01/02/2009 à 23h03

Pour affronter la crise, vendez vos petites culottes usagées !

Camille | Mauvais genre


Panique à la rédaction de Rue89 à l’arrivée du string de Sally (DR)

Environ 300 euros par mois, « 80 euros les bonnes semaines ». C’est ce que gagne Sally P, 21 ans, en vendant ses petites culottes portées, par Internet exclusivement. « Je suis étudiante, je perçois une bourse d’étude mais je ne rechigne pas contre ces 300 euros supplémentaires, en particulier car j’ai mon propre appartement. » Elle a commencé il y a moins de trois mois, par hasard, un soir où elle s’ennuyait, après des remarques excitantes de son petit ami sur l’odeur de ses culottes en fin de journée :

« J’ai ouvert Google et j’ai commencé à taper le terme “culotte sale” et, j’ai alors découvert que de nombreuses jeunes filles et femmes proposaient leurs sous-vêtements portés à la vente. D’abord intriguée, j’ai ensuite exploré tous les sites et tous les blogs de ces femmes, j’ai cherché les témoignages d’amateurs de lingerie et autres fétichistes, pour en venir à la conclusion : “Pourquoi pas moi ? J’avoue avoir besoin d’argent, mais j’apprécie également le contact avec les inconnus et savoir qu’un homme à l’autre bout de la France va recevoir une petite culotte que j’aurais portée m’émoustille assez.” »

« J’en suis rendue à demander des petites culottes comme cadeau de Noël »

Alliant ainsi l’utile à l’agréable, Sally a dû se battre contre les réticences de son petit ami qui était convaincu que « ça ne marcherait jamais ! », et qui « râle car [elle] passe beaucoup de temps en ligne et qu’[elle] est moins “fraîche” qu’avant... » Pour autant, il l’aide en prenant les photos à destination des clients. Photos qu’elle envoie pour prouver qu’elle a bien porté les sous-vêtements reçus par le client. J’ai demandé à Rue89 d’envoyer un client, Robert Meunier, qui confirme avoir bien reçu sa commande et les photos prévues.

Pour lui, « Sally joue le jeu et assure le service attendu. Elle a dit ce que je voulais entendre »… Il assure également que ce sous-vêtement est très odorant. A la rédaction, à l’exception notable de deux journalistes que je remercie, les réactions de dégoût primaire ont conduit à refuser même de s’approcher du string rouge porté. Lequel string a été vendu 30 euros et 5 euros de frais de port (sic) soit 35 euros. J’estime le coût du sous-vêtement à 9,50 euros (string en coton fantaisie), et le port était, en réalité de 50 centimes d’euros. Le bénéfice net est donc de 25 euros. Sachant en plus que Sally se fait souvent offrir ses dessous...

« J’en suis rendue à demander des petites culottes comme cadeau de Noël à ma belle-mère, prétextant que j’avais grossi et que j’aimais les cadeaux utiles... »

Une marge de 4 donc… équivalente aux marges des commerçants d’après ce que j’ai lu dans d’autres articles d’Eco89.

« Grâce à mon blog, il est plus facile de faire comprendre ma démarche »

Pour autant, Sally voit dans ce renouvellement permanent de sa lingerie des avantages et des inconvénients. Elle a ainsi refusé de vendre trop de vêtements à Robert Meunier. Elle m’explique :

« C’est amusant et embêtant à la fois. Etre obligée de parcourir tous les magasins pour trouver le string en soie noir ou la culotte rose à pois blancs, c’est parfois un cauchemar ! D’un autre côté, ça me permet de faire des achats coquins plus souvent qu’une autre, mais je dois également me séparer de jolis dessous que j’aime beaucoup et c’est ce que j’ai le plus de mal à faire... »

Et quand ce n’est pas Rue69 qui envoie des clients à Sally, comment fait-elle ?

« J’ai créé un blog très récemment pour proposer du concret à mes clients. J’ai une vingtaine de clients pour l’instant. Je vais les chercher sur les forums, je leur envoie des messages, des mails quand je le peux, je passe des annonces, etc. Grace à mon blog tout neuf il est désormais plus facile de faire comprendre ma démarche aux amateurs, un simple lien et ils savent exactement à quoi s’en tenir, ça leurs donne également un petit aperçu de mon anatomie. »

Les clients sont des hommes francophones français ou belges, mais « les profils sont très variés, cela va du cadre ou honnête père de famille, au célibataire endurci ou même au jeune homme sous curatelle » m’explique Sally.

« Les clients sont souvent rapidement fidélisés »

Les ventes concernent essentiellement les petites culottes, même si les bas ont également beaucoup de succès, et qu’une personne a souhaité acheter une serviette périodique usagée. Pour des raisons d’hygiène, Sally ne souhaite pas porter un sous-vêtement plus de cinq jours d’affilée (mais d’après Rue89 une journée suffit largement à avoir l’odeur), au-delà du premier jour, les jours supplémentaires sont facturés 5 euros. Une culotte (25 euros) portée trois jours sera ainsi vendue 35 euros (plus frais de port).

Si Sally tient à son anonymat, les clients sont souvent rapidement fidélisés, en dehors de toute relation BDSM. De fait, certains hommes collectionnent les petites culottes usagées, et les fétichistes des pieds ou des jambes rêvent sur les bas. Sally accepte également qu’on lui envoie des dessous à porter mais, a-t-elle expliqué à Robert, « les tarifs restent les mêmes, cela va de soi. ». Commerçante donc… Au Japon, c’est le genre de business qui est très développé ; en France, Sally est peut-être une pionnière.

A lire aussi sur Rue69

Ma première nuit fétichiste, à la découverte du monde BDSM

Ailleurs sur le Web

Le fétichisme sur le blog Les 400 culs de Libe.fr

« Un traité minutieux et foisonnant sur l’érotisme japonais », article de Libération. Photos : panique à la rédaction de Rue89 à l’arrivée du string de Sally - Le string de Sally (DR)


Le string de Nikita dans la rédaction de Rue89 (DR)

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  • Diogène de Sinope
    • Posté à 20h21 le 02/02/2009
    • Internaute 58124

    Et une pub gratuite en page d’accueil de Rue 89 avec le lien en prime, une !

    Si avec ça elle ne double pas son chiffre d’affaire...

    Un grand merci à Rue89 qui lutte à sa manière contre la baisse du pouvoir d’achat en soutenant les petits artisans français malmenés par la crise.

    • Camille
      Camille répond à Diogène de Sinope
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 00h09 le 03/02/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Ah Diogène, elle a donné de sa personne pour ça... et je l’ai un peu malmenée parce que j’avais besoin de mes preuves avant de faire l’article. C’est de bonne guerre, je trouve, de lui laisser son lien. En plus, elle a un des rares sites qui ne soit pas plein de pop up, genre site porno payant sur le sujet.

  • delmarpol
    delmarpol
    no one is innocent
    • Posté à 20h33 le 02/02/2009
    • Internaute 62055
      no one is innocent

    et des slips sales, ça n’intéresse personne ? ? ? ?

  • malau
    malau
    Pub / Internet
    • Posté à 20h49 le 02/02/2009
    • Internaute 48474
      Pub / Internet

    J’espère que ça va inspirer plein de jeunes femmes ! :)))

  • pierrox
    • Posté à 20h59 le 02/02/2009
    • Internaute 13797

    En tout cas, elle ne devrait pas vendre ses soutiens gorge mais les garder. La loi de la gravité est sur le point de s’occuper d’elle de manière irréversible... ; -)

  • paco2lameteo
    paco2lameteo
    citoyen du monde
    • Posté à 21h27 le 02/02/2009
    • Internaute 60610
      citoyen du monde

    On vit vraiment une époque formidable ! Même question que PhiPoePsy : existe-t-il des personnes de la gente féminine intéressées par des slobards d’homme portés ? SVP, mesdemoiselles-dames, répondez ! Ne nous laissez pas souffrir ainsi dans l’ignorance !

    • paco2lameteo
      paco2lameteo répond à paco2lameteo
      citoyen du monde
      • Posté à 21h30 le 02/02/2009
      • Internaute 60610
        citoyen du monde

      Ah ! J’oubliais ! Je plains les pôvres postiers dans tout çà ! Tiens, une idée : au lieu de vendre nos slobards portés sur la toile, on n’a qu’à tous les envoyer au roi !

  • Benedicte.
    Benedicte.
    Jeune journaliste
    • Posté à 02h46 le 03/02/2009
    • Journaliste 62450
      Jeune journaliste

    je préfère travailler dans un hôtel, trouver un stage rémunéré, faire du baby sitting, donner des cours, que de penser que des inconnus obsédés fantasment sur mes sous vêtements et qui plus est mes propres sécrétions naturelles... Quelque part c’est une partie de toi, Nikita, non ?
    On peut comparer ça au téléphone rose, j’y ai pensé comme rémunération.. Mais rien que ça, ça me gênait, je trouvais ça malsain..
    tu dis avoir du respect pour ce genre de fétichistes..
    Si c’est du respect dans le sens de « admiration », je ne comprends pas..
    Je trouve ça dégueu et absurde, mais chacun ses fantasmes, donc je respecte leurs choix, mais je n’irai pas jusqu’à y participer..

    • Camille
      Camille répond à Benedicte.
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 22h57 le 03/02/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      Karin Bernfeld a écrit un excellent livre qui s’appelle « Alice au pays des femmelles » sur son expérience comme répondante de minitel rose (il y a autant d’hommes que de femmes d’ailleurs)...Heureusement pour vous Bénédicte, personne ne vous oblige à vendre vos sous vêtements !

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 07h22 le 03/02/2009
    • Internaute 62084
      Service Athée

    oui bof c est un aspect de la sexualité pas tres reluisant mais cela ne fait de mal à personne au contraire apparemment...
    je pense que fetichisme sado masochisme zoophile etc.......sont des conséquences d une sexualité perturbée au départ par des interdits moraux et ou religieux liée à un environnement familial ou « » on ne parle pas de ces choses la ’’’’’meme chez les travailleurs évolués et progressistes des années 50 et 60 je sais de quoi je parle......
    tant que cela ne conduit pas à des pratiques criminelles rien à dire.
    quoique la zoophilie......
    dans le etc....veuillez noter que je ne mentionne pas bien sur le gout légitime pour des personnes du meme sexe que le sien....

  • les nouveaux sans culottes
    • Posté à 09h30 le 03/02/2009
    • Internaute 60682
      sans illusions

    moi je peux pas la vendre car j en ai pas

  • Catw
    Catw
    Journaliste
    • Posté à 09h41 le 03/02/2009
    • Journaliste 52605
      Journaliste

    Je sens que le prix Albert Londres n’est pas loin pour l’auteure de cet article... non en fait, je plaisante. Ca va plutot etre le prix Femme Actuelle.

    • Camille
      Camille répond à Catw
      Auteur(e) de l'article Mauvais genre
      • Posté à 22h59 le 03/02/2009
      • Internaute 48427
        Mauvais genre

      l’auteure ? ou l’auteur ? enfin ne vous faîtes pas de soucis, je ne suis pas journaliste et ne risque pas d’avoir un prix de journalisme féminin ou masculin quel qu’il soit... d’ailleurs je ne lis que la presse en ligne !

      • Al-Ice
        Al-Ice répond à Camille
        -_-'
        • Posté à 23h06 le 03/02/2009
        • Internaute 54790
          -_-'

        auteur, sans e, peu importe le genre ;)

  • OISANS38
    OISANS38
    retraitée
    • Posté à 14h03 le 03/02/2009
    • Internaute 47327
      retraitée

    156 commentaires ? Tout ça pour ça !
    Je n’ai pas eu le courage de vous lire : j’espère que vous vous êtes bien amusés...

  • alberte
    alberte
    Sage-femme retraitée
    • Posté à 19h33 le 03/02/2009
    • Internaute 60250
      Sage-femme retraitée

    Beurk beurk ! ! !

  • deserteur
    deserteur
    Service Athée
    • Posté à 20h56 le 03/02/2009
    • Internaute 62084
      Service Athée

    j ,ai une vieille paire de charentaises de 2002 je les mets aux enchères

  • El doctor
    El doctor
    Citoyen errant
    • Posté à 21h26 le 03/02/2009
    • Internaute 67679
      Citoyen errant

    C’est vais que c’est marrant quand même mais... bon....

    La prochaine étape c’est « arrondissez vos fin de mois et faites le tapin ? Bon... C’est une manière de travailler plus pour gagner plus... ?

    Ok... Sinon j’ai parlé aujourd’hui avec Alain, un instituteur à la retraite...

    Pour arrondir ses fin de mois, il va ramasser des tomates dans les serres de bretagne. c’est à dire le smic a mi-temps soit environ 500 euros par mois.

    Résultat :

    L’année dernière, et vu les niveaux de ses revenus, il ne payait pas d’impôts. Maintenant, c’est à dire cette année il a eu droit à 300 euros d’impôts.... Plus 26 euros supplémentaires de taxé par mois (donc X12) pour la csg...

    Pour couronner le tout il a vu sa taxe d’habitation augmenter de 186 euros.... Je peux vous dire que son habitation n’est pas un palace ni un logement social de 350 M²...

    Soit un total de environs 800 euros d’impôts supplémentaire pour avoir travailler à mi-temps à ramasser des tomates....

    Sinon en attendant pour ceux que ça intéresse j’ai des vielles chaussettes

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