Tribune 30/08/2007 à 17h34

Un vice-procureur convoqué par Dati : pourquoi c'est inquiétant

Michel Huyette | Magistrat

Les médias se sont fait l’écho d’un événement inhabituel et de nature à inquiéter bien au-delà du seul cercle des magistrats. De quoi s’agit-il ? Au tribunal de grande instance de Nancy, à une audience correctionnelle, une personne est poursuivie pour une infraction commise en récidive (on est légalement en état de récidive quand on commet un délit après avoir déjà été sanctionné pour un précédent délit). Comme la nouvelle infraction a été commise après l’entrée en vigueur de la loi dite sur les « peines-planchers » (mi-août), les nouvelles dispositions peuvent être appliquées à ce prévenu. Cette loi établit qu’en cas de récidive, la peine plancher est d’un an si la sanction maximale de la peine est de trois ans de prison, de deux si la sanction maximale est de cinq ans, de trois ans pour sept ans et de quatre ans pour dix ans.

Le principe le plus fondamental de notre droit pénal

Mais comme dans toute situation, il y a les faits bruts mais aussi la personnalité de l’auteur de l’infraction, la loi permet de prononcer une peine inférieure à la peine plancher « en considération des circonstances de l’infraction, de la personnalité de l’auteur ou des garanties d’insertion ou de réinsertion » qu’il présente.

C’est le principe le plus fondamental de notre droit pénal : celui de l’individualisation de la sanction, même à l’intérieur d’une gradation des peines encourues en principe. Il doit donc y avoir à l’audience un débat approfondi tant sur les faits que sur la personnalité du prévenu.

A Nancy, un vice-procureur, Philippe Nativel, a dans une affaire particulière, indiqué qu’il ne demandait pas au tribunal de prononcer la peine plancher, mais une peine inférieure, et il a développé son argumentation. Mais voilà que dans un journal local, l’Est Républicain, il a été écrit qu’il avait déclaré :

« Je ne requerrai pas cette peine plancher de quatre ans, car les magistrats ne sont pas les instruments du pouvoir. Ce n’est pas parce qu’un texte sort qu’il doit être appliqué sans discernement ».

Le vice-procureur a démenti avoir tenu ces propos, ce qui a été confirmé par les personnes présentes dans la salle.

Le Ministère de la justice, apparemment à la seule lecture de ce journal et sans demander l’avis des personnes impliquées ou présentes dans la salle d’audience ni des autorités judiciaires locales, a tout de suite convoqué ce magistrat à Paris.

C’est inhabituel, car quand il est envisagé qu’un magistrat ait commis une faute, ce qui s’est produit dans d’autres situations et se produira encore, il lui est d’abord demandé de s’expliquer devant sa hiérarchie locale, qui procède à une enquête. Si elle l’estime utile, elle saisit ensuite les échelons supérieurs, jusqu’au ministère si les fautes commises sont graves... Insistons sur le fait que les pouvoirs des magistrats sont tels que toute faute délibérée et inexcusable doit être fermement sanctionnée de quelque façon que ce soit.

« La plume est serve mais la parole est libre »

Mais surtout, ce qui est préoccupant, c’est que ce magistrat semble avoir uniquement utilisé les prérogatives que lui donne… la loi. Il existe en effet dans le code de procédure pénale un article 33 très important :

« Il [le magistrat du Parquet]est tenu de prendre des réquisitions écrites conformes aux instructions qui lui sont données (…). Il développe librement les observations orales qu’il croit convenables au bien de la justice. »

Hiérarchiquement subordonné au ministère de la justice le procureur doit certes appliquer les instructions qu’il reçoit ; mais dans toute affaire particulière, en tant que magistrat, il a le droit de s’exprimer de la façon qu’il estime la plus appropriée et la plus juste.

Chacun doit comprendre qu’il s’agit là non pas d’une protection du procureur, mais d’une protection essentielle des citoyens et notamment des prévenus. Ce que dit la loi, c’est qu’au moment de requérir une peine, un procureur ne doit faire que ce que sa conscience lui dicte, et non se contenter d’appliquer mécaniquement une instruction si elle lui paraît inappropriée.

A Nancy, non seulement le vice-procureur n’est pas allé à l’encontre d’une quelconque instruction de son procureur, mais, en invitant le tribunal à prononcer une peine inférieure à la peine plancher théoriquement applicable, il n’a –de nouveau- fait qu’appliquer… la loi voulue par le gouvernement et votée par le Parlement. Au demeurant, le tribunal correctionnel a été de son avis et aurait même prononcé une peine inférieure au fameux plancher.

Alors pourquoi une telle agitation au ministère en présence d’une situation locale tout à fait ordinaire ? C’est bien cela qui inquiète les magistrats (les syndicats puis la conférence nationale des procureurs ont fait part dans des communiqués successifs de leur très grande inquiétude).

La tentation d’une justice docile

On ne peut s’empêcher de rapprocher cet événement des propos de la ministre de la justice qui, très récemment, énumérait les premiers tribunaux ayant condamné des prévenus aux peines-planchers. Serait-ce interdit de faire autrement et d’appliquer la nouvelle loi dans toutes ses dispositions, même les moins répressives ? Dès lors, sauf si une autre justification nous est proposée dans les heures ou les jours qui viennent, une seule explication vient à l’esprit, tellement inquiétante que l’on hésite à l’écrire : tout écart vis-à-vis de la doctrine gouvernementale apparaîtrait-il à nos dirigeants comme insupportable, et l’existence d’une justice qui n’exécute pas mécaniquement les volontés du pouvoir serait-elle considérée comme une ennemie qu’il faut faire rentrer dans le rang, y compris par la menace ou l’intimidation ? Va-t-on revenir un demi-siècle en arrière ?

Le Ministère de la justice va-t-il demain convoquer les juges (les juges du siège, ceux qui prononcent les peines après les réquisitions du procureur et l’audition de la défense), pourtant constitutionnellement indépendants, s’ils ne jugent pas comme il faut et osent adapter leurs décisions en fonction des dossiers qui leur sont soumis en prenant leur distance avec les souhaits ou les humeurs des gouvernants ? Essayons de nous convaincre aujourd’hui qu’il ne s’agit que d’un mauvais rêve, et qu’il n’est pas prévu tout de suite de nous faire revenir un demi-siècle en arrière, au temps où l’indépendance de la justice n’était pour le pouvoir qu’une expression détestable.


A lire :
Les magistrats ne décolèrent pas
Interview de Christophe Regnard, secrétaire national de l’USM.

  • 14602 visites
  • 172 réactions
Vous devez être connecté pour commenter : or inscrivez-vous
  • machinchose
    • Posté à 17h48 le 30/08/2007
    • Internaute 8651

    le plus inquiètant c’est que de la part de Sarko et de ses amis ce n’est pas une surprise (on le sait depuis longtemps comme il regarde la justice), le plus inquiétant c’est que tout le monde s’en fout.

    • Anonyme répond à machinchose

      Déja le fait qu’il existe un ministre de la Justice prouve que le gouvernement a autorité sur les juges.
      Les juges devraient être indépendants du pouvoir.

      • Anonyme

        Viva El Presidente !
        Viva Nicolas Zantafio !

        z’ador Zantafio matin midi et soir !

         
        • Anonyme

          Messieur,

          Je ne trouve pas rigolo que Rue89 ne fasse plus d’article sur le PS : o( Par exemple je trouve qu’ils auraient aussi pu parler de Sarkozy qui vient de se venter que c’est le meilleur DRH que le PS après son débauchage massif sur le PS (Attali, Besson, Boké, Lang, DSK, Rocard, Allégre…).
          S’il n’existe pas d’oposition, il y aura personne à mettre devant Datti !

          Lien

        1 autres commentaires
      • Anonyme

        Constitutionnellement ils le sont. C’est pourquoi cette convocation est abusive. Un juge ne reçoit pas d’ordres, mais il subit des pressions. Certains juges célèbres ont dû vivre sous protection pendant des années parce qu’ils avaient voulu mener jusqu’au bout des enquêtes impliquant la haute sphère politique.

         
        • Anonyme

          Faux et archi faux.

          explications.

          Il y a en France deux types de magistrats.
          1/Les magistrats du siège qui comme leur nom l’indique forment la magistrature assise. Ce sont les présidents les assesseurs ceux là sont indépendants.
          2/Les magistrats du parquet (avocats généraux, procureurs, substituts )qui comme leur nom ne l’indique pas forment la magistrature debout. Ceux la ne sont pas entièrement indépendants. Dans leur réquisitions écrites ils sont soumis à leur hiérarchie donc au ministre de la justice. Cependant en vertu du principe que la plume est serve et que la parole est libre, ces mêmes magistrats peuvent dire librement ce qu’ils veulent pendant le procès.
          EX : je vous demande par écrit 4 ans de prison ferme pour monsieur Machin mais si vous le voulez vous pouvez lui donner moins j’y vois pas d’inconvénient.

          Conclusion
          Qu’un procureur soit convoqué au ministère n’est pas en soi une atteinte aux libertés du dit procureur puisqu’il n’a pas de liberté.

          Ce qui devrait choquer les citoyens c’est bien le fait qu’un magistrat puisse pendant sa carrière passer de la magistrature assise à la magistrature debout. Il y a confusion et c’est mauvais.

          D’autre part les procureurs on une liberté qui me semble pour le moins contestable et qui se nomme l’opportunité des poursuites.

          • Anonyme

            Il est exact qu’en France, il y a deux types de magistrats : les magsitrats debout et les magistrats couchés. Mais, Sarko, à force de leur donner des coups de pied au cul, même les magistrats cuochés commencent à se relever. Allons, la France n’est pas encore tout à fait mûre pour la diactature.

          • Anonyme

            Ce qui est inquiétant, c’est le caractère inédit d’une telle convocation. Et plus encore le fait que l’entrevue se soit apparemment mal passée. Du fait de qui ?

            Thomas GREDAT

            • Anonyme

              C’est peut-être par le passé que ce genre de convocation aurait du être pratiqué plus souvent. Aujourd’hui nous sommes étonnés de ce qui est normal. Quand un procureur refuse d’appliquer la loi pour telle ou telle raison c’est cela qui devient réellement inquiétant.

              • Anonyme

                Vous avez entièrement raison, et le jour où le Parlement votera la loi martiale, ce vice-procureur n’aura qu’à l’appliquer !
                Inédit ne veut pas dire anormal, d’accord. Convoquer un magistrat pour des propos qu’il se défend d’avoir tenus, est-ce normal ? D’autant que, comme le rappelait l’article de Michel Huyette, il avait le droit de porter une appréciation, et d’appliquer l’esprit de la loi, et non la lettre. Ne s’est-on pas, une fois de plus, précipité avant d’examiner les faits ? Car le problème est là : ce magistrat a été convoqué sur le témoignage d’un journaliste, démenti par les autres témoins. Autant dire un témoignage sujet à caution. Bref, on se hâte de semoncer un homme qui dément avoir tenu des propos autorisés par la loi !
                Ca me rappelle ces panneaux que l’on voit, dans les Lucky Luke, à l’entrée des villes de cow-boys : « On pend d’abord, on pose des questions après ».
                John Wayne Président ?

                Thomas GREDAT

                • Anonyme

                  la loi martiale est prévue par la constitution article 16. Que je sache aucun parti politique quand il le pouvait n’a supprimé cet article. L’article en question n’a été utilisé que lors du putsch d’Alger. Si cette circonstance vous semble futile et ne pas justifier la loi martiale libre à vous. Les procureurs sont des hommes libres, ils peuvent toujours démissionner. La loi en France est votée par le Parlement librement élu par un peuple libre. C’est une réalité qu’il faut hélas rappeler à certains de nos concitoyens qui n’admettent toujours le système démocratique surtout quand celui-ci leur est défavorable.

                  • Anonyme

                    « Si cette circonstance vous semble futile » : vous me rappelez Sarkozy quand il demande « Est-ce que vous trouvez ça normal ? » Bonne idée d’aller chercher le putsch d’Alger, seulement ce n’est pas le propos.
                    « Les procureurs sont des hommes libres, ils peuvent toujours démissionner. » Si je vous suis bien, ça veut dire : « S’ils ne sont pas contents, ils n’ont qu’à se barrer. » Se démettre est une liberté, certes. Mais exprimer son désaccord également. Vous accordez généreusement la première aux magistrats, mais pas la seconde. J’ai bien envie de vous demander qui vous êtes pour dire à des magistrats ce qu’ils doivent faire. Etes-vous magistrat vous-même, auquel cas je vous fais mes plus plates excuses ? Ou êtes-vous un de ces citoyens abusés par la rhétorique sarkozyenne, qui flatte le ressentiment d’une partie de la population à l’égard de la justice, pas toujours à la hauteur de sa fonction il est vrai.
                    « Le Parlement librement élu par un peuple libre ». Parce que vous croyez encore que le Parlement se soucie du peuple, vous ? Et où voyez-vous que le peuple est libre ? Il ne l’est plus. On ne peut plus critiquer les décisions du Guide sans être accusé de le haïr ou de soutenir ceux qu’il désigne à la vindicte populaire. Vous avez fait le choix le plus confortable : celui de hurler avec les loups.

                    Thomas GREDAT

    • Anonyme répond à machinchose

      Le plus inquiètant cher machinchose, c’est que personne en écoutant pendant des semaines les vitupérations du candidat avant les élections n’ait entendu en fond sonore résonner certains discours de 1930/39... il est vrai qu’ils étaient prononcés en allemand... mais « les français ont la mémoire courte » (une des rares phrases hélas trop vraies ! prononcées par Pétain... Je n’arrive toujours pas à comprendre comment tant de + de 60 ans ont ainsi perdu la mémoire et voté Sarko. Suzb.

      • Anonyme

        Encore ! !
        Comparez l’Allemagne nazie avec la France d’aujourd’hui est non seulement stupide mais est aussi insultant pour le peuple français dans son ensemble.
        Votre dialectique n’est que le décalque des procédés gauchistes et staliniens qui ne valaient pas mieux que les nazis.

        Quant à la mémoire des + de 60 ans laissez la tranquille et faites fonctionner votre cerveau.

         
        • janis06
          janis06
          from Nice
          • Posté à 18h19 le 31/08/2007
          • Internaute 11322
            from Nice

          Calmez vous la comparaison ne concerne que sarko et pas la France. Il a tout d’un dictateur que vous le vouliez ou non !

          • Anonyme répond à janis06

            Il y a un différence entre Sarkozy que je n’aime pas mais pas du tout et Hitler, Staline, Pinochet, Vidélla, Castro et compagnie.

            • Anonyme

              Bien sûr qu’il y a de la différence ! Les contextes historiques ne sont pas les mêmes. Mais qu’aurait fait un type comme l’président de l’arépublique dans les années 1930 ? Vous n’en savez rien ? Moi non plus. Mais son style 1930 est frappant - à ceci près, qui inverse la vapeur, c’est que ce type aura pour Youppins et pour Boches des types contemporains comme les assistés, les multi-récidivistes et les racailles.

              Quant à ce qu’il est capable de faire, on l’a vu lors d’une flambée sans lendemain il y a quelques mois, ce n’est pas encore l’incendie du Reichstag, mais demain ? Et qu’est-ce qui se passe après ?

              Le propos de Janis était un moins crâne que le truisme inepte que vous rappelez « et compagnie ».

            • Anonyme

              Le propos de Janis était un peu moins crâne que le truisme inepte que vous rappelez « et compagnie ».

        • Anonyme

          Cher Monsieur,

          Vous défendez en grands chevaux la mémoire des + de 60 ans, et lorsque vous intimez à votre interlocuteur de faire fonctionner son cerveau, j’ai plaisir à vous rappeler qu’en dehors du caporalisme, le style impératif catégorique ne vaut que pour soi, bobonne ou les esclaves.

          Suzb a manifesté mis le doigt sur un point sensible, mais vous préférez les grands chevaux à la lecture. Car où, s’il vous plaît, avez-vous lu que votre interlocuteur avait « comparé » l’Allemagne nazie avec la France d’aujourd’hui ? C’est vous qui le dites, c’est donc que vous l’aviez au moins imaginé « de votre propre chef » si j’ose dire. Car je ne vois pas l’ombre d’un seul indice de ce que vous dites dans le texte précédent.
          Ce qui s’appelle, en fait de grands chevaux, prendre le mors aux dents. Pourquoi ?

          Quant à la dialectique, pensez-vous à la Diamat soviétique ? Il n’y a pas un brin de dialectique dans le passage incriminé. Mais il y a bien des procès d’intention dans votre prose, - et aucune assiette !

          « Les vitupérations du candidat avant les élections » ont bel et bien étaient entendues par des millions de Français (et d’étrangers), mais seuls ceux qui avaient un reste d’histoire - pour ne pas parler de mémoire - ont en effet entendu en fond sonore résonner certains discours de 1930/39 (atmosphère célinienne au possible d’un pays aigri par la mouise).

          • Anonyme

            à ce commentateur qui voit l’oeil de Moscou dans les propos comparant le discours de notre bon père du peuple avant son élection et quelques relans des années 30, je ne veux donner que des faits pour qu’il puisse essayer de comprendre le sens de cette assertion originelle.

            Monsieur Sarkozy n’est il pas né en 1955 et donc n’a t il pas reçu une éducation dans laquelle le poids de la guerre de 39-45 était fort prégnant ?

            étant né en 1955 et ayant reçu, de fait, le même type d’éducation j’affirme que OUI.
            Un enfant de 1955 ne peut ignorer la signification de la devise inscrite au fronton des camps d’extermination.

            Et de là, lorsque ce même enfant, 52 ans après sa naissance, débute un meeting national de son parti politique par la phrase : LE TRAVAIL C’EST LA LIBERTé, il ne peut être exonéré de la vraie complicité qu’il y a entre ces deux devises, ces deux époques, ces deux politiques.

            Puisse l’avenir me donner tort !
            c’est mal parti !

            • Anonyme

              Cher Monsieur,

              Je ne sais pas si vous me visiez, ou plutôt si vous visiez la réplique donnée précédemment, - à propos de la différence entre « l’Allemagne nazie avec la France d’aujourd’hui ».
              Car différence, il y a. Le nier serait fou. Je ne pousserai pas la folie jusque là.

              Mais sur le fond, je suis d’accord : la « valeur travail », comme on dit dans les milieux néo-classiques et depuis Adam Smith, est une vexata quaestio. Car, chacun le sait, le travail fourni (en termes caloriques, ou horaires) n’a rien à voir avec la valeur d’un compte en banque - contrairement au slogan que voudrait nous faire avaler un bougre comme l’président.
              Si le cri de Guizot est « enrichissez-vous », dans la conjoncture actuelle, ce cri signifie ni plus ni moins que : spéculez, boursicotez, jouez au loto ou faites travailler les autres en faisant croire que vos capitaux, votre patrimoine, vos diplômes, votre poste ou vos statuts sont du « travail accumulé » - mais ne travaillez surtout pas ! Faites croire que vous travaillez plus de 35 heures par semaine à ce régime-là, et alors vous aurez le cran de soutenir sans ciller : « travailler plus vous rendra riche. »

              Dans ce jeu-là, qui ne voit que les dés sont pipés ? Que ces propos sur la « valeur travail », c’est du pipeau. Il me semble qu’on passait aussi de la musique dans les camps de travaux forcés - avec pour fière devise : « le travail c’est la liberté ».
              Je vous l’avais dit : nous sommes d’accord sur le fond.

              Très bonne soirée.

          • Anonyme

            à ce commentateur qui voit l’oeil de Moscou dans les propos comparant le discours de notre bon père du peuple avant son élection et quelques relans des années 30, je ne veux donner que des faits pour qu’il puisse essayer de comprendre le sens de cette assertion originelle.

            Monsieur Sarkozy n’est il pas né en 1955 et donc n’a t il pas reçu une éducation dans laquelle le poids de la guerre de 39-45 était fort prégnant ?

            étant né en 1955 et ayant reçu, de fait, le même type d’éducation j’affirme que OUI.
            Un enfant de 1955 ne peut ignorer la signification de la devise inscrite au fronton des camps d’extermination.

            Et de là, lorsque ce même enfant, 52 ans après sa naissance, débute un meeting national de son parti politique par la phrase : LE TRAVAIL C’EST LA LIBERTé, il ne peut être exonéré de la vraie complicité qu’il y a entre ces deux devises, ces deux époques, ces deux politiques.

            Puisse l’avenir me donner tort !
            c’est mal parti !

        • mathieu-s
          • Posté à 14h32 le 02/09/2007
          • Internaute 11805

          Bien sûr l’analogie Hitler/Sarko est stupide...
          Et l’arithmétique du contributeur que vous prenz pour cible est pour le moins faible... Pour se souvenir aujourd’hui des discours allemands, et en allemand des années 30, ce n’est pas « plus de 60 ans » qu’il faut être. Disons que pour avoir 18 ans en 1930, il faut être né vers 1912. La remarque vise donc des personnes nées entre 1912 et 1922... Vous dialoguez avec quelqu’un qui est fâché contre des octogénaires et des nonagénaires...sous prétexte qu’ils ont des troubles de mémoire et parlaient mal l’allemand...
          Le moins qu’on puisse dire est que son propos était si élitaire qu’il en devenait absurde.
          Vous n’aviez donc pas besoin de lui reprocher de parler de « France nazie », ce qu’il n’a pas fait... mais simplement d’être un piètre historien et arithméticien ;

          Pour ce qui est de critiquer la volonté de mettre la justice aux ordres, selon les voltes et virevoltes de l’opinion publique, et de subordonner une politique pénale à des soucis politiciens, il n’est pas besoin de se reporter à l’Allemagne nazie... Bien des pays sont aujourd’hui de tristes exemples...
          Il est clair qu’il serait plus digne que la France n’adopte pas ce genre de voie.

          Peut-être Madame Dati est-elle simplement jeune, inexpérimentée et prématurément en responsabilité de la justice. Peut-être à la chancellerie des gens lui conseilleront-ils de s’intéresser plus aux réalités judiciares et pénales qu’au service de la côte de popularité du Président...

          Peut-être aussi un président aussi médiocre et démagogue a-t-il besoin d’un garde des sceaux aussi insignifiant...

          Là, il pourrait y avoir d’interessantes comparaisons histroiques à faire : quels présidents choisissent des exécutants à la justice, quels présidents choisissent des personnalités politiques fortes et capables d’avoir une vision et une politique.

          Le caporalisme de Madame Dati en dit surtout long sur celui qu’elle sert.

        • miss
          • Posté à 18h35 le 03/09/2007
          • Internaute 9525

          pan ! dans le lard !

        10 autres commentaires
      • Anonyme

        Sarkosy surfe sur la peur des plus de 60 ans qui vivent à la campagne. Ils ont peur que les citées de banlieux déboulent dans leur leeving-room pour faire le « ménage ».Moi je conseillerai aux jeunes des citées d’aller faire le « ménage » dans les ministères et autres lieux officiels où il y a plein de dorures sur les murs et les plafons et où l’ont paye avec nos impôts un ramassi de « ventres moux“qui se paient ‘royalement’ nos têtes car le pouvoire, de toutes façon est entre les mains des multi-nationales comme cela à toujour été.A ce jour je ne vois qu’un seul qui avait compris la méthode pour se débarasser de la modialisation : Gandhi.Dans les années 70,il y avait un slogant en Inde : ‘Be indien, buy indien !’
        J’ai 53 ans.et suis créateur d’une structure médico-sociale. Mes employés ont le droit à une part aux bénéfices en plus de leur salaire et un fond de solidarité va être crée pour ceux des personnes âgées aidées qui on des difficultées de paiement.

    • Anonyme répond à machinchose

      Le plus inquiètant c’est que bon nombre de juges se considèrent au-dessus des lois et appliquent une justice à l’image de leur idéologie.Il est en conséquence grand temps de les remettre dans le droit chemin. Tout comme les militaires, la justice ne doit pas être politisée...

      • Anonyme

        Il vous est déja arrivé de mettre les pieds dans un tribunal ? On dirait pas !

    • Anonyme répond à machinchose

      Objection votre honneur !
      Ce n’est pas tout le monde s’en fout mais plutot une grande majorité applaudit
      Pourquoi
      Marre de cette magistrature de m***e qui se croit sortie de la cuisse de Jupiter et veut faire ce qu’elle veut sans devoir rendre des comptes .
      Jules

      • Anonyme

        Exactement ! Mieux vaut un Président qui se croit sorti de la cuisse de Jupiter et veut faire ce qu’il veut sans devoir rendre des comptes !

        Thomas GREDAT

      • Anonyme

        merci . d’avoir le courage de ses opinions.
        la loi est faite pour tous .Pierre

    • Anonyme répond à machinchose

      non, non, les medias « à la botte » nous font croire que tout le monde s’en fout,...nuance...
      mais beaucoup de ceux qui ont peur se sentent aussi impuissants, submergés, c’est surtout ça le problème...

    • Anonyme répond à machinchose

      non, non, les medias « à la botte » nous font croire que tout le monde s’en fout,...nuance...
      mais beaucoup de ceux qui ont peur se sentent aussi impuissants, submergés, c’est surtout ça le problème...

  • Anonyme

    « .... état de récidive quand on commet un délit après avoir déjà été sanctionné pour un précédent délit » FAUX

    le droit français distingue deux types de comportements délinquants : la récidive dite « légale », et la réitération d’infractions pénales. La première s’entend d’une personne se rendant coupable au moins deux fois de suite d’un MEME crime ou délit. Et ce dans un délai de cinq ans. Un « réitérant », en revanche, est celui qui commet une infraction de nature différente de la première, après une condamnation définitive pour un crime ou un délit.

    • Anonyme

      purquoi avoir replié ce post qui donne une information exacte ?

      • leconcombrevert
        leconcombrevert
        La vraie vérité > : -))
        • Posté à 18h58 le 30/08/2007
        • Internaute 8843
          La vraie vérité > : -))

        ... mais non complete. Pour que il y ai recidive dans le sens stricte du terme legal il faut que le premier delit soit déja sanctioné par la justice avant la deuxième infraction soit commise.

  • Anonyme

    Ce n’est que le début.... On en a pris pour 5 ans

    • Sebly
      Sebly
      Intermittent de la recherche
      • Posté à 17h56 le 30/08/2007
      • Internaute 9810
        Intermittent de la recherche

      oui c’est de plus en plus clair. On commence à entrevoir ce qu’on n’osait imaginer au sujet de ces fameux termes « décomplexé » et « rupture ». Les brutes agissent désormais à visage découvert. On va voir ou ça va nous mener, mais très certainement pas à une ou des conclusions plaisantes.

    • Anonyme

      On ne va pas tous tenir 5 ans ! On nous promets une rentrée sociale chargée, foutons le paquet. La tête de Sarkozy pourrait nous redevenir sympathique... au bout d’un pieu !

    • Anonyme

      Ouais mais on pourra peut-être bien faire appel si ça déconne trop dans pas longtemps.

      La République, c’est pas un truc que l’on vend.
      Et on en fait ce qu’on veut, tranquilou.

      La République, elle a des bases, indépendantes du POUVOIR qui la gère.

      Le SERVICE MINIMUM POUR LA REPUBLIQUE BORDEL ! ! ! ! ! !

      Sarkozy va même finir par se foutre les chefs d’entreprise à dos. Et là, tout peut changer.

      A entendre ce qu’il a dit aujourd’hui à la maternelle d’été du MEDEF, Il souhaite un changement qu’il n’incarne même pas ! ! ! !

      Y a des « cerises sur le gâteau » tous les jours, c’est phénoménal !
      Et ça touche la politique exterieure, interieure, sociale, et même économique ! ! ! ! !

      Donc nous on a pris 5 ans, oui, mais PAS « La » « République ».

      Reste à réexpliquer ses fondamentaux au plus grand nombre... Au lieu de travailler plus pour gagner moins... comme des gros cons.

      Un chef d’entreprise « Républicain » qui bosse moins bien qu’avant, parce que tout part en vrille insidieusement dans ce pays.

    • Anonyme

      Si ca continue, on va finir par regretter Chichi.....et son immobilisme

  • Philippe Tixier
    Philippe Tixier
    Citoyen
    • Posté à 17h55 le 30/08/2007
    • Internaute 10848
      Citoyen

    L’indépendance est fragile ! La justice aussi !

    Par philippe tixier le jeudi 30 août 2007, 12 : 35 - politique

    L’indépendance est fragile !

    L’indépendance est fragile quand l’influence pointe son nez !

    Un magistrat ne demande pas le maximum de la peine pour un récidiviste, le voilà convoqué pour s’expliquer, au ministère de la justice !

    Un ministre de la justice qui avoue, à mots à peine couverts, que le président est son mentor, idôle, ..., qu’elle se sent un symbole pour la France, ..., qu’elle passe une partie de ses vacances avec son président hors de France !

    Un président qui n’arrête pas de parler, communiquer, sur ce qu’il conviendrait, qu’il conviendra de faire : Pour les récidivistes, les pédophiles, les fous, la racaille, ...

    Fragile est l’indépendance !

    Et un MEDEF qui n’arrive déjà pas à employer nos ainés de plus de 58 ans, qui demande, « ordonne », au gouvernement de porter, dans un premier temps, l’âge de la retraite à 61 ans !

    Et Guy Roux qui n’en peut plus, jette l’éponge, plus de fritte, plus assez, lessivé notre grand entraineur national, roi de l’épargne et de la pub, lui qui a eu une belle carrière, qui a été gaté par la vie, choisi son job, demande sa retraite à 68 ans, alors où est le scandale de partir à 60 ans quand on a bossé toute sa vie à l’usine, au bureau, ..., tout travail non choisi au demeurant !

    Décidément, le monde est complexe.
    Lien

  • Gillesdd
    • Posté à 18h06 le 30/08/2007
    • Internaute 5776

    Et comment appelle t’on une société ou l’ensemble de ses membres est soumis a la loi d’un seul homme ?
    Ou tout ce qui ne rentre pas dans le moule défini est traqué ?
    Ou il ne filtre dans la presse que ce que cet homme veux ?
    Ou il y a un gouvernement qui n’exécute que les ordres de cet homme soutenu par un parlement croupion ?
    Ou l’étranger est stigmatiser comme responsable de tous nos malheurs ?

    Après la presse... la police, maintenant la justice et demain ? les syndicats ?

    Prenons garde car insidieusement se met en place une politique de droite pure et dure qui effectivement ramène en arrière de mai 68 mais bien bien en deça et ça ne sent pas forcément bon pour les esprits libres et éclairés.

    Allez
    Bonne soirée quand même

    • Anonyme répond à Gillesdd

      Oui il y a de quoi avoir peur ! vous avez parfaitement raison. Ce soir je recevais du Réseau Education Sans Frontière un message pour soutenir une famille en cour d’expultion vers un pays de l’est où ils risquent pour leur vie deux parents et deux enfants. J’ai fait cette intervention auprès de la présidence de la république ET POUR LA PREMIERE FOIS J’AI EU PEUR. Que devient la France ? Suzette H

    • Anonyme répond à Gillesdd

      on appelle ça une démocratie moderne,
      merci à Toi, ôh esprit libre et éclairé !

      mais fais attention, ne t’exprime plus sur internet( ou ailleurs) , tout est fliqué par les très méchants criminels de droite. ils sont pires que la gestapo : tu risques ta peau.

      que de crétins vaniteux sur ce site...

      • Anonyme

        Heureusement que vous êtes là pour relever le niveau !
        Signé : un crétin vaniteux.

        Thomas GREDAT

  • Anonyme

    « Essayons de nous convaincre aujourd’hui qu’il ne s’agit que d’un mauvais rêve, et qu’il n’est pas prévu tout de suite de nous faire revenir un demi-siècle en arrière, au temps où l’indépendance de la justice n’était pour le pouvoir qu’une expression détestable. »

    Michel Huyette, Merci pour cet article. Merci Rue89.

    Mais,l’heure n’est pas à se convaincre.

    L’heure est à dire les choses comme elles sont et sans tabou. Avec autant de zèle qu’en face.

    Lien

  • all
    all
    • Posté à 18h26 le 30/08/2007
    • Internaute 9005

    ou bien le proc a commenté la loi ce qui est inadmissible, ou bien le journaliste du « journal local » est un affabulateur .
    Alors, quel journal et quel journaliste ?

    • Anonyme répond à all

      De toute façon il n’a pas à être convoqué par un ministre, il y a la hierarchie pour ca, en tout cas en france et en democratie ca se passe comme ca normalement.

      Tout ca va mal finir, la marmite est en train de se remplir, quand les francais auront décidé que trop c’est trop ...

  • Aller à la page
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4