Chine : la sécurité des ouvriers, et celle des produits d'exportation
On a très peu parlé, en France, de la catastrophe minière qui a fait quelque 180 morts dans le Shandong, dans l’est de la Chine. On parle en revanche beaucoup des problèmes liés à la qualité des produits importés de Chine : jouets Martel, médicaments, et même couvertures retirées de la vente en Nouvelle Zelande... Or les premières victimes de la folle machine industrielle chinoise, ce sont les Chinois eux-mêmes.
Les images ci-dessus (diffusées par Euronews, trouvées sur YouTube), tournée sur le site de la catastrophe, résument bien ce qui se passe à chaque catastrophe : des secours improvisés et archaiques, des familles endeuillées détruites par la douleur. Ici, il s’agit d’hommes qui n’ont pas réussi à sortir à temps des deux mines envahies par des millions de mètres cubes d’eau le 17 août, après la rupture d’une digue sur la rivière Wen. Une catastrophe qui se déroule à une échelle colossale : combien de morts chaque année dans les mines de charbon chinoises, qui fournissent la première source d’énergie du pays ? Quelques milliers selon les autorités, 20000 selon une ONG basée à Hongkong, et je trouve même le chiffre de 70 à 80000 dans le magazine Time.
Cette situation provoque d’occasionnelles flambées d’émotion en Chine, qui retombent aussi vite, occultées par les nouvelles plus importantes comme celle du nouveau record atteint par la Bourse de Shanghaï (comme j’avais tort, en mai, de penser que la bulle allait éclater !)...Et il est évident que les autorités sont beaucoup plus inquiètes des polémiques internationales sur la qualité des produits chinois, que des enjeux de sécurité pour les travailleurs chinois.
Ce n’est hélas pas faire preuve de mauvais esprit que de faire ce constat : la réalité est également que pour la Chine, il est aujourd’hui vital de ne pas laisser s’installer l’idée que ses exportations sont de mauvaise qualité, ou pire, dangeureuses. C’est tout le moteur de la croissance économique qui est en jeu, et, au-delà, la question de la stabilité politique. C’est plus important pour les dirigeants chinois que le énième accident dans une mine.
Reste à savoir ce qui justifie la réaction en chaîne actuelle autour des produits chinois. Est-ce la part de plus en plus grande prise par les produits made in China dans les supermarchés américains ou européens qui provoque cette poussée limite xénophobe ? Ou y a-t-il réellement dégradation de la qualité des produits chinois ? Quoi qu’il en soit, Pékin doit réagir. Et pas forcément en exécutant le chef de l’administration chargée de la sécurité des aliments et des médicaments... Un geste qui n’est pas de nature à rassurer le reste du monde. La seule voie possible serait de véritablement mettre en place des contrôles de qualité, de faire respecter, au minimum, les lois existantes en matière sociale, environnementales et de qualité. Mais pour cela, il faudrait que Pékin « viole » ses relais locaux, des autorités provinciales ou locales, largement corrompues, qui profitent de l’absence de contrôle. Si le gouvernement central veut retrouver une crédbilité entamée sur ce terrain, il lui faudra en passer par une épreuve de force avec l’appareil local du Parti, pas une mince affaire.
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délinquante avérée
délinquante avérée
Apparemment, pour les autorités chinoises, la vie de leurs concitoyens n’a pas beaucoup d’importance vu le nombre de catastrophes annoncées dans l’article sur « aujourd’hui la Chine » !
En ce qui concerne les produits chinois, il faudrait quand même que les donneurs d’ordre étrangers et les importateurs fassent leur boulot de surveillance des normes, au lieu de ne voir qu’une rentabilité immédiate énorme due aux bas salaires et aux conditions de travail certainement archaïques.
J’ai eu à m’intéresser à IKEA. On pense ce qu’on veut de sa politique, mais, IKEA a émis des normes IWAY auxquelles sont tenus ses fournisseurs (inspections régulières) et une certaine déontologie :
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Il faudra encore combien de catastrophes, de fabrication de produits dangereux pour qu’enfin la Chine réagisse, ouvre ses frontières ? Elle croit que fabriquer à bas coût va contenter les acheteurs ? Elle va au devant d’un boycott des consommateurs, quand ils en auront vraiment marre de voir les usines de leurs propres pays fermer pour cause de concurrence ... dangereuse et eux, se retrouver au chômage.




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