05/02/2009 à 09h39

Votre critique ciné : « L'Etrange histoire de Benjamin Button »


Ça devient désormais presque une habitude : nous vous présentons le jeudi les films sortis le mercredi ! Cette semaine donc, nous vous proposons d’exercer vos talents de critiques de cinéma sur le film de David Fincher, « L’Etrange histoire de Benjamin Button » avec Brad Pitt, Cate Blanchett, adapté de la nouvelle de F. Scott Fitzgerald.

L’histoire et les tribulations, à la Nouvelle-Orléans de 1918 à nos jours, d’un homme né vieillard et qui rajeunit en vieillissant. Si vous êtes perdu, voici le pitch en images :

Voilà, il ne vous reste plus qu’à aller voir le film et nous donner votre avis (synthétique) d’ici lundi midi dans les commentaires. Nous en publierons un résumé lundi après-midi. A vos claviers !

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  • athis11
    • Posté à 11h15 le 05/02/2009
    • Internaute 20516

    Je viens de voir ce film assez bouleversant, avec au départ une idée qui pourrait paraître farfelue, la vie remontée à l’envers, mais qui est au final une belle histoire pleine de poésie, de philosophie, une leçon de choses sur la vie et la mort. La mort surtout, qui devient une étape banale, naturelle, qui ne fait pas peur. Brad Pitt est génial, sobre, presque effacé, Cate Blanchet touchante, lumineuse. On est vite pris dans cette histoire, on oublie l’incongruité du fil conducteur, on en ressort troublé, on parle du film après avec ceux que l’on aime, et ça c’est bon signe ! La réalisation est superbe, effets spéciaux, reconstitutions historiques des décors ou des costumes, bande-son collant bien au sujet. Pour moi, c’est pleins d’Oscars mérités, j’avais adoré Revolutionary Road, mais je n’avais encore pas vu ce film qui le dépasse. Il faut voir ce film car d’autres arrivent et qui vont aussi nous surprendre et qu’il faudra voir : Harvey Milk, The wrestler, Gran Torino ! ces américains sont vraiment les plus forts en matière de cinéma, leurs scénaristes, acteurs, réalisateurs, sont loin devant les notres, en France en tout cas !

    • Tofraziel
      Tofraziel répond à athis11
      Orwellien
      • Posté à 11h39 le 05/02/2009
      • Internaute 42678
        Orwellien

      En parlant d’Oscars, Blanchett n’est même pas nominée ! ! ! : -(

      • TARPON
        TARPON répond à Tofraziel
        • Posté à 17h58 le 05/02/2009
        • Internaute 27263

        la competition est dure aux etats unis et elle a deja eu un oscar pour aviator .Elle est parfaite mais quelle actrice americaine ne l’est pas ?

         1 autres commentaires
      • athis11
        athis11 répond à Tofraziel
        • Posté à 07h03 le 06/02/2009
        • Internaute 20516

        Votre seconde analyse est tout à fait juste et comme vous le dites, si Cate Blanchett est oubliée dans les récompenses, j’en serais déçu également mais ces Oscars n’empêcheront pas le succès du film, le bouche à oreille fonctionne ! Heureusement !

  • poupouille
    • Posté à 11h29 le 05/02/2009
    • Internaute 57238
      ...

    Il y a des Bandes-Annonces qui en disent trop, celle-ci en est un parfait exemple, c’est un bon résumé du film... Donc je n’irai pas le voire au cinoche connaissant désormais l’histoire (cousue de fil blanc).
    Cà m’a l’air d’être un pur produit bien formaté, façon hamburger...

    • marmotte64
      marmotte64 répond à poupouille
      Super héros
      • Posté à 13h43 le 05/02/2009
      • Internaute 35594
        Super héros

      T’en parleras à scott FITZGERALD

    • nikb11
      nikb11 répond à poupouille
      pasgrave
      • Posté à 00h59 le 06/02/2009
      • Internaute 68866
        pasgrave

      non seulement c’est une histoire de Fitzerald mais même si ça ne l’étais pas, faut arrêter l’amalgame fast-food et tout produit américain.

      Parce que la comparaison Benjamin Button et Hamburger, je suis désolé mais je la vois pas

    • geff
      geff répond à poupouille
      www.ecapote.com
      • Posté à 11h35 le 06/02/2009
      • Internaute 17855
        www.ecapote.com

      j’ai vu le film, puis la bande annonce, et effectivement, comme souvent, elle gâche tout le suspens. c’est vraiment dommage, une ba est censée donner envie, pas faire un bête de résumé

  • Coldo
    Coldo
    pas là
    • Posté à 11h34 le 05/02/2009
    • Internaute 40715
      pas là

    Certains sites web ont pointé d’étranges ressemblances entre Benjamin Button et Forrest Gump... C’est tellement frappant que ça en devient douteux. On a vraiment l’impression que c’est la même histoire.
    Cherchez ça sur google, c’est très bizarre.

    • Tofraziel
      Tofraziel répond à Coldo
      Orwellien
      • Posté à 11h37 le 05/02/2009
      • Internaute 42678
        Orwellien

      C’est le même scénariste et il y a quelques clins d’oeil. Mais sur le fond, ça n’a rien à voir et surtout Button ne participe pas directement à de grands moments historiques (la scène du sous-marin est quasi anecdotique).

    • thoughtthrow
      thoughtthrow répond à Coldo
      • Posté à 13h45 le 05/02/2009
      • Internaute 17515

      C’est ce que je me suis dis en le voyant : un mix entre Forrest Gump et Big Fish.

    • TARPON
      TARPON répond à Coldo
      • Posté à 17h54 le 05/02/2009
      • Internaute 27263

      Allez donc le voir et faites vous une opinion personnelle.

  • Tofraziel
    Tofraziel
    Orwellien
    • Posté à 11h35 le 05/02/2009
    • Internaute 42678
      Orwellien

    Film précédé d’un gros buzz pour deux raisons : réalisé par le surdoué David Fincher (Alien 3, Seven, Fight Club, Zodiac,...), et promettant des prouesses techniques hors normes. Mais le film est bien plus que ça...On avait l’habitude d’un Fincher très froid et cynique, avec des films à l’ambiance souvent glauque, violente et surtout une mise en scène virtuose et sophistiquée (« Fight Club » et « Panic Room » en particulier). Mais, déjà, le très maîtrisé « Zodiac » laissait entrevoir une évolution et la mise en place d’un style plus épuré, même si toujours impressionnant. Avec « L’Etrange Histoire... », Fincher va encore plus loin pour atteindre un classicisme (certains diront académisme) vraiment bluffant ! Son film est en fait le mélange parfait du style hollywoodien de l’Age d’Or, et du cinéma moderne numérique ! Il atteint une perfection visuelle et stylistique inédite. On peut donc ainsi assisté à de vraies scènes magiques, avec danse sensuelle sous la lumière de la Lune ou lever de soleil romantique, mais aussi de grands moments spectaculaires comme les fêtes de l’Armistice de 1918 ou l’attaque du sous-marin...Fincher sait d’ailleurs parfaitement passé de scènes épiques à des scènes bien plus intimistes, avec une facilité déconcertante. Car son autre force est d’utiliser les technologies actuelles au service de son histoire, et de parvenir à nous les faire oublier. Passées les premières minutes où l’on se dit « c’est vraiment bien foutu le trucage de Pitt en vieillard », on oublie bien vite la prouesse pour se plonger dans le récit et l’émotion. Cette réussite peut être comparée à celle de Cameron avec « Titanic », qui parvenait aussi à raconter une histoire d’amour au milieu d’un déluge d’effets numériques et spectaculaires. Mais Fincher atteint un degré de perfection supplémentaire, tant dans la forme que dans le fond. On plonge dans cet univers comme dans un rêve, même tragique, et on ne peut compter les tableaux et scènes magnifiques que Fincher nous offre...Pourtant, la perfection de la mise en scène ne serait pas grand-chose sans l’histoire et surtout les acteurs. Celle-ci part d’un postulat simple : raconter la vie d’un homme qui nait avec le corps d’un vieillard de 80 ans, et rajeunit en grandissant ! Tout y passe, des quiproquos au dépucelage, du rejet à l’émerveillement, jusqu’à la fin inévitable et tragique, un moment bouleversant mais filmé avec une simplicité magnifique qui a fait pleurer les 2/3 de la salle...La force de Fincher et de son scénariste Eric Roth est de réussir à nous faire croire à cette histoire, proprement extraordinaire. Les acteurs, bien sûr, sont au centre : on a beaucoup parlé de Brad Pitt, de son visage numérisé et il est très bon, en particulier dans la première partie ; par la suite, il est « en Brad Pitt », et donc moins surprenant...Le vrai choc du film, c’est Cate Blanchett ! On savait déjà que c’était une très grande, mais elle va sans doute plus loin que tous ses rôles : elle irradie totalement, lumineuse (Jackson disait déjà d’elle que c’était l’actrice dont émanait le plus de lumière, d’où son choix d’en faire sa Galadriel), mais aussi d’une grâce infinie (elle joue une danseuse), qu’elle ait 23 ou 80 ans...Elle est presque plus le centre du film que Button lui-même. Mais, comme dans tous les chefs d’œuvre, le film tient aussi par ses nombreux seconds rôles, même succincts : l’horloger, la mère adoptive, le vieux foudroyé, l’ami pygmée, le capitaine, le père,...tous ont leur place, leurs scènes et leur performance d’acteur (sobre). « L’Etrange Histoire... » est donc le genre de chef d’œuvre épique, merveilleux (dans le fond et la forme) que seuls les Américains ont toujours su faire. Il comporte autant ses scènes mythiques (y compris très drôles), le souffle d’une épopée sur presque un siècle, mais en gardant l’intimisme et la simplicité d’un grand film romantique, un mélo intelligent et sensible.

  • ThePhysicist
    ThePhysicist
    Critique avisé
    • Posté à 13h48 le 05/02/2009
    • Internaute 40931
      Critique avisé

    C’est la copie de Forest Gump, voir la vidéo de comparaison ici :
    Lien

    • Melinster
      Melinster répond à ThePhysicist
      Pédant galvanisé
      • Posté à 14h18 le 05/02/2009
      • Internaute 61559
        Pédant galvanisé

      Il faut vraiment ne pas avoir vu ces films pour raconter des trucs comme ca.
      La vidéo de comparaison des 2 films est carrément monté avec une mauvaise foie inouïe, et omet a peu près tous les éléments important de l’histoire pour se focaliser sur des détails quasi anecdotiques. On compare donc 2 films ... du même scénariste ... sur des détails, avec un style qui permet de rapprocher a peu près la moitié des films entre eux, pourvu qu’il y ai une histoire d’amour, un type étrange, ou le récit d’une vie complète. brillant.

      Mad Max 3 est une copie de Mad Max 2 qui est une copie de Mad Max 1. Qui se lance ?

    • Putt Bill
      Putt Bill répond à ThePhysicist
      • Posté à 12h17 le 08/02/2009
      • Internaute 30603

      Le cinéma américain, « c’est comme une boite de chocolat... »
      Dedans, y a du chocolat !

  • A-A
    A-A
    En perdition (comme la planète)
    • Posté à 19h11 le 05/02/2009
    • Internaute 48720
      En perdition (comme la planète)

    j ai trouvé ce fim soporifique
    Il ne se passe pas grand chose et l histoire, finalement, n est pas tres passionnante.

    Enfin, faites vous votre idée, mais personnellement, je me suis emmerdé.
    Dommage parce que j adore Fincher mais là, j ai l impression qu il a voulu faire un film tres grand public (comparé à Fight club, alien ou the game) mais en général, quand on veut contenter tout le monde, on ne contente personne.

    J attends tout de meme le prochain Fincher avec impatience (ca reste un grand réalisateur)

  • Unveil
    Unveil
    (étudiante à Paris)
    • Posté à 01h01 le 06/02/2009
    • Internaute 34605
      (étudiante à Paris)

    Le plus étrange du film, étant donné que la fin du film se déroule tout de même à une époque moderne, est que tout le monde accepte très bien la particularité de Benjamin et que pas un n’essaie de le vendre discretos à un labo pharmaceutique afin qu’il soit tristement disséqué, ce qui serait assez réaliste au fond.
    Bref, un beau film-fable.

    • TARPON
      TARPON répond à Unveil
      • Posté à 01h24 le 06/02/2009
      • Internaute 27263

      Qui tout le monde ? a part Daisy ,qui de ceux qu’il a cotoyé connait sa veritable histoire ? Elle est la seule ,avec sa mere adoptive et son pere pour une partie,qui l’acompagnera toute une vie durant.Les autres disparaissent de sa vie avant de voir ses metamorphoses.Le beau clin d’oeil de l’anglaise qui ne pouvant etre la plus jeune femme à traverser la manche sera finalement la plus vieille à le faire.

    • Tofraziel
      Tofraziel répond à Unveil
      Orwellien
      • Posté à 09h51 le 06/02/2009
      • Internaute 42678
        Orwellien

      C’est un conte avant tout... ; -)

  • ysengrimus
    • Posté à 02h27 le 06/02/2009
    • Internaute 12674

    Un fait fort bizarre est mentionné plus haut sur ce film. On le rapproche intempestivement de FORREST GUMP. Or, j’ai vu les deux films. Absolument aucune ressemblance. La dimension de métaphore de l’Amérique de Forrest Gump ne tiens pas avec Benjamin Button. Ce dernier, trop long, ressemble par moment à un freak show (Pitt en vieux nain au début et en ado à la fin, cela fait vraiment bizarre). Il y a de bon moments, une atmosphère par bouffées, qui doivent énormément à la prestation des actrices (la principale et les actrices de soutien). Mention honorable,.. mais s’ils donnent des Oscars à cela, ils poussent un peu le copinage, je trouve.. Et alors en l’identifiant à FORREST GUMP, autant dire que cela se ressemble parce que les protagonistes ont un papa, une maman, mangent par la gueule et chient par le c... Quelques différences cruciales (en essayant de ne pas vendre de secrets).

    - Gump fils naturel d’une blanche, Button, fils adoptif d’une noire. Gump mère naturelle et monoparentale. Button mère adoptive mariée. Les antipodes.

    - Gump, pas doué, va à l’école parce que sa mère couche avec le principal pour le faire accepter. Button, je ne le vois pas passer une minute à l’école.

    - Gump vit seul avec sa maman. Button avec la foule variable d’un hospice pour vieillards.

    - Gump co-proprio de son crevettier. Button employé sur un remorqueur (sur lequel il fera la guerre alors que Gump est fantassin).

    - Gump préserve des amitiés déterminantes du temps du service. Button aucune.

    - Gump s’enrichit graduellement sur son crevettier grâce a une tempête qui l’épargne puis à des fonds placés dans Apple par son sergent amputé des jambes. Button touche sur le tard l’héritage d’une usine de boutons du père qui l’avait abandonné et le retrouve. L’enrichissement de Gump se construit, se travaille, bénéficie de conjonctures, de la chance, de l’amitié, du surf sur les vagues historiques. Gump devient le self made man qui a joué d’équipe et gagné. Button touche nunuchement un héritage par pur hasard et devient rentier comme dans les romans de Balzac. Les antipodes.

    - Gump rencontre des personnages historiques à la pelle et les influence (Elvis, Kennedy, il fait partie de l’équipe de ping pong qui monte en Chine avec Nixon, etc). Button ne cotoie que des inconnus. Gump INFLUENCE les grands hommes de l’Amérique. Ses mouvements d’infirme dans ses appareils de marche inspirent le déhanché d’Elvis… etc. Cette thématique du Gump anonyme fabriquant les grands hommes de son temps sans s’en rendre compte est centrale dans Forest Gump. Rien de cela dans Button.

    - La copine de Gump est une fausse artiste, la copine de Button une vraie (je n’en dis pas plus pour ne pas trahir de secrets).

    - Gump a un enfant qu’il finit par rencontrer. Button est sans enfant.

    - Button a une grosse idylle parallèle passionnée avec une femme mariée. Cette idylle passionnée et passionnante, distante et intense, avec cette épouse d’ambassadeur britannique alors qu’il n’est qu’un petit marin est de loin un des meilleurs moment du film. Rien dans ce genre chez Gump. Gump a une idylle avec son tracteur-tondeuse.

    - Gump ne meurt pas. Button… vous verrez bien.

    - Et ce qui arrive à la ballerine à Paris (strictement entre nous). Pas d’équivalent chez Gump.

    Si toutes les histoire se déroulant sur une longue période de temps, impliquant l’amour, la mort, une séparation, une guerre, un coup d’argent, une grande maison et un navire se ressemblent, alors là, Lelouch, Coppola et bien d’autres n’ont fait qu’un seul film…

    En termes de préférence maintenant, je juge que Gump plante Button à plate couture. Le premier est une réflexion allégorique sur l’improbabilité du rêve américain. Le second est un freak show inane qui cherche à déclencher des émotions en utilisant trop souvent des procédures de cirque et de vaudeville. Parler de ressemblance, c’est injurier Gump de par Button. Madame Blanchett et les autres actrices font flotter au mieux un gros bateau poussif (encore un bateau - haro, je suis un plagiaire) à la ligne de flottaison fort basse.

    Paul Laurendeau

    • Tofraziel
      Tofraziel répond à ysengrimus
      Orwellien
      • Posté à 09h55 le 06/02/2009
      • Internaute 42678
        Orwellien

      D’accord, sauf sur un truc Paul :

      SPOILER

      Button a un enfant, et c’est primordial

      FIN DU SPOILER

  • alfie2
    alfie2
    bonne
    • Posté à 19h02 le 06/02/2009
    • Internaute 68969
      bonne

    C’est vrai, il y a des bandes-annonces où tout est dit, tout est montré. Pour les « Ch’tis », la bande-annonce donne les quatre gags un peu drôles. Ça suffit amplement. Quant au scénario d’un film, ce n’est pas seulement l’histoire et son final qui compte, c’est la manière dont il est écrit, traité et réalisé. Il y a des histoires connues du monde entier. Si l’on va voir un film sur Jeanne d’Arc, non seulement on sait que ça finit mal mais aussi comment ça finit. N’allez pas voir « Titanic » si vous rêvez qu’il s’échouera sur une plage des Bermudes. Pour Benjamin Button, il y a les effets visuels époustouflants de précision, de virtuosité et d’une vraie élégance, puisqu’on ne les voit pas. Et puis, il y a l’histoire et les histoires à l’intérieur. Impossible à résumer dans une bande-annonce. Le scénario, est parfaitement huilé, solide. L’histoire et les histoires coulent parfaitement. Les acteurs sont tous remarquables. Le réalisateur est l’un des grands réalisateurs actuels, ne serait-ce que pour « Seven ». Mais il y a surtout la plus forte démonstration que j’ai jamais vue sur l’impitoyable du vieillissement. Justement parce que c’est montré à rebours. Cette sensation est d’autant plus pressente que la spectatrice est « vieille » le spectateur « vieux », pas « aîné(e) », pas troisième ou quatrième âge, « vieux ». La perception est d’autant plus forte que justement, l’on approche de la fin du parcours. Rien de tragique, rien de terrorisant. Non, on approche seulement, irrémédiablement de la fin. Avec le film remarquable sur tous les points, le plus terriblement révélateur du temps qui passe, vite, très, trop, vite, c’est le bébé qui meurt. J’ai soixante-dix ans, dans ma tête j’en ai vingt.

  • Julos
    Julos
    ex E.N
    • Posté à 19h48 le 06/02/2009
    • Internaute 38577
      ex E.N

    Avant de voir le film, j’avais le pressentiment que ça pouvait être grand, au bout de 15 secondes de film, je savais que ça allait être fort. Après 2h40, j’étais tout simplement bouleversé comme je l’ai rarement été au cinéma. Bouleversé par la quasi perfection avec laquelle Fincher s’est emparé de la fable philosophique de Fitzgerald, bouleversé par ce que dit ce film sur la vie, la mort, le Temps qui passe...

    Les films à venir vont avoir du mal à me combler à ce point avant longtemps.

    PS : à ceux qui se sont ennuyés, à ceux qui trouvent surtout passionnant de jouer au jeu des ressemblances, je voudrais dire que je les plains d’être ainsi passé à côté d’un tel film. Mais avec ce temps qui, en passant, nous en apprend tous les jours sur la vie, peut-être le reverront-ils un jour, avec un autre oeil. Tout est possible ! Rien ne dure.

  • mirloti
    mirloti
    Terrienne
    • Posté à 22h13 le 06/02/2009
    • Internaute 68995
      Terrienne

    Et bien je me suis ennuyée pendant 2h40, c’est long, très très long et je n’ai pas vu l’intérêt de certains personnages et scènes (tout ce qui passe au temps présent « Katrina » + les scènes de la fin « on les fait parce qu’il faut le faire, on doit suivre le principe du film »).

  • mathieu tuffreau
    mathieu tuffreau
    (cinéaste)
    • Posté à 08h33 le 07/02/2009
    • Internaute 66304
      (cinéaste)

    L’étrange histoire de Benjamin Button est moins une invitation à la recherche du temps perdu, comme pourrait le laisser penser au premier abord cette histoire d’homme né dans un corps de vieillard, et qui retourne progressivement en enfance, qu’à la mesure du temps. Ce héros blanc adopté par une Mère courage noire en 1918 traverse l’histoire d’une Amérique unie et pacifiée, comme Tom Hanks dans un autre scénario d’Eric Roth, Forrest Gump. Mais là où le héros de Zemeckis participait involontairement à tous les grands moments de l’histoire de son pays, Benjamin Button admet plus modestement n’être que de passage sur terre.

    L’esthétique globale du film de David Fincher (Seven, Zodiac) semble très inspirée du cinéma de Caro et Jeunet de Delicatessen et La cité des enfants perdus, avec son image sépia et ses monstres plus humains que les hommes. Brad Pitt et le département des effets spéciaux ont fait beaucoup d’efforts pour crédibiliser ce monstre hors du commun, inspiré d’une nouvelle de Francis Scott Fitzgerald, qui découvre progressivement l’importance de chaque instant : la perte d’un être cher, l’aube du jour, une étreinte, l’intimité d’un souvenir commun, etc. Il fallait aussi tout le talent de Cate Blanchett pour illuminer cette histoire triste de deux amoureux qui passent leur vie à se manquer.

    Au-delà de la morale hollywoodienne un peu banale (qui pourrait se résumer en « deviens ce que tu es »), se cache une idée plus secrète, plus intime, lorsque Cate Blanchett âgée porte dans ses bras ce jeune homme qu’elle a tant aimé, L’étrange histoire de Benjamin Button semble nous dire que le seul désir d’éternité susceptible d’être assouvi est celui par lequel nous accompagnons quelque temps les proches qui nous survivront.

  • Mahee
    Mahee
    Etudiante
    • Posté à 22h33 le 07/02/2009
    • Internaute 58122
      Etudiante

    L’Etrange histoire de Benjamin Button traite ainsi du bonheur de vivre et d’aimer, de la douleur de perdre des êtres chers et du temps qui passe. D’une manière à la fois fine et dure, cruelle. Un film réellement bouleversant.

    Au-delà de sa portée philosophique, le film est une performance technologique. Tout est magnifiquement réalisé, de la mise en scène aux effets spéciaux en passant par la somptueuse photographie et le montage. Le réalisateur s’essaie même à quelques exercices de style, comme ces scènes de l’homme qui a été touché par la foudre à sept reprises, du système de narration de l’accident de Daisy à Paris ou encore des plans fugaces de Brad Pitt à l’apogée de sa beauté - sur une moto les cheveux au vent ou bien allongé sur la coque d’un bateau sur une mer d’un bleu envoûtant.

    L’interprétation des acteurs est excellente. Cate Blanchett et Brad Pitt : deux rôles parfaitement composés. La nomination de Brad Pitt pour l’Oscar du meilleur acteur est largement méritée. Autre nomination d’interprétation, celle de Taraji P. Henson dans le rôle de la mère adoptive, jeu qui s’avère aussi extrêmement juste et délicat. Enfin, on retrouve avec plaisir Julia Ormond (Surveillance) et Tilda Swinton (récemment vue dans Burn after reading).

  • Putt Bill
    • Posté à 12h23 le 08/02/2009
    • Internaute 30603

    Benjamin Dutton n’est pas sans nous rappeler cet illustre comédien français : Nicolas Sarkozy ! ! !

    ... Il rapetisse tellement qu’on finira bien par ne plus le voir...
    Pas assez vite à mon goût !

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 18h42 le 08/02/2009
    • Internaute 54353
      quidam

    « L’Etrange Histoire de Benjamin Button » appartient à un genre hollywoodien assez fécond : la romance fantastique ou comment un amour pur est empêché par diverses causes surnaturelles. L’aventure de Madame Muir en est certainement le chef-d’œuvre (elle est vivante, c’est un fantôme) mais on peut aussi citer le réputé quoique assez mièvre Peter Ibbetson (reclus dans une geôle, il rejoint chaque nuit sa bien-aimée en rêve) et le méconnu Quelque Part dans le Temps (une rencontre amoureuse en pleine faille spatio-temporelle). Face à ces précédents assez classiques et de valeurs diverses, le pitch inédit du nouveau David Fincher est emprunté à une nouvelle potache de Fitzgerald dont - et ce n’est pas un mal – à peu près rien n’est conservé hormis l’argument. Vieux gandin redevenu jeune, le Button fitzgeraldien vivait sa vie inversée sans interrogation aucune. Ce n’est point le cas du Button développé par le scénariste Eric Roth - d’aspect débonnaire, on le sent pourtant traversé par d’âpres tourments existentiels. Il est tout à l’honneur de Fincher d’avoir traité sur le mode sérieux cette histoire extrêmement prometteuse. On a toutefois plusieurs réserves sur le produit fini.
    LEHDBB est un film estimable et parfois touchant mais malheureusement engoncé dans la forme classique que lui a fait endosser Fincher comme si l’originalité du sujet ne pouvait être digérée qu’au sein de l’imagerie hollywoodienne la plus rebattue. Il y a là une forme d’affadissement, l’angoisse à l’œuvre dans l’histoire étant contrebalancée, voire « rachetée », par un traitement douceâtre. Button, figure pourtant ultime de la différence, ne croise que des personnages également bien disposés à son égard. On me dira que c’est une fable et que le réalisme psychologique ou social n’a rien à y faire. Mettons…Progressant sans conflit aucun, le film aurait tout de même gagné à être raccourci. Rien ne justifie sa longueur pompeuse, à part le statut d’auteur convoité par Fincher qui lui a fait artificiellement gonfler ses deux derniers scripts (cf le pénible Zodiac). Benjamin Button, ce long fleuve tranquille qui vise un peu trop au grand œuvre est par ailleurs curieusement impersonnel - citant Burton, Zemeckis et Jeunet, Fincher s’oublie lui-même si tant est que sa curieuse carrière lui ait permis de développer un style réduit ici à quelques séquences vivaces et pas forcément réussies tranchant d’autant sur le ronron. On cite les deux pires pour être insultant : l’idylle âge-synchrone sur fond de chromos à la Love Story et l’affreux passage des « hasards parisiens », dix minutes dont rêverait toute poubelle de montage. Comme on le voit, tout est loin d’emporter l’adhésion - j’ai oublié l’astuce structurelle moisie du récit sur lit d’agonie - mais foin des bastons passées et des savonnettes roses, Fincher a pour ce film des désirs d’adulte qu’il a quelque mal à gérer. Le fond de sa mise en scène reste les effets spéciaux qui pour impressionnants qu’ils soient ne remplacent pas un vrai regard de cinéaste.
    De ce point de vue, le film surprend sans convaincre entièrement. Si les transformations de Brad Pitt soutiennent l’attention du spectateur, elles le détournent aussi d’un récit linéaire et simplifié. Bizarrement, le vieillissement de synthèse renvoie aux origines archaïques du cinéma qui fut d’abord un divertissement forain pour basses classes friandes de sidération. On guette donc chacune des incarnations trafiquées de Pitt comme s’il était la femme à barbe. S’il peut jouer comme argument de vente (du jamais vu, Msieurs Dames !), le numérique appliqué aux acteurs en restreint le jeu. Brad en Button, c’est surtout des yeux et une voix. Il est toutefois paradoxal que Pitt n’est jamais meilleur en BB que sous une seconde peau numérique ou de latex - et particulièrement dans la partie russe. La raison est peut-être à chercher du côté de l’actrice qui lui donne la réplique - la magnifique Tilda Swinton rousse comme une Deborah Kerr nerveuse le hausse à son niveau de jeu, là où la parfois minaudante Cate Blanchett plonge leur couple dans la fade romance clippée. D’une seule réplique : « Vous n’avez pas connu beaucoup de femmes », Swinton obtient de Pitt grimé en homme mûr un regard d’adolescent muet de désir et de terreur - peut-être ce que le film a de plus beau à offrir. On n’oubliera pas non plus la séquence très réussie autour du sous-marin et le retour dans la pénombre d’un Button rajeuni donnant enfin un sens à la sous-exposition générale. Au final, si Fincher se repose un peu trop sur la force de son sujet, les quelques îlots de cinéma trouvés ici et là donnent plutôt envie de conseiller LEHDBB - après le Bal des Actrices, ça ne peut pas faire de mal...

  • simon13
    simon13
    libre
    • Posté à 22h41 le 08/02/2009
    • Internaute 61196
      libre

    un manque flagrant de créativité malgré l’évidence de talents... ! ! ! décevant, un cinéma du passé qui ne fait plus rêver personne.