15/07/2008 à 17h28

Peck : « Si on veut parler du pouvoir, il faut passer par l'ENA »

Olivier De Bruyn | Journaliste

(De nos archives)

Les (premières) années Mitterrand et les illusions perdues. Une grande école de la République (l’ENA) avec ses codes et ses ambitions. Une promotion dorée où s’illustrèrent Royal, Hollande et Villepin… Sur le tournage de « L’Ecole du pouvoir », téléfilm ambitieux de Raoul Peck, les ambiguïtés d’une époque sont passées au crible.

Paris, un jour de printemps. A deux pas de musée d’Orsay, une maison bourgeoise (forcément bourgeoise) du VIIe arrondissement est transformée en plateau de tournage. Une équipe de techniciens s’y affaire depuis les premières heures de la matinée, et installe câbles, caméras, écrans de contrôle…

La journée de travail sera consacrée à une scène intimiste, où l’équipe se faufilera dans les couloirs exigus d’un appartement provisoirement abandonné par ses habitants. Puis à une séquence en extérieur, où une trentaine de figurants donneront l’illusion d’une foule en liesse. Les assistants gèrent un planning serré (à peine deux mois de travail pour trois heures de film).

L’époque : les derniers feux du giscardsme, l’élection de Mitterrand

Un tournage comme les autres ? Pas vraiment. Produit par et pour la télévision (Canal + et Arte), « L’Ecole du pouvoir » relève du projet atypique, ambitieux, potentiellement polémique. Le sujet : la promotion Voltaire de l’ENA, où s’illustrèrent, entre autres, de jeunes inconnus qui n’allaient pas le rester longtemps.

Parmi eux, Ségolène Royal, Dominique de Villepin, François Hollande, Frédérique Bredin… L’époque : les derniers feux du giscardisme, l’arrivée au pouvoir de la gauche, l’élection de François Mitterrand et la croyance collective en des lendemains qui chantent plus juste.

Le téléfilm, divisé en deux parties de une heure et demie (diffusion les lundi 19 et 26 janvier sur Canal+), dessine le portrait d’une génération en son temps, avec ses espoirs bientôt rongés par les biens connus principes de réalité.

En fil rouge : la radiographie d’une « grande école » de la République, le jeu inévitable de l’ambition et du pouvoir, l’analyse du formatage « inévitable » des « élites ». Derrière la caméra : Raoul Peck, ex-ministre de la Culture dans son pays natal (Haïti). Un cinéaste expert dans les fictions aux prises avec les tumultes du monde (« L’Homme sur les quais », « Lumumba » ou « Sometimes in April », sur le Rwanda).

L’intrigue mêle fiction et faits réels

Initialement, le film aurait dû être réalisé par l’Anglais Peter Kosminsky, auteur, entre autres, des « Années Blair ». Des problèmes insolubles de planning en ont décidé autrement. Et les producteurs de « L’Ecole du pouvoir » (Hervé Chabalier et Claude Chelli, de Capa) ont finalement confié le film à Raoul Peck, dont les compétences pour ce genre de projets, vu sa filmo, ne font évidemment aucun doute. (Voir la vidéo.)



Fiction ou pas ? Personnages authentiques ou non ? Acteurs pastichant leurs prestigieux modèles ou refusant le mimétisme ? Depuis le début de la matinée, l’équipe de tournage, échaudée par un papier publié le week-end précédent dans les colonnes du « Figaro », insiste trois fois plutôt qu’une.

Oui, le téléfilm s’inspire en partie d’événements réels. Oui, son scénario repose, en amont, sur un volumineux travail d’enquête auprès des membres des différentes promotions de l’ENA. Oui, on reconnaîtra ici ou là des caractéristiques rappelant telle ou telle personnalité.

Pourtant, assène-t-on aux journalistes en visite, « L’Ecole du pouvoir » relève à 100% de la catégorie « fiction » et ne cherche en aucun cas à coller aux basques du « vérisme » ou, pire encore, de l’anecdote people. Le dessein du film ? Plus universel, confie Raoul Peck. (Voir la vidéo.)



Pour mener à bien son projet, le metteur en scène a dû résoudre un problème plus épineux que les autres : celui du casting. L’ampleur du téléfilm et son ambition ne laissaient personne indifférent dans le milieu des jeunes comédiens du cinéma français. Beaucoup de (prestigieuses) candidatures spontanées, donc.

Oui, mais voilà : fidèle à ses habitudes et à son exigence, Peck ne cherchait pas des « noms », mais des acteurs, des vrais, susceptibles d’incarner les contradictions de leur personnage respectif. Résultat : pas de recrutement sur CV, mais des essais pour tout le monde.

A l’arrivée, une distribution composée de comédiens passionnés par les thèmes du film et la « méthode » Peck. Parmi eux, Robinson Stévenin, Thibault Vinçon (« Les Amitiés maléfiques », d’Emmanuel Bourdieu), Céline Sallette (« Le Grand Alibi », de Pascal Bonitzer) ou Elodie Navarre. Pour les jeunes acteurs, ce tournage ne ressemble visiblement à aucun autre. (Voir la vidéo.)



Milieu d’après-midi. A toute allure, les techniciens abandonnent l’appartement confiné où l’on tourne depuis le matin. Destination : le coin de la rue, où il s’agit, en un minimum de temps, de reconstituer un des moments clés de la mythologie mitterrandienne, la visite au Panthéon, le 21 mai 1981.

Relookés selon les critères de l’époque, les comédiens s’agglutinent avec les figurants derrière des barrières de sécurité. Circulation (plus ou moins) bloquée dans la rue. Mise en place rapide. Peck enchaîne quelques prises.

Une heure plus tard, la scène est dans la boîte, comme on dit. Le cinéaste et ses acteurs enchaînent avec les préparatifs pour les séquences du lendemain. Encore des histoires de pouvoir, de désillusion et de politique… Attente fébrile de découvrir le résultat sur un écran, même petit.

Vidéos : David Servenay

L’Ecole du pouvoir De Raoul Peck - avec Robinson Stévenin, Elodie Navarre, Céline Sallette, Thibault Vinçon, Valentin Merlet, Emilie Deville… - les lundis 19 et 26 janvier à 20h50 sur Canal+.

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  • zénon denon 84
    • Posté à 17h37 le 15/07/2008
    • Internaute 30028
      Bonne

    Tout un poème :
    « L’Ecole du pouvoir “
    ça sert à cela l’école ,Diable que voila
    une drôle de conception de ce que nous
    pensions etre :
    , L’école du savoir ,
    A bon entendeur...

    • pablico
      pablico répond à zénon denon 84
      À la porte d'un sourd, 
un jour (...)
      • Posté à 19h56 le 15/07/2008
      • Internaute 14278
        À la porte d'un sourd, 
un jour (...)

      ce qui veut dire que le Pouvoir s’apprend. Alors que l’on pensait qu’il se prenait, que c’était quelques fois héréditaire, que le pouvoir était inné.

      Le pouvoir s’apprend comme une table de multiplication, ou une poésie.
      Là je crains le pire avec les élèves médiocres, et les bachoteurs.

      dérision, déraison... devant le pouvoir.

      • FabiendeMénilmontant
        FabiendeMénilmontant répond à pablico
        journaleux - blogueur
        • Posté à 12h58 le 19/01/2009
        • Internaute 14145
          journaleux - blogueur

        à peine héréditaire… à peine, pablico.

        dans cette « fiction », pour ne pas risquer de procès, tu ne verras pas Dominique de Villepin. mais il est représenté par un personnage dont le quasi-homonyme (ancien énarque, cela va de soi), actuellement patron de Vinci, a siégé au même conseil d’administration que Xavier de Villepin, ancien sénateur et père d’icelui (père de trois énarques, au demeurant).

        de même que l’actrice qui joue le rôle de Ségo a beaucoup emprunté à Guigou, pour éviter de faire trop de Royal…

  • bibousiq
    • Posté à 18h41 le 15/07/2008
    • Internaute 3095

    Malheureusement, école qui n’est pas ouverte à tous....
    Autre point négatif : ça passera sur Canal...en crypté ! Snif !

    • David Servenay
      David Servenay répond à bibousiq
      Ex-Rue89
      • Posté à 19h19 le 15/07/2008
      • Internaute 8946
        Ex-Rue89

      Puis sur Arte, co-producteur, en clair.

      Un peu plus tard...

  • kafka1
    kafka1
    AR
    • Posté à 19h23 le 15/07/2008
    • Internaute 47640
      AR

    je me demande si la diète des fonctionnaires touchera l’ENA.

  • Asse42-
    Asse42-
    Royaliste engagé contre le N.O.M (...)
    • Posté à 19h49 le 15/07/2008
    • Internaute 25124
      Royaliste engagé contre le N.O.M (...)

    D’un autre côté l’ENA propage quand même des valeurs républicaines.
    C’est mieux que d’être gouverné par un avocat sans valeur par exemple...

    • tooms4444
      tooms4444 répond à Asse42-
      p'tit con
      • Posté à 10h13 le 16/07/2008
      • Internaute 41634
        p'tit con

      « Normalement », on dit « sans valeurS »... mais les temps changent, vous avez raison...

      • screugneugneux
        screugneugneux répond à tooms4444
        râleur-NRV
        • Posté à 17h27 le 16/07/2008
        • Internaute 43534
          râleur-NRV

        tooms,
        vous avez raison, mais la nature du personnage fait que les deux acceptions sont valables, voir, elles se complètent....

  • Gandijyn
    • Posté à 20h55 le 15/07/2008
    • Internaute 30465

    Les politiques, objets de manipulation par le Pouvoir en place ! ... Ces jeunes énarques, autant motivés sont-ils et fougueux, sont pareils aux militaires qui s’engagent à 17 ans ! ... Ils n’ont pas la pleine conscience de leur acte, et découvre, au jour le jour, que tout peut basculer... jusquau jour où ils doivent se sacrifier pour une cause Nationale, dont ils ne maîtrisent rien ... aucun des rouages, aucune des décisions, aucune des conséquences...

    Oui les Ennarques sont des comédiens... je préfère ceux de l’art... au moins, ceux-là reste en virtuel, et ne peuvent blesser trois générations entières...

  • Gandijyn
    • Posté à 20h57 le 15/07/2008
    • Internaute 30465

    Les politiques, « objets de manipulation », marionnettes par le Pouvoir en place ! ... Ces jeunes énarques, autant motivés sont-ils et fougueux, sont pareils aux militaires qui s’engagent à 17 ans ! ... Ils n’ont pas la pleine conscience de leurs actes, et découvrent, au jour le jour, que tout peut basculer... jusquau jour où ils doivent se sacrifier pour une cause Nationale, dont ils ne maîtrisent rien ... aucun des rouages, aucune des décisions, aucune des conséquences...

    faire autant d’études pour savoir en fin de vie, et réaliser qu’on a servi à pas grand-chose, sinon, faire plaisir au Chef de l’Etat, quelque soient les partis.

    Oui les Ennarques sont des comédiens... je préfère ceux de l’art... au moins, ceux-là reste en virtuel, et ne peuvent blesser trois générations entières...

  • vol19
    • Posté à 22h00 le 15/07/2008
    • Internaute 13492

    Tristes années 80, vraiment... Déjà la révolution conservatrice Reagano-Thatcherienne en marche, à vous dégoûter du concept de souverainté nationale... Et déjà le « divin marché » et sa mondialisation qui allait faire incidement disjoncter le bloc de l’Est et conclure la deuxième guerre mondiale. Qu’avons nous vu à ce moment-là ? Créer un oasis plus juste, le « changement »...

    Dans les vidéos, intéressantes remarques : Peck sur le politique « la vie est un rapport de forces perpétuels, à partir du moment ou l’on est en société ». Le politique est « au “centre” du rapport de force ». M. Peck nous parle de sa vision, au fait est-ce que c’est vrai partout et tout le temps ? Le monde est -il inéluctuablement amené à être divisé entre « baiseurs » et « baisés », dominants et dominés,discours du même, la vision « anale » en terme Freudien.

    Probablement Dumezil le pensait, l’inventeur des « trois ordres » chez les Indo-européens (Prêtres, guerriers,producteurs)... Pas facile dans ces années 80, les dieux ont changé... Difficile de reconnaître que nous modernes, les vieilles histoires, les vieux mythes nous concernent encore. Peut-être parceque nous ne sommes pas si modernes ?

    Intéressante également sur les vidéos, la remarque d’un comédien à propos d’un texte qui reviendrait souvent : « L’Etat est plus fort que tout, un Enarque ne fait pas de politique, il apprend à servir l’Etat ». Comme si pour un Enarque, au fond, l’Etat est un sacerdoce. Dumézil, souligne quelques différences chez les Indo-Européens. Par exemple Rome fait descendre les dieux sur terre. Comment devient-on dieu ou médiateur entre la terre et les dieux... Affaire de Saint-Esprit des Lumières...c’est à dire les concours, la rhétorique, la technocratie...puis le suffrage universel « citoyen », et problament comme jamais les médias, l’espace télévisuel, le « télégénisme ». Le mythe de l’Enarque politicien (une minorité d’entre-eux) a sans doute surfé sur des conjugaisons de religions anciennes et nouvelles. Hélàs, dans ces années 80, la religion des Lumières le paradigme de la technocratie a décliné au profit d’autres religions, pas même la production, mais la finance, l’image, la com putassière...

    Par ailleurs, on n’apprend peu à l’ENA, la négociation, ni la complexité, le faire avec autrui (ce que revendiqua la promotion Mendela), mais davantage le paradigme de la persuasion, de la rationalité technocratique.

    Pour tout vous dire dans les années 90, j’ai du être convié à un entretien avec le directeur des Etudes de l’ENA sur l’introduction des sciences humaines, la négociation dans le cursus. Déjà le marketing,me disait-on, le concept d’usager posait problème aux étudiants. On me raconta que le moindre petit détail d’un enseignement ou d’une étude de cas pouvait rapidement être tourné en ridicule par les élevès sur des questions annexes (tel service n’existe pas vraiment etc..). Les « défenses » étaient importantes, bref, ce n’était pas tâche facile. Pour avoir vu, ce qui se passait, ailleurs, nous pourrions émettre l’hypothèse que ce type de réflexion allait à l’encontre des valeurs instituantes. Au fond, tout celà s’inscrit bien dans les jouxtes oratoires du modèle social de l’aristocratie, et peut-être bien au final d’une division peut-être toujours résurgente de la société en trois ordres. dans les années 80, L’iconisation du président « dieu » et de l’homme d’affaire self made-man Bernard Tapie ne sont peut-être pas étranger à cette période ? Celà veut-il dire comme le soutient le premier ministre que la gauche à « définitivement perdu idéologiquement » ? et que nous allons assister impuissant aux fractures devenir béances, castes ? Il est bien à craindre que nous rentrions pour des décennies, dans des années bien sombres en France...

    • tooms4444
      tooms4444 répond à vol19
      p'tit con
      • Posté à 10h17 le 16/07/2008
      • Internaute 41634
        p'tit con

      « Comme si pour un Enarque, au fond, l’Etat est un sacerdoce », ben oui quoi : je n’en veux pour preuve que les transferts, à l’occasion de « l’ouverture » du gouvernement Fillon.

  • into the wild
    into the wild
    homosapien erectus idioteuh..
    • Posté à 08h18 le 16/07/2008
    • Internaute 47831
      homosapien erectus idioteuh..

    Qui manipule qui ? manipule qui ? ...
    L’E.N.A machine a fabriquer des robots dépourvus d’empathie, d’amour de compassion pour leurs prochains , seul compte le réalisme l’efficacité (j’en doute !) le manichéisme , lobbying le POUVOIR..
    Et comme tout malades qui se respecte, n’admettent pas qu’ils sont comme cela..
    LOVE..

  • Lentilledefresnel
    • Posté à 10h59 le 16/07/2008
    • Internaute 32870

    Un Enarque c’est aussi la garantie de l’emploi jusqu’à la retraite et l’impossibilité de voir son salaire régresser. Le ministère des finances regorge d’incapables inutiles placardisés avec des rémunérations pour certains odieuses, dans le seul souci de les rendre inoffensif en ne leurs confiant plus ou pas de responsabilités. Il y a dans ce corps administratif une totale absence de « notion de responsabilité ». Cette absence est tellement flagrante qu’un Enarque est dans l’incapacité de comprendre la remarque. Mais comment pourrait-il en être autrement puisque la notion de sanction n’existe pas !

  • Zervé
    Zervé
    stable ?
    • Posté à 15h07 le 16/07/2008
    • Internaute 47865
      stable ?

    Il y a certainement pas mal de blagues sur l’ENA ; j’aime bien celle-ci qui circulait de boite en boite il y a quelque temps (je l’ai reçue d’un copain fin 2000) :

    LES RAMEURS DE L’ENA

    Les chroniques racontent qu’en 1994 aurait eu lieu un challenge d’aviron entre l’équipe de rameurs de l’ENA et ceux d’une université lambda de « Province ». Les rameurs de l’Université brillèrent dès le départ, et arrivèrent avec une heure d’avance sur l’équipe Enarque...

    De retour dans les locaux de l’ENA, le Comité de Consultation se réunit pour analyser les raisons d’un résultat si imprévu et déconcertant.
    Leurs conclusions furent les suivantes :
    1) L’équipe universitaire était formée d’un chef d’équipe et de 10 rameurs...
    2) L’équipe de l’ENA était, elle, constituée d’1 rameur et de 10 chefs d’équipe.
    La décision fut portée a la sphère de planification stratégique pour l’année suivante, avec une réforme dont les répercussions se feraient ressentir a tous les niveaux de la délégation.

    En 1995, lors du départ du nouveau challenge, l’équipe universitaire reprenait une fulgurante avance. Cette fois-là, l’équipe Enarque arrivait avec 2 heures de retard...
    La nouvelle analyse du Comité de Consultation rendait les constatations suivantes :
    1) Dans l’équipe universitaire, il y avait 1 chef et 10 rameurs.
    2) L’équipe de l’ENA, suite aux reformes décidées par le Comité de Consultation et approuvées par la haute sphère de planification, comprenait :
    * Un chef d’équipe
    * Deux assistants au chef d’équipe
    * Sept chefs de section
    * Un rameur
    La conclusion du Comité fut unanime et lapidaire : « Ce rameur est un bon a rien ».

    En 1996 se présentait une nouvelle opportunité pour l’équipe Enarque. En effet, le Département du Haut Management de l’ENA, en collaboration avec le Département de Recherche sur les Ressources Humaines de cette même école avaient mis au point une stratégie novatrice qui améliorerait sans aucun doute possible le rendement et la productivité, grâce à l’introduction de substantielles modifications dans la structure.
    C’était là la clef de voûte du succès, l’aboutissement ultime d’une méthodologie qui ferait pâlir d’envie même les meilleurs managers au monde...
    Le résultat fut catastrophique. L’équipe Universitaire arrivait cette fois avec 3 heures d’avance sur l’équipe énarque. Les conclusions furent effroyables :
    1) Dans un évident but de déstabilisation spéculative, l’équipe universitaire avait opté pour la formation traditionnelle : 1 chef d’équipe et 10 rameurs.
    2) L’équipe Enarque avait introduit une formation avant-gardiste :
    * Un chef d’équipe
    * Deux consultants Qualité
    * Un auditeur en empowerment
    * Un superviseur de downsizing
    * Un analyste de procédures
    * Un technologue
    * Un contrôleur
    * Un chef de section
    * Un technicien chronomètre
    * Un rameur

    Après plusieurs jours d’épuisantes réunions et autant de séances de Brainstorming, le Comité décidait de punir le rameur en lui supprimant ses bourses d’étude et en le radiant de l’Ecole, dont la Grandeur et Réputation risquaient de se voir ternies par une telle incompétence.

    Lors de la réunion de clôture, le Comité, appuyé par le corps enseignant, statuait :
    « Pour le prochain challenge, nous engagerons un nouveau rameur, mais par le biais d’un contrat d’Outsourcing, de manière a éviter toute friction syndicale et d’esquiver tout contrat de travail et charges sociales qui en découlent, éléments qui, sans aucun doute, ont jusque là dégradé l’efficacité et la productivité de nos ressources ».

    • marie 75
      marie 75 répond à Zervé
      • Posté à 12h50 le 17/07/2008
      • Internaute 3563

      excellent ! ! ! ! ! ! ! ! ! !

  • Jaycib
    Jaycib
    Désagrégé de l'Université
    • Posté à 17h41 le 16/07/2008
    • Internaute 37053
      Désagrégé de l'Université

    Se rappeler que la fondation de l’ENA date de bien avant les années mitterrandiennes ! C’est Michel Debré, premier ministre de de Gaulle, qui l’a mise sur pied. Et il y a eu bien des promotions antérieures à celle de Villepin, Hollande, Royal, etc.

    On n’en pas fait un tel battage, peut-être parce que les gouvernements étaient uniformément de droite ? Le but était de former une élite républicaine de commis de l’Etat. Tout comme Sciences Po, l’ENA a toujours attiré des gens de droite comme de gauche, ex. Jospin, parmi les non cités dans le téléfilm, apparemment.

    • DBL8
      DBL8 répond à Jaycib
      Retraité
      • Posté à 19h32 le 16/07/2008
      • Internaute 19562
        Retraité

      Juste une petite question :
      Quelle est la place à laquelle est arrivé « Royale » dans la promotion à laquelle elle appartient ?
      La bravitude vient-elle de là ?

      • infobs
        infobs répond à DBL8
        situationniste
        • Posté à 06h22 le 21/07/2008
        • Internaute 48192
          situationniste

        la place obtenue ne compte pas, ce qui compte, c est de pouvoir ajouter enarque dans son CV. dans une discussion vous faites taire 97% des gens si vous vous debrouillez pour dire que vous etes enarque. l enarchie c est l ecole de l intimidation...

  • Jean-Luc LUMEN
    Jean-Luc LUMEN
    en invalidité
    • Posté à 10h17 le 18/07/2008
    • Internaute 47198
      en invalidité

    Bonjour,

    Il y a quelques années, une scène d’un reportage sur l’ENA ma particulièrement marquée,
    - la scène des postes à pourvoir-


    Comme des « vendeurs de tapies » les esprits s’échauffaient, s’invectivaient.
    Humble, encore que, n’était que le dernier de la promotion.
    Sont pas tous hautains et méprisants, il y a bien par promotion 2 ou 3 qui se démarquent. Comme moi vous connaissez le sort de ceux qui se démarquent….de trop ?
    Question : Le teste de Stanley MILGRAM, est il intégré au processus d’admission à l’ENA

  • ET-tra
    ET-tra
    journaliste
    • Posté à 16h23 le 18/07/2008
    • Journaliste 48124
      journaliste

    Bonjour, je suis rédacteur en chef à Télérama.

    Je voulais attirer votre attention sur une intervention, dans nos colonnes (site internet), au moment où se tient le festival d’Avignon, de Bernard Faivre d’Arcier, à propos du rayonnement de la culture française à l’étranger. Cette tribune est accessible par ce lien :

    Lien

    Merci et bonne lecture.
    ET

  • infobs
    infobs
    situationniste
    • Posté à 06h18 le 21/07/2008
    • Internaute 48192
      situationniste

    l’ena a ete creee pour ameliorer le niveau de la haute fonction publique a la liberation. a mon avis, c etait une erreur, la fonction publique francaise a toujours ete de qualite et elle n avait pas besoin de cette ecole au programme fumeux qui a cree un esprit de caste. sait on seulement ce qu on enseigne a l’ENA ? comment se fait il qu aucun journaliste n ait jamais fait une enquete un peu serieuse sur le contenu de l enseignement, son utilite, sa valeur et sur l apport des eleves a la fonction publique ? et combien d anciens de l’ENA pantouflent aux frais du contribuable ? En outre la creation de l’ENA montre que nos sommes incapables de discerner nos elites dans la masse des hommes et femmes capable dans ce pays et que nous en sommes reduits a creer une ecole de plus pour alimenter les postes a pourvoir dans la fonction publique. Etre diplome de HEC, des Mines, avoir un doctorat en Droit, de l’X, cela ne suffit pas pour exercer de hautes fonctions publiques ? et pourquoi au lieu de pantoufler, nous ne faisons pas le chemin inverse et allons prendre parmi les meilleurs chefs d entreprise certains hauts fonctionnaires qui serviraient peut etre aussi bien sinon mieux la France, notamment sur le plan international ? L’ENA c est l ecole des gens qui manquent d’idees et se gargarisent de beaux mnots et de concepts bidons....

  • nemo3637
    nemo3637
    Déchoukeur
    • Posté à 13h40 le 19/01/2009
    • Internaute 44521
      Déchoukeur

    L’ENA a représenté à un moment donné le vivier nécessaire au recrutement de l’élite. Mais cette insitution a été victime d’une dérive bureaucratique emblématique du système étatiste français.
    En France pour être introduit il faut avoir parcouru un tracé de carrière donné et pas autre chose, avoir des diplomes et pas forcément des compétences avérées. Cette sclérose de l’Etat finit par créer une aristocratie inefficace et inutile.
    Ceux qui combattent l’Etat et le capitalisme ne peuvent qu’en tirer argument et se réjouir de cette dégénérescence.

  • Suppriméàlademandeduriverain17.02.09
    • Posté à 15h12 le 19/01/2009
    • Internaute 16256

    Vous aviez déjà passé ce sujet, pour le coup je me demande l’intérêt de faire vos propres archives ?

  • Numerosix
    Numerosix
    Prisonnier dans le village (...)
    • Posté à 15h17 le 19/01/2009
    • Internaute 14499
      Prisonnier dans le village (...)

    Moi , j’ avais tendance à critiquer les enarques , comme tout le monde , mais depuis l’avenement de Sarkozy et ses ministres dont beaucoup n’ ont pas fait l’ ENA , je pense malheureusement que les non -enarques au pouvoir, c’est encore bien pire que les enarques .

    • Yvon le Zébulon
      Yvon le Zébulon répond à Numerosix
      L'homme d'esprit n'est pas seul (...)
      • Posté à 10h05 le 20/01/2009
      • Internaute 65781
        L'homme d'esprit n'est pas seul (...)

      Je m’apprêtais à me lancer dans une longue diatribe au sujet des Enarques, Polytechniciens, Mines, et autres fruits des grandes écoles de la République, lorsque je suis tombé sur votre petit entrefilet (heureusement sélectionné car il serait passé inapercu).

      ....j’attends encore un peu, car ce que vous y dites me donne à réfléchir un peu plus avant d’intervenir.
      ......................................................................................................
      La morale de l’histoire :
      ° Il ne faut jamais partir bille en tête avant d’avoir pris connaissance de l’avis des autres !
      Pas de précipitation et limiter l’impulsivité.

      DONC JE TENTE UN BILAN COMPARATIF, et puis après, je me lance.....

  • iconoclaste07
    iconoclaste07
    chargé d'etudes stats
    • Posté à 16h50 le 19/01/2009
    • Internaute 59929
      chargé d'etudes stats

    L’ENA n’a jamais été mise en place pour sélectionner une élite mais pour lui donner une légitimité républicaine . L’élite n’a jamais eu besoin d’une école pour se reproduire. L’élitisme républicain est une vaste blague non pas à gogos mais à la classe moyenne « inférieure » pour qu’elle ne puisse pas se réclamer de cette élite. Cela s’est fait à un moment où on ouvrait les universités aux méritants et où il fallait fermer l’accès aux postes les plus élevés de la société à cette nouvelle classe moyenne . La légitimité a été donnée par la réussite au concours. Mais tout le monde connaît la manière dont se déroule le grand-oral qui sort de toutes les règles des concours administratifs. Il n’y a pas d’anonymat. Ce qui permet tout les passe-droits. C’est plus la « distinction “ chère à Bourdieu que les véritables capacités que l’on apprécie.

  • Changer la Republique
    • Posté à 16h41 le 19/01/2009
    • Internaute 9588

    Donner le pouvoir aux citoyens , en organisant le contre pouvoir citoyen/

    MODALITES

    Principes.

    1) ce contre pouvoir doit correspondre fidèlement à la hiérarchie institutionnelle et territoriale actuelle. A chaque niveau de décision, doit correspondre un contrepouvoir citoyen, en commençant par le niveau communal, cellule de base de la démocratie.
    2) La légitimité de ce contre pouvoir ne peut avoir la légitimité démocratique des assemblées élues qui seules, possèdent les pouvoirs de décision et de gestion politiques.
    3) Ce contre pouvoir citoyen doit être indépendant des pouvoirs élus ou administratifs.
    4) L’organisation de ce contre pouvoir citoyen entraîne la suppression du Sénat actuel et des Conseils Economiques et Sociaux.

    Constitution de ce contre pouvoir.

    1) Dans chaque commune est créée une Association de Citoyens regroupant les électeurs volontaires pour faire partie de contrepouvoir citoyen. Cet ensemble de citoyens volontaires formera le collège dans lequel seront tirés au sort les membres des diverses assemblées citoyennes, que nous appellerons « Chambre des Citoyens ».
    2) Chaque Chambre Citoyenne sera composée d’un nombre équivalent de membres à celui de l’assemblée élue correspondante. Commune ; autant que de conseillers municipaux. Département, autant que de conseillers généraux. Région autant que de conseillers régionaux. Au niveau national, l’assemblée citoyenne remplacera le Sénat nombre pour nombre.
    3) L’indépendance de chaque Chambre Citoyenne sera assurée par l’inscription automatique du financement de son fonctionnement dans le budget de la collectivité correspondante. Ce budget sera fixé par la loi à 30 % des seuls frais de fonctionnement de l’assemblée correspondante.
    4) Les membres des Chambres citoyennes (les tirés au sort) seront responsables et devront rendre compte annuellement de leurs activités et de leur fonctionnement devant les « associations de citoyens volontaires » communales.
    5) Un statut du « tiré au sort » sera établi, fixant le montant des indemnités de mandat, la charte éthique d’engagement et toutes autres mesure appropriées..)

    Compétences et responsabilités

    Ces fonctions correspondent aux compétences d’un contre pouvoir moderne autant fait d’investigation que d’information.

    1) Fonction de contrôle des pouvoirs institutionnalisés au niveau correspondant des assemblées citoyennes. Les exécutifs, les assemblées élues, les administrations, les organismes para publics. Dans cette fonction, les Chambres citoyennes seront assistés par les Cour des Comptes quand elles existent. ( niveaux national et régional). Elles seront en outre responsable du suivi des rapports de la cour des comptes. Les Chambre des Citoyens pourront créer des commissions d’enquête et d’investigation. Les Chambres des citoyens contrôleront la communication institutionnelle des différentes collectivités et en assureront la neutralité partisane.
    2) Fonction de proposition et d’avis. A ce sujet, les Chambres des Citoyens se substituent aux Conseils Economiques et sociaux qui sont supprimés. Elles en prennent la totalité de leurs compétences. (rapports, études, avis). Les chambres pourront déposer des propositions de décision, de règlement, des avis auprès des assemblées élues.
    3) Fonction de relais-citoyen. Les Chambres de Citoyens auront la gestion des pétitions citoyennes, des référendums d’initiative citoyenne, l’organisation des enquêtes d’utilité publique et leur suivi, auront le pouvoir de créer des comités d’experts indépendants,…seront le relais des demandes citoyennes d’intérêt général auprès, des pouvoirs publics.
    4) Fonction d’information des citoyens. Les Chambres des Citoyens, assureront le suivi et la bonne application de la loi de 1978 sur la transparence de l’action administrative et l’information des citoyens. (CADA), participeront ou géreront les débats publics sur les sujets de leur choix, assureront la diffusion des rapports publics réalisés par les institutions de la République. Cette dernière compétence est des plus importantes. Ce sont, en effet ces Chambres de Citoyens qui seront responsables de l’organisation des DEBATS PUBLICS. Ainsi sera résolue la question si controversée de ces comités d’experts et de commissions « théodule » assez obscurs.

    INSTALLATION DES CHAMBRES DE CITOYEN

    De fait les compétences des Chambres de Citoyens tournées vers la satisfaction du besoin de transparence et d’information du public nécessitent l’implantation dans chaque commune d’une Maison du Citoyen, bien sûr dimensionnée et adaptée à l’importance de la collectivité. Il n’en demeure pas moins , qu’un centre de documentation et e rencontres citoyennes nécessitent la concrétisation de lieux individualisés, gérés par les associations de citoyens respectives. Il est temps d’organiser pratiquement et techniquement un service public de la démocratie dans une sorte de guichet unique, léger et souple, au lieu d’obliger les citoyens à courir, déboussolés, toutes les administrations aux compétences aussi diverses qu’entremêlées.

    Voir ; Lien

  • chris galant
    chris galant
    53 ans,barman-chomeur, cancerise
    • Posté à 17h18 le 19/01/2009
    • Internaute 41893
      53 ans,barman-chomeur, cancerise

    impossible de telecharger le plugin
    QUELLE EST LA SOLUTION ?

    MERCI

  • Vuedechezmoi
    Vuedechezmoi
    utopiste
    • Posté à 20h26 le 19/01/2009
    • Internaute 63037
      utopiste

    L’ENA donne à l’évidence une ligne constante dans la manière de faire de la politique, le problème c’est lorsqu’il n’y a dans un gouvernement « que » des énarques ! cela donne ce qu’on a toujours vu dans notre pays : une pensée politique unique à tel point que même la gauche a adopté ce code de pensée. Les dégats du non pluralisme de la pensée se vérifie aujourd’hui. Quant à Sarko, non énarque, sa pensée est, et a toujours été, celle d’un homme d’ambition personnelle où le goût du pouvoir par le paraître prend le pas sur un vrai style politique. On parle de lui comme d’un « animal politique », ce qui en dit long sur ce qu’est devenu la politique : un rôle de mauvais théâtre...