Portrait 07/05/2007 à 13h17

Nicolas Sarkozy le libéral-bonapartiste



Cecilia, Nicolas et François (Fillon) (Pascal Rossignol/Reuters).

Nicolas Sarkozy est un vrai libéral, comme il le dit lui même. Margaret Thatcher est son modèle, et la politique économique que la Dame de fer a menée de 1979 à 1990 en Grande-Bretagne lui sert de référence économique, une démonstration incontestable selon lui de l’efficacité du marché lorsqu’il est totalement libéré. Mais le nouveau président de la République est aussi un interventionniste de choc, un bonapartiste sans complexe dès lors qu’il s’agit de faire résonner la force de l’Etat tout puissant.

Est-ce contradictoire ? Oui, sans aucun doute, si, comme son camp l’affirme depuis des mois, le libre fonctionnement du marché est censé produire toute son efficacité et résoudre une bonne partie des difficultés économiques et sociales françaises. Mais de toute évidence, le pragmatisme sarkoziste transcende cette contradiction.

Sarkozy et ses fondamentaux libéraux.

Le travail d’abord, qu’il faut dérèglementer. Avec le contrat de travail unique, le nouveau gouvernement veut modifier en profondeur le droit du travail, « en simplifiant la législation et toutes les procédures d’embauche et de débauche », disent les experts sarkoziens. « Il faut supprimer l’incertitude juridique » liée aux autorisations nécessaires dès lors qu’il s’agit de licencier, ajoutent les Sarko-spécialistes. Et donc limiter l’intervention des Prud’hommes. « Il faut la remplacer (l’incertitude juridique) par le principe d’une transaction financière. » Très concrètement, il est question d’alléger copieusement la législation du travail, de lever ses contraintes et de payer des indemnités aux salariés licenciés en fonction du temps passé dans l’entreprise. Plus de CDI donc, ou de CDD, un seul contrat conclu dans un contexte libéré où les transactions d’entrée et de sortie sont financières.

Libéral, Nicolas Sarkozy l’est encore dans sa doctrine fiscale. Baisser les impôts « pour que les Français conservent le fruit de leur travail, et relancent l’activité économique ». « Chacun mérite ce qu’il a, ce qu’il a fait », dit Sarkozy. « Plus on laisse aux gens le fruit de ce qu’ils ont fait, plus ils consomment et plus cela active la croissance », commente une économiste de l’Ecole d’Economie de Paris. Margaret Thatcher l’a fait au Royaume-Uni, Nicolas Sarkozy le fera en France. En baissant l’impôt sur le revenu, en supprimant l’impôt sur les successions, en allégeant l’impôt sur la fortune, en érigeant un boucler fiscal. Et puis en vrac, il est aussi question d’allègement de charges sur de nouveaux paquets d’heures supplémentaires, et aussi de libérer le travail le dimanche.

Sarkozy l’interventionniste.

Mais le nouveau président de la République n’est pas qu’un défenseur de la loi du marché à l’anglo-saxonne. C’est aussi un fervent partisan de l’intervention de l’Etat, à la française. Et c’est là que le message se brouille. Il l’a montré, lorsqu’il était ministre de l’Economie et des Finances. N’est-ce pas lui qui, en 2004, convoque tous les patrons des grandes chaînes de distribution à Bercy pour leur demander de s’engager sur une modération des prix dans les hypermarchés ? Lui encore qui réclame des résultats et fait comme s’il allait contrôler l’évolution des tarifs des produits dans les rayons ?

Nicolas Sarkozy n’est-il pas monté en première ligne pour défendre Alstom, et limiter la casse de l’industrie nationale menacée ? Lui toujours qui engage la parole de l’Etat à Bruxelles, auprès de la Commission européenne pour aider le groupe ? Parce qu’il croit à la politique industrielle, et qu’il a probablement un sens à lui du patriotisme économique, le candidat Sarkozy n’a pas hésité à dire pendant sa campagne qu’il ferait « avec Airbus la même chose qu’avec Alstom ». Autrement dit, faire jouer à l’Etat tout son rôle, à commencer par celui d’actionnaire, au sein de ces entreprises industrielles en danger, quitte à déroger au respect de la concurrence imposée par Bruxelles.

Et d’ailleurs aujourd’hui, que dit-il de l’Europe et de l’euro ? Des choses pas libérales du tout. Que la France doit se protéger au sein de l’Union, qu’il faut aussi s’opposer à un nouvel élargissement et notamment à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Là où les libéraux purs et durs estiment que plus grand est le marché, plus il est efficace, lui plaide la protection et le rapprochement avec « les pays amis les plus proches » au sein de l’Union.

Sarkozy veut aussi faire baisser l’euro. Comment le pourrait-il ? Cela revient en tous cas à contester la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) et même l’indépendance de l’institution. Un signal pas libéral du tout envoyé à toute sa clientèle anti-marché.

Voilà donc le programme. A la fois thatchérien et bonapartiste, en fonction des opportunités économiques... et des circonstances. Quelle sera la méthode ? La réponse viendra dans les jours et les semaines qui viennent.

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  • Anonyme

    Merci pour ces bons titres... et des articles qui suivent derrière.
    Sarkozy connait la réthorique néo-libérale, et la met en avant. Dommage que dans le reste du monde ce soit elle qui soit en déshérence...

    • LeBonObO
      • Posté à 21h45 le 08/05/2007
      • Internaute 1225

      Non, libéral, Sarkozy ne l’est pas, pas plus que Donald Rumsfeld, Tony Blair ou les Bush père et fils.

      Ce qui m’inquiète, c’est surtout que ce terme ait depuis plusieurs années été détourné de sa signification, pour finir par désigner précisément ce qu’il combattait à l’origine.
      Pour beaucoup, le mot libéralisme ne désigne qu’une théorie économique, défendue notamment par Milton Friedman, puis déformée entre autres par son fils David, une théorie aux relents inhumains, cyniques, voire brutaux.

      On oublie un peu vite que la doctrine libérale est un tout, qui inclut aussi et surtout des aspecs moraux et sociaux.
      Sans eux, le libéralisme économique n’est qu’une illusion, un mensonge aussi dangereux et absurde qu’une « démocratie » privée du droit de vote.

      John Locke (l’un des, si ce n’est « le » fondateur du libéralisme) pronait notamment dés le 17ème siècle
      - la désobéissance civile en cas de nécessité
      - la séparation de l’église et de l’état
      - la séparation des pouvoirs
      - les libertés individuelles
      Les premiers économistes à s’être penchés sur le sujet (Say ou Bastiat par exemple) n’ont pas renié ces valeurs,
      loin s’en faut : elles étaient primordiales à leurs yeux.
      Ils ont au contraire développé ces théories notamment sur le plan économique,
      sans perdre de vue les risques de dérives, qui fausseraient la concurrence et/ou les libertés individuelles.

      A cause de ces risques, les libéraux se méfient de l’état, bien qu’ils en reconnaissent la nécessité pour assurer l’ordre et la justice.
      A leurs yeux lui seul doit êre habilité à faire usage de la violence,
      mais cela le rend dangereux puisqu’il est n’est composé que d’hommes, qui risquent d’être tentés d’en abuser.
      C’est avant tout pour cela que la doctrine libérale prone la réduction des pouvoirs de l’état au strict minimum :
      elle assurerait une juste concurrence mais limiterait aussi les risques de dérapage.

      On est bien loin de la vision de notre nouveau président,
      de sa volonté d’un état toujours plus fort,
      de ses pressions lourdes vis à vis des médias,
      des subventions accordées aux cultes,
      de ses attaques haineuses à l’encontre d’une justice jugée trop laxiste,
      ou de l’interventionnisme économique décrit dans cet article .
      Et encore oublie-t-on ici l’action qu’il avait menée en 93-95 : lourde augmentation de la CSG, des taxes sur les carburants,
      création d’allocations pour la rentrée scolaire, ou de la fameuse « balladurette » pour soutenir le marché auto.
      Un interventionnisme à des années lumières des conceptions libérales !

      Je ferai abstraction des soupçons de corruption ou de conflits d’intérêt qui ont été soulevés par certains journaux,
      même sans eux, Sarkozy (comme tant d’autres !) est loin du compte pour accéder au statut de « libéral ».

      Car le pire reste à venir.
      Les soit-disant néo-libéraux dont il se réclame ne respectent même plus
      le principe d’un état gendarme seul habilité à faire usage de la force :
      les USA et l’Angleterre, pays pourtant largement (et injustement) considérés comme libéraux ont vu fleurir sur leur sol
      (plus exactement les sols Yougoslaves, Afgans ou Irakiens) des compagnies militaires privées, telles que
      Sandline International, Blackwater, et bien d’autres. En Irak, le contigent privé, composé de plus de 20 000 hommes, est même plus imposant que le contigent anglais !

      Ceux que vous qualifiez aujourd’hui de libéraux piétinent donc un à un TOUS les principes du libéralisme :
      - Le non interventionnisme de l’état (taxes, protectionnisme, clientélisme)
      - La séparation des pouvoirs, la justice (récemment méprisée, diffamée)
      - Libre concurrence (conflits d’intérêts, collusion entre entreprises et pouvoir)
      - La séparation de l’église et de l’état (subventions, réminicences religieuses de la lutte anti-PACS...)
      - L’autorité de l’état (avec le développement d’armées privées)
      - Les libertés individuelles (restrictions justifiées entre autres par le terrorisme), dont la liberté d’expression.

      Les socialistes ne se revendiquent pas comme tels (ce mot est désormais un épouvantail pour la gauche), mais au moins accordaient-ils une quasi-totale liberté d’expression à leurs opposants, ce n’est pas le cas des « libéraux » Bush, Rumsfeld, Poutine, ni même Sarkozy aux dernières nouvelles.

      Ceux que l’on devrait qualifier, selon les cas, d’anarcho-capitalistes, de conservateurs, ou de réactionnaires pour d’autres,
      s’opposent en réalité à toutes les tentatives de libéralisation de la société.
      Pire encore, par cette usurpation d’identité, ils sont parvenus à faire détester ce mot à leurs victimes !
      Ils parviendront donc sans doute à leur fin : tordre le cou aux progrès sociaux apportés par le libéralisme, tout en s’assurant que ce mot ne pourra plus séduire avant longtemps.

      Ca me rappelle quelque chose :
      « L’Antéchrist (...) se fera passer pour Dieu,
      et exigera des habitants de la terre qu’ils l’adorent. » (Apocalypse 13 : 8)

       ;)

      • memento
        memento répond à LeBonObO
        • Posté à 18h58 le 15/05/2007
        • Internaute 5051

        Arrete tu fais flipper ! surtout la fin.
        Trop bien ton « petit » texte !

  • ThomasLefebvre
    ThomasLefebvre
    Rapatrié
    • Posté à 14h01 le 07/05/2007
    • Internaute 247
      Rapatrié

    Ou et quand Sarkozy a-t-il dit que Maggy était son modele « économique absolue » ? Curieux de savoir vos sources. Il me semblait qu’il se comparait plutot a Tony Blair ou a Zapatero.

    • Anonyme répond à ThomasLefebvre

      ... oui, et puis il a aussi cité Jaurès ! Alors allez-y, proclamez même que c’est un homme de gauche tant que vous y êtes. Sans blague, il peut bien se comparer à qui il veut, il n’en demeure pas moins un ultra-libéral convaincu. Et justement, je crois que la grande différence avec Chirac, animal politique avant d’être idéologue, est bien là. Sarkosy croit en cette politique et compte bien la mettre en place. Personnellement, j’espère que la France qui tient à son service public, qui doute de l’efficacité des seules lois du marché pour répartir les richesses va se réveiller. Sinon, nous redeviendrons vite dans une socièté de rentiers telle que nous l’avions au début du XXème siècle, et que seule la fiscalité et notamment les droits de succession permettent de réguler.
      Magali

      • ThomasLefebvre
        ThomasLefebvre
        Rapatrié
        • Posté à 15h53 le 07/05/2007
        • Internaute 247
          Rapatrié

        Magali,

        Sarkozy a cité Jaures, ouais, c’etait du grand n’importe-quoi comme tous ses discours. Mais, le rapport avec le sujet ?

        Ou voyez-vous que Sarkozy a comme « référence economique absolue » Margaret Thatcher ? Quand l’a-t-il dit ? Ou dans ses discours pouvez le comparer a MT ?

        Encore une fois, Sarkozy n’est pas un libéral, il s’inscrit dans une tradition de la droite néo-gaulliste, interventioniste et étatique. Par exemple, Sarkozy a parlé d’un « Plan Marshall » pour la banlieue. Un « Plan MArshall », un vrai, ca doit couter un max, nan ? Et puis faut plein de fonctionnaires pour le faire tourner ? Croyez-pas ?

      • starbob
        starbob
        Suresnes (92)
        • Posté à 15h54 le 07/05/2007
        • Internaute 402
          Suresnes (92)

        « il n’en demeure pas moins un ultra-libéral convaincu »
        Dire que c’est un libéral convaincu aurait suffi... L’interventionnisme faisant aussi partie de son vocabulaire sur bien des sujets (économique et social notamment), je crois qu’il faut arrêter de travestir les idées avec des mots inappropriés.

    • Anonyme répond à ThomasLefebvre

      J’approuve. S’il a dit, ce n’est pas cet temps-ci, mais il y a pas mal de temps et surtout quand on rapporte des paroles faut-il encore les remettre dans leur contexte. Sinon on pourrait dire qu’Hitler était Socialiste (certain de ses discours, tout au début, sortit de leur contexte aurai pu le faire supposer.

    • Anonyme répond à ThomasLefebvre

      et aussi ghandhi, jean paul 2 et chégévara

  • Anonyme

    Sarkozy Libéral ? Vous feriez mieux de réviser vos classiques, vous vous rendriez compte que le prétendu libéralisme de Sarkozy n’est autre que de l’étatisme à la Française, vaguement saupoudré de réformettes libérales. Affirmer qu’il est un libéral pur, c’est faire aux vrai libéraux, notamment d’Alternative Libérale qui défendent les idées de Bastiat, Hayek et Von Mises.

    Sur une autre note, j’espérai que le journaliste pro-am que vous promouviez serait un peu plus objéctif que les sources journalistiques traditionnelles. A mon grand désespoir il n’en est rien et vous aussi, souffrez de ce mal typiquement français qui consiste à ne pas voir plus loin que le bout de son nez.

    • Anonyme

      Le mal typiquement français : ne pas voir plus loin que le bout de son nez ? C’est sûr, et cela s’explique sans doute par un manque d’intérêt (ou de connaissance) pour ce qui n’est pas franco-français, et d’ouverture sur le monde.
      Mais les français, et bien d’autres dans nos pays économiquement avancés, donc privilégiés, ne voient pas non plus ...plus profond que leur portefeuille. Que ceux qui le peuvent en profitent un max, tant mieux pour eux, mais ça ne durera pas éternellement, un jour pas très lointain ils devront en rabattre et cela fera mal !

    • le Poulpe
      • Posté à 18h01 le 07/05/2007
      • Internaute 468

      J’aime la manière dont vous dites que les mesures prônées par mr Sarkozy sont des réformettes libérales. Si pour vous l’exonération des heures sup(qui vont alléger le trou de la sécu, c’est sûr), le remboursement du trop perçu des personnes concernées par le bouclier fiscal(une majorité de personnes à l’évidence), la « simplification » du droit du travail, la suppression à terme des droits de succession et j’en passe et des meilleurs, j’aimerai sincèrement que vous m’exposiez ce que vous appelez des réformes libérales voire ultra-libérales. Rien que d’y penser, ça me fait froid dans le dos. Brrr !

    • LeBonObO
      • Posté à 23h55 le 08/05/2007
      • Internaute 1225

      « Mal typiquement français »... quelle jolie formule !
      A entendre les chroniqueurs, journalistes, militants ou simples piliers de bistrots, il existe tant de maux « typiquement français » qu’on finit par se demander quelle tare n’est pas typiquement française !
      Vous voulez promouvoir un mouvement politique méconnu et novateur à vos yeux, libre à vous !
      Mais commencez donc, dans ce cas, par abandonner réellement les poncifs et les phrases toutes faites telles que celle là, vous donneriez plus de crédit aux idées que vous croyez défendre.
      Quant au mal que vous dénonciez, le monde serait sans doute meilleur s’il était réellement « typiquement français ».
      Au final, vous ne semblez pas si différent de ceux que vous dénoncez.
      Mais... en fait... vous ne seriez pas un peu français sur les bords, des fois ?

    • LeBonObO
      • Posté à 23h57 le 08/05/2007
      • Internaute 1225
  • dan
    dan
    • Posté à 15h16 le 07/05/2007
    • Internaute 161

    Drôle d’article...

    Je pensai trouver sur rue89 un autre ton, un autre angle sur l’actu. Si votre volonté est de faire un Libé bis, c’est bien dommage...

  • Nicolas Kayser-Bril
    Nicolas Kayser-Bril
    Co-fondateur de Journalism++
    • Posté à 15h20 le 07/05/2007
    • Internaute 838
      Co-fondateur de Journalism++

    Les règles de la concurrence ne sont pas « imposées par Bruxelles ».

    Elles sont inscrites à l’article 87 du traité sur l’Union Européenne, lui-même ratifié par... la France !

    Tout le monde le sait, mais les poncifs restent.

  • Anonyme

    A peine touche-t-on à Nicolas Sarkozy que les internautes de droite, le couteau entre les dents débarquent...
    Ca promet pour les 5 années à venir...

    • starbob
      starbob
      Suresnes (92)
      • Posté à 15h59 le 07/05/2007
      • Internaute 402
        Suresnes (92)

      En tous cas, les internautes de droite vous laisseront avec grand plaisir le monopole du sectarisme et de la haine envers l’autre.

      Le champ lexical est un bon révélateur des idées (la gauche n’a pas non plus le monopole de l’analyse sémantique moralisatrice après tout ; -)

      Qui a le plus utilisé le mot « peur » pendant la campagne de 2007 ? Peut-être pas celui que l’on croit.

  • Anonyme

    Bonjour

    Les vrais résultats...et autres liens

    Lien

    à suivre...

    • Anonyme

      Voici les remarques de quelqu’un qui vit en Australie depuis quinze ans. A méditer pour tous ceux qui croient dans la rupture...les autres seront confortés dans leur choix.

      de Phillipe à Sydney :
      « Non je ne ferais pas un vote idéologique. Cette campagne présidentielle, ça me rappelle un peu celle de Bush en 2000, c’est à dire celle d’un candidat mis en place.

      Monsieur Sarkosy me parait être le candidat qui représente les intérêts de ceux qui ont beaucoup à perdre si l’Europe ou le monde se fait sans eux. C’est le candidat du Medef, du CAC 40, des riches et autres puissants mais pas vraiment l’homme du peuple qu’il prétend être.

      Les références à l’Australie sont très justes, mais à moins d’y vivre, d’y avoir vécu ou de s’intéresser de près à ces pays à économie libéral dont la politique est obsédée par la croissance économique, il est difficile d’imaginer les conséquences d’une telle politique. En Australie il y a 10 ans, le candidat miracle est arrivé avec un mot pour tous et un remède pour chaque maladie : le chômage, le crime, la dégénérescence sociale, et surtout la promesse de nous enrichir, nous qui méritions tant par rapport à ceux qui profitaient sans jamais contribuer. Et bien sûr c’est nous qui nous sommes fait avoir. On est tous endettés jusqu’aux dents avec des emprunts a taux élevés, impossible à repayer avec un salaire moyen à moins de gagner le Lotto. Tout est à crédit. Le pouvoir d’achat n’a pas vraiment augmenté mais par contre le crédit sur 30 ans et la carte de crédit sons devenus monnaies courantes. L’immobilier a pris 175% d’augmentations sur 10 ans. Pas la peine de se demander qui a profité de cette politique ? Pendant que les uns s’enrichissaient le gouvernement a procédé comme convenu au démantèlement des institutions sociales (Universités, Sécurité Sociale, Assurance chômage et j’en passe). Qui a dénoncé ? Personne, les médias sont concentrés dans les mains de deux groupes dont l’un appartient à Murdoch. Alors qu’est ce qu’on a gagné dans l’histoire ? De payer un peu moins d’impôts peut-être, mais on travail du lundi au dimanche et du dimanche au lundi toute l’année, mais surtout comme on a tout bradé il n’y a plus rien ni personnes vers qui se retourner, si ce ne sont les quelques organismes de charité.

      Voilà ! Comme cela me ferait mal au cœur de savoir que la même chose se passe en France !

      • Anonyme

        Trop tard,malheureusement, vous donnez une description extrêmement lucide et sans doute réaliste de ce qui va se passer en France maintenant, mais que peut-on faire pour arrêter la machine en marche ? Ce n’est pas forcément Sarko le plus dangereux, lui, il a été mis en place, il voulait le pouvoir et a dit et fait ce qu’il fallait pour l’avoir ; non, comme les « faucons » de Bush, le pire risque de venir par la bande de coyottes minables, opportunistes et lèche-pompes qu’il trimbale avec lui, à côté de (peut être) quelques ’valables’, qui risquent de ne pas « faire le poids » longtemps vu que toute personne émettant un avis différent est rapidement, au choix, intimidée, menacée, chassée. Welcome to Sarkoland everybody !

         
        • Lacaniste
          • Posté à 15h36 le 08/05/2007
          • Internaute 1618

          vous avez parfaitement raison.
          Sans minimiser le danger que représente le messianisme que trimbale cet homme, il est lui aussi manipulé par ses idéaux, par les médias, les financiers et autres vautours et rapaces de tous poils. Hitler n’a pas fait autrement avec Krupp par exemple.
          Merci

        1 autres commentaires
  • fayrile
    • Posté à 16h47 le 07/05/2007
    • Internaute 865

    Mon interrogation actuelle est de savoir maintenant qu’il est parvenu par ses methodes ( tiens donc l’Obélisque n’avait pas été dérobée elle aussi ?)à sa finalité de pouvoir absolu, ce qu’il va en faire ? Et comment les français vont y répondre, au fil des mois, ce qu’ils vont accepter..

  • Anonyme

    Voici les remarques de quelqu’un qui vit en Australie depuis quinze ans. A méditer pour tous ceux qui croient dans la rupture...les autres seront confortés dans leur choix.

    de Phillipe à Sydney :
    « Non je ne ferais pas un vote idéologique. Cette campagne présidentielle, ça me rappelle un peu celle de Bush en 2000, c’est à dire celle d’un candidat mis en place.

    Monsieur Sarkosy me parait être le candidat qui représente les intérêts de ceux qui ont beaucoup à perdre si l’Europe ou le monde se fait sans eux. C’est le candidat du Medef, du CAC 40, des riches et autres puissants mais pas vraiment l’homme du peuple qu’il prétend être.

    Les références à l’Australie sont très justes, mais à moins d’y vivre, d’y avoir vécu ou de s’intéresser de près à ces pays à économie libéral dont la politique est obsédée par la croissance économique, il est difficile d’imaginer les conséquences d’une telle politique. En Australie il y a 10 ans, le candidat miracle est arrivé avec un mot pour tous et un remède pour chaque maladie : le chômage, le crime, la dégénérescence sociale, et surtout la promesse de nous enrichir, nous qui méritions tant par rapport à ceux qui profitaient sans jamais contribuer. Et bien sûr c’est nous qui nous sommes fait avoir. On est tous endettés jusqu’aux dents avec des emprunts a taux élevés, impossible à repayer avec un salaire moyen à moins de gagner le Lotto. Tout est à crédit. Le pouvoir d’achat n’a pas vraiment augmenté mais par contre le crédit sur 30 ans et la carte de crédit sons devenus monnaies courantes. L’immobilier a pris 175% d’augmentations sur 10 ans. Pas la peine de se demander qui a profité de cette politique ? Pendant que les uns s’enrichissaient le gouvernement a procédé comme convenu au démantèlement des institutions sociales (Universités, Sécurité Sociale, Assurance chômage et j’en passe). Qui a dénoncé ? Personne, les médias sont concentrés dans les mains de deux groupes dont l’un appartient à Murdoch. Alors qu’est ce qu’on a gagné dans l’histoire ? De payer un peu moins d’impôts peut-être, mais on travail du lundi au dimanche et du dimanche au lundi toute l’année, mais surtout comme on a tout bradé il n’y a plus rien ni personnes vers qui se retourner, si ce ne sont les quelques organismes de charité.

    Voilà ! Comme cela me ferait mal au cœur de savoir que la même chose se passe en France !

    • Anonyme

      Oui,absolument, le « modèle “ Australien, tout à fait ça et vers là où l’on va..Mais pourquoi SR a-t-elle été si tiède pdt cette campagne, il assenait les âneries et autres contradictions et l’on pouvait trouver partout à retourner ses dires..
      Trop tard, ne pas faire l’apologie de cette campagne mais bon, vous savez cette non communication caméléon qui consiste à être le reflet de ce que l’autre voudrait que l’on soit..Il a dû étudier la psychologie ce ‘ bon sarkozy mais dans le sens de comment accéder au pouvoir et non de comment comprendre les français .

      • Ruel
        • Posté à 11h10 le 08/05/2007
        • Internaute 812

        je pense surtout qu’il avait la quasi totalité des médias pour lui alors....voyez ce que dit ce correspondant « australien »

  • Anonyme

    Quand vous dites qu’il est « un fervent partisan de l’intervention de l’Etat, à la française » cela ne contredit pas le fait qu’il soit « proprement » libéral.
    En fait « à la française » peut se comprendre comme « à l’américaine » quand Bush intervient dans son économie : soutient de Boeing, guerre de conquète pour alimenter les multinationales pétrolières...
    Alors oui Sarkozy est un libéral et nul besoin de tenter une minoration en prenant comme prétexte son pseudo interventionnisme.
    Bonne journée

  • Anonyme

    Avez-vous songé au futur gouvernement, à ses probables méthodes, surtout en cas de majorité à l’Assemblée ?

    Fillon, De Robien et Juppé sont de ceux qui ont délibèrement jeté le maximum de français dans la rue, généralement par excès d’autoritarisme et par absence de toute concertation.

    Avec un programme du genre hyperactif et des Ministres agissant comme de savants autistes, on peut prévoir de chaudes périodes de contestation. La répression étant annoncée par avance, il y a fort à parier que nous nous préparons à 5 années d’affrontements et de violences sociales.

    Tatcher n’avait pas mis le feu aux banlieues, ni stigmatisé les chômeurs et les immigrants, avant de s’en prendre aux syndicats et de concrétiser ses mesures économiques.

    • Ruel
      • Posté à 11h18 le 08/05/2007
      • Internaute 812

      D’autant plus qu’on nous annonce « l’aigri Allègre » à l’éducation nationale. Voilà qui promet pour aider les banlieues ; il va pouvoir dégraisser loisir, et servir une fois encore son labo....
      Si c’est ça l’ouverture à gauche c’est plutôt l’ouverture à « la soupe ». Tous ceux qui trahissenr seront servis, tendez la main !

  • sergio
    sergio
    Facteur
    • Posté à 17h39 le 07/05/2007
    • Internaute 299
      Facteur

    Quand vous dites qu’il est « un fervent partisan de l’intervention de l’Etat, à la française » cela ne contredit pas le fait qu’il soit « proprement » libéral.
    En fait « à la française » peut se comprendre comme « à l’américaine » quand Bush intervient dans son économie : soutient de Boeing, guerre de conquète pour alimenter les multinationales pétrolières...
    Alors oui Sarkozy est un libéral et nul besoin de tenter une minoration en prenant comme prétexte son pseudo interventionnisme.
    Bonne journée

  • Mimou
    • Posté à 18h48 le 07/05/2007
    • Internaute 371

    « Cet argent va donner ce pouvoir d’achat, que l’on va distribuer et va relancer la croissance. »
    N. Sarkozy, lors du débat présidentiel
    Comment Ségolène Royal a-t-elle pu laisser passer cette phrase ?

  • Anonyme

    la droite dans toutes ses injustices ! ! ! ! !
    à commencer par les injustices economiques, qui ne feront aucun effet de relance économique, car elle s’adresse pour la plus grande partie à une population aisée qui n’a pas besoin de çà pour conssommer,
    mais surtout ces cadeaux economiques devront etre financés, par ....les plus faibles d’entre nous et cexu en difficulté !
    en première ligne = les personnes agées avec la franchise sur les remboursements de Sécurité >Sociale,
    et les chomeurs et Rmistes envers lesquels une véritable chasse sera bientot lancée !
    et tant pis pour ceux qui sont en difficultés , comme Tactcher en GB. tant pis pour ceux qui ne peuvent pas suivre !

  • Anonyme

    Nous sommes en 2015, dans un pays dirigé par un nabot aux allures de dandy.
    Seuls des tics, une gestuelle incessante trahissait une certaine agitation intérieure, signes indéniables des grands hommes bons ou mauvais !
    J’expliquai à mon fils, ayant passé les tests ADN avec succès, possédant de la sorte
    les atouts essentiels d’un être humain prêt à tout pour assurer sa survie , le bonheur d’antan, cette joie
    de vivre en démocratie qui n’est plus aujourd’hui !

    A l’époque, mon fils, tu avais le choix de vivre ta vie comme tu le souhaitais !
    Tu pouvais sortir quand tu voulais, tu pouvais travailler là où tu le désirais, tu pouvais
    t’exprimer quand tu voulais ? C’était cela la démocratie !
    Je te mets en garde car il y avait des devoirs aussi, tous naturels d’ailleurs, tu devais
    travailler pour assurer ta subsistance et pourvoir ainsi via les impôts à l’avenir du pays mais tu avais le choix
    de ton travail, de ton existence...>>
    Dis-moi Papa, pourquoi c’est plus pareil maintenant ? >>
    A partir de ce moment-là, tout a été très vite ! Dans les années qui suivirent,
    ces pouvoirs accordés aux citoyens se sont amenuisés comme jamais auparavant, sauf
    peut-être en temps de guerre !
    Si tu résistais, de quelque manière que ce soit, on te coupait les vivres ; bref, étant devenu
    résistant et encombrant de la sorte, tu étais mal vu !
    Je croyais au changement à la prochaine échéance mais un énième élément perturbateur
    s’amorça. Eh Oui, mon fils, les ordinateurs votent désormais à notre place et vu que ce sont
    les Hommes qui ont fabriqué les machines, on imagine aisément des scénarios pervers du cerveau humain ! >>

    Mon fils me regarda, l’air triste, avec ses yeux néanmoins empreints d’une lueur d’espoir :
    Mais pourquoi les voisins d’à côté, nos amis, n’ont-ils rien faits alors ? Je ne comprends pas ! >>
    Je m’empressai alors de lui rétorquer :
    Moi non plus, je ne sais pas mon fils ! Je n’arrive toujours pas à saisir, d’ailleurs,
    tout comme toi ! Les gens avaient peut-être peur, peur de perdre ce qu’ils n’avaient plus
    depuis des années mais je me suis battu pour ton avenir, crois-moi ! >>
    Et pourtant, rien n’a changé Papa ? >>
    Je le sais mais j’ai dû me résigner à combattre sinon c’était la prison qui m’attendais
    car, en effet, je devais t’élever avant tout ! L’assistance publique aurait fait de toi
    un être corvéable à merci et je ne le désirais pas !
    Les gens avaient peur de perdre leurs enfants, c’est cela la vérité ! Jetés en prison, leurs enfants,
    innocents, aux prises de la manipulation communautaire !
    Laisse-moi te dire une dernière chose : il faut ne pas faire d’enfants, faire passer
    ce message et te battre à y perdre la vie ! >>
    Compte sur moi Papa, j’appelle mes amis et nous allons mettre le feu ! >>
    Fais attention quand même, ils sont nombreux à la police de la communauté et puis
    sortir malgré le couvre-feu est interdit mais tu as maintenant toutes les cartes dans les mains ! >>

    Pour Notre Avenir

  • rvdev5
    rvdev5
    rvdev5
    • Posté à 20h41 le 07/05/2007
    • 183
      rvdev5

    je pose la question ici à défaut de trouver un meilleur endroit : qui va diriger l’UMP dorénavant ?

  • Anonyme

    Buenos Aires 2001 ... Paris 2007 - Il n’y a pas d’autres choix possibles -
    Et maintenant ... le Feu.

  • Anonyme

    La Révolution ? Est-ce la solution ?

    Il est temps, chers camarades, de passer à l’action
    Le bien-être individualiste ne doit être qu’un vaste souvenir
    Car il y a pire, certes, mais arrêtons de le dire !
    L’avenir se joue maintenant près du Panthéon.

    Aussi,
    La peur et la précarité ont fait de nous des esclaves
    On est devenu amorphes par le biais des médias
    Mais le mutisme intellectuel ne nous atteindra pas
    Car une poignée d’irréductibles se tiennent prêts sur le pavé !

    Aussi,
    Le téléphone portable et la carte bancaire sont autant d’exemples concrets
    De flicage moderne pour mieux apprécier nos déplacements
    Et constituent, à cause d’Eux, une entrave à notre très chère Liberté !
    Mais, y’en a marre ! On nous ment !

    Aussi,
    L’invisible est quelquefois bien plus important à nos yeux
    L’inspiration, par exemple, est, pour un artiste, la corde sensitive pour accéder à son art
    Mais, l’important, c’est de lire entre les lignes car pour ceux
    Qui croient en ce qui voient, il faut enlever le pilote automatique car il sera bientôt trop tard !

    Aussi,
    Je ne suis pas prophète ni même anarchiste
    Seulement un artiste qui essaie de manier son talent
    Avec son droit d’expression pour assouvir son mécontentement
    Et d’écrire tout haut ce qui lui paraît anticonformiste !

    Aussi,
    Souvenons-nous de Néanderthal chassant le gibier
    A plusieurs, ils y sont arrivés
    A faire tomber les plus entêtés !
    D’où l’intérêt d’être une majorité !

    Aussi, ... , à vous de continuer l’histoire !

  • sxpert
    • Posté à 22h44 le 07/05/2007
    • Internaute 683

    pour illustrer le propos, j’ai fais un montage graphique :

    Lien

  • BrunoReporter
    • Posté à 22h51 le 07/05/2007
    • Internaute 1210

    Alors pour ce type de libéral-bonapartiste le quinquennat lui suffira t-il ou faut-il revenir au septennat :
    Lien

  • Anonyme

    Chère maman,
    Je te donne enfin de nos nouvelles. Depuis la réelection de Sarpozy, voilà un an et demi, et la victoire de son camp aux législatives, nos vies et nos illusions sont tombées bien bas. La rapidité promise à mettre en place son programme et les surprises de dernières minutes nous plongent tous dans un profond désarroi.
    Sans avoir compris le Pacte de Nicolas Pulot, le président Sarpozy a fait réquisitionner toutes les voitures de plus de 10 ans ! La nôtre est partie comme les autres et a été envoyée à la nouvelle Usine de Décharges des Autos Polluantes, dirigée par Lapardère. Créatrice d’emplois, Serge y a trouvé un poste pour 1000 euros net par mois incluant la fameuse TVA sociale. Désormais nous vivons dans les lotissements sociaux construits par l’Etat et spcialement réservés aux ouvriers de l’Usine.
    Depuis nous circulons à pied ou à vélo. Un centre commercial multi-activités a été construit tout proche de chez nous. Les magasins du centre ville ferment leurs portes unes à unes. Les commerçants investissent quand il le peuvent dans des structures similaires ou deviennent gérants du seul grand groupe de centres commerciaux, dirigé par Rinault.
    Quant à moi, le bureau de recrutements de Pouighes m’a contacté pour me proposer un emploi de femme de maison. Je me suis rendue au rendez-vous. Je me suis permise de leur demander s’il n’y avait pas d’emploi dans mon domaine, l’animation. Leur réponse a été négative. Les postes attribués pour le culturel sont proposés aux enseignants retraités et les animations sportives, aux officiers de l’armée française en retraite. Ils travaillent bénévolement, moyennant une réduction d’impôt sur le revenu de 25 %. Et d’ajouter que maintenant toutes animations seront données dans le cadre d’une Education Complète. Mais peut-être es-tu déjà au courant. Les informations d’intérêt général sont régulièrement diffusées sur les télévisions et médias pour tenir la population informée de toute innovation.
    Toujours est-il que j’ai refusé ce travail, prétextant que mon petit n’était pas encore en âge d’entrer à l’école et que nous n’avions pas les moyens de régler la crèche municipale. Devant mon refus, le conseiller aux recrutements m’a laissé 6 mois de plus, me mettant en garde que ce serait la dernière fois. Cependant, j’ai été obligé de porter le dossard du « réfractaire, ne voulant pas se lever tôt » durant 2 semaines consécutives, avec interdiction de l’enlever. En effet, si tu ne respectes pas scrupuleusement la règle, en cas de contrôle des policiers de l’Etat, tu risques une amende de 100 euros pour désobéissance.
    Sinon les enfants vont plutôt bien : Jérémy a du mal à être propre. Le médecin ne trouve pas ça normal vu son âge. Si ça continue, je devrais lui faire faire des examens à l’hôpital. Antonin, lui, travaille bien à l’école, il reçoit de nombreux « bons points du mérite ». Seulement, sans t’alarmer, il doit passer un IRM obligatoire. L’institutrice a du rédiger un « constat du comportement » et le signaler aux instances officielles pour un geste malencontreux : il a pincé les fesses d’un camarade pendant la récréation. Manque de chance, le directeur l’a vu. Et comme tu sais, tous les directeurs en place sont des officiers d’Etat du régime Sarpozy. Ils sont intraitables et suivent les règles à la lettre. Les anciens directeurs ont retrouvé des postes d’instituteurs ou de formateurs pour cas sociaux ou délinquants. Et oui, la rupture que Sarpozy nous avait promis est en place, mais elle n’est pas si tranquille. J’espère qu’Antonin réagira bien aux examens, nous en avons longuement parlé. Son cursus scolaire étant très favorable, l’institutrice m’a réconforté et pense qu’il n’y aura pas de suite. Sinon, il devra porter toute sa vie le dossard « du mauvais gêne ».
    Après cet incident, j’ai pris une résolution en accord avec Serge bien sûr. J’ai intégré le mouvement résistant des commandos de Yann Doah (tu as reçu ce courrier des mains d’un résistant, maman, soit discrète. Tu sais que les lettres personnelles sont lues). Je suis chargée de diffuser des tracts enjoignant la population à résister et à se mobiliser contre le pouvoir Sarpozy. Jérémy me suit dans les missions, il m’aide. Le commando prend en charge aussi les plus réfractaires (ceux qui portent le plus de dossards). Il les cache et chacun leur apporte de quoi vivre. Le commando a réussi également à sauver quelques sans-papiers de l’expulsion. Ils sont disseminés dans toute la France. Les autres ont été purement et simplement expulsés du territoire français. L’Etat a permis aussi aux immigrés en retraite ayant la double nationalité de percevoir leur retraite dans leur pays natal. Du coup, il y a plus de logements. Ils sont reconvertis en logements sociaux. Certains ont voulu vendre leurs maisons mais le marché de l’immobilier n’est pas engageant. Ils perdent souvent la valeur estime de leur bien. Ceux qui ont les moyens bénéficient de ces propriétés à des prix plus qu’attrayant.
    Enfin, j’espère que notre action résistante portera ses fruits. La France en votant Sarpozy s’est leurrée. Nous avons mis le pied dans l’encrenage sarpozyste et j’ai bien peur que nous ayons du mal à en sortir rapidement. Sarpozy a la main-mise sur tous les médias. Les journaux d’opinion, les partis politiques ont été réduits à néant. Nombres de journalistes ou de dissidents sont sous les verrous ou bien mis à l’épreuve, sans rémunération, dans des missions d’intérêt général. Les gens ont peur de désobéir, de se trouver en faute. La honte pèse lourdement quand tu portes un dossard. Seuls les nantis ne se plaignent pas : les plus belles voitures circulent, des terrains de golf sont en construction partout, nous voyons régulièrement Sarpozy en voyage ou fôlatrer dans ses activités sportives préférées. Tiens, dernière nouvelle du commando, il paraîtrait que Georges W.Push a acheté un petit château dans le Limousin. Il viendrait s’y installer pour sa retraite. Nous serons bientôt mis au courant par la seule voix de ce pays.
    Je te quitte maintenant. Je promets de t’écrire plus souvent. Je pense à toi. Détruis cette lettre après l’avoir lu. Tu pourrais avoir des soucis et moi aussi. Je t’embrasse. Ta fille Anne. »

  • Anonyme

    Ben dis donc. Moi qui voyait avec avec joie l’arrivée d’un nouveau media appelé rue89. Me voila bien déçu. C’est quoi ce torchon ? On survole. On fait dans la démagogie pour conforter les perdants frustrés qui nous promettent (comme à chaque fois) un 3eme troisième tour dans la rue. Le poing en l’air. Le couteau entre les dents. Près à en découdre avec la vermine du patronat. Quelle tristesse ! Ouvrons les yeux, bon sang ! Cela fait des années, des décennies que la France est gouvernée par la rue. Par quelques milliers de cheminots et quelques centaines de milliers d’étudiants trop heureux de taper sur le symbole de l’autorité (le flic) sans même savoir pourquoi. Et le monde entier nous regarde et se marre.

    Bien sur que l’essence même d’un pays civilisé est de ne pas regarder ses pauvres crever de faim sans rien faire. Biensur que c’est là qu’on fait valoir notre capacité à être humain. Mais enfin si tu ne gagnais pas assez de pognon pour suffire à ton train de vie au quotidien tu irais en plus donner chaque mois une partie de ton salaire à des oeuvres caritatives (à qui tu ne demanderais même pas de rendre des comptes) ? Biensur que non. Mais quand il s’agit de l’état cela parait normal. Parceque ces salauds de patrons. Je vous le répète le monde nous regarde et se marre. Bush n’a plus qu’à en remettre une couche en appuyant l’adhésion de la Turquie et cette Europe qui l’a tant fait flipper n’est plus qu’un sujet de blague. Ils n’ont même pas réussi à ratifier leurs institutions : on n’a encore quelques années de répit devant nous je vous le dit !

    Le combat d’un monde meilleur ne se joue pas à coup de haine contre un groupe social ou ethnique. Il ne se joue pas en marge du système existant. Il demande bien plus de courage. Il n’y a personne au monde qui se réveille en se disant je vais tout faire aujourd’hui pour que les pauvres de ma communauté crèvent de faim. Mais le combat d’un monde meilleur demande certainement trop de courage pour certains. Parcequ’il faudrait bosser plus(eh oui). Pour gagner plus. Et pour avoir plus à redsitribuer à ceux qui en ont vraiment besoin. Pour pouvoir peser de tout son poids sur les orientations d’un monde qui cherhche sa voie. Pour être assez puissant pour juger et punir ceux qui se comportent mal. Ce qui est certain c’est que ces dernières semaines quelqueschose s’est produit. Un grand nombre de Français ont décidé de se retrousser les manches et de dire non à un fatalisme alimenté par des démagogues parlant à des feignants. Et la France a massivement voté à droite alors qu’elle a le coeur à gauche. Et toute tentative de dénigrer ce vote français est à mes yeux une forme de totalitarisme.

    • Ruel
      • Posté à 11h37 le 08/05/2007
      • Internaute 812

      Je vous ferais remarquer que depuis l’avènement de la 5eme république nous avons eu 8 votes pour les présidentielles et que la droite a été (plus ou moins longtemps selon les décès ou les abandons) 6 fois aux rènes et la gauche 2 fois. Sur les 6 fois nous avons eu 1 gouvernement de gauche (Jospin)et sur les 2 fois à gauche 2 gouvernements de droite(Balladur et Chirac).
      Que donc si le France est dans cet état on peut au moins en partager la responsabilité entre les deux grands courants si votre objectivité vous empèche de le faire à la proportinnelle.
      On peut aussi remarquer qu’il y a plus de pauvres ou demi-pauvres en France que de riches (j’entends par là ceux dont la situation est précaire) et que sont ceux là qui ont le plus bénéficier de la présence de la gauche (congés payés, augmentations de salaire, sécu,assédic etc). Même quand c’est la droite qui les a accordés c’était sous la pression de la rue ( ou de la résistance : voir après la guerre).
      NS a eu le culot de rappeler que c’était la droite qui avait voté la loi pour l’avortement : il ne se souvient peut-être pas des grossièretés qui venaient des bancs du RPR à l’adresse de Mme Weil. Qu’elle ait passé l’éponge me sidère ! Surtout quand les vieux réacs de l’époque refusent encore de pratiquer dans certains hôpitaux ou cliniques.

    • LeBonObO
      • Posté à 16h38 le 08/05/2007
      • Internaute 1225

      C’est donc cela la France de Sarkozy ?
      La France des courageux qui s’opposerait à une France des Feignants ? C’est ça votre vision du rassemblement ?
      Vous n’avez vraiment pas compris que ce qui inquiète les sympatisants de gauche, ce n’est PAS qu’il faille travailler pour vivre ?
      Ce qui les inquiète, que travailler ne suffise plus pour vivre correctement !
      Ce qu’ils craignent, c’est que leurs efforts ne suffisent pas à concurrencer des pays où l’on est prêt à tout pour survivre.
      Ce qu’ils veulent, ce sont des conditions de vie acceptables, c’est un filet de sécurité qui les assure de ne pas tout perdre en cas de problème, de ne pas totalement dévisser.

    • indivigo
      • Posté à 20h37 le 08/05/2007
      • Internaute 1740

      1 - Merci de donner une chance à ce « torchon » comme vous l’appelez. Cela fait 3 jours et vous voudriez déjà le fermer parce c’est un repère de « frustrés » ? Ayez un peu confiance en l’humain : avec le temps, ce média trouvera son équilibre.

      2 - Non, le monde ne rit pas de nous ! Comme pour vous, la fatigue, l’agacement, l’espoir de faire mieux me taper sur les nerfs quand j’gtais en France. Je croyais mon pays capable de mieux. D’où une auto-flagélation face à la situation constatée. Maintenant que j’ai franchi l’Atlantique, soyez assurés qu’ici la France est respectée. Sans doute un peu par son arrogance mais c’est parce qu’elle se veut à l’encontre d’un pouvoir inquiétant et déshumanisé : celui de l’argent. La France reste synonyme de bon vivre, valeurs de liberté, culture et histoire. On sait que dans l’économie ça coince mais on nous laisse le rôle des pourfendeurs de capitalistes avec respect.

      3 - Travailler « plus » n’est pas la solution. Travailler « mieux » l’est. Vous rendez-vous compte de l’avenir de votre suggestion : « travailler plus pour gagner plus » ? Ma question face à cette propagande simpliste : vous vous arrêtez où et quand ? Le « toujours plus » n’amène ni respect de l’autre, ni satisfaction personnelle à long terme. Pour avoir été indépendant en France avec 70 heures hebdo et plus de 60% d’imposition, le seul moyen de travailler plus serait de m’enfermer, d’arrêter toutes activités sociales et culturelles. Bref, baisser la tête, le pied sur l’accélérateur en espérant que le mur soit encore loin. Une ruine « humaine » pour tous, assurément

      4 - Les patrons ne sont pas tous des salauds, c’est vrai (j’en étais un, merci :). Mais avouez que le patronat à cette envie maladive du « toujours plus » dont Monsieur Sarkozy en est l’exemple vivant. N’a-t-il pas commencé son discours de victoire par un « en ce moment [...] exceptionnel dans la vie d’un homme ». On sent le combat personnel, prêt à tout pour son objectif. Les moyens mis en oeuvre pour surpasser la concurrence ne sont pas, pour moi, un modèle d’avenir. Bossons mieux et pas forcément plus ; ça nous évitera de ne penser qu’à écraser l’adversaire. Que la science soit déjà utilisée telle quelle avant de vouloir absolument aller plus loin plus vite, Que l’éducation reprenne une place haute dans la préoccupation des Français (c’est notre avenir) et que l’environnement soit notre souci quotidien. Arrêtons d’avoir peur des autres, la France déborde d’atouts dans d’innombrables domaines. Le problème est qu’on a jamais pris le temps de faire une pause et d’agir intelligemment avec nos avantages. Ni Madame Royal ni Monsieur Sarkozy n’ont cette vision d’avenir. Je ne rentrerai donc pas au pays dans ces cinq prochaines années. En attendant un « vrai » renouveau, qui viendra probablement après un grosse douche froide.

  • Rouille_Encagée
    Rouille_Encagée
    Étudiant
    • Posté à 13h54 le 08/05/2007
    • Internaute 1144
      Étudiant

    Droite -> chute de l’éducation -> mécontentement -> élection de droite pour politique de fer -> chute (qui continue) de l’éducation -> etc

    Le Cercle Vertueux de la droite. Avec la détérioration de l’éducation, du niveau scolaire, la chose suivante arrive : « les hommes qui ne pensent pas sont comme des somnanbules » (Hannah Arendt). Et n’est-ce pas ce qui se passe avec la politique néo-libérale et le niveau scolaire qui régresse ? C’est bien ça que l’on a pu observer au Royaume-Uni avec Thatcher ...

    C’est la fin ; avec une nation crétinisée, « tout devient possible » ...

  • Jonathan Balsamo
    Jonathan Balsamo
    Bloggeur http://jojo13.over- (...)
    • Posté à 14h51 le 08/05/2007
    • Internaute 1561
      Bloggeur http://jojo13.over- (...)

    Nicolas Sarkozy est un président qui a réussi à écarter tout ses opposants à l’UMP de la course à la présidentielle .

    Moi j’appelle çà un dictateur .

    Quand je vois aussi qu’il abuse de ses paroles sur le mot « karcher “ , qu’il veut karchériser les banlieues J’appelle çà un tyran .

    Un dictateur tyran n’a rien à faire sur le trône de l’Elysée , sa place est à l’ANPE comme moi

  • Anonyme

    Rue89 est un blog fait par des journalistes de Liberation…ca se voit !

  • Tophee
    Tophee
    en haut a gauche
    • Posté à 17h31 le 09/05/2007
    • Internaute 2159
      en haut a gauche

    Les liberaux de tout les pays ont la meme conception du Liberalisme : C’est la faculte d’etre libre d’abuser des plus faibles. Par contre, des qu’ils se trouvent en position de faiblesse, la, ils demandent l’intervention de l’etat.

    Avec Sarkozy, les riches seront protege pendant que les pauvre devront travailler plus pour avoir l’illusion de gagner plus alors que leur pouvoir d’achat continueras a reculer.