enquete 29/08/2007 à 20h51

Les suicides du métro, tabous et traumatismes

Ophélie Neiman | Miss GlouGlou

La RATP est discrète sur les « accidents graves de voyageurs », mais les collisions peuvent traumatiser les conducteurs de rame.


Dans le métro parisien (Audrey Cerdan/Rue89).

Lundi, 9h45, ligne 9. Le métro s’arrête, le courant est coupé. La voix du conducteur retentit : « En raison d’un accident grave de voyageur, vous êtes priés de descendre immédiatement de la rame. » Quelques grommellements parmi les personnes présentes, mais la plupart ont la mine inquiète. « Accident grave », cela veut dire que quelqu’un est tombé sur les voies. Peut-être un suicide. Les voyageurs ont l’habitude.

Ce jour là, personne n’a été heurté. En arrivant à la station Voltaire, le conducteur de la rame a eu le temps de voir quelqu’un tomber sur les voies, de faire couper le courant et stopper le métro. L’issue est rarement aussi heureuse.

Le sujet est tabou, comme en témoigne le nombre de nos interlocuteurs qui ont désiré rester anonymes. Et il est difficile d’avoir des statistiques ou des informations sur ces « accidents de personne ». Le point en quatre questions.


Combien de suicides ?

Derrière l’expression « accident grave de voyageur », se cachent plusieurs réalités dont on parle peu. Il peut s’agir d’un voyageur qui tombe accidentellement, d’un inconscient qui tente de traverser les voies ou qui descend ramasser un objet. Fréquemment toutefois, c’est une tentative de suicide.

Tentative, car près de la moitié des personnes percutées survivraient, mais toujours avec des séquelles très importantes. Comme l’explique brutalement un représentant de la CGT-RATP : « Les gens ne meurent pas sur le coup. Ils ont les membres écrasés par la rame, mais avec la chaleur des voies, les plaies sont aussitôt cautérisés. »

Difficile de recueillir des témoignages sur ces événements : délicats pour la RATP, susceptibles d’encourager les suicides selon les psychiatres. « On sait que le métro et la Tour Eiffel sont deux lieux parisiens privilégiés pour les tentatives de suicide », précise-t-on à l’hôpital Saint-Anne. « Mais il est très délicat d’en parler, car on redoute les conséquences les jours suivants. »

Les chiffres, eux aussi, sont rares. A la RATP, on évoque 70 « accidents graves » en 2006, une paille comparés « aux 2,8 milliards d’utilisateurs sur la même période. Et la proportion de suicides est plus faible qu’on ne le croit ». Aucun chiffre précis n’est avancé.

Au comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), les chiffres sont tout autres : 189 accidents sur voies en 2005, 149 en 2006. Les chiffres auraient la même source : la RATP. « Et les suicides représentent une grosse part », témoigne Michaël Bignotti, élu CHSCT. « Après les fêtes, après les vacances, il y a beaucoup plus ’d’accidents’. »


Quelles personnes se jettent sur les voies ?

A notre connaissance, il n’existe pas, en France, de rapports sur le type de personne qui choisit le métro pour tenter de mettre fin à ses jours. C’est au Canada que l’on trouve quelques études, comme celle-ci, datant de 1996.

On y décèle une proportion importante de personnes vivant en institution médicale, ou soignées pour des « problèmes de santé mentale ». Un relevé de la situation à Montréal qui semblerait correspondre à Paris, selon les agents RATP : « La station Corvisart, proche de l’hôpital Sainte-Anne, est régulièrement un lieu de drames. »

L’étude canadienne relève que les suicidés du métro ont, plus souvent que les autres, consommé de l’alcool ou des drogues avant de passer à l’acte. Il s’agit souvent de personnes en situation « marginale ». Cependant, pour les personnes en état d’ébriété ou vivant dans le métro, il est parfois difficile de distinguer l’accident du suicide.


Quels traumatismes pour les témoins ?

Suicides ou accidents, les témoins se disent tous traumatisés. Les voyageurs, dont on trouve sur Internet quelques récits, mais surtout les conducteurs de rame. On estime qu’en moyenne, un conducteur assiste à une tentative de suicide dans sa carrière.

Depuis huit ans, l’Institut d’accompagnement psychologique et de ressources (l’IAPR), accueille sur demande les agents RATP qui en ressentent le besoin. Mais tous n’y vont pas. « Il est encore trop répandu que cela fait partie du métier, que le conducteur s’y habituera », annalyse Jacques Rondeleux, directeur général de l’IAPR. Pourtant, les conséquences d’un tel traumatisme peuvent être graves. Une des psychologues cliniciennes nous fait part de ses observations :

« Le traumatisme peut apparaître longtemps après. Le patient ne dort plus, il est hanté par l’image du choc, ou parfois par le bruit, l’odeur. Le degré de traumatisme peut aussi dépendre du contact qu’a eu le conducteur avec la victime. Si leur regard se sont croisés, s’il lui a tenu la main en attendant les secours, les conséquences psychologiques peuvent être plus importantes. Certains patients viennent nous voir dans un état grave, parce qu’ils ont attendu le deuxième ou troisième accident avant de venir nous en parler. »

Aux dires d’agents de la RATP, certains ne parviennent plus à conduire. Ni métro, ni voiture. Ni même passer dans la station où a eu lieu l’accident. Michaël Bignotti, du CHSCT-Métro, décrit les conditions de freinage à bord d’une rame, et les conséquences qui en résultent, même quand le drame est évité :

Le traumatisme peut aussi apparaître lors de l’enquête qui, bien qu’acceptée, est parfois considérée comme culpabilisante :


Quelles préventions ?

Pour éviter les accidents, les conducteurs ont pris l’habitude de s’entraider : « Il nous arrive quotidiennement de prévenir un collègue arrivant en face qu’on a repéré, sur son prochain quai, un homme louche. Et qu’il convient de réduire la vitesse par sécurité », raconte l’un d’eux.

Sur la ligne 4, réputée dangereuse car rapide, des « fosses anti-suicides » ont été construites, petits abris creusés sous les quais, le long des voies. Efficacité « relative » selon la RATP, « avérée » selon les agents CGT : « Les victimes sont ainsi poussées par le train, mais ensuite éjectées dans les fosses au lieu d’être écrasées ».

Mais pour l’administration de la RATP, le danger majeur vient des intrusions trop fréquentes sur les rails. Taggeurs, toxicomanes cachés dans les couloirs, fêtards éméchés qui traversent entre deux rames... Des barrières de séparation des voies, récemment installées, auraient ainsi joué sur la légère baisse observée l’an dernier.

Il est un aménagement plus efficace encore. Les portes palières, installées sur les quais de la ligne 14 et dont la ligne 1 devrait se doter d’ici 2011. Comme dans le métro de Lille, elles ne s’ouvrent que pour laisser les voyageurs monter dans la rame. Les chiffres sont éloquents : sur la ligne 14, aucun accident n’a été recensé l’an dernier.

Mais en cas de problème, impossible de compter sur une intervention humaine : les rames sont pilotées automatiquement. Si bien que, comme le remarque avec philosophie un agent affilié CGT : « S’il n’y a pas d’accident, il y a encore moins de traumatisme, vu qu’il n’y a plus de chauffeur ! “

Photo : dans le métro parisien (Audrey Cerdan/Rue89)

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  • Nicolas Brousse
    Nicolas Brousse
    Etudiant à Paris
    • Posté à 21h32 le 29/08/2007
    • Internaute 118
      Etudiant à Paris

    Les sucides faits dans une station de métro sont fréquents ; pas seulement dans le métro parisien, mais aussi partout dans le monde. Que peut-on en dire ? C’est triste et boulversant. La technologie ne permet pas encore de freiner immédiatement quand un chauffeur repère souhainement un personne sur les rails. Et, comme Ophélie a dit, si c’est possible, c’est vraiment une situation miraculeuse ! Je pense que côté prévention, il n’y pas une infinité de solutions ; à mon avis, l’aménagment de portes palières est la seule solution qui vaut le coup... mais je partage le même avis qu’Ophélie, que faire en cas de problème à ce moment-là ?

    • Anonyme répond à Nicolas Brousse

      Il ne sera jamais possible de « freiner immédiatement », par la simple faute de l’inertie. Une rame de métro pèse plusieurs dizaines de tonnes (au moins), ça ne s’arrête pas en claquant dans les doigts !
      Pour le reste, j’ai connu une ancienne « suicidée » du métro. Le « résultat » devrait calmer les « candidats » à la chose... Une jambe en moins, des fractures impossibles à remettre dans tout le corps, des douleurs à n’en plus finir...
      Bref... Quant à la prévention, s’agirait ptêt de commencer à voir pourquoi, dans notre « merveilleuse » société, des gens cherchent à se suicider et ce qu’on peut faire pour les en dissuader, non ?

      • Anonyme

        Et après l’inertie du métro, il ne faut pas ignorer celle des passagers de la rame. Il serait dommageable d’en blesser un grand nombre pour sauver celui qui saute sous la rame. Sans mauvaise comparaison, c’est comme le fait de percuter, en voiture, un piéton ou autre pour esquiver le chien qui traverse la route.

        C’est vrai que le mieux serait que la situation de chacun n’incite pas à vouloir en finir. Je vois bien le problème, pas forcement la solution.(repeindre les murs de couleurs gaies, pourquoi pas ?)

        Stouve

         
        • Anonyme

          « repeindre les murs de couleurs gaies... » ... et distribuer de la guimauve en passant du Chantal Goya ?

          • Anonyme

            On fait bien des efforts d’esthétisme dans les entreprises, les écoles, habrits bus… afin de rendre le lieu plus agréable. Actuellement, le revêtement carrelage des murs rappelle plus celui des chiottes publiques.

            Je ne parlais pas de faire la gay pride dans le métro, je me disais juste qu’embaucher des vrais grapheurs ou autres artistes pour égailler ces longs couloirs donnerait un meilleur « paraître » (que celui de mauvais tagueurs) et peut de l’intérêt, voir un sourire, de la part de ceux qui les traversent. Un sourire n’est il pas la meilleur prévention contre des actes de désespoir ?

            Stouve.

            • Anonyme

              « Actuellement, le revêtement carrelage des murs rappelle plus celui des chiottes publiques. »
              Si je me rappelle (j’ai fui Paris il y a deux ans...), il y avait aussi l’odeur qui correspondait au carrelage...

    • Anonyme répond à Nicolas Brousse

      c triste de finir sa vie ainsi, ms c le fruit d une deseperance totale de personnes qui sont paumé rejetes abandonnés, avec un peu plus d humanité d altruisme de la part de tous les acteurs on pourrait sauver quelques vies ! !
      je vs invite a decouvir un site ou je récolte un max d infos sur le net sur l action des gouvernants ss censure ss parti pris ! ! je l ai appelle vigilance citoyenne, venez decouvir une info synthetique réagir aux articles
      Lien
      merci

      • Nicolas Brousse
        Nicolas Brousse
        Etudiant à Paris
        • Posté à 12h44 le 30/08/2007
        • Internaute 118
          Etudiant à Paris

        Il est bien facile de dire ceci. On peut essayer d’aider ceux à la rue, mais ceux ayant des problème de famille, ou des tout simplement des problèmes qui ne regardent qu’eux, on ne peut pas y faire grand chose. On essaye de rendre les stations de métros moins « dangereuses ».

        PS. Pas besoin de faire votre pub, cher Courageux Anonyme, sur vigicitoyen... on en voit assez de votre pub, avec tout le respect que je vous dois. Nous sommes ici pour trouver des solutions et non pas d’aller sur d’autres sites.

         
        • Anonyme répond à Nicolas Brousse

          Une remarque :

          Les « problèmes de famille », ou les « problèmes qui ne regardent qu’eux », trouvent souvent leurs sources dans un problème de société. Les gens disent « le suicide est un acte égoïste », moi je dis que le suicide (pour y avoir été confronté plusieurs fois dans le cercle familial, ou tout du moins des tentatives) est un acte de réaction face à l’égoïsme. L’égoïsme de nos société isole de plus en plus les individus. Dès qu’on est plus dans la norme, dès qu’on sort de l’ordinaire on est aussitôt mis à l’écart. Certains choisissent de se battre, et d’autres voudraient bien mais n’ont pas la force de le faire face à des soucis qui ont parfois l’air (et qui sont parfois) insurmontables.

          Demander de l’aide de nos jours, c’est avouer sa faiblesse, et dans une société comme la notre, les faibles on les écrase.

          • Anonyme

            « Le suicide est un acte égoïste ». Certainement s’il est fait en public, risquant de « traumatiser » les spectateurs et de « retarder » pendant parfois des heures le trafic du métro ! C’est bien sûr du second degré : les suicidaires, ceux qui lancent un appel au secours et les réels, ceux qui se cachent pour le faire en étant certains de ne pas être « réanimés » sont des personnes en désespérance. Mais pas toujours des déprimés chroniques, parfois ce sont des gens qui décident tout simplement d’arrêter tout. Pour ceux-là, tout l’entourage du monde, famille, amis, ne peuvent rien faire, ce n’est parfois pas de la faiblesse, mais au contraire une force car ils choisissent le moment de leur mort, et ceux-là, ils la réussissent.

            Mon-Al

        2 autres commentaires
  • Anonyme

    Les portes palières me paraissent évidemment être LE moyen pour éviter ce genre de drame. Il est hélas désolant que l’automatisation des rames et la mise en place de ces portes prenne tant de temps. Voilà un beau chantier à mettre en place pour sauver des vies.

    Plus de sécurité avant l’ouverture d’autres lignes.

    • Anonyme

      Précision sémantique : ça « sauve » pas des vies. Jusqu’à preuve du contraire, tout le monde meurt un jour ou l’autre. Une telle mesure ne peut qu’empêcher des gens de mourir de cette façon (ce qui serait déjà très bien). Mais les « vies sauvées », c’est un terme qui ne veut rien dire.

    • Anonyme

      J’ai rencontré, il y a quelques années, un conducteur partant a la retraite qui en était a une trentaine d’accident ou suicide (un record dans la profession). C’est vrai qu’on en parle moins que des accidents de manèges, la banalisation s’est installée dans les consciences. Comme vous, je pense que les portes palières devraient apporter une nette amélioration, d’ailleurs on devrait déjà pouvoir faire une étude comparative avec le métro de Lille qui lui en possède. Le métro de Paris a plus d’un siècle et personnellement, j’ai je suis toujours impressionné, quand je vois le monde qu’il y a actuellement aux heures de pointes, se presser sur un quai au bord d’une fosse au fond de laquelle passe un rail à 750 volt.

      • Anonyme

        Le métro toulousain dispose également de portes palières. Tout automatique, certes, mais c’est compensé par le fait qu’il y a du personnel (des « vigiles ») auprès des tourniquets : il y a donc présence humaine (et plutôt aimable dans l’ensemble).

    • Anonyme

      Les portes palières n’obligent pas à utiliser des rames automatiques sans conducteurs : des essais ont été effectués sur la ligne 13 à St Lazare et Invalides pendant plusieurs semaines avec un fonctionnement parfaitement normal de la ligne. Et ça marche...
      Seul bémol, les portes testées étaient un peu basses à mon goût et facilement escaladables pour quelqu’un qui voudraut réellement en finir avec la vie. Mais cela permettrait d’éviter les descentes sur voies et les chutes accidentelles.

    • Anonyme

      Pour information : l’installation des portes palières coûte environ 1,1 MILLION D’EURO ( ! !) par quai. Ce sont des sommes monstrueuses. Et surtout, une fois de plus, au lieu de s’attaquer à la cause, on s’attaque à la conséquence. Faites un sondage et demandez aux voyageurs s’ils préfèrent avoir un prolongement de ligne, des trains plus modernes et climatisés, un escalator à leur station, ou des portes palières ? Devinez leur réponse ? évidemment, les portes palières, ils s’ent moquent, car eux, ils ne vont pas sur les rails. Pourquoi payeraient-ils pour un équipement qui ne leur servira jamais ? Pourquoi des millions de voyageurs payeraient-ils ces sommes monstrueuses (et donc on garde les vieux trains avec les wagons pourris, etc...) pour éviter que 70 tordus par an se jettent sur les rails, alors qu’ils payent déjà leur carte orange plus de 50 euros, j’imagine leur tête si on leur dit que 90% de cette somme ira aux portes palières. Il faut faire comme au Japon, ils ont mis des miroirs le long des quais, au niveau de la voie. Coût dérisoire et le candidat au suicide est freiné car il sait qu’il risque de se voir en sang s’il se jette. Effet garanti par statistiques ! Mais j’imagine que les têtes pensantes de la RATP s’en mettent plein les poches en pot de vin avec les entreprises qui posent les portes...

  • Anonyme

    Trouvé sur wikipedia, on croit rêver...

    « En 1998, la RATP projetait l’automatisation de la conduite des lignes 1, 4, 6, 7, 9 et 13 à l’horizon 2050. “

  • Anonyme

    Ouais, bon « il y aurait », « une étude canadienne dirait que »... bref, Rue89 s’intéresse à pas grand chose. Et si vous nous détailliez plutôt les impôts que Sarko veut nous sortir en loucedé ou les accords secrets France Lybie ?

    • Anonyme

      Sarko, sarko, sarko...

      • Anonyme

        Je vois pas le rapport avec le sujet !

        Mon-Al

    • Manoucho
      • Posté à 02h21 le 30/08/2007
      • Internaute 11904

      Oh mais on peut plus parler de rien alors !

      Patience, l’article sur la Lybie arrivera sans doute dans la semaine...

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 03h48 le 30/08/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Je sens que cet article vous a fait du mal. Ces malheureux ! ces choses cisaillées mais cautérisées ! Oui votre vie est si dure. Tout n’est pas rose.

      Et bien sûr, votre doudou présidentiel vous manque. Allongez-vous, soyez patient, il va reviendre. Vous avez un crédit d’utilisation de cinq années. Soit plus de 1 800 jours. Vous savez qu’on va vous envier !

  • dodoshan
    • Posté à 01h21 le 30/08/2007
    • Internaute 14986

    Des personnes qui se suicident, il n’y en a malheureusement pas que dans le metro, et le seul » traitement « des suicides dans le metro ne presente pas une info digne de faire la une, heu, je suis dans quelle rubrique deja, enfin bref, releve du fait d’hivers ou de la depeche en ce qui me concerne...

    C’est malheureux, personne ne dira le contraire mais tout de suite maintenant avec les infos que vous nous avez donné, il est difficle de réagir autrement que de dire c’est malheureux... Et peut etre qu’avec des portes automatiques... faudrait en discuter avec la ratp... L’important n’est pas vraimet de savoir a notre niveau comment les gens se suicident...mais POURQUOI ils se suicident... et un article de fond sur la question serait bcoup plus interessant et judicieux que le simple rappel des suicides dans le metro qui n’est pas representatif il me semble de l’emsemble des suicides...

    Bon d’accord il y a le traumatisme des conducteurs mais ceci est un tout autre sujet... Et le traumatisme des passagers sur la rame, et le traumastisme des temoins d’accidents de la route... et le traumatisme... Des traumatismes ont en a tous vecu et on en vivra d’autres... What’s the point ? ? ? ?

    • Claude PELLETIER
      Claude PELLETIER répond à dodoshan
      Retraité dans son jardin
      • Posté à 04h24 le 30/08/2007
      • Internaute 10710
        Retraité dans son jardin

      Votre point de vue est respectable. Mais le pourquoi du pourquoi on s’autolyse n’est pas si intéressant que ça.

      En fait chacun sait « pourquoi » il appuierait sur le bouton. Sauf quelques optimistes chroniques incurables. On a peut-être une Nadia qui nous manque trop ou bien on a marre d’avoir les pieds plats, c’est bête comme ses pieds d’avoir la voûte plantaire raplapla ! Avez-vous constaté que très peu de gens avaient les pieds plats. Devinez pourquoi !

      Contrairement à ce que vous affirmez on doit s’en foutre d’être représentatif dans ces moments-là. Vous imaginez le candidat au départ « Mes motifs sont-ils de bons motifs ? » ou bien « Suis-je dans la moyenne des suicidés ? » C’est qu’on risque d’être montré du doigt. Tout le monde n’est pas iconoclaste ou rebelle ou amateur de camemberts très coulants.

      La seule question se doit être le comment. Et franchement le choix du métro ne fait que souligner ce que ce choix a de désespéré !

      Beaucoup à dire sur le comment. Dire d’abord qu’on ne parle pas de ça. Les malheureux sont des malheureux. Qu’ils le restent et qu’ils restent. Si tous les malheureux nous quittaient, on se sentiraient peut-être moins heureux, et de nouveaux volontaires surgiraient, et de proche en proche, un cycle infernal, véritable rouleau compresseur, avalerait toute l’humanité.

      Où se renseigner ? Que Choisir a-t-il fait un N° spécial ? Et 50 millions d’amis ? Delarue ou FOG ont-ils fait un talk show ? Dans les films d’espionnage, on croque du cyanure et hop ! Dans certains films on se reVolverise et après on n’a plus jamais mal aux dents ! Mais comment se procurer ces accessoires de cinéma ? Faut-il devenir acteur ou espion ou chasseur ?

      Ami désespéré. Pas sous le métro !
      Cela fait mal à trop de gens en même temps.

  • Anonyme

    Je n’ai jamais su si cette histoire était une de ces légendes urbaines pieusement transmises de zincs en comptoirs ou non :

    On raconte qu’au Japon, bien touché par le phénomène, paraît-il, le métro de Tokyo ( ?) aurait réduit drastiquement le taux de suicides, et pour pas si cher que ça. En tout cas pour moins cher que les portes palières (et plus rapidement) : ils auraient simplement installé des miroirs entre les rails.

    Info ou intox ?

    • Anonyme

      Intox,

      J’ai vécu au Japon pendant un an, et je n’ai jamais vu de miroirs.
      Par contre ils ont réussi à « bien » (pas plus de précisions) dissuader du suicide sous train en faisant payer une énorme amende aux familles des suicidés, car le coût représenté par l’arrêt d’un train est colossal ; quand on sait la quantité de voyageurs qui sont transportés dans la mégalopole japonaise.

      Cette mesure est très contestable, évidement.

      • Anonyme

        Oui, c’est le dernier pied de nez qu’on puisse faire a une famille chiante.

  • Leclere gérald
    Leclere gérald
    paysagiste
    • Posté à 09h19 le 30/08/2007
    • Internaute 9130
      paysagiste

    Vu la tronche de certaines personnes le matin, je ne croie pas que les miroirs soient la solution idéale. Mais, remettre du personnel humain qui soit là physiquement pour accompagner les usagés. Les seuls personnes que l’on voit, sont des controleurs ou la police, c’est bien qu’ils soient là, mais question « écoute » on as déja fait beaucoup mieux. Avant, il y avait un chef de station qui était responsable du lieu, maintenant, c’est des caméras ( Bonjour BIG BROTHER)
    qui surveillent l’ensemble du réseau ; On déshumanise les transports et aprés on voudrait que les gens ne commettent pas des actes inhumains. Pouvoir dire bonjour à quelqu’un que l’on voit tous les jours même sans le connaitre rempli une petite partie de la journée. C’est tout ça qui crée un tissus social et qui nous fait avancer. Alors arrétons avec tous ces mécanismes froids et austères simplement pour des raisons financières. La RATP commencera à s’inquièter du problème quand des usagers traumatisés par un suicide se retournera contre elle pour dépression et séquelles traumatisantes chaque fois qu’ils prennent le métro. Alors seulement là, les choses commenceront à bouger pour ne pas salir l’image bien propre de la régie.
    Question : Un agent de la régie qui se suicide sur les voie est-il compter antant qu’usager ou comme accident de travail reconnu ?
    On as bien vu chez les constructeurs d’automobiles la reconnaissance des suicides en AT.

    • SebOslo
      • Posté à 10h47 le 30/08/2007
      • Internaute 14282

      comme si un agent RATP sur un quai bomdé de monde changera quelque chose. Quand était la dernière fois que vous avez discuté de la pluie et du beau temps avec un agent RATP/SNCF etc...

      Humaniser une station de métro en y mettant un chef de quai (....) est une belle utopie que seuls ceux qui habitent loin des heures de pointe acceptent comme une réalité

    • Dr Stange
      • Posté à 15h02 le 30/08/2007
      • Internaute 15087

      Je suis d accord avec vous,une enquète avait rèvélè qu il y avait dans la population en errance dans le metro plus de 60% de personnes psychotique en rupture de soins qui peuvent étre dangereuses pour elles et pour les autres ,ayant travaillè en psy je me suis toujours demandèe pourquoi les equipes de soins ne travaillaient pas dans les lieux(gare etc..) ou sont les patients et d une façon mobile.

  • Lole
    • Posté à 09h20 le 30/08/2007
    • Internaute 4874

    C’est claire qu’il y a beaucoup de suicides sur les rails ; il suffit de discuter avec des conducteurs de trains ou de métros : ils ont tous une expérience douloureuse à compter.
    En fait ds une grande aglomération, il y a forcément, statistiquement, beaucoup de suicides.
    Un jour, sur les lieus d’un drame (un noyé ds la Seine) je discutais avec un pompier : il me disait qu’il n’y avait pas un jour de l’année où l’on ne repéchait pas un noyé dans la Seine ; ce à cause des meurtres et des suicides.
    L’aspect sordide des grandes aglomération...
    Si non, sur le sujet des portes automatique, cela à le grand mérite d’éviter les accidents, ou les débiles qui seraient tenter de pousser quelqu’un qd la rame arrive...

    • Anonyme répond à Lole

      En 2004, j’ai quitté Paris pour m’installer dans une ville de 7000 habitants au Luxembourg. Il y a 6 mois, une femme s’est jeté sous un train.
      Pas besoin de grandes agglomérations...
      Par ailleurs, ce tout petit pays connait un nombre impressionnant de suicide chez les jeunes.

      Une autre réflexion : comment saluer l’automatisation des rames pour « prévenir le suicide » ? Peut-on réellement souhaiter une société où tout serait automatisé, où nous serions protégés contre nous-même ?
      Je crois au contraire que le manque de contact humain provoque ces désespoirs. L’automatisation engendre la déshumanisation de la société que ce soit le conductur de métro, la caissière de supermarché, les bornes à la sncf, les caisses automatiques sur l’autoroute...
      De mon côté, je refuse chaque fois que c’est possible. Sur l’autoroute, je préfère faire la queue et voir une personne en chair et en os plutot que de mettre ma CB dans une machine.

  • Anonyme

    bonjour, il me semble que dans les attractions style space mountain ou le train de la mine a eurodisney, il y a un dispositif qui detecte une intrusion sur les rails et arretent le vehicule automatiquement. Ce serait ptet plus efficace que la seule vigilance du conducteur couplé à un arret du courant électrique ?

    ou alors ça inciterait des vandales a aller sur les voies puisque ils ne craignent plus rien ?

  • Anonyme

    bien, bien !

    moi qui pensait au suicide version métro après un ratage par intoxication médicamenteuse, c’est loupé ! si j’ai 50°/° de chance de rester en vie, il faut que je songe à une autre solution : pendaison, saut en hauteur...que me conseillez vous chers courageux anonymes ?

    • Anonyme

      D’arrêter l’humour graveleux : ça ne vous réussi pas.

    • Dr Stange
      • Posté à 15h04 le 30/08/2007
      • Internaute 15087

      de vivre ! ! !

  • Anonyme

    Les portes automatiques ne sauveront pas de vie, les gens se suicideront ailleurs.

    Le phénomène de suicide est une conséquence presque structurelle de notre société pensée à grande échelle, qui fait bien peu de cas de l’individu. C’est triste, mais inévitable.

    Le suicide dérange, le suicide est tabou. Les usagers, choqués de voir la mort s’immiscer dans leur quotidien ou d’entendre les mots d’« accident grave voyageur » dont tout le monde sait la signification, commencent à en parler, ce tabou est brisé. Les cas de suicides étant marginaux, la sensibilisation de l’opinion est sans doute un premier pas vers une amélioration de la situation.

  • Anonyme

    Dans les années 1970, les associations de non voyants ont tenté de faire connaître le problème des « suicides » des non voyants dans le métro : quand ils tombaient sur la voie, la RATP faisait passer cela pour un suicide pour n’avoir pas à être responsable de l’accident.
    Il aura fallu plus d’une vingtaine d’années pour que des bordures adaptées soient posées sur les bords des quais ! ... Pixotte

  • Ramasse
    • Posté à 17h14 le 30/08/2007
    • Internaute 13754

    Au sujet de la ligne 14 je cite l’article :
    « S’il n’y a pas d’accident, il y a encore moins de traumatisme, vu qu’il n’y a plus de chauffeur ! »

    Mais si on automatise de plus en plus de ligne, il y aura de moins en moins de conducteurs de rames.
    Ces derniers pourrons toujours se jeter sous les trains sncf dégoutés qu’ils seront d’avoir perdu leur job.

    Je sais, l’humour noir c’est pas toujours très propre mais ça fait refléchir...

  • Anonyme

    Ma mère s’est suicidée il y a plus de vingt ans en se jetant sous le métro : j’ai eu le temps de réfléchir à la question.. Je pense que s’il y avait eu des portes palières, elle aurait tout de même mis fin à ses jours, à un autre moment, autrement...le suicide est un acte qui est imputable à un profond mal être -dépression, maladie- pas à la société qui n’a de toutes façons jamais été tendre.. On passe à l’acte à un instant T parce qu’on pense que l’instant T+1 sera trop dur à vivre. Mais un coup de téléphone qui arrive à ce moment là, un sourire, n’importe quoi peut empêcher ce passage à l’acte...pour le remettre à la prochaine montée d’angoisse imparable...dans le métro ou ailleurs. Ce débat me semble donc déplacé : il faut s’interroger sur les façons de lutter contre la dépression et le suicide, (plus de morts par suicide en France que par accidents de la route) pas chercher à déplacer le lieu du passage à l’acte. C’est le suicide tout court qui est tabou : je constate que lorsque je dis « ma mère s’est suicidée » je produis toujours chez mes interlocuteurs une gêne...beaucoup plus importante qu’avec un simple « ma mère est morte »..

  • bengatar
    • Posté à 23h53 le 30/08/2007
    • Internaute 12236

    Bonjour,
    pour répondre à CA de 17H14, il n’y a pas plus de morts par suicide que par accidents de la route en france, sauf pour les jeunes.

    Ensuite, sauf votre respect, le débat n’est pas déplacé puisque le sujet de l’article est « les suicides du métro » qui traumatisent les chauffeurs et les autres usagers. Je suis parfaitement d’accord avec vous sur le fait qu’empêcher les gens de se suicider sous les rames du métro ne fera que retarder l’échéance mais le débat n’est certainement pas « déplacé ».

    A part ça je suis complètement pour le fait qu’il faille s’interroger sur les façons de lutter contre la dépression et le suicide.

  • Anonyme

    Il faut relire l’ouvrage incontournable du « Suicide » du sociologue Durkheim. Les suicides dans le métro rentrent pour la plupart des cas dans les suicides anomiques (dont la fréquence augmente avec la longueur des jours). A partir des analyses de Durkheim on pourrait peut être essayer de mieux cerner « les populations à risque » dans le métro. A ma connaissance, cela n’a jamais été fait.