tribune 26/08/2007 à 01h28

Quand Robert Ménard, de RSF, légitime la torture

Jean-Noël Darde | Maître de conférences

Dans une émission de France Culture ( » Contre expertise » , par Xavier De la Porte, émission du jeudi 16 août 2007 de 12h45 à 13h30, La gestion des otages peut-elle être transparente ?) Robert Ménard a évoqué le cas de l’enlèvement et du meurtre de Daniel Pearl par les extrémistes islamistes.

C’est pour le secrétaire général de Reporters sans frontières l’occasion de tenir des propos très inquiétants à propos de la légitimité, en de tels cas, de l’usage de la torture :

(lire transcription ci-dessous)

Propos d’autant plus inquiétants et ahurissants de la part du président de RSF, une ONG qui se présente comme porte-parole des journalistes.

Les partisans de la torture ont toujours argué qu’il était légitime de tenter d’arracher par tous les moyens des informations d’un coupable, voire d’un présumé coupable, si cela pouvait aider à sauver des vies. Cet argument est la tarte à la crème de l’internationale des tortionnaires, de Bigeard à Bush, en passant par les Videla et Pinochet.

Robert Ménard franchit un pas, puisqu’il se pose « la question » de savoir si, en règle générale, la torture et la liquidation de membres des familles de preneurs d’otage (donc à priori innocents) est, ou non, légitime ! Il précise cependant, dans l’hypothèse où ce serait sa propre fille qui serait victime d’une telle prise d’otage : « Je vous le dis, il n’y aurait aucune limite. »

Le plus étonnant est que ces propos portés à l’antenne n’ont été l’objet d’aucune contestation de la part des interlocuteurs de Robert Ménard. Il reste à espérer que c’est parce que personne n’en a, sur le coup, mesuré toute la portée.

Transcription de « Contre Expertise » , sur France Culture :
(émisson du 16 février 2007, extraits vers la 33e minute du podcast)

Intervenants :

  • Xavier de la Porte, animateur de l’émission.
  • Laurent Combalbert, directeur de la négociation de crise du groupe GEOS.
  • François Sergent, chef du service Monde à Libération.
  • Robert Ménard, Secrétaire général de Reporter sans Frontières


Robert Ménard :
Sur la face noire de l’État, il y a pire que ça. Va sortir sur les écrans le film tiré du livre de Mariane Pearl, sur la prise d’otage de Daniel Pearl, du Wall Street Journal.

A un moment donné, et c’est pas un film romancé, c’est dans le livre de Mariane et tout… J’en ai parlé avec elle quand je suis allé aux Etats-Unis pour le lancement du film, il y a quelques semaines. A un moment donné, les Américains savent qui tient Daniel Pearl.

Qu’est ce qu’ils font ? Qu’est ce qu’ils font faire ou sur quoi ils ferment les yeux ? La police pakistanaise va prendre les familles, vous entendez bien, les familles des preneurs d’otages en otage et vont torturer ces familles de preneurs d’otages pour obtenir les renseignements.

Ils vont obtenir des renseignements. Ils arriveront trop tard pour sauver Daniel. Vous savez comment il a été égorgé et dans quelles conditions…

Où on arrête ? Est-ce que on accepte cette logique qui consiste à... puisqu’on pourrait le faire dans un certain nombre de cas « vous le prenez en otage, on le prend en otage ; vous les malmenez, on les malmène ; vous torturez, on torture… »

Qu’est ce qui justifie… Est-ce que pour libérer quelqu’un, on peut aller jusque là ? C’est une vraie question.

Et ça c’est la vie réelle, c’est ça , ce que dit à l’instant François : on n’est plus dans les idées, c’est plus des combats, c’est plus des principes. Moi je sais plus quoi penser. Parce que ça, ça arrive à Marianne Pearl, je ne dis pas, je ne dirai pas qu’ils ont eu tort de le faire parce que elle, elle a pensé que c’était bien de le faire, qu’il fallait faire ça, qu’il fallait sauver son mari ; elle était enceinte… pour le petit qui allait naître, tout était permis.

Et il fallait absolument le sauver et s’il fallait s’en prendre à un certain nombre de gens, on s’en prenait à un certain nombre de gens ; s’en prendre physiquement, vous avez compris, en les menaçant et en en torturant, quitte à en en tuer un certain nombre.

Je sais plus, je suis perdu, parce qu’à un moment donné je ne sais plus où il faut arrêter, où il faut mettre le curseur. Qu’est-ce qui est acceptable et qu’est ce qui n’est pas acceptable ? Et en même temps, pour les familles de ceux qui ont été pris en otage, parce que ce sont souvent nos premiers interlocuteurs, à Reporters Sans Frontières ; légitimement, moi, si c’était ma fille que l’on prenait en otage, il n’y aurait aucune limite, je vous le dis, je vous le dis (bis), il n’y aurait aucune limite pour (inaudible)...

Xavier de la Porte :
Donc, autant ne pas savoir vraiment ce qui se passe.

Robert Ménard :
Autant ne pas le dire, parce que, qu’est ce que vous voulez ? Qu’on vous raconte des choses comme ça. Vous imaginez les gens qui pensent que… et ils ont raison ; nous on les mobilise à longueur de temps, mais s’ils se disaient : la mobilisation, certes, c’est ça, mais ça passe aussi par des choses aussi cauchemardesque que ce que je viens de vous décrire… On ne sait plus où on en est -le bien, le mal- là dedans...

Rectifié le 27/8/2007 : « il n’y aurait aucune limite pour (inaudible)... » au lieu de « pour la torture ».

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  • Deborah
    • Posté à 18h34 le 26/08/2007
    • Internaute 3584

    Rappelez-vous le pianiste argentin, Miguel Estrella dont la dictature avait littéralement brisé les doigts et les mains ? ...

    Bush n’est pas contre la torture, les israéliens non plus (ce sont de grandes démocraties, nous dit-on)

    Ce qui me trouble depuis quelques temps, c’est que dans la société du pathos qui est devenue la nôte, on en arrive lentement mais sûrement à trouver normal toutes les ignominies. Les odeurs répulsives contre les SDF (mise à part C. Boutin on n’entend plus les belles âmes d’autrefois). D’abord des effluves nauséabonds et ensuite, le gaz ?
    On durcit la loi sur la récidive.
    On vire les sans papiers : il ne s’agit même plus de réglementatin, mais de chiffres : Hortefeux a mission d’expulser si j’ai bien compris 25000 personnes par an. .
    Quant aux enfants de sans papiers, on chipote pour savoir s’ils ont le droit d’aller à l’école sans être dénoncés, au mépris des Droits de l’Enfant.
    Mais qu’on sed rassure le Premier Consul viendra vous consoler dès que vous aurez un drame familial.

    Observez bien comment lentement mais sûrement se mettent en place des mécanismes ultra dangereux. Dans un silence (complice) assourdissant.

    Vraiment, cette société - mondiale - devient de plus en plus écoeurante et je n’entends pas beaucoup de protestations.

    • Anonyme répond à Deborah

      Bizarre comme le monde évolue !
      expulsion de sans papier, xénophobie croissante, racisme, intolérance...
      qu’il est loin le temps de la libre circulation des hommes à travers le monde.
      Pourquoi avoir créer des frontières alors que la terre est une ?
      ne faudrait il pas arrêter d’accroitre sans cesse notre niveau de confort (source me semble t il de beaucoup de conflits) ?
      quelle réponse les démocraties peuvent elles apporter à un niveau de barbarie croissant ?

    • Anonyme répond à Deborah

      On est plus nombreux que tu le penses. Je crois même qu’on est très nombreux...mais paralysés. Paralysés par l’arrogance, le mépris... je pense que beaucoup d’entre nous se sentent floués : Bush, Poutine, Sharon, Aznar, Chirac, Sarkozy, Berlusconi, Harper, .... toute l’extrême droite proche des multinationales sont là. Il n’y a plus de parti ou de média capable de dire : vous avez tort ! de créer un contre pouvoir... nous sommes tous individuellement sur nos ordinateurs...pour pleurer... presque pire que la télévision. Je pense qu’il y a eu un événement important aussi pour casser des mouvements comme ceux des non globals : le G8 de Gênes où la violence de la police fut telle qu’il y a eu mort d’homme... et pas n’importe comment...
      On n’en parle pas aujourd’hui mais Bossi, de la Ligue Nord vient de déclarer prêt à prendre les armes pour libérer la Lombardie.....

    • Anonyme répond à Deborah

      Deborah, je partage entièrement votre point de vue et chaque jour je vois la cote de Sarkozy monter parallèlement à toutes ces atteintes aux droits fondamentaux. je ne comprends pas que les citoyens ne se mobilisent pas comme lors de garndes manifs type malik oussekine ...nous sommes résignés, nous perdons peu à peu notre capacité d’indignation

      *Il faut nous ressaisir : il faut quie les jeunes prennent la tête de ce combat pour les libertés, pour les véritables droits de l’homme dans notre société. Pourquoi toute cette lâcheté et ce laisser faire ?

       
      • Anonyme

        N’exagérons rien, les sondages donnant 70 % favorable à Sarkozy étant produite par des société de conseil multinationales (dites pudiquement instituts de sondage), comme celle de Parisot, patronne du MEDEF, on ne peut que se mefier de leur partialité.

        Personnellement autour de moins, je ne vois que très peu de personnes favorables à Sarkozy, je doit les compter sur les doigts de la main, et encore parce qu’ils ne croient que ce qui est dit dans les grands medias, ne vont pas verifier leur sources. Bien sur, beaucoup de gens font ce type d’erreur, mais la tendance en baisse de l’information de masse télévisée devrait j’espere aider à corriger au moins partiellement le problème.

      1 autres commentaires
  • Anonyme

    Il semble que nous n’ayions pas entendu la même chose sur cette bande, perso, je ne jetterai pas la pierre sur RSF, d’abord, parce que ce sont les propos d’une personne et non d’une ONG, ensuite, parce que il n’est pas en train de justifier la torture, mais plutot de s’interroger sur son comportement dans l’hypothese où il serait concerné par ce type d’evenement. L’éthique de situation, c’est bien joli, mais la véritable intelligence réside, selon moi, chez celui qui est capable de s’interroger, plutot que chez celui qui, enterré dans un dogmatisme aveuble, se permet de critiquer le premier.
    Le journal Le Monde avait, il y a quelques années, publié un test, mettant le lecteur dans diverses situation, et lui demandant « dans cette situation, vous sentez vous capable de justifier ce comportement », et le degré de violence va crescendo, de meme que l’atrocité des situation. J’ai, recemment, pu voir les resultats de ce test dans une promotion d’etudiants en droit penal, qui se prononcaient tous bien sur contre la torture au premier abrd, et qui finissaient par justifier l’usage d’une gegene, afin de savoir ou etait cachée une bombe susceptible de tuer plusieurs centaines d’enfants...
    Se poser la question est donc our moi une preuve d’intelligence plus qu’une preuve de cruauté, maintenant, ceci n’est que mon avis ^^

    • Anonyme

      Complètement d’accord avec cette prise de position. Il est plus facile de tirer à vue que de réfléchir. Bourdieu avait raison lorsqu’il refusait de participer à des émissions publiques. La moindre parole entraîne des raisonnements que l’on n’a pas voulus. Ce n’est pas une justification de la torture dans un état. Il me semble qu’il s’agit plus ici d’une réaction épidermique d’un homme qui se pose la question de savoir ce qu’il ferait qu’il était confronté PERSONNELLEMENT à ce genre de situation. Trop facile de le bazooker non ?
      Cela n’empêche pas de se poser la question de l’abolition de la torture officellen évidemment !
      Vincent3m : Lien

       
      • Anonyme

        Je ne suis pas du tout d’accord avec vous deux !
        Mr. Ménard commence à poser la question de la justification de la torture (ce qui en soit est déjà un début de légitimité), puis il se justifie en prenant pour exemple le cas où il serait directement touché. C’est une imposture !
        Ainsi moi, je suis résolument contre la peine de mort mais si je tenais l’éventuel assassin d’un proche....
        Une prise de position est toujours une question d’éthique qui ne se prend qu’en dehors de toute pression, même supposée.

        JPL

        • Anonyme

          « je suis contre la peine de mort mais si je tenais l’éventuel assassin d’un proche... » Oui, ceci est parfaitement humain et il est fort appréciable de le reconnaître soi-même.
          Ceci étant, c’est la différence classique entre la justice et la vengeance...
          La justice est toujours représentée avec les yeux bandés, c’est un symbole tel le glaive et la balance.
          Seulement, notre président actuel (qu’en j’y repense, quelle honte de la part des français) préfère faire appel à l’affectif et enlever le bandeau et la balance pour ne conserver que le glaive (et encore, il y aurait mieux qu’un glaive...).
          « et la victime, vous avez pensé à la victime “
          C’est la manière de légitimer les peines les plus odieuses...
          Désolé M. Niocolae De Nagy-Bosca ce n’est pas ça la justice.

          • Anonyme

            Merci de cette précision. Je le pense bien ainsi.

            JPL

          • Anonyme

            vous dites « Niocolae De Nagy-Bosca “...cela ne serait pas une pointe de petit racisme bien franchouillard ..hein le gaucho-gaulois ?

            ‘(qu’en j’y repense, quelle honte de la part des français)

            heureusement ont vous demande pas de penser... !

      4 autres commentaires
    • Anonyme

      Tout à fait d’accord sur la notion de doute et du quid ? face à la mise en situation personelle.
      cf : « Je sais plus, je suis perdu »

  • Anonyme

    « Les choses ont trouvé moyen d’ echapper à la dialectique du sens, qui les ennuyait : c’est de proliferer à l’ infini, de se potentialiser, de surencherir sur leur essence, dans une montée aux extremes, dans une obscénité qui tient lieu désormais de finalité immanente, et de raison insensée. »

    Baudrillard n’est pas mort et Ménard n’est rien .

  • ThomasLefebvre
    ThomasLefebvre
    Rapatrié
    • Posté à 15h20 le 26/08/2007
    • Internaute 247
      Rapatrié

    Mouais. Ce n’est pas parce que la torture est immorale/inéfficace qu’il est interdit de s’interroger sur la légitimité de son recours. Il serait aussi hypocrite de dire que ceux qui sont affectés par le terrorisme n’ont pas le droit de reviser leurs jugements sur la torture.

    Camus a dit plus ou moins la meme chose :

    « J’ai toujours condamné la terreur. Je dois condamner aussi un terrorisme qui s’exerce aveuglément dans les rues d’Alger, et qui, un jour, peut frapper ma mère ou ma famille. Je crois à la justice mais je défendrai ma mère avant la justice. »

    Par contre, ce qui m’emm***e dans ce que dit Ménard, c’est qu’il parle a la place de la veuve de Richard Pearl avec des propos qui ne refletent pas forcement ce que cette personne pense des boureaux de son mari. C’est moyen comme attitude.

    • David Servenay
      David Servenay répond à ThomasLefebvre
      Ex-Rue89
      • Posté à 20h13 le 26/08/2007
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      @ Thomas Lefebvre.

      Je trouve votre référence à Camus et Alger très intéressante, parce que le débat sur l’utilité de la torture en France, dans le cadre de la guerre moderne, date précisément de cette période et de la controverse qui se développa pendant la bataille d’Alger (1957).

      A l’époque, la justification de la torture par les parachutistes des services spéciaux s’est faite selon les mêmes arguments que ceux employés par Robert Ménard. Pour lutter efficacement contre un ennemi, il faut savoir retourner contre lui les armes qu’il emploie. Y compris les plus horribles. C’est un discours de justification.

      Seulement voilà, les vrais professionnels de cette « guerre moderne », pour reprendre l’expression du colonel Trinquier (maître d’oeuvre du Dispositif de Protection Urbaine, le DPU, à Alger) savent bien que la finalité de la torture est très rarement le renseignement opérationnel.

      Un vrai réseau clandestin (de type guérilla) se démantèle très vite, dès que l’un de ses courriers se fait prendre par l’ennemi. Autrement dit, pour remonter une cellule clandestine, vous n’avez que quelques heures devant vous. Dans la plupart des cas, la torture n’a alors aucune utilité. En dehors de l’effet de terreur qu’elle provoque sur la population. C’est aussi pour cela que le FLN coupait le nez des « collabos » et exposait les corps mutilés de tout ceux qu’il estimait vendus aux Français. D’un côté comme de l’autre, la terreur.

      Dernier point : en lisant les déclarations de Robert Ménard, me sont revenus en mémoire les propos tenus par le général Aussaresses à la sortie de la salle d’audience où il était jugé pour « complicité d’apologie de crimes de guerre ». Nous étions en novembre 2001, le 11 septembre était dans toutes les têtes. Et voici que le « capitaine O » se lance dans une longue justification de ces « méthodes que nous réprouvons » en prenant l’exemple suivant : « Si vous aviez entre vos mains un membre du commando qui va prendre un des avions en otage pour le lancer sur une tour où se trouve un membre de votre famille, que feriez-vous ? Vous ne seriez pas prêt à employer la torture ? Moi, si ».

      L’argument était frappant, mais parfaitement décalé. Et à voir le sourire provocateur de Paul Aussaresses, je compris qu’il n’était pas dupe de la duplicité de son exemple. Visiblement, c’est aussi le contexte du 11 septembre qui a emporté Robert Ménard dans le flot de l’émotion...

      • ThomasLefebvre
        ThomasLefebvre répond à David Servenay
        Rapatrié
        • Posté à 20h48 le 26/08/2007
        • Internaute 247
          Rapatrié

        @ David Servenay,

        Je suis d’accord avec tout votre post. J’ai du mal m’exprimer. Ce que je voulais dire, c’est qu’il est tres facile pour des « non-victimes » d’etre contre la torture par principe et de condamner des victimes qui legitiment la torture. En effet, etre victime doit alterer la capacité a raisonner posément. C’est tout ce que je voulais dire en citant Camus et je pense que c’est le sens de sa citation.

        Il me semble que l’argument le plus fort contre la torture est celui de Massu, dont on connait tous le passif, qui reconnaissait que la torture n’était pas efficace. Du coup, d’accord avec vous, la torture est plus un acte de revanche et de terreur qu’un outil rationel pour l’obtention de renseignements.

        Le vrai probleme avec Menard vient de la taille de ses mollets. Tres bon travail sur la liberté de la presse, j’applaudis. Mais s’identifier a la veuve de Robert Pearl, c’est un peu déplacé.

         
        • Anonyme répond à ThomasLefebvre

          Normal, il avait des arguments Massu.

          (oui, bon, c’est pas de bon goût...)

          Otto Naumme (qui a jamais resisté à un mauvais jeu de mots, désolé...)

        1 autres commentaires
      • compte supprimé 13
        • Posté à 21h20 le 26/08/2007
        • Internaute 10266

        M. Servenay, je me permets de recommander « La question » de Henri Alleg (1958 - Lausanne).

        A noter aussi que la torture a (malheureusement) progressé : la « gégèné » ou la « baignoire » ont été remplacées par les privations sensorielles, le chimique et autres manip mentales.

  • compte supprimé 13
    • Posté à 15h03 le 26/08/2007
    • Internaute 10266

    sans vouloir jouer les pyromanes, je me pose la question de savoir si ce monsieur, en plus de proférer les horreurs dont vous nous rendez compte, ne serait pas raciste.

    car, on évoque ici l’enlèvement d’un occidental, le bien, forcément, par des éléments du mal.
    Quelles seraient les réactions de M. Ménard si un groupuscule américain (par exemple) enlevait un arabe ? Faudrait-il - selon lui - torturer les familles américaines ?

    • Laurencek
      • Posté à 12h11 le 28/08/2007
      • Internaute 1590

      Pardon d’intervenir mais quand même c’est trop fort. Chère madame Ira avez vous lu les propos de monsieur Ménard transcris ici même ? Si oui peut-être y verriez vous plus clair si vous allumiez quelques allumettes mais faites attention quand même à ne pas mettre le feu à l’appartement.

  • Infovite
    Infovite
    info-espress.over-blog.com
    • Posté à 15h03 le 26/08/2007
    • Internaute 8783
      info-espress.over-blog.com

    Cet article nous interpelle à plus d’un titre.
    D’une part, il parait indéniable que de demeurer un homme avec des principes moraux surtout dans des situations extrêmes peut devenir un véritable combat.
    Lutte dont l’issue positive est malheureusement loin d’être certaine.
    Avoir la lucidité et la franchise de le reconnaître ne semble pas être un moyen direct ou indirect de légitimer le mal mais plutôt l’aveu d’une faille possible pouvant contaminer indistinctement la plupart d’entre nous, ce qui n’excuse rien.
    D’autre part, l’actualité nous démontre chaque jour que les états ne se posent eux aucune question relative à l’utilisation de la torture dans le cadre de la lutte contre l’axe du Mal qui étrangement est suivant les intérêts géostratégiques du moment à géométrie variable. Alors que la conscience et la responsabilité morales des politiques sont modulables à l’infini celles du simple citoyen se doivent de demeurer intangibles.
    Intangibilité que nous nous devons d’étendre quand le vote démocratique le permet à nos représentants choisis sur des valeurs humanistes qui devraient être le fondement de toutes les politiques nationales et internationales.
    Enfin, la prise de position du représentant de RSF, témoigne de ce que disaient les philosophes du 18ième à savoir que l’homme est perfectible.
    Et cela nous concerne tous !

    • Servais-Jean
      Servais-Jean répond à Infovite
      43
      • Posté à 00h54 le 27/08/2007
      • Internaute 4591
        43

      Entièrement d’accord avec Infovite .
      J’ai connu pas mal d’anciens d’Algérie et ce que j’en ai retiré c’est que sans une valeur morale sans faille, nous pouvons tous plonger dans cette abomination qu’est la torture.
      C’est cela que voulait dire A. Camus.
      Cette valeur morale je l’ai vue chez certains sous-officiers et ils souffrent encore de ce qu’ils ont vu.
      Cette rigueur est bien le moins que nous pouvons attendre d’un dirigeant de RSF.

  • Anonyme

    « On ne sait plus où on en est - le bien, le mal - là dedans... »

    Ce témoignage d’un ancien bourreau pourrait aider l’inénarrable Ménard à retrouver quelques repères :
    Lien
    (Éloignez les enfants de l’écran et assurez-vous que votre digestion est bien terminée.)

    On y trouve beaucoup de chose : de l’obéissance bureaucratique aussi aveugle que forcée qui vous transforme un fonctionnaire en loque humaine, à l’explication de « l’utilité » de l’humiliation sexuelle dans la pratique de la chose —hello Abu Ghaïb ! —, en passant par la mise à disposition d’un « interrogateur » fourni à… la France des 70’s ! (On regrette de n’en pas savoir plus…)

    Aussi, il y a ceci qui met les choses en perspectives, et rappelle qui sont les donneurs d’ordres :
    Lien

    // « ce fut sous Reagan, dans les années 80, que les restitutions devinrent une arme reconnue contre les terroristes ». Et que le terme entre alors dans le « lexique officiel pour désigner l’action de capturer et de ramener aux Etats-Unis toute personne soupçonnée de crime ».

    Bill Clinton, lui, systématise les « restitutions extraordinaires » et la possible « externalisation de la torture », rappelle l’auteur. //

    • Nas
      Nas
      • Posté à 20h08 le 26/08/2007
      • Internaute 14701

      Whaouuuu.....

      L’interview de Telquel est renversant...

      Comment des hommes peuvent t’ils faire cela ? ? ?

      • Anonyme répond à Nas

        // Comment des hommes peuvent t’ils faire cela ? ? ? //

        Le gars le dit : par obéissance à la hiérarchie (la même chose fut dite à Nuremberg) :

        // — Y avait-il une formation à suivre, avant de « s’occuper » des prisonniers politiques ?
        — Non, nous étions choisis comme ça… Il fallait juste faire preuve de discipline et d’une fidélité à toute épreuve, être bien bâti physiquement et, surtout, ne pas avoir de mauvaises fréquentations. Une fois dans le bain, on apprenait vite. //

        // […] Et puis je vous jure que nous, nous ne faisions qu’obéir aux ordres. Qu’est-ce qu’on pouvait faire, à l’époque ? Si on refusait de faire descendre quelqu’un, on descendait à sa place !
        — C’est déjà arrivé ?
        — [Il ferme les yeux, secoue la tête vigoureusement] Non, non, je ne veux pas en parler ! //

        Le texte est tellement insoutenable, qu’à chaque fois que je le relis je trouve des trucs que mes yeux avaient sauté la fois précédente…

        Voir aussi, vers la fin, l’encadré : « L’avis du psy », qui rappelle que le but ce n’était pas de l’info mais bien d’instaurer un climat de terreur généralisé dans tout le pays…
        Le coup de la « Ticking Bomb » (ou de l’otage) c’est du total bullshit pour nous faire avaler le truc.

        * * *

        Alors, souvenons-nous bien : il faut travailler plusse pour gagner plusse, et restaurer les valeurs de l’Autorité, de l’Obéissance et du Travail, mises à mal par l’esprit néfaste de Mais 68…

        (Moi, j’vous dis mon truc : j’accumule les mauvaise fréquentations, et je me tiens trèèèès loin de tout concours public ; -)

        Bonjour chez vous.

  • Anonyme

    Menard serait pret à torturer (jusqu’à la mort)des innocents pour sauver la vie de sa fille ?
    Que lui reste-il de légitimité pour représenter RSF ?

    • Anonyme

      il ne lui reste pas grands choses sinon que de faire parti d un gouvernement de facho chose qu il est .... c est con a dire mais depuis vos elections...« je ne suis plus français “ je n aimai pas la france donc je me suis cassé sur les conseil de votre président et vu de loin ce qui ce passe chez vous me rapelle une certaine odeur celle de la merde....je vous laisse boire de l eau.. celle de vichy vous vas a merveille

  • Anonyme

    Très bonne tribune.

  • Anonyme

    Il est humainement compréhensible que la détention par un groupe de terroriste d’un proche provoque une réaction , pouvant aller juqu’à la torture , pour libérer l’otage.
    Cette empathie pour les familles des victimes,
    « et si c’était votre fillle , votre fils que feriez vous ? » est toujours l’argument qui légimerait l’usage de la torture(voir BUSH).
    Que dans des situations extremes des gouvernements utilisent des procédés qui sont à la limite de la légalité est acceptable.
    Mais que des actes de torture soient LEGITIMES , c’est une le porte ouverte à tous les exces
    ( Abu -graib)
    Bien sur Robert Menard n’est pas un responsable politique mais il est secretaire de Reporter
    sans frontieres et pas un citoyen lambda.

  • FabiendeMénilmontant
    FabiendeMénilmontant
    journaleux - blogueur
    • Posté à 18h56 le 26/08/2007
    • Internaute 14145
      journaleux - blogueur

    Apparemment, le docteur Kouchner n’était pas au courant puisqu’ils se sont vus vendredi (à la demande de Sarko bien sûr) pour parler de la disparition de notre confrère Guy-André Kieffer !

    Peut-être préfère-t-il s’occuper des guerres internes au PS ?

    Fabien
    Lien

  • puerta13
    • Posté à 19h06 le 26/08/2007
    • Internaute 10678

    La question que l’on peut se poser c’est :

    - » Et vous, que feriez-vous pour sauver votre fille ? « 

    Je trouve assez facile de venir, ici, dire Ménard ceci, Ménard cela.

    Personnellement je trouve que RSF fait du bon boulot.

    Et je trouve honnète de dire publiquement qu’on est prét à tout pour sauver un membre de sa famille.

    Assez du sentimentalisme à 2 balles et je dis “OUI” si on met la vie d’un des miens en danger, je ferais tout pour le sauver et même le pire.

    Au nom de quoi devrait-on montrer la moindre indulgence devant des meurtriers sanguinaires sans foi ni loi, hermériques à tout raisonnement.

    Que je sache Daniel PEARL n’était pas un combattant. Qui peut justifier son assassinat ?
    Qui peut dire : » Vous avez eu tort de TOUT essayer pour le sauver. « 
    Et je dis bien TOUT !

    • Deborah
      Deborah répond à puerta13
      • Posté à 20h09 le 26/08/2007
      • Internaute 3584

      La torture n’a pas évité le drame de la décapitation de D. Pearl. Ce qui prouve qu’elle n’est pas d’une grande utilité ce que tout le monde sait,
      même ceux et surtout ceux, qui l’ont pratiquée en Algérie.

      A partir du moment où on justifie, légalise la torture, nous cautionnons toutes les violences, et bien entendu, celles qui toucheront les nôtres, militaires ou civils.

      Avec ce type de raisonnement, il n’y a plus ni démocratie ni morale et on peut dans la foulée - ce que nous proposera un jour le premier consul - revenir à la peine de mort après, bien entendu, avoir torturé le coupable...

      • compte supprimé 13
        • Posté à 21h24 le 26/08/2007
        • Internaute 10266

        ne stigmatisez pas sytématiquement ce qui s’est passé en Algérie où, comme l’a écrit M. Servenay les deux côtés l’employaient.
        Pensez aussi qu’actuellement certains pays ont officialisé la torture allant même jusqu’à définir ce qui était « acceptable » comme niveau.

    • FabiendeMénilmontant
      FabiendeMénilmontant répond à puerta13
      journaleux - blogueur
      • Posté à 20h27 le 26/08/2007
      • Internaute 14145
        journaleux - blogueur

      LA chose qu’il cherche, c’est passer à la téloche.

      Le 20 mars 2006 au matin, nous étions aux colonnes du Trône (près de la place de la Nation, pour ceux qui ne connaissent pas Paris), trottoir 12e arrondissement, pour rendre hommage aux disparus en Irak (retrouvés depuis).

      Je lui ai demandé de traverser le Cours de Vincennes afin de faire une photo devant la colonne du trottoir du 11e arrondissement où se trouvent les portraits de Fred Nérac et Guy-André Kieffer. Il a refusé, me disant que Kieffer ce serait le 16 avril, ce en quoi il n’avait pas totalement tort.

      C’était pour le moins néanmoins un manque de courtoisie vis-à-vis d’un confrère qui avait connu GAK près de vingt ans auparavant.

      Le 16 avril 2006, il n’est pas venu. Il y avait bien toutes les télés possibles et imaginables (sauf France 3 qui traitait le 2e aniversaire sous un autre angle), car nous étions un dimanche sans actu (contrairement à 2007 qui allait tomber en période électorale). Il a envoyé le responsable Afrique.

      Chacun prend ce qui l’intéresse.

      Fabien
      Lien

    • Anonyme répond à puerta13

      D’une part, l’on sait que la torture ne sert à rien. D’autre part, oui, en tant que père, j’aurai envie de faire tout ce qui est en mon pouvoir pour sauver ma fille dans un cas pareil. De même que j’aurai envie de tuer celui qui lui aurait fait du mal ou l’aurait tuée.
      Mais c’est justement pour cela que la justice est rendue par des juges, pour cela aussi que, normalement, ce ne sont pas des personnes prises par ces émotions qui agissent pour trouver les responsables ou délivrer un otage.
      Comprenez-vous la différence ? Vous, moi, n’importe qui, normal, on réagit instinctivement. Un Etat, une institution, agit dans la lucidité, et certainement avec plus d’efficacité (même si le cas de Pearl montre bien que ce n’est pas toujours parfait...).
      Et ce qui est terrible, c’est qu’un Ménard fasse cet amalgame. C’est presqu’aussi odieux que la plupart des sorties télévisées de l’Autre...

      Otto Naumme

      • leo.artaud
        leo.artaud
        homme de l'être
        • Posté à 06h03 le 27/08/2007
        • Internaute 14765
          homme de l'être

        Vous m’enlevez les mots de la bouche.

    • Anonyme répond à puerta13

      Donc, si je vous suis et en raisonnant par l’absurde, tout ceci serait justifié. Prenons un exemple :

      Votre « enfant » est enlevé et votre réaction est de justifier la torture mais la torture de qui ?
      Si vous savez qui est le ou les auteurs de ce rapt, il est possible de négocier et de recourir à des méthodes simples et de connaître les raisons de celui-ci. A moins que ceci soit fait dans l’intention de manipulation des évènements. Les acteurs des rapts ne sont-ils pas eux aussi des victimes manipulés ou manipulable.

      Si vous ne connaissez nullement le ou les acteurs, qui allez-vous torturer ? A partir de ce moment ce n’est plus la justice, ni la démocratie qui entre en jeu mais LA VENDETTA. A partir de ce moment si vous vous tromper de personnes eux-mêmes seront en droit d’en faire autant et ainsi de suite …
      Je pensais que l’homme était évolué et bien je me trompe ! Il est bien un animal sans discernement. Un véritable prédateur alors quelle différence entre les actes ! ! ! !

      Ceci me fait penser aux récits des journaux sous la dernière, celle de 39-45 ou des « bons français » dénonçaient un peu tout le monde sous couvert de « terroristes » et qu’il était inadmissible de faire du mal « à l’occupant ». Donc pendons-les haut et court et que diable utilisons la torture pour faire avouer leurs « méfaits ». Mais la suite nous a appris qu’en fin de compte ce sont ces « terroristes » qui avaient raison. Alors un peu de discernement ce qui fait la différence entre le règne animal et un être humain. Et surtout de sortir de ce cercle infernal de la sur médiatisation de ce genre de chose.
      Et puis à vous lire, les idées de Vichy ne sont pas effacées pour autant à ce que je vois. N’oublions pas Moulin et les autres … Ne me dites pas que la situation n’est pas la même, je vous renverrais à savoir a qui profite le crime de nous inculquer ce régime du clash des civilisations.

      PS : Robert Ménard est « bizarre » car il sélectionne les bons et les mauvais journalistes. Une sorte d’amnésie le frappe pour certains. J’attends toujours que RSF s’occupe de journalistes dans certaines « démocraties » ou ils sont incarcérés. Pas une ligne ! Vous avez dit bizarre comme c’est bizarre ! ! ! ! ! ! Au fait qui subventionne RSF ?

  • Anonyme

    Chacun - sans être « chaviste » ou castriste loin s’en faut - sait que l’US Aid, agence d’aide internationale du gouvernement américain et la National Endowment for Democracy (NED), un organisme « privé “ voué à la démocratisation de la planète, largement financé par le Congrès des États-Unis sont des soutiens fianciers prééminents pour RSF.
    Ménard est bien incapable de prouver sans s’énerver que ce fait esy sans inférence sur les prises de positions de RSF.

    • Anonyme

      Ménard fait son boulot de stipendié. Il bosse pour ramener son salaire donné par le NED (National Endowment for Democraty) qui est une officine de la CIA.

  • Anonyme

    Menard a toujours été la voix de l’Amérique donc ses propos sont dans la continuité de la pensée Cheney Bush .

  • Anonyme

    Bravo, Bob Ménard, vous venez de donner la victoire à tous les terroristes du monde !
    Maintenant, retirez-vous et ne paraissez plus en public, vous ne valez plus que mépris.

    Otto Naumme

  • Gérard Gastaud
    Gérard Gastaud
    Photographe à Paris
    • Posté à 21h56 le 26/08/2007
    • Internaute 11065
      Photographe à Paris

    J’AI TOUJOURS TROUVE R. MENARD PATHETIQUE. COMMENT PEUT-ON DEFENDRE LES JOURNALISTES A L’ETRANGER ET IGNORER COMPLETEMENT LA PRECARITE GRANDISSANTE QUI SEVIT DANS LES REDACTIONS DE LA PRESSE FRANCAIS ACTUELLEMENT ! ! ! ENCORE UN BEL EXEMPLE DE LA SOCIETE DU SPECTACLE.

    • Anonyme répond à Gérard Gastaud

      Euh, faut rester calme... Y’a une petite différence entre les problèmes de liberté d’expression en France et le fait de se retrouver au fond d’un cul de basse fosse ou découpé en rondelles comme c’est le cas pour certains journaleux dans des pays où fleure bon la démocratie...
      Faut pas non plus tout confondre...

      Otto Naumme

      • Anonyme

        Peut-être RSF attend que nous soyons dans un pays où l’on découpe les gens en morceaux pour se soucier de la liiberté de la presse en occidennt ... cela risque d’être tard, trop tard !
        Et quand les journalistes ne fond plus leur boulot correctement ou pire, pensent faire leur boulot en toute liberté puisqu’ils ont intégré toutes les idées dominantes ... les culs de basse fosse ne sont jamais loin ... ce n’est pas tout confondre que de le redouter.
        Et puis effectivement, beaucoup de journalistes font encore (mais pour combien de temps) des enquêtes à charge contre le pouvoir politico-financier. Mais ils sont de plus en plus rares et surtout, très rapidement mis en difficulté : cf. Denis Robert qui, à moins que je ne me trompe, n’est pas torturé (cela ne se fait pas encore au grand jour chez nous) mais mis en face de graves difficultés financières (très efficica aussi pour faire taiire quelqu’un).
        Parmi ses principaux soutiens, je ne vois pas RSF ! !

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