Explicateur 03/02/2009 à 22h39

Fronde des profs-chercheurs : l'épreuve en trois points




Manifestation à Paris le 24 janvier contre les suppressions de postes (Jacky Naegelen/Reuters).


Le blocage des facs annoncé depuis une quinzaine de jours a bien démarré. Lundi, le Snesup-FSU, premier syndicat de l’enseignement supérieur, annonçait que près d’un cours sur deux (45%) était perturbé -un chiffre tempéré du côté du ministère. Le mouvement, parfois doublé du gel des notes, concerne les grosses universités comme les petits pôles d’enseignement, y compris des IUT, ou encore des instituts d’études politiques et le gros des IUFM.

Ici ou là, on annonce déjà que la mobilisation des prochaines semaines sera « historique », alors que la coordination nationale des universités, qui regroupe 74 universités, écoles et instituts, a appelé lundi à une grève illimitée, à une journée de manifestations en France jeudi 5 février et à une manifestation nationale à Paris le mardi 10.

Sur le net, l’exaspération bat son plein, depuis le discours de Nicolas Sarkozy sur la recherche, le 18 janvier, qui a fait office de catalyseur pour la mobilisation. Un internaute de Rue89 nous a signalé cette vidéo qui circule sur les blogs, mixant graphiques OCDE sur les crédits aloués à la recherche et extraits du discours présidentiel. (Voir la vidéo)


Pourquoi parle-t-on d’une révolte d’enseignants ?

Les enseignants-chercheurs sont à l’amorce du mouvement, pas les étudiants. Et ce, même si, à Rue89, nous recevons de plus en plus de témoignages spontanés d’étudiants qui débattent à leur tour de la réforme et entendent se joindre au mouvement. Mais c’est d’abord la réforme de leur statut qui a stimulé la contestation des 57 000 enseignants-chercheurs que l’on compte en France au total.

Parmi les principaux points d’achoppement, il y a le recrutement des enseignants, qui doit évoluer à la faveur de l’autonomie des facs. Le projet de décret Pécresse, qui remonte à octobre 2008, donne davantage de flexibilité à la hiérarchie d’une fac en la matière. Quitte à entailler largement l’égalité d’accès à ces postes qui relèvent pourtant de la fonction publique.

Ainsi, pour recruter un maître de conférences, certaines facs prévoient des commissions plutôt nombreuses (une vingtaine de personnes à Strasbourg)... alors que d’autres misent davantage sur l’entre-soi (quatre à Aix-Marseille, précise un riverain maître de conférences de la région).

Autre critique adressée par les personnels en grève : le recours possible à des intervenants extérieurs, y compris venus du monde de l’entreprise. Sur ce point, pas mal d’ATER ( « attaché temporaire d’enseignement et de recherche », c’est à dire des chargés de cours qui terminent leur thèse et attendent un poste de maître de conférences) ont déjà écrit à Rue89 pour dénoncer « manque de légitimité » des jurés et « risques d’arbitraire ».

Or cette marge de manœuvre nouvelle à la faveur de l’autonomie des facs risque d’accentuer le « localisme », version universitaire et savante du « clientélisme ». Au printemps 2008, Rue89 s’était justement fait l’écho des travaux sociologiques d’Olivier Godechot et Alexandra Louvet. Ils montraient qu’un doctorant a en moyenne dix-huit fois plus de chances d’obtenir un poste d’enseignant-chercheur dans la fac où il a poursuivi son cursus qu’un candidat de l’extérieur.

Pourquoi des facs pas réputées gauchistes à la proue de la contestation ?

L’autre enjeu très décrié de la réforme du statut des enseignants, c’est l’évaluation des enseignants et la gestion de leur carrière. C’est ce point qui a mobilisé des pôles pas franchement activistes d’ordinaire. Ainsi, les facs de droit, de sciences économiques, ou encore les Instituts d’études politiques.

Pour le moment, les maîtres de conférence doivent assurer une charge horaire répartie sur l’année, à raison de 128 heures de cours ou de 192 heures de « travaux dirigés ». Ces cours ne sont qu’un volet de leur travail, le reste de leur temps étant en censé être alloué aux travaux de recherche.

Or, selon le projet de décret Pécresse, la hiérarchie de chaque fac aura là aussi davantage de marge de manœuvre pour ventiler les activités de ses personnels enseignants. Notamment en fonction de l’évaluation.

Or cette évaluation des enseignants-chercheurs par leur hiérarchie administrative pose un problème de critères. Sur leur blog, Pierre-Philippe Combes (directeur de recherche CNRS à Aix-Marseille) et Laurent Linnemer (professeur d’économie à Montpellier 1) s’interrogent : « Peut-on mesurer la productivité des enseignants ? »

Economistes, ils mettent en garde sur « la représentation inégale des différents domaines de recherche », un des biais de cette évaluation :

« Le problème central de la mesure des publications des enseignants-chercheurs est l’évaluation de leur qualité. Comment distinguer les découvertes capitales des avancées plus progressives de la connaissance ? Les indices de qualité pondérant les publications donnent en général plus de poids aux premières mais n’ignorent pas les secondes. Une solution souvent utilisée s’appuie sur les citations reçues par les publications. Travailler dans un domaine “à la mode”, où les chercheurs sont nombreux, engendre mécaniquement plus de citations. »

Si économistes et juristes s’émeuvent de la réforme plus que d’ordinaire, c’est parce qu’ils s’estiment menacés. Notamment parce que les juristes travaillent souvent à titre d’expert, dans le cadre de leurs recherches, et pas forcément sous forme de publications académiques.

Salaires, suppressions de postes : quel rapport avec la réforme ?

L’enseignement supérieur apparait moins mal loti que le secondaire, si l’on compare les chiffres Darcos et Pécresse. Toutefois, 900 suppressions de postes sont prévues pour la rentrée 2009. C’est ce que rappelait notamment jeudi dernier le cortège d’enseignants du supérieur venus participer à la mobilisation intersectorielle.

Les enseignants protestent aussi contre la perte de pouvoir d’achat d’une corporation surdiplômée dont le salaire, durant les premières années en début de carrière, ne dépasse pas 2000 euros net par mois. Aucun rapport avec la réforme du statut et l’autonomie des facs ? Pas sûr : si l’on poursuit la lecture des économistes blogueurs de Montpellier et Aix-Marseille, on relève cette analyse :

« On ne peut oublier qu’un directeur de master en France fait souvent ses emplois du temps lui-même ou gère aussi le site Internet de sa formation. Que les enseignants-chercheurs assurent leurs surveillances d’examen. On ne peut oublier non plus à l’inverse que d’autres ont des décharges complètes ou très larges d’enseignement ou ne participent guère à l’administration de leur université.

Nous avons dit que les enseignants-chercheurs du Royaume-Uni publient 63% plus que les Français. Il se trouve qu’ils ont également des salaires moyens 62% plus élevés. Si l’on ajoute l’Allemagne, la Belgique, la Suède et les Pays-Bas à notre comparaison, la relation entre publications et salaires est fortement positive, avec une corrélation de 0,81. »

Dans les IUFM, c’est la réforme du recrutement des enseignants du primaire et du secondaire, avec la « masteurisation » qui mobilise.


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Photo : manifestation à Paris le 24 janvier contre les suppressions de postes dans l’Education (Jacky Naegelen/Reuters).

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  • teo69004
    teo69004
    Teo
    • Posté à 22h45 le 03/02/2009
    • Internaute 68355
      Teo

    Quelqu’un aurait le fameux décret contesté ou fait on encore des articles sur du sable sans rien connaître, se laissant emporter par ceux qui veulent travailler moins pour gagner plus (par travailler moins, j’entends au détriment des étudiants...mais les étudiants en france on s’en fout, ils ne représentent aucun corps....ils peuvent vivre avec des cafards, les profs « enseignants chercheurs » bien payés pour les mépriser ne vont pas être solidaires...) ?

    • Le flou stoique
      Le flou stoique répond à teo69004
      Cf fiche n°15673B
      • Posté à 23h11 le 03/02/2009
      • Internaute 58563
        Cf fiche n°15673B

      Ca fait plus d’un an et demi qu’elle est sortie cette loi... Quant aux revendications elles sont bien plus larges, mais je vois que Rue89 aime à faire le jeu des médias traditionnels en réduisant les mouvements à des annonces médiatiques tronquées. J’espère qu’un des journalistes pourra faire au moins l’effort de travailler vraiment le sujet et de voir que la contestation va bien au-delà de ce décret...

      • PauLo anarcho-patriote
        • Posté à 10h43 le 04/02/2009
        • Internaute 38801

        Travailleurs… récalcitrants !

        Vous en avez marre… des boniments…

        Vous demandez la BAISSE de la TVA, des IMPOTS, des CONTRIBUTIONS…
        par la baisse des TRAITEMENTS et PENSIONS des FONCTIONNAIRES…

        Donc moins d’inflation… Et un vrai pouvoir d’achat…

        Ce jeudi soir… pas de télé… COUPEZ VOTRE ÉLECTRICITÉ…

        Manifestez comme nous, anarcho-patriotes ! .. Coupez votre électricité…

        Sûr… EDF leur dira… aux gouvernants : « Sont nombreux pas contents, les récalcitrants ! »

        Usez de votre liberté… de COUPER VOTRE ÉLECTRICITÉ.

    • Marx_attracts
      Marx_attracts répond à teo69004
      Intermittent de la recherche
      • Posté à 23h30 le 03/02/2009
      • Internaute 67086
        Intermittent de la recherche

      Tout d’abord ce n’est pas un article « sur du sable », le décret est au conseil d’état ...

      De plus ce sont aussi les étudiants qui vont morfler avec ce décret. On demande aux enseignants chercheurs de publier plus, à budget constant, moyens humains constants et volume d’enseignement à la hausse. Devinez ce qui devient la 5eme roue du carrosse ? L’enseignement. D’ailleurs ce décret le prouve, car l’enseignement devient la sanction d’une recherche jugée insuffisante.

    • Xo42
      Xo42 répond à teo69004
      Etudiante en master 1
      • Posté à 22h13 le 04/02/2009
      • Internaute 68661
        Etudiante en master 1

      Suite au mouvement national et au mouvement au sein de l’université Jean Monnet de St Etienne, les étudiants de la faculté des Sciences et Techniques se sont réunis le 2 février 2009 pour une assemblée générale à l’issue de laquelle trois motions ont été proposées au vote des quelques 300 à 350 étudiants présents :
      - L’annulation de la suppression de 900 postes dans les universités de France.
      - Le blocage des maquettes de master pour obtenir une réelle possibilité de négociation avec le gouvernement sur ce point.
      - Le retrait du projet de décret concernant les statuts des enseignants-chercheurs.

      Ces trois motions ont été votées à une nette majorité, traduisant le soutien et l’implication des étudiants dans ce mouvement.
      A également été voté le soutien au mouvement des personnels (enseignants-chercheurs et BIATOSS).

      Enfin, la grève a, elle aussi, été votée avec quand même une majorité d’abstention, ce qui illustre l’inquiétude des étudiants vis-à-vis des implications et conséquences du mouvement sur leur avenir.
      Les étudiants qui se sont abstenus, ne sont globalement pas opposés à la grève mais attendent de mieux connaître les modalités de celle-ci afin de savoir comment s’y investir.

      Le débat a été fourni (3h d’assemblée générale) ; les étudiants, qu’ils préparent ou non les concours de l’enseignement, se sentent tous concernés et souhaitent développer des moyens de mobilisation non pénalisant ainsi, ils pourront maintenir la pression aussi longtemps qu’il le faut pour être entendus et pris en compte.

      Etudiants mobilisés de la faculté Sciences et Techniques, Université Jean Monnet, St Etienne

  • Utilisateur désinscrit à sa demande le 2 janvier
    • Posté à 22h59 le 03/02/2009
    • Internaute 42903
      nc

    le gouvernement est fou , ceux qui sont la pour innover et créer nos futurs emplois ne sont pas considérés , si le gouvernement brade la valeur ajoutée , qu’est ce qui nous reste ?
    tous bosser au mac do ?

    ils me font peur l’ ump et le ps , plus que la crise économique et financière .

  • Le flou stoique
    Le flou stoique
    Cf fiche n°15673B
    • Posté à 23h06 le 03/02/2009
    • Internaute 58563
      Cf fiche n°15673B

    Je dois avouer que voir ce mouvement, alors qu’il s’agit en fait de la même loi (LRU ou Loi Pécresse) que l’année dernière, lancé par ceux-mêmes qui nous traitaient de sale gauchistes, voire même de Pol-Pot les beaux jours, fait plutôt sourire pas mal d’étudiants qui se sont battus 2 mois dans le mépris général l’année dernière. Est-ce à dire que les professeurs de droit mettent plus de temps à comprendre une loi qu’un étudiant d’art, ou bien alors que les coupes sombres des ministères en font flipper plus d’un ? A vous de voir...

    • teo69004
      teo69004 répond à Le flou stoique
      Teo
      • Posté à 23h10 le 03/02/2009
      • Internaute 68355
        Teo

      QUOI ? un étudiant d’art a lu une loi ? ? ? ? ?
      Tout fout le camp...

    • Marx_attracts
      Marx_attracts répond à Le flou stoique
      Intermittent de la recherche
      • Posté à 23h51 le 03/02/2009
      • Internaute 67086
        Intermittent de la recherche

      La loi est effectivement passée, mais ce décret pas encore. Mais il est vrai qu’il découle de la loi LRU et qu’il fallait la refuser dès le début. Et effectivement les enseignants chercheurs n’ont pas soutenu les étudiants. Je ne sais pas si beaucoup ont traité les étudiants de Pol-Pot/sales gauchistes, mais il y a eu au mieux beaucoup d’indifférence.

      Il en faut beaucoup pour sortir les profs de fac dans la rue. Ils n’ont pas bougé non plus pour le démarrage du démantèlement du CNRS l’été dernier, pas plus que les chercheurs du CNRS eux-mêmes.

      J’entends souvent ces jours-ci que ce sont des va-t-en-grève ... en fait, contrairement à ce qui se dit dans les médias, c’est plutôt l’inverse.

      Depuis 2003 on économise sur la recherche, pour investir dans des mesures futiles sensées relancer la croissance économique et limiter la croissance de la dette publique. En ce sens, la loi d’autonomie est en fait une loi d’économies.

      • Le flou stoique
        Le flou stoique répond à Marx_attracts
        Cf fiche n°15673B
        • Posté à 00h18 le 04/02/2009
        • Internaute 58563
          Cf fiche n°15673B

        Le décret est peut-être tout neuf mais tout était déjà marqué dans la loi. Que je sache, avec mes médiocres connaissances en droit, un décret n’a pas force de loi, et en découle forcément. D’ailleurs je me souviens très bien que ce sujet était déjà connu l’année dernière, tout comme d’ailleurs un certain Rapport Pochard, qui annonçait la « masterisation » des diplômes d’enseignement et à terme...l’autonomie des établissements scolaires quelque peu similaire à celle des Universités. Ne nous en faisons pas trop, de bien plus choses sont dans leurs cartons !

      • elLolo
        elLolo répond à Marx_attracts
        • Posté à 00h22 le 04/02/2009
        • Internaute 27714

        Il faut dire aussi que c’est plus compliqué que le simple refus de la LRU. La modulation des heures et une réévaluation des heures de TP étaient, par exemple, attendues. Par contre, personne n’avait compris qu’il n’y aurait pas d’argent pour les TP et que les modulations viendraient noyer ceux qui seraient moins productifs au niveau recherche.

        Quant aux pouvoirs au président, ça a fait tiquer... Dans le même temps, c’était aussi un moyen d’obtenir des prises de décisions locales et d’avoir, donc, des structures plus adaptées aux besoins locaux. Évidemment, la mise en œuvre qui a été proposée est plus que discutable.

         
        • Le flou stoique
          Le flou stoique répond à elLolo
          Cf fiche n°15673B
          • Posté à 19h20 le 04/02/2009
          • Internaute 58563
            Cf fiche n°15673B

          Une lecture approfondie de la loi donnait clairement l’objectif : réduire la démocratie universitaire : concentration du pouvoir dans les mains du Président, diminution drastique du nombre de représentants étudiants au Conseil d’Administration (qui sont là pour faire tapisserie maintenant), suppression des pouvoirs du CEVU sans compter le Plan Réussite en Licence qui a suivi et qui était une attaque claire contre la pédagogie universitaire. Maintenant, c’est sur qu’ils en parlaient pas à la télé...

        1 autres commentaires
    • Rokse
      Rokse répond à Le flou stoique
      quelle nonchalance
      • Posté à 00h13 le 04/02/2009
      • Internaute 49110
        quelle nonchalance

      C’est exactement mon sentiment. (L’allusion à Pol Pot, on parle peut-être du même directeur d’université ;) ...Sacré Marco)
      Je trouve ça très gonflé de la part de nos profs de nous demander de jouer la chair à canon maintenant que leurs statuts sont dans la balance. Encore plus en invoquant de grands principes de mission éducative, d’égalité républicaine et autres. Je ne dis pas qu’ils ont tort. Mais j’ai du mal à faire l’impasse sur leur hypocrisie. Je me sentirais moins humilié de les suivre si cet émouvant appel à la révolte s’accompagnait d’un mea culpa.

      La LRU a été un traumatisme pour moi ... C’était une charge directe sur le modèle universitaire français - avec ses qualités et ses défauts - et l’orientation que prenait cette réforme n’a, hélas, inquiété que les étudiants (et pas des facs de droit ...) Ici, à Rennes, nous n’avons eu aucun soutien des profs. Certains comprenaient, d’autres s’opposaient ; mais tout le monde se taisait. On peut comprendre qu’ils craignaient de s’attirer des représailles de la direction après le passage d’une réforme poussée avec enthousiasme par les directeurs d’université. Tout de même ...

      Ne nous voilons pas la face. En 3 années passés en fac, j’ai vu passer des profs qui nous faisaient cours et rentraient chez eux. On ne demande pas l’avis des étudiants, l’administration ne contrôle pas : l’enseignant-chercheur n’a parfois pas à franchir le trait d’union. Je ne pense pas qu’ils soient une majorité. Rentrer dans la logique du « publish-or-perish » n’est pas une bonne idée dans l’état actuel des choses. Demander aux enseignants-chercheurs qui publient peu de faire davantage de cours (par exemple aux premières années et à leur taux de passage cauchemardesque) en est une.

      Cette réforme s’inscrit dans un processus qui verra d’autres étapes créer progressivement un système, un ordre établi dans lesquels certaines solutions s’imposeront d’elles mêmes. Il faut faire reculer cette réforme tant qu’on le peut encore, et en proposer une autre qui prend en compte la recherche, le financement et l’enseignement dans le supérieur.
      Nous avons perdu un an, mais la partie n’est pas encore terminée.

      • Le flou stoique
        Le flou stoique répond à Rokse
        Cf fiche n°15673B
        • Posté à 00h31 le 04/02/2009
        • Internaute 58563
          Cf fiche n°15673B

        Merci d’avoir mieux traduit que moi mes pensées :).
        Je n’étais pas à Rennes, mais apparemment certaines pensées circulent mieux que d’autres. Je suis totalement d’accord avec toi : que les enseignants ne s’étonnent pas que les étudiants gardent une certaine réserve dans cette histoire, ce qu’ils ont compris apparemment (certains sont même venus faire amende honorable !). Malgré tout, il reste difficile d’oublier ces professeurs qui, à l’exception de deux ou trois qui ont eu le courage de s’interposer, regardaient, certains souriants, les CRS charger violemment des étudiants manifestant pacifiquement...

         
        • anarchy
          anarchy répond à Le flou stoique
          glandeur
          • Posté à 02h56 le 04/02/2009
          • Internaute 68095
            glandeur

          Pol pot je m’en souvenais plus ...Et le reportage de 66minutes de m6 à l’époque il était bien gratiné avec cette allusion (étudiant bloqueur =chomeur voire clochard ) .
          Un autre jeune s’était pris une poubelle de la part d’un président de fac.Déjà à l’époque je me suis dit que les profs et l’administration cramaient leur cartouche avec leur attitudes réac.Ils vont avoir du mal maintenant.

        1 autres commentaires
      • dodu
        dodu répond à Rokse
        Slow burn
        • Posté à 09h36 le 04/02/2009
        • Internaute 67365
          Slow burn

        Il n’y a pas que vis à vis des étudiants que les profs d’Université ont montrer de l’indifférence ; ils ne se sont guère sentit concernés par le sort de leurs chers collègues des petits Instituts (comme L’IRD par exemple) Ces instituts ont été transformées en Agences de Moyens dans l’indifférence générale et il a fallu que le gouvernement s’attaque au CNRS pour que les universitaires s’émeuvent un tant soi peu et que les médias commencent à en parler .

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 23h24 le 03/02/2009
    • Internaute 33755

    Ça y est, j’ai enfin mis le nez dans les communiqués de Sauvons la Recherche !

    Je n’avais que les médias et donc le gouvernement comme source d’info...

    (c’est la photo et sa pancarte qui me font penser à ça. Faites l’effort, on comprend tout de suite les enjeux)

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 23h38 le 03/02/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    il n’y aurait pas un léger problème dans le titre, ou vu l’heure, c’est moi qui ai du mal à comprendre ?

    Gronde des profs-chercheurs

    Ce ne serait pas fronde ?

    Il est vrai que le gouvernement gronde les profs pour leur mouvement, que les profs grondent contre la réforme ...

    • PhiPoePsy
      PhiPoePsy répond à caro
      Etudiant-Chercheur
      • Posté à 00h13 le 04/02/2009
      • Expert 41171
        Etudiant-Chercheur

      J’imagine que Chloé Leprince a mixé « fronde » et « grogne », les deux étant justes !

    • Marie-Sophie Keller
      Marie-Sophie Keller répond à caro
      Ex-Rue89 mais toujours fan
      • Posté à 10h31 le 04/02/2009
      • Internaute 26936
        Ex-Rue89 mais toujours fan

      Bonjour Caro,
      non non ce n’était pas une erreur, j’ai bien titré « la gronde », comme dans « la gronde se lève », « la gronde des supporters »… Je trouve ça plus poétique : -) et c’est vrai que quand j’édite la nuit, sous la lune, j’ai tendance à me rapprocher de Ronsard et Baudelaire.

  • PhiPoePsy
    PhiPoePsy
    Etudiant-Chercheur
    • Posté à 23h38 le 03/02/2009
    • Expert 41171
      Etudiant-Chercheur

    Merci Chloé pour cet article clair, pédagogique et qui rappelle les points les plus importants. Heureusement que Rue89 est là pour informer correctement les gens...

    Pour en savoir plus et mieux se rendre compte à quel point les réformes sont dangereuses (dans la lignée de la LRU, en effet) :

    Lien
    Lien

    Jeudi, à Strasbourg, nous accueillerons -sauf rebondissement-, V. Pécresse... Avec respect mais surtout, avec DETERMINATION ! Il FAUDRA qu’elle nous écoute et nous comprenne...

    • la tite louloute
      la tite louloute répond à PhiPoePsy
      précaire
      • Posté à 19h07 le 04/02/2009
      • Internaute 60941
        précaire

      Contre un soutien aux enseignants chercheurs s’ils ne défendent que leur statut comme c’est le cas à Grenoble.

  • caro
    caro
    délinquante avérée
    • Posté à 23h46 le 03/02/2009
    • Internaute 6484
      délinquante avérée

    ça y est, c’est parti dans les facs et pas seulement chez les enseignants chercheurs. Une coordination nationale s’est réunie à Paris hier, adoptant 3 motions :

    Motions votées par la Coordination Nationale des Universités réunie en Sorbonne (Amphi Richelieu) le 2 février 2009

    196 délégués présents

    313 participants présents en Assemblée Générale Texte seulement

    Voici les textes des trois motions votées le 2 février 2009 par la Coordination Nationale des Universités.

    Motion n°1

    Comme celle du 22 janvier 2009, la Coordination Nationale réunie le 2 février 2009 condamne la mise en place d’une politique d’affaiblissement structurel de l’enseignement et de la recherche, la précarisation des personnels de toutes catégories notamment au travers de l’individualisation des carrières, de la mise en place du nouveau contrat doctoral et des suppressions d’emplois.

    Elle exige le rétablissement des postes supprimés, un plan pluriannuel de création d’emplois statutaires dans les universités et les grands organismes de recherche. Elle soutient les mobilisations en cours.

    Elle constate que les Ministères n’ont, à ce jour, pas retiré :

    - le projet de décret sur le statut des enseignants-chercheurs

    - la réforme de la formation et des concours de recrutement des enseignants des premier et second degrés.

    En conséquence, la Coordination Nationale appelle l’ensemble des universités à rejoindre le mouvement de grève totale, reconductible, illimitée, déjà engagée dans certaines universités.

    Le 2 février 2009, l’Université et la Recherche s’arrêtent.

    Votée à l’unanimité moins 2 abstentions

    Motion n°2

    La Coordination Nationale du 2 février appelle toute la communauté universitaire et le monde de la recherche (enseignants, chercheurs, étudiants, ITA, personnels administratifs, techniques et de bibliothèque, ainsi que les contractuels et vacataires) à entrer dans une lutte active. Elle appelle la communauté universitaire et le monde de la recherche à :

    - une journée nationale de manifestations et d’actions le jeudi 5 février ;

    - une manifestation nationale qui mène au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (1 rue Descartes, Paris), le mardi 10 février ;

    - une cérémonie nationale de non remise des maquettes de Masters le vendredi 13 février devant le Ministère et les rectorats ;

    - boycotter les expertises pour l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR) et l’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES) ;

    - faire cours en dehors des cadres habituels ;

    - appeler les organisations syndicales et intersyndicales à faire le lien avec le primaire et le secondaire ;

    - imaginer toute forme d’action et de lutte qui alerterait collègues et citoyens sur le démantèlement du service public d’éducation et de la recherche.

    Elle encourage chaque université à élire, pour la Coordination, trois représentants enseignants-chercheurs/enseignants/chercheurs, un représentant BIATOSS et un représentant étudiant (5 personnes maximum).

    Votée à l’unanimité moins 2 abstentions

    Motion n°3

    Depuis près de deux ans, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche a décidé et fait voter à la hussarde une série de « réformes » sans aucune négociation :

    - la loi LRU ;

    - la transformation radicale des organismes de recherche en agences de moyens ;

    - le pilotage, par le pouvoir politique, de la Recherche et de l’Université ;

    - la remise en cause des statuts nationaux ;

    - le démantèlement des concours nationaux de recrutement des enseignants des premier et second degrés, et le projet de « mastérisation » de la formation des enseignants ;

    - le projet de contrat doctoral.

    Parallèlement, le Ministère a supprimé 1090 postes et développé la précarité des enseignants-chercheurs, des chercheurs et des personnels administratifs, techniques et de bibliothèque.

    Pour mettre fin à cet autoritarisme, la Coordination Nationale des Universités réunie le 2 février 2009 exige :

    - le retrait du projet de décret sur les statuts des enseignants-chercheurs, et la restauration des cadres nationaux des diplômes et des statuts ;

    - le retrait de la « réforme » de la formation et du recrutement des enseignants des premier et second degrés ;

    - l’arrêt du démantèlement des organismes de recherche et de la fonction publique en général ;

    - le retrait du contrat doctoral ;

    - la restitution des postes supprimés et la résorption de la précarité chez les enseignants, les chercheurs, les BIATOSS et ITA par un plan pluriannuel de création de postes ;

    - la titularisation des personnels contractuels.

    La Coordination Nationale constate que toutes ces contre-réformes résultent de la loi LRU. En conséquence, elle demande en urgence que la communauté universitaire et le monde de la recherche soient consultés sur une nouvelle loi garantissant démocratie, collégialité, indépendance et liberté, car l’Université n’est pas une entreprise et le Savoir n’est pas une marchandise.

    Votée à l’unanimité moins 1 contre et 4 abstentions

  • Benoux59
    Benoux59
    Jeune dip'
    • Posté à 23h56 le 03/02/2009
    • Internaute 49343
      Jeune dip'

    >> Le décret : Lien

    Je suis étudiant à Lille 1 en économie / gestion et je l’ai lu entièrement.

    Les enseignants-chercheurs se mobilisent de plus en plus sur notre campus (de sciences dures mais aussi économie gestion et sociologie et géographie même, très mélangé donc !) et interviennent dans les cours pour nous expliquer la situation, les doctorants aussi se mobilisent et expliquent aux étudiants... mais d’une UFR à l’autre les réactions des étudiants sont très différentes : alors que les étudiants mathématiciens et sociologues s’y intéressent réellement, j’ai été surpris de voir que les étudiants en économie pensaient plus à leurs notes retenues qu’à la loi et ses conséquences. Les enseignants-chercheurs font donc bien de nous parler de tout ca. Mais le mieux serait de lire le texte de première main... car parfois on déforme un peu...

    Intéressant aussi de voir une mobilisation différente des enseignants-chercheurs en économie selon les tendances des différents laboratoires de recherche... certains hésitent encore à rejoindre le mouvement.

    J’ai cru comprendre que la stratégie (chez nous en tout cas) était de ne pas griller toutes ses cartouches d’un coup par une grève illimitée décrédibilisante (« profs. faignants sur leurs acquis » etc) mais en faisant un jour de grève par semaine et ce jour changerait la semaine suivante etc. En effet, on cherche à éviter à trop pénaliser les étudiants, notamment ceux en licence 3 qui auront connu 3 mouvements de suite : CPE, LRU et celui-là...

    • lapin
      lapin répond à Benoux59
      étudiant
      • Posté à 15h25 le 04/02/2009
      • Internaute 59117
        étudiant

      C’est certain que les avis divergent énormement selon les UFR, cela dit j’ai toujours été surpris de voir dans les comités de grèves la même proportion d’étudiant en philo, math, physique et bio.
      D’instinct j’aurai pensé que les philo et bio plus ouvert à leur environnement se sentiraient plus concernés (moi, je suis en math et c’est attérant de voir à quel point les gens s’en foutent dans la majorité).
      A par contre je voulais réctifier un petit détail. les étudiants en L3 n’ont connu que 2 mouvements, j’étais en première année pendant le CPE et je suis en M1. On vient justement de rompre avec une sorte règle assez mystique qui veut que l’on fasse la grève un an sur deux. Mais bon sous Sarko les règles changent forcément

  • ledreneufe
    ledreneufe
    prof
    • Posté à 00h04 le 04/02/2009
    • Internaute 68376
      prof

    A quand une VRAIE mobilisation de TOUS, public et privé ?
    Marre de voir régulièrement des frileux rester sur les trottoirs. Attendre jeudi ? Mais il va encore se foutre de nous. Les prof chercheurs montrent l’exemple : la grève illimitée.

    • elLolo
      elLolo répond à ledreneufe
      • Posté à 00h31 le 04/02/2009
      • Internaute 27714

      Certains sont en grève illimitée, pas tous.

      Et comme l’a expliqué Benoux59, il faut faire attention à ne pas abattre toutes ses cartes dès le début. Surtout que l’image des enseignants-chercheurs n’est pas forcément bonne en France (alors que dans beaucoup de pays occidentaux, il s’agirait presque de demis-dieux...) , voir par exemple là :
      Lien

  • kpa93
    kpa93
    enseignant-chercheur a l' (...)
    • Posté à 02h31 le 04/02/2009
    • Expert 68401
      enseignant-chercheur a l' (...)

    Je ne vois rien dans tout ce que j’ai pu lire a propos de cette reforme des Universites des choses vraiment inquietantes, je trouve meme que c’est plutot un mouvement dans la bonne direction. Trois points ont attire mon attention :
    1) Serieusement, on mentionne l’arbitraire d’un systeme ou le CA de l’Universite prendrait toutes les decisions (embauche et evaluation en particulier, qui sont des points « sensibles »), on ne mentionne pas l’arbitraire des decisions similaires prise par les comites nationaux en ce qui concerne l’embauche, et l’absence totale d’evaluation serieuse (i.e. evaluation qui viendrait avec des consequences), c’est pourtant bien la preuve que meme le systeme actual a ses limites ? Un systeme plus local (gere par l’Universite) fonctionne tres bien dans le reste du monde....pourquoi la France ferait-elle exception ?
    2) On mentionne l’horreur d’avoir des intervenants exterieurs (du monde de l’entreprise en particulier) qui pourraient prendre part au fonctionnement (et a la prise de decision) des Universites. On ne mentionne pas que les diplomes Universitaire sont totalement meconnus dans l’entreprise en France (en fait, meme meprises) et qu’un debut de communication entre enseignement/monde du travail ne serait pas forcement nuisible ; ca avait commence il y a 10-15 ans, et puis ca a stagne... Il est de plus ridicule de penser que la presence des entreprises dans les universites va tuer la recherche dite ’inutile’. Un contre exemple est encore une fois de voir comment fonctionnent les Universites a l’etranger, en amerique du nord en particulier : il existe des tas de departements « inutiles » dans toutes les facs ! elles ont juste ce plus avec l’entreprise qui fait cruellement defaut en France.
    3) Je lis des choses sur l’impossibilite de pratiquer une evaluation correcte et sur le fait que l’on pourrait ’punir’ les mauvais MdC en leur assignant plus d’enseignement. Bien, d’abord il est tout a fait possible d’evaluer, dans chaque domaine de recherche, par comparaison a ce qui se fait ailleurs dans le meme domaine, et en recherchant l’avis des pairs (exterieurs et etranger si possible, autrement l’evaluation ne vaut pas grand chose si elle est faite completement en interne). Quand un chercheur n’a rien publie au bout de 3 ans et ne montre aucun signe d’activite (pas de bourse, pas de collaborateurs), alors il y a de quoi se poser des questions...il y a en France (CNRS et universites) un nombre visible de tels chercheurs. Ensuite il ne s’agit plus de ’punir’ les enseignants. En fait le probleme en France c’est que des le depart l’enseignement est vecu par les MdC comme un fardeau qu’il faut supporter pour pouvoir faire de la recherche (ah, le bonheur d’etre au CNRS... !). C’est delirant comme point de vue : il y a bon nombre de MdC a l’etranger qui preferent l’enseignement et qui sont bien content de pouvoir en faire plus au detriment de la recherche, et d’autres font plus de recherche. Pourquoi ne pas donner cette possibilite aux MdC francais... ? ? ? Il s’agit de donner de la flexibilite, pas de punir. La seule « tache » ingrate d’un MdC pourrait etre a la rigueur les taches de service, et pourrait eventuellement servir de punition (encore que pour qu’un comite fonctionne, il necessite un nombre minimum de gens de qualite qui font leur travail serieusement). Or la, effectivement je ne vois pas en quoi une personne qui ne fait plus de recherche, qui souffre d’enseigner, voire meme n’est pas un bon enseignant(e), alors quoi de plus normal d’assigner a cette personne plus de taches de service ?

    Incomprehension, voila ce qui me vient a l’esprit quand je vois le mouvement des MdC en France...

    • Schtroumpf perplexe
      Schtroumpf perplexe répond à kpa93
      physicien
      • Posté à 09h46 le 04/02/2009
      • Internaute 22547
        physicien

      Je voudrais reprendre votre premier point à propos des décisions du CA d’une université sur les charges des enseignants chercheurs.

      Je vais donner l’exemple, l’université d’Orsay. Y travaillent 2800 enseignants chercheurs ou chercheurs, répartis dans120 laboratoires. 26000 étudiants y étudient, il y a 26 écoles doctorales, et plus de 2400 étudiants en thèse.

      Le conseil d’administration est composé de 30 membres, dont 14 enseignants chercheurs.

      Ces quatorze ou trente personnes sont-elles capables de statuer, ou même de renseigner le président, sur la répartition des enseignements des 2800 enseignants, plus celles des thésards en monitorat et les ATER (contrats précaires d’enseignement) ?
      Cela est d’autant plus préoccupant que le CA doit aussi s’occuper du budget, des bâtiments (responsabilités renforcées dans le cadre de la LRU où la fac serait propriétaire de ses locaux), des carrières des BIATOS (tout le personnel hors enseignement et recherche) et du fonctionnement général de la boîte.

      Le président de la République dit souvent qu’il faut prendre exemple sur le monde de l’entreprise. Je ne pense pas que le PGD ou le CA d’une grande entreprise décide directement de la promotion et du plan de travail de chacun de ses salariés.

      Malgré les nombreux défauts du système actuel, il est quand même plus sain que ce genre de répartition soit établie lors d’un débat contradictoire dans un conseil d’UFR (unité d’enseignement) où sont représentés les pairs qui connaissent le travail de leurs collègues.

      Certes, les décisions des comités nationaux (mais là il s’agit du CNRS pas de la fac) ou les Comités de Spécialistes (conseils pour le recrutement dans les facs) sont loin d’être parfaits... surtout lors des recrutements où ils doivent choisir une ou deux personnes parmi vingt qui ont déjà prouvé qu’elles feraient l’affaire. Ces comités ont néanmoins l’avantage de faire appel à des personnes qui consacrent assez de temps, qui étudient les dossiers, et font face à des contradicteurs dont les intérêts sont opposés, ce qui les force à un compromis. Un compromis est toujours mieux qu’un abus de pouvoir ou une décision rapide et arbitraire.

      • chrisreal
        chrisreal répond à Schtroumpf perplexe
        Prof Université
        • Posté à 12h22 le 04/02/2009
        • Internaute 10866
          Prof Université

        bonjour
        j’avoue ne pas savoir ce que sont les « comités de spécialistes »...s’il s’agit des « Commissions de spécialistes », je vous informe qu’elles ont été supprimées depuis l’année dernière..pour être remplacées par des « comités » de conseillers choisis par le Président de l’Université... ! ! ! si c’est de cela dont vous parlez à travers le terme de comités de spécialistes, vos phrases suivantes sont pour le moins naives voire ridicules ! ! !
        Chris

         
        • Schtroumpf perplexe
          Schtroumpf perplexe répond à chrisreal
          physicien
          • Posté à 13h33 le 04/02/2009
          • Internaute 22547
            physicien

          Je voulais dire des Commissions de Spécialistes, et je me suis pris les pieds dans le tapis avec la nouvelle dénomination.
          Je sais aussi que l’ancien système était loin d’être parfait, mais la solution vers laquelle on va est pire.

        1 autres commentaires
  • désinscrit à sa demande
    • Posté à 05h04 le 04/02/2009
    • Internaute 65988
      Entrepreneur

    Dans toute grève, il y a des buts réels mais inavoués, inavouables et des buts avoués, valorisants, oblatifs et nobles, mais fictifs, comme la défense des usagers et du service public. Les seconds servent à maquiller, dissimuler, noyer les premiers. Ici je constate qu’à l’Université, tout le monde veut être chercheur, mais personne professeur, comme si c’était une punition. J’en conclus que ça doit être relax d’être chercheur,mais je me trompe peut-être. Alors je pose une question. Cette grève a-t-elle pour but de défendre les mauvais chercheurs, ceux qui ne trouvent et ne trouveront jamais rien, mais qui veulent rester chercheurs fonctionnaires jusqu’à leur retraite ? Cela veut-il dire qu’on bloque et stérilise pendant des années des postes pour permettre à ces messieurs de rester chercheurs, pendant que des jeunes doctorants capables attendent au portillon ? On croit rêver ! on comprend pourquoi les performances de la recherche publique sont si médiocres et si coûteuses. Et par-dessus le marché, ces messieurs-dames viennent nous dire qu’ils veulent des réformes. Des Réformes, oui, à condition que ce ne soient pas celles du gouvernement légitime de notre pays, mais les nôtres. N’est-ce pas en effet aux salariés de l’Université et à leurs syndicats de faire la Loi à l’Université ? de légiférer sur l’enseignement supérieur et la recherche ? C’est ça la Démocratie... corporatiste. Des Réformes, oui, mais à condition que les négociations durent pendant plusieurs années et ne débouchent sur rien. On a l’impression que les grévistes trouvent exorbitant qu’on puisse attendre d’un chercheur qu’il ait des résultats, qu’il « TROUVE ». On a l’impression que le petit nombre des chercheurs qui trouvent sont stigmatisés comme s’ils acceptaient d’entrer dans une logique libérale, comme s’ils étaient complices de l’ultralibéralisme. Le voilà l’épouvantail magique de l’ultralibéralisme, toujours prêt à rendre service... et à faire prendre les vessies pour des lanternes ! Pour vous donc, éminents universitaires ,du fric mais aucune exigence en retour ? On nous donne le fric et on fait ce qu’on veut ! Au diable les contrôles ! C’est de l’ultralibéralisme ! Pour conclure, il me semble qu’un mauvais chercheur n’a rien à faire dans la recherche. Or, s’il est fonctionnaire titulaire, on va le maintenir dans la recherche jusqu’à la retraite, alors qu’on sait pertinemment qu’il ne trouvera jamais rien. Cela est aberrant, car cela empêche de jeunes doctorants capables, de devenir chercheurs. Il faut donc défonctionnariser la Recherche.

    • Marx_attracts
      Marx_attracts répond à désinscrit à sa demande
      Intermittent de la recherche
      • Posté à 05h22 le 04/02/2009
      • Internaute 67086
        Intermittent de la recherche

      Il me semble que vous avez déjà publié cette réponse ailleurs.

      Cette grève a pour but de défendre tous les enseignants chercheurs. C’est pour ça qu’ils sont presque tous mobilisés. Vous pouvez compter sur eux, pourtant, pour ne pas se faire de cadeaux et pour ne pas tendre la main aux plus en difficulté en recherche.

      Contrairement à ce que vous affirmez, les performances de la recherche publique sont assez bonnes et ne coûtent pas très cher. Je vous rappelle qu’au niveau mondial la France est le 5eme pays en parts de publications, alors qu’elle dispose du 16eme budget . Pour donner un ordre d’idée, la France a le 14eme PIB/habitant. Ceci prouve que les chercheurs « trouvent », puisqu’une publication rend compte de cela. Au lieu de répéter la phrase de De Gaulle sans en saisir le contexte historique, il est maintenant temps de comprendre qu’un chercheur qui a trouvé continue à chercher autre chose. C’est sa fonction. A lui ou à ses homologues de continuer sur la voie qu’il a ouverte, et aux entrepreneurs de l’utiliser. C’est d’ailleurs sur ce dernier point qu’en France on est médiocre.

      Vous avez raison d’écrire que le gouvernement est légitime, mais rappelez-vous que la démocratie ne s’arrête pas aux élections. Elle comprend le droit de manifester, de faire grève et plus généralement de s’exprimer. Si demain le gouvernement légitime multiplie par 10 vos impôts, vous pourrez légitimement protester par ces mêmes moyens.

      A l’université, une implication importante en enseignement ou dans les tâches administratives n’est pas reconnu. C’est ce qui donne le sentiment que quelqu’un qui publie peu ne fout rien. La situation est généralement toute autre, même si il y en a effectivement qui ne foutent rien, comme dans toute entité de taille importante (je vous invite à aller voir dans les grandes entreprises le nombre de gens qui ne foutent rien, c’est édifiant). Le décret empire gravement cette situation de non-reconnaissance, jusqu’à assimiler l’enseignement à une sanction pour insuffisance en recherche, et plus précisément manque de publications.

      • helios33
        helios33 répond à Marx_attracts
        • Posté à 08h30 le 04/02/2009
        • Internaute 33580

        Il ne faut pas oublier que les publications peuvent aussi se gérer de manière différente en fonction de l’importance qui leur est accordée. C’est-à-dire que dans un système où la quantité de publications est déterminante pour le maintien dans l’emploi ou le salaire, et où il est donc vital de publier, on observera une plus grande quantité de publications que dans d’autres systèmes, à travail égal.
        Je puis certifier que pour le même travail il est possible de faire varier la quantité de publications de 1 à 4, c’est une question de « marketing », de gestion de la carrière, et pas de science. Les méthodes pour en augmenter le nombre varient en fonction de la discipline : on peut par exemple diviser un gros article en plusieurs petits, en en faisant certains en collaboration avec des collègues (de préférence étrangers) qui renverront l’ascenseur, etc.

         
        • ninas
          ninas répond à helios33
          retraitée
          • Posté à 09h44 le 04/02/2009
          • Internaute 65791
            retraitée

          vous parlez de quoi exactement ? c’est un peu comme dans le privé si je vous suis bien, c’est la méthodologie qui est en cause et le nombre d’enseignats et de chercheurs et encore une fois pour faire de la bonne recherche d’après vous divisons par deux le nombre et ainsi comme je disais plus bas on pourra avoir plus d’emprise sur eux car fatalement moins nombreux et des économies pour le gouvernement qui lui dépense sans compte Monsieur !

          • helios33
            helios33 répond à ninas
            • Posté à 09h51 le 04/02/2009
            • Internaute 33580

            Bah non ce que je dis c’est qu’il ne faut pas se polariser sur le fait que le nombre de publications des Anglais par exemple serait bien supérieur au nôtre. Je tente d’expliquer que c’est en grande partie dû à un management de carrière différent, et qu’il y a des tas de moyens d’augmenter artificiellement le nombre de publications sans modifier le travail réel.
            C’est le même genre de problème qu’on rencontre dans d’autres domaines. Si on cherche à quantifier une activité par un nombre réduit d’indicateurs il y a toujours moyen d’augmenter les indicateurs sans modifier l’activité réelle. Dans le domaine de la sécurité par exemple, on peut faire baisser la délinquance en mettant des obstacles au dépot de plaintes.

        • Gimp
          Gimp répond à helios33
          • Posté à 10h23 le 04/02/2009
          • Internaute 36258

          Oui, mais pas seulement une question de marketing, aussi une question de champ disciplinaire :

          par exemple en chimie, il est impératif pour certains travaux de publier immédiatement des données dont on ne connait pas les répercutions industrielles, pour s’assurer la propriété intellectuelle de molécules dont on ne connaît pas bien les propriétés : cela fait des publications à la chaîne, mais n’indique pas forcément des découvertes majeures à la chaîne...

          contre-exemple : une édition des oeuvres complètes d’un auteur allemand du XIXe (avec traduction et compagnie), qui demande des années de travail, compte pour du beurre selon les critères de Shanghai (utilisés pour évaluer l’efficacité de la recherche à l’échelle mondiale.

        3 autres commentaires
      • Ryze-
        Ryze- répond à Marx_attracts
        Révolté ! !
        • Posté à 10h33 le 04/02/2009
        • Internaute 30038
          Révolté ! !

        Très bien dit ! ! :)
        Domino n’a plus qu’a fermer sa vilaine bouche et aller se coucher ! ^^

         1 autres commentaires
      • désinscrit à sa demande
        désinscrit à sa demande répond à Marx_attracts
        Entrepreneur
        • Posté à 10h46 le 04/02/2009
        • Internaute 65988
          Entrepreneur

        Pouvez-vous m’expliquer ce que vous appelez un « intermittent de la recherche » ? Merci.

         
        • Marx_attracts
          Marx_attracts répond à désinscrit à sa demande
          Intermittent de la recherche
          • Posté à 14h01 le 04/02/2009
          • Internaute 67086
            Intermittent de la recherche

          « Intermittent de la recherche » signifie que je suis docteur et que je vais de contrat en contrat avec des « trous » entre eux, pendant lesquels je ne suis pas payé. En revanche mon activité de recherche est continue depuis le début de ma thèse. Je planifie l’écriture de mes articles sur mes périodes non rémunérées, puisque je n’ai alors pas le droit de me trouver sur mon lieu de travail. Lieu de travail qui change lui aussi, et pas juste de quelques kilomètres.

        • Lugi
          • Posté à 14h06 le 04/02/2009
          • Internaute 28945

          Un Post-doctorant.

          C’est quelqu’un qui sait jamais ce qu’il va faire dans un an.

        • Lugi
          • Posté à 14h06 le 04/02/2009
          • Internaute 28945

          Un Post-doctorant.

          C’est quelqu’un qui sait jamais ce qu’il va faire dans un an.

        3 autres commentaires
    • dodu
      dodu répond à désinscrit à sa demande
      Slow burn
      • Posté à 09h46 le 04/02/2009
      • Internaute 67365
        Slow burn

      Visiblement vous êtes totalement ignare en matière de recherche et d’enseignement

    • pikasso02
      • Posté à 14h23 le 04/02/2009
      • Internaute 10134

      Je ne suis pas forcément pour la « défonctionnarisation de la recherche » mais si les chercheurs fonctionnaires acceptaient de communiquer, dialoguer sur ce que trouvent les chercheurs amateurs ? (question : en quoi un chercheur amateur est-il différent d’un chercheur fonctionnaire ?)Ce que je trouve sur le processus de création de Picasso, est maintenant au goût du jour ! J’en parle sur mon blog pikasso02 depuis plusieurs années. J’aurais aimé pouvoir parler de ma thèse avec des chercheurs. Au Musée Granet a lieu cette année, « L’art de la métamorphose », « la focalisation sur les profondeurs des processus de création de l’artiste », bref, « mieux saisir la démarche de Picasso grâce à des outils » est à l’honneur. Je propose en avant première cette exposition Picasso-Cézanne », telle que je la vois, telle qu’elle pourrait être montrée. Je doute fort que la pédagogie qui fait aussi l’objet de cette exposition ressemble à la mienne. Ce serait pourtant intéressant de confronter les points de vue de personnes ayant consacré des mois de travail sur l’oeuvre de ce peintre pas ordinaire. La recherche en histoire de l’art est-elle encore possible aujourd’hui ?

  • ninas
    ninas
    retraitée
    • Posté à 08h22 le 04/02/2009
    • Internaute 65791
      retraitée

    900 suppressions de postes dans l’enseignement, réforme de statut et l’autonomie des facs, vous les professeurs chercheurs pourquoi vous ne vous êtes pas manifestés avant ? ces lois Darcos et Pécresse sont scélérates car comme toutes les autres réformes elles passent en force sans concertations et après c’est trop tard, 2000 euros c’est sûr ce n’est plus tolérable alors pour augmenter les salaires de certains on dégraisse « ça vous rappelle rien “ ? comme l’audiovisuel, la loi passe avant d’avoir été votée, la main mise de l’état sur les médias, jeudi Sarkosy va parler après un semaine de silence Dieu ! que ça à dû être dûr pour cet homme ! il nous a habitué à plus de rapidité, là son coach est passé par là pour le freiner. pour son déplacement à Saint- lô avec une escorte de + de 500 policiers et la mise au placard de deux hauts fonctionnaires , vous ça vous dit quoi ? Bon courage et défendez votre travail et la recherche il est grand temps ! ! !

  • Jack Sullivan
    Jack Sullivan
    en boule
    • Posté à 09h14 le 04/02/2009
    • Internaute 42204
      en boule

    Je relève au moins deux approximations dans cet article :

    - la loi LRU donnerait plus de marge de manœuvre à « la hiérarchie » de l’Université : soyons clairs, le seul qui ait davantage les coudées franches dans ce nouveau système, c’est le président d’Université, puisqu’il a désormais la possibilité de nommer directement un nombre considérable de personnes-clés de son administration. Au lieu de favoriser l’ouverture de l’Université à la société, la réforme LRU tend au contraire au « président-centrisme » de la gouvernance.

    - vous parlez de 2000 euros nets en début de carrière, mais certainement il s’agit d’un professeur ? Je peux vous assurer qu’un poste de Maître de Conférence, sur l’obtention duquel j’ai vu plus d’un ami ruiner sa santé, est bien moins payé. Et ceci n’a rien de spécifique de l’Université, en France les chercheurs débutants (encore qu’on soit considéré comme débutant même après 3 ou 4 ans d’expérience après la thèse) sont moins bien rémunérés que la plupart des post-docs à l’étranger. Deux ans après mon embauche, j’attends encore de dépasser le salaire que je gagnais lors de mon second post-doc....

    Quant à « défonctionnariser » la recherche.... Il faut vraiment n’avoir jamais travaillé dans une situation précaire pour croire que le sentiment d’insécurité permanente, la peur des lendemains, les angoisses pour sa carrière et sa vie de famille, améliorent en quoi que ce soit la qualité du travail. Ce n’est qu’une fois que j’ai été embauchée en CDI que j’ai réalisé, justement, à quel point j’avais pu faire dans le passé des choix hasardeux dictés par l’urgence et la pression du moment, et non des choix mûrement réfléchis et bien documentés, en fonction d’hypothèses scientifiques solides.... et pour tout dire, de la très mauvaise recherche. Je suis POUR l’évaluation individuelle des chercheurs, mais CONTRE leur infantilisation à coup d’indicateurs aveuglément appliqués à tous, indépendamment des particularités.

    • Chloé Leprince
      Chloé Leprince répond à Jack Sullivan
      Auteur(e) de l'article Rue89 Rue89
      • Posté à 10h46 le 04/02/2009
        rédacteur
      • Internaute 74
        Rue89

      Bonjour

      Il s’agissait du salaire net perçu dans les premières années de la carrière, c’est à dire précisément au 5 décembre 2008 au titre du traitement brut mensuel selon les documents officiels concernant les maitres de conférences : 2 068,85 € en tout début de carrière, puis, après 2 ans, 2 328,60 €. Et je précise explicitement « ne dépasse pas »...

      En effet, comme le montre l’article, les enseignants-chercheurs sont mieux payés à l’étranger, y compris en postdoc bien des fois, comme vous le précisez.

      • Jack Sullivan
        Jack Sullivan répond à Chloé Leprince
        en boule
        • Posté à 11h27 le 04/02/2009
        • Internaute 42204
          en boule

        Votre source étant celle-ci :
        Lien

        Il faut bien lire 2 068,85 € *brut*, donc on atteint à peine les 2000 euros, ce qui fait dans les 1700 euros net à tout casser....Une vraie cagnotte de privilégiés, en somme, surtout à Bac+8+X post-docs. Un ami à qui j’en parlais m’a appris, très choqué, qu’un grutier qualifié touchait couramment près du double... voilà pour donner un ordre d’idées.
        Quant à « ne dépasse pas » : il n’y a guère que les Maîtres de conf’ de la région parisienne, soumis à des coûts de logement et de transports exorbitants, qui touchent davantage à titre de (maigre) compensation.

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