27/01/2009 à 14h28

La rupture entre les cadres et leur entreprise est-elle consommée ?

Sophie Verney-Caillat | Journaliste Rue89



A l’aéroport de Pékin en février 2008 (David Gray/Reuters).


Ce n’est pas encore la panique mais les indicateurs se multiplient. L’état d’esprit des cadres inquiète les directions des ressources humaines, selon Sandra Enlart, directrice générale d’Entreprise et personnel, association de DRH des 150 plus grosses entreprises françaises : « si on assistait à des refus de promotion en masse, c’est toute la machine de progression de l’entreprise qui serait remise en cause et donc la machine elle-même. »

Dans « Quand les cadres se rebellent » paru l’an dernier, les sociologues David Courpasson et Jean-Claude Thoenig pointaient le déphasage entre ces managers, âgés de 30 ou 40 ans, et leur hiérarchie. Refus d’appliquer les directives sans se les être appropriées, d’une intrusion de plus en plus grande dans la vie privée, refus qui ne vont pas jusqu’au mouvement social mais se traduisent par des pétages de plomb individuels.

Une exigence grandissante d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée

La dernière note d’orientation d’Entreprise et Personnel (réalisée tous les trois ans) rend compte pour la première fois de « refus de promotion ». Sandra Enlart précise : « Ces refus sont le symptôme de quelque chose de plus profond. Ces managers opérationnels, qui ont entre cinq et vingt-cinq personnes sous leurs ordres, sont confrontés à une double question :

- on leur en demande de plus en plus, ils doivent rendre compte de tout, être présents sur tous les projets transversaux, être polycompétents.
- de leur part, l’exigence d’équilibre vie professionnelle/vie privée ne cesse de s’affirmer. Du coup, ils pèsent le pour et le contre et se disent que ça ne vaut peut-être pas le coup et que la vie est ailleurs.

Voir le document

(Fichier PDF)

A lire l’enquête du cabinet de conseil Booz & Compagnie (lire le document ci-contre) qui a interviewé en décembre plus de 800 managers, “40% des cadres dirigeants avouent avoir des doutes quant à la crédibilité des stratégies mises en place dans leur entreprise pour traverser la crise. Et 46% se montrent sceptiques en ce qui concerne la capacité de leur direction à les mettre en œuvre.” Selon les auteurs de l’étude, ce manque de confiance “n’est pas lié aux compétences des managers mais au fait que la crise est arrivée de façon très violente”.

Dans son cabinet de coach où elle reçoit des managers à leur prise de poste, Elisabeth Galton est frappée par le développement d’une culture du plaisir :

“Ils cherchent à se faire du bien, misent plus sur les loisirs pour y arriver que sur le travail, comme s’il n’y avait plus moyen d’avoir du plaisir dans le travail. Très rares sont ceux qui vont jusqu’à demander des changements de fonction, mais les responsabilités font moins envie.”

Profiter des plan sociaux pour lancer enfin son projet personnel ?

Il est encore trop tôt pour dire ce que la crise va changer. La montée du chômage, y compris chez les cadres, limitera le nombre de démissions, bien que certains profitent déjà des plans sociaux et des primes au départ pour partir et réaliser un projet personnel.

Olivier Cousin, sociologue et spécialiste des cadres, n’a pas encore vu de cas allant jusqu’à la démission, mais remarque que “plus on est haut dans le management, plus on peut l’ouvrir, soit en refusant explicitement de se plier, soit en trainant des pieds, soit en menaçant : si vous faites ça, on va au casse-pipe.”

Cette affirmation du “droit d’expertise”, que l’on voit notamment chez les ingénieurs, croit avec la place dans la hiérarchie. A l’observatoire des cadres de la CFDT, on commence à se pencher sur le sujet à travers un séminaire “Comment anticiper les restructurations”, où l’on cherche à aider les cadres à mieux faire face à la crise. Mais ce centre de ressource n’arrive pas à faire remonter de témoignages sur le sujet. La parole est à vous.

Photo : à l’aéroport de Pékin en février 2008 (David Gray/Reuters).

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  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h39 le 27/01/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Ha ! ha ! c’est devenu tellement grave que meme les DRH s’en sont aperçus ...
    Et pas la peine qu’ ils prévoient des stages de motivations , des cercles de qualité , des coachs , des communications , ce sera PIRE . c’est le systeme delirant de management de secte américaine qu’ ils ont mis en place depuis vingt ans qui a tout cassé . C’est EUX , les DRH qui ont appliqué ces methodes absurdes, qui se prennent le boomerang qui leurs revient dans la figure ! Vous pouvez pas rester la , messieurs, sortez sans faire de scandale ..

    • piflechien
      piflechien répond à Numerosix
      animal domestique
      • Posté à 09h17 le 31/01/2009
      • Internaute 42424
        animal domestique

      Pas sûr que ce mal-là soit importé des Etats-Unis :

      Deux entreprises, dont une française, décident de faire une course d’aviron dans le but de montrer leur savoir-faire dans le domaine de la « galvanisation » des troupes. Les deux équipes s’entraînent dur. Lors de la première épreuve, les étrangers gagnent avec plus d’un kilomètre d’avance. Les français sont très affectés. Le management français se réunit pour chercher la cause de l’échec. Une équipe d’audits constituée de seniors managers est désignée. Après enquête, ils constatent que l’équipe française, qui est constituée de dix personnes, n’a qu’un rameur, alors que l’équipe étrangère comporte un barreur et neuf rameurs. La direction française décide de faire appel au service de consultants internes. Leur avis, entouré de précautions oratoires, semble préconiser l’augmentation du nombre de rameurs. Après réflexion, la direction décide de procéder à une organisation. Elle décide de mettre en place un manuel qualité, des procédures d’application, des documents de suivi...Une nouvelle stratégie est mise en place, basée sur une forte synergie. Elle doit améliorer le rendement et la productivité grâce à des modifications structurelles. On parle même de zéro défaut dans tous les repas brainstorming. La nouvelle équipe constituée comprend maintenant : 1 directeur général d’aviron 1 directeur adjoint d’aviron 1 manager d’aviron 1 superviseur d’aviron 1 consultant de gestion d’aviron 1 contrôleur de gestion d’aviron 1 chargé de communication d’aviron 1 coordinateur d’aviron 1 barreur 1 rameur La course a lieu et les français ont deux kilomètres de retard Humiliée, la direction prend des décisions rapides et courageuses : elle licencie le rameur n’ayant pas atteint ces objectifs, vend le bateau et annule tout investissement. Avec l’argent économisé, elle récompense les managers et superviseurs en leur donnant une prime, augmente les salaires des directeurs et s’octroie une indemnité exceptionnelle de fin de mission.

      Le management français a une logique hiérarchique copiée de la
      haute fonction publique, où, plus avez de personnes sous votre direction dans l’organigramme, plus vous êtes valorisé. Et le problème ne date pas d’hier : « Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d’une bibliothèque : ce sont les plus haut placés qui servent le moins » disait Clémenceau. Le vocabulaire anglo-saxon, c’est simplement pour montrer qu’on est moderne.

      • aztlan
        aztlan répond à piflechien
        consultant informatique
        • Posté à 18h01 le 06/02/2009
        • Internaute 68965
          consultant informatique

        Splendide parabole ! C’est à peine caricatural... Mais, est-ce vraiment un mode de fonctionnement franco-français ? Gagner de l’argent en dirigeant, en controlant, en conseillant, en coordonnant, en controlant celui qui controle, en conseillant celui qui controle le dirigeant du coordinateur... c’est pas un peu une maladie mondiale ? ?

         
        • piflechien
          piflechien répond à aztlan
          animal domestique
          • Posté à 15h04 le 12/02/2009
          • Internaute 42424
            animal domestique

          Pas vraiment, pas anglo-saxonne en tout cas. Chez eux, si vous plantez la boîte, vous n’avez droit à aucune promotion.

        1 autres commentaires
  • vol19
    • Posté à 15h54 le 27/01/2009
    • Internaute 13492

    Que voulez-vous ? Depuis plus de vingt cinq ans, on leur a fait prendre des vessies pour des lanternes... Toutes les modes y sont passés, toutes les techniques de communication, dérivés de produits psychologiques y sont passés, de plus en plus invasifs, tous les non congruences ont été pratiqués (écart entre le discours et les pratiques réelles), sans compter : vivre des aberrations stratégiques, la folie des injonctions des marchés financiers, l’arrogance et la protection éhonté de la caste des très hauts dirigeants, il sont bien fini... par comprendre qu’ils sont tous sur des sièges éjectable, que leur travail, leurs compétences, et quoi qu’ils fassent n’ont aucun rapport avec leur situation matérielle, progression, et qu’au final ils finiront probablement tous par être virés. La question est de tenir le temps qu’il faut, en étant emmerdé le moins possible et obtenir le meilleur chèque de départ.
    Assurément, c’est la punition méritée pour l’entreprise qui se profile, management pervers et archaique, manipulations en série, fatigue de toutes ces évaluations transversales managériales... Oui la « France est malade du management » (en rapport à l’Afrique, il y a vingtcinq ans)... et justement personne ne se presse pour inventer et innover (les nouveaux produits et concepts) pour le sortir, ceci parce que personne ne veut prendre de risques, çà n’en vaut pas la peine et que nombreux managers sont « vidés »)
    Toute ceci ne s’est absolument pas produit en 6-8 mois, mais est bien le produit d’un long processus qui s’est étalé sur quinze/ vingt ans, des « alertes » n’ont pas manqué dans les milieux en questions mais celles-ci ont été superbement ignorées. Ce cumul de démission individuelles, de gens qui vont savoir « faire semblant » et freiner est probablement bien pire pour les entreprises que des grèves. Quelquechose qui évoque les mutineries de la grande guerre...

    • Numerosix
      Numerosix répond à vol19
      Prisonnier dans le village (...)
      • Posté à 16h22 le 27/01/2009
      • Internaute 14499
        Prisonnier dans le village (...)

      Ha ben on est bien d’ accord , Numero 19 .

      Un contradicteur pour venir défendre les méthodes de management depuis 20 ans ?

      Personne pour relever le « challenge » ?
      ....

      Personne .

      • Adéménagé le 3 janvier 2011
        • Posté à 16h53 le 27/01/2009
        • Internaute 29846
          menuisier

        Pour ceux qui veulent entendre un vrai moment de bohneur (il est nécessaire d’auparavent faire une consomation massive de produit illicite, sinon l’ordi vole par la fenêtre).

        Lien

        Une dame expert s’offusquait (de mémoire) que « les gens » missent dans l’ordre de leurs préférences leur famille, leurs loisirs et seulement en troisième leur entreprise..

         
        • yoye-2000
          yoye-2000 répond à Adéménagé le 3 janvier 2011
          se leve tard et travaille mou
          • Posté à 18h41 le 27/01/2009
          • Internaute 48274
            se leve tard et travaille mou

          ah oui, je l’ai entendu ! je me suis demandé si ca n’était pas un espèce de happening radiophonique.
          TOut simplement formidable !

        1 autres commentaires
      • vol19
        vol19 répond à Numerosix
        • Posté à 17h11 le 27/01/2009
        • Internaute 13492

        Ils ne viendront pas sur rue89, publient dans leurs petits bulletins, notes confidentielles, revue professionnelles, çà fait de l’image entre ceux de la profession. Certains sont dans le déni, d’autres le savent mais attendent le retraite, d’autres y trouvent du plaisir, un erzatz de pouvoir et de reconnaissance, çà en fait jouir certains au point que c’est indispensable, sinon, ils n’existent plus...

         
        • pablico
          pablico répond à vol19
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
          • Posté à 19h07 le 27/01/2009
          • Internaute 14278
            À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

          ses derniers temps pour ne pas les augmenter sérieusement, on leur donne, un téléphone portable, un ordinateur portable, et une voiture de fonction (pas portable).

          bien sur c’est payer avec de la monnaie de ’demi singe’.

          Tout cet argent, entre dans la comptabilité, sera amorti au point de vue comptable, mais n’ira jamais engraisser les diverses caisses sociales, la maladie, les retraites etc...
          le téléphone portable pour être joignable 24h/24 et 7j/7
          l’ordinateur portable pour travailler plus en gagnant pareil.
          La voiture, c’est un cadeau ....il faut dire merci (allégeance).

          qui gagne à court terme ?
          qui perd à long terme ?
          qui est le dindon (portable) de la farce ?

        1 autres commentaires
      • yoye-2000
        yoye-2000 répond à Numerosix
        se leve tard et travaille mou
        • Posté à 18h55 le 27/01/2009
        • Internaute 48274
          se leve tard et travaille mou

        moi, je ne veux pas le relever.
        D’autant plus qu’on parle là de cadres dirigeants en grandes entreprises.

        En gros, une belle bande de complets noirs-cravate blackberrisés dont le support de pensée est le tableau excel et la langue le franglais agressif, tout ça avant tout par goût du pouvoir et en échange de salaires équivalents au PIB annuel d’un petit pays d’Afrique.
        Bref, ceux là même qui sont à l’origine et qui ont mis en œuvre ces politiques de management décriées maintenant...
        De là à dire que ça leur fait les pieds...

        Lien

         
        • vol19
          vol19 répond à yoye-2000
          • Posté à 20h35 le 27/01/2009
          • Internaute 13492

          « D’autant plus qu’on parle là de cadres dirigeants en grandes entreprises. En gros, une belle bande de complets noirs-cravate »

          Plutôt de grandes entreprises ou de PME rachetée et filialisées. Ce sont aussi des « cadres techniques », « cadres commerciaux », ingénieurs, chefs de service, responsables divers etc... tout ce qui fait cette étrange notion statutaire de « cadre » en France quelqu’un qui cotise à l’Agirc, est supposé avoir des responsabilités sur autrui, ne pas compter ses heures, avoir droit à un préavis de licenciement, éventuellement un Bac+4 et + dans certains entreprises, des jeunes et des vieux de 45 ans (de moins en moins nombreux), des en blouse aussi... de toute sortes, des qui ont cru à leur boulot, à leur boite, à leurs pairs, à une certaine vision du mérite et de la promotion sociale (là aussi de moins en moins).

          • XavXav
            XavXav répond à vol19
            • Posté à 21h41 le 27/01/2009
            • Internaute 28444

            ça fait longtemps qu’un cadre n’a plus de responsabilité sur quiconque !

            Dans mon expérience, sont cadres tous les petits jeunes à peine embauchés à statut ingé qui n’encadreront jamais personne mais produiront eux-même avec leurs petites mains une étude ou un doc technique quelconque.

            Les techniciens sont encadrés, n’ont pas d’initiatives, et sont petit à petit éliminés vers la sous-traitance et l’intérim

            les ingé sont cadres (y’a pas d’horaire, c’est plus pratique pour la boite), font des boulots qui auraient été confiés à des techniciens il y a 20 ans, et deviennent -dans les services- les nouveaux agents de production.

            Restent quelque part les cadres sup, qui encadrent tout ce petit monde, et décident (parfois) de l’avenir de la boite.

        2 autres commentaires
  • wingos
    • Posté à 17h04 le 27/01/2009
    • Internaute 14693

    Sujet intéressant que celui de la motivation des cadres, il semble que se soit un mouvement de fond qui vienne de plus loin. En 2005 déjà sortait un ouvrage court sur le sujet « La fatigue des élites : Le capitalisme et ses cadres » qui ne donnait pas de réelles solutions mais établissait un diagnostique précis. Le système ne tourne pas rond, mais maintenant tout le monde est au courant !

  • EntreprendreKESSDONK
    EntreprendreKESSDONK
    Veilleur de Jours Meilleurs
    • Posté à 21h42 le 27/01/2009
    • Internaute 59268
      Veilleur de Jours Meilleurs

    Héritage de la pensée marxiste qui voulait que tout ce qui est collectif et étatique est forcément meilleur que ce qui est entre les mains des salauds de petits patrons exploiteurs on voit à quoi tout cela mène …

    Les spécialistes en relation sociales et management se réveillent avec la crise en se rendant compte que dans les grosses boites, la légitimité de la vision est d’autant moins évidente qu’elle est délivrée par des ectoplasmes de fonds-propriétaires inconnus, perdus dans le fin fond de l’ukraine ou de la californie.

    Les syndicats qui n’ont encore rien compris, exigent encore des statuts toujours plus forts pour permettre à tout le monde rester dans ces usines à stress. ! ! ! ! ! Ca frise la complicité active et non assistance à personnes en danger !
    L’idée de militer pour avoir le droit et les moyens de changer de boite ne les a pas effleuré. Et que feraient ces grandes boites si tous les talents se barraient dans les PME (ou les grandes boites bien managées il y en a !) ? ? ? ?
    Et que feraient les boites si les gens avaient les moyens de leur mobilité (de la confiance en soi + de la compétence).
    Patronat et syndicats ont fait le choix implicite de régner sur des armées d’esclaves.
    C’est plus simple que de faire grandir des hommes et des femmes libres.

    L’humanité va ainsi : moins on a confiance en elle et en soi plus on va chercher la protection des grands et des pseudo-statuts et plus ils en profitent pour vous exploiter.

    et les grandes écoles continuent à se vanter de la réussite dans les grandes boutiques (qui les finance il est vrai)

    Bon allez , toutes les grosses boutiques ne sont pas mauvaises non plus. Mais si le bonheur d’y travailler étaient privilégié au seul pognon qu’on s’y fait on aurait une armada de cadres qui choisirait le camps des carrières ... durables !

  • Itaki
    Itaki
    OnTheAirTonignt
    • Posté à 01h02 le 28/01/2009
    • Internaute 63001
      OnTheAirTonignt

    Et à 40 ans soit vous faites partie des 10% de lèche-c... qui passent cadres sup dans les directions feutrées, soit vous commencez à décliner dans l’échelle de valeur jusqu’à être jeté à 50 ans et un précaire dans la galère de plus !
    J’exagère mais c’était la direction de l’optimisation du processus global. Du coup, les caves se rebiffent et la crise accentue les réactions. Il ne va pas rester grand monde pour défendre le système.

  • JP_JP
    • Posté à 13h30 le 28/01/2009
    • Internaute 18274

    Ha ! si la cfdt s’en occupe, alors on est sauvés !

  • marie 75
    • Posté à 15h23 le 28/01/2009
    • Internaute 3563

    il fut un temps où les cadres se croyaient protégés...

    Mais maintenant ... ils voient qu’ils ne sont que des pions. Les cols blancs ayant votés UMP ne sont plus protégés :

    La crise économique mondiale pourrait mettre au chômage jusqu’à 51 millions de personnes « si la situation continue de se détériorer », a averti mercredi le Bureau international du travail (BIT) dans son rapport sur l’emploi en 2009.
    « Par rapport à 2007, le nombre de chômeurs pourrait augmenter de 18 à 30 millions à travers le monde, et même de 51 millions si la situation continue de se détériorer », a affirmé le BIT.

    Selon ce dernier scénario, le plus défavorable, le nombre de chômeurs dans le monde atteindrait 230 millions, contre 190 millions en 2008 et 179 millions en 2007, affirme le BIT.

    Plus de 200 millions de « working poors »
    Le rapport indique également que « plus de 200 millions de personnes, la plupart dans les économies en développement, pourraient venir grossir les rangs des travailleurs extrêmement pauvres » si ce « scénario du pire » se concrétisait.

    Le BIT se veut « réaliste, non alarmiste ». Il considère que la crise économique « a élevé le niveau d’inquiétude » au sujet des répercussions sociales de la mondialisation.

    ats/jeh

  • anonymous_coward
    anonymous_coward
    Commercial
    • Posté à 11h29 le 29/01/2009
    • Internaute 15503
      Commercial

    Dans les pme, le cadre moyen, entité floue, ne manage pas ses équipes, il transmet ou pas les rares infos qu’il obtient de sa hierrarchie qui ont un sens. Les cadres même très haut ne participe que peu à la stratégie et à la vision de l’entreprise. Les actionnaires et les banques dictent la plupart des actions qui parasitent complètement le fonctionnement interne.

    Le management a disparu le jour de la disparition des évolutions au sein de l’entreprise. Pour être mieux payé et DONC mieux reconnu, il faut impérativement changé d’entreprise.

    Les promotions avec 2% d’augmentations ne sont PAS des opportunités mirobolantes d’évolution et de développement personnel offertes aux salariés.

  • azerty69
    azerty69
    ExecutieveBranleur
    • Posté à 20h14 le 29/01/2009
    • Internaute 42089
      ExecutieveBranleur

    De quels cadres parlent-on ?

    - Soit vous avez fait une (vraie) grande école et là vous pouvez être un (vrai) cadre en entreprise.
    - Soit vous n’avez pas fait d’école. Là, vous avez ceux en entreprise qui ne sont cadre que par le nom. Les autres : les bons, les motivés, les « winners », les travailleurs, les inteligents, les couillus... Ils montent leurs boites, font indépendants, consultants...

    Y’a pas de mystère on en a souvent pour son argent...

    • yamato
      yamato répond à azerty69
      • Posté à 22h17 le 04/05/2009
      • Internaute 21748

      « Les autres : les bons, les motivés, les “ winners ”, les travailleurs, les inteligents, les couillus… Ils montent leurs boites, font indépendants, consultants… »

      C’est du second degré ? Non ! ...

      Pourriez-vous me dire ce que c’est que « faire indépendant » (mon fils fait du vélo, j’ai un copain qui à fait la Grèce, cet été, mais là, j’ai besoin d’explications).

      Quant au consultant couillu, si tant est que le terme veuille dire quelque chose, je préfère l’utiliser pour les faiseurs que pour les conseilleurs.

  • Marcus-Aurelius
    Marcus-Aurelius
    Cadre Paris
    • Posté à 16h06 le 01/02/2009
    • Internaute 34622
      Cadre Paris

    Bonjour,

    C’est très décevant et incroyable de voir à quel point certains organismes ou pseudo indicateurs du secteur emploi, un grand nombre de média…., nous bassinent avec leur version « soft » de la crise, pour ne pas déranger (…) certains ! !

    Je travaille depuis pas mal d’années dans un grand groupe international, qui n’a plus besoin de prouver son impact dans l’économie et qui emploie des milliers de personnes dans le monde entier.
    Évidemment et malheureusement pour eux, ils sont cotés en bourse (…)
    Depuis le mois de septembre, le groupe à perdu 75% de sa valeur et l’action est toujours en chute libre, ne valant plus grand chose à ce jour.

    Perte de motivation ? Culture du temps libre ? Refus d’entreprendre des nouvelles responsabilités ou fonctions ? Manque de crédibilité et d’adhésion envers la DG ou stratégie du groupe ? ….
    Ils sont à coté de la plaque ! !

    Non seulement, personne, je dis bien personne ne le doit monter, au risque de voir son poste menacé voir même remercié, mais aussi, chacun doit être capable de se remettre en question, en acceptant obligatoirement des nouvelles responsabilités ! Tout cela lié, bien évidemment, à des nouveaux objectifs, tant sur le plan quantitatif que qualitatif !
    La charge de travail grandissante, le manque d’effectifs, les budgets bloqués, des vacances refusées, l’immobilisme de certains dirigeants, rien n’y fait ! On est « engagés » et devons y faire face quoi qu’il arrive.

    Le salaire ? Pour les cadres intermédiaires et ou sup., ils sont le plus souvent au forfait…et la rémunération c’est un sujet qui ne s’abordera qu’à la fin, une fois la stabilisation (s’il y a lieu…) bien en place et surtout ! ! au bon vouloir des actionnaires ! !

    L’adhésion à la stratégie et ou aux perspectives du groupe, se vit au quotidien, dans chaque projet, mail, conversation téléphonique, rdv, entretiens…, voir même au tour d’un café….
    Vous croyez que tout « roule » sereinement ? Et bien Non ! Tout se scrute, s’analyse, s’entrevoit, s’anticipe, se construit, se planifie et se compare pour écarter éventuellement et en douceur (…) tout mécanisme improductif et néfaste ! !

    Tout ceci je le côtoie toutes les semaines et dans pas mal de secteurs et entreprises.

    J’aime mon métier et le travail ne m’a jamais fait peur ! ! Mais de grâce ! Qu’ils arrêtent de nous saouler avec des arguments gentillets et carrément faux ! !

    Qu’ils commencent avant tout à nous montrer comment les rouages d’une entreprise fonctionnent (y compris les mécanismes financiers qui les font vivre) et en suite d’une manière transversale, les implications liés à cette crise, qui en résultent.

    Mais bon….je n’y crois pas trop !

    Bonne journée

  • Corsaire du Peuple et de la Raison
    Corsaire du Peuple et de la Raison
    il parait qu'il faut penser (...)
    • Posté à 05h07 le 03/02/2009
    • Internaute 46482
      il parait qu'il faut penser (...)

    Du temps où on ne délocalisait que les ouvriers tout allait bien maintenant que ces derniers redoutent aussi de se faire délocaliser trahis par un hierarchie qu’ils ont chérie, là tout à coup, il y a comme un doute qui s’installe...
    Après quelques suicides et mass murder façon columbine dans les entreprises, on commencera à se poser des questions...

  • mar_le
    mar_le
    Ni oui, ni non
    • Posté à 23h36 le 04/02/2009
    • Internaute 30377
      Ni oui, ni non

    Au gré des rachats, repositionnements stratégiques et restructurations, l’enteprise , de mère aimante et bienveillante est devenue une mégère volage et indigne.

    En 18 ans de travail et en passant de la pub à l’informatique, j’ai accumulé pas moins de 5 fusions/acquisitions, 3 repositionnements stratégiques avec changement de fonction, assisté au débarquement de 3 patrons... Dans ma carrière informatique, j’ai monté des projets visant à commercialiser des applicatifs, qui au gré des vents et changements d’humeur étaient abandonnés par la direction après 6 à 24 mois. J’ai aujourd’hui passé trois ans à maitriser par moi-même l’utilisation d’un programme complexe qui, dès 2009, ne sera plus vendu : nous avons été rachetés et ’la nouvelle direction a d’autres ambitions’.

    Dans la foulée, on a liquidé le département qui s’en occupait

    Difficile dans ce contexte de trouver les ressources en soi pour être motivé et dévoué à une entreprise dont il devient difficile de cerner les vues et les stratégies. Il devient impossible de comprendre ce qui noue et consolide la relation entre un employé et son entreprise. Le patron que vous rencontriez dans l’ascenseur est devenu un pion piloté par des types souvent à l’autre bout du monde qui ne vous connaissent pas et qui de toute manière, n’auront ni l’envie ni la possibilité de vous juger. L’évaluation individuelle a cédé le pas à l’évaluation stratégique.

    Enfin, avec la division du travail induite par la complexification de celui-ci et la volonté d’être « efficace », les responsabilités se sont diluées. Si, aujourd’hui vous avez une bonne idée touchant votre travail propre, il vous faudra probablement convaincre 2 départements, 5 personnes, dont probablement la moitié est située dans un bureau à l’autre bout du pays et qui ne vous a jamais vu. Conclusion : vous remballez votre bonne idée.

  • Tweakee
    Tweakee
    électron libre
    • Posté à 00h58 le 28/02/2009
    • Internaute 50024
      électron libre

    Je ne suis pas étonné que ça n’aille pas dans les entreprises meme pour les cadres. Eux aussi commencent à en avoir raz-le-cul de ce système. Il y a encore quinze ans ils acceptaient toujours de mettre entre parenthèse leur vie de famille pour être bien payé et favoriser leur carrière. Désormais tout ça c’est terminé ! vu qu’ils ne sont pas mieux considéré et qu’ils peuvent perdre leurs postes comme les autres. On peut les comprendre, plutôt que de bosser pour des financiers qui n’ont que le mépris, autant privilégier la vie de famille.

  • Cadre modele
    Cadre modele
    Consultant RH
    • Posté à 16h39 le 28/01/2009
    • Internaute 13530
      Consultant RH

    La crise permet juste de montrer que l’entreprise n’a pas les bons outils.
    A investir dans des logiciels d’évaluation du recrutement au management, les cadres s’aperçoivent des limites du système et de ses effets pervers.

    Que fais-tu cadre de proximité derrière ton PC ?

    La proximité c’est avec l’homme, pas la machine et ses logiciels ;)

    Travailler plus pour :

    - Plus d’argent ? c’est fait
    - Plus de confort ? c’est fait
    - Plus de plaisir ? C’est quoi ?

    Où sont les logiciels d’évaluation du plaisir pour plus de résultats ?

    Bienvenue dans le real World ;)

  • XavXav
    • Posté à 16h39 le 28/01/2009
    • Internaute 28444

    ça fait longtemps qu’un cadre n’a plus de responsabilité sur quiconque !

    Dans mon expérience, sont cadres tous les petits jeunes à peine embauchés à statut ingé qui n’encadreront jamais personne mais produiront eux-même avec leurs petites mains une étude ou un doc technique quelconque.

    Les techniciens sont encadrés, n’ont pas d’initiatives, et sont petit à petit éliminés vers la sous-traitance et l’intérim

    les ingé sont cadres (y’a pas d’horaire, c’est plus pratique pour la boite), font des boulots qui auraient été confiés à des techniciens il y a 20 ans, et deviennent -dans les services- les nouveaux agents de production.

    Restent quelque part les cadres sup, qui encadrent tout ce petit monde, et décident (parfois) de l’avenir de la boite.

  • guyfawks
    guyfawks
    Etudiant
    • Posté à 12h50 le 30/01/2009
    • Internaute 51608
      Etudiant

    Je suis encore étudiant mais déjà dans la vie active à temps partiel avec le statut de cadre. Cet article me laisse sceptique. J’aime mon boulot et je met du coeur à l’ouvrage. Plus j’en fait, plus on m’en demande et de projet en projet, je me débrouille pour monter en responsabilité. C’est plutôt flatteur. c’est surtout normal.
    Il se trouve que j’ai des études à côté, que je fais beaucoup de théâtre aussi. Mon entreprise le sait. Elle se plie à mes exigences : je choisis mes dossiers, je bosse comme je l’entends, je décide des jours où je viens, de mes vacances etc... Je ne suis pas dans une entreprise humaniste, mais je fais du bon boulot et ma boite veut me garder, crise ou pas.

    C’est un rapport de force. Tant que je suis attractif je peux poser des conditions. Cela me paraît sain, très sain. Mais il faut laisser les sentiments de côté. C’est du calcul. Personnellement, je n’envisage pas de ne pas prendre mon pied au boulot : je vais y passer une bonne partie de ma vie, je refuse de bosser pour 5 semaines de congés payés et quelques RTT. Ca aussi ma boite le sait. Elle ne l’a pas deviné, je l’ai dit à mes supérieurs.
    Je ne suis pas sûr que le cadre sup ait commencé à ouvrir sa gueule en arrivant à son poste de dirigeant. Les gens qui réussissent autour de moi sont justement ceux qui savent ce qu’ils veulent, le disent et prennent leurs responsabilités. Certainement pas ceux qui restent dans les rangs et prennent sur eux en baissant la tête.

    Le probleme ne vient peut-être pas des entreprises mais des cadres eux-mêmes, de la peur du changement qui pousse à subir une situation inconfortable plutôt que de prendre le risque de tout perdre (ou tout gagner...)

  • zikpoltech
    zikpoltech
    cadre
    • Posté à 17h15 le 30/01/2009
    • Internaute 67577
      cadre

    Etant cadre en informatique dans une entreprise privée de service public, je n’encadre personne et je réalise des tâches qu’un technicien pourrait faire très bien.
    Je n’ai pas beaucoup de responsabilités mais quand même à mon petit niveau j’en ai et ça ne me plait pas du tout parce que je n’ai aucune reconnaissance pour ça. C’est normal, pense-t-on, que je fasse ça.
    Alors non, je n’ai pas envie d’avoir plus de responsabilité. En plus, comme je ne suis pas très habile négociateur, je pourrais trop me faire avoir en me faisant refiler un paquet de grosses responsabilités sans être payé en conséquence.
    Le problème est vraiment un problème de fond : en 20 ans, 9,3% du PIB a glissé des salaires vers le capital !
    Tous les employés sont toujours trop chers, et les cadres n’échappent pas à la règle. Eux aussi sont remplaçables et corvéables, en plus sans pointeuse…
    Au fait, aujourd’hui, je fais grève !

    Lien

  • aslan
    aslan
    Autre
    • Posté à 14h44 le 07/02/2009
    • Internaute 24857
      Autre

    Clair que la rupture est consommée entre les cadres moyens et sups, et le groupe des sups lui même se fragmente. Ça colle assez bien avec l’analyse d’Emmanuel Todd sur les évolutions en cours (« Aprés la démocratie »). Bonne nouvelle car les conditions de conflits sociaux victorieux se réunissent.

  • Sound of Single
    Sound of Single
    Travailleur
    • Posté à 10h40 le 08/04/2009
    • Internaute 53118
      Travailleur

    J’ai longtemps travaillé pour la filiale française d’un groupe Allemand, et maintenant je travaille en France, pour une société Italienne.
    Alors je ne peux m’empêcher de comparer et les différences sont quand même très nombreuses.
    Le premier point, c’est la pointeuse.....cette spécificité française du travail « au forfait » des cadres est choquante pour nos voisins. De plus, à part le manque à gagner pour le salarié, la société française a tout intérêt de multiplier le statut cadre, qui de fait,ne correspond plus vraiment à sa définition initiale.
    La dessus, et dans être caricatural, on observe depuis une quinzaine d’années une dévalorisation de nos diplomes, c’est la raison pour laquelle on trouve de plus en plus d’ingénieurs qui font un boulot de technicien. Ils sont donc cadres, ont un diplôme mais un job qui ne correspond pas vraiment à leur qualification.
    Dans ma société allemande, il y avait 6 ingés pour 240 salariés, dans ma société Italienne, le responsable du Bureau d’études, le directeur technique, le responsable de production et le Boss sont ingés, en France, surtout dans les grosses structures, le moindre technicien méthodes a diplôme d’ingé.
    Je pense que c’est le manque de repères qui posent autant de problèmes, problèmes de motivation, d’identification, de lisibilité.
    Les sociétés en tirent un certain profit à court terme, et le long terme lui est envisagés dans des pays plus jeunes, plus dynamiques et donc plus propices au développement.