Tribune 25/01/2009 à 14h52

Le gouvernement taille une chaire sur mesure à Alain Bauer

Collectif des personnels du CNAM | (Enseignants-chercheurs et ingénieurs)

Mardi 27 janvier doit être actée en conseil d’administration du Conservatoire national des arts et métiers l’arrivée d’Alain Bauer, ancien grand maître du Grand Orient de France. Il écoppe, sur intervention de Valérie Pécresse, d’une toute nouvelle chaire de criminologie taillée sur mesure. Depuis deux semaines, profs et personnels du CNAM se rebiffent contre ce parachutage.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a tout récemment proposé au Conservatoire national des arts et métiers d’accueillir en son sein la première chaire de criminologie en France. S’il n’était pas déjà suffisant en lui-même, ce gâteau ministériel comporte une cerise : la nomination d’Alain Bauer comme premier titulaire de la chaire.

A l’heure où les universités, devenues autonomes, doivent apprendre à gérer des budgets étriqués et des locaux délabrés, il est pour le moins surprenant de voir le ministère s’immiscer à tel point dans la vie d’un établissement. Rien là d’illégal, certes. D’autres chaires ont été créées au CNAM ces dernières années par le même procédé.

Un nouveau fait du Prince

D’autres professeurs titulaires ont dû leur nomination au fait qu’ils avaient été désignés en amont par le ministère, au mépris des règles de concurrence en vigueur dans le monde académique. Mais l’argument du précédent ne justifie en rien ce nouveau fait du Prince.

Existe-t-il d’autres lieux où le pouvoir se mêle de créer des chaires et, ce faisant, d’institutionnaliser l’enseignement de disciplines peu ou pas reconnues ? A-t-on déjà vu ailleurs des personnalités parachutées sur des postes aussi prestigieux, sans la moindre concertation avec les milieux professionnels concernés par le domaine de la chaire ?

Notre établissement, fondé il y a plus de deux siècles par l’Abbé Grégoire, se distingue pourtant de l’Université sur bien d’autres plans : l’ouverture à tous, quel que soit le niveau de qualification initial ; la diversification constante des formations, en lien avec les évolutions des secteurs professionnels, et leur accessibilité à distance par le biais des nouvelles technologies ; l’adaptation de la recherche au vaste champ d’enseignement proposé, des sciences et techniques industrielles aux TIC, en passant par les sciences de l’homme et de la société, etc.

Si le ministère souhaite donc intervenir dans la vie du CNAM, il dispose d’une palette d’orientations et de moyens beaucoup plus profitables collectivement.

L’urgence n’est pas là

Savoir si la criminologie souffre d’un déficit de reconnaissance académique qu’une chaire pourrait combler, telle ne devrait pas être l’urgence immédiate pour le CNAM et ses personnels. D’autres ont engagé la discussion, ici et là, et c’est l’honneur de la communauté scientifique que de préférer les exigences du débat d’idées aux sirènes de l’opportunisme institutionnel. Mais le calendrier dicte parfois les urgences. C’est en effet mardi prochain, le 27 janvier, que le conseil d’administration du CNAM statuera sur la nomination d’Alain Bauer comme titulaire d’une chaire de criminologie.

Qui connaît M. Bauer ? Qui a lu son rapport remis en mars dernier au président de la République et au Premier ministre, « Déceler - Etudier - Former : une voie nouvelle pour la recherche stratégique » ? Qui a n’a pas frémi face à cette « pensée “catastrophiste”, voire “apocalyptique” qui consiste à dramatiser l’insécurité », une pensée assénée sur le mode de l’évidence, appuyée sur des interprétations statistiques douteuses et nourrie par la peur d’une société où le risque serait devenu global ?

A ces questions, nous répondons qu’il se trouve 280 personnes à ce jour (universitaires, chercheurs, médecins, magistrats, travailleurs sociaux…) pour exprimer leur crainte de voir Alain Bauer occuper la tribune qu’entendent lui offrir le ministère de l’Enseignement supérieur et, n’en doutons pas, l’Elysée.

Incontestablement, Alain Bauer a besoin du CNAM pour se prévaloir de la légitimité académique qui lui fait si cruellement défaut. Mais le CNAM a-t-il besoin de lui ? Nous ne le pensons pas et nous entendons bien faire entendre cette conviction, largement partagée, à ceux qui seront amenés à voter pour ou contre l’attribution d’une chaire de criminologie au candidat désigné par le ministère.

Ce texte est signé de sept enseignants du CNAM : Antoine Bevort, professeur des universités au CNAM (sociologie), Elisabeth Dugué, ingénieure de recherches au CNAM (sociologie), Michel Lallement, professeur titulaire de chaire au CNAM (sociologie) Bénédicte Logé, maître de conférences au CNAM (mathématiques), Roselyne Orofiamma, ingénieure d’études au CNAM, Françoise Rouard, maître de conférences au CNAM (linguistique), Dominique Roux-Rossi, professeur des universités au CNAM (droit).

A lire aussi sur Rue89
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  • kawouede
    • Posté à 15h02 le 25/01/2009
    • Internaute 27995

    Félicitations aux enseignants et personnels du CNAM. Ils ont tout saisi à cette nouvelle distribution de faveurs digne de l’ancien régime ou des démocraties fantoches.

    • pablico
      pablico répond à kawouede
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 15h35 le 25/01/2009
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      surtout à ce niveau , faire ce genre d’acte, génère combien d’animosités ?

      c’est faire de la génération spontanée d’opposants influents.. est-ce bien politique, et surtout malin ? ?

  • sup. à la demande du riverain 29 juin
    • Posté à 15h27 le 25/01/2009
    • Internaute 58127
      bye bye ...

    Il est dit : « Rien là d’illégal, certes. D’autres chaires ont été créées au CNAM ces dernières années par le même procédé. »

    d’où mon interrogation : quels sont les motifs de cette protestation.

    a) la chaire de criminologie qui serait inutile
    b) la personnalité même de M. Bauer
    c) le fait que ce soit le gouvernement qui le désigne.

    j’avoue ne pas avoir saisi.

    • Galla
      • Posté à 16h55 le 25/01/2009
      • Internaute 44315
        retraité

      Nous sommes certains à être saisi que tu n’ai point saisi.
      c’est ton problème, sans « blême ».

    • eskimo
      • Posté à 08h21 le 26/01/2009
      • Internaute 24163

      il est dast la tradition des universités et instituts de recherche de procéder à un recrutement soit sur concours soit par les pairs. Le pouvoir plitique doit rester en dehors de ce jeu car le savoir est légitimé par le savoir et sa pertinence, pas par ses accointances avec le pouvoir.

  • jexiste
    jexiste
    si, si
    • Posté à 16h10 le 25/01/2009
    • Internaute 53099
      si, si

    Les sociologues sont-ils les mieux placés pour critiquer ?

    Voir cet article et l’ensemble des commentaires qu’il a générés :

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    • Ernst_T_Tho
      Ernst_T_Tho répond à jexiste
      ermite
      • Posté à 23h14 le 25/01/2009
      • Internaute 59906
        ermite

      Face à l’obscurantisme de nouveau triomphant, l’utilité des sciences sociales et humaines n’est pas des moindres. Dès 2001, n’importe quel citoyen français ou du monde assez riche ou assez courageux pour s’acheter ou consulter l’ouvrage du sociologue Laurent Mucchielli (Violences et insécurité. Fantasmes et réalités dans le débat français) pouvait savoir qui était Alain Bauer, quel était son parcours de nouvel « expert de la sécurité » et dans quel cadre socio-politique il s’inscrivait.
      D’autres sociologues, Michel Kokoreff et Jacques Rodriguez, ont souligné depuis l’existence d’une « néo-aristocratie », en France comme partout ailleurs en Occident, dont la classe politique, les grands groupes médiatiques et des spécialistes « scientifiques » tels qu’Alain Bauer ou son comparse de naguère, le journaliste d’extrême-droite Xavier Raufer, sont constitutifs. C’était avant l’ère Sarkozy et déjà à l’époque, ça fleurait bon l’idéologie fascisante, le copinage et le népotisme.
      Logique qu’avec la prolifération de tels « experts », la parole des véritables universitaires soit elle aussi mise en doute, surtout que cette population spécifique n’échappe pas à l’épuration idéologique orchestrée par les pouvoirs politique et économique dans tous les domaines de la vie sociale. Vous avez donc amplement raison, cher-ère Jexiste, de nous inviter à préserver un esprit critique et à ne pas prendre pour argent comptant l’opinion d’individus complaisamment présentés comme des « spécialistes ».
      Il me semble toutefois qu’il ne faille pas complètement désespérer des enseignants-chercheurs en sciences sociales et humaines qui, comme le prouve la tribune du collectif du CNAM, peuvent encore représenter un rempart, aussi fragile soit-il, face au tsunami totalitaire qui déferle à présent sur l’ensemble de la surface planétaire et pas seulement sur notre localité gauloise. Sinon, il ne restera plus que la foi, et je pense que nous savons tous deux à quoi nous en tenir dans ce cas-là, n’est-ce pas ?

      • jexiste
        jexiste répond à Ernst_T_Tho
        si, si
        • Posté à 16h32 le 26/01/2009
        • Internaute 53099
          si, si

        Ah non ! Pas Lolo !

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        Il remet toujours le couvert sur le même mode :

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        Egalement à méditer :

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        Je ne vous donne là que quelques textes en vrac, on peut en trouver d’autres, éventuellement plus fournis, mais ce me semble de plus en plus difficile, il y en a déjà que je ne retrouve plus.

        Quelle production peut-on attendre d’enseignants-chercheurs nécessairement inféodés aux politiques auxquels ils doivent leurs postes et carrières ?

        Je vois beaucoup d’études bidon qui n’ont pas d’autre but que de fournir une caution pseudo-scientifique à des choix purement politiques, ou de conforter des institutions dans leurs dysfonctionnements habituels en niant complètement l’existence de ces derniers.

        Bref, pour la plupart, les sociologues me semblent être bien davantage des spécialistes du marketing politique que des chercheurs.

        Ce sont aussi les meilleurs défenseurs des sectes, dont l’Eglise de Scientologie et le NPA, qui sont au fond assez semblables.

        Nous leur devons enfin toutes les techniques managériales dites du harcèlement moral.

        Les manipulateurs me hérissent le poil. Désolée.

         
        • Ernst_T_Tho
          Ernst_T_Tho répond à jexiste
          ermite
          • Posté à 23h31 le 29/01/2009
          • Internaute 59906
            ermite

          Je ne suis pas sûr de bien vous suivre, Jexiste. Comme vous, j’ai tendance à avoir une réaction épidermique face à toute sorte de manipulation, ce qui m’amène à abhorrer tout particulièrement le marketing, et en premier lieu celui qui sévit en matière politique. Mais ne confondez-vous pas marketing et communication, usurpation et information ?
          Que reprochez-vous au dénommé « Lolo » ? Son statut ? Son importante communication ? Le contenu de ses textes ? Loin de moi l’idée de nier que nombre d’enseignants-chercheurs ou plus généralement d’intellectuels, et en premier lieu les plus médiatisés, sont à un degré ou un autre « inféodés aux politiques auxquels ils doivent leurs postes et carrières ». Mais est-ce uniquement parce que « Lolo » est sociologue qu’il fait immanquablement partie de ces dociles vassaux intéressés du pouvoir institué ?
          Il tente visiblement de communiquer autant que faire se peut le résultat de ses travaux. Ceci en fait-il nécessairement un propagandiste digne de la formule marketing qui s’est imposée dans toutes les relations humaines relatives à une question de pouvoir ou d’intérêts matériels ? A mon sens, ceci ne serait vrai qu’à condition que le contenu des textes qu’il soumet au public ne soit pas pertinent sur un plan scientifique et soit par contre, implicitement ou explicitement, orienté par des considérations idéologiques ou carriéristes.
          Or, lorsque l’on s’intéresse à un article comme celui paru sur Rue89 et portant sur les nouvelles dispositions relatives à la délinquance des mineurs, d’une part, l’on constate que tous les éléments avancés sont justes scientifiquement parlant, et d’autre part que son propos ne peut en aucune manière apparaître comme une obséquieuse et intéressée révérence vis-à-vis d’un pouvoir politique employeur.
          Ne vous semble-t-il par conséquent pas indispensable de nuancer votre perception à des fins d’affinement ? LES enseignants-chercheurs, LES sociologues, …, comptent parmi leurs rangs, comme tous LES gens, des individus forts différents, aux productions et motivations diverses. Qu’une partie d’entre eux, peut-être majoritaire, se comporte en vulgaire propagandiste inféodée à ses politiques d’employeurs (pas toujours), je répète que cela me semble d’autant plus probable que nous vivons une triste époque d’anti-intellectualisme parfaitement bénéfique aux innombrables sectes comme aux religions instituées, doublée d’une récession économique qui offre de « parfaits » arguments aux pouvoirs financier et politique pour accentuer une régression intellectuelle généralisée et intéressée par le biais de coupes sombres dans les budgets (donc effectifs) de la Recherche et l’Education.
          Néanmoins, une fois encore, ils et elles ne sont pas tous les mêmes et ne tiennent pas tous le même discours. Ce qui importe pour les distinguer est de ne pas se focaliser sur le statut ou le moyen (en quoi est-ce un mal de vouloir rendre publics les résultats de recherches que l’on juge personnellement pertinentes et qui sont scientifiquement justes ?), mais sur le contenu, le fond de ce qui est publié. Et quitte à parler de délinquance juvénile en France et de politiques publiques relatives à ce phénomène à l’heure actuelle, je vous répondrais donc en toute amitié, chère Jexiste : « Ah, si : Lolo ! et bien d’autres évidemment ! ».

        1 autres commentaires
  • jean breton
    • Posté à 17h08 le 25/01/2009
    • Internaute 51943

    M.Bauer a été vice président Europe de l’immense société de sécurité SAIC, fournisseur (car on ne peut en dire plus) des services secrets américains.
    Puis ce sarkhoziste d’origine pseudo-trostkyste (d’ailleurs pourquoi a-t-il été trotkyste ? par conviction ?) s’est glissé au sommet du Grand Orient de France.
    Par quel miracle ?
    L’obédience maçonique, très générallement sur des positions laïques et républicaines intransigeantes, n’avait pas habitué les démocrates français à se mettre sous les ordre d’un marchand de sécurité, d’un de ces marchands de peur bizarrement intentionnés.
    Elle s’en est d’ailleurs débarassé fort heureusement depuis.
    A présent le voici, par la volonté de son maître, devenu Monsieur Le Professeur et pas n’importe où, dans un centre prestigieux.
    Ce n’est pas son background scientifique qui le justifie.
    On ne peut que se poser des questions.
    Qu’est-ce qu’on récompense ainsi ?
    Que lui doit-on ?
    Qui représente-t-il ?
    Qui est vraiement M Bauer ?

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  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 16h45 le 25/01/2009
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    Doublement inquiétant : une nomination au CNAM contre l’avis de ceux qui y travaillent sérieusement, ensuite une espèce de chaire qui va servir à entretenir, voire à développer la paranoïa de ceux qui nous gouvernent. Sans compter sur le génie de Mr Bauer qui va sans aucun doute avoir très vite besoin d’une flopée de collaborateurs pour l’aider à définir tout un tas de stratégies propres, selon lui à déceler à temps tous les risques potentiels qui nous menacent (terrorisme, serial killers, etc...). Etrange grand écart entre la nomination de ce monsieur d’une part, et de l’autre la mission confiée à Claude Allègre pour qui le réchauffement de la planète n’est qu’une suite d’élucubrations de pseudo-scientifiques illuminés.

  • Lairderien
    • Posté à 16h48 le 25/01/2009
    • Internaute 22751

    Drole de Franc-mac ce bonhomme, bien loin des valeurs de tolérance, de fraternité et d’humanisme qui animent les francs-maçons sincères qui sont le plus grand nombre.

    Cet homme qui depuis des années nage dans des eaux pas très claire, s’est surtout servi de cette « qualité » pour approcher les sphères du pouvoir et surfer sur la vague sécuritaire, provoquée par notre présiment toupty 1er.

    le nommer à cette chaire créée tout exprès pour lui serait le couronnement ou presque de sa carrière d’intriguant.

    Ces enseignants ont bien raison de s’insurger contre cette attribution.

    • jean breton
      jean breton répond à Lairderien
      • Posté à 17h09 le 25/01/2009
      • Internaute 51943

      L’air de rien, c’est sans compter probablement avec ses amis américains.

      • Lairderien
        Lairderien répond à jean breton
        • Posté à 19h38 le 25/01/2009
        • Internaute 22751

        Moi perso je ne connais pas grand monde qui est réellement ami avec ses employeurs, je dis ça, mais j’dit rien, juste une petite impression, comme ça ! ! ! .

         
        • jean breton
          jean breton répond à Lairderien
          • Posté à 20h23 le 25/01/2009
          • Internaute 51943

          Au CNAM non plus, le SAIC ne semble pas avoir beaucoup d’amis, sauf si les auteurs de l’article disent le contraire. Enfin, n’insistons pas...

        1 autres commentaires
  • le gone
    le gone
    cadre dirigeant qui se soigne
    • Posté à 17h36 le 25/01/2009
    • Internaute 65433
      cadre dirigeant qui se soigne

    Une chaire au CNAM, c’est comme un titre d’expert auprès des tribunaux, ça vous positionne un consultant et sa société... cf la SAIC et Mr Bauer

    pour mémoire, ce Monsieur recommande et vend à prix d’or des missions de conseil en sécurité pour les villes Françaises (toute couleur politique confondue) avec une prédilection pour les quartiers sensibles

    l’une de ses recommandations classiques consiste à étendre les zones sous surveillance video permanente, entre autres ( prestation au catalogue bien sûr)

    il n’est pas rare de le voir en interview à la moindre voiture brûlée, puisque ce sujet de l’insécurité, en dehors de l’angelisme de gauche, laisse le champ libre à bien des extrêmistesde la répression, autoproclamés experts

  • Un vieux
    Un vieux
    retraité
    • Posté à 17h42 le 25/01/2009
    • Internaute 38946
      retraité

    Naturellement, il n’y a rien que de très légal... Tout désir de Notre Saigneur, s’il n’est pas légal, le devient, par sinistre interposé, avec la sempiternelle recommandation : « le président y tient beaucoup... »...

    Si d’aucun(e)s font de la résistance, objurgations paternalistes avec rappel de la « grande famille politique“et si on s’obstine, direct dans le placard...

    Alors, votre demeure bien située pour laquelle vous avez sué sang et eau, et qui plairait bien à un de ses copains, et hop... ! ! ! une loi pour vous virer ‘légalement’...

    Ses amis sont englués par des ‘affaires’ financières, criminelles ou autres, Et paf... ! ! ! Plus de juges d’instruction et non-lieu par les procureurs...

    Rien que du légal, qu’on vous dit...

  • lucidity
    lucidity
    citoyenne
    • Posté à 18h09 le 25/01/2009
    • Internaute 67150
      citoyenne

    Comment se fait-il qu’il n’est jamais mentionné nulle part à propos de M. Bauer qu’il est PDG de la SA AB Associates, société de sécurité ? Monsieur Bauer vends conseils, audits, matériel, techniques.... Comment peut-on croire à son objectivité et lui demander des rapports sur la délinquance ou l’insécurité alors qu’il y a conflit (ou convergence c’est selon) d’intérêts manifeste ?

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant blogueur
    • Posté à 19h10 le 25/01/2009
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    Pour ce qui est de la compétence de Bauer, on peut aussi rappeler qu’il fut l’un des premiers vulgarisateurs en France du concept de tolérance zéro venu des USA, concept qui se ramène à une idée simple : toute forme de désobéissance, de déviance, est aussi un délit qu’il faut traiter comme tel. C’est à ce titre qu’il a inspiré la politique de Sarkozy, d’abord comme ministre de l’Intérieur, puis comme président. Avec les résultats que tout le monde peut aujourd’hui constater : les prisons sont bondées, la police a tous les droits mais la délinquance n’en finit pas d’augmenter. Tout faux, donc, Bauer.

  • oui ben non
    • Posté à 19h30 le 25/01/2009
    • Internaute 41968

    Tiens ! on crée un poste d’enseignant ! C’est curieux, je croyais qu’on en supprimait beaucoup ! Encore de la désinformation !
    Décidément, on ne sait plus où se trouve la vérité !

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 19h48 le 25/01/2009
    • Internaute 52604
      à croquer

    190 heures par an à tout casser, un salaire de prof d’université (2 305 € en début de carrière, 4 066 € en milieu de carrière et 4 622 € en fin de carrière), un poste à vie et tout ça sans concours.
    Merci qui ?

  • Ne pas laisser faire
    • Posté à 19h52 le 25/01/2009
    • Internaute 66852
      sans

    merci de nous alerter : cette info était passée inaperçue.
    Si je pige bien Monsieur BAUER va enseigner la criminologie.
    Qui peut nous dire s’il y a un déficit de formations ?
    Si c’est le cas on pourrait éventuellement (j’ai bien dis éventuellement !) comprendre l’urgence à créer cet enseignement !

    Sinon, on comprend aisément que ce Monsieur est dans une mouvance anarchopoliticardeump.....pire que Tarnac !

    Allez hop au trou , délit d’influence !

    A la réflexion , je me demande si je ne l’ai pas vu trainer vers une voie...de garage !

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 19h57 le 25/01/2009
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Encore une pièce de plus, en place sur son échiquier.

    Parions que bientôt, ce mister Bauer va demander la démission des personnes ayant signés se manifeste de façon à prendre en main cette institution.
    Sarkozy la pieuvre ( le Kraken) déploie de plus en plus ses tentacules

    Jean-Luc LUMEN
    Résistant fils de Résistants

  • ninaneux
    ninaneux
    retraité
    • Posté à 20h42 le 25/01/2009
    • Internaute 60234
      retraité

    je cois que nous sommes revenu autant des rois , et sa majesté a décidé.Mais au fait il y a quelques mois vous aviez voté pour qui ?

  • désinscrit à sa demande
    • Posté à 20h47 le 25/01/2009
    • Internaute 65988
      Entrepreneur

    Tout le monde sait que la France est le seul pays au monde qui forme et engraisse autant de sociologues. La sociologie est une pseudo-science et un vrai charlatanisme, un outil de propagande de l’extrême-gauche qui prétend prouver qu’hors de la gauche il n’y a pas de salut. Nous sommes intoxiqués par ces gens qui sont grassement payés par le contribuable. Quand j’ai commencé mes études, les profs nous disaient : si tu es bon à rien, fais des études de sociologie !

  • A déménagé le 25 octobre
    • Posté à 21h08 le 25/01/2009
    • Internaute 33755

    Attention !

    Idéologie tue !

    Pas de méritocratie, pas d’égalité des chances, pas de débat, pas de questions, pas de contradiction ; et qu’entend-on ?

    « Déceler-étudier-former »
    ...
    « Étudier - discerner - informer »...
    Chépas, j’propose ; un peu moins fataliste, peut-être...

    Cette croyance qui se bouche un angle de vue dés le départ, ça me rappelle furieusement les déblatérations du jobard de l’Élysée quant à la soi-disante primatie du gène dans l’organisme humain. Quand on ne doute de rien à ce point, quand on enferme et arrête à coup de pelleteuse des êtres humains qui s’interrogent sur leur coreligionnaires humanoïdes, nous n’avons plus qu’à pénaliser le questionnement de soi : il va en falloir des puces électroniques pour contrôler bientôt 10 milliards de terriens ! Vite, qu’il hurle son appel d’offre... amical, cela va de soi !

    Quel est ce libéralisme qui s’attaque à son propre cœur, les libertés individuelles ?

    Idéologie tue.

    • Ernst_T_Tho
      • Posté à 08h41 le 26/01/2009
      • Internaute 59906
        ermite

      D’accord à 100 %, Blaise 11. Néanmoins, l’idéologie peut aussi sauver lorsqu’elle pousse à « étudier, discerner et informer » par exemple. Le tout est de savoir à quelle réalité elle correspond véritablement en ces temps de marketing particulièrement entreprenant, voire tout-puissant.

      • A déménagé le 25 octobre
        • Posté à 08h43 le 26/01/2009
        • Internaute 33755

        Ola, Ernst. Si j’avais dis « L’idéologie tue », oui...

        Ce qui me fait le plus peur avec ce type est sa conviction claironnée : « je n’ai pas d’idéologie ».

        Il en a une, il la tait, ce qui à mon sens est le plus grave dans une idéologie.

        ps : ne pas oublier, c’est un sale gosse, et comme tout bon sale gosse qui a le diable au corps dans la peau d’un adulte, ça donne un machiavélique : il cache ses intentions.

         
        • Ernst_T_Tho
          • Posté à 18h24 le 29/01/2009
          • Internaute 59906
            ermite

          Copy that, Blaise. Ce M. Bauer partage avec ses commanditaires une idéologie spécifique et d’autant plus dangereuse qu’ils la font passer pour un discours « scientifique » en rien politiquement orienté. Toujours d’accord avec vous, donc, pour dénoncer cette usurpation aux très lourdes conséquences présentes et à venir.

        1 autres commentaires
  • egide
    egide
    Littéral
    • Posté à 21h10 le 25/01/2009
    • Internaute 45067
      Littéral

    Vous ne connaissez pas le président du Conseil d’orientation de l’Observatoire National de La Délinquance ? ? ?

    Organisation du COR Lien
    Le Conseil d’orientation est indépendant et compétent pour décider et déterminer les choix et orientations des objectifs, études et recherches dans les domaines et missions propres de l’OND. Il est saisi des demandes du ministre de l’Intérieur.
    Le Conseil d’orientation a pour mission de définir une stratégie garantissant la fiabilité et la pertinence des données statistiques en matière de sécurité. Il est composé de 17 représentants de la société civile, élus nationaux et locaux, universitaires et chercheurs, représentants des médias, représentants des associations, des ordres, des groupements et des organismes privés, (fédération française bancaire, union sociale pour l’habitat) dont les activités et métiers sont concernés par les phénomènes de délinquance. 11 représentants de l’Etat, outre le directeur de l’INHES à titre consultatif, y siègent également : Défense Nationale, Justice, Intérieur, mais aussi Finances, Transports, Ville, Outre-Mer, Recherche, Education Nationale.

    Le Conseil d’orientation de l’Observatoire national de la délinquance a été officiellement installé le 4 novembre 2003 par le Ministre de l’Intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales. Il est présidé par Alain BAUER, criminologue.

    Trombinoscope du Conseil d’orientation de l’OND à télécharger ici : Lien

  • bonbon rose
    bonbon rose
    à croquer
    • Posté à 21h18 le 25/01/2009
    • Internaute 52604
      à croquer

    Le problème aussi c’est que le Conseil de perfectionnement du CNAM ait approuvé sa nomination d’une courte majorité (14 voix contre 12) certes, mais suffisante.

  • kebra
    kebra
    Bisounours killa
    • Posté à 21h39 le 25/01/2009
    • Internaute 8550
      Bisounours killa

    Il faut au moins une chaire en criminologie pour justifier S’Tarnac, Taïga et autres joyeusetés. Cela va faire exploser la valeur de sa société de conseil en sécurité, il va pouvoir faire des factures d’experts reconnus par l’Académie.

    Jusqu’aujourd’hui, il n’était que médiatique et maçonique. Pécresse va réparer ce manque de classe et donner un vernis de respectabilité à un des porte-flingues de la théorie du choc et du gouvernement par la peur. Encore un carrièriste qui sacrifie les valeurs humanistes de son enseignement pour son hyper-profit et celui de ses maîtres.

    Chez Alain Bauer, je n’aime que sa soeur...

  • Serge Quadruppani
    Serge Quadruppani
    Nomade italo-bellevilois
    • Posté à 23h20 le 25/01/2009
    • Internaute 40213
      Nomade italo-bellevilois

    Parmi les éléments essentiels du cursus scientifique de M. Alain Bauer, signalons aussi :
    1- Qu’il a, par l’intermédiaire de son ami Julien Dray, inspiré le virage sécuritaire du PS (rappelons que parmi l’empilement de lois sécuritaires, certaines ont été conçues par les gouvernements socialistes)
    2- D’après Libération, Il aurait attiré l’attention de Michèle Alliot Marie sur la célèbre « mouvance anarcho-autonome » et sur les présumés sympathisants de la revue Tiquun menacés d’une « dérive brigadiste ».
    Cet homme est un businessman qui vend de la sécurité, comme l’autre obsédé du Taser, faire de ses productions purement idéologique une « science » est une insulte à tous ceux qui cherchent, avec rigueur et modestie, à donner un sens à ce mot. Il paraît qu’il fut vaguement de gauche ? Sûrement comme
    Besson, Kouchner, Bruni et autres Fadela Amara, exemplaires d’humanité comme on en a vu sans doute surgir dans tous les régimes crépusculaires et pourrissant. Badiou appelle ça des « rats », moi je trouve ça dommage pour les rats qui, si on se renseigne un peu, sont des animaux intelligents et malfaisants seulement dans les conditions imposées par l’homme.

    • Ernst_T_Tho
      Ernst_T_Tho répond à Serge Quadruppani
      ermite
      • Posté à 07h54 le 26/01/2009
      • Internaute 59906
        ermite

      Rien à redire, Serge Quadruppani, à ceci près que si les rats se comportent de manière particulièrement sociable et aimable lorsqu’ils appartiennent à une même tribu ou « super famille », ils deviennent de véritables tortionnaires avec leurs congénères ne partageant pas la même odeur tribale que la leur. En cela, monsieur Bauer et ses employeurs peuvent nous faire songer à ces sympathiques rongeurs. Il semble cependant que nous soyons finalement d’accord sur le fond : ces animaux-là sont bel et bien des êtres humains, du même acabit que ceux qui, naguère, comparaient certains de leurs congénères à des rats, des parasites, des moins que rien.

    • jean breton
      • Posté à 21h30 le 26/01/2009
      • Internaute 51943

      N’insistons pas non plus sur son rôle dans le financement du PS, ce serait lui faire porter trop de casquettes.
      Il est déjà bien trouble comme ça.
      Il y avait dans la pseudo gauche de vrais fascistes.
      Ils ont été formés aux sources mêmes de la répression, quelque part en Virginie semble-t-il.
      Le pire avec Bauer, c’est qu’il a toujours tout dit.
      Renforcer la surveillance.
      Caméras de contrôle.
      Répression.
      Fichage.
      Tranquillement.
      L’air de rien.

      • Ernst_T_Tho
        Ernst_T_Tho répond à jean breton
        ermite
        • Posté à 23h42 le 29/01/2009
        • Internaute 59906
          ermite

        Aaaah, le concept de « tolérance zéro » importé du New York de Giulani (plutôt que de Quantico)... une merveille ! Rappelez-vous également du très républicain et démocrate avocat, G. Fennech, devenu député depuis, qui, à la même époque que Bauer et Rauffer, s’en était fait le héraut en France.

  • pierrepaul
    pierrepaul
    consultant
    • Posté à 16h26 le 26/01/2009
    • Internaute 42028
      consultant

    Quand on a eu du pif ( detecter « l“avenir” du sécuritaire ..) puis quand a fait du fric avec, en vendant des “ audits sécurité ‘ souvent dupliqués du précédent a des collectivités locales bien naîves ....et en tous cas assez fumeux, on peut obtenir une chaire de criminologie ! Ce qui est abusif car conseiller de mettre des caméras à la RATP ou à une ville ca n’a jamais été de la criminologie ! ! !
    Il serait donc sain qu’il n’obtienne pas cette chaire ! Une autre raison selon moi : ce Monsieur prétend avoir été membre du cabinet de Rocard à Matignon, ce qu’aucun document n’atteste ! Il a tout au plus été un membre occulte de ce cabinet ou un visiteur régulier des lieux .. !

  • jean breton
    • Posté à 18h29 le 27/01/2009
    • Internaute 51943

    Pas clair le type.
    Enfin, je dis ça juste pour faire avancer le schimlblick...