moins d’un an) : 3,8 ‰ (en 2005)

      Le taux de mortalité infantile est un bon indicateur de la qualité du système social.
      Plus précisément sur la santé, et sur un sujet que je connais bien : les patients en dialyse aux Etats-Unis bénéficient d’un sous-traitement net par rapport aux standards internationaux, et de ce fait d’une mortalité plus élevée.

      • Anonyme

        Ces différences vous semblent vraiment significatives ?
        Peut être qu’avec un peu moins d’obèses...
        Alviano

         
        • Anonyme

          Faut savoir, Alviano ! Soit vous reprochez qu’on ne vous donne pas de chiffres, soit vous les trouvez « peu significatifs » ! Un taux de mortalité infantile du simple au double (presque), c’est « peu significatif » ?
          Passé un certain stade, la mauvaise foi devient fatiguante...

          Otto Naumme

          • Anonyme

            Bien sûr que la mortalité infantile aux US constitue un scandale.
            Mais à la fin, mortailité infantile comprise, les Américains vivent-ils significativement moins vieux que nous ?
            Comme en outre l’hygiène de vie et l’alimentation aux Etats Unis est déplorable, il me semble qu’on fait porter à ce système un chapeau un peu trop large.
            La question que je pose c’est de savoir si l’effort dans le domaine de la santé fait en France a des résultats vraiment meilleur par rapport à celui des US.
            Alviano

        2 autres commentaires
    • Anonyme

      Ben oui, ils vivent moins vieux...et leurs nourissons meurent BEAUCOUP plus.
      Infos issues de wikipedia :
      Etats-Unis :
      # Espérance de vie des hommes : 75,2 ans (en 2006)
      # Espérance de vie des femmes : 80,4 ans (en 2006
      # Taux de mortalité : 8,34/1000 (en 2004)
      # Taux de mortalité infantile : 6,63/1000 (en 2004)

      France :
      Espérance de vie des hommes : 76,8 ans en 2005 ; 77,1 en 2006.
      Espérance de vie des femmes : 83,8 ans en 2005 ; 84,0 en 2006.
      Taux brut de mortalité : 8,7 ‰ (en 2006), 531 100 décès en 2006.
      Taux de mortalité infantile (enfants de moins d’un an) : 3,8 ‰ (en 2005)

      Le taux de mortalité infantile est un bon indicateur de la qualité du système social.
      Plus précisément sur la santé, et sur un sujet que je connais bien : les patients en dialyse aux Etats-Unis bénéficient d’un sous-traitement net par rapport aux standards internationaux, et de ce fait d’une mortalité plus élevée.

    • Anonyme

      Extrait de

      Lien

      « 
      .......
      L’EVCI jette ainsi une lumière nouvelle sur la situation de chaque pays au regard du développement et il réserve quelques surprises. En effet, si l’espérance de vie ajustée est basse dans les pays les plus pauvres (moins de 40 ans pour 32 pays, la plupart étant africains, contre 74,5 ans pour le Japon qui réalise la meilleure performance), les Etats-Unis n’arrivent qu’en 24e position derrière la France (3e), l’Espagne (5e), l’Italie (6e), la Grèce (7e), le Royaume-Uni (14e)... “ En gros, un Américain meurt plus tôt et passe plus de temps malade et invalide que n’importe quel habitant d’un pays industrialisé ”, estime M. Christophe Murray, responsable du programme de collecte des données factuelles sur la santé à l’OMS.

      ......... »

      • Anonyme

        Population en surpoids :
        France : 37,5%
        USA : 65,7%
        Dont population obèse (normes OMS) :
        France : 9,4%
        USA : 30,5% (dont monsieur Moore)
        Alviano

         
        • Anonyme

          Et alors ?

          • Anonyme

            L’obésité est un facteur de surmortalité important, ce qui explique la longévité des Japonais par exemple.
            Alviano

            • Anonyme

              C’est amusant, car vous ne contredisez pas M. Moore.
              Prenez la bouffe qui sont les américains obèses ?
              en grandes majorités les pauvres.
              Pourquoi ?
              Car il pour manger bien au états unis il faut mettre beaucoup d’argent.
              C’est le même cercle vicieux dans lequel nous entrons nous aussi petit à petit.
              couverture des soins qui se réduits, difficulté d’acheter des produits sains pour nourrir sa famille,
              problème de santé et d’obésité.....

              non couvert etc....

        • Anonyme

          Alvino ! De quel droit osez-vous mettre un post sur l’obésité de Mr Moore ! N’avez-vous dans votre famille aucun obèse ? Croyez vous que les obèses le font exprès d’être comme ça ! Je voudrais vous raconter mon histoire : j’ai enfant de 11.5 ans et depuis sa naissance il est malade (eh oui, il coûte cher à la Sécurité Sociale) ! Empoisonnement du sang, maladie du cri du chat, épileptique ! A l’âge de 3 mois, il a arrêté de têter : il ne voulait pas manger et nous avons du le forcer avec mon mari (gavage aussi pdt 1 an) et ça a duré 8 longues années ! Maintenant son IMC est au dessus de la normale : il a eu un déclic et veut tout le temps manger ! Paradoxal Non ? Je fais tout ce que je peux pour qu’il mange équilibré mais je ne pense pas qu’on puisse arriver à demander à un enfant de se priver de tout ce qui est bon et de ne donner que des fruits et légumes ! Chacun avec ou non la maladie a des soucis et j’aimerais que vos commentaires soient plus pertinents ! Mr Moore n’a aucune leçon à recevoir de vous ! Malgré tout le respect que je vous dois (je n’ai que 36 ans), je ne supporte pas que l’on puisse juger des personnes ! Que connaissez vous d’eux ? Mr Moore a réalisé un film avec des faits concrets et vous vous amenez avec des chiffres par ci et par là ! Avez-vous vu tous les films de Mr Moore ? J’en doute. Bonne journée.

          • didile59
            • Posté à 16h42 le 09/09/2007
            • Internaute 12211

            « Le courageux anonyme de 16h39 » c’est moi Didile59 (j’avais oublié de me connecter.

        5 autres commentaires
    • Anonyme

      Bonjour,
      Votre remarque est intéressante, mais est-ce un bon critère, et est-il le seul déterminant, pour définir et comparer, le bien-être des gens ?

      Je souhaiterais également que vous, ou quelqu’un d’autre, puisse me donner une définition de « l’anti-américanisme primaire » ?

      Jean-Louis

      • jacques13
        • Posté à 13h45 le 05/09/2007
        • Internaute 8827

        jean-louis on ne peux rien dire sur les USA sans être traité de communiste ou d’anti-américain primaire ou même secondaire.mais peut être que tu as cette réponse pavlovienne a défaut de d’argument raisonné.Il y a quelques dizaines d’années le PCF faisait de même avec l’argument de l’anti communisme !

      • Anonyme

        Bien sûr que non...c’est UN des critères, il y en a d’autres...mais le fait qu’à un tel degré l’hygiène de vie soit si déplorable aux US influe de façon importante sur la santé publique, et que le système de santé s’essouffle à essayer de compenser.
        Que vaut-il mieux sur un plan financier : investir dans des traitements hyper onéreux contre le cancer du poumon ou lutter contre la tabagie ?
        Avoir des services de cardiologie de pointe ou demander aux gens de mieux s’alimenter et de faire du sport ?
        Alviano

         
        • tjehan
          • Posté à 11h58 le 06/09/2007
          • Internaute 13400

          Mais où une grande partie de la recherche et certainement de ces traitements « hyper onéreux » se font ? Aux USA, pour ceux qui ont les dollars.

          Je ne comprends pas comment on peut soutenir un tel système social qui laisse littéralement mourir les classes les plus pauvres au profit d’une « élite », et tout cela au nom de la rentabilité.

          De plus, vous parlez de travail en amont à effectuer, et je pense bien que c’est bien plus le cas dans nos pays européens qu’aux USA, question de mentalité.

          Je vous souhaite de bien rester en Europe lorsque vous aurez une maladie nécéssitant des injections à 500€ la capsule, que la solidarité (indépendante de notion de gauche ou droite) vous vienne en aide.

          • Anonyme répond à tjehan

            Oui mais selon nos critères...
            La démonstration reste à faire que ces critères sont ceux des Américains eux-mêmes.
            Parce qu’à ma connaissance les USA sont une démocratie.
            Si ce système de santé est insupportable à la majorité des gens ils peuvent voter pour le candidat qui mettra en place un nouveau système.
            Je n’ai pas entendu parler d’un tel projet aux USA.
            D’autre part, à la fin, il décèdent au même âge que nous, tout mal soignés qu’ils soient.
            Je ne veux pas dire que tout est rose mais enfin de la même façon que nous n’apprécions pas que les Américains viennent nous donner des leçons, gardons nous de leur dispenser les nôtres.
            Alaviano

        2 autres commentaires
      • Anonyme

        Je vais me risquer à une définition de l’anti-américanisme primaire :
        Il y a la critique (positive ou négative), la médisance (on souligne les aspects négatifs sans ignorer les positifs), la calomnie (on ne retient que les aspects négatifs et quand il n’y en a pas on en invente...c’est ça l’anti-américanisme primaire).
        Pour ma part je suis Gaulliste cad que je n’ai pas un amour immodéré de la politique Américaine, ni ne suis aveugle sur les défauts voire les tares de la société Américaine, je me situe dans la critique, Rue69 dans la médisance, les lecteurs de Rue89 principalement dans la calomnie.
        Alviano

         
        • DO
          DO
          • Posté à 19h29 le 09/09/2007
          • Internaute 1733

          bonjour alviano,
          quelle surprise ! un gaulliste qui s’aligne derriere le petit president.

          ca ne devient plus credible ta position.

          bonjour au petit.

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  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 01h24 le 06/09/2007
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    C’était couru d’avance. Comme ils sont incapables de contrer tes arguments sur les sujets que tu traites, il cherchent à en détourner l’attention, tentent de te discréditer, s’en prennent à toi à travers tes travers — évidemment que tu en as, comme nous tous —, ils guettent tes faux pas et tes approximations — et tu n’es pas à une près, mon cochon ! — avec l’air mauvais et sournois des rats espérant l’agonie de leurs futures proies.

    Écoute-les : « Les approximations se voient bien pour le public français dans la partie où... » ; « Monsieur Moore a trouvé un bon filon, en surfant sur l’anti-américanisme primaire ».
    (Te traiter, toi, Américain pur jus, d’anti-américaniste primaire, fallait le faire ! Aussi fin que de traiter un juif d’antisémite.)

    Je ne me mêlerai pas de ce qui se passe dans ton pays, Michaël. Mais si tu savais, dans le mien ! ...

    Nous avons touché le fond, mon vieux. Une majorité de « veaux »* a porté au pouvoir un histrion surexcité et suffisant qui est en train de leur bouffer la laine sur le dos, de démanteler tout ce que leurs aïeux résistants avaient su mettre en place pour le bien commun.

    Une lamentable pétaudière où les veaux serviles restent hébétés comme des moutons, et où les chiens aboient comme des chiens effarés accrochés à leur os. Qui tentent de masquer leur impuissance sous le silence de leur indifférence ou le vacarme de leurs cris d’orfraies.

    Si tu as un moment, je t’en prie, Michaël, viens nous aider à balayer toute cette gluante médiocrité de ton rire en tornade. Rentre leur dans le chou comme tu sais le faire : sans finasser.

    ––-

    [* « Les Français sont des veaux. Ils sont bons pour le massacre. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. » Charles De Gaulle, début juin 1940, cité par son fils Philippe De Gaulle (De Gaulle, mon père, Plon).]

    • Anonyme répond à Le Yéti

      Bien vu le Yéti !

      Seulement moi je croyais que les Français étaient des moutons ! ! Le résultat est le même ! La France était le « dernier » bastion des soins pour tout le monde à égalité depuis le Siècle des Lumières ! Et depuis la création de la Sécurité Sociale en 1945 par le « combat des ouvriers et employés » pour l’avoir par le système de répartition et solidarité entre tous ! Mais voilà ce n’est pas la faute de Michael MOORE si nos « politiques » bien inspirés du système américain, ont tout fait pour faire « exploser » notre système de Santé le « meilleur du Monde » pour tout les étrangers et en effet nous touchons le fond avec l’arrivée de « l’Ami Américain » au pouvoir dont le seul but est de faire ressembler la France à L’Amérique surtout dans le pire ! ! ! ! Ou est la solidarité entre francais ? On n’entend que les jaloux du privé, qui rêvent que leurs compatriotes du publique « bouffent de la vache enragée » et soit aussi dans la M.... qu’eux, qui n’ont pas défendus leurs acquis sociaux au nom de la rentabilité de leurs « entreprises » (celles de leurs patrons !) ceux qui rêvent de Dictature rampante...... afin de « mettre au pas » les syndicalistes et les grêvistes ! De Gaulle a dit celà ? Et bien ceux qui appellent de leurs voeux plus de « rigueur et d’autorité » en auront pour leurs frais ! Après ils seront les premiers à pleurer et c’est bien fait pour eux ! Mais les égoistes n’ont pas pensés aux autres qui n’en peuvent plus ! ! !

      Les Francais ont ce qu’ils méritent ! Qu’il assument ! ! ! ! !

      Prjevalski

  • Anonyme

    Pour repondre sur l’esperance de vie aux Etats-Unis, il y a une chose que l’on appelle les inegalites economiques et sociales. Et aux Etats-Unis, on peut dire qu’elles sont tres « frappantes » (certains diraient choquantes ! !) . Un exemple :

    « Aux Etats-Unis, la probabilite d’atteindre un age avance pour les afro-americains est plus faible que celle des populations de pays incomparablement plus pauvres, comme la Chine ou l’Etat indien du Kerala (ou encore le Sri-Lanka, La Jamaique ou le Costa Rica).
    Source : A. Sen, “Un nouveau modele economique” (p.38).

  • Anonyme

    En meme temps, il est super precis le M.Moore dans son film.

    Cuba c’est genial, les gens sont heureux et la medecine est super (mais oui).
    L’Angleterre c’est genial (c’est vrai que c’est social comme pays).
    La France c’est top, regardez ce couple « moyen » (average) qui touche 8000 euros par mois, il s’en sort et son seul point de depense, ce sont les vacances ! ! ! ! !

    Quelle objectivité ! Quelle précision !

    Dire que Hollande hurlait qu’un riche commencait a 4000 euros par mois... Heureusement, Monsieur Moore nous rappelle que la moyenne francaise est à 8000 euros.
    Michael Moore futur premier secretaire ?

    J’en ris encore.

    Les films de Moore sont de plus en plus risibles et caricaturaux au fil du temps.
    Autant Colombine etait juste, precis, rythmé autant les 3 derniers sont chiants à mourir, caricaturaux et anti journalistiques à souhait.
    Pas étonnant que Libé adore.
    La gauche des idées est vraiment morte...

    • Lustig
      • Posté à 11h17 le 05/09/2007
      • Internaute 895

      Je suis bien d’accord avec vous...
      Moore pose une nouvelle fois uen question très juste, et une nouvelle son traitement journalistique est plus que douteux.

  • Netbo
    • Posté à 03h13 le 05/09/2007
    • Internaute 15215

    Je n’ai pas vu le film... mais beaucoup de gens que je rencontre ici a Los Angeles m’en parle. Ils me demandent surtout si c’est vrai de vrai que le systeme de sante FR est le meilleur au monde ! Ils reconnaissent qu’il faut prendre de la distance avec les propos de Moore parfois.

    C’est pas la mauvaise foi de Moore en tout cas qui est au centre du debat ! Les amis que je me suis fait ici, ont tous autour de 25 ans, n’ont pratiquement pas fait d’etudes (ca coute cher) et bien sur n’ont aucune assurance maladie (ca coute encore plus cher) !
    C’est un fait, parmis d’autre que je ne comprends pas aux Etats-Unis. Comment un gouvernement, un Etat peut-il sciemment traiter la jeunesse de son pays, je veux bien sur dire sa richesse, comme des parias ?

  • Ferdinand.Bardamu
    • Posté à 16h09 le 05/09/2007
    • Internaute 2975

    Mais si on n’y fait pas attention, c’est là que l’on va nous conduire : directement à l’abattoir du système américain. C’est cela la logique du libéralisme et quand on voit le bond fantastique qu’il a fait dans les têtes (je n’ose pas dire les esprits, ce qui serait un bien grans mot)...
    Je trouve cela incroyable. Je ne reconnais plus les français. Est-ce un effet de la pyramide des ages ? Peut-être. Où sont passés les irréductibles gaulois ? ? ?

  • Anonyme

    Excellent article.
    Merci Monsieur Huret pour votre éclairage pertinent sur le dernier film de Michaël Moore et de livrer à notre réflexion ces questions de société que nous devrions tous avoir en tête.

  • Anonyme

    S’il pouvait faire « Sarko » une maladie bien française.

  • Anonyme

    Il y a eu des études « chiffrées », si ça peut rassurer certains commentateurs qui pensent être au fait des faiblesses de l’Empire.

    Une étude de l’OMS (WHO, en anglais) :

    // A WHO survey ranked the health care systems of 191 countries, based on factors such as the health of the general population, patient satisfaction and equality of access. France ranked first overall, the United States placed 37th, and Nigeria was near the end of the list at 187. //

    L’effet Moore (très simplifié, oui, mais à la portée de son public… ’Faut comprendre, aussi…) a fait que ça a été un peu débattu, chez eux.

    Ça a donné des commentaires (zaméricains) de ce type :

    // MONDELLO : On the other hand, that is not necessarily something we should be terribly proud of — being 37th in a chart where France is No. 1. //

    Trad. approx. : « D’un autre côté, ce n’est forcément quelque chose dont nous devrions être particulièrement fiers, que d’être 37è sur un tableau où la France est première » [sic].

    Lien

    Oui. On a le meilleur système de santé au monde (grâce au Général, Môssieur), et il faudrait arrêter de croire ceux qui veulent nous faire penser le contraire (même s’il est perfectible, bien sûr ! !).

  • Anonyme

    je crois que Mike s´est fait son film, en plus les ricains du film ne sont pas représentatifs de la population francaise, c´était la médecine vu par les nantis, car va voir le gars qui est en soin universel, tu verras le dégoût que ce film occasionnera, lorsqu´il aura pris connaissance de la réalité.

    Parce que jusqu´à preuve du contraire en France, il y Médecine et médecine, la seconde est expéditive.

  • Anonyme

    un super film qui j’espère va éveiller les consciences Des américains et des pro-systèmes américain, comme un certain nain fraichement élu en france ! ! la solidarité internationale est indispensable et c’est le grand message de ce courageux michael. bravo ! ! ! !

  • Maria Rosa
    • Posté à 23h46 le 09/09/2007
    • Internaute 16292

    c’est un film drôle et généreux, et pas du tout outrancier comme certains « critiques » malveillants ou distraits voudraient le faire croire . En effet, Moore ne montre pas un couple de français « moyens » à 7500 euros, mais il veut savoir si un système de santé basé sur la solidarité a pour conséquence qu’un ménage à hauts revenus est écrasé d’impots et de charges. La réponse est non. Je me demande qui cette séquence gêne, en dehors des compagnies d’assurance privées qui aimeraient bien qu’on croie encore à leurs fariboles sur l’efficacité du libéralisme en matière de santé. Et si le film de m. Moore a une qualité, c’est bien de montrer que la recherche du profit et la santé ne font pas bon ménage.
    Quant à Cuba, est-il possible de sortir du manichéisme habituel, en affirmant deux choses qui peuvent être vraies en même temps : Cuba a un système de santé performant ET un système politique non démocratique ?

    • Lemmy_Nothor
      Lemmy_Nothor répond à Maria Rosa
      - Gone fishing !
      • Posté à 09h28 le 10/09/2007
      • Internaute 12434
        - Gone fishing !

      Maria......

      Juste un mot en passant. J’ai vécu aux Etats Unis, peu de temps il est vrai car j’y étais incapable de trouver de quoi manger. Oui, je suis difficile.
      J’ai aussi vécu très longtemps au Canada. On y mange beaucoup mieux. J’ai aussi vécu en France, et maintenant je suis en Espagne.
      J’ai donc eu affaire aux differents système de santé. J’ai aussi eu affaire aux differents système d’imposition du revenu.
      Ma conclusion est que, en France, vous êtes gatés. J’ose pas dire pourris gatés, mais si on me tord le bras j’oserai surement. C’est cher ? Absolument..... ! Mais ça vaut aussi son pesant d’or. Le Canada est aussi pas mal...et son taux d’imposition y est aussi élevé qu’en France, pour un service beaucoup moins bien.
      Une autre chose, le role des compagnies d’assurances est de NE PAS payer.....moins il payent mieux ils se portent, et aux Etats Unis c’est malheureusement le cas.
      Tant qu’à Cuba, s’ils avaient un tout petit peu plus de sous, ce seraient effectivement beaucoup mieux, malgré que si on fait une moyenne, ils s’en tirent mieux qu’aux Etats Unis. Ne pas oublier non plus que Cuba a des milliers de medecins dans le monde, qui travaillent gratos.
      Et, non, je n’ai pas vu le film de Moore.

  • madmaker
    • Posté à 12h58 le 04/10/2007
    • Internaute 18429

    j’ai un gros doute sur l’authenticité de certaine scene et personne ayant vu le film ne semble l’avoir retenu... (j’ai meme cherché un peu sur le site anti-moore mais rien trouvé dessus)

    comment michael moore sur un « boat people » de 15 metre a pu faire pour parcourir plus de 1000km (je viens de vérifier sur google earth) pour allé de la floride a guantanamo ?

    mis a part ce genre de question je suis adepte de la forme dont il a tourné, certe comme beaucoup d’entre vous « certain » fond comme l’exemple francais n’ont pas été pris avec des pincette c’est vrai ... mais cela n’empeche, pour moi c’est justifier et c’est pour faire réagir les gens