Enquete sur l'industrie du disque 16/01/2009 à 17h19

Musique (1/4) : le CD, pas encore mort, déjà collector

LesInrocks.com"



Au 41e Midem à Cannes en janvier 2007 (Eric Gaillard/Reuters).


A l’occasion de l’ouverture du 43e Midem, Rue89 et Les Inrockuptibles s’associent pour une grande enquête en quatre volets sur l’industrie musicale française. Une semaine après la promesse d’iTunes de supprimer ses DRM, le point sur la mort annoncée du CD, le combat des majors pour survivre, les nouveaux acteurs et la musique bientôt gratuite.

Le refrain passe en boucle : « L’industrie musicale française est sinistrée. » Depuis cinq ans, les majors ont vu leur chiffre d’affaires s’écrouler, divisé par deux. Leurs effectifs et leurs budgets, diminuer comme peau de chagrin. Selon le Syndicat national de l’édition musicale (SNEP), le nombre de salariés permanents du secteur a été réduit de moitié depuis 2003.

Les ventes de CD ont chuté de 14% en 2008 selon l’institut statistique GFK, qui calcule les chiffres de l’industrie de la musique. Le SNEP avance, lui, un chiffre un peu supérieur, « de 15 à 20% », selon Hervé Rosny, son président. Les bénéfices TTC des ventes de CD sont, cette année, passés, selon GFK, sous la barre symbolique du milliard d’euros : de 1,066 milliard en 2007, à 914 millions d’euros cette année, avec 66,6 millions de disques vendus.

Le single, victime du téléchargement illégal

La crise est bien réelle, et pourtant, la musique n’a jamais autant été consommée. L’assassin notoire du CD, c’est bien sûr Internet, et ses possibilités infinies et gratuites de diffusion, téléchargement et reproduction. Pour GFK, selon des études basées sur des déclarations de consommateurs, le téléchargement illégal n’aurait pas tendance à augmenter.

« Mais cela reste l’une des principales causes de la baisse du marché », nous indique Laurent Pâtissier, responsable musique de l’institut. Car le téléchargement légal n’affecte, pour le moment, que très peu l’industrie du disque. Même s’il est en nette progression, avec un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros en 2008. Soit une progression de 70% par rapport à 2007 :

« Cette croissance n’est pas encore assez rapide. L’annonce d’iTunes faite début janvier [sur la suppression des mesures anti-copie] promet cependant de dynamiser le marché. On s’attend à un fort développement en 2009. »

Vinyle, cassette, CD, puis Internet. Depuis trente ans, l’industrie musicale a encaissé les révolutions technologiques, douloureusement. A chaque fois, il a fallu laisser aux différents acteurs le temps de s’adapter. « Au début, l’industrie musicale a lutté contre le CD », rappelle Olivier Hascoat, DG de MySpace France. « On pensait que le son analogique était meilleur. »

Un comble : les distributeurs ne voulaient pas changer la largeur des bacs dans les magasins, adaptés aux vinyles. « Puis l’industrie s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’argent à se faire avec le CD, en passant du tube à l’album ». A partir du milieu des années 80, l’ensemble du « music business » s’est replacé sur un marché rapidement dominé par le Compact Disc, jusqu’au début des années 2000.

Aujourd’hui, avec Internet, marche arrière toute. L’album est obsolète, les internautes consomment du titre. Le téléchargement se concentre sur le single, sur le hit. « Personne n’achètera plus quinze chansons pour n’en écouter qu’une ou deux », constate Olivier Hascoat. Le fameux « CD 2 titres » est ainsi devenu rapidement le support le plus vulnérable au téléchargement illégal. Hervé Rosny, l’actuel président du SNEP, va dans le même sens :

« Le single va mourir, parce que le téléchargement en est une parfaite substitution. Les tubes éphémères sont les titres les plus téléchargés. »

Les singles visent, en plus, les jeunes consommateurs, « ceux qui ont pris Internet en pleine figure ». Une disparition que confirme Bertrand Delrue, directeur des produits audio et vidéo à la Fnac :

« Le single, c’est un marché qui devient anecdotique. On en vend encore en hypermarché, mais c’est un support qui va être amené à disparaître. »

Le CD : un support musical obsolète ?

Pour certains, 2009 serait la dernière année du CD. Mais si le single est agonisant, n’enterrons pas trop vite l’album. Près de 80% des revenus sont encore générés par le physique. Pour Alan Gac, DG du label Cinq-7 (The Do, Dominique A…) :

« Le CD n’est certainement pas l’avenir, mais il reste une base indispensable. Dans cinq à dix ans, le physique ne représentera peut-être plus que 20% des ventes. Mais il n’y aura pas de rupture, c’est une transition. »

Une transition garantie par l’inertie démographique : une certaine tranche de la population, plus âgée, continuera à acheter des disques. C’est ce qui assure à certains genres musicaux leur pérennité sur support physique : « Les répertoires classique et jazz se portent mieux sur le marché », indique Bertrand Delrue.

Pour Michel Pampelune, fondateur du label indé Fargo, certaines bonnes ventes d’albums en 2008 (Fleet Foxes, Alela Diane) prouvent qu’il « existe encore des gens qui ont envie d’acheter des CD ».

A la Fnac, comme le précise Bertrand Delrue, « on a fait des meilleures ventes en décembre 2008 qu’en décembre 2007. Ce sont des signes positifs qui montrent que le marché du physique existe toujours. » D’ailleurs Pascal Nègre rappelle que le CD est un cadeau indémodable :

« C’est un cadeau qui fait toujours plaisir, d’ailleurs 60% des CD sont offerts. On ne peut pas offrir un téléchargement. »

Enfin, la mise à disposition gratuite d’albums sur Internet peut paradoxalement stimuler les ventes de CD. Selon le site américain Amazon.com, c’est l’album du groupe Nine Inch Nails, « Ghosts I-IV », qui a été le plus vendu au cours de l’année écoulée. Il était pourtant disponible gratuitement -et légalement- sur Internet. Vendu cinq dollars sur Amazon, cet album de 36 morceaux était sorti sous licence Creative Commons, c’est-à-dire que son partage intégral et sa réutilisation à des fins non-commerciales étaient autorisés.

« On ne peut pas dire aujourd’hui que le CD va disparaître, poursuit Hervé Rosny. Mais il finira par être résiduel, comme un livre d’art. On l’achètera pour posséder physiquement l’œuvre d’un artiste qu’on adore. »

Le CD, une œuvre d’art à posséder, comme un vinyle se collectionne

Les acteurs de l’industrie musicale l’ont bien compris, et proposent désormais pléthores d’éditions limitées et « collector », avec des bonus et des contenus exclusifs. Bertrand Delrue confirme :

« Le consommateur est prêt à dépenser de l’argent sur la valeur ajoutée. Ces contenus sont très vite en rupture de stock. »

Le disque n’est pas mort, mais la crise a diminué son espérance de vie. Pour Alan Gac, « le disque vit un cycle plus court, et connaît plus de mutations : des éditions limitées, puis des pochettes cheap premier prix… Aujourd’hui tout va plus vite. » Pour Laurent Pâtissier, « le CD, on ne le voit pas disparaître. On devrait atteindre un seuil minimum d’ici quelque temps. »

Selon Borey Sok, blogueur spécialiste de la musique 2.0, « le CD sera le vinyle de demain ». Et c’est tout le mal qu’on souhaite à la galette dorée : devenir un objet « vintage », de collection. Selon Nielsen Soundscan, qui mesure les ventes de musique aux Etats-Unis, le marché du vinyle se porte plutôt bien, avec 1,88 millions d’unités vendues outre-Atlantique en 2008. Un record depuis 1991.

Lire aussi :
MP3, livre électronique : des cadeaux pas assez « réels »
Midem 43e édition - du 18 au 21 janvier - Midemnet : les 17 et 18 - Palais des festivals de Cannes.

Photo : au 41e Midem à Cannes en janvier 2007 (Eric Gaillard/Reuters).

Publié initialement sur
LesInrocks.com
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  • Lionel Gruénais
    Lionel Gruénais répond à Scribouillard
    Disquaire
    • Posté à 15h34 le 17/01/2009
    • Internaute 48497
      Disquaire

    D’où l’intérêt d’avoir des lieux où pouvoir écouter, donc découvrir, donc entretenir sa curiosité, qui plus est si vous avez en face de vous quelqu’un qui sent un tantinet vos goûts & puisse vous dire :

    « Ah ! Mais si vous aimez cela, je viens de recevoir... “

    & de fil en aiguille vous vous retrouvez dans des paysages sonores inconnus, vierges, pour vous, de toute exploration & c’est ça qui est passionnant !

    C’est extra-terrestres plus rares que le panda de Chine s’appellent des disquaires ! !

  • NonooStar
    NonooStar
    Informaticien
    • Posté à 10h32 le 17/01/2009
    • Internaute 34879
      Informaticien

    Le single n’est pas victime du téléchargement illégal, il est surtout victime de l’entêtement des maisons de disque à toujours suivre le même modèle marketing : toujours se débrouiller pour qu’un single soit extrait d’un album et pas un stand-alone et faire intensivement la promotion de l’album plutôt que du single. On peine à imaginer qu’aujourd’hui un artiste pourrait sortir un « Strawberry Fields Forever » ou un « Jumpin’ Jack Flash » sans l’inclure dans un album...

    Quant au CD, il faut espérer qu’il va bientôt disparaître car quoi qu’on fasse, c’est tout de même un objet moche dont l’apparition correspondait à un évolution technique naturelle (plus d’informations sur moins de place, un objet plus facile à manier, moins fragile, qui ne s’usait pas à l’usage). Mais avec la dématérialisation de la musique, le CD est battu sur un plan esthétique par le vinyle et d’un point de vue pratique par le fichier numérique (de préférence dans un format non destructeur).

    D’ailleurs, certains labels ne s’y trompent pas et jouent sur ce couple vinyle/mp3 : par exemple, Saddle Creek, label de Bright Eyes, insère dans les pochettes de ses vinyles un code permettant de télécharger la version mp3 de l’album sur leur site. Et si l’auditeur a besoin de l’album au format CD, il peut graver son CD (ce qui est désormais une formalité).

    Personnellement, ce que j’attends désormais, c’est que les artistes prennent conscience de la formidable opportunité offerte par la matérialisation de la musique : pour la première fois, le support physique n’est plus une contrainte et j’espère que la notion d’album (au sens de oeuvre musicale de plus de 40 minutes) disparaîtra au profil de la notion d’oeuvre en elle-même. Que cette oeuvre fasse deux minutes, vingt ou trois heures, c’est à l’artiste et à lui seul d’en décider puisqu’il n’a plus à se plier à un support physique et on en reviendra finalement la véritable notion d’oeuvre musicale (la Walkyrie de Wagner n’est pas un « quadruple album », c’est un oeuvre).

    • Captain Gregg
      Captain Gregg répond à NonooStar
      Fantôme
      • Posté à 11h23 le 17/01/2009
      • Internaute 63882
        Fantôme

      Là se tient le paradoxe. On n’a jamais possédé tant de moyens de faire de la musique, et on n’en a jamais si mal fait. Un ordinateur suffit à quiconque est doté d’un brin de créativité. Les outils sont disponibles gratuitement sur le web (séquenceurs, échantillonneurs, banques de sons, éditeurs de sons, logiciels de programmation de rythmiques, synthétiseurs et plug-ins de toutes sortes), on peut disposer d’un orchestre symphonique comme d’un big-band, d’une section rythmique tribale comme d’une stratocaster... et ce qu’on fait de mieux avec ça c’est de l’échantilonnage de thèmes vieux de trente ans remixés plus ou moins à l’arrache avec l’ajout de boucles riyhmiques dites urbaines, sur de vieux sons de pédal-wah-wah piqués à Isaac Hayes. Les Doors faisaient mieux avec mille fois moins de matos. Va comprendre, Charles !

    • sefero49
      sefero49 répond à NonooStar
      Soldat mugissant
      • Posté à 11h45 le 17/01/2009
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      , » le CD est battu sur un plan esthétique par le vinyle « 
      En voila un argument convainquant ! !
      j’ai beau mettre à coté l’un de l’autre un 33t et un CD, je n’arrive pas à trouver l’un plus “beau” que l’autre...Nous n’avons peut être pas le même sens du beau ! ! !
      (Bien que, c’est vrai,.....en y regardant de plus près,....ce petit sillon qui court en une artistique spirale sur les deux faces du disque rajoute une touche d’art pré sarkosien ......)

      A coté de ça, je suis tout à fait d’accord avec le dernier paragraphe de votre post,

      • NonooStar
        NonooStar répond à sefero49
        Informaticien
        • Posté à 12h06 le 17/01/2009
        • Internaute 34879
          Informaticien

        Je ne parlais pas du CD ou du vinyle en soi, mais évidemment du packaging (pour parler moderne). Je ne pense pas qu’on puisse vraiment défendre l’aspect esthétique d’une pochette de CD étant donné que ce n’est bien souvent que l’image de la pochette du vinyle réduite et mis dans un boitier en plastique hideux.

        C’est impossible de profiter de l’artwork de la pochette avec un CD comme on peut le faire avec un vinyle.

  • Franpi
    Franpi
    Ours
    • Posté à 11h12 le 17/01/2009
    • Internaute 3172
      Ours

    Ce genre de débat me fait franchement marrer, et c’est le prolongement de la grande claque que se prennent les majors depuis 10 ans : leur musique prémachée se consomme comme des McDo ou des soupes de vermicelle et tout se ressemble ; le mainstream est devenu le marais, des groupes comme Coldplay qui digère 20 ans de musique pop pour en faire un « truc » pas dérangeant et sans aspérité deviennent un « grand groupe », tout est propre, aseptisé et sans idées, et les majors s’étonnent de la « crise ».
    Quand je lis le « responsable » de la FNAC qui dit que le jazz est une musique de vieux, et que c’est pour ça que le marché se soutient alors que c’est l’une des scènes les plus vivaces et créatives, avec une vraie économie de petit label qui tient debout dans la tempête et qui vend des disques (peu, certes, mais à l’image de ce marché...), je me dit que ce sont peut être aux « responsables » de se remettre en question !
    Quand au support physique, pas d’inquiétude à ce sujet, il restera un objet de collection, parce que les pochettes sont importantes, les notes à l’intérieur aussi, savoir qui et où cela a été enregistré, les instruments... Il y aura toujours un public pour ça, plus exigeant peut être, plus radical dans ses choix musicaux sans doute, mais c’est tant mieux pour le disque !

  • Lemmy_Nothor
    Lemmy_Nothor
    - Gone fishing !
    • Posté à 11h36 le 17/01/2009
    • Internaute 12434
      - Gone fishing !

    Au début des trente trois tours, il y avait deux categories....mono et steréo. Stéréo c’était plus cher, et personne n’en possèdait. Dans mon entourage.
    Très vite tout le monde s’est mis au stéréo.
    Puis vint le quadraphonique, qui suivit ces énormes cassettes pour autos, le nom m’échappe....les deux furent des arnaques.
    Enfin, on vit apparaitre la cassette audio.....peu de temps après, le Walkman.....l’industrie du disque fit une jaunisse. Elle alllait faire faillite !
    Tout le monde avait un Walkman, et l’industrie du disque se porta comme un charme, ainsi que les compagnies de batteries.
    Puis vint le CD......une merveille. Indestructible qu’il disait à l’époque.....et ça coutait une sérieuse beurrée....2500 $ pour le lecteur, 25 $ pour un CD.
    Qualité ? Pas meilleur qu’une bonne table tournante....Avantage ? Pas besoin de se lever pour mettre l’autre coté.

    Internet nous amène une nouvelle manière d’écouter ce qui nous plait. Moi c’est Zappa, Beefheart, Waits......j’ai tout acheté en vinyle, puis en CD, et maintenant s’il me prends l’envie d’écouter une version de moins bonne qualité ( MP3 ) l’industrie vient me dire que je la ruine ? ? Vous vous foutez du monde... !
    La première grande erreur de l’industrie de la musique fut de ne pas voir en Napster un lieu ou plus de 80 million de personnes passaient tous les jours. C’était une mine d’or....comment ont’ils réagis ? Ils l’ont fait fermer...éparpillant ainsi ces 80 millions de membres.
    Mais la RIAA ne s’est jamais occupé des musiciens, elle ne s’occupe que de la RIAA. Si elle venait à disparaitre, on se s’en rendrait même pas compte. Je ne connais pas l’´quivalent Français de la RIAA, mais il doit surement y en avoir un.

    Un truc que l’arrivée des CD a fait disparaitre, c’est le Direct to Disc. C’était une méthode d’enregistrement qui au lieu d’être enregistrer sur un master, le son était envoyé directement à la matrice, sautant ainsi une génération.....le son était incroyable. L’ennui c’est que peu de musiciens osaient enregistrer de cette manière, car toute fausse note ou erreur se retrouvait gravée sur le disque.

    • sefero49
      sefero49 répond à Lemmy_Nothor
      Soldat mugissant
      • Posté à 11h55 le 17/01/2009
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      « ....c’est le Direct to Disc. C’était une méthode d’enregistrement qui au lieu d’être enregistrer sur un master, le son était envoyé directement à la matrice, sautant ainsi une génération.... »
      Il y eu aussi les premiers rouleaux, avant les disques. Ceux ci n’étaient pas reproductibles et étaient gravés directement par le musicien qui jouait dans une salle ou des dizaines de rouleaux étaient enregistrés simultanément.
      Ha ! Heureuse époque ! ! Ca coutait une petite fortune, le son était atroce, c’était fragile, mais c’était du vrai « live »...
      Le CD, C’est pas si mal, finalement.

    • sefero49
      sefero49 répond à Lemmy_Nothor
      Soldat mugissant
      • Posté à 11h57 le 17/01/2009
      • Internaute 12260
        Soldat mugissant

      « 

    • NonooStar
      NonooStar répond à Lemmy_Nothor
      Informaticien
      • Posté à 12h15 le 17/01/2009
      • Internaute 34879
        Informaticien

      Je suis totalement d’accord avec vous et si je peux me permettre de rajouter un point sur Napster (et sur le P2P en général), c’est que les majors n’ont pas compris, c’est qu’ils auraient tout intérêt à trouver un modèle économique qui intègre le P2P. Ça leur permettrait de faire de spectaculaires économies en terme d’infrastructure informatique et de bande passante. En effet, le principe du P2P est d’atteindre d’importantes vitesses de téléchargement en utilisant un peu de la bande passante de chaque utilisateur.

      Partant de ce principe, les labels n’auraient qu’à maintenir un serveur sur lequel seraient stockés leur catalogue, serveur qui ne serait pas soumis à de fortes contraintes de montée en charge (lorsque beaucoup d’utilisateurs se connectent) puisque plus il y aurait d’utilisateurs qui téléchargeraient un titre, plus ce titre serait répandu parmi les utilisateurs et donc moins le serveur serait sollicité.

  • samosman
    • Posté à 12h00 le 17/01/2009
    • Internaute 13215

    Un article bien optimiste, qui enchaine les poncifs.
    Un site comme Eco89 ne devrait d’ailleurs pas confondre bénéfices et Chiffre d’Affaires. Je cite :
    « Les bénéfices TTC des ventes de CD sont, cette année, passés, selon GFK, sous la barre symbolique du milliard d’euros : de 1,066 milliard en 2007, à 914 millions d’euros cette année, avec 66,6 millions de disques vendus »
    Ca fait 13.72 euros de benefice TTC (jamais entendu ce terme) par disque ?
    Ca correspond plutôt au prix moyen.
    Pour ma part, je fais partie des 50% de personnel en moins dans cette industrie, j’ai plusieurs centaines de disques, et j’écoute lastfm, une radio gratuite ; légale, personnalisable. Même le téléchargement illégal est dépassé.
    Quant au numérique, j’ai entendu les discours du Board of Director d’une maison de disques, qui au bout d’une heure, n’avaient toujours pas prononcé le mot « disque » ou « cd ». Alors qu’aujourd’hui le CA du dématérialisé c’est moins de 10% du CA des maisons de disques, et que la chute de leur CA n’a été endigué que de quelques points en 5 ans.
    Le seul intéret de cette mutation, la progression de la part de marché des indépendants et des magasins spécialisés.

  • kutabali62
    kutabali62
    militaire
    • Posté à 12h31 le 17/01/2009
    • Internaute 57719
      militaire

    Le Cd a un défaut , les données ne se garderaient pas ad eternam , voir meme pas plus de 5 ans.
    le téléchargement payant , 1 euro le titre , ca revient aussi chére que de se déplacer et acheter l’album avec les 12 ou 15 titres.
    les industriels du disque ont voulu arnaquer les gens avec ce type de merchandising ; ils s en mordent les doigts , tant mieux.
    gagner de l’argnet ,ok ; mais ils ont peut être tuer la poule aux oeufs d or a force de vouloir absolument faire du fric plutot que de la musique de qualité . Rien d’original depuis bien longtemps dans la musique ; du RNB partout a toutes les sauces, sur les ondes radio et télé.
    je suis content d avoir été ado en 70 ; coté musique c était génial .et là on peut le dire ; c était mieux avant c est sur.

  • Peureux anonyme
    • Posté à 12h32 le 17/01/2009
    • Internaute 24415

    « Vinyle, cassette, CD, puis Internet. Depuis trente ans, l’industrie musicale a encaissé les révolutions technologiques, douloureusement. »

    Je crois rêver. Quand ils sont passés du vinyle au CD, les « industriels » ont refacturé aux consommateurs l’intégralité des « droits d’auteur » dont on nous rebat les oreilles aujourd’hui. Si vous aviez acheté un vinyle des Beatles, vous avez du payer plein pot le CD correspondant (et non pas le prix modique d’un CD vierge et d’une gravure).

    Que payez vous quand vous achetez un CD ?

    S’il est dégradé, (rayures, cassures...), pouvez vous remplacer un CD pour le prix d’un CD vierge ou devez vous en repayer l’intégralité ?

    La douleur est plutôt celle des consommateurs rackettés pendant des décennies. Grâce à Internet, certains éprouvent peut être un sentiment de vengeance.

  • Lionel Gruénais
    Lionel Gruénais
    Disquaire
    • Posté à 13h01 le 17/01/2009
    • Internaute 48497
      Disquaire

    Lecture faite de l’article & des différents commentaires, tous les arguments tournent autour de la musique de variété ou populaire (sans connotation péjorative dans ce terme) & rien concernant la musique dite savante - « classique », jazz, traditionnelle -, répertoires pour lesquelles des critères de qualité sonore sont primordiaux (& là vous vous apercevez réellement, même avec une chaîne basique & sans être ingénieur du son, de la différence entre le mp4 & un CD).

    Mais là n’est pas le problème.

    OUI il faut un travail éditorial digne de ce nom (& beaucoup d’artistes travaillent en ce sens avec les éditeurs) même si nous avons perdu le confort de lecture des pochettes des 33 t/mn (sans évoquer l’humanité du son analogique).

    OUI il faut que le disque soit moins cher (pour cela il est nécessaire de travailler sur le long terme & non pas escroquer le quidam moyen en lui faisant payer les nouveautés au prix fort pour les proposer au bout de six mois à quasiment moitié prix).

    OUI il faut des lieux de diffusion de ces disques qui permettent de donner aux mélomanes le temps de la découverte, d’aiguiser sa curiosité, de passer d’un répertoire à un autre au fil d’une conversation engagée avec un autre être humain & non pas installé passivement devant un écran.

    OUI cela tient (encore pour l’instant) de l’apostolat & il faut être capable de critiquer (au sens négatif) une nouveauté dont tout le monde entend parler par media interposés, d’argumenter afin de faire découvrir des artistes de grand talent qui ne sont pas forcément sur le devant de la scène, de suggérer LE disque résultat du travail d’éditeurs dont l’âme ne s’est pas solubilisée dans le tout commercial (à ce sujet je vous rappelle une fable de La Fontaine qu’une amie m’a envoyée récemment : Lien)

    OUI je suis disquaire & fais mon possible à mon microscopique niveau afin que ces réalisations artistiques (CD comme DVD) - que je me refuse à dénommer « produit » comme je me refuse à utiliser le terme « d’industrie » en parlant du disque -, résultat d’années d’efforts & d’implication sans fard d’une sensibilité créatrice, puissent perdurer & démontrent l’inanité de cette course à la consommation d’un produit jetable & interchangeable, tuant la diversité par le surnombre & la position hégémonique de certains groupes, ce que j’appelle le Monsanto culturel.

    Lionel Gruénais / La Folie du Mélomane
    (Disquaire indépendant spécialisé)

    • 101.7
      101.7 répond à Lionel Gruénais
      Promeneur
      • Posté à 14h05 le 17/01/2009
      • Internaute 59121
        Promeneur

      Je suis entièrement d’accord avec ce que vous dites.

      Il faudrait aussi ajouter qu’à l’époque où il n’y avait pas de radio musicale à part France Musique, les radios étaient généralistes.
      Ce qui veut dire que même dans la musique qu’ils diffusaient on pouvait se faire une culture musicale.
      Culture dans le sens où on pouvait se faire une opinion car on entendait tous les genres, pas dans le sens élitiste mais plutôt diversité, richesse.
      Actuellement quelqu’un qui se branche sur une radio musicale a le droit à la playlist la plupart du temps la même que celle de la radio d’à côté sur la bande FM, playlist qui ne comporte que les daubes du moment entrecoupées de quelques artistes (rares) et exigeants.
      Il est vrai que de temps en temps on peut y découvrir une perle mais avec les mêmes probabilités de trouver un diamant dans un tas de varech au bord d’une plage.

      La culture musicale se perd dans une grande part de ce qu’on appelle la jeunesse.
      A part le rap industriel bien répétitif, qui ne fait que repiquer les vieilles recettes du rap, rien de neuf depuis 15 ans, pauvreté de la composition, quid du contrepoint, de l’arrangement à part les effets, le scratch à outrance et les voix des chanteurs qui massacrent les membranes des micros à force de chanter trop près d’icelui, à part le rap disais-je, le n&b qui est une bouillie caramélisée qui rend les oreilles diabétiques et les nunucheries de chanteurs ou chanteuses sans voix et sans voie, que peut-on écouter sur les radios se prétendant musicales ?

      Pas grand chose qui mérite autre chose que du mp3.

      Sans choix, sans culture musicale même de base, je ne suppose pas qu’il faut être un exégète en musique classique ou en jazz, on ne peut vraiment pas se faire une opinion et choisir vraiment par soi-même, former son goût grâce à la confrontations des écoutes de choses différentes et souvent contradictoires, voire antagonistes.

      Pour conclure je préfère écouter un vieux disque de Muddy Waters sur une radio qui gratte, qu’un mp3 compressé comme un César d’une égérie du moment qui gnagnatte d’une voix trainante des paroles plus insignifiantes que les pubs pour lessives.
      Mais si je dois écouter un Souchon, Cabrel, Lavilliers, Pink Martini ou le remastering des Beatles autant que ce soit de bonne qualité et là j’achèterai le disque. (CD car ma courroie plateau est morte) Je ne risque pas de télécharger une bouillie de pixels pour le prix d’un vrai disque. Et pirater des nullités serait vraiment le comble de la perte de temps.

      • Lionel Gruénais
        Lionel Gruénais répond à 101.7
        Disquaire
        • Posté à 18h16 le 17/01/2009
        • Internaute 48497
          Disquaire

        J’aime bien l’image du diamant dans le tas de varech !

        Vous exposez là le nœud du problème. Dans cette époque où l’on parle de compression de fichiers, celle du facteur temps est encore plus drastique.

        Des émissions comme « La star académie “ - qui vous ‘ sort un chanteur en moins de temps qu’il ne vous faut pour vous insurger -, des groupes comme Coldplay - qui vous réinvente la pop anglaise des années 60 -, ou des chanteurs comme Mika - qui plagie Freddie Mercury sans le charisme -, montrent bien à quel point le manque de référence est criant.

        Quand on nous bassine les oreilles avec je ne sais quelle trouvaille électro alors que la musique concrète (Pierre Schaeffer) date de la fin des années 40 & que, depuis, nombre de compositeurs trempant dans l’électroacoustique ou la composition assistée par système informatique ont créé pléthore d’œuvres d’une autre trempe que ces bidouillages numérisés puérils, on ne peut que constater le manque d’éducation musicale du fait de cette volonté soigneusement entretenue de tout faire en accéléré.

        Il faut créer LA nouveauté, surtout sans avoir le temps d’assimilation nécessaire à une appréciation autre qu’épidermique, tout dans l’urgence & sans s’en référer à un quelconque bagage intellectuel acquis de longue date afin de développer un minimum de sens critique & cela se vérifie dans tous les répertoires musicaux.

        Autre exemple : voyez à quel point nombre de personnes gobent tout & n’importe quoi de ce qu’ils peuvent recevoir via Internet, & là également, les dégâts s’accroissent à vitesse grand V.

        Un esprit humain ne peut se bâtir qu’à l’image d’une calade : choisir soigneusement la pierre à utiliser, celle qui va rester là des décennies car posée avec réflexion - méticuleusement enchâssée parmi ses consœurs -, & va participer à la solidité de l’architecture générale.

        Nous arrivons petit à petit à l’extrême limite de cette logique de l’absurde prônée par notre société hyperconsumériste : le tout jetable, date de péremption obligatoire pour tout ce qui nous entoure, la plus courte possible évidemment.

        Cela permet d’entretenir le consommateur dans une dépendance commerciale.

        Mais là, nous assistons pour la première fois à une dégradation injustifiée de la qualité du support de l’édition musicale. Le passage du 33 t/mn au cd - indépendamment du désir d’accroître ses gains financiers au détriment de la qualité sonore -, pouvait s’expliquer par le côté pratique de ce dernier (moindre fragilité, facilité de repérage des plages, transport plus aisé). L’évolution du CD vers un quelconque support dématérialisé n’apportera rien en qualité, bien au contraire, dans l’optique d’une écoute statique (l’usage du baladeur est un autre sujet) tout en étant tributaire des aléas de connexion, transferts/copies de fichiers...

        Pour mémoire je vous rappelle un projet (j’ignorais qu’il avait vu le jour) dont on avait beaucoup parlé dans les années 80, vite enterré car il fallait obliger les gens à acheter de nouvelles platines de lecture & changer toute leur discothèque : la lecture optique des 33 t/mn : Lien J’ai retrouvé cela au Japon.

      • kutabali62
        kutabali62 répond à 101.7
        militaire
        • Posté à 15h11 le 18/01/2009
        • Internaute 57719
          militaire

        bravo pour l’argumentaire , bien pensé , bien formulé ; avec une bonne chute ...

  • harey
    harey
     !
    • Posté à 15h18 le 17/01/2009
    • Internaute 63357
       !

    C’est agréable, un article qui ne dit pas que les Internautes sont les grands méchants loups de la musique (raccourci trop souvent fait entre hausse des téléchargement et baisse des ventes de CDs).

    J’écoute moi-même énormément de musiques sur Internet, souvent tout simplement via Deezer ou des clips sur youtube mais parfois par de la musique téléchargée par des amis qui me l’envoie. Si je n’avais pas connu ces artistes grâce au téléchargement, jamais je n’aurais par exemple acheté le premier album d’El perro del mar ou Hafdis Huld. Mettre 15 euros dans un CD sans connaître l’artiste...

    Je pense qu’Internet permet justement de dynamiser les artistes de qualité, capables de nous pondre de bons albums contrairement à (c’est mon impression) ceux qui font deux petites chansons écoutables au milieu de 13 titres bouche-trous. De même pour les concerts, avoir au moins écouté quelques chansons sur Internet permet d’avoir envie de voir un groupe (une nouvelle fois, payer 15 euros pour un groupe que je ne connais pas, mon budget d’étudiante ne me le permets pas).

    Pour terminer avec mon petit pavé égocentrique, j’aime bien également les vinyles, mais là c’est plus le fait de trouver un « vieux truc » sympa en fouinant sur un marché aux puces ou une brocante.

  • Qouyub
    Qouyub
    NC
    • Posté à 16h39 le 17/01/2009
    • Internaute 65801
      NC

    Le CD pas encore mort ? Quel dommage !

    Quel support affreux que le CD : il se raye facilement, il est sensible à la poussière, il viellit mal, les boîtiers faits de ce mauvais plastique s’opacifient avec le temps, cassent. Et en plus le son restitué est loin de ce que la technologie d’aujourd’hui pourrait nous offrir de mieux.

    Qu’il est loin le temps où nous nous extasions sur la qualité du support « mini-disc » ou MD. On se souvient des musiciens et professionnels qui ne juraient que par lui. Le support était protégé par une boîte, plus petite que le CD, plus facilement transportable. Il était inrayable et pratiquement incassable. Et la qualité d’enregistrement était inpeccable. Le seul problème était alors le prix, plus cher de quelques euros.

    Et le mp3 ? Quelle chute de qualité ! Le son est plat, vide de contrastes. Alors payer pour un format de musique aussi médiocre, bien sûr que non !

    En revenant sur l’histoire des support, on pourraît faire ce type de comparatifs avec les images qui innondent internet, et qui ont elles aussi des droits d’auteurs. La photo argentique, c’est fantastique ! autant que le vinyl analogique, avec ce grain inimittable. Avec le MD, on est arrivé à une réelle qualité numérique, presque autant que « MiDi », comme des images en format « .tiff », viens après le CD et sa qualité « .Jpeg » haute résolution, et le mp3 qui s’associe à la qualité des Jpeg moyennes résolution, donc de mauvaise qualité.

    Si les ventes chutent, et si le téléchargement a explosé, il semble que la faute soit en grande partie celle du choix de support CD, qui n’a su séduire, ni par sa qualité, ni par sa tenue, ni par son côté « bel objet » et dont le seul intérêt est d’être peu coûteux.
    Voilà le prix que payent les professionels et les artistes au prix d’une démocratisation d’un support auquel on pourrait presque ajouter le qualificatif « jetable ». Sans doute aurions-nous dû s’accomoder d’un prix plus élevé pour plus de qualité, mais les études marketing des distributeurs en ont décidé autrement.

    Le vinyl, lui, est un bel objet, en dehors même de son utilité, avec ces grandes pochettes, ces doubles albums et surtout sa résistance au temps. Et l’on a pas réussi a restituer cet aspect aux supports d’ajourd’hui, a donner une autre dimension, une autre idée que le support musical ne sert pas qu’à restituer de la musique. Mais qu’il est un objet, presque un artisanat, qui lui, ne se télécharge pas.

    QOUYUB

  • baxbrin
    baxbrin
    Enseignant en IdF
    • Posté à 18h11 le 17/01/2009
    • Expert 40469
      Enseignant en IdF

    Mais que les majors sont nulles en marketing ! Le constat est clair depuis le début des téléchargements sur internet. En voulant verrouiller les CD ils ont déjà bien tué le marché, pareil avec les DRM qui freinent évidemment les gens qui voudraient télécharger « légal ».

    MAIS SURTOUT les majors devraient chercher de nouveaux talents, au lieu de fabriquer de la soupe pour supermarchés. Elles devraient promouvoir la musique par des concerts (le premier métier des musiciens en principe, il faudrait s’en rappeler) au lieu d’attendre, les miches dans un gros fauteuil moelleux, que le péquin aille acheter leur galettes à la Fnac.

    Les moyens commerciaux existent pour relancer les ventes de supports (dvd musicaux par exemple) mais il faut de l’imagination... et ne pas se contenter de la facilité : vendre un produit toujours trop cher en criant bouh les vilains pirates.

    Dès le début le CD était le support le moins cher, mais on nous le vend encore au prix fort.

    Les majors travaillent depuis 20 ans dans la facilité et avec plusieurs trains de retard, au mépris du public, des artistes et de la musique.

    Si elles ne vendent plus c’est parce qu’elle ne font pas leur boulot, point.

  • OapTao
    OapTao
    écrivain
    • Posté à 18h44 le 17/01/2009
    • Internaute 58178
      écrivain

    A voir le nombre de commentaires (et leur longueur), je constate que la mort éventuelle du CD et le sempiternel débat CD/Vinyle (cf Mac ou PC, Peugeot ou Renault...) consomme toujours beaucoup d’encre (virtuelle). Perso, fan de musique depuis toujours, j’ai utilisé tous les formats (sauf le laserdisc) et je les ai tous aimés ! Quand j’achetais du vinyle, je l’enregistrais aussitôt sur K7 pour avoir un son « propre », sans grattements ni rayures. Combien de millions de vinyles ont été copiés sur K7 ? Certes, le son était moins bon, mais avec une bonne platine et de bonnes cassettes, ça le faisait. Puis c’est devenu transportable avec les Walkman... Maintenant, quand j’achète des cd, c’est en effet souvent des « collectors » ou des trucs qui ne se trouvent pas en téléchargement, légal ou non... Quant au mp3, arrêtez de chipoter : un téléchargement à 256, voire 320 kbps est aussi bon qu’un CD du commerce ! Quant à « l’incivisme » des gens qui téléchargent gratis leurs groupes préférés : rappelons que le dernier album de Nine Inch Nails (diffusé sans le concours d’une major) était disponible en 4 formats : gratis (mp3 « basique »), à 5 $ (il y avait l’artwork avec pour se faire son propre cd), à 15 $ (CD physique + 1 CD bonus) et l’édition collector à 140 $ (superbe coffret, 4 CD, un livret, des stickers, etc). Eh bien, l’édition collector a été épuisée en moins d’une heure et avec ce système, Trent Reznor a gagné 22 millions de dollars... La mort des majors, oui, et c’est tant mieux ! Mais les artistes, eux, survivront, s’ils ne prennent pas leur public pour des cochons de consommateurs !

    • 101.7
      101.7 répond à OapTao
      Promeneur
      • Posté à 19h03 le 17/01/2009
      • Internaute 59121
        Promeneur

      « “Quand j’achetais du vinyle, je l’enregistrais aussitôt sur K7 pour avoir un son ‘ propre ’, sans grattements ni rayures.” »

      C’est ce que faisaient pas mal de gens, et puis ça s’écoutait dans la voiture. Même si le son était pas terrible comparé au disque ça passait. J’avais la chance de faire les copies des disques neufs sur un Revox à bandes, ce qui donnait une restitution fidèle on se faisait aussi ses petits programmes et les disques restaient neufs.

      « “Quant au mp3, arrêtez de chipoter : un téléchargement à 256, voire 320 kbps est aussi bon qu’un CD du commerce !

      Pas d’accord, mais alors pas d’accord du tout si on écoute ça sur une chaine, bien installé chez soi. Ecouter un mp3 de Chet Baker ou l’écouter sur FIP ça change vraiment de dimension.
      Et encore à l’époque il n’enregistraient pas avec la même qualité studio et post prod qu’aujourd’hui.
      La septième de Beethoven en mp3, ça doit rendre fou aussi bien un mélomane, un musicien ou un audiophile.

      D’ailleurs ce qui me chagrine c’est de voir le matos de fou des studios d’enregistrements et tout ça pour vendre du mp3 sur le net... une Ferrari pour rouler sur un chemin de campagne plein de cailloux.

      ‘La mort des majors, oui, et c’est tant mieux ! Mais les artistes, eux, survivront, s’ils ne prennent pas leur public pour des cochons de consommateurs !

      Là je vous rejoins totalement. La démocratisation de l’accès au public par les artistes est un grand pas en avant. C’est là que le bât blesse pour les majors. S’ils pouvaient supprimer tout ce qui n’est pas leur’ commerce sur internet ils ne se gêneraient pas.

      Et puis quand même on oublie que la vocation première d’un artiste c’est d’être sur scène, devant un public, de donner de sa personne, de faire naître une osmose entre lui et son public, pas de donner son dos aux majors et autres parasites afin de se faire tondre le peu de laine qui reste.

      Combien touche un artiste débutant sur un disque vendu ? Quel pourcentage ? Ou sur un mp3 téléchargé ?
      Combien touchent les majors ? Les agents, impresarii ?

      Un dernier point, on a l’impression que ce qui n’est pas matérialisé ne vaut rien. Ca s’efface d’un clic ou suite à un crash du disque dur... tandis qu’un disque réel, vinyle ou CD a une valeur autre qu’un vague souvenir entendu.
      Une trace de ce qu’on a aimé et qu’on aime encore.

      • baxbrin
        baxbrin répond à 101.7
        Enseignant en IdF
        • Posté à 23h43 le 17/01/2009
        • Expert 40469
          Enseignant en IdF

        Bien d’accord avec vous sur la qualité !

        Mais quand on voit à quel son pourri les jeunes d’aujourd’hui sont habitués : walkman ou MP3 à fond (par principe... donc avec un max de distorsion), radios Cd à fond (idem + bass boost qui sur-sature), et sono trop forte quand ils sont en concert. Mais n’oublions pas la cerise sur le gâteau : le haut-parleur du portable (évidemment à fond lui aussi, quoi !), ce qui est un sommet de l’écoute pourrie de musique.

        Belle génération de sourds incultes profonds qui arrive !

         
        • Qouyub
          Qouyub répond à baxbrin
          NC
          • Posté à 17h54 le 18/01/2009
          • Internaute 65801
            NC

          Sympathique constat pour « les jeunes ».

          Je m’éclatais aussi les tympans à l’époque sur du materiel de mauvaise qualité, pour une question financière. Je m’éclatais aussi les tympans en bidouillant mes pédales d’effets pour m’extasier comme un imbécile sur le résultat, ne m’empêchant pas par la suite d’apprécier, voire d’être pointilleux sur la qualité sonore.

          Je n’apprécie pas les propos qui s’appuient sur de mauvaises analysent et qui rendent les débats stériles. Et surtout que le : « mais ces jeunes n’y comprennent rien » ou « c’était plus comme avant » sont passés, repassés et avariés.

          Quand on est jeune (je parle d’une bonne quantité de jeunes), on est con et content de l’être, l’essentiel étant d’en profiter avant de devenir con et mécontent de l’être.

          • baxbrin
            baxbrin répond à Qouyub
            Enseignant en IdF
            • Posté à 23h55 le 20/01/2009
            • Expert 40469
              Enseignant en IdF

            Alors l’ado sur le retour, je vais lui préciser les choses.

            Déjà « s’exploser les tympans » veut dire « se les niquer définitivement » car l’oreille ne se répare pas. Segundo il suffit de regarder et surtout d’écouter dans les transports ou dans la rue : les jeunes actuels n’écoutent que des sons pourris ou trop forts (je ne parle en aucun cas de la musique qu’ils écoutent, mais du système de diffusion).

            Pour les « débats stériles et mauvaises analyses » : vous savez de quoi vous parlez, et pas qu’un peu. Le pire est que je suis sûr que sur le fond on est d’accord, vous avez juste réagi sur une formulation sans sans chercher le sens global de mon post.

            Il est clair que les jeunes d’aujourd’hui sont trop habitués à du son déformé ; je ne les critique pas eux, mais l’acculturation organisée et mercantile de notre société. La consommation du n’importe comment.

            Et pour en juger je suis musicien professionnel et ancien ingé son... donc les watts et leur qualité, je connais. C’était mon métier jusqu’à ce que je décide que j’aime trop la musique pour exposer plus longtemps mes oreilles.

            Mais c’est dommage que je doive me justifier car vous avez lu en diagonale.

            Tant pis si vous n’appréciez pas.

        2 autres commentaires
  • pima
    pima
    assis sur ses fesses
    • Posté à 19h00 le 18/01/2009
    • Internaute 39367
      assis sur ses fesses

    ben on parle pas du classique....

    compression et mp3 ne font pas bon ménage, et les capacités en débit et en mémoire des pc ne sont pas encore suffisante pour penser à laisser tomber le support physique.

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