Enquete 27/01/2009 à 20h59

BTP : les gros patrons refusent de faire de la place aux petits

David Servenay | Ex-Rue89

Infosignalée par
un internaute

Michel Petit est un artisan retraité du BTP et un riverain agacé. En guise de voeux, il a reçu cette année un étonnant courrier de la Fédération française du bâtiment (FFB).

Une lettre adressée à toutes les entreprises adhérentes de moins de dix salariés, car celles-ci vont devoir payer, dès ce mois de janvier, une nouvelle taxe de 0,15% de la masse salariale, baptisée « contribution au dialogue social ». Un cadeau de Xavier Bertrand, nouveau patron de l’UMP, juste avant qu’il ne quitte le ministère du Travail

Haro sur l’ennemi : bataille entre fédérations du BTP !

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« Un nouveau prélèvement de 12 millions d’euros sur les artisans du bâtiment ! » Ton virulent, ironie lapidaire et légère dose de mauvaise foi : signé Pierre Tountevich, président du conseil de l’artisanat, la lettre de la FFB présente toutes les caractéristiques du tract syndical. Un registre inhabituel au sein du patronat.

Surprise : la cible de cette lettre n’est pas tant l’ennemi héréditaire (les syndicats de salariés) que les concurrents de l’Union professionnelle artisanale (UPA) et de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb).

Motif ? La nouvelle taxe, qui ne concerne que les entreprises de moins de 10 salariés. A raison d’environ 30 euros par employé et par an, cette taxe devrait rapporter près de 12 millions d’euros. A partager à égalité entre les organisations patronales et les syndicats. « Scandaleuse contribution », fustige la FFB :

« A qui fera-t-on croire que 12 millions d’euros par an sont nécessaires pour faire avancer le dialogue social dans l’artisanat ? »

Sept ans de procédure et un ministre du Travail qui finit par céder

En réalité, cette bataille remonte à décembre 2001. Au moment où un accord sur le « développement du dialogue social dans l’artisanat » est signé par les syndicats de salariés et l’UPA. Plusieurs branches professionnelles décident de l’appliquer : la boucherie, la charcuterie, la patisserie, la poissonnerie... cela leur permet, notamment, de dégager des heures de délégations syndicales.

Dans les services et le bâtiment, le Medef et l’UIMM vont mener une guerre juridique de sept ans pour retarder le plus possible l’application du texte. Justice administrative, justice pénale jusqu’à la Cour de cassation, qui tranche en décembre 2007, en faveur des artisans. Juste avant de quitter ses fonctions, Xavier Bertrand signe un arrêté ministériel légalisant la création de cette « contribution ».

« La FFB voit d’un très mauvais oeil les petits s’organiser... »

Derrière les débats juridiques, l’enjeu est à la fois financier et politique. Pierre Burban, secrétaire général de l’UPA, ne mâche pas ses mots :

« Pourquoi tant d’acharnement ? La volonté du Medef est de conserver le monopole de la représentation patronale. Or, dans le bâtiment, 50% du chiffre d’affaires est réalisé par les artisans. Les grands groupes ne représentent que 30% et les entreprises moyennes 20%. En fait, la FFB voit d’un très mauvais oeil les petits s’organiser... »

L’affaire de l’UIMM a ouvert de vieilles lignes de fracture au sein du patronat.

  • D’un côté, les tenants du paritarisme classique, interprofessionnel, défendue par la métallurgie et sa puissante union.
  • De l’autre, les tenants d’une défense des intérêts de branche, où les économies d’échelle ne sont pas les mêmes.

A l’heure où l’ensemble des règles de droit font l’objet de renégociation, les « petits » se sentent mal représentés par les gros. Comme l’analyse Pierre Burban, cela s’est joué « lobby contre lobby » :

« Les gouvernements, à part celui-là, n’ont pas voulu déplaire au Medef. On ne peut pas dire ’on fait du dialogue social’ et ne pas s’en donner les moyens. »

Un financement très opaque via caisses de congés payés

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(Fichier PDF)

Il faut dire que cette contribution est attirante : estimée à 12 millions d’euros, elle devrait constituer un puissant levier de la reconfiguration du paysage patronale. Un simple coup d’oeil au budget des protagonistes suffit à se faire une idée des rapports de force :

  • Avec les recettes de l’EPIM (créée en 1972) et des mandats paritaires qu’elle assume, l’UIMM a toujours fait figure de vache à lait du patronat. Ses ressources sont assurées par une réserve de 580 millions d’euros.
  • Juste derrière, la FFB est l’autre grande pourvoyeuse des fonds du Medef. Pour le moment, impossible d’obtenir le moindre chiffre de son budget annuel.
  • Le Medef, nouvelle formule, émarge quant à lui à 36 millions d’euros de budget en 2006, en grande partie grâce à l’aide de l’UIMM (11% du budget, 19% si l’on compte toutes les branches de la métallurgie) et de la FFB.
  • Avec 4,5 millions d’euros par an, l’UPA fait figure de petit poucet, tout comme sa composante bâtiment qu’est la Capeb.

En criant au loup, la FFB risque donc de s’attirer les récriminations de ses adhérents, mécontents de l’absence quasi-totale de transparence sur ses ressources. Comme l’avait démontré notre enquête sur les Caisses de congés payés du BTP (voir le document), la FFB prélève une contribution de 0,7% de la masse salariale de toutes les entreprises.


Taxe de 0,7% en faveur de la FFB sur un document comptable

Contribution rendue de facto obligatoire et qu’aucun ministre du Travail, pas même Xavier Bertrand, n’a jamais osé remettre en cause. Scandaleux ? Un certain nombre d’artisans le pensent.

A lire aussi sur Rue89
les congés des ouvriers du BTP financent le Medef
Les articles de Rue89 sur l’affaire de l’UIMM
Les articles de Rue89 sur les caisses de congés payés du BTP

Ailleurs sur le Web
Le site de la Fédération française du bâtiment (FFB)
l’Union professionnelle artisanale (UPA)

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  • 40 réactions
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  • bloozmarch
    bloozmarch
    indocile heureux
    • Posté à 21h03 le 27/01/2009
    • Internaute 15731
      indocile heureux

    Sarkozy et Parisot vont sûrement faire les gros yeux, élever la voix, faire des effets d’ annonces, .... et laisser le temps au temps et les privilèges aux privilégiés, les amis de mes amis sont mes amis, n on ?

    • Madmad
      Madmad répond à bloozmarch
      passante
      • Posté à 21h41 le 27/01/2009
      • Internaute 29078
        passante

      surtout s’ils s’appellent Bouygues et Cie...

  • Charles SABATIER
    • Posté à 21h12 le 27/01/2009
    • Internaute 3499

    Voilà, entre autre, les « dispositions » qui tuent les créations de petites entreprises qui sont poutrant le VRAI tissus industriel du pays........

  • EntreprendreKESSDONK
    EntreprendreKESSDONK
    Veilleur de Jours Meilleurs
    • Posté à 21h23 le 27/01/2009
    • Internaute 59268
      Veilleur de Jours Meilleurs

    Héritage de la pensée marxiste qui voulait que tout ce qui est collectif et étatique est forcément meilleur que ce qui est entre les mains des salauds de petits patrons exploiteurs on voit a quoi tout cela mène ...
    Les journalistes se réveillent avec la crises en se rendant compte que le petit patron n’est pas forcément le salaud qu’il faut pendre (après les avoir décapité.) les syndicats devraient bien suivre au lieu de bloquer le pays pour se faire croire qu’ils existent encore.

    A force de tout focaliser sur les grosses boites, les aides , les bons articles l’omniprésence médiatique on oublie de dire que dans la grande majorité des petites boites il n’y a pas de travail au noir organisée comme chez « chut ... », que le patron, pas toujours commode c’est vrai, est soucieux de son personnel et se prive parfois pour sauver sa boite plutôt que se prendre une prime parachute.

    L’humanité va ainsi : moins on a confiance en elle et en soi plus on va chercher la protection des grands et plus ils en profitent pour vous exploiter.

    Vive l’entreprise à taille humaine.

    CQFD

    • XavXav
      • Posté à 21h35 le 27/01/2009
      • Internaute 28444

      Faut arrêter avec la parano du petit patron, car ça tourne vite au poujadisme !

      Vous n’avez aucunement besoin de vous mettre dans la position de la victime sacrificielle pour vous faire entendre, ni de disqualifier systématiquement la parole des syndicats d’ouvriers/employés, même s’il représentent plus ceux qui travaillent dans des grands groupes que dans des PME.

      Organisez vous, faites de la pub sur le net, embauchez des communicants en vous cotisant à plusieurs patrons si c’est trop cher pour vous... A chaque niveau d’action, sa communication adaptée.

      Bref, vivez avec votre siècle.

      • EntreprendreKESSDONK
        EntreprendreKESSDONK répond à XavXav
        Veilleur de Jours Meilleurs
        • Posté à 22h06 le 27/01/2009
        • Internaute 59268
          Veilleur de Jours Meilleurs

        le siècle est effectivement a opposer systématiquement les uns et les autres, je reconnais mon propos un peu trop direct, de là à me tancer de poujadisme ...
        bientot je vais finir néo-nazi non ? ?
        je ne sais pas si j’ai fait le victime sacrificielle mais ce n’était pas mon intention
        je ne me relis pas avoir disqualifié SYSTEMATIQUEMENT les syndicats (d’autant que j’ai par ailleurs des engagements qui ne sont pas patronaux (eh oui ! ! ! ! !))

        Pour ce qu est de la solution pub je vous remercie.
        C’est effectivement bien dans l’air du siècle.
        Ne pas chercher le vrai mais ce qui fait de l’image.
        1-0 en faveur des agences de pubs.

         
        • XavXav
          • Posté à 23h05 le 27/01/2009
          • Internaute 28444

          je n’irai pas jusqu’au nazisme, je vous rassure, mais le discours sur les petits patrons, qui eux sont honnêtes m’exaspère. Il est identique sur le fond et la forme à celui qui sanctifie le pauvre exploité.

          Il n’y a aucune raison qu’ils soient meilleurs ou pires que le reste de la population, et j’assimile cette réaction à la technique de la pleureuse. Je crois comprendre que vous n’agréez pas.

          Enfin, pour la pub, je bosse dans l’industrie, je dois rendre un certain nombre de communications pour justifier de mes budgets, et de mes actions. Si vous (collectivement, en tant qu’association de petits patrons) n’êtes pas capables de faire de même, il y a un gros problème. Quand à l’importance de la pub, je prends le monde comme il est, n’étant hélas plus à l’âge des moulins à vent.

          • spouny_boy
            spouny_boy répond à XavXav
            Lynchez moi j'aime ça ! ! Mais (...)
            • Posté à 12h19 le 28/01/2009
            • Internaute 52117
              Lynchez moi j'aime ça ! ! Mais (...)

            Je ne suis pas tout a fait d’acord avec vous, un petit patron peu etre aussi véreux qu’un grand je suis d’accord mais avouez quand même qu’un patron de multinational à potentiellement plus de crasse sur les mains car pour en arriver la il faut etre un requin (ou avoir un cursus génial et être le meilleur et tout).
            Mais plus on a de pouvoir plus on a tendance a vouloir en user et en abuser, c’est la nature humaine et ça commence dès les couche les plus basses (un aigri qui a un minimum de pouvoir en usera et abusera pour se prouver qu’il existe en rabaissant les autres.
            Or je connais pas mal le monde du batiment et les petit patrons sont en général quasiment au niveau de leurs employer donc plus soucieux de leur condition de travail que le big boss de la multinational_ qui fume un cigare derrière son bureau en sautant sa secrétaire (je sais c un cliché mais bon ça a la vie dur : p).

            PEACE

        2 autres commentaires
    • Les Chats
      Les Chats répond à EntreprendreKESSDONK
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 22h16 le 27/01/2009
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      « on oublie de dire que dans la grande majorité des petites boites............. que le petit patron n’est pas forcément le salaud »

      Rue89 ne les oublie pas et franchement, des comme celui-là il ne doit pas y en avoir des masses, même gratuitement c’est le genre que j’irais bien dépanner un jour de panade :

      Lien

      Pour en revenir à l’article pourquoi ne se regroupent-ils pas ?
      S’ils refusent en bloc et envoient une pétition au ministre, il faudra bien que ce dernier bouge, en plus ça risque de faire du bruit, rien de mieux pour avertir l’opinion.

      Il y a aussi Daniel Mermet sur France-inter, beaucoup de gens écoutent son émission, la preuve ils ont essayé de le virer, mais il y a eu un tel tollé :
      Lien

      Il y a aussi le Canard enchaîné :

      Marianne :

      • pablico
        pablico répond à Les Chats
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
        • Posté à 23h26 le 27/01/2009
        • Internaute 14278
          À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

        tu as raison les chats.
        ce ne sont pas les petits patrons qui délocalisent en général...

    • désinscrit-
      • Posté à 22h55 le 27/01/2009
      • Internaute 736

      Les journalistes se réveillent avec la crises en se rendant compte que le petit patron n’est pas forcément le salaud qu’il faut pendre (après les avoir décapité.) les syndicats devraient bien suivre au lieu de bloquer le pays pour se faire croire qu’ils existent encore.
      Je crois surtout que les « petits » patrons prennent pour eux les critiques qui concernent plutôt les « grands » patrons. Comme il y a certainement des patrons de PME très corrects, ceux qui ont du respect pour leurs employés n’ont pas à se sentir visés par les critiques, les autres oui.

      En revanche, dénigrer les syndicats qui pourraient (à mon avis) beaucoup aider les petits patrons justement, n’est pas une bonne solution.

    • General Subverciòn
      General Subverciòn répond à EntreprendreKESSDONK
      viva Makhnovchtchina
      • Posté à 15h49 le 28/01/2009
      • Internaute 47117
        viva Makhnovchtchina

      Vous vous trompez d’adversaires,vous critiquez le marxisme et vous en servez d’épouvantail parce que c’est surement plus facile à encaisser pendant vous vous faites enfler pas des plus gros que vous que vôtre confusion arrange bien,à moins que vous ne preniez les gens du MEDEF pour de dangereux bolchéviques...relisez ou plutôt lisez Marx,ne serait-ce que par curiosité,ça vous évitera au minimum le ridicule et au mieux vous apprendrez à ne pas stigmatiser sans savoir de quoi vous parlez.

  • chocolat
    chocolat
    connerilogiste
    • Posté à 21h35 le 27/01/2009
    • Internaute 66744
      connerilogiste

    Non seulement les gros prennet les gros marchés et se partagent le « camenbert », car rien n’a changé sur ce point, mais ensuite ils sous-traitent avec les petits, dont une partie montent et démontent des entreprises de clandos !
    Tout petit patron ou ouvrier des TP et du batiment connait bien la chanson ! ! !
    Quand ces mêmes petits veulent se regrouper, aucune banque ne les suis, pourquoi ? ? ?
    Dans la rue jeudi 29 aussi, le raz-le bol appartient à tous ceux qui n’ont pas les grâces du pouvoir, ceux qui ne gagnent pas suffisamment pour être reconnus par ce gouvernement qui ressemble de plus en plus à une banque privée, c’est tout dire ! ! ! !

  • désinscrit à sa demande
    • Posté à 21h50 le 27/01/2009
    • Internaute 65988
      Entrepreneur

    Encore un scénario binaire : les gros et les petits, les gentils et les méchants... La pensée disneylisée à la sauce antisarko, quelle terrible régression par rapport au Siècle des Lumières ! Le dévergondage compassionnel qui s’étale sans aucune pudeur, qui se vautre dans la confiture la plus gluante, la plus poisseuse, voilà l’horizon indépassable de ce blog...

    • chocolat
      chocolat répond à désinscrit à sa demande
      connerilogiste
      • Posté à 21h59 le 27/01/2009
      • Internaute 66744
        connerilogiste

      Ah bon ! Tu es sur d ’être entrepreneur ? moi à te lire j’ai un gros doute !
      Tu connais les marchés dans ce secteur ? Avec ton verbe trop bien pédant qui fleure bon Neuilly ou son parti, ça m’étonnerait fort, tu es trop intellectuel, enfin tu étales ta conficulture, mais tu n’as jamais mis une paire de bottes et parcouru un chantier.
      Tu dois être un employé de l’UMP, qui vient faire de la propagande sur le net !
      Quand t’auras monté une entreprise de -10 salariés, tu viendras me parler des marchés publics ! Charlot !

    • Les Chats
      Les Chats répond à désinscrit à sa demande
      En grève du zèle contre le (...)
      • Posté à 22h22 le 27/01/2009
      • Internaute 24526
        En grève du zèle contre le (...)

      « Encore un scénario binaire : les gros et les petits, les gentils et les méchants… »

      C’est la petite cervelle d’El Migouel qui fait cette analyse médiocre.
      Il était où le Migouel le jour de la distribution de neurones ?

    • A déménagé le 9-8
      • Posté à 01h04 le 28/01/2009
      • Internaute 5710

      Olè ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 22h11 le 27/01/2009
    • Internaute 16256

    Pauvres chéris, je les croyais à l’agonie si bien qu’il fallait supprimer en urgence absolue la taxe professionnelle.

    Ne vous en faites pas ils ont de la réserve sur le dos des ouvriers, la preuve ils trouvent de l’argent sans rechigner pour un thé-biscuits au salon de thé entre patrons, entre 2 sandwichs taillés à l’anglaise ils referont le dialogue social.

    Arrêtons de les plaindre, c’est une manière de planquer de l’oseille ni plus ni moins en échange de bons procédés. Tout s’achète. La France est aussi mafieuse que l’Italie, on avancera vraiment quand on le dira à haute voix.

    • chocolat
      • Posté à 22h21 le 27/01/2009
      • Internaute 66744
        connerilogiste

      Entièrement d’accord avec toi !
      Jeudi 29, il y aura aussi des petits patrons qui en ont plein le cul de cette politique, la droite n’est plus qu’une officine des financiers, le travail ne compte plus, il est cannibalisé par tous ces escrocs qui ruinent le pays.
      Mes salariés iront manifester (3h) et payés normalement.

  • domino78
    • Posté à 22h15 le 27/01/2009
    • Internaute 14379

    Je suis dans la même situation que cet artisan du batiment mais en informatique.

    Figurez vous que dans le milieu de l’informatique et des ingénieurs conseils, la même chose existe depuis 2000. Son nom : l’Adesatt (Association d’Etude et de Suivi de l’Aménagement du temps de travail).

    Ses fondateurs sont les deux fédérations patronales, SYNTEC et CICF, et les deux organisations de salariés signataires de l’accord de branche, CFDT et CGC, rejointes en 2001 par la CFTC.
    Son rôle (ne riez pas) est de discuter de l’aménagement du temps de travail suite au passage aux 35 heures et cela depuis 9 ans (ils nous prennent vraiment pour des imbéciles).
    La cotisation est de 0.02 % de la masse brute salariale.
    Le président de cette association (loi 1901) est un ancien énarque également directeur général adjoint d’Ipsos, un « brillant » institut de sondage.

    L’appel à cotisations indique « quelque soit le nombre de salariés et les modalités d’application (ou de non application) de la réduction légale du temps de travail, la contribution Adesatt est due dès que le code NAF (le cade APE) entre dans le champ d’application de la convention collective.

    Là, c’est plus fort : pas besoin d’être adhérent à un syndicat professionnel, et même si on travaille seul (ce qui est mon cas, imaginez les grandes discussions que j’ai avec moi-même pour gérer mes RTT ; -)), dans tous les cas, on paie.

    Tous les moyens sont bons pour taxer le travail et à engraisser, ce que j’appelle des parasites.

  • sarkophage_xyz-
    • Posté à 22h16 le 27/01/2009
    • Internaute 24987

    Cette affaire me rappele étrangement l autoamnistie des députés pris la main dans le sac des financements des partis, on prend les même, on recommence mais l argent est ponctioné « légalement » sur les impots. L IUMM pris la main dans le sac des « fluidifications » du dialogue sociale veut maintenant faire payer aux patrons qui discutent directement avec leurs employés les « petits arragements entre amis » qu ils entretiennent avec les représentants syndicaux.

  • Servais-Jean
    • Posté à 22h29 le 27/01/2009
    • Internaute 4591
      43

    « contribution au dialogue social »

    Autant parler de fluidification du dialogue social si chère à l’UIMM avec toutes les dérives qui s’en suivent, salaire exhorbitant du directeur avec en prime le parachute doré à la sortie, valise de pognon qui circule pour graisser un peu la mécanique auprés des politiques ou des syndicats etc...
    Et peut-être même une place destinée à reçevoir Xavier Bertrand lorsqu’il sera lâché par sarko.

    • chocolat
      chocolat répond à Servais-Jean
      connerilogiste
      • Posté à 22h43 le 27/01/2009
      • Internaute 66744
        connerilogiste

      Et quand la crise arrive, toutes les réserves sont distribuées en dividende, et on menace de licenciements massifs, car le marché va mal et qu’il n’y a plus rien dans les caisses, l’état favorise et investit chez les mêmes, qui vont immédiatement recommencer, jusqu’à un meilleur cycle de croissance.
      Les syndicats, je n’en sais rien si ils palpent, par contre la nature humaine de manière individuelle, c’est autre chose !

  • Les Chats
    Les Chats
    En grève du zèle contre le (...)
    • Posté à 22h44 le 27/01/2009
    • Internaute 24526
      En grève du zèle contre le (...)

    David, le lien de Michel Petit ne fonctionne pas.

    • David Servenay
      David Servenay répond à Les Chats
      Auteur(e) de l'article Ex-Rue89
      • Posté à 22h58 le 27/01/2009
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Désolé, les Chats, un petit tiret oublié et le lien est corrompu... C’est réparé.

  • Le Yéti
    Le Yéti
    yetiblog.org
    • Posté à 05h54 le 28/01/2009
    • Internaute 6095
      yetiblog.org

    PARPAINGS POURRIS

    « Les gros patrons refusent de faire de la place aux petits. »

    En fait, tout ça est est assez risible. Parce que la place, les gros patafoufs vont la faire, de gré ou de force. Mais les petits riquiquis, qui pourraient crever d’envie de la leur ravir, n’y parviendront pas.

    Leur monde s’écroule et ils continuent leurs simagrées comme si de rien n’était. C’est bête à pleurer. Tiens, je leur laisse le soin de découvrir deux ou trois petits éclairages d’un illuminé qui osait écrire, fin 2006 :

    « Résumons. Nous sommes entrés dans un état de crise écologique durable et planétaire. Elle devrait se traduire par un ébranlement prochain du système économique mondial. Les amorces possibles pourraient s’allumer dans l’économie arrivant à saturation et se heurtant aux limites de la biosphère :

    * Un arrêt de la croissance de l’économie américaine, minée par ses trois déficits géants - de la balance commerciale, du budget, de l’endettement interne. Comme un toxicomane qui ne tient debout qu’à doses répétées, les Etats-Unis, drogués de surconsommation, titubent avant l’affaissement ;

    * Un fort freinage de la croissance chinoise - sachant qu’il est impossible qu’elle tienne très durablement à un rythme de croissance annuel très élevé. »

    Puis, tout récemment, notre visionnaire ajoutait :

    Je voudrais d’abord revenir sur le mot crise. C’est un terme qui laisse à penser que nous devons passer un mauvais moment avant de retrouver l’équilibre dans le système actuel. Ce n’est pas le cas et il faut essayer de ne pas utiliser ce mot : ce que nous vivons n’est pas qu’une crise, mais la mutation de sortie du capitalisme. [...] C’est une phase de transformation : dans de grandes difficultés, nous nous dirigeons vers un autre système. L’idéologie dominante essaie de faire passer la société, l’économie, pour des patients qui, après une crise d’allergie, devraient retrouver une vie normale. En fait, la société, l’économie, n’ont pas à guérir, mais à se métamorphoser. »
    (Hervé Kempf)

    Pendant que les gros poussah balancent en toute pathétique inutilité leurs ultimes parpaings pourris sur la tronche des petits riquiquis, je conseille vivement à tous ceux qui ne veulent pas mourir stupides de lire l’article complet concernant Hervé Kempf sur le site Lien.

  • manu.lille
    manu.lille
    Ecolo chef d'entreprise
    • Posté à 00h06 le 28/01/2009
    • Internaute 39165
      Ecolo chef d'entreprise

    c’est certain que la ffb n’a pas de probleme de budget. Et quand il manque un petit quelque chose pour un projet ffb, il y a toujours un sponsor qui arrive :)

  • hedona
    hedona
    retraitée
    • Posté à 00h48 le 28/01/2009
    • Internaute 49346
      retraitée

    Cela nous touche tous. Il faut vraiment défendre les PME et ces artisans qui perpétuent des savoirs-faires. Dommage qu’un VGE n’ait eu que mépris pour tous les mêtiers liés à la construction, ou pour résumer « mêtiers manuels ». Le mal a été fait et continue.
    Dans les familles d’artisans, il y a toujours au moins un enfant qui reprend l’affaire de son père ; cela fait déjà un chômeur de moins. Et transmettre un savoir et en plus s’adapter à de nouveaux matériaux, modes, demandes diverses ; cela aurait du être mis en exergue un peu plus sur les chaines télé publiques, plutôt que de bêtifier avec des gens du show biz et ne donner aucun modèle valable à nos jeunes, qui s’imaginent que tout est paillettes, et que défiler sur des talons aiguilles ou marmonner dans un micro, c’est merveilleux.
    Ras le bol des omertas en tous genres : UIMM et aussi l’armée.
    L’IUMM depuis 72 a collecté 400 millions d’euros. Voilà une belle somme qui devrait servir à aider les PME qui déposent leur bilan tous les jours (voir site IFRAP) : témoignages.

  • Waldeck
    Waldeck
    Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
    • Posté à 11h05 le 28/01/2009
    • Internaute 36864
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

    Ca y est les p’tits patrons renâclent !

    Alors qu’ils ont voté et fait voter massivement pour Sarko, pfff...

    C’est vrai, ces pôvres pommes voyaient dans ce parvenu bling-bling, un modèle du genre, ils s’étaient dit qu’avec lui ils pourraient « jouer dans la cour des grands », entrer au Lyons’ Club, changer la Béhème et acheter le châlet à Courch’...

    Bon, c’est raté, mais maintenant faut casquer !

    Allez, pour vous remonter le moral :

    Merci Patron !

    Quand on arrive à l’usine
    La gaîté nous illumine
    L’idée de faire nos huit heures
    Nous remplit tous de bonheur
    D’humeur égale et joyeuse
    Nous courons vers la pointeuse
    Le temps d’enfiler nos bleus
    Et nous voilà tous heureux
    La ï ti la la la ï ti la la ï hé

    (Refrain)
    Merci patron merci patron
    Quel plaisir de travailler pour vous
    On est heureux comme des fous
    Merci patron merci patron
    Ce que vous faites ici-bas
    Un jour Dieu vous le rendra

    Quand on pense à tout l’argent
    Qu’aux fins de mois on vous prend
    Nous avons tous un peu honte
    D’être aussi près de nos comptes.
    Tout le monde à la maison
    Vous adore avec passion
    Vous êtes notre bon ange
    Et nos chantons vos louanges
    La ï ti la la la ï ti la la ï hé

    (Refrain)

    Mais en attendant ce jour
    Pour vous prouver notre amour
    Nous voulons tous vous offrir
    Un peu de notre plaisir
    Nous allons changer de rôle
    Vous irez limer la tôle
    Et nous nous occuperons
    De vos ennuis de patron
    La ï ti la la la ï ti la la ï hé

    Nous serons patrons nous serons patrons
    À vous le plaisir de travailler pour nous
    Vous serez heureux comme un fou
    Nous serons patrons nous serons patrons
    Ce que vous avez fait pour nous
    Nous le referons pour vous
    La ï ti la la la ï ti la la ï hé

    Auteurs compositeurs : Rinaldi / Rego

    Les Charlots 1971

    • Asder
      Asder répond à Waldeck
      des croissants actifs
      • Posté à 12h53 le 28/01/2009
      • Internaute 54451
        des croissants actifs

      Et oui ! Le problème des petits patrons, souvent au même niveau que les ouvriers, c’est qu’ils ont cru qu’ils jouaient dans la cour des grands. Ils ont voté comme un seul homme pour celui qui était censé défendre leurs intérêts (tous ces beaux discours de Sarko !)
      Et voilà que la cour des grands se révèle être un joli panier de crabes qui excluent les petits et s’en mettent plein la poche grâce au grand défenseur du pouvoir d’achat et de la croissance.
      Le réveil est dur et les désillusions font mal, n’est ce pas ? Faites comme beaucoup de Français qui n’y ont jamais cru : pas de mauvaises surprises, ils savaient déjà où on allait. Et ce n’est pas fini, l’entreprise de démolition n’a pas achevé son boulot ! ! !

      • Waldeck
        Waldeck répond à Asder
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
        • Posté à 13h25 le 28/01/2009
        • Internaute 36864
          Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

        Comme vous dites : le réveil est dur et la pente est raide !

        Le problème, c’est que des gens comme vous & moi ne sommes pas déçus puisque nous n’avons jamais été dupes, mais je trouve le discours de Wwwwoooeeeeurrrrrttttsss et de Parillaud particulièrement obscène :

        - « Il faut se montrer solidaire, au lieu de manifester... »

        1) On a déja donné, question solidarité...

        2) Mais solidaire de qui ?

        De ceux qui ont provoqué cette énorme crise, après s’être servis copieusement ?

        Non, non & non : qu’ils crèvent ! ......

  • Emma Indoril
    Emma Indoril
    Nérévarine
    • Posté à 12h30 le 28/01/2009
    • Internaute 29462
      Nérévarine

    « contribution au dialogue social »

    Ça sonne un peu comme « fluidifier les relations sociales » .... ?

    • Waldeck
      Waldeck répond à Emma Indoril
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 14h28 le 28/01/2009
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      Pas tout à fait, Emma...

      - « Fluidifier les relations sociales », c’est Dragées FUCK- A.

      alors que :

      -« Contribuer au dialogue social », c’est Préparation « H ».

  • stachou57
    • Posté à 14h15 le 28/01/2009
    • Internaute 18009

    Continuer artisans à vous faire entuber par les grosses boites. venez demain avec nous dans la rue.
    laurent

    • Waldeck
      Waldeck répond à stachou57
      Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)
      • Posté à 14h41 le 28/01/2009
      • Internaute 36864
        Vivement dimanche 20 mai 2012 ! (...)

      -« Continuer artisans à vous faire entuber par les grosses boites. venez demain avec nous dans la rue.

      -....par les grosses boites. ..

      - Y a pas une faute à “boites” ?

  • amipb
    amipb
    Chef de projet à Barcelone
    • Posté à 14h22 le 28/01/2009
    • Internaute 28823
      Chef de projet à Barcelone

    Sans faire le nazi de l’orthographe, serait-il possible de respecter les espaces avant les signes de ponctuation doubles ( ! ? ; :) ? Merci. Article très intéressant au demeurant.

  • jpbarastier
    jpbarastier
    demandeur d'emploi
    • Posté à 14h41 le 28/01/2009
    • Internaute 67377
      demandeur d'emploi

    Où est le fond du problème ?

    On n’en parle jamais car le nombre d’intervenants impliqués est énorme,
    qu’est-ce qui fait que l’on va favoriser les grandes surfaces au détriment des petits commerçant qui font pourtant vivre bien plus de monde ?

    Tout ceci en poussant le vice jusqu’à nous faire croire que le consommateur va s’y retrouver, il n’y a qu’à étudier le phénomène WALLMART pour s’en convaincre, le but du jeu est d’arriver à pressuriser suffisamment les fournisseurs divers qui y voient un client en or pour tirer des prix défiant l’entendement, ces fournisseurs sont obligés pour y arriver de payer leurs employés à coup de lance-pierre, ces employés voyant leur pouvoir d’achat dégringoler n’ont plus qu’à aller enrichir ces enseignes qui deviennent les seules accessibles à ces petites bourses et la boucle se referme, l’esclave entretient la machine qui le broie.

    Délirant, inhumain me direz vous ?

    Et bien sachez que tout cela n’est possible qu’en arrosant grassement les pouvoirs politiques en place et forcement, ceux qui peuvent arroser ont plus de 10 employés.

  • marc b
    marc b
    anarchiste communautaire
    • Posté à 19h34 le 28/01/2009
    • Internaute 47521
      anarchiste communautaire

    Le petit patron n’est pas « moins salaud » que le grand, c’est juste une question de taille et d’opportunité. Mettez un renard dans un poulailler et vous aurez une parfaite illustration du système. Pour les poules, le problème c’est l’appétit du renard. Pour le renard, le problème c’est le nombre de poules…

  • noufaro
    noufaro
    Profession liberale
    • Posté à 20h19 le 28/01/2009
    • Internaute 62703
      Profession liberale

    Bravo ! Excellent article. Il est étrange que les médias ne parlent pas de ce qui se trame dans le BTP il est pourtant notoire que la concurrence est quasiment nulle et que les « grands » de partagent le gâteau, souvent aux frais du contribuable, en empêchant les petits à travailler sinon comme sous-traitants payés au lance pierre. Il est aussi notoire que les « grands » sont plus spécialisés dans la finance et les réclamations que dans les travaux.
    Incompétence et malfaçons sont couverts par un jeu des complicités et dilution des responsabilités entre grandes entreprises, services publiques et politiques. La situation est nuisible à l’emploi (les grands usent et abusent de l’ intérim), à la qualité et au coût des travaux, à la sécurité et aux conditions de travail qui sont de plus en plus exécrables..
    Le modèle allemand qui fonctionne avec des petites entreprises est bien plus rentable, humain et transparent. Mais c’est peut-être ce qu’il fait tenir le système français : le manque de transparence doit profiter à beaucoup des grands et pas seulement à ceux du BTP.

  • Macbeth
    Macbeth
    Employé
    • Posté à 08h27 le 29/01/2009
    • Internaute 42646
      Employé

    Et pendant ce temps-là, les petites entreprises sont progressivement exclues de la possibilité d’obtenir un logement via le 1% patronal et les Collecteurs du 1%. En l’occurence, et depuis très longtemps, la taxe annuelle n’est plus que de 0,45% de la masse salariale, mais le seuil de nombre de salariés est passé de 10 à 20 il y a deux ans ! Résultat : moins de 20 salariés = pas d’accès aux milliers de logements sur lesquels les Collecteurs du 1% ont des droits de réservation...
    Alors, plutôt que ces prélèvements ici et là dont l’utilité paraît très douteuse parfois, c’est le moins que l’on puisse dire, pourquoi ne pas donner l’accès aux réservations locatives par une cotisation auprès des Collecteurs du 1% pour les entreprises de moins de 20 salariés ? ! ?