14/01/2009 à 10h54

« Slumdog Millionaire », le film qui va gagner des millions

Aujourd'hui l'Inde"
Morgane Jézéquel | Aujourd'hui l'Inde.com

Petite originalité cette semaine, avant de recevoir et de mettre en ligne vos critiques, nous vous proposons de lire celle de nos confrères d’Aujourd’hui l’Inde sur le long métrage de Danny Boyle, « Slumdog Millionaire ». Pour le reste c’est comme d’habitude, vous avez jusqu’à lundi midi pour déposer vos propres critiques dans les commentaires ci-dessous.


(De Delhi) Rares sont les films occidentaux à s’intéresser à l’Inde. Encore plus rares sont ceux qui réussissent à se faire remarquer. « Slumdog Millionaire » de Danny Boyle, qui raconte les aventures d’un enfant des bidonvilles de Bombay qui se retrouve dans l’émission « Qui veut gagner des millions ? », est l’un d’eux.

Considéré par le Times comme l’un des dix films les plus importants de 2008, il a remporté quatre Golden Globes cette année, dont celui de meilleur film dramatique, et est l’un des grands favoris pour les Oscars… Rien ne prédestinait pourtant ce film à petit budget à un tel succès critique. (Voir la bande-annonce.)



L’histoire se déroule à Mumbai où Jamal, un jeune homme issu des bidonvilles, participe à l’équivalent indien de l’émission « Qui veut gagner des millions ? ». Contre toute attente, Jamal gravit les échelons du jeu et n’est plus qu’à une question de la victoire quand il se fait arrêter par la police qui le soupçonne de tricher.

En garde à vue, il devra expliquer comment il connaissait les réponses aux questions posées. Et reviendra, pour cela, sur son enfance où chacune de ses aventures lui a apporté les connaissances nécessaires au jeu télévisé.

Un film acclamé partout où il passe

Une histoire adaptée du livre de Vikas Swarup, « Les Fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire ».

Pourquoi le Britannique Danny Boyle s’est-il intéressé à ce sujet ? Le réalisateur de « Trainspotting », « 28 jours plus tard » ou encore « Sunshine », n’avait jamais mis les pieds en Inde avant de se lancer dans ce projet. Il ne parlait pas non plus un mot d’hindi, une langue pourtant utilisée dans un tiers des dialogues du film.


’Slumdog Millionaire’ de Danny Boyle.

C’est que ce réalisateur aime les défis. Depuis des années, il clame à qui veut l’entendre que les premiers films sont toujours les meilleurs, car les plus purs. Alors, pour se mettre lui-même en situation de débutant, il a décidé de réaliser un long-métrage dans et sur un pays inconnu à mille lieues des valeurs de son Angleterre natale.

Très touché par sa découverte de l’Inde, Danny Boyle a été bouleversé par la situation des enfants des bidonvilles de Mumbai qui ont participé au film. Dans l’Hindustan Times, Danny Boyle explique :

« Un jour, nous avons entendu dire que la maison de Azza (qui joue le jeune Salim) avait été démolie. Nous avons envoyé des personnes à sa recherche, et on l’a retrouvé en train de dormir sur le toit d’une voiture. »

Un exemple parmi d’autres qui a poussé le réalisateur à créer un fonds pour ces enfants, afin de leur donner accès à l’éducation.

Depuis sa sortie, le film est acclamé partout où il passe. En Inde, sa sortie, prévue le 23 janvier, est attendue avec impatience. D’autant que le compositeur du film, A. R. Rahman, est le premier Indien à avoir remporté un Golden Globe. Une bonne partie de l’équipe est donc issue de Bollywood, mais le jeune héros, lui, est interprété par un acteur britannique nommé Dev Patel, déjà connu pour avoir joué dans la série télévisée « Skins ».

Le succès du film ne fait que commencer. Nul doute qu’en plus des récompenses, le bouche à oreille a encore un grand rôle à jouer.

En partenariat avec :

Lire aussi :
► La biographie de Dev Patel (en anglais).
► La filmographie de Danny Boyle.

Publié initialement sur
Aujourd'hui l'Inde
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  • EtreProprio.com
    EtreProprio.com
    annonces immobilières
    • Posté à 10h56 le 14/01/2009
    • Internaute 65162
      annonces immobilières

    « Le succès du film ne fait que commencer. Nul doute qu’en plus des récompenses, le bouche à oreille a encore un grand rôle à jouer. »

    Et de bons articles comme le votre donnent également envie d’aller voir le film ...

    Merci.

    • upandgo1492
      upandgo1492 répond à EtreProprio.com
      mormon
      • Posté à 19h15 le 14/01/2009
      • Internaute 66064
        mormon

      [...]nous vous proposons de lire celle de nos confrères
      d’Aujourd’hui l’Inde sur le long métrage de Danny Boyle, « Slumdog Millionaire »,

      Tu sais pas lire ?

    • jjhb
      jjhb répond à EtreProprio.com
      cosmonaute
      • Posté à 00h46 le 15/01/2009
      • Internaute 44957
        cosmonaute

      Une chose est sûre, le film, comme tout les films adaptés d’un livre, n’arrivera pas à la cheville de l’ouvrage ! ! !

      Allez voir le film si ça vous dit, mais ne délaissez pas pour autant le bouquin qui se lit comme du petit lait, ou du grand armagnac :)

      parole de cosmonaute :)

  • le soudanais
    le soudanais
    ici et là
    • Posté à 11h39 le 14/01/2009
    • Internaute 16438
      ici et là

    Q&A est un livre sympathique, qui se lit facilement, pas un chef d’œuvre, mais un récit intéressant. Apparemment, quelques chargements ont été fait dans le scénario, notamment le nom du héros qui initialement s’appelait Ram Mohammad Thomas, syncrétisme des cultes majeurs en Inde (et accessoirement l’explication d’une des réponses). Il serait intéressant de voir si la liste des 12 question a également subit des changements !

    Je conseille d’ailleurs « The White Tiger » qui vient de recevoir le Booker Price à ceux qui apprécient la littérature indienne, facile à lire aussi, et oh combien instructeur sur les rapports sociaux dans la plus grande démocratie du monde.

  • said sellali
    said sellali
    cadre à nantes
    • Posté à 12h17 le 14/01/2009
    • Internaute 25979
      cadre à nantes

    Le film est déjà un carton au box -office américain : 37 millions de recettes pour un budget de 15 millions de dollars avec un excellent bouche à oreille qui continue.

    • GGGG
      GGGG répond à said sellali
      (r)
      • Posté à 12h35 le 14/01/2009
      • Internaute 49060
        (r)

      A quand un film sur une histoire incroyable, délirante : La Sécurité Sociale pour tous en Inde ?

      • Pol_Liber
        Pol_Liber répond à GGGG
        intermittent profiteur
        • Posté à 12h51 le 14/01/2009
        • Internaute 39199
          intermittent profiteur

        hahaha pourquoi pas l’éducation gratuite pour tous pendant qu’on y est ?

  • lorenzo68
    lorenzo68
    (cadre)
    • Posté à 12h44 le 14/01/2009
    • Internaute 66014
      (cadre)

    Préparez vos yeux, vos oreilles et votre cœur. Car le nouveau film de Danny Boyle, loin de ne proposer qu’une bouleversante histoire d’amour, constitue également une exceptionnelle expérience visuelle et sonore de 120 minutes non-stop. Le réalisateur avait déjà fait preuve avec Sunshine de sa faculté à livrer une œuvre sensitive remarquable et hors de tout sentier battu. Il réitère l’expérience avec Slumdog Millionaire, laissant de côté la science-fiction au profit des incroyables paysages de l’Inde. Et le résultat est un éblouissement de tous les instants.

    A travers l’histoire d’un jeune Indien issu des milieux défavorisés de Mumbai se trouvant sur le point de gagner 20 millions de roupies à l’émission Qui veut gagner des millions, Danny Boyle nous propose une parabole sur le destin, en suivant le parcours bouleversant du héros, de son enfance dans les bidonvilles jusqu’à sa participation à la célèbre émission télévisée, les choix narratifs de Boyle consistant en une série de flash-backs nous permettant de comprendre comment ce « pouilleux des bidonvilles “ (le slumdog du titre) a pu répondre correctement à toute une batterie de questions de plus en plus pointues. Et c’est ainsi à une plongée vertigineuse, pleine de bruits et de couleurs, de sons et d’images plus enivrantes les unes que les autres, que nous convie le metteur en scène, parvenant à transporter le spectateur dans un maelström ininterrompu d’émotions, qu’elles relèvent de l’ordre du sensoriel ou de l’émotionnel, soutenu par une formidable musique qui contribue pleinement à l’expérience qui nous est proposée. A ce titre, ce serait un crime de quitter la salle sans assister à l’extraordinaire générique de fin, véritable hommage aux films bollywoodiens à travers une danse galvanisante en diable.

    Le thème central du film (le destin de l’individu, et la croyance en une destinée qui serait écrite) reprend l’un des aspects de la culture indienne, et constitue le fil conducteur du récit. Ainsi, l’immersion procurée par le film ne se veut pas que sensorielle, mais propose également une réflexion sur une croyance constituant l’un des fondements de la culture indienne.

    Impossible également de ne pas souligner la prestation des acteurs, Dev Patel et Freida Pinto en tête, la beauté lumineuse de cette dernière, outre la qualité de sa prestation, emportant à elle seule l’adhésion.

    C’est finalement avec les yeux et les oreilles remplies d’ivresse et une émotion au creux du ventre que l’on sort de la salle, redevables à Danny Boyle d’avoir su nous prendre par le col et nous jeter à travers l’écran, nous en faisant ressortir forts d’une expérience rare et inoubliable.

    • sup à la demande du riverain 28.09.09
      • Posté à 21h38 le 14/01/2009
      • Internaute 57826

      D’accord alors parlez nous des cadavres qui jonchent les rues de certaines cités et pourissent a la vue de tous,
      Parlez nous de ceux qui recupèrent les dents et les os de ces memes cadavres et qu’on retrouve sous forme de poudre chez nos dentistes occidentaux....
      Parlez nous du karma...
      Mais ne me parlez pas de : Qui veut gagner des millions
      On habille toujours la misere sous des couleurs chatoyantes et dfes chants mimant le bonheur parce qu’il y a peu pour remplir l’estomac.... ;

  • glafouk
    • Posté à 13h04 le 14/01/2009
    • Internaute 14743

    « il clame à qui veut l’entendre que les premiers films sont toujours les meilleurs » qu’il dit l’père Danny... c’est pas faux à son sujet, il eut « petits meurtres entre amis », puis « trainspoting », puis... plus rien de bon à voir...

    Et là, entre la bande annonce façon « je te colle d’la voix off genre grave et rassurante comme dans les pub macdo », le je te met du A-Ha (enfin ça fait sourire et ça rappelle le collège) dans les oreilles, et le sujet, baheu, on est plus dans la case cinéma là... c’est de l’entertainement pour prime time (avec ou sans pub, selon la chaine).

    A quelques kilomètres de là, « My magic » d’Eric Khoo ça a quand même vachement plus de gueule, mais pas le même succès, ni les récompenses, ni le bouche à oreille... So sad so bad...

  • baiia
    baiia
    cadre commercial
    • Posté à 16h58 le 14/01/2009
    • Internaute 45976
      cadre commercial

    J’ai voyagé dans toute l’inde pendant 18Mois, et j’ai vraiment hate de voir ce film, pour me rappeler de ce pays extraordianaire, magique et deroutant pour des occidentaux a la fois. C’est génial pour ce pays qui mérite vraiment d’être connu.

    • GGGG
      GGGG répond à baiia
      (r)
      • Posté à 18h43 le 14/01/2009
      • Internaute 49060
        (r)

      J’ai voyagé dans toute l’Auvergne pendant 18Mois, et j’ai vraiment hâte de voir ce film, pour me rappeler (un peu) de ce pays extraordinaire, magique et déroutant pour des occidentaux à la fois. C’est génial pour ce département qui mérite vraiment d’être connu.

  • Jovan
    Jovan
    Nouille Orquee
    • Posté à 17h54 le 14/01/2009
    • Internaute 8380
      Nouille Orquee

    Slumdog Milionnaire est sorti aux alentour de Thanksgiving aux US et a New York il n’y avait que quelques salles « elitistes » qui le projetait. Depuis quelques semaines environs (cela coincide avec les nominations de golden globes), toutes les plus grandes salles le diffuse.

    Je n’ai pas l’ame d’un critique, je ne m’etendrais donc pas sur la photo (superbe), le jeu des acteurs (impec meme les gamins qui venaient des slums pour de vrai sont excelents), la narration (qui se boit comme du petit lait), la musique (qui fait regretter d’etre assis dans un fauteuil) et puis l’Inde, personnage a part dans ce film avec ses ombres et ses lumieres qui sont mis en exergue par le destins des deux freres Salim et Jamal (desole le soudanais, ils ont change le nom du perso principal, mais il est toujours musulman...).
    Il ne faut juste pas perdre de vue que ce n’est pas l’Inde qui est decrite la, mais bien la vue occidentale de l’Inde.
    Ce n’est pas non plus la vue idyllique des films de Bollywood.

    En ce qui concerne l’adaptation du bouquin, les scenaristes ont fait un excelent boulot. Le bouquin est plus une collection de fables qu’une narration filee. Ils ont du adapter certain passages, pour faire un tout consistant, mais le resultat est a la hauteur. Si vous avez lu le livre, essayer de l’oublier pendant deux heures.

    Bref allez voir ce film, c’est depaysant, et au pire, vous passerez juste un bon moment.

  • TARPON
    • Posté à 19h21 le 14/01/2009
    • Internaute 27263

    je voudrais pas etre trop exigeant,mais si vous choisissiez un film qu’on puisse pirater quelques semaines à l’avance ,ça rendrait les commentaires plus faciles car si j’attends que le film arrive sur place je risque d’etre un peu decalé..

    • jjhb
      jjhb répond à TARPON
      cosmonaute
      • Posté à 00h41 le 15/01/2009
      • Internaute 44957
        cosmonaute

      tu peux trouver le livre dans n’importe quelle bonne médiathèque depuis au moins deux ans ?

      • TARPON
        TARPON répond à jjhb
        • Posté à 13h49 le 15/01/2009
        • Internaute 27263

        oui mais pas en Braille.

  • jjhb
    jjhb
    cosmonaute
    • Posté à 00h39 le 15/01/2009
    • Internaute 44957
      cosmonaute

    Je préfère rester sur le plaisir que j’ai eu à lire le livre :)

    Le cinéma m’emmerde ; il faut sortir de chez soi ; il faut faire la queue ; c’est cher ; et en plus on se fait matraquer par vingt minutes de publicités avant la séance !

    Vive la lecture !

  • itzamna
    itzamna
    Un gars sur 6 milliards d'autres
    • Posté à 11h21 le 15/01/2009
    • Internaute 66101
      Un gars sur 6 milliards d'autres

    N’ayant pas vu ce film encensé de toutes parts, j’aimerais donner un éclairage différent après la lecture récente du roman de Vikas Swaroop.
    Il s’agit d’un bouquin dans l’ensemble très moyen, qui se lit aussi vite qu’il a dû s’écrire. Pas de style, pas de vocabulaire, la forme est une ode à la redondance et l’ennui.
    En ce qui concerne le fond, j’ai regretté de part en part l’absence de psychologie des personnages (hormis le « héros ») et le manque de cohérence d’un chapitre à l’autre. On passe du tout au tout, c’est une superposition de petites histoires qualitativement très différentes, parfois tirées en longueur ou au contraire écourtées sans raison. Le fil rouge du roman étant l’émission « Qui sera milliardaire ? » (en roupies bien sûr), il impose une linéarité de l’histoire et peu de place aux retournements de situation, fait très regrettable quand on part d’une idée intéressante.
    La fin est prévisible dès les premiers chapitres, jamais de surprise...
    C’est à peine si on a l’impression de lire un roman. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’un condensé de reportages sensationnels à la sauce TF1, d’ailleurs sans doute édulcorés dans le film.
    Ayant voyagé à trois reprises en Inde, on ressent - malgré les nombreux défauts littéraires de ce « pet littéraire » - un vécu réaliste quoique diabolisé : des abus sexuels tout le long, de la pauvreté en veux-tu en voilà, des riches méchants et des pauvres gentils comme Casimir...

    Je suis stupéfait de voir qu’un film tiré d’un bouquin pareil puisse plaire autant, mais c’est peut-être l’exception qui confirme la règle « le roman est toujours mieux que le film ».
    Il me semble - mais je me trompe peut-être - que le phénomène du succès de ce film ne s’explique pas par la qualité de l’histoire mais simplement par l’arrivée du cinéma « indien » sur la scène internationale. En effet, qui d’entre nous peut citer 3 films majeurs de Bollywood ? Mais maintenant, l’Inde s’impose comme économie mondiale et force est de constater qu’on devra encore subir de nombreux films à l’eau de rose chargés de faux sentiments.

    • UnHumain
      UnHumain répond à itzamna
      cadre
      • Posté à 13h27 le 15/01/2009
      • Internaute 66119
        cadre

      J’ai découvert ce film hier soir, avec un a priori très positif. J’aime voir les films étrangers, japonais, turcs, etc. Le commentaire de Itzmana, sur le livre dont le film est tiré, correspond parfaitement au film. Non le film est sans doute pire : artificiel, prétentieux, ridicule, niais, même pas kitsch.

      Pourquoi ? Aucune surprise, aucun effet dramatique (l’émission « qui veut gagner... », qui certes n’est pas mon truc, contient beaucoup plus d’effet dramatique) ; des répliques prétentieuses qui se croient pleines d’esprit, aucun humour des situations, autre que bêtifiant, aucune chaleur humaine (des bons comme des méchants, sans nuance mais surtout sans caractère) ; un procédé artificiel d’épisodes tous plus débiles les uns que les autres, jalonnant la vie d’un pauvre hère, et lui permettant de répondre aux questions exactement dans l’ordre où elles lui seront posées dans l’émission. Un conte de fée romantique ? Une idéologie réactionnaire où l’expérience ultime de la vie est de gagner « qui veut... » Navrant !

      Oui les images sont belles, oui l’aspect documentaires de ces vignettes outrancières et débiles, pendant les premières minutes, retient l’attention. Et puis cela s’enfonce dans l’abîme.

      SVP allez revoir Satyajit Ray, ou même Devdas, Darjeeling Limited, Joue la comme Beckham...

    • stefz
      stefz répond à itzamna
      • Posté à 12h52 le 16/01/2009
      • Internaute 31756

      J’ai lu le boukin, en Inde, cet été, et je n’en ai absolument pas fait la même lecture que toi. Effectivement, ce n’est pas un chef d’oeuvre de littérature, faut pas déconner. Mais je me suis bien régalé du ton, de l’humour ironique du héros. Et la peinture sociale et culturelle ne me semble pas si caricaturale que ça. Ainsi, des tensions intercommunautaires : on sait assez peu ici que des graves affrontements, heureusement sporadiques, peuvent y causer des centaines de morts. Dans le bookin, le sort du jeune Salim y fait référence. Idem sur les rapports hommes/femmes, la vie dans les bidons-villes, etc. Le fait de le lire sur place m’a offert une mise en relief intéressante de ce je voyais et comprenais - ou tentais de comprendre - « en direct ». Je ne comprends pas non plus ta remarque sur la « linéarité de l’histoire et [le] peu de place aux retournements de situation », alors que justement, le récit est une série de flash back, et le lecteur est invité à reconstituer la chronologie de la vie du héros, ce qui est assez stimulant et plutôt bien vu, je trouve, chaque chapitre (une nouvelle question du jeu) démarrant sur une situation toute nouvelle.

      Il sera très intéressant de suivre les réactions au film en Inde même.

      Sur le film lui même : je vais le voir ce we, mais la bande annonce, très « Hollywood », me fait redouter le pire. J’espère qu’ils auront conservé l’humour très british du bookin original.

  • JDep
    • Posté à 15h10 le 15/01/2009
    • Internaute 40602

    La revanche des bas-fonds

    On n’y va pas de main morte, à Mumbai, pour s’assurer qu’un orphelin des bidonvilles n’a pas triché au jeu du Millionnaire : menottes, knock out, gégène... N’était la crainte d’ « avoir Amnesty international sur le dos », il ne restait pas lourd du slumdog (chien des bas -fonds) de 18 ans en passe de gagner le plus gros lot jamais atteint à la télé indienne.

    Le plus gênant, dans l’esprit des producteurs de l’émission, n’est pas que Jamal (Dev Patel) gagne, mais qu’il soit assez instruit pour cela. Il a triché, indubitablement. Il a donc droit à cet autre interrogatoire, en coulisse et musclé, qui sera le pivot du film, habile prétexte à revenir sur les épisodes de la vie d’un des plus pauvres spécimens terrestres. Chacune des réponses du « pouilleux » est décortiquée sur écran, chaque regard, pour situer l’éventuel complice. Et à chacune de ses réponses, qu’il doit expliciter, va correspondre un épisode de son histoire.

    Eprouvant et tonique

    Episodes éprouvants, car ce que vit un enfant des bidonvilles dépasse ce dont sont capables nos imaginations douillettes : expéditions « punitives » injustifiées mais légales, passages à tabac d’enfants qu’on exploite, qu’on mutile pour augmenter leurs « performances » de mendiants, dans l’indifférence d’une population tellement habituée à la misère que seul un touriste y prendra garde... Rescapés de ces horreurs, ou renforcés par elles, des liens forts d’amitié, d’amour, un appétit de vie redoublé par l’épreuve.

    De tout cela sort un film tonique, émouvant, au suspense efficace, où l’élan vital et l’humour ont le dessus, témoins la débrouillardise et le rire des enfants. Un film où le public trouve son compte, pas seulement le citoyen. Quant à celui du Millionnaire, réponse de Talika à Jamal qui demande « pourquoi tout le monde l’aime : - Parce qu’il lui permet de s’évader. »

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    • deecurl
      deecurl répond à JDep
      • Posté à 08h39 le 19/01/2009
      • Internaute 13077

      c’est aussi comme ça que je l’avais compris. rien à ajouter.

  • naturellement
    naturellement
    blogueur
    • Posté à 17h06 le 15/01/2009
    • Internaute 66148
      blogueur

    Billet publié sur mon blog
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    Mes plus fidèles lecteurs savent que je suis accro à la littérature (anglo-)indienne, et quelque peu du cinéma de Bollywood. La littérature contemporaine (anglo-)indienne, comme je l’écrivais tout récemment encore, est marquée par la confrontation entre la condition sociale, déterminée par la naissance, par la caste, et la modernité : le libéralisme social, en Inde comme en Occident, donnant à l’individu le droit à la dissidence de son habitus.

    Un seul roman que j’ai lu ces dernières années (Les Après-midi d’un fonctionnaire très déjanté, de Upamanyu Chatterjee) échappe à cette trame : le héros, issu de haute caste, intègre la haute administration ; le cours de sa vie étant à ce point déterminé qu’il s’ennuie à mourir, et se suicide.

    Cette confrontation est d’autant plus violente que la condition sociale, la caste, trouve ses racines dans des origines millénaires et reste lourdement ancrée dans le paysage sociologique indien : en Inde du Sud, dans l’Eglise chrétienne fondée par Thomas il y a près de 2.000 ans, les castes, pourtant d’origine hindouiste, restent une réalité, même atténuée. C’est aussi le cas dans l’islam.

    Les auteurs contemporains privilégient l’humour, et/ou les récits épiques, pour décrire cette confrontation. C’est le cas d’un roman dont je vous ai parlé il y a plus d’un an, Les Fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire, de Vikas Swarup. En deux mots, un jeune serveur de thé (bas de l’échelle sociale en Inde) gagne le gros lot à « qui veut gagner des millions ». Comment un gars quasi-illettré a pu répondre à ces 15 questions, il le raconte aux flics qui le soupçonnent d’avoir triché en expliquant comment il a pu trouver les réponses dans son existence épique.

    Ce livre vient d’être adapté au cinéma par Danny Boyle sous son titre original en anglais, « Slumdog Millionaire ». Je l’ai vu hier soir avec Mon Chevalier, et ce fut un pur délice, un film truculent et optimiste, qui pourtant ne cache rien de la réalité de l’Inde. Un pogrome anti-musulman est déclenché dans un « slum » (bidonville), la caméra montre la violence dans toute sa crudité. Des gosses orphelins sont transformés en mendiants estropiés, là encore, rien ne nous est épargné. Et pourtant. Et pourtant, même au milieu de cette horreur, Jamal, le héros, et son frère, savent créer des bulles de bonheur, où ils s’abandonnent à l’enfance, à l’insouciance. Le Canard Enchaîné de cette semaine ne s’y est pas trompé : « le talent de Danny Boyle est au service d’un grand film populaire, attachant, bourré d’énergie : le bonheur ».

    Un journal qui n’a pas aimé ce film, vous l’aurez compris, c’est Télérama :
    ...quelque chose dérange dans ces images exotiques, qui donnent de jolies couleurs même à la mutilation et à la mort. Entre saris criards, bande-son étourdissante et inévitable love story dégoulinante, le message clignote : il y a du bonheur et de la beauté même dans la misère...

    Traduction, pour Télérama, dans la misère, on n’a pas le droit d’être beau ou d’être heureux. Dans la misère, on doit lutter pour sa survie, collectivement, en maudissant le libéralisme. Dans la misère, il n’y a de plaisir que dans l’action politique. Bref, dans la misère, on ne peut vivre, on ne doit vivre, que comme il l’est montré dans les films de Ken Loach, en se battant contre le capitalisme mais pour l’honneur, car vous serez écrasés à la fin par des hyènes bourgeoises sans morale avides de fric.
    J’exagère ? Je caricature ? Non.

    A ce niveau de ce billet, je dois quelques explications à mes plus fidèles lecteurs. Pourquoi suis-je allé consulter la critique de Télérama alors que je m’en suis désabonné avec fracas ? Tout simplement parce que l’ami Antoine m’a invité à aller lire leur critique sur le film « le Che ». En fait, les deux critiques, le « pour » et le « contre ». Allez-y, c’est de l’anthologie. Le « pour », c’est parce que « le film pourrait durer des jours, on ne le sentirait pas, heureux d’être ainsi enrôlés » dans la révolution cubaine. Heureux d’être enrôlés dans une guerilla, vous avez bien lu... (Pour celles et ceux qui avaient encore un doute, ce journal n’est plus très franchement chrétien).
    Le « contre », c’est parce que « on y apprend qu’un révolutionnaire ça marche tout le temps, ça a mal aux pieds et ça obéit au doigt et à l’oeil à des petits chefs teigneux (...) de quoi décourager toute vocation ». Traduction, ce film est à jeter aux orties parce qu’il montre aux militants du NPA que, s’ils leur venait l’idée de mettre en pratique leurs idées révolutionnaires, il leur faudrait sortir leur cul de leur salle de réunion, faire la guerilla et obéir comme à l’armée. Et comme montrer la vérité vraie de ce qu’est une révolution vraie, ça a « de quoi décourager toute vocation », il ne faut pas le montrer... J’ose à peine imaginer les cries d’orfraie de Télérama s’il venait à l’idée d’un député UMP de déclarer qu’il ne faut pas montrer les réalités de l’armée française car cela aurait « de quoi décourager toute vocation »...

    Comment dans ces conditions voulez-vous que Télérama ait aimé un film qui, en ces temps troublés, donne du bonheur à une salle entière, même en montrant réellement la misère indienne, sans rien en cacher ? Un film qui déborde d’optimisme, où même un gamin pouilleux issu des bidonvilles (traduction de « slumdog ») peut avoir le choix entre l’humanité et la barbarie, et faire le bon choix ?

    Allez voir ce film, le louper serait dommage. Et n’hésitez pas à lire le livre : il est encore plus foisonnant, encore plus épique et, selon mes souvenirs, bien moins à l’eau de rose. Du bonheur, vous dis-je !

    Avant que je n’oublie : cérémonie la plus prestigieuse du genre après les Oscars, la 66ème édition des Golden Globes s’est déroulée dimanche 11 janvier 2009 à Beverly Hills et a largement félicité le réalisateur Danny Boyle et son film « Slumdog Millionaire » avec pas moins de 4 récompenses sur 14 : Meilleur Film, Meilleur réalisateur, Meilleur scénario et Meilleure musique originale !

    • Vuedechezmoi
      Vuedechezmoi répond à naturellement
      utopiste
      • Posté à 11h45 le 17/01/2009
      • Internaute 63037
        utopiste

      Avez-vous remarqué comment chaque année nous avons droit à l’événement du cinéma ? LE film qu’il faut aller voir ! LE plus gros budget du cinéma mondial ! ou encore : L’histoire la plus incroyable tirée d’une histoire vraie ! etc... Et oui, chers amis de ce monde merveilleux et plein de rêves made in Fricland, l’an passé nous avons eu droit à un « phénomène culturel » avec les « Ch’tis » et hop nous voilà à peine en 2009 que déjà les médias nous gavent avec leur « que pensez-vous de... ? ». Soyons clairs, personnellement je m’en tape de ce film sur comment un jeune pauvre des bidonvilles indiens (ça, ça se vend bien coco !), va faire fortune (ça aussi, coco, ça va cartonner !) avec un jeu à priori réservé à des gens « culturés » (un jeu télévisé, coco... tu vois le double coup qu’on fait ? !). Non franchement, plus je lis la presse, même sur rue89, plus je me dis, comme un témoin lecteur plus haut, qu’il faut vite reprendre nos bouquins et lire. Le rêve de Fricland assené à coup d’images énoooormes sur écran grande largeur, accompagné d’une bande son à devenir sourdingue, le tout arrosé d’une success story bien (B)hollywoodisée, non franchement je vous la laisse sans regret !
      Bonne lecture pour dimanche !

      • deecurl
        deecurl répond à Vuedechezmoi
        • Posté à 08h44 le 19/01/2009
        • Internaute 13077

        évidemment, quand on a pas vu le film...

        le jeune homme ne participe pas au jeu pour gagner les millions (même si c’est pas de refus, bien sûr) mais parce qu’il sait que sa bien-aimée dont il est séparé regarde cette émission...

        le rêve n’est pas sur le fait de devenir millionnaire, c’est un prétexte (original) pour raconter l’histoire du gamin des rues.

  • mathieu tuffreau
    mathieu tuffreau
    (cinéaste)
    • Posté à 11h53 le 17/01/2009
    • Internaute 66304
      (cinéaste)

    La surmédiatisation de la Chine en 2008 pour cause de mouvements d’autonomie au Tibet et de Jeux Olympiques a momentanément détourné l’attention de l’Inde, ce grand pays qui attire les plus grandes sociétés de haute technologie européennes et américaines, forme davantage d’ingénieurs que toute l’Europe, connait régulièrement des troubles religieux qui peuvent faire plusieurs dizaines de morts, et fait l’objet d’un très beau film de Danny Boyle, une sorte de Bollywood rock’n roll : Slumdog Millionaire.

    Du cinéma bollywoodien, Slumdog garde la formidable énergie, l’humour et la structure de conte de fée, en ancrant davantage le film dans le quotidien des plus pauvres : enfer des bidonvilles, trafic d’enfants condamnés à la mendicité, police corrompue par les puissants, massacres de Musulmans par les Hindous, etc. Danny Boyle a gardé de ses premiers films (Trainspotting, La plage) le goût pour les histoires déconstruites, les angles recherchés et le montage rapide. Ces trois dimensions épousent parfaitement les bouleversements incroyables que l’Inde est en train de vivre, où des bidonvilles laissent la place à des quartiers d’affaires et de haute technologie en l’espace de quelques mois.

    Le cinéaste refuse cependant le misérabilisme, s’appuyant sur la rage de vivre et de vaincre de deux enfants des bidonvilles, Jamal Malik (« Beau Roi » en arabe) et son frère, dont le premier participe à l’âge adulte à un jeu télévisé pour reconquérir le cœur de la belle Latikah, spectatrice de l’émission. C’est surtout le parcours qui mène aux bonnes réponses de ce joueur chanceux qui intéresse le cinéaste. Ce système de correspondance entre l’expérience du héros et son savoir est la plus belle découverte du film car elle célèbre l’importance de l’expérience du corps sur toutes les autres. Et il peut tout le corps de ce pauvre Jamal, martyrisé dans les fosses à merde, battu par les policiers, mais aussi sauvé en permanence par une idée fixe.

    Slumdog Millionaire est un grand film populaire en ce qu’il célèbre le Système D, l’amour et la chance. Son succès public et critique (triomphe aux Etats-Unis malgré l’absence de stars, 4 Golden Globes) permet de prédire qu’il aura sans doute la même influence sur le cinéma populaire qu’Indiana Jones et les aventuriers de l’Arche perdue et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, en introduisant un nouveau changement de paradigme.

  • Janie
    Janie
    Juriste
    • Posté à 13h47 le 17/01/2009
    • Expert 30983
      Juriste

    Le dernier film de Danny BOYLE est jubilatoire.
    Nous suivons avec intérêt et émotion le difficile parcours de ces enfants devenus adolescents. Lorsque le jeune Jamal Malik est interrogé au commissariat et passe un mauvais moment car personne ne veut croire que, né dans un bidonville, il ait pu connaître les bonnes réponses au jeu. : « Qui veut gagner des millions » On suppute qu’il a forcément triché. Alors Jamal raconte aux policiers son enfance misérable, les combines pour survivre, l’amour pour une jeune fille dont il a perdu la trace. Au fil des explications, nous comprenons le pourquoi de ses bonnes réponses..
    C’est un vrai film populaire avec de beaux sentiments, une énergie incroyable, des couleurs vives dans l’Inde d’aujourd’hui.
    Nous traversons une période ardue aussi allez voir ce film, il vous apportera du bonheur.

  • valzeur
    valzeur
    quidam
    • Posté à 00h59 le 18/01/2009
    • Internaute 54353
      quidam

    « Expérience rare et inoubliable “, ‘ Jubilatoire , Du bonheur ! Courez-y ! Woow ! ! ! Rien que ça ? Qui eût cru un jour voir ces cris d’extase associés non pas à un suppositoire d’opium ou à un gigolo surmembré mais à un film de Danny Boyle (sic), médiocre faiseur au non-style hideux ? Comme on aime les causes perdues, on y va ; la salle remplie frémit, s’angoisse et rit ; lumières, les vraies gens sont heureux - nous, comme on est cinéphiles (ouh ! cette insulte), forcément on a un peu plus de mal. Faisons la part des choses, Slumdog Millionnaire n’est ni honteux, ni captivant et se laisse suivre au gré d’innombrables facilités d’écriture (le frère virant ordure à chaque coup de mou du scénario). D’un matériau de départ plus que médiocre, Boyle parvient à tirer un fourre-tout bariolé et hurlard qui maintient l’attention éveillée comme un doigt dans le fondement. Si sa mise en scène - sans surprise - est pataude et confuse, il est à remarquer que les acteurs défendent vigoureusement leur bout de steak, notamment Anil Kapoor délectable en présentateur cauteleux. L’incarnation plutôt réussie bute toutefois sur l’irréalité globale de l’ensemble qui démarre façon néo-réalisme clippeux avant de virer à la bouillabaisse de genres avec grumeaux (romance, film de gangsters, survival social, melo Bollywood, n’en jetez plus…) On serait presque prêts à passer l’éponge mais, non finalement, parce que, au fond, Slumdog Millionaire nous pose problème. On n’a rien contre les divertissements populaires de qualité , encore faut-il qu’ils respectent l’environnement ou, au minimum, une vague éthique de cinéaste. Et dans le cas de Boyle, on peut clairement s’asseoir dessus. Voir de vrais enfants des bidonvilles apporter une micro-caution documentaire et payer de leur personne dans ce conte lénifiant qui fait d’un moins que rien une icône télevisuelle, un millionnaire aimé et un amoureux comblé après moults rebondissements outrés, c’est un peu fort de café, surtout après le passage Oliver Twist je t’énuclée, petit enfant des rues pour que tu chantes comme un rossignol . On veut bien excuser les ravis de la crèche qui se feront avoir à cet attrape-gogos mais ce décervelage light ne passera pas par nous.