Et pendant qu'il neigeait, ils étaient où les pouvoirs publics ?
Vingt centimètres de neige ont complètement paralysé Marseille. Insuffisance des moyens ou manque de réactivité des services publics ? Comme en 1987, dernier épisode neigeux de cette ampleur, les dispositifs mis en place n’auront pas suffi à éviter la grande pagaille.
Netchou, riverain de Marseille et de Rue89 a posté mercredi soir un commentaire dont de nombreux habitants partagent le contenu :
« Bloqué à Marseille, en centre ville j’ai pu m’apercevoir du laisser-aller des services municipaux dont je n’ai pas vu l’ombre d’un employé là ou quelques bras auraient pu dégager le trop de neige glacée dans certaines rues en pente. Je suis resté 3 heures à patiner de la Joliette jusqu’à l’entrée de l’autoroute-Est que j’ai emprunté pour rentrer sur Aubagne et ce malgré l’interdiction d’y circuler.
“Mais il n’y avait ni panneau, ni même un clampin officiel pour m’en empêcher. Je n’ose imaginer une catastrophe autrement importante au niveau régional, vu l’incompétence de ceux dont c’est le job, je flippe d’avance d’y être confronté. Et une pensée très forte pour tout ceux qui sont encore bloqués sur le réseau routier provençal et aux autres qui souffrent sans toit ni soutien... Tout les jours.”
Sur le site internet du quotidien La Provence, même son de cloche chez de nombreux internautes surpris, parfois même agacés, par le manque de réactivité des différentes collectivités.
“Pathétique, constatait Paudac, de Marseille, malgré les alertes météo, rien n’a été fait pour préparer les routes durant la nuit (...) On est la deuxième ville de France en population et on a le service public d’une bourgade de campagne”.
Il faut dire que, mal habituée, la “bourgade de campagne” qu’est Marseille ne s’est pas souvent retrouvée dans une telle situation : 30 centimètres de neige, un arrière-pays entièrement bloqué... il faut remonter à la fin des années quatre-vingt pour observer un tel phénomène.
“Ca manque de sel”
Où étaient-ils, alors, les hommes en jaune, ce mercredi 7 janvier ? Sur le terrain, bien sûr, se défendent la ville de Marseille et la communauté urbaine Marseille-Provence-Métropole.
Sur le terrain, mais avec les moyens du bord : soit, dans une premier temps, une petite dizaine d’engins spécialisés en tout et pour tout à la fois pour assurer le salage et le déneigement des 1250 kilomètres de voiries marseillaises. Soit, également, des agents “sans chaussures spéciales” et “en manque de sel”.
Le blogueur et astrophysicien Jacques Boulesteix, habitué de Marseille89, a publié ce matin un petit billet moqueur et un brin ironique sur ce dernier point. Il constate que “ça manque de sel” :
“Le salage préventif, ici, on ne connait pas. Contrairement, pas exemple au Nord de la France où, dès dimanche soir, les autoroutes avaient été salées préventivement. Du coup, lundi matin la circulation s’est plutôt bien déroulée sur ces grands axes.”
Sur LCM, La Chaîne Marseille, Patrick Rué, représentant du syndicat Force Ouvrière, majoritaire chez les agents municipaux, s’en est expliqué :
“Partout Marseille a été salée. Ceci était un salage de premier niveau, évacué à la première pluie. Si on avait eu l’information comme quoi il y avait des risques de chutes de neige plus élevés, il y aurait eu un salage beaucoup plus important.”
La faute à Météo France ?
Ah. La faute à Météo France donc, pas suffisamment fiable dans ses prévisions ? On rappelle toutefois du côté du centre interrégional d’Aix-en-Provence que l’épisode neigeux avait été annoncé depuis le début de semaine, le plan “Vigilance orange” déclenché dans la foulée et les services préfectoraux informés.
Ah. La faute aux services préfectoraux alors ? qui n’auraient pas assuré “une bonne coordination entre les différentes collectivités”. La communauté urbaine assure avoir dépêché un “agent coordinateur” dès le début de la matinée.
Jeudi 8 janvier dans l’après-midi, la ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le secrétaire d’Etat aux Transports, Dominique Bussereau, ont annoncé l’envoi d’une mission dans les Bouches-du-Rhône pour évaluer “les conditions dans lesquelles les différents opérateurs ont anticipé et géré les conséquences de cet épisode météorologique”.
Une décision aussitôt critiquée par le sénateur-maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, interrogé sur France Bleu Provence :
“Peut-être que les ministres seraient bien inspirés de regarder d’abord les services de l’Etat avant de regarder les services des collectivités territoriales dont la générosité est excessive, dont le dévouement a absolument été total et complet. Qu’ils fassent aussi une commission d’enquête, les ministres, à Paris.”
Dernier élément, s’interrogeait encore un internaute du site laprovence.com à propos du manque de moyens : est-il bien utile “d’investir dans du matériel qui ne servira pas une seule fois en dix ans ?” Voire en vingt.
Cette vraie question posée et en attendant d’y répondre, on fait comment quand il neige à Marseille ? Réponse avec les riverains du boulevard Notre-Dame, dans le 6e arrondissement, nouveau snowpark marseillais.
Addendum, le 09/01/2009 à 07h52 : Paragraphes sur la mission demandée par le gouvernement et la réaction de Jean-Claude Gaudin.
A voir aussi : Le diaporama de Marseille enneigée et les photos des riverains de Marseille89.
A lire aussi : Des effets bienfaiteurs de la neige sur la nature humaine.
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- Insuffisance de matériel, certainement. Est-ce anormal de ne pas disposer dans 13 de l’arsenal dont disposent les Savoyards ? ?
- Flegme méridional, sans doute aussi... Un coup de pelle à sel, une clope, un coup de pelle à sel, une blague, un coup de pelle à sel, un « jaune »... bah oui, on ne se refait pas.
- Mauvaises prévisions de Météo-France ? Sûrement aussi. En tout cas, si je me fie à ce qu’annonce leur site grand-public, je suis sûr de me retrouver en short dans la neige. Si l’info est tombée, ce fut trop tardif pour que la DDE ait le temps de rapatrier le matériel dont elle ne dispose pas. Du moins je suppose...
- Mauvaise coordination des services ? Peut-être. Je ne sais pas. Je n’y étais pas.
Et si on se disait que c’est tout simplement la faute du temps ? ?
Ben oui, il a neigé (beaucoup) dans une région qui n’avait pas vu ça depuis 20 ans. Ca arrive, ce genre de choses. On ne peut pas être fin prêts pour tout ce qui nous tombe sur le coin du bec.
Aujourd’hui on ne supporte plus d’être tributaires de la nature. Tout est tellement bien réglé et organisé qu’un grain de sable dans tout ça devient un scandale. On cherche des coupables, on s’accuse mutuellement, on se renvoie la balle.
On est désemparé en constatant que notre petit confort d’urbain moderne peut passer à la trappe en deux heures de chute de neige. On prend la trouille. On se rend compte qu’on n’est pas grand chose, en fait. Alors pour se convaincre que l’humain reste le maître, on cherche des coupables... humains.
Mais non... Je crois que pour le coup le ciel nous a fait une bonne petite farce, nous a rabattu un petit coup notre caquet. A lui la faute. Pas la peine de s’écharper. Il serait plus souhaitable d’assumer qu’on s’est fait avoir et d’unir les énergies pour mettre un terme le plus rapidement possible à la galère de tous les piégés qui se les gèlent dans des gymnases en attendant la fonte...




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