tribune 20/01/2009 à 12h05

Comment la prime à la casse détruit des emplois en France

Bruno Rèbufie | Logisticien



Casse auto à Bourges (Jean-Paul Pelissier/Reuters).


A l’heure où le Premier ministre vient d’annoncer une aide de 5 à 6 milliards à la filière automobile en échange d’un maintien en France des sites de production, nous publions cette enquête d’un internaute bordelais. Pour Bruno Rèbufie, la prime à la casse, en favorisant les petits modèles peu polluants qui ne sont pas fabriqués en France, risque d’être défavorable aux emplois français. Drôle de paradoxe !

Les constructeurs automobiles français multiplient les jours de chômage technique dans leurs usines nationales. Rennes, qui produit des modèles moyens et haut-de-gamme (C5, C6 et C7) pour PSA, et Sandouville qui fabrique des modèles haut-de-gamme pour Renault, sont restées inactives pendant des semaines pour éviter de voir leurs stocks s’accumuler.

Mais certains modèles de ces mêmes marques, plus en phase avec la demande, voient leurs ventes augmenter : il s’agit de petits véhicules, économiques en carburant et peu polluants, gratifiés de bonus écologique. Renault et PSA ont décidé de doubler cette prime, se faisant ainsi les relais de la prime à la casse annoncée par Nicolas Sarkozy dans son plan de relance, et censée aider nos constructeurs nationaux à franchir la crise économique et préserver nos emplois.

On va moins polluer et faire travailler des français. Cocorico ?

On pourrait se réjouir que, de janvier à octobre 2008, d’après le site de l’Automobile magazine, la C1 Citroën ait vu ses ventes augmenter de 36,2% et la Twingo de Renault de 25,1% et imaginer que la prime à la casse va soutenir ces bons chiffres. Or, ces voitures ne sont pas réellement françaises, elles n’ont de français que le logo.

La délocalisation, une vieille histoire

On l’ignore souvent mais dès les débuts de l’automobile, Ford faisait produire son modèle T au Japon en 1924 et en 1925 en Australie. Après guerre, tous les grands fabricants délocalisent, soit pour contourner les taxes, barrières douanières, ou pour des raisons logistiques et de coût de transport. Il peut y avoir des usines de fabrication sous la marque propre ou sous licence mais aussi des usines d’assemblage. Ce phénomène a perduré et considérablement augmenté depuis trente ans.

Un grand constructeur a souvent des usines en son nom ou en joint-venture avec un autre, sur divers continents. Ses fournisseurs et sous-traitants habituels le suivent sur les lieux de productions. Les fabrications sont réparties par continent ou bloc économique. On peut donc acheter, en Italie, une voiture allemande fabriquée en Espagne. Les voitures de deux ou trois marques différentes peuvent être réalisées sur une même chaîne de fabrication.

Seules 42% des 1,9 millions de Renault sont fabriquées en France, pays qui ne compte que pour 24% de ses ventes. Si les constructeurs français communiquent volontiers sur leur expansion internationale, avoir par leur intermédiaire la proportion des ventes entre fabrication locale et étrangère est beaucoup plus délicate.

J’ai donc mené moi-même ce long travail de compilation (mes sources sont citées en fin d’article).

Qui fait quoi et qui licencie ?

Revenons à notre Twingo. 100% de la production de ce modèle vient des usines slovènes de Renault, qui y emploient 3000 ouvriers. Avec les prestations logistiques, de stockages et autres jobs induits les 5000 emplois sont atteints. La réduction des coûts de fabrication passant par la proximité immédiate des sous traitants, voire leur intégration directe dans les usines, fait augmenter de façon induite ces chiffres.

Faurecia, fabriquant de sièges et d’intérieurs, indique sur son site internet, qu’un tiers de ses usines existent à proximité immédiate des lieux de production automobile de par le monde, le reste étant plus loin. Pendant ce temps, l’usine de Sandouville assemble les Laguna, Espace et Vel Satis. Trop chères et polluantes ou ne plaisant pas, elles se vendent mal. Les jours de chômages techniques et les licenciements suivent : depuis 2007, Peugeot a supprimé 15 000 emplois, principalement en France et son usine de Rennes a annoncé 2700 départs supplémentaires. Ses fabrications de gammes moyennes et hautes remportent beaucoup moins de succès que les petites C1 et 107, produites en République Tchèque.

La prime favorise les petits modèles fabriqués à l’étranger

De facto, la prime écologique et la prime gouvernementale avantagent de façon induite les petits modèles, 100% slovènes ou tchèques, au détriment des gammes supérieures réalisées en France. Parmi les modèles français les plus vendus sur le marché intérieur, dix sont fabriqués exclusivement hors Hexagone soit environ 258 000 véhicules de Janvier à Octobre. Sept autres partagent leur fabrication entre la France et la République Tchèque, la Slovénie, la Slovaquie, la Turquie, l’Espagne, le Japon, les Pays-Bas, la Corée entre autres.

Si le seul souci de la compétitivité est à l’origine de tout ceci, pourquoi Toyota s’implante-t-il à Valenciennes pour fabriquer la petite Yaris, ou Daimler-Benz pour la Smart à Hambach ? Sûrement pour le savoir-faire et la productivité reconnue de la main-d’œuvre locale. Est-il donc pertinent de croire que la fabrication des petits modèles ne soit rentable qu’à l’étranger ?

Le gouvernement participe à la destruction des emplois

Le relatif insuccès des françaises dans les segments de gamme moyenne et haute va-t-il condamner nos marques nationales à la fabrication de petits véhicules. Que vont devenir les usines locales et leurs emplois ? Les diverses incitations fiscales favorisent plus les actionnaires de PSA ou Renault que les travailleurs français, en permettant de maintenir une bonne rentabilité de ces firmes.

Le gouvernement, en multipliant ces actions incitatives, participe de façon indirecte à des destructions d’emplois dans l’Hexagone qui ne seront jamais compensées par la création d’autres, en France, dans les secteurs R&D, finances, commercial, etc.

Les délocalisations ne participent-elles pas à un nivellement par le bas des revenus en France, sous la pression de la mise en concurrence avec les pays à salaires « low cost » dans de la CE ?

Sources utilisées :
- les données du site du Comité français des constructeurs automobiles
- les données du site de Renault
- le site de PSA
- les données du site de Faurecia

Lire aussi du même auteur :
- L’automobile aux Etats-Unis : une mort annoncée
- Logement : avec Christine Boutin, les locataires trinquent

Photo : casse auto à Bourges (Jean-Paul Pelissier/Reuters).

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  • Gebam
    Gebam
    salarié
    • Posté à 12h21 le 20/01/2009
    • Internaute 62123
      salarié

    Tous cela nous les salariés de l’automobile nous le savions dés l’annonce de cette prime à la casse , alors que le gouvernement l’ignore ? ?
    Ca signifie deux chose soit il sont totalement incompétent ( rien de surprenant en géneral ceux qui décident ne connaissent pas le sujet )
    soit c’etaient juste pour rassurer les actionnaires qui eux par contre en profiteront du fruits de ces ventes de voitures fabriquées a l’etranger.

  • the cat
    the cat
    étudiant
    • Posté à 12h39 le 20/01/2009
    • Internaute 54940
      étudiant

    En même temps, il aurait été aussi mal vu d’offrir un bonus pour les voitures haut-de-gamme, beaucoup plus polluantes.
    Le gouvernement était là un peu coincé. Le plus pertinent aurait été en amont d’éviter au maximum ces délocalisations. En voici le résultat maintenant.

  • parousnik
    • Posté à 13h24 le 20/01/2009
    • Internaute 18991

    Destructurer toute opposition au projet néo féodale de la minorité ploutocratique passe par la destruction du tissu social donc de et en premier l’emploi... Quoi de plus vulnérable que ceux qui sont endettés...et que si ils ne veulent pas tout perdre doivent accepter
    de vivre comme des serfs...de la consommation. Repu de m... intellectuelle et alimentaire le serf ne se rend pas compte qu’il est lobotomisé...et même si il s’en rend compte que peut il faire ? Dans la France de mon enfance ces des millions de citoyens qui seraient dans les rues...comme quoi le confort intellectuel et alimentaire même de qualité médiocre...tue toute réaction légitime et naturelle à la révolte... Qui empoche la prime l’acheteur qui achete un produit survévalué ? La casse de la cohésion sociale cette prime ne sert qu’a cela...

  • Bruno Rèbufie
    Bruno Rèbufie
    Auteur(e) de l'article Logisticien
    • Posté à 13h26 le 20/01/2009
    • Internaute 3870
      Logisticien

    Il faut souligner la saillie de Carlos Ghosn* qui veut suspendre la taxe professionnelle pour le secteur automobile, histoire de « lisser » les charges sur l’ensemble des maillons de la production et des gammes.
    Je ne suis pas sûr que les destinataires de ces taxes professionnelles voient ceci d’un bon œil.

    De plus tout ceci est d’une formidable hypocrisie quand on sait que la très vendue Mégane (même chose pour le très demandé C4 Picasso) est totalement fabriquée en Espagne, pays où le coût du travail n’est pas le plus faible. Rajoutons la localisation géographique, à l’extrême sud ouest de la CE, qui implique des coûts de transport et de logistique importants, et on se rend compte que le discours de Ghosn ne tient pas la route.

    Il n’en reste pas moins que nos voisins allemands ont bien plus conservé leurs productions chez eux . Ceci n’empêche pas Volkswagen de plutôt très bien se porter et de réaliser des bénéfices, et ce malgré des charges salariales et patronales plus importantes.

    Autre point que je n’ai pas souligné mais qui est important, c’est le retard des français sur les très demandés véhicules hybrides . A ce jour seuls les japonais et les américains en ont de disponibles dans leurs gammes.
    Il y a inadéquation partielle entre demande et offre. C’est l’échec des services marketing mais aussi le souci de rentabilité à court termes en privilégiant le diesel qui en sont les causes.

    La réflexion politique et économique, qui va surgir de tout ceci vaut pour la régulation du travail en Europe, et pas uniquement pour le secteur automobile.

    /*/*/« Si on arrive à suspendre la taxe professionnelle sur la filière automobile » ou si l’on peut « déplacer les charges sociales sur l’ensemble des voitures produites et pas seulement les voitures en France (...), vous résolvez une grande partie du problème ».

    • rue_de_la_paix
      rue_de_la_paix répond à Bruno Rèbufie
      c'est plus compliqué que ça
      • Posté à 17h18 le 20/01/2009
      • Internaute 61977
        c'est plus compliqué que ça

      Le choix du diesel par la France n’est pas complétement aberrant d’un point de vue écologique (au sens du CO2), car le bilan écologique total d’un diesel est meilleur que celui d’une hybride.

      En effet, peu de gens savent, qu’en prenant en compte le coût énergétique total de la conception du véhicule jusqu’à sa destruction, le Hummer H3 est plus « écolo » que la Toyota Prius, par exemple.

      Paradoxalement, l’hybride dévore donc plus d’énergie que les voitures classiques.

      • Bruno Rèbufie
        Bruno Rèbufie répond à rue_de_la_paix
        Auteur(e) de l'article Logisticien
        • Posté à 19h35 le 20/01/2009
        • Internaute 3870
          Logisticien

        lu sur : Lien
        « D’après The European Bulletin of Environment and Health de mars 2002, chaque année, l’inhalation de particules émises par les véhicules diesel ferait environ 24 000 victimes en Grande-Bretagne ! Et l’on s’inquiète à juste titre de ce chiffre lorsque l’on sait que le parc automobile français de diesels est le plus important d’Europe.

        D’après l’OMS, les émissions diesel contribueraient chaque année à la mort prématurée de plus d’un demi-million de personnes dans le monde.

        De plus, lesDiesel Exhaust Particles ou DEP seraient responsables de la destruction des muqueuses bronchiques, de la concentration des particules allergènes dans les poumons,etc.
        Leur implication dans la cancérogénèse pulmonaire est avérée.
        En plus d’autres réjouissances ...

        Le diesel est une catastrophe pour la santé publique.
        Le lobby des constructeurs et des pétroliers ont brillamment œuvré pour gommer ces aspect peu reluisant des choses.

        N’importe quel pneumologue,allergologue ou chef de service de pneumologie ou cancérologie le confirmera.

         
        • Les Grands Champs
          Les Grands Champs répond à Bruno Rèbufie
          Retraité, le doigt là où ça (...)
          • Posté à 10h26 le 21/01/2009
          • Internaute 61722
            Retraité, le doigt là où ça (...)

          Le gros problème avec les particules de diésel, est qu’il ne sont pas toutes mesurable car trop fines.
          Le fameux test du mouchoir à la sorti du pot d’échappement en est un exemple, mettez un filtre qui soit « très fin » et vous verrez une plaque noirâtre ce former.
          C’est ce que nos poumons stocke car elles se collent dans les alvéoles !

          Allez sur le site « airparif » vous verrez la pollution aux particules nettement s’élever lorsqu’il n’y a pas de vent, comme la semaine dernière ou elle était
          à 10 (plein rouge foncé) le maxi ! !
          Vous voulez des images de celle-ci ?

        1 autres commentaires
      • padiran
        padiran répond à rue_de_la_paix
        Chroniqueur Grolandais
        • Posté à 00h19 le 21/01/2009
        • Internaute 5159
          Chroniqueur Grolandais

        Raisonnement par l’absurde, car ne tenant pas compte des particules solides issues des diesels. En tenant compte du rapport poids/puissance avec le hummer H3, on peut en déduire qu’un char Abrams est moins polluant qu’une C1.

         
        • rue_de_la_paix
          rue_de_la_paix répond à padiran
          c'est plus compliqué que ça
          • Posté à 21h59 le 21/01/2009
          • Internaute 61977
            c'est plus compliqué que ça

          Ca n’a rien d’absurbe. Je ne vois pas bien le lien avec le rapport poids/puissance. Il s’agit de la consommation de CO2 engendrée par la création du véhicule, son utilisation au long de sa vie et son recyclage/destruction. Il me parait difficile qu’un char puisse être moins émetteur de C02 qu’un Hummer, mais j’ai pas vu d’étude là dessus.

          PS : J’ai bien précisé dans mon post la pollution C02 et non pas le problème des particules que je ne nie pas. D’ailleurs, le problème des particules ne sera pas totalement réglé avec l’hybride.

        1 autres commentaires
  • Succédané
    Succédané
    Qui n'est pas mais pourrait l' (...)
    • Posté à 14h52 le 20/01/2009
    • Internaute 13938
      Qui n'est pas mais pourrait l' (...)

    D’une part, quand on sait que 60 à 80% du prix de revient d’une voiture est constitué de composants achetés chez des fournisseurs, et connaissant la pression sur les coûts, on s’aperçoit que les fournisseurs font fabriquer à l’étranger toutes les pièces à forte valeur ajoutée genre câbles électriques, housses de siège.
    Postez vous à l’entrée de Sochaux ou de Flins ou de Poissy et vous verrez une noria de camions venant de toute l’Europe ou des containers venant du Maghreb ; mais d’autre part les classes moyennes de tous ces pays achètent aussi des voitures fabriquées en France.
    La question de n’acheter que du « made in France » n’est pas simple à résoudre, et doit on aider les constructeurs comme on a aidé les banques c’est à dire à fonds perdus sur le dos du contribuable ? C’est le retour de l’éternel chantage à l’emploi !

  • TOUFIOU
    TOUFIOU
    LIBERTE EGUALITE FRATERNITE
    • Posté à 19h38 le 20/01/2009
    • Internaute 61807
      LIBERTE EGUALITE FRATERNITE

    une bonne solution pour la prime à la casse, soit d’un crédit d’impot ou une prime en % donc plus favorables aux moyennes et hautes gammes. solution de crise et provisoir. ou encore des prêt à taux Zéro.

    le but c’est que l’argent publique profite aux salariés Français.

    Mais dans le fond c’est plus du ressourcing qu’il nous faut , il faut que les prochains petits modéles soient fabriqués en France.

  • BYM
    BYM
    Etudiant
    • Posté à 20h02 le 20/01/2009
    • Internaute 66636
      Etudiant

    Votre théorie est fondée cependant si elle détruit certainement des emplois et en favorise davantage en europe de l’est, elle aide aussi en partie en France notamment pour toute les usines à qui les firmes automobiles sous-traite. Certes l’assemblage et la production complète des petits modèles n’est pas réalisée en France mais il est juste aussi de tenir compte des entreprises françaises qui fabriquent des pièces pour ces petits modèles. Ceci juste pour étayé un peu plus votre propos et pour qu’il n’y ait pas d’omission.

  • TARPON
    • Posté à 22h52 le 20/01/2009
    • Internaute 27263

    Nous sommes dans un marché mondial et on ne peut pas dire que les delocalisations soient responsables d’une baisse du niveau de vie en France,bien au contraire puisqu’elles permettent d’acheter à un cout concurrentiel ce qui ne pourrait l’etre en etant fabriqué en France.Sans ces delocalisations,l’industrie française de l’automobile aurait disparu et les emplois avec.
    C’etait il y a 30 ans que les politiques devaient se preoccuper de remplacer tous ces emplois en puissance d’etre perdus ,mais le dirigisme d’etat est tel en France qu’on a tué les plus belles inititiatives privees .Aujourd’hui,comme hier ou avant hier on bouche des trous.Soyez convaincus que beaucoup de français preferent acheter une Logan et remercient les slovenes de le faire pour eux à moindre cout.

  • Pépé61
    Pépé61
    Enterré vivant
    • Posté à 23h18 le 20/01/2009
    • Internaute 31199
      Enterré vivant

    En résumé :
    - en France, on fabrique des modèles actuellement invendables sur notre marché intérieur.
    - les économies réalisées grâce à la délocalisation permettent aux constructeurs de booster les ventes en France grâce à l’extension de la prime à la casse.
    - Les ventes actuelles ne sont que l’anticipation de ventes qui auraient eu lieu plus tard, donc baisse encore pire du marché dans les mois et années qui viennent.
    - Injection de fonds d’état pour tenter d’éviter les licenciements massifs normalement inévitables compte tenu de la structure actuelle de production nationale.
    - Un des plus grands constructeurs mondiaux (Toyota) vire du personnel, et dorénavant être dirigé par le petit-fils du fondateur.
    - Les 3 grands constructeurs américains commencent à envisager simplement la faillite, histoire de se débarrasser de leurs régimes internes de retraite et de sécurité sociale.

    Dans ce contexte, dire que l’auto ne va bas très bien est vraiment un très très doux euphémisme.

  • France Fabay
    France Fabay
    créatrice d'entreprise
    • Posté à 23h22 le 20/01/2009
    • Internaute 56461
      créatrice d'entreprise

    Je suis un peu perplexe à l’idée, terriblement conservatrice, qu’on préfère renoncer à stimuler un progrès écologique, au motif que les entreprises françaises ne sont pas aussi performantes que les concurrents étrangers en matière de voitures moins polluantes. C’est un peu comme se battre pour que les gens continuent à fumer, au motif que l’arrêt du tabac détruit des emplois.

    Je serais plus encline à me demander pourquoi les constructeurs français n’ont pas développé ces voitures moins polluantes, et surtout comment ils peuvent combler ce retard... investir dans l’innovation, ça leur donnera matière à faire travailler au moins quelques-uns de leurs gens qui sont arrêtés faute de commandes.

    Par ailleurs bien sûr, ça n’empêche pas qu’on peut aussi se demander si la prime à la casse est un bon moyen ou pas d’atteindre le but de réduction de la pollution.

  • France Fabay
    France Fabay
    créatrice d'entreprise
    • Posté à 23h22 le 20/01/2009
    • Internaute 56461
      créatrice d'entreprise

    Je suis un peu perplexe à l’idée, terriblement conservatrice, qu’on préfère renoncer à stimuler un progrès écologique, au motif que les entreprises françaises ne sont pas aussi performantes que les concurrents étrangers en matière de voitures moins polluantes. C’est un peu comme se battre pour que les gens continuent à fumer, au motif que l’arrêt du tabac détruit des emplois.

    Je serais plus encline à me demander pourquoi les constructeurs français n’ont pas développé ces voitures moins polluantes, et surtout comment ils peuvent combler ce retard... investir dans l’innovation, ça leur donnera matière à faire travailler au moins quelques-uns de leurs gens qui sont arrêtés faute de commandes.

    Par ailleurs bien sûr, ça n’empêche pas qu’on peut aussi se demander si la prime à la casse est un bon moyen ou pas d’atteindre le but de réduction de la pollution.

  • Utilisateur désinscrit à sa demande le 2 janvier
    • Posté à 02h29 le 21/01/2009
    • Internaute 42903
      nc

    ce que j’ai pu voir dans les R&D , ils vont construire des nouveaux moteurs essence qui consomme 3 fois moins que les diesels actuel .
    cette strategie va être appliquée a tous les constructeurs , la voiture électrique n’est pas pour l’instant la solution , son bilan carbone dépasse celui de certaine voiture a moteur essence .surement que cette technologie va pouvoir relancer l’emploi dans l’automobile français .

    wait and see.

    • gribouillemoqueur
      • Posté à 09h52 le 21/01/2009
      • Internaute 36141

      Les économistes avaient déjà alerté les pouvoirs publics sur le fait que le système du malus/bonus favorisait déjà les petites citadines fabriquées à l’étranger. C’était dèja un beau cadeau fait aux constructeurs français. Aujourd’hui, on recommence avec cette prime à la casse et je ne parle pas de cette réunion à Bercy, hier, pendant laquelle le gvt a proposé de rajouter 5 milliards au pot.
      Ca donne l’impression, que nos valeureux industriels ne savent pas vivre tout seul sans le soutien de l’Etat.
      On peut tout à fait admettre que la crise actuelle est d’ampleur exceptionnelle et qu’elle se double d’une crise structurelle sur la voiture du futur. Elle ne justifie pas pour autant ces milliards pour une industrie qui pendant une bonne vingtaine d’années a accumulé bénéfices et réserves financières.
      Pourrait-on les soupçonner d’opportunisme et d’avidité sous motif de flèchissement de leurs marges face à un Etat bien naïf de les croire en grande difficulté ?
      Cette industrie n’aurait donc plus un sou du jour au lendemain pour faire face à quelques années difficiles et financer ses investissements sans l’aide du contribuable ?
      Je crois sérieusement qu’avant de donner le moindre sou, il serait nécessaire d’effectuer un audit sur la santé financière de la branche automobile afin qu’elle assume aussi ses propres responsabilités et qu’elle cesse ses larmes de crocodile.
      On aurait probablement quelques surprises..........

  • Les Grands Champs
    Les Grands Champs
    Retraité, le doigt là où ça (...)
    • Posté à 10h16 le 21/01/2009
    • Internaute 61722
      Retraité, le doigt là où ça (...)

    Il y a une C7 chez Citroën ? !
    Je ne l’ai pas vue au catalogue.
    Cela passe de la C6 à la C8.

    • Bruno Rèbufie
      Bruno Rèbufie répond à Les Grands Champs
      Auteur(e) de l'article Logisticien
      • Posté à 00h47 le 23/01/2009
      • Internaute 3870
        Logisticien

      C’est un raté de saisie, il fallait lire 407 et non C7.

      Désolé.