Le statut d'auto-entrepreneur peut-il booster l'économie ?
Le slogan d’Hervé Novelli agace. Selon le secrétaire d’Etat en charge du commerce, « 100 000 Français vont devenir auto-entrepreneurs au premier semestre 2009, et 100 000 de plus au second semestre (...), soit chaque année, en rythme de croisière 500 000, entrepreneurs nouveaux ».
Sur Eco89, ces nouveaux entrepreneurs n’en sont pas
:
« Ce sont tous ceux qui vendent sur eBay et hésitent entre l’amateurisme et “le black” ; ce sont aussi les propriétaires de chambres d’hôtes, dont beaucoup n’étaient pas très attentifs à leurs obligations en tant que commerçants, ce qui déclencha la colère des syndicats hôteliers. »
Le statut chéri d’Hervé Novelli a en effet l’avantage de simplifier les démarches administratives pour ceux qui font moins de 80 000 euros de chiffre d’affaires pour la vente de produits, et 32 000 euros pour la vente de services.
Pour Thephysicist, le ministre semble confondre « entrepreneur nouveau » et « entreprises nouvelles ». Voire transformation d’activité « au noir » en activité déclarée.
Nipivime est encore plus sévère sur le chiffre de 500 000 nouveaux entrepreneurs :
« Même pas un slogan, un mensonge. Car sur les quelque 300 000 créations d’entreprises par an ces derniers temps, les deux tiers sont “ex nihilo”, les autres sont donc des transformations d’entreprises existantes.
Et sur ces deux tiers, combien sont de nouveaux entrepreneurs, et non une reprise d’une autre entreprise, pour des questions de statuts… ou de finances, ou la création d’une deuxième, pour une optimisation fiscale par exemple ? »
Fernando s’inquiète que les professions libérales ne puissent en bénéficier. Mais ce sera le cas au 1er février, assure Hervé Novelli sur le site Auto-entrepreneur.
Viva Zebda s’interroge : « En tant qu’élagueur cotisant à la MSA comme “non salarié non agricole”, ai-je droit a ce nouveau statut ? »
Le site gouvernemental lui répond :
« L’auto-entrepreneur peut exercer une activité commerciale ou artisanale en parallèle d’une activité principale, c’est-à-dire en complément d’un autre statut (salarié, demandeur d’emploi, retraité, étudiant…). »
La simplification administrative facilitera forcément la vie des nouveaux entrepreneurs, mais ne créera pas de marché nouveau. Ce sont les débouchés qui font l’entreprise avant tout.
Merci à Benoît Granger, Thephysicist, Nipivime, Fernando et Viva Zebda pour leurs contributions.
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« 500 000 entrepreneurs nouveaux chaque année en rythme de croisière »... si on rapproche des 800 000 naissances par an, ca signifie qu’en « rythme de croisière », on a les 5/8 de la population française qui est entrepreneur...
Voila donc un nombre qui n’a pas de sens, ou plutôt, qui ressort de l’effet d’annonce et pas de la réalité, communication plus qu’information. Même pas un slogan, un mensonge.
En fait, M. Novelli (et M. Chatel, qui a repris cela en tant que porte paroles du gouvernement) semble confondre « entrepreneur nouveau » et « entreprises nouvelles ». Ce qui n’est pas pareil : en fouinant un peu sur la toile, il semblerait qu’il ait environ 300 000 créations d’entreprises par an ces derniers temps, dont les deux tiers « ex nihilo » (les autres sont donc des transformations d’entreprises existantes). Et sur ces deux tiers combien sont de nouveaux entrepreneurs, et non une reprise d’une autre entreprise, pour des questions de statuts... ou de finances, ou la création d’une deuxième, pour une optimisation fiscale par exemple ?
Bref, l’objectif est d’augmenter de 70% les créations d’entreprises. Ce qui n’est pas rien. Mais
1- n’a rien a voir avec « 500 000 nouveaux entrepreneurs »
2- est un programme de long terme, entamé sous les débuts de Chirac. La France a déja le record du monde, ou presque, de création d’entreprises. Ca sert à quoi de vouloir aller plus loin, sinon pour se féliciter de « l esprit d’entreprise » ?
Esprit dont ne se revendiquent sans doute pas bien des chomeurs, créateurs par nécésité d’une micro entreprise (pour pouvoir démarcher, parce que non embauchés en CDI ni CDD, mais plutôt comme intervenants) et qui se retrouvent les « malgré nous de l’entreprenariat »
Pour résumer, une fable de plus dans un gouvernement décidément bien « renard », pour une simplification administrative qui relevait du bon sens (autrement dit, bravo pour la mesure, mais pourquoi en faire un tel flan ?)




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