La mort dans l'impunité de Driss Basri, le « superflic » d'Hassan II

Driss Basri reçu à Paris par le ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré en 1997. (Jacky Naegelen/Reuters).
Driss Basri, l’exécuteur des basses oeuvres du roi Hassan II pendant deux décennies, est mort lundi à Paris à 69 ans, emportant avec lui tous ses secrets, ainsi que les derniers espoirs de ses victimes de le voir juger un jour.
Ministre de l’Intérieur de Hassan II, il avait été limogé en 1999 par son successeur, Mohammed VI, ce qui avait été interprété, à l’époque, comme un grand signe d’ouverture et de changement. Il en avait conçu une grande amertume et colère, s’exilant à Paris d’où il observait avec mépris la scène politique marocaine et ses vissicitudes. Il a succombé à un cancer.
Ce docteur en droit diplômé de l’université de Grenoble, fils d’un gardien de prison, est entré dans la police, d’abord commissaire de police à Rabat avant de gravir les échelons de l’appareil sécuritaire. Il devint l’homme de confiance du roi, succédant dans ce rôle au général Oufkir, auteur d’une tentative de coup d’Etat en 1972, et à Ahmed Dlimi, mort mystérieusement dans un accident de voiture. Basri restera fidèle au roi Hassan II pendant vingt ans, jusqu’à la mort du souverain chérifien en juillet 1999.
Sans états d’âme, ce « Béria » marocain a été le bras impitoyable d’un régime qui n’a pas hésité à espionner, emprisonner, torturer ou assassiner ses opposants, recourant à des pratiques d’un autre âge comme l’enfermement de la famille Oufkir, enfants compris, après la trahison du général. La liste des crimes auxquels son nom est directement ou indirectement lié est très longue, et la frustration des défenseurs des droits de l’homme était immense, lundi : « Cet homme est parti comme beaucoup d’autres responsables des graves atteintes aux droits de l’homme après avoir vécu dans l’impunité », a estimé Abdelillah ben Abdeslam, vice-président de l’Association marocaine des droits humains.
De son exil parisien, il avait assisté, impuissant et rageur, au grand déballage de l’après-Hassan II, avec le retour d’opposants historiques comme Abraham Serfaty, la publication du récit de détention des enfants Oufkir, ou encore les innombrables récits dans une presse libéralisée des abus et des crimes de l’« ère Basri » qui n’était autre que l’« ère Hassan II ».
Photo : Driss Basri reçu à Paris par le ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré en 1997. (Jacky Naegelen/Reuters).
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Que Basri soit mort ou non ne change rien (Meziane non plus : sa famille a encore enormement de pouvoir). De son vivant, le marocain ne pouvait rien dire, maintenant qu’il est mort , le marocain ne parlera pas plus. Et l’argument concernant l’emprisonnement de la famille Oufkir manque serieusement de lumiere... N’oubliez pas que l’epouse et la fille Oufkir etaient de redoutables agents du pouvoir (ceux qui se souviennent peut etre des multiples raids du Lycee de Jeunes Filles Lalla Aicha comprendront).
Ne vous fiez pas aux apparences d’un roitelet cool et ouvert... L’ancien etait sanguinaire, le nouveau est demagogue- cela reste une dictature, soutenue par les occidentaux : autant les Americains qui s’en servent comme base de torture, ou comme les Francais qui ont abbatu Ben Barka et contribue aux ’annees de plomb’.
Et puis, comment ose-t-on parler d’ouverture lorsqu’un roi, a la risee de tous ses voisins, s’autoproclame descendant d’un prophete...
Lorsqu’un despote prend son peuple pour des idiot, c’est mauvais, mais quand il parvient a se payer la tete du monde, c’est pire...
Merci a tous les occidentaux qui ont fait de notre pays un havre de censure, de peur, d’ignorance, de mediocrite et de feodalisme au cours des siecles.




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