Polemique 10/02/2009 à 10h53

Des antisémites partout ? On se calme...

Pierre Haski | Cofondateur Rue89

La bonne nouvelle de notre époque, c’est que rare sont ceux qui s’affichent ouvertement antisémites. La mauvaise nouvelle, c’est l’obsession à les chercher partout. Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas, hélas, mais quand ça tourne à l’obsession, ça devient, comment dirais-je, nauséabond.

Il y a évidemment de bonnes raisons de rester vigilants face à toute résurgence de l’antisémitisme. Il ne faut pas chercher longtemps pour trouver, sur quelque site obscur, la liste des « juifs qui contrôlent les médias », ou des avatars modernes des brûlots antisémites du XIXe siècle.

Sans oublier les dernières outrances de Dieudonné, dont Michel Wieviorka faisait justement observer ici-même qu’elles marquaient plutôt le déclin et la marginalisation de ce courant.

Ce n’est pas tant cette frange marginale qui attire l’attention, mais les incessants débats au sein de l’« élite », qui tournent autour du soupçon d’antisémitisme. Le mot est partout, il empoisonne l’atmosphère, au point qu’on finisse par ne plus faire de différence entre un évêque négationniste qui déclare ouvertement que les chambres à gaz nazies n’ont pas existé, et un journaliste auquel on attribue des arrières-pensées sur la base d’un mot connoté.

Stéphane Guillon, sioniste le matin et antisémite l’après-midi...

Le malaise est plus grand encore quand plus personne ne sait plus comment aborder la question : on en a eu un bel exemple ces derniers jours, avec l’humoriste de France inter Stéphane Guillon qui avait violemment sonné la charge contre Bernard Kouchner la semaine dernière, et qui se sent obligé de se justifier dans une deuxième chronique, aussi drôle il est vrai, sur le fait qu’il serait une semaine antisémite, et une semaine sioniste !

Peut-on rire du sujet ? Oui, on l’espère. (Voir la vidéo)



L’autre exemple est venu de Daniel Schneidermann, l’animateur du site Arrêt sur images, qui a invité Pierre Péan à s’expliquer après la polémique qui entoure la sortie de son livre « Le Monde selon K » (Fayard).

L’émission a mal tourné, et Pierre Péan a quitté le plateau furieux, devant l’insistance de l’interviewer à le « cuisiner » sur ce mot de « cosmopolitisme » qui lui est reproché, et qu’il venait pourtant de regretter en niant tout antisémitisme. (Voir la vidéo)



Revenant sur cet incident sur son site, qui lui a valu un important courrier de ses « asinautes », Daniel Schneidermann reconnaît qu’il a fauté :

« Vous êtes nombreux à me demander de demander des excuses.

J’en demande volontiers à nos abonnés pour cette fin d’émission que je n’ai pas sû gérer, et pour les dernières réponses dont je les ai privés. Comme le remarquent nombre d’entre vous, dans l’histoire, finalement, on a oublié Kouchner, et c’est le principal effet pervers du crash. (...)

Quant à Pierre Péan, journaliste dont je respecte le parcours, je souhaite seulement lui dire, s’il repasse par ici, que je le crois parfaitement sincère, quand il assure ne pas être antisémite. Je souhaite lui dire aussi ceci : il n’y a pas de questions interdites, Pierre, et je sais que tu le comprends. Il n’y a pas d’insistances malpolies.

C’est notre boulot, de faire la lumière, toute la lumière. Encore faut-il le faire habilement, et professionnellement. Et tu dois bien avoir quelques longueurs d’avance sur moi, puisque toi, tu as réussi à garder Mitterrand jusqu’au bout, et à le poser impeccablement dans l’Hudson. Petit Scarabée a encore à apprendre. »

Certains font de l’antisémitisme l’alpha et l’oméga de la vie intellectuelle

Ces incidents sont révélateurs de l’électricité dans l’air. Et de fait, Bernard Kouchner a réussi à faire porter le soupçon sur son accusateur, au point que le quotidien Le Monde reprenne en titre de son article le même mot -« nauséabond“- employé par le ministre pour sa défense.

La polémique avait fait rage, déjà, l’an dernier, lors de l’affaire Siné/Charlie Hebdo, avec l’accusation d’antisémitisme portée contre le dessinateur. La justice tranchera dans quelques jours sur une plainte déposée par la Licra conre Siné. Fallait-il en arriver là ?

L’affaire avait fait des vagues autour de la question de l’antisémitisme : où commence-t-il ? On a ainsi pu voir Bernard Henri-Lévy accuser le philosophe Alain Badiou (‘De quoi Sarkozy est-il le nom ?’) d’antisémitisme, pour un livre dans lequel le mot juif n’était pas mentionné.

Revenant sur la tempête de l’an dernier, Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo, avait théorisé dans un livre (‘Reviens Voltaire, ils sont devenus fous’, Grasset, 2008) écrit sous le coup de l’émotion sur l’existence de ‘deux gauches’ opposées :

‘L’une ne transigera jamais avec l’antisémitisme, l’autre, compte-tenu de sa géopolitique, prétend que ce n’est pas un problème essentiel.’

Mais à faire de l’antisémitisme l’alpha et l’omega de la vie politique ou intellectuelle, on en vient à une vision manichéenne du monde, qui obscurcit à la fois ce qui se passe au sein de la société française, et brouille toutes les grilles d’analyse des événements qui se déroulent au Proche-Orient.

‘Il y a en France une rumeur anti-Morin’

Le manichéisme, c’est ce que dénonce le philosophe Edgar Morin, qui revient dans son livre d’entretiens avec Djémane Kareh Tager (Fayard, 2008), sur les accusations d’antisémitisme dont il a été victime (tout en étant lui-même d’origine juive) à la suite d’un article sur le conflit du Proche-Orient publié dans Le Monde :

‘C’est une accusation dont j’ai été acquitté et lavé. Quand les esprits sont échauffés, quand ils sont dominés par une psychologie, je dirais mieux : une hystérie de guerre, alors ils voient de la trahison dans toute dissension.

Ecoutez moi bien. L’hystérie de guerre produit le manichéisme, c’est-à-dire d’une part la justification permanente de son camp, d’autre part la chasse au bouc émissaire et la haine de l’ennemi. Or je n’ai jamais cédé et ne cèderai jamais à la haine immonde de l’autre. Mais je la subis.

Il y a en France une rumeur anti-Morin, propagée de bouche à oreille, y compris dans les milieux intellectuels raffinés, lesquels sont parfois capables du pire sectarisme, qui prétend que je veux la destruction d’Israël et que je suis antisémite, ce qui me vaut mépris, insultes et menaces.’

A force de voir des antisémites partout, on risque de ne plus voir les vrais. Pas plus que les autres formes de racisme qui pèsent sur toutes les autres victimes de discriminations et d’ostracisme, dont les juifs sont loin, hélas, d’avoir le monopole.

Peut-on débattre sereinement de cette question sans se faire taxer ... d’antisémitisme ?

A lire aussi sur Rue89
Stéphane Guillon cogne Bernard Kouchner sur Inter
‘Le Monde selon K.’ : Docteur Kouchner et Mister Bernard
Siné : 79 ans de dérapage plus ou moins contrôlé

  • 40679 visites
  • 508 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • Sylvain 2009
    Sylvain 2009 répond à manu2005
    ingénieur
    • Posté à 00h19 le 11/02/2009
    • Internaute 69236
      ingénieur

    Pourquoi terminer sur « critiquer l’impérialisme israélien » ? Cela donne l’impression de vouloir vous dédouaner envers la meute qui hurle de haine contre Israël en particulier et les juifs par généralisation. J’aurais été d’accord avec vous si vous aviez écrit « critiquer la colonisation par Israël de la Cisjordanie » ou encore mieux « critiquer la politique d’Israël et l’islamo-fascisme du Hamas ».
    Mais décidément l’unilatéralisme ambiant finit par s’imposer même quand on se veut antiraciste.

  • lapokabrite
    lapokabrite
    nihiliste
    • Posté à 21h24 le 10/02/2009
    • Internaute 68460
      nihiliste

    antisemitite aigue

    comme je le disais dans un précédent commentaire il sera de plus en plus impossible a un juif de se sentir mal dans sa peau sous peine de se faire taxer d’antisémite

    moi même je ne suis pas a l’abri de me réveiller un matin antisémite
    c’est vrai que d après certains chercheurs (bhl,finky val...)qui luttent contre cette terrible maladie incurable j’aurais des prédisposition en tant qu’afro-arabo-berbère et ce n’est pas mon arrière mère » touchiite » juive convertie qui aurait pu me prémunir .

    on taxe facilement les antisionistes d antisémitisme c est facile et c est l’argument suprême

    il y a antisémitisme et antisémitisme celui a l encontre des judéo-hébreux est interdit alors que celui contre les arabo-musulmans est lui toléré voir encouragé

    on parle souvent de l importation du conflit israelo-palestinien et je ne cois pas que ce soit la communauté musulmane qui organise des galas de soutien ou qui s’engage comme réservistes dans un pays tiers

    on demande a la communauté musulmane de condamner la barbarie du fondamentalisme islamiste pas a la communauté juive de condamner la barbarie sioniste

    la classe politique se précipite au diner du crif ou réserve ses déclaration a radio j

    on demande au hamas de reconnaitre Israël mais esce qu’on demande au likoud ou au kadima de reconnaitre la Palestine

    si on nie l existence d un peuple au bénéfice d’un autre au nom d’une supériorité de droit divin cela s’appelle du racisme et il a existe dans un passe pas si lointain un pays qui avait ces fondements : l Afrique du sud du temps de l’apartheid
    puisse la Palestine avoir son Mandela

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 21h30 le 10/02/2009
    • Internaute 63037
      utopiste

    Commence à me gonfler sérieusement ces débats sur anti machin et anti truc...

  • Luluy
    Luluy
    Retraité
    • Posté à 21h39 le 10/02/2009
    • Internaute 62431
      Retraité

    Bravo M. Haski vous avez su trouver les mots justes pour dénoncer ces accusations obsessionnelles qui embarquent toutes les personnes d’origine juive dans un débat dont elles deviennent otages, malgré qu’elles en aient. A vrai dire la religion ( je crois savoir que Kouchner a eu une éducation chrétienne protestante), l’origine géographique ou « ethnique » ( je prends ce mot avec des pincettes) n’ont rien à voir avec la mise en question de l’utilisation par Kouchner de ses fonctions passées ou présentes pour accumuler des gains qui laissent rêveurs les smicards et tout simplement la grande majorité des salariés... sans oublier d’ailleurs la rente de situation dont il fait hériter sa compagne ( dont il prétendait naguère devoir dépendre pour sa subsistance , pauvre chéri !)

    • colyz
      colyz répond à Luluy
      psy
      • Posté à 02h57 le 11/02/2009
      • Internaute 64697
        psy

      200 % d’accord avec ce que vous dîtes.

  • lanterne rouge
    lanterne rouge
    à cheval sur mon yawl
    • Posté à 21h43 le 10/02/2009
    • Internaute 15178
      à cheval sur mon yawl

    c’est anecdotique mais péan a bien fait de s’en aller... schneidermann peut certes lui poser une fois la question au sujet du mot « cosmopolitisme » mais quelle lourdeur ensuite chez ce journaliste qui d’une certaine manière devait chercher le scoop, la révélation en jouant les psychanalystes (« le secret de votre âme », la bonne blague !)...

    haski pose bien le problème...

    on vit une époque formidable...

    • bloqué le 24.09.09
      • Posté à 23h40 le 10/02/2009
      • Internaute 25106

      Apathie à la télévision avait fait exactement la même chose.

      Il y a manifestement une attitude requise par le petit microcosme médiatique et politique pour être bien noté.

    • colyz
      colyz répond à lanterne rouge
      psy
      • Posté à 03h00 le 11/02/2009
      • Internaute 64697
        psy

      C’est vrai que Schneidermann s’est laissé prendre à la supercherie.
      Dire à quelqu’un « je ne suis pas dans le secret de votre âme » est pernicieux. Péan est très digne de partir. Schneidermann apparaît un peu « morveux » dans le secret de son âme à lui.

  • oursonne
    • Posté à 22h41 le 10/02/2009
    • Internaute 24615

    A force d’entendre les personnes d’origine juive traiter ceux qui ne sont pas d’accord avec elles d’antisemites, et de se poser continuellement en victimes, j’ai bien peur de finir par le devenir ! ! ! et j’en serai très ennuyée

    • Sylvain 2009
      Sylvain 2009 répond à oursonne
      ingénieur
      • Posté à 23h44 le 10/02/2009
      • Internaute 69236
        ingénieur

      Oursonne, vous n’êtes pas en train de le devenir, vous l’êtes déjà et cela ne vous ennuie pas du tout.

  • oursonne
    • Posté à 22h53 le 10/02/2009
    • Internaute 24615

    J’ai sans doute un tout petit cerveau, mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi le mot « cosmopolite » pose problème ; . Jusqu’à maintenant pour moi cela était plutôt un compliment..

    Je suis d’accord à cent pour cent avec la vérité qu’assène LA VERITE..

    Je suis aussi d’accord pour dire quand quand on pourra affronter, contredire, les représentants de chaque communauté sans être traité de raciste ou de anti quelque chose, on pourra penser que toutes les communautés se sentent à égalité et que le racisme n’existe plus...

    • Sylvain 2009
      Sylvain 2009 répond à oursonne
      ingénieur
      • Posté à 23h42 le 10/02/2009
      • Internaute 69236
        ingénieur

      « Les juifs cosmopolites » étaient l’expression antisémite type du nazisme, le cosmopolitisme signifiant une main-mise mondiale sans attachement patriotique particulier. Les juifs « cinquième colonne » mondiale attachée aux seuls intérêts juifs comme cela était décrit dans « Les Protocoles des sages de Sion » ou Mein Kampf. Oursonne, vous manquez de références ou ce culture politique, je doute que ce soit le cas de Péan qui en vrais polémiste connaissait très bien le poids et l’historique des mots.

      • colyz
        colyz répond à Sylvain 2009
        psy
        • Posté à 03h27 le 11/02/2009
        • Internaute 64697
          psy

        sur l’emploi du mot « cosmopolite » ok pour son relent mais de là à taxer Péan d’insinuation antisémite c’est fort du café, surtout quand cela se fait sur un mode défensif.

        Ne nous enflammons pas sur un mot qui a eu peut-être du sens dans le passé : les références c’est bien si les mots sont contextualisés.

        Or dans le contexte du bouquin de Péan le mot n’est pas connoté comme dans le passé en question.

        Donc pour moi faire appel à toute l’artillerie de la cinquième colonne et consor c’est tirer par les cheveux.

        Sur l’antisémitisme maintenant :

        J’ai l’impression que l’argument du ministre (à supposer que cela vienne de lui et non de ses avocats) renvoie chez lui à une blessure propre aux enfants des mariages mixtes père juif mère chrétienne ou autre.

        A moins d’entreprendre une conversion (religieuse) ils ne sont pas considérer juifs par les juifs.

        Et peut-être là même peut venir se surajouter une autre blessure : certains non juifs (antisémites), leurrés par leur patronyme, peuvent les traiter de... juifs ! Cela renvoie au registre privé des blessures identitaires : être ne pas être faire semblant paraître...

        Donc le ministre et sa défense auraient, d’après moi, mieux fait de se taire plutôt que de déballer une affaire intime (et sûrement douloureuse) qui ne nous appartient pas.

        En revanche qu’un comportement renvoyant peut-être à la duplicité chez un homme (ou une femme) politique soit questionné (enquête) ou dénoncé sur le plan éthique cela me semble de bonne guerre.

         
        • hillel2000
          hillel2000 répond à colyz
          • Posté à 08h22 le 11/02/2009
          • Internaute 21324

          Péan n’est probablement pas antisémite, c’est un polémiste sans srupule qui instrumentalise les préjugés antisémites pour atteindre ses fins. Croire en la moralité du porte-parole de la mouvance « françafrique » protectrice et complice des dirigeants hutus génocidaires, « moralité » du négationniste le plus en vue du génocide tutsi, est un risque à ne pas prendre.

          • colyz
            colyz répond à hillel2000
            psy
            • Posté à 06h44 le 12/02/2009
            • Internaute 64697
              psy

            Hillel, merci pour votre précision qui me permet de nuancer (en voyant plus large) qui est ce Péan que je ne connais pas plus que ça (contrairement à vous).

            Pour dire le fond de ma pensée, ce qui me fait réagir dans cette histoire c’est l’éventuelle duplicité du ministre.

            Gagner des millions, mettre les millions dans sa poche, ceci : hors caméra, puis changement de décor : jouer les saints (devant la caméra).

            Mais dans le fond du fond : je me fous de cette histoire.

        2 autres commentaires
  • Ouallonsnous
    • Posté à 23h15 le 10/02/2009
    • Internaute 8204

    Mr Haski, n’en avez vous pas assez de vous faire l’écho, à l’instar de la communauté des blogueurs internet de tous ces imprécateurs qui taxent leur contradicteurs d’adjectifs en « iste » et en « ite », faisant le jeux des véritable adeptes de ces pratiques anti...iste ?

    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à Ouallonsnous
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 00h41 le 12/02/2009
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Désolé, je ne comprends pas. Pouvez vous développer ?

  • Aka 75
    Aka 75
    Ayaliste et Blanquiste
    • Posté à 23h27 le 10/02/2009
    • Internaute 49380
      Ayaliste et Blanquiste

    L’évêque Williamson est antisémite avéré et le revendique.

    • colyz
      colyz répond à Aka 75
      psy
      • Posté à 03h37 le 11/02/2009
      • Internaute 64697
        psy

      Il est plus qu’antisémite il est négationiste, c’est pas tout à fait pareil. Adolf Eichman était antisémite mais il n’était pas négationiste.

  • Anthropia
    • Posté à 23h57 le 10/02/2009
    • Internaute 17441

    Mais le livre de Péan reproche sur plus de la moitié de ses pages à K. de se servir de la métaphore nazie pour ses causes.

    C’est un fait que K. s’en sert.
    Pour autant, pourquoi tant d’énervement chez Péan à ce sujet ?

    Lien

    • colyz
      colyz répond à Anthropia
      psy
      • Posté à 03h44 le 11/02/2009
      • Internaute 64697
        psy

      Pourquoi la réaction de Péan ?

      D’ailleurs il n’est pas (d’après moi) énervé.

      Il se lève et dit plus que symboliquement à Schneiderman : « Je ne mange pas de ce pain là » !

      Mais de quel pain s’agit-il ?

      Il ne s’agit pas du pain de l’antisémitisme, il s’agit du pain tordu que lui tend Schneiderman à partir d’une position assez perverse (d’après moi) : « Je ne mange pas du pain de ta perversité ».

      Je ne crois pas que Schneiderman soit perverse mais là y a eu une faille chez lui (d’ailleurs il le voit lui-même assez vite) et ce n’est pas des excuses qu’il présentera plus tard à Péan, non, il lui demandera de lui accorder son pardon.

  • courageux_anonyme02
    • Posté à 00h19 le 11/02/2009
    • Internaute 52482
      bulleur

    C’est vrai que comparé à l’antisémitisme arabo-musulman, vos exemples font sourire...

  • funkystefffff
    funkystefffff
    écolo antipathique
    • Posté à 00h23 le 11/02/2009
    • Internaute 55257
      écolo antipathique

    Daniel Schneidermann doit être trop content qu’on parle de lui ! ! ! ça faisait longtemps... Il avait déjà réussi à empêcher Bourdieu de parler... Il va récupérer des points d’audience ! ! !
    quant à « cosmopolitisme », je suis d’accord avec Péhan : est-ce parceque ce mot a été dévoyé par des extrémistes qu’on ne peut plus l’utiliser ?
    J’avoue mon ignorance : il y a une semaine, pour moi, ce mot avait une connotation plutôt positive de mixité, métissage, multiculturel... Et merde ! je continuerai à l’utiliser :
    « Le cosmopolitisme est un concept défini par Diogène, à partir de cosmos, l’univers, et politês, citoyen. Il exprime la possibilité d’être natif d’un lieu et de toucher à l’universalité, sans renier sa particularité. » (cf Wiki)

  • hillel2000
    • Posté à 00h43 le 11/02/2009
    • Internaute 21324

    Lu sur La Libre :

    Lien

    Le sens de la bataille de Gaza - Antisionisme radical et nouvelle judéophobie
    Entretien d’Aleksandra Rybinska avec Pierre-André Taguieff

    paru dans l’édition du 17-18 janvier 2009 du grand quotidien polonais Rzeczpospolita (« La République »), Varsovie.

    La guerre entre Israël et le Hamas a encore donné lieu à des manifestations de sympathie pour la Palestine à travers le monde. « Nous sommes tous des palestiniens » semble être le motto de beaucoup d’intellectuels en Occident.

    D’où provient cette sympathie presque aveugle ?

    Pierre-André Taguieff : Ces manifestations, souvent violentes, sont d’abord le fait de barbus et de femmes voilées, donc d’islamistes, accompagnés de divers milieux de la nouvelle extrême gauche, anti-impérialiste et néo-tiersmondiste, dont les deux ennemis absolus sont les États-Unis et Israël. La tendance dominante chez les intellectuels occidentaux est toujours la préférence pour l’extrémisme : la radicalité, qu’elle soit communiste ou islamiste, continue de les séduire.

    Où sont passées les voix de la raison ? Pourquoi l’État d’Israël, malgré des efforts de propagande, ne parvient-il pas à trouver un large soutien international, et particulièrement dans les médias étrangers ? On a l’impression que même les intellectuels juifs, dans le New York Times, préfèrent ne pas trop pencher en faveur de l’État juif…

    P-A.T. Israël a longtemps joui d’un capital de sympathie. Or, celui-ci a commencé à se dissiper après les massacres de Sabra et Chatila (été 1982), commis par des milices chrétiennes percevant les Palestiniens comme des envahisseurs et des pillards.

    Mais, par une opération de propagande fort bien orchestrée, ces massacres ont été mis au compte du général Sharon, diabolisé par tous les moyens. Jusqu’en 2005, Israël ne s’est guère soucié de son image dans le monde, dont pourtant toutes les enquêtes d’opinion montraient la dégradation.

    Dans l’après-Sharon, les tentatives israéliennes pour contrer la propagande propalestinienne se sont heurtées à un mur : le pli avait été pris, les médias s’étaient alignés sur les positions « antisionistes », alimentées par l’idéologie victimaire centrée sur la figure du Palestinien innocent, donc de l’enfant palestinien, érigé en victime maximale. Cette idéologie a été habilement diffusée par les réseaux palestiniens dans le monde entier.

    Nombre d’intellectuels juifs étatsuniens et européens, souffrant de la judéophobie ambiante, pensent se faire accepter par un milieu hostile en prenant des positions radicalement anti-iraéliennes, « antisionistes », etc. Ils deviennent ainsi des « Juifs non-juifs », puis des « alterjuifs », pour finir comme des « Juifs antijuifs ». Le cas le plus évidemment pathologique est celui de l’intellectuel américain antisioniste et pro-négationniste Noam Chomsky, applaudi par Oussama Ben Laden et Hugo Chávez.

    Parfois il semble même qu’Israël est l’État le plus détesté au monde ?

    P-A.T. Israël incarne l’Occident pour les anti-occidentaux, l’impérialisme pour les anti-impérialistes, les infidèles pour les islamistes, le racisme pour les propalestiniens, … Il cumule les stéréotypes négatifs. Il est perçu comme l’État en trop, qui devrait disparaître pour que les hommes soient délivrés du mal. Ce traitement absolument diabolisateur est réservé en effet à Israël.

    On peut observer une haine particulièrement virulente envers l’État d’Israël chez les intellectuels de gauche, en partant de la gauche-caviar jusqu’aux mouvements antimondialistes. En France et ailleurs. La vieille propagande antisioniste de l’URSS fonctionne toujours ?

    P-A.T. Le berceau de l’antisionisme radical, qui représente la principale forme contemporaine de la judéophobie (ou, pour employer un mot impropre, de l’« antisémitisme »), est en effet le communisme soviétique qui, de 1948/49 au début des années 1970, a diffusé mondialement la plupart des thèmes d’accusation visant Israël (« fascisme », « impérialisme », « racisme », « colonialisme », etc.).

    L’antisionisme d’origine stalinienne a fusionné avec l’antisionisme arabe mis au point dans les années 1950 et 1960 par les réfugiés nazis au Caire (Johann von Leers, ancien adjoint de Goebbels, notamment). Les milieux occidentaux tiers-mondistes ont suivi, et bien entendu toutes les variétés de l’extrême gauche, trotskistes compris.

    Nous en sommes toujours là : rien de nouveau n’est apparu dans le discours antisioniste radical.

    Pendant longtemps, la gauche a quand même soutenu Israël. C’était lié en partie à l’Holocauste. Ensuite on a pu observer une certaine schizophrénie : la gauche condamnait les attentats terroristes perpétués par les Palestiniens et, en même temps, soutenait la cause palestinienne. Ça a changé. Peut-on dire que la gauche a trahi les Juifs ?

    P-A.T. La gauche avait déjà abandonné les Juifs après 1945, lorsqu’elle était sous influence stalinienne. Après la disparition de l’empire soviétique, la gauche s’est trouvée de nouveaux maîtres à penser, des anarcho-trotskistes au sous-commandant Marcos, de Chomsky à José Bové.

    Les mouvements anti-mondialisation dits « altermondialistes » ont pris la relève du « génial camarade Staline » et du « Grand Leader » Mao. Diverses combinaisons de positions anticapitalistes radicales, d’antiaméricanisme et d’antisionisme sont apparues dans les années 1990 et 2000.

    Une partie de la gauche française, par exemple, la plus engagée dans l’anti-mondialisation, est revenue à ses positions anticapitalistes et antijuives d’avant l’affaire Dreyfus.

    Quel intérêt réel a la gauche aujourd’hui à soutenir la cause arabe ?

    P-A.T. En Europe, la gauche et surtout l’extrême gauche se sont engagées dans une stratégie de conquête de l’électorat musulman. Ce qui implique beaucoup de complaisance à l’égard des islamistes radicaux comme à l’égard du terrorisme palestinien, toujours excusé au nom de la « juste révolte des humiliés ».

    Les leaders de gauche, comme ceux de droite, croient pouvoir ainsi éviter l’Europe soit visé par le terrorisme. Illusion très répandue. En outre, la gauche, comme la droite, est saisie par la hantise d’être privée de pétrole. C’est la composante « réaliste » de son parti pris pro-arabe.

    Pourquoi l’Occident accuse-t-il Israël de racisme, d’impérialisme et pas la Chine, la Russie - en tout cas pas dans la même mesure ?

    P-A.T. Les pays occidentaux postulent qu’ils peuvent se passer d’Israël, et ils savent qu’ils peuvent impunément condamner Israël à tout propos : les capacités de rétorsion de l’État juif sont limitées. Alors qu’ils ont besoin de commercer avec la Chine ou la Russie, grandes puissances avec lesquelles ils doivent par ailleurs compter sur le plan géopolitique, dans l’espace des relations internationales.

    Peut-on dire que nous sommes ici face à une nouvelle forme d’antisémitisme mal dissimulée derrière une aversion affichée contre Israël ? Et si oui, quelles sont les raisons de cet antisémitisme ?

    P-A.T. Le mot « antisémitisme » est impropre pour désigner la haine des Juifs idéologiquement organisée. J’ai proposé, depuis la fin des années 1980, de lui substituer le mot « judéophobie », plus approprié. Par le mot « judéophobie », employé comme terme générique, je désigne l’ensemble des formes historiques prises par la haine des Juifs, et plus largement par toutes les passions, croyances et conduites antijuives dont les manifestations furent (et sont) les violences, physiques ou symboliques, subies par le peuple juif.

    On oublie trop souvent que le mot « antisémitisme » est de création relativement récente et qu’il est dû à un auteur à la fois antijuif et raciste. En forgeant en 1879 le terme Antisemitismus, l’idéologue raciste de langue allemande Wilhelm Marr voulait clairement distinguer son combat contre les Juifs du vieil antijudaïsme chrétien.

    Or, ce terme est doublement mal formé. D’abord parce qu’il semble renvoyer autant aux Juifs qu’aux Arabes alors qu’il ne s’applique, dans ses usages idéologico-politiques, qu’aux Juifs. Ensuite en raison de son usage raciologique du terme « Sémite(s) », en tant que dénomination de l’ennemi collectif à combattre (« anti-sémite », « anti-Sémite »), en référence aux doctrines raciales fondées sur l’opposition « Aryens/Sémites ».

    La judéophobie contemporaine ne se réclame pas d’une doctrine raciste, elle ne vise pas « les Sémites », elle appelle à la haine contre les Juifs au nom de la « lutte contre le racisme », donc contre le « sionisme » assimilé à « une forme de racisme ». Il faut donc à la fois réviser nos concepts et redéfinir les termes employés !

    Marek Halter m’a dit qu’il était moins honteux de détester les Israéliens que de haïr les Juifs, ça faisait moins penser aux camps de concentration. On les hait tout de même. Pour lui c’est le résultat d’un aveuglement idéologique du côté des bien-pensants occidentaux. Êtes-vous d’accord avec ce constat ?

    P-A.T. Je dirais plutôt qu’il n’est pas du tout honteux, mais bien plutôt glorieux, aujourd’hui, de haïr les « sionistes », terme polémique par lequel on renvoie à la fois, d’une façon indistincte, aux Israéliens, aux défenseurs d’Israël (juifs ou non) et aux Juifs (sauf s’ils s’affirment eux-même « antisionistes »).

    La haine « antisioniste » est une haine non seulement idéologiquement acceptable, elle est hautement respectable, et chaudement recommandée. C’est là un des mécanismes psychologiques qu’on rencontre dans le « politiquement correct » mondialisé.

    Pour beaucoup d’intellectuels soutenir les Palestiniens contre Israël résulte de l’obligation chrétienne de tenir la main aux plus faibles. En tout cas c’est ce qu’ils disent. Les premiers seront les derniers et vice-versa. Mensonge auquel on croit ou réel poids de la tradition chrétienne ?

    P-A.T. Rien n’est pire, dans le monde moderne soumis à la sécularisation, que la corruption idéologique d’éléments hérités du christianisme. La propagande palestinienne, par exemple, tend à « christifier » le peuple palestinien, en mettant en avant des enfants, « victimes innocentes » par définition, qu’elle érige en « martyrs ».

    Il s’agit d’un christianisme perverti, politisé… Une contrefaçon médiatique du commandement d’amour/charité.

    Est-ce que la mauvaise conscience des anciens colonisateurs envers les pays arabes joue aussi un rôle ?

    P-A.T. Bien sûr. Dans un premier temps, c’était le ressentiment des ex-colonisateurs qui primait, d’où les explosions de xénophobie anti-immigrés dans les nations qui furent des empires. La mauvaise conscience est venue dans un second temps, portée par le consensus hypermoral qui s’est constitué à la faveur de la mondialisation de ce que j’appellerai la politique ou – mieux - l’impolitique des Droits de l’Homme.

    L’idéologie dominante au plan mondial se fonde sur la culpabilité de l’homme blanc, d’origine européenne et de culture chrétienne, accusé de tous les maux de la modernité (industrielle, capitaliste, impérialiste, etc.) dont il fut en effet l’inventeur.

    De quelle façon ce nouvel antisémitisme converge-t-il avec l’islamisme ?

    P-A.T. L’appel au Jihad contre les Juifs est au centre de l’islamisme radical. C’est la diabolisation des Juifs qui structure la vision islamiste du monde. Il suffit de lire l’opuscule de Sayyid Qutb, Notre combat contre les Juifs (début des années 1950) ou la charte du Hamas (18 août 1988), notamment son article sept.

    Prenons un exemple, celui du sermon prononcé par le cheikh Ibrahim Mudeiris, le 13 mai 2005, à la Grande Mosquée de Gaza (retransmis en direct sur la télévision de l’Autorité palestinienne), dans lequel, après avoir rappelé à ses ouailles qu’Israël est un « cancer » et que les Juifs sont un « virus » ressemblant à celui du SIDA, Mudeiris finissait par lancer cette prophétie d’extermination s’inspirant du célèbre hâdith du rocher et de l’arbre : « Le jour viendra où tout sera repris aux Juifs, même les arbres et les pierres qui ont été leurs victimes. Chaque arbre et chaque pierre voudront que les musulmans viennent à bout de tous les Juifs. »

    Quel danger comporte cette convergence ?

    P-A.T. Celui de mobiliser le monde musulman contre Israël et d’en justifier l’anéantissement, ce qui constitue le programme commun de la dictature islamiste iranienne, du Hamas, du Hezbollah et d’Al-Qaida.

    La France est un des pays où on est le plus critique envers Israël. Pourquoi ?

    P-A.T. Il faut tenir compte de trois facteurs. Tout d’abord, une grande partie des élites occidentales s’est convertie depuis les années 1980 à la vision d’un nouvel avenir radieux : celui de la société post-nationale, ou de la « démocratie cosmopolite », impliquant la disparition progressive des États-nations, considérés comme de déplorables survivances.

    Or, Israël est un État-nation démocratique, caractérisé même par sa démocratie forte. Il incarne l’exception gênante.

    Son existence même est perçue comme un scandale. Ensuite, Israël, grande puissance régionale, est jumelé avec les États-Unis, l’hyper-puissance mondiale, pour faire l’objet d’une même dénonciation diabolisante, sur l’air de l’anti-impérialisme. Et l’on sait combien l’anti-américanisme est enraciné en France.

    Le populisme misérabiliste ambiant pousse à la haine de la puissance, sur la base d’un amalgame polémique : « puissance = injustice » (comme si les « faibles » étaient nécessairement « justes » !). Enfin, les élites françaises ont intériorisé la position prise par le général de Gaulle en novembre 1967, après la guerre des Six Jours : un anti-israélisme virulent lié à un parti pris pro-arabe. C’est la doctrine du Quai d’Orsay.

    David Warszawski a constaté qu’on observait en France la formation d’une nouvelle coalition entre progressistes et islamistes. Le conflit israélo-palestinien a cessé d’être perçu comme la lutte entre deux points de vue entre lesquels il faut trouver un compromis, mais comme la lutte entre le bien (la cause palestinienne) et le mal (la politique impérialiste d’Israël). Est-ce vrai ?

    P-A.T. Cette vision manichéenne va de pair avec la satanisation d’Israël. Un axe islamo-gauchiste est en voie de formation depuis la fin des années 1990. Il est illustré d’une manière frappante par les manifestations propalestiniennes/antisionistes qui ont lieu en France (mais aussi en Italie et en Grande-Bretagne) depuis le début de la deuxième Intifada (octobre 2000).

    D’ou vient cette idée qu’Israël est le mal personnifié ?

    P-A.T. Elle provient de toute la longue histoire des formes de judéophobie, mais surtout des deux religions-filles que sont le christianisme et l’islam, face à la religion-mère du monothéisme, le judaïsme. Il y a là un héritage contemporain de la construction théologico-religieuse du Juif comme « fils de Satan », rejeton ou incarnation du diable dans l’Histoire.

    La diabolisation et la criminalisation du peuple juif sont entrées dans une nouvelle phase avec l’antisionisme radical. Dans ce nouveau régime de judéophobie, les Juifs continuent d’être dénoncés comme des « enfants du diable », mais leurs principaux accusateurs ne se recrutent plus dans le monde chrétien, ils se réclament de l’Islam ou de la Révolution mondiale, ou encore des deux.

    Le nouveau foyer de la judéophobie exterminatrice est l’islam révolutionnaire ou l’islamisme radical, secondé par les néo-révolutionnaires qui, ennemis déclarés de l’Occident judéo-chrétien ou « américano-sioniste », se sont ralliés au camp islamiste ou se sont alliés avec lui.

    L’antisémitisme monte en France en général. On observe de plus en plus d’attaques contre les Juifs dans les grandes villes, perpétrés par des jeunes de banlieue. Est-ce lié à la question palestinienne ou à d’autres origines ?

    P-A.T. Le parti-pris propalestinien est certainement l’élément moteur des passages à l’acte : les judéophobes violents jouent à l’Intifada contre les Juifs qu’ils rencontrent dans leurs quartiers.

    Mais il faut aussi tenir compte de motivations liées à la mauvaise intégration sociale et économique des jeunes issus de l’immigration maghrébine ou africaine, qui manifestent leur ressentiment ou leur jalousie sociale en attaquant des Juifs ou des lieux symboliques juifs.

    « Ils ont tout, et nous rien », « Ils sont le pouvoir et l’argent », etc. : dans les entretiens semi-directifs avec des jeunes des banlieues réalisés par des sociologues, des phrases de ce type reviennent souvent, pour justifier la haine qu’ils éprouvent à l’égard des Juifs, fantasmés à la fois comme « riches », « puissants », « racistes » et « méchants » (en ce qu’ils « tuent nos frères palestiniens »).

    En quoi l’antisémitisme de gauche et de droite est-il convergent ?

    P-A.T. Les convergences proviennent d’un seul principe : on s’incline prudemment devant le nombre. Et la propagande islamiste exploite le fait qu’il y a environ un milliard trois cent millions de musulmans dans le monde.

    Même si Israël gagne la guerre contre le Hamas, il sera donc perdant, car il sera percu d’autant plus comme un État impérialiste, qui a écrasé son petit voisin, qui luttait pour son indépendance ?

    P-A.T. C’est en effet le paradoxe tragique que cette intervention militaire, pourtant justifiée, risque d’illustrer. Israël ne pouvait pas laisser plus longtemps bombarder sa population civile, mais, en ripostant militairement, elle prenait le risque de nourrir les passions antijuives dans le monde entier.

    Car les médias, privilégiant l’émotion au détriment de l’analyse froide, montrent plus volontiers des images d’enfants palestiniens morts qui provoquent l’indignation ou la compassion, et incitent à la vengeance aveugle. Ils tendent à oublier la véritable nature du Hamas : une organisation de fanatiques et de criminels.

    Comment voyez-vous l’avenir d’Israël, de la question juive ? Existe-t-il une chance pour la paix au Proche-Orient ?

    P-A.T. C’est au Proche-Orient aujourd’hui que la voie de la paix est la voie la plus étroite. Elle est non seulement improbable, elle est difficilement concevable à partir de projections des virtualités de la situation présente. L’islamisation de la cause palestinienne ne peut que s’étendre et de radicaliser.

    Et le refus arabe de reconnaître le droit à l’existence d’Israël demeure (à quelques exceptions près, risquant d’ailleurs d’être provisoires, comme l’Égypte de Moubarak). Mais il y a des miracles dans l’Histoire : des événements d’une très faible probabilité peuvent se produire.

    L’attitude envers Israël et les Juifs peut-elle changer et si oui, comment ?

    P-A.T. Seule une prise de conscience de la menace islamiste, comme menace mondiale, peut conduire à une « dédiabolisation » d’Israël. Car les Israéliens sont aux avants-postes du combat contre le vrai fascisme de notre temps : l’islamisme radical, ou jihadiste.

    Les nouveaux ennemis des Juifs sont aussi les ennemis de la liberté et du régime qui l’incarne, la démocratie libérale/pluraliste, cette précieuse invention de l’Occident.

    Ceux que Norman Podhoretz appelle les « islamofascistes » n’en veulent pas. Responsables de la Quatrième Guerre mondiale, ils ont lancé le Jihad mondial contre les partisans de la liberté en même temps que contre les « judéo-croisés ». Défendre la liberté, c’est aujourd’hui combattre par tous les moyens le camp islamo-révolutionnaire, au Proche-Orient comme en Europe, en Asie comme en Afrique.

    Contre les talibans et Al-Qaida en Afghanistan, contre la dictature islamiste à l’iranienne et le Hezbollah libanais, ou contre le Hamas et le Jihad islamique dans la bande de Gaza, le combat est le même.

    Pierre-André Taguieff, Directeur de recherche au CNRS, Paris ; Centre de recherches politiques de Sciences Po. Dernier ouvrage paru : La Judéophobie des Modernes. Des Lumières au Jihad mondial, Paris, Éditions Odile Jacob, 2008.

    • onegus
      onegus répond à hillel2000
      in & out
      • Posté à 01h48 le 11/02/2009
      • Internaute 15403
        in & out

      Quel bel échange ! Islamofascisme, alliance vert-rouge, menace islamiste globale, bref la totale ! Cette propagande est simplement à vomir...Taguieff est un néoconservateur « à la française », idéologue propagandiste d’une droite radicalement islamophobe, qui « théorise » sur les « théories du complot » mais ne se prive pas pour propager celle du complot islamiste mondial. Prêt à tout pour attiser les haines, ce type est aussi répugnant et dangereux que les théoriciens du complot juif des années 30...

    • piecam
      piecam répond à hillel2000
      capenoule
      • Posté à 10h32 le 11/02/2009
      • Internaute 60079
        capenoule

      Je ne sais à quoi vous pensiez en publiant in extenso cet entretien, mais si vous vouliez lutter contre l’antisémitisme, c’est raté. Totalement contreproductif !
      Entre autres mensonges historiques (Sabra et Chatila), les amalgames antisionisme = antisémitisme et islam = fascisme donnent des arguments aux racistes de tout poil.
      J’ai rarement lu un tel concentré de connerie pontifiante proféré avec autant de suffisance.

      « Il n’est pas du tout honteux, mais bien plutôt glorieux, aujourd’hui, de haïr les sionistes ».
      Je conseille la lecture d’Avi Shlaim (Le mur de fer) et d’Ilan Pappe (L’épuration ethnique) à ce personnage (pitre ?) pour qu’il s’aperçoive que le sionisme d’aujourd’hui est bien loin de l’idéal de Hertzl.
      Que pensez vous de cette réflexion de Maurice Rafjus (juif, fils de déportés), « Israël n’est définitivement pas mon pays. » ?

      Autre citation intéressante :
      « Lorsque Sharon est venu en France, je lui ai dit qu’il doit absolument mettre en place un ministère de la propagande, comme Goebbels. »
      (Roger Cukierman, ex Président du CRIF)

      « il faut tout reprendre dans l’autre sens » ; c’est écrit dans le Talmud. que PAT n’a certainement pas lu.

    • A Serbe
      A Serbe répond à hillel2000
      • Posté à 17h43 le 11/02/2009
      • Internaute 37409

      Après le vomi de Gaza, le dégueuli de Taguieff. Cela ne mérite même pas qu’on y réponde.

  • A déménagé le 3-1 2
    • Posté à 00h54 le 11/02/2009
    • Internaute 48308
      nc

    cher pierre asky, je lis avec interet que l’antisemitisme n’existe pas ou tres peu en france.

    alors cher monsieur, ne vous en déplaise, mais vous avancez des propos que je ne peux que contredire.
    pour etre marié avec une juive israelienne (pardon seigneur), je peux vous dire qu’entre les blagues vaseuses que mes vieux potes me font parfois, la violence raciste et antisemite de ma famille et les repas qui se terminent systematiquement sur « le lobby juif qui domine le monde, etc etc » quelquesoit le milieu dans lequel on trâine, (et plus si alcool) je peux vous dire, que oui, à ma grande surprise, l’antisémitisme est bel est bien profonndemment ancré dans la société française, not. à gauche, ce qui me surprend et me désole etant moi meme militant. Pas une conversation de politique internationale ne glissant pas par miracle apres quelques minutes sur le lobby, le fric des juifs, etc etc...et mon epouse est systematiquement obligée de commencer chaque conversation par « j’ai honnnnnnte de controler le mooonde », un comble pour une militante refuznik pro palestinienne dans son pays qui est assez attérée de voir le délire franco francais sur la question, délire auquel vous participez grandement monsieur, autant que le crif de l’autre coté.

    le racisme antijuif est l’antisemitisme c’est tres different et feindre de le reconnaitre est de la malhonneteté intellectuelle. le premier est un racisme, haine raciale qui touche malheureusement autant les bretons que les indiens d’amerique. le second est un délire politique qui tend à prouver que derriere tout probleme national ou international se trouvent des juifs. ce concept est tres particulier...et tres tres en vogue aujourdhui (en tous les cas autour de moi donc à gauche). je trouve donc que l’antisemitisme est bel et bien vivace aujourdhui, cher monsieur, ne vous en deplaise.

    ceci dit, vos deux dernieres phrases etant uniquement là afin de continuer à attiser la haine entre les gens, je ne pense pas que les juifs aient et ne cherchent un quelconque monopole sur la question du racisme. mais l’antisemitisme est un truc particulier qui les concerne bien je pense...un privilege monsieur !

    si vous n’etes pas antisemites, permettez moi de croire que vous n’etes pas particulierement judeophile vue vos articles dernierement...en meme temps, si rue89 veut se mettre au niveau des ogres.info, c’est bien parti avec ce genre de debats...

    • leconcombrevert
      leconcombrevert répond à A déménagé le 3-1 2
      La vraie vérité > : -))
      • Posté à 02h46 le 11/02/2009
      • Internaute 8843
        La vraie vérité > : -))

      Vous soulevez un point très important :

      Parce que avant de débattre de la question si certains ont tendence à abuser de l’accusation d’antisémitisme à des fins politiques où pour d’autres buts peu avouables il aurait peut-être fallu donner un petit aperçu de ce que l’on entend par « antisémitisme », « anti-judaisme ».

      Et à ce titre là les quelques références que donne l’article me paraissent beaucoup trop vagues, trop éparses.

      En tout cas, à la lecture des commentaires j’ai l’impression que pas mal de riverains n’ont qu’une idée très, très floue des modes structurelles, des constantes idéologiques de l’antisémitisme historique.

      Or, si ce débat ne va pas plus loin que le rappel du fait que , ben oui, « trop c’est trop » - je ne vois pas trop l’intérêt de ce débat, car trop de quelque chose, ben oui, ça en est toujours trop de cette chose ...

      Et à mon sens il s’agit tout de même d’un sujet qui mérite vraiment mieux qu’un débat dans le vide qui, forcement, fait beaucoup plus de mal que de bien, car il risque de laisser certains sur la - fausse - impression que tout n’est que « barratin » de quelques âmes malveillantes.

      Pourtant, il suffit de lire les tribunes de rue89 pour en voir des exemples tous les jours ....

    • colyz
      colyz répond à A déménagé le 3-1 2
      psy
      • Posté à 04h03 le 11/02/2009
      • Internaute 64697
        psy

      Motek, j’ai lu votre témoignage avec intérêt. Effectivement cela ne doit pas être simple d’être israélienne (merci Seigneur) en Europe

      Mais le racisme est comme la langue du serpent. Je m’explique : certaines personnes sont racistes dans l’âme mais font des pieds et des mains pour toujours se voir en face comme s’ils ne l’étaient pas et donc font des compromis boiteux avec eux-mêmes : ils tolèrent les africains mais haïssent une ethnie africaine en particulier, leur racisme est circonscrit (mais en fait il ronge toute leur âme).

      En Europe l’antisémitisme (qui ne se limite pas aux juifs mais qui concerne aussi de plein fouet les arabes) voilà ce qui se passe :
      d’un côté on haït les arabes sur le sol européen (et on défend les juifs) et de l’autre là-bas au Moyen Orient on haït les israéliens (et on défend les palestiniens). Le clivage marche ainsi. On a toujours bonne conscience. Mais en fait on haït à la fois les arabes et les juifs (les sémites) on est antisémite.

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à colyz
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 17h17 le 11/02/2009
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Je sais que dans certains cercles être Lacanien est considéré comme particulièrement « chic ». Mais est-ce une bonne option pour comprendre le monde ?

        Puisque vous vous dites « psy » :

        En tout cas, je constate que votre analyse du phenomène du ressentiment anti-juif et sa mise en parallele avec des ressentiments anti-arabes présents dans les sociétés occidentales ne va pas chercher bien loin.

        Il est vrai, beaucoup de gens (racistes) haïssent autant les uns que les autres. Mais le font-il de la même façon, s’inspirent-ils des mêmes fantasmes, des mêmes mythes qui nourissent la haine des Juifs ?

        Voilà une bonne question et la reponse est simple : Non.

        Pourtant, à vous lire, vous ne semblez pas y voir une différence.

        Mais est-ce surprenant pour une analyse basée en fin de compte - comme à l’habitude des Lacaniens - sur rien de plus qu’ un simple jeux de mot -« tous sémites » , haha ! !

        Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les Juifs de France parlent surtout, sinon exclusivement, une langue, le français, et ne se distinguent en rien de leurs concitoyens ....

        Et pourquoi succomber à cette nouvelle mode qui veut à tout prix donner un sens nouveau, ahistorique, à ce que l’on entend depuis le milieu du 19ème siècle par l’antisémitisme ? ?

         
        • colyz
          colyz répond à leconcombrevert
          psy
          • Posté à 21h38 le 11/02/2009
          • Internaute 64697
            psy

          Je ne sais pas ce qui peut vous faire penser que je suis lacanien.

          Psy : c’est « psychédélique » (dans la mesure où chacun y va de son petit trip sur ce forum, comme dans les autres d’ailleurs). Toute autre lecture est projection.

          Limiter l’antisémitisme au sens du 19è, c’est-à-dire aux juifs, moi cela ne me dérange pas mais je dis que la haine de l’autre ou la peur archaïque de l’autre frappe autant les arabes que les juifs : les juifs là bas et les arabes ici.

          Les juifs assimilés de France ne parlent que le français, vous avez bien raison, je vous suis sur ce point.

          Mais visiblement vous êtes une sorte de Jeanne d’Arc du judaïsme et je ne veux vraiment vous offenser ni d’une manière lacanienne ni d’une autre manière hébraïque.

          • leconcombrevert
            leconcombrevert répond à colyz
            La vraie vérité > : -))
            • Posté à 06h46 le 12/02/2009
            • Internaute 8843
              La vraie vérité > : -))

            Je préfère nettement les Psychédéliciens aux Lacaniens : -)

            Soyez rassuré, le racisme envers les arabes me gene autant, ainsi que tous les ressentiments xenophobes et je les dénonce pas moins.

            Jeanne d’Arc, non merci : -)), je n’ai aucun royaume à défendre.

            Je réagissais simplement à votre emploi du terme « antisémitisme ».

            • colyz
              colyz répond à leconcombrevert
              psy
              • Posté à 06h46 le 12/02/2009
              • Internaute 64697
                psy

              Mishikot Col Yzraêl

              • Emma T.
                Emma T. répond à colyz
                Camille est sur SeXpress
                • Posté à 08h38 le 12/02/2009
                • Internaute 40366
                  Camille est sur SeXpress

                Mais encore ? : -))))))))

              • leconcombrevert
                leconcombrevert répond à colyz
                La vraie vérité > : -))
                • Posté à 11h17 le 12/02/2009
                • Internaute 8843
                  La vraie vérité > : -))

                J’ai oublié d’éteindre la radio ? Euh, et en français ...

                • colyz
                  colyz répond à leconcombrevert
                  psy
                  • Posté à 16h35 le 12/02/2009
                  • Internaute 64697
                    psy

                  à bon entendeur (entendeuse) salut (shalom)

        6 autres commentaires
    • Pierre Haski
      Pierre Haski répond à A déménagé le 3-1 2
      Auteur(e) de l'article Cofondateur Rue89
      • Posté à 00h38 le 12/02/2009
        éditeur
      • Journaliste 9
        Cofondateur

      Je n’ai pas dit que l’antisémitisme n’existait pas en France, bien au contraire. Mais celui dont nous parlons ici, ce n’est pas celui de la rue, de la blague entre potes aux dépens des juifs, ou pire, du gang des barbares - vous vous souvenez il y a deux ans ? ... C’est de celui des « élites », c’est celui-là qui fait la chronique de l’affaire Val/Siné à l’affaire Kouchner/Péan en passant par BHL/Badiou et autres querelles des dernières années. Mon sentiment, et je le dis en tant que Français juif moi-même, c’est que cette obsession de l’antisémitisme est contreproductive et rend aveugle à la souffrance des autres, voire alimente cet antisémitisme ordinaire que vous dénoncez à juste titre. Elle empêche même de traiter à sa juste mesure l’antisémitisme ordinaire, qui doit être traité de pair avec les autres racismes ordinaires dans la société française, et ils sont légion.

      • colyz
        colyz répond à Pierre Haski
        psy
        • Posté à 06h23 le 12/02/2009
        • Internaute 64697
          psy

        Pierre Haski, j’adhère à 100% avec votre médaillon que je trouve d’une grande tenue.

        Etre nombriliste en matière de souffrance (eux et pas les autres, nous et pas eux) est contreproductif.

        C’est-à-dire produit le contraire de l’effet recherché.

        L’antisémitisme se range dans la famille du racisme. C’est sur les causes du racisme qu’il faut agir.

        Attention qu’à trop radicaliser la différence on exacerbe l’exclusion et avec elle sa violence (être exclu, exclure autrui).

        Merci.

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à Pierre Haski
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 07h11 le 12/02/2009
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        Je suis d’accord avec vous.

        Il faut être parfaitement inconscient pour s’arrêter sur des « affaires » qui vont chercher une « bête » si vague qu’elle n’est visible que les jours impairs et après lecture d’une note explicative de 36 pages.

    • Emma T.
      Emma T. répond à A déménagé le 3-1 2
      Camille est sur SeXpress
      • Posté à 08h19 le 12/02/2009
      • Internaute 40366
        Camille est sur SeXpress

      Bonjour moteks, je suis bien d’accord avec vous sur un point : c’est que des conneries antisémites, on en entend un sacré paquet et comme vous dites « notamment à gauche ».

      Une des « meilleures » sortie que j’ai entendue par un groupe de militants pourtant bien « très à gauches » à propos de Gaza a été : « Je suis sûr que les juifs vont encore confisquer cette histoire. » Je ne peux pas vous dire la fin de la conversation, je suis partie.

      Car il faut bien le dire, c’est très très pénible.

      Et c’est un mystère pour moi. Que des gens, par ailleurs cultivés ( ?) , sortent des choses pareilles, ça me laisse pantoise. Il y a certains milieux de droite où si quelqu’un sort un truc comme ça, il est vite remis en place et il lui est fait remarquer qu’on « émarge pas au FN ici ».

      Je comprends très bien le dégout d’une refuznik accusée à bas -bruit de participer aux actions guerrières d’Israël. C’est totalement injuste. Et totalement ABSURDE.

      Mais je ne peux pas être d’accord du tout avec vous sur un autre point : Pierre Haski ni la rédaction de Rue89 ne sont pas antisémites pas plus que judéophobes : je pense qu’ils sont viscéralement horrifiés par le massacre de Gaza.

      Moi aussi.

      Pierre Haski repose la problème : à voir de l’antisémitisme partout, on risque bien de ne pas voir les antisémites.

      Et implicitement d’autres questions encore : ne peut-on dire notre horreur de cette « guerre » sans être qualifié d’antisémite ? de judéophobe ? d’Israëlophobe ? Ne peut-on pas en débattre (ce que vous nommez nos délires franco-français sans plus de précision que cela...) n’étant nous-mêmes ni Palestiniens ni Israéliens ? Voire ni juifs ni musulmans ?

      Ne peut-on nous élever contre ce massacre au nom simplement de notre humanité ?

      • leconcombrevert
        leconcombrevert répond à Emma T.
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 09h22 le 12/02/2009
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        C’est où ce qu’on signe ?

        Là ==> oui !

      • compte supprimé à la demande du riverain 30.03.09
        • Posté à 11h54 le 12/02/2009
        • Internaute 35776
          bye bye....

        Ne peut-on pas en débattre (ce que vous nommez nos délires franco-français sans plus de précision que cela…) n’étant nous-mêmes ni Palestiniens ni Israéliens ? Voire ni juifs ni musulmans ?

        Ne peut-on nous élever contre ce massacre au nom simplement de notre humanité ?

        Bonjour Emma,

        Ton message me donne l’occasion de dire que c’est précisément parce que je ne suis ni palestinienne, ni israélienne, ni juive, ni musulmane, que je me force à venir dire ici, malgré les mauvaises rencontres qu’on y fait, ma colère face à ce massacre, qui, comme tous ceux qui ont été perpétrés auparavant, me concerne en tant qu’être humain. Peu m’importe l’identité des victimes : exiger que les crimes soient reconnus comme tels, sanctionnés et empêchés à l’avenir - comment, c’est sur ce point qu’à mon sens il peut y avoir débat - , ici ou ailleurs, ce n’est pas grand-chose, c’est en partie utopique, mais c’est tout ce que je je peux faire et j’estime que c’est un devoir de montrer que selon la formule autrefois consacrée et tournée en dérision, nous considérons que « nous sommes tous concernés ».

        Nous sommes d’ailleurs plusieurs dans ce cas à le faire, ici et ailleurs, et c’est bien l’une des rares sources de réconfort que l’on puisse avoir face à ce qui vient de se produire.

  • MarcTibo
    MarcTibo
    « Change Can Happen », (...)
    • Posté à 00h55 le 11/02/2009
    • Internaute 36143
      « Change Can Happen », (...)

    Peut-on débattre sereinement de cette question sans se faire taxer ... d’antisémitisme ? Mais de quelle question au juste ? Celle de débattre de la politique d’Israel dans les territoires occupés ? Celle de la présence croissante d’un sentiment antisémite en France ? Ou encore la pratique qui consiste à accuser l’autre d’antisémitisme avec comme unique objectif que de discréditer sa personne et donc son message ? Et tout cela sans se faire taxer d’antisémitisme ... ?

    Toute question relative à un aspect de la culture ou/et de la société Juive est ultra-sensible. Ne serait-ce que la relever peut exposer son auteur à l’infamante épithete « antisémite » et subséquemment l’accuser de promouvoir la haine du Juif. Ou, comme BK l’a fait, de rappeler que cosmopolitisme évoque une autre époque pas si lointaine.

    Un ami (Juif Américano-Français) me disait avoir lu sur le HuffingtonPost un article d’un membre de la fondation Wiesenthal souhaitant réagir sur l’anitsémitisme qui regne en France. L’auteur de cet article publiait la lettre d’une journaliste Française Juive - craignant pour sa sécurité elle souhaitait rester anonyme - qui s’exprimait sur les menaces dont faisait l’objet les Juifs Francais. J’ai lu la réponse de mon ami, elle est sans équivoque : Une société antisémite n’aurait pas permis l’éclosion de personnes qui ont eu une influence considérable sur sa vie sociale, politique et culturelle. Sa réponse est assez critique envers les personalités juives francaises les plus en vue qui prennent corps et ames la defense d’Israel dans son assault de la bande de Gaza. Je doute qu’une personne non-juive aurait pu tenir ce discours sans se faire taxer d’antisémitisme.

    La question que je me pose est la suivante : où sont passés les critiques Juifs Francais de la pensée Zioniste et de la politique d’Israel ?
    Lorsque Denis Bernstein et Nora Barrows Friedman ont consacré l’intégralité de leur émission quotidienne FlashPoint à « la boucherie » (terme utilisé quotidiennement par Denis) de Gaza durant trois semaines réussissant à couvrir l’offensive d’IDF de Gaza grace a des telephones satellites, lorsque Amy Goodman de Democracy Now donne la parole a des militants, auteurs, acteurs politiques et sociaux de la societe Palestinienne, ils contribuent a contenir les relants antisémites au sein des communautés musulmanes etatsuniennes. Lorsque vous prennez connaissances des personalités Juives critiques de la politique d’Israel dans les territoires occupés, vous vous appercevez qu’elle est incroyablement longue, qu’elle regorge de personalités souvent de premier plan (incluant des Rabbins) qui dénoncent et condamnent cette politique meurtriere et - pour certains - suicidaire. (Some rabbis have also begun speaking out against the war, including Rabbi Chaim Seidler-Feller of UCLA Hillel and Rabbi Joshua Levine Grater of Pasadena Jewish Temple and Center. In a recent letter to The Jewish Journal, they wrote that the war had « led to the loss of lives of innocent civilians without offering any prospect of political resolution to either Israelis or Palestinians. »

    Il semblerait que l’offensive de IDF sur Gaza ait été (et est encore) plus débatue au sein de la société Juive Etats-uniennes que Francaise ... Pourquoi ?

  • onegus
    onegus
    in & out
    • Posté à 01h21 le 11/02/2009
    • Internaute 15403
      in & out

    Très bien que la Rue se mouille enfin sur les dérives d’une mouvance néo-conservatrice « à la française », représentée par les Val, Taguieff et autres BHL toujours près à dégainer l’arme de destruction massive de l’accusation d’antisémitisme (directe ou voilée).
    Dommage cependant que vous persistiez à diffuser les odieux amalgames entre la demande de vérité et l’antisémitisme dans votre ridicule dossier de propagande sur le 11 septembre... C’est encore ici une instrumentalisation abjecte de la Shoah et surtout une insulte aux proches de victimes qui sont à l’origine de cette demande de vérité... Il est sans doute plus facile de reprendre les stupides et infectes théories d’un illuminé du complot comme Taguieff que de faire un vrai travail de fond...

  • atomk
    atomk
    journaliste
    • Posté à 01h39 le 11/02/2009
    • Journaliste 42987
      journaliste

    Le racisme est de plus en plus decompléxé quand ce n’est pas de l’antisemitisme, c’est du bouffe-arabe au rayon du racisme on trouve aussi l’antiféminisme, l’homophobie, le jeunisme ou l’inverse anti jeune.

  • atomk
    atomk
    journaliste
    • Posté à 01h39 le 11/02/2009
    • Journaliste 42987
      journaliste

    Le racisme est de plus en plus decompléxé quand ce n’est pas de l’antisemitisme, c’est du bouffe-arabe au rayon du racisme on trouve aussi l’antiféminisme, l’homophobie, le jeunisme ou l’inverse anti jeune.

  • Aller à la page
  • 1
  • 8
  • 9
  • 10