Enquete sur l'industrie du disque 17/01/2009 à 18h16

Musique (2/4) : le réveil des majors

LesInrocks.com"


T-Pain aux American music awards à Los Angeles le 24 novembre (Phil McCarten/Reuters)

A l’occasion de l’ouverture du 43e Midem, Rue89 et Les Inrockuptibles s’associent pour une grande enquête en quatre volets sur l’industrie musicale française. Une semaine après la promesse d’iTunes de supprimer ses DRM, le point sur la mort annoncée du CD, le combat des majors pour survivre, les nouveaux acteurs et la musique bientôt gratuite.

Internet a profondément déstabilisé l’industrie de la musique. « Les majors ont vraiment manqué de vision, elles n’ont pas du tout compris ce qui était en train de se passer », juge Vincent Demarthe, manager de Rohff et ancien d’EMI : « Les maisons de disque ont très vite considéré Internet comme un ennemi, ce qui leur a fait prendre 7-8 ans de retard. »

Mais depuis quelques années, l’industrie s’est réveillée et multiplie les initiatives pour sortir la tête de l’eau : « Nous ne sommes pas endormis. Le taureau est arrivé, il a fallu le prendre par les cornes », rigole Pascal Nègre, PDG d’Universal Music.

Sus aux pirates, encourageons
le téléchargement légal

Déjà, en encourageant le vote du projet de loi Création et Internet, ou loi Olivennes. La loi devrait être examinée en mars à l’Assemblée nationale. Son vote débouchera sur la création de la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) qui contrôlera et punira, selon un mécanisme de « riposte graduée », les internautes qui se livrent au téléchargement illégal en peer to peer. « On attend beaucoup de cette loi », assure Hervé Rosny, le président du Syndicat du disque (Snep). « On a déjà perdu beaucoup de temps. Plus le temps passe, plus le sentiment d’impunité grandit. »

Pour certains, la loi aura peu d’impacts. Trop tard. « La loi contre le piratage est complètement obsolète, parce qu’elle ne peut s’appliquer qu’au P2P », explique Borey Sok, blogeur spécialiste de la musique 2.0. « Or, aujourd’hui, on télécharge de plus en plus en megaupload. » Sur les serveurs de newsgroups et sur les sites de stockage comme RapidShare, il est en effet impossible de connaître l’adresse IP des utilisateurs. Impossible de les identifier, et donc, impossible de les punir.

La seule véritable option pour les majors reste donc d’encourager le téléchargement légal. La suppression des mesures anti-copie, une partie des DRM (Digital rights management), annoncée notamment par Apple début janvier, devrait pouvoir y contribuer. La levée de ces verrous numériques permet le partage de fichiers téléchargés légalement : « On ne pourra plus dire que l’offre légale est moins agréable à utiliser », commente Hervé Rosny.

Les vidéos monétisées

En plus du téléchargement légal, les acteurs de l’industrie musicale cherchent de nouvelles sources de revenus. Premier front : la monétisation des contenus vidéos.

Jusqu’à fin 2008, les maisons de disque ont vu leurs revenus vidéo fuiter vers d’autres acteurs, comme YouTube ou Dailymotion. Le temps où les quatre majors, Universal Music, Warner Music, Sony BMG et EMI, n’étaient que très modiquement rémunérées sur ces vidéos est révolu. Fin décembre, Warner a demandé à YouTube de retirer les clips de ses artistes, au terme de leur contrat de licence.

Les majors auraient plusieurs projets : conclure un partenariat avec la plateforme de séries et films Hulu.com, et créer leur propre site de clips vidéo. Universal a déjà créé Alloclips, en partenariat avec Allociné, en octobre dernier.

Pour Borey Sok, « les maisons de disque ont compris qu’il fallait changer et s’adapter comme un média à part entière ». Et qu’il fallait s’adapter aux nouveaux acteurs du marché de la musique. Elles ont signé des accords avec SFR, MySpace, Deezer...

« Nous travaillons main dans la main avec les majors », explique Olivier Hascoat, le DG de MySpace France. « Elles viennent nous voir pour mettre du contenu en avant, faire des exclusivités. Nous avons un échange amical, et chacun fait son métier. »

La stratégie 360°

Deuxième initiative : le développement de « stratégies 360° ». Les majors gagnent de moins en moins d’argent sur la vente de CD, mais de plus en plus sur l’ensemble des autres activités de l’artiste : édition, tournées, produits dérivés et publicité.

Les partenariats avec des marques, appelés « endorsement », sont de plus en plus courants. U think ! , l’agence conseil d’Universal Music France, dédiée aux partenariats entre artistes et marques, a orchestré, entre autres, l’association du DJ Martin Solveig au lancement de la nouvelle Ford Fiesta, à l’automne 2008.

La musique live, qui se porte bien, devient une autre manne financière pour les maisons de disque qui rachètent tourneurs et salles : Universal a racheté l’Olympia dès 2001. En 2008, Sony BMG s’est emparé d’Arachnée Productions, Warner de Jean-Claude Camus Productions. Le label indépendant Because Music a, lui, pris le contrôle de l’organisateur Corida et de trois salles de concert. Pour Vincent Demarthe, manager du rappeur Rohff :

« Les maisons de disque doivent apprendre à devenir des structures polymorphes, capables de tout faire pour la commercialisation de l’artiste. »

Michel Pampelune, fondateur du label indé Fargo, tempère :

« Je ne crois pas trop aux contrats 360. Organiser des concerts, c’est une activité aussi risquée que de produire des disques. En dehors de la grosse cavalerie, pour un artiste peu ou pas connu, il faut autant d’énergie et de moyens pour emmener les gens voir un concert que pour les convaincre d’acheter un album. »

Promo de proximité

Enfin, grâce aux possibilités du web 2.0, les acteurs traditionnels de l’industrie de la musique ont commencé à développer des outils de promotion sur Internet. Les maisons de disque ont investi les réseaux sociaux, offrant la possibilité d’une relation privilégiée entre l’artiste et son fan.

Marketing direct, emailing et autres newsletters permettent de fidéliser une communauté d’amateurs. Des fans que l’on sollicite le moment venu pour acheter les dernières sorties. On leur propose même les albums en pré-vente. « C’est flatteur pour le fan, et en même temps, ça le fidélise », explique Vincent Demarthe, qui a organisé un partenariat entre le rappeur Rohff et la plateforme Attention musique fraîche de l’opérateur SFR :

« On a tout mis sur Internet. On va cliper tout l’album. Les gamins découvrent les titres en exclusivité, avant le passage en radio. »

Les maisons de disque vendent désormais la musique de l’artiste et son univers : boutique en ligne des produits dérivés, catalogues en téléchargement payant, vidéos exclusives... « On sollicite de plus en plus les artistes pour qu’ils génèrent du contenu : des live, des sessions acoustiques », raconte Alan Gac.

Dans ce nouvel environnement, les maisons de disque se débattent pour survivre, persuadées de leur légitimité : « Il y a une vraie naïveté de croire qu’Internet construit une carrière », constate Hervé Rosny. Selon lui, Internet ne permet que de découvrir, de faire du buzz.

Pour Michel Pampelune, « un label, c’est une identité, une réputation, une expertise. » Pascal Nègre confirme : « Un producteur, ce n’est pas un gars qui fait un chèque, c’est un coach, quelqu’un qui croit en un artiste et va lui donner des moyens. »

Photo : T-Pain aux American music awards à Los Angeles le 24 novembre (Phil McCarten/Reuters)

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  • DBL8
    DBL8
    Retraité
    • Posté à 19h39 le 17/01/2009
    • Internaute 19562
      Retraité

    La dernière phrase est MDR ! !
    Dire que les producteurs donnent les moyens aux artistes ... ceux qui sont connus, car les autres... rien, qu’ils ce débrouillent ! !
    Il y a peu, un artiste c’est fait connaitre par la toile en ayant un CD de produit, ce n’est pas les produc qui lui ont donné les moyens ; pourtant il les avait contacté.
    Un autre produc c’est rendu-compte qu’un stagiaire avait signé chez un concurrent car là ou il était en stage il n’avait « même pas écouté » sa maquette.
    C’est vrai qu’ils ont pris 7/8 ans de retard, et le taureau par les cornes ... MOUARFFF ! ! !
    Maintenant que les internautes ont pris des habitudes ... d’autant plus que si l’on paie tout un CD téléchargé il revient presque aussi cher qu’un acheté.
    Prenez moins de fric sur le dos des artistes, moins de 10% pour « TOUS » les artistes ayant participé à l’élaboration d’un CD ! ! Le reste, ou va-t-il ?

  • thoughtthrow
    • Posté à 19h55 le 17/01/2009
    • Internaute 17515

    Et voilà, faites de moi un criminel... le nombre de cds que j’ai d’abord téléchargé pour la découverte et acheté ensuite !
    Il est vrai que lorsqu’on met sur l’artwork du cd des pubs pour sonneries de téléphone, j’ai tendance à boycotté le label qui fait ça (je vais quand même pas acheté une pub !). Mais qui fait ça ? Hé bien les majors pardi ! ! !
    Et les majors qui achètent les tourneurs.... revoilà la catastrophe. Ils y appliquent la même logique que celle appliquée sur les labels indés qu’ils ont rachetés dans les années 90. Gros contrats pour des artistes dit sûrs, augmentations des prix, diminutions de l’offre et de la qualité et accusation des amateurs de musique qui se passeront d’eux pour assurer leur passion...

  • General Subverciòn
    General Subverciòn
    viva Makhnovchtchina
    • Posté à 20h18 le 17/01/2009
    • Internaute 47117
      viva Makhnovchtchina

    Megaupload et rapidshare,c’est payant...donc payer pour télécharger du contenu volé sans être détecté,ça ne dérange personne....Surement que les majors ne s’intéressent pas à ça et préfèrent taper sur les petits voleurs à deux balles du p2p et au passage,on peut aussi controler le web,s’accaparer son économie et censurer tout ce qu’on veut...,c’est bien plus médiatique de se faire passer pour une victime alors qu’on est un gros requin qui engrange des bénéfices monstrueux au détriment des artistes.C’est franchement minable...vivement qu’ils coulent tous ces vautours...Vive Tor et vive Freenet

    • Nobody
      Nobody répond à General Subverciòn
      hu ?
      • Posté à 20h43 le 17/01/2009
      • Internaute 54554
        hu ?

      Et c’est aussi une preuve que les pirates son prêt à payer pour voir des films, écouter de la zik ou jouer.

      • Un vieux
        Un vieux répond à Nobody
        retraité
        • Posté à 22h18 le 17/01/2009
        • Internaute 38946
          retraité

        Certainement... ! ! !

        Le téléchargement P2P permet d’écouter des .mp3 et de voir des .avi, donc de se faire une meilleure idée de ce que l’on va acheter (trop) cher... Mais quand on aime, on ne compte pas... et la même chose en .wav et .mpeg2 ou 4, c’est tout de même autre chose...

        Et je suis loin d’être le seul dans ce cas... Le jour où je ne peux plus essayer, je n’achète plus, c’est simple... Mon budget ira vers les marchands de têtes de lecture et je sortirai mes vinyles plus souvent... Il y a aussi les bandes magnétiques...

    • Peureux anonyme
      • Posté à 23h33 le 17/01/2009
      • Internaute 24415

      Erreur : megaupload et rapidshare ont chacun une version gratuite qui limite le nombre de mégaoctets à télécharger par heure. Ces limites sont significatives pour la vidéo, pas pour l’audio.

  • Phil2922
    Phil2922
    Retraite invalidité
    • Posté à 20h44 le 17/01/2009
    • Internaute 36639
      Retraite invalidité

    Mort annoncée du CD... ? J’ai bien fait de garder mes vyniles... !

    Lien

    • Patou355
      Patou355 répond à Phil2922
      Turco-italo-charento-limousin, (...)
      • Posté à 20h54 le 18/01/2009
      • Internaute 46857
        Turco-italo-charento-limousin, (...)

      Mort du CD ou pas, vous avez bien fait de toute façon !

  • Gargamel
    • Posté à 22h03 le 17/01/2009
    • Internaute 12822

    Bonjour l’enquête impartiale. Rien qu’utiliser le terme téléchargement illégal montre de quel côté vous penchez.
    La principale bataille est celle des mots. Tant qu’on associe les comportements permis par l’Internet à du piratage (pourquoi pas du terrorisme ?), on garde des œillères.

  • sinclair
    • Posté à 22h20 le 17/01/2009
    • Internaute 2580

    Et la fixation sur la vente de morceau de musique continue alors que les benefices engranges par les majors ne sont pas là pour l’essentiel ce n’est que la partie emergee de l’iceberg ainsi tout comme l’on enregistrait des morceaux sur K7 audio issu du poste ou de la chaine on fait la meme chose encore plus facilement avec un ordinateur.
    Que ce soit de la musique issue de deezer ou autre du moment que cela passe sur la carte son de l’ordinateur cela peut être enregistre. Et tout le monde de croire ou de faire croire que ce n’est pas possible ou tres difficile. Pourquoi ne pas rappeler que chaque morceau qui passe par un media paie ce passage a la sacem y compris dans les balettis du fin fond de la france profonde. que jusqu’aux sonneries de telephones et autres la bribe de musique est payee.
    La seule chose qu’ont compris les majors est que les drm non seulement ne servaient a rien mais en plus empechaient le client honnete de profiter de son achat.
    La derneire poartie de l’articel est a hurler de rire ainsi les majors font de la qualite et ne font que faciliter les carrieres d’artiste alors qu’ils font des chanteurs lessives qui ne durent que le temps d’un lavage

    • The_Reaper
      The_Reaper répond à sinclair
      • Posté à 23h10 le 17/01/2009
      • Internaute 33315

      Le problème des majors est clairement explicite dans cet article : elles ont 7 à 8 ans de retard sur l’évolution d’internet. A force d’avoir vu le média comme un « ennemi », ils se sont braqués sur leurs positions et sur leur commerce d’antan, alors qu’internet avançait à toute allure. Et alors qu’eux en étaient réduits à mener des combats d’arrière-garde pour essayer de trouver des moyens juridiques pour poursuivre les utilisateurs de Kazaa ( !), les internautes avaient déjà trouvé d’autres moyens, légaux ou illégaux, de mettre la musique à disposition gratuitement. Une anecdote révélatrice : l’an dernier, les majors ont demandé à Free de fermer son newsgroup parce qu’il permettait de télécharger, alors que le service n’existait plus depuis... 2 ans !

      A mon avis, le business model de Apple et consorts est voué à disparaitre à plus ou moins brève échéance. Ce modèle, basé sur un modèle « physique » (on paye pour ce qu’on achète) ne pourra pas durer très longtemps. Très longtemps réticents à une licence globale, les majors commencent à réfléchir à une option « tout illimité ». Reste à savoir comment financer la production sans que ça ne coûte une fortune à l’internaute.

  • mute
    mute
    jeune papa ; -)
    • Posté à 23h10 le 17/01/2009
    • Internaute 49964
      jeune papa ; -)

    Qui se souvient de la Golf Bon Jovi ? Plus sérieusement, ce serait bien de donner la parole aux artistes plutôt qu’une énième à Pascal Nègre ou à tel bloggeur influent.

    Faites un article sur un Trent Reznor qui propose gratuitement 400 Go de vidéo à télécharger et à monter pour qu’elle soit proposée en téléchargement gratuit via Torrent. Le gars a mis son album en téléchargement gratuit (format WAV s’il vous plaît), et ça ne l’empêche pas de se retrouver dans les meilleurs ventes Amazon pour l’année 2008.

  • KlaxonsFive
    KlaxonsFive
    Rentier
    • Posté à 00h53 le 18/01/2009
    • Internaute 66349
      Rentier

    C’est assez rigolo de voir les fameux inrocks, si fièrement proclamés indépendants des mœurs du méchant showbizz donner dans l’annuel marronnier du journaliste musical concerné lorsque arrive le temps du Midem.... sans même se poser de question sur l’inanité de cette foire annuelle qui n’a de sens que pour la rente financière qu’elle procure à son organisateur anglais. C’est tout de même un magnifique spectacle que de retrouver là à cette occasion tous ces mêmes gens qui pleurent misère tout au long de l’année sur leurs marges perdues, envolées, piratées mais qui s’y précipitent quand même contre un droit d’entrée mirobolant ,s’empiffrent pendant quatre jours aux tables les plus côtées et logent dans tous ces palaces de la Croisette à des prix quelque peu révisés à la hausse. Bon, ce n’est pas grave, les directeurs financiers des majors (et autres) sauront diluer ces bonnes notes dans les frais généraux. Et l’on pourra toujours proclamer qu’il devient de plus en plus onéreux de développer ces putains d’artistes. Tu l’as dit, bouffi. Dans cet article, nous noterons les fines interventions du DG du SNEP, (syndicat des majors principalement) et l’on dirait bien que les choses de l’internet lui posent des problèmes dans son existence. D’ailleurs, aller faire un petit tour sur le site internet de ce Syndicat des producteurs de disques est édifiant : dire qu’il y a un retard de 7à 8 ans est extrêmement gentil puisque le Minitel ça date de 20 ans, non ? Même pas capables de mettre les pochettes d’une grande partie des albums et singles présents dans leurs classements ! ! Non non Pascal Nègre,vous n’êtes pas endormi, tellement pas que vous ronflez énormément...et ça fait du bruit, beaucoup de bruit.
    Le titre de l’article (le réveil des majors), c’est soit un mensonge soit le symptôme d’une perception quelque peu erronée.

    • KlaxonsFive
      KlaxonsFive répond à KlaxonsFive
      Rentier
      • Posté à 09h50 le 18/01/2009
      • Internaute 66349
        Rentier

      Juste oublié les liens : le site du SNEP :
      Lien
      Celui du classement officiel des ventes d’ albums en France :
      Lien

    • elarips
      elarips répond à KlaxonsFive
      • Posté à 12h24 le 18/01/2009
      • Internaute 19146

      les inrocks ; il y a bien longtemps qu’ils ont vendu leur âme au diable.

  • Gina Grimont
    • Posté à 01h31 le 18/01/2009
    • Internaute 25324

    Mais si, Internet peut faire la carrière d’un-e artiste ! Mais ça vous fait bien chier, messieurs les requins du showbiz ! Un certain nombre de groupes tournent, en gagnant correctement leur vie sans passer par les majors, ni par les médias, grâce au net qui permet la diffusion. Pour les artistes,le net est un outil révolutionnaire où on se débarrasse enfin du diktat de Pascal Négre et compagnie qui sont à la musique ce que Sarkosy est à la Princesse de Cléves !
    Quant à suivre un artiste, je rigole ! Tant qu’il fait des tunes, oui ! Sinon, dehors ! Comme les Rita Mitsouko qui s’était fait virer de chez Virgin !

  • Franpi
    Franpi
    Ours
    • Posté à 09h18 le 18/01/2009
    • Internaute 3172
      Ours

    C’est comme pour le premier article, la vacuité des majors dans ce qui devrait être leur métier, la production de projets artistiques cohérent qui s’inscrive dans une logique de politique éditoriale ( ce qui a fait la légende de Staxx, Motown, Blue Note, Parlophone, ECM, Def Jam...) est absolument abyssale.
    Ils ne comprennent absolument rien et pleurnichent que le consommateur aille voir ailleurs, s’il est exigeant ! Qu’attendre d’un producteur qui souhaite vendre la musique de son poulain accolé à une Ford Fiesta ? (même si la musique en question ne mérite pas plus qu’une Fiat Panda ?) Que dire d’un label comme Blue Note qui dilapide son image de marque en produisant des bluettes qui n’ont rien à voir avec la ligne éditoriale du label ? Que dire d’un soi-disant indépendant qui refuse de se lancer dans la prod de concert pour ses artistes au motif que c’est trop difficile pour ceux qui ne sont pas connu ? C’est ça le métier de directeur de label ? Ce qui frappe dans ces excellents articles, c’est le manque d’implication des responsables, qui sont des commerciaux qui aurait pu bosser de la même façon chez Panzani...
    La réalité de l’économie du disque, c’est l’économie de la Bière artisanale, je l’expliquai sur mon blog il y a peu : des petites structures, qui font des disques en quantité limitée mais avec attention, amour et qualité, avec une vraie ligne éditoriale et une implication dans le projet, qui touche un public limité mais fidèle.
    Et celui qui gagnera, c’est celui qui arrivera à fédérer ces niches...

  • dorianlbreton@hotmail.com
    • Posté à 10h59 le 18/01/2009
    • Internaute 66365
      Etudiant

    D’apres Michel Pampelune il est aussi difficile de vendre un CD qu’une place de concert. Ok ! Alors il faudrait m’expliqué pourquoi touts les artiste mise maintenant sur les concert pour assurer leurs revenus. On voit en france, comme au états-unis depuis quelques années, le cachet des artistes augmenté pour palier aux pauvre ventes de CD et donc forcément ceux des concerts et des festivals. Alors je pense bien que, aujourd’hui, c’est plus facile pour un artiste d’allez faire un concert à l’Olympia plutôt que un show-case à la fnac pour vendre sont nouvel album.

  • Gilgamesh157
    Gilgamesh157
    Raleur professionnel
    • Posté à 11h29 le 18/01/2009
    • Internaute 26876
      Raleur professionnel

    Qu’ils baissent d’abord le prix d’un cd après on vera pour le reste.
    Pensez qu’il m’est plus facile d’acheter un film qu’un cd de musique un comble quand même.
    Et quand on voit le spectacle navrant des nrj musics award, ou les primés sont des vieux de la vieille et artistes qui font du blé et des valeurs sûres étrangères, je pense pas qu’ils soient tant que cela sur une remonté de la pente.
    C’est comme les entreprises d’automobiles qui pour nous faire croire qu’ils baissent les prix demandent des primes à l’Etat, que de l’esbrouffe car si c’est l’état qui paye c’est nous qui finançons nous même les primes, donc le prix des voitures ne baissent pas en vrai.
    Le jour où tous ces gens comprendront qu’on a pas le portefeuille infinie on aura fait un grand pas.

  • elarips
    • Posté à 12h15 le 18/01/2009
    • Internaute 19146

    comme le dit si bien Philippe Aigrain ;

    D’emblée je réfute vigoureusement le terme de Piratage. Je rappelle que le pirate est celui qui vole le bien d’autrui par la violence. Un pirate ça prend des bateaux par le feu, un internaute ça télécharge au pire illégalement de la musique via Internet, sans que le fichier soit enlevé à l’un par l’autre.

    source :

    Lien

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  • karl_wax
    karl_wax
    Parisien
    • Posté à 14h01 le 18/01/2009
    • Internaute 66382
      Parisien

    Pffff encore un article de complaisance, écrit par des gens qui
    n’ont rien compris, ou ne veulent pas comprendre, ou pire encore,
    on recopié ce que leurs « amis professionels » leurs ont dicté.

    C’est nul.

    Que les majors crevent, c’est tant mieux.

  • SNK
    SNK
    employé
    • Posté à 14h59 le 18/01/2009
    • Internaute 65016
      employé
  • mick69
    • Posté à 15h12 le 18/01/2009
    • Internaute 2907

    Petite question aux riverains : quel serait pour vous le prix idéal d’un album CD ?

    • PhiPoePsy
      PhiPoePsy répond à mick69
      Etudiant-Chercheur
      • Posté à 15h29 le 18/01/2009
      • Expert 41171
        Etudiant-Chercheur

      Il n’y a pas de prix idéal. Un tableau s’achète à l’unité, une sculpture aussi, etc. Bref, cela dépend de l’oeuvre en question (autant que de l’artiste)... S’il y a un « prix idéal », alors ça n’est plus la peine d’acheter un CD...

      • mick69
        mick69 répond à PhiPoePsy
        • Posté à 15h36 le 18/01/2009
        • Internaute 2907

        Pourtant, il y a parait-il un certain consensus sur le fait que les CDs à 20€ sont trop chers

    • Gilgamesh157
      Gilgamesh157 répond à mick69
      Raleur professionnel
      • Posté à 17h12 le 18/01/2009
      • Internaute 26876
        Raleur professionnel

      5 euros « l’album » serait un bon prix vue la qualité des daubes qu’ils nous pondent parfois et encore c’est trop cher je pense.
      Leur boulot c’est pas faire du blé c’est nous faire réver qu’ils commencent déjà par revenir à l’essentiel, de toute façon par ouï dire il parait qu’ils s’en sont mis pleins les fouilles ces dernières années donc ça n’est que justice qu’ils chutent avec toutes leurs pourritures. Et ne leur déplaise penser que le seul téléchargement est leur problème principal, est une vaste fumisterie, il existe déja pas mal de taxe (sur cd dvd vierge, sur opérateurs ect...Je crois les graveurs aussi enfin pour dire qu’il existe pleins de taxes) pour combler le troue... le problème est bel et bien le prix exorbitant d’un cd de musique 20 euros c’est 140 francs. ba avec 20 euros je peux surement me payer plusieurs ciné voire même quelques spectacles, alors me payer un cd avec j’y pense même plus. Quand au prix du téléchargement licite sachez qu’il coûte autant qu’un album si on prend toutes les chansons donc tôtalement inutile de l’utiliser à amoins d’avoir des réductions et des avantages.

    • Franpi
      Franpi répond à mick69
      Ours
      • Posté à 18h52 le 18/01/2009
      • Internaute 3172
        Ours

      J’ai mis 40€ dans un cd autoproduit en souscription magnifique avec beaucoup de recherche sur la musique et la pochette.. Je mettrai pas un euro sur tous les vainqueurs des NRJ music awards...
      Vérité au delà des Pyrénées...

      • mick69
        mick69 répond à Franpi
        • Posté à 19h53 le 18/01/2009
        • Internaute 2907

        40€ ? C’est le double album de Marillion ?

  • YoshiL7
    • Posté à 18h21 le 18/01/2009
    • Internaute 29840

    Grégoire : Artiste produit par internet...

    245.406 disques, 347 producteurs, 1 label, 1 distributeur :

    Warner Music Group touchera environ 1,4 million d’euros...
    MyMajorCompany touchera environ 700.000 euros...
    L’artiste touchera environ 250.000 euros...
    Les producteurs toucheront collectivement 311.000 euros...

    Du coup, les internautes qui ont misé sur l’artiste touchent 30 % du prix de gros hors réduit de la marge de Warner Music Group.

    MyMajorCompany se réserve 50 %, et Grégoire 20 %.

    Le prix de gros hors taxe était fixé à 10,74 euros par CD, et les internautes ne toucheront cependant que 1,51 euro par album vendu.

    Ainsi Warner Music Group se serait réservé 5,71 euros par album vendu, soit 53 % du prix de gros hors taxe. Une belle marge.

    Ou est l’erreur ? quand on sait que le distributeur, la major Warner, n’a eu qu’un role limité à la distribution semble-t-il...

    [Source : Lien

    • mick69
      mick69 répond à YoshiL7
      • Posté à 19h50 le 18/01/2009
      • Internaute 2907

      C’est simple. La distribution classique prend couramment une marge de 50% dans la mesure où peu de gens ont les reins assez solides pour se positionner sur ce marché. Il faut une logistique, des camions, des livreurs, des commerciaux..., tout ça pour mettre le disque dans les bacs de 500 (ou plus) points de vente (5 par departement) avec chaque fois un acheteur professionnel qu’il faut convaincre d’encombrer ses rayons avec le CD de l’inconnu Duchmoll plutôt qu’avec le CD de Madonna (qui lui se vend comme des petits pains). Avec en parallèle tout un marketing (donc des salaires) sur le fait que Duchmoll est justement passé sur M6 le mois dernier

      Dans l’histoire ci-dessus, il n’est pas précisé qui a payé la super attachée de presse qui a obtenu que les radios passent Gregoire en boucle, ; qui a payé les 250.000€ de frais de pressage pour 250.000 disques avec livret couleur ; qui a payé les 250.000€ de droits de reproduction (droit à payer à la SACEM au pressage, reversés ensuite à l’auteur-compositeur)

      Dans ce débat, cogner sur les marges brutes des méchantes majors, c’est un peu trop simpliste. Les majors sont des rapaces, c’est vrai, mais pas plus que 99% des entreprises. Les petits labels ne font d’ailleurs pas de miracles financiers pour leurs artistes. Il y a juste une question de rapport de force entre trois acteurs :

      - les artistes, nombreux et toujours prêts à bosser gratuitement à leurs débuts
      - le public, blasé et habitué à la musique gratuite par le P2P
      - le reste de la filière, dans lequel tout le monde veut un salaire correct, comme dans n’importe quel secteur

  • LJ
    LJ
    Vache a lait
    • Posté à 10h05 le 19/01/2009
    • Internaute 51374
      Vache a lait

    Pascal Negre rigole. Et bien, on est content pour lui.

    Comment peut il esperer que les gens payent pour ecouter les bouses musicales qu’ils « produisent » ?

    je ne sais pas si c’est moi, mais je peux vous dire que pas 1€ ne sortira de mon portefeuille allege pour ces messieurs qui vampirisent la musique en ayant fait d’elle une « industrie musicale », en achetant des passages en radio, en faisant ci et ca.

    Il y a plein d’artistes qui se prostituent pour entrer en major. tant pis pour eux, qu’ils ne viennent pas se plaindre.

    Supportons plutot les petits labels indes et les artistes pour qui l’art prime sur le mercantil.

    Au passage, si vous ne le connaissez pas, je mets ici un lien vers une page du rappeur Mysa. Son derniere album, auto produit et qu’il prevoyait de presser et vendre, est en libre telechargement en MP3 256k. Il s’en explique sur sa page. Et croyez moi, vous sentirez la difference avec les artistes « majorises », et ce, a tous les niveaux ...

    Http : //basikarts.com/mysa

    bonne journee

    LJ

  • Keldan
    Keldan
    Now future & karpe diem
    • Posté à 16h52 le 19/01/2009
    • Internaute 5164
      Now future & karpe diem

    C’est flatteur pour le fan, et en même temps, ça le fidélise
    Moralité, c’est le marketing qui fidélise le fan, et pas le talent du groupe...

    Les gamins découvrent les titres en exclusivité, avant le passage en radio.
    Donc la musique ne concerne que les gamins et les types qui passent à la radio...

    capables de tout faire pour la commercialisation de l’artiste.
    Alors là on touche tellement le fond qu’un commentaire n’est même pas utile...

    Bienvenu dans le monde de la non-culture...