04/01/2009 à 13h38

L’autoréduction : ni vol ni escroquerie, plutôt une extorsion

Eolas | Avocat

Rue89 fait état d’une nouvelle forme d’action révolutionnaire baptisée « l’autoréduction », qui se manifeste dans des lieux, disons inattendus, puisque c’est aux heures d’ouverture du Monoprix qu’a désormais lieu le Grand Soir.

La rédaction de Rue89 m’a contacté pour me demander l’avis du juriste sur ces opérations. Le bon sens voudrait qu’elles fussent illégales, mais la police, qui a assisté à ces faits, n’est pas intervenue. Et la rhétorique des personnes concernées utilise des termes comme « réduction », « réquisition », affublés toutefois du préfixe auto-, qui veulent exclure toute illégalité.

Voici une excellente occasion de faire du droit sous a forme la plus pure : l’essence du travail de juriste consiste à qualifier, c’est à dire prendre un fait, une situation, et l’analyser sous l’angle juridique pour trouver la qualification adéquate.

Ensuite, il ne reste plus qu’à y appliquer les règles de droit en vigueur. N’oubliez pas : le vide juridique n’existe pas. Le droit est partout. Vous êtes cerné. Toute résistance est inutile.

Ce travail est essentiellement celui du juge, qui dit le droit, mais, en droit pénal, celui qui va retenir notre attention, c’est aussi celui du parquet que de proposer une qualification, et de l’avocat de la réfuter pour en proposer une plus conforme, sinon au droit, du moins aux intérêts de son client. Au juge de trancher.

Voyons tout d’abord les faits. L’ironie n’est pas nécessaire à l’analyse, c’est juste une coquetterie de l’auteur.

¡ Hasta los delicatesssen, siempre !

Ainsi donc, nos révolutionnaires des supermarchés ont le mode opératoire suivant : ils se rendent en nombre dans un magasin, remplissent des chariots de produits de première nécessité comme du saumon fumé et du foie gras (il y a certes aussi de l’huile et des pâtes), et, une fois aux caisses, ils refusent de payer, invoquant cet argument définitif (les italiques sont de moi) :

« C’est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement. »

Je retiens de prime abord que les Che Guevara de l’épicerie fine reconnaissent implicitement qu’en dehors des temps de crise, leur action est injuste, et constate avec effroi que vu mon menu de réveillon, je n’ai pas fêté le Nouvel An dignement selon leurs critères.

L’attroupement crée du désordre, bloque les caisses, ce qui entraîne un manque à gagner immédiat (les clients préférant renoncer à leurs courses et aller voir ailleurs si la révolution y est) jusqu’à ce que la direction du magasin cède et les autorise à partir avec ces produits. Comme le disent eux-même les Picaros des pique-assiettes, cités par Rue89 (je graisse) :

« Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d’affaires) ou prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons. »

Cette phrase, issue d’un communiqué rédigée par les auteurs de cette action, nous sera précieuse le moment venu.

Chaussons à présent les lunettes du juriste et tentons de qualifier les faits.

Les violences physiques ayant été évitées (même si, et ça aura son importance, des témoins rapportent que des bousculades ont eu lieu : il y a eu instauration à tout le moins d’un rapport de force), et n’étant en tout état de cause pas l’objet premier de cette opération, si délit il y a eu, c’est donc donc une atteinte aux biens. Mais quelle atteinte ?

Certaines hypothèses sont à écarter.

1

« L’autoréduction » n’est pas un vol.

Selon l’article 311-1 du Code pénal, le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui.

Soustraction : le voleur appréhende la chose d’autrui et se comporte de manière univoque comme le propriétaire, c’est à dire commet un acte que seul le propriétaire pourrait légitimement accomplir.

Frauduleuse : le voleur sait que la chose qu’il appréhende n’est pas à lui (peu importe qu’il ne sache pas à qui elle est, du moment qu’il sait qu’elle n’est pas à lui).

Or à l’apparition des grandes surfaces, un défi a été porté aux juristes. Tout au long du XIXe siècle, c’est le modèle traditionnel de la vente qui prévalait. L’acheteur désignait le bien qui l’intéressait, le vendeur la lui remettait contre un paiement du prix. Comme sur les marchés de quartier aujourd’hui encore.

Mais selon les règles du code civil, encore en vigueur à ce jour, et venant directement du droit romain, le transfert de propriété se fait en principe et sauf dérogation contractuellement prévue dès qu’il y a accord sur la chose et sur le prix (article 1583 du Code civil), indépendamment de la remise de la chose.

Avec les grandes surfaces, l’acheteur se saisit lui même de la chose qu’il souhaite acheter, exposée à portée de sa main, et sur laquelle le prix est affiché. Il y a accord sur la chose et sur le prix : il est théoriquement propriétaire de ce qu’il y a dans son chariot.

Dès lors, en suivant ce raisonnement juridiquement orthodoxe, s’il franchit les portes sans payer, il ne commet pas de vol car il est propriétaire de ce qu’il emporte ; mais il a simplement une dette envers le magasin. C’est l’argument qui était soulevé par mes confrères de l’époque.

Si cela était arrivé aujourd’hui, les propriétaires de ces magasins auraient crié « vide juridique ! » et obtenu que le Parlement vote en catastrophe un texte spécial. Mais nous étions à une autre époque, et le législateur a fait ce qu’il avait de mieux à faire : rien.

Car les juges ont trouvé tout seul la solution, en répondant au droit par le droit.

Ils ont observé comment se déroulait cette nouvelle méthode de vente, à la recherche des indices permettant de comprendre l’opération juridique. Exactement ce que nous sommes en train de faire avec les autoréducteurs.

Ils ont constaté que d’une part, le client pouvait, jusqu’à son passage en caisse, reposer l’objet à sa place (ou, comme c’est à présent la mode, partout sauf à sa place) sans que nul n’y trouve à redire. C’était un premier indice révélant que le transfert de propriété avait été repoussé à plus tard.

D’autre part, l’usage mis en place voulait que lorsqu’un produit fût brisé accidentellement par un client, le magasin ramassât les débris, nettoyât, et sans rien demander au client, le laissât aller chercher un produit identique mais intact. Or si le client était devenu propriétaire, il aurait dû payer le prix de la chose brisée, car le transfert de propriété entraîne transfert du risque de perte de la chose, même par cas fortuit (article 1 138 du code civil).

Conclusion juridique du juge observateur (c’est un raisonnement en induction-déduction, pour les étudiants en droit) : tant que le client est dans les rayons du magasin, le transfert de propriété n’a pas encore eu lieu, la détention par lui des produits est précaire. Il peut revenir sur sa volonté d’achat, discrétionnairement, et ne supporte pas les risques. Il n’est donc pas encore propriétaire

. A partir de quand se comporte-t-il de manière univoque comme le propriétaire ? La réponse est d’une clarté diaphane : lors du passage en caisse. Ce n’est donc qu’à ce moment qu’a lieu le transfert de propriété, par cette manifestation irrévocable d’acquérir la chose.

Et ce n’est donc qu’à partir de ce moment que le comportement du voleur devient lui aussi univoque et constitue l’appropriation frauduleuse : quand il franchit les caisses en dissimulant des biens pour ne pas les payer, ou qu’il franchit les portes du magasin sans passer par les caisses en étant porteur de choses vendues. Il montre ainsi sa volonté de ne pas acquérir ces choses, et se comporte pourtant comme le propriétaire, puisque seul le propriétaire peut les emporter hors du magasin.

C’est pourquoi vous ne pouvez être condamné pour vol pour avoir glissé des articles dans vos poches tant que vous êtes dans les rayons. Il est licite de porter ses emplettes dans ses poches. Même si vous êtes repéré, vous ne serez intercepté qu’une fois franchie la ligne de caisse, car il est désormais certain que vous n’avez nullement l’intention de payer.

Pour en revenir à nos bolchéviques du code barre, ils s’arrêtent aux caisses et manifestent bruyamment leur volonté de ne pas payer. MAIS ils ne franchissent pas la ligne de caisse. Comme le relève leur communiqué, c’est après négociation avec la direction et avec son accord qu’ils sont sortis. Il n’y a donc pas eu appréhension mais remise de la chose par la direction du magasin. Or la remise exclut le vol.

« L’autoréduction » est peut-être un néologisme, mais ce n’est pas un vol.

2

« L’autoréduction » n’est ni une escroquerie ni un abus de confiance.

L’escroquerie et l’abus de confiance font partie des infractions d’atteinte aux biens avec remise de la chose par son propriétaire. On se rapproche donc de la solution. Mais sans l’avoir trouvée, comme nous allons voir.

L’escroquerie consiste à provoquer la remise de la chose en trompant son propriétaire par une manœuvre frauduleuse qui doit être un minimum élaborée (un simple mensonge ne suffit pas : la loi cite comme exemple l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité, ou l’abus d’une qualité vraie, selon l’article 313-1 du code pénal).

La victime remet la chose par erreur, mais une erreur provoquée. Elle ne s’est pas trompée, elle a été trompée.

Ici, nulle manœuvre frauduleuse, les autoréducteurs ayant clairement affiché leurs intentions : ils ne veulent ni payer ni rendre, et ne partiront que par la force des baïonnettes ou avec leurs paniers garnis. On dira ce qu’on veut sur le procédé, mais au moins il est franc, ce qui exclut l’escroquerie.

L’abus de confiance consiste, pour celui qui s’est vu remettre une chose en vertu d’un contrat sans en devenir propriétaire, à dissiper la chose, c’est à dire de se mettre dans l’incapacité de la rendre quand le contrat l’exige.

C’est celui qui loue une voiture et ne la rend pas, c’est le propriétaire qui dépense le dépôt de garantie de son locataire de sorte qu’il ne peut le lui rendre à la fin de la location, c’est celui qui se paye des courses avec la carte bleue de la boîte dont il est le salarié, c’est le banquier qui détourne l’argent des déposants.

Mais dans un supermarché, il y a transfert de propriété, ce qui exclut l’abus de confiance. Entre le rayon et la caisse, le client est détenteur précaire, et pas dépositaire en vertu d’un contrat, et il n’est pas tenu de représenter la chose (en fait, on l’incite même à ne pas la rendre mais à l’acheter), mais d’en payer le prix. Faute de cette obligation de rendre, l’abus de confiance n’est pas applicable.

Est-ce à dire que nos adeptes de l’autopromotion sont couverts de la plus parfaite légalité ? Nenni.

3

L’« autoréduction » est très probablement une extorsion.

L’article 312-1 du code pénal définit l’extorsion comme :

« Le fait d’obtenir par violence, menace de violences ou contrainte soit une signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d’un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque. »

Il y a là aussi remise volontaire de la chose, mais à la suite d’une forme de violence, physique ou morale. Le racket est de l’extorsion.

Allons, me diront mes lecteurs libertaires : ces sympathiques Robin des bois du rayon frais, de vulgaires racketteurs ?

D’abord, Robin de Locksley, lui, n’a jamais nié qu’il volait aux riches pour donner aux pauvres. Il n’a pas prétendu faire de l’autoredistribution. Voleur, pas faux cul.

Et puis sympathiques, sympathiques, c’est vite dit pour qui sait lire.

Reprenons leur autocommuniqué de presse, que je citais au début (je graisse) :

« Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d’affaires) ou prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons.

Les auteurs des faits n’ont guère laissé le choix au directeur du magasin : soit il donnait les denrées, soit son magasin était bloqué indéfiniment avec une perte économique (on était à quelques heures du réveillon) soit il fallait l’intervention des forces de l’ordre, ce qui entraînait un ‘risque’ pour les ‘rayons’. On comprend que dans ces conditions, qualifier les ‘négociations’ de ‘tendues’ est un doux euphémisme.

En fait, vous l’aurez compris, de négociations il n’y eut point, c’était : ‘Laisse-nous partir, ou on bloque ton magasin, ou appelle la police et on casse tout.’ Résumé comme ça, je pense que c’est plus clair.

Il me paraît difficile de nier que le directeur n’a remis les biens que sous la contrainte, pour éviter un mal plus grand (une perte financière supérieure à la valeur des biens -5 000 euros d’après les informations de Rue89- ou des dégâts importants dans le magasin : 50 personnes lâchées dans les rayons à jouer à chat perché avec la police). Ce qui constitue l’extorsion.

4

L’’état de nécessité” peut-il justifier une “autoréduction” ?

Et l’état de nécessité ? Selon le Code pénal :

“N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace (article 122-7 du code pénal).”

L’état de nécessité consiste donc à commettre un acte illicite pour prévenir un mal plus grand et imminent, que ce soit une autre infraction ou un danger quelconque. Rappelons l’argumentation des autojusticiers :

“C’est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement.”

La jurisprudence est muette sur la question, mais pour fréquenter quelque peu les juges pénaux, je ne pense pas que le danger imminent de passer un Nouvel An de manière non conforme à la tradition gastronomique, ce qui serait une atteinte à la dignité, soit un danger suffisant pour justifier l’extorsion de treize caddies de victuailles.

J’ajouterai qu’il n’y a jamais d’état de nécessité à s’emparer par la force de produits de luxe comme le saumon fumé ou le foie gras, et ce même un 31 décembre.

L’article relève qu’il y avait aussi des produits de première nécessité (pommes de terre, huile, pâtes). Dont acte. Mais l’état de nécessité suppose que la personne n’ait pu agir autrement que comme elle l’a fait, ou du moins a choisi la solution la moins dommageable pour autrui ou l’ordre public.

Les précaires en question risquaient-ils vraiment de mourir de faim, de manière imminente ? Et nos cinquante autorévolutionnaires n’avaient-ils vraiment pas les moyens, en se cotisant, d’acheter de quoi remplir treize caddies, ou seulement douze, de pâtes, d’huile et de pomme de terre ?

Ils étaient 50. Ça fait 100 euros par tête de pipe, et bien moins au Franprix en face (il y a vraiment un Franprix en face du Monoprix en question). Je rappelle à toutes fins que la banque alimentaire collecte chaque année auprès des clients des supermarchés de toute la France, et c’est plus que treize caddies, qu’ils emportent, c’est 11 300 tonnes de nourriture. Et légalement.

Dire qu’aller ainsi se servir dans les magasins est la seule façon de venir en aide à des précaires en danger imminent me paraît quelque peu audacieux.

Il me paraît fortement douteux que les personnes réalisant ces actions n’aient absolument pas d’autre moyen de porter secours à des précaires en danger imminent, ce qui seul constituerait l’état de nécessité. Et la dignité des précaires ?

Franchement, elle a bon dos, en l’espèce. Car à commettre une extorsion pour les nourrir, on les rend coupables de recel. Avec des amis pareils, qui a besoin d’ennemis ?

5

Que risquent les “autoréducteurs” ?

L’extorsion simple est punie de prison pouvant aller jusqu’à sept ans et de 100 000 euros d’amende au maximum. Chaque personne ayant participé à l’opération en bloquant les caisses ou en participant à la pression mise sur le directeurs se rend coauteur de l’infraction et est punissable

. J’ajoute, car je lis dans l’article de Rue89, que des actions similaires ont eu lieu partout en France, et que le mode opératoire est à chaque fois le même et réglé comme du papier à musique, que constitue une bande organisée au sens de la loi tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’une ou de plusieurs infractions (art. 132-71 du code pénal).

Et que l’extorsion en bande organisée, c’est vingt ans et 1 500 000 euros d’amende, avec régime spécial : 96 heures de garde à vue, pas d’avocat avant la 48e heure et la 72e heure.

Je doute que le parquet retienne la qualification criminelle, ne serait-ce que pour éviter les assises, mais juridiquement, elle tient.

Qui a dit que la révolution, même à coup de chariots de supermarché, était sans danger ?

Journal d’un avocat, le blog de Maître Eolas.

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  • jmax
    jmax répond à louchardem
    • Posté à 16h14 le 04/01/2009
    • Internaute 3111

    ça ne sert à rien de chier une pendule. Maitre Eolas répond à la version des faits telle qu’elle est présentée par le collectif lui même : Lien
    L’avantage des juristes est qu’il n’inventent rien et partent des faits, uniquement des faits

    • kebra
      kebra répond à jmax
      Bisounours killa
      • Posté à 21h07 le 04/01/2009
      • Internaute 8550
        Bisounours killa

      Si cela sert de chier une pendule et je le fais plus bas.

      voilà la conclusion du collectif :

      « L’autoréduction est une tradition de lutte des mouvements de chômeurs et de précaires que nous appelons à développer maintenant, en cette année qui s’annonce riche en révoltes joyeuses.
      Étendons ces pratiques, organisons nous ! »

      Un peu comme la revendication allemande de S’Tarnac, les saboteurs anti-Castors s’excusent auprès des voyageurs des désagréments, les autoréducteurs appelent à une joyeuse révolte et ne parlent que de bloquer le flux de marchandise. Aucun appel à la violence, aucune volonté de terroriser, Maître Eolas déborde des faits et du droit pour influencer l’opinion. Donc pendule !

      Ces gens n’ont rien à voir avec les casseurs des années 70, de même que le comité de Tarnac n’est pas AD, est-ce clair ? Cet amalgame fait le jeu d’Alain Bauer et de son business sécuritaire, c’est le dernier rempart de la Sarkozye contre la chute du régime.

       
      • jmax
        jmax répond à kebra
        • Posté à 21h23 le 04/01/2009
        • Internaute 3111

        toujours pas lu l’article et ça en devient consternant. Le Monsieur t’explique la qualification juridique de cet acte, rien de plus, rien de moins. Si tu veux veux vraiment chier ta pendule dans sa largeur, il y avait déjà un article de Rue89 sur le sujet qui t’aurais évité d’être moins ridicule

        • kebra
          kebra répond à jmax
          Bisounours killa
          • Posté à 23h49 le 04/01/2009
          • Internaute 8550
            Bisounours killa

          Comme dit dans mon post, il faut aller plus bas pour lire mon argumentaire plus complet. J’interviens ici pour renforcer l’analyse de Louchardem. Et je cite le communiqué sourcé dans votre post. J’ai lu les deux autres articles déjà consacré à cette affaire sur la Rue et d’autres sur de nombreux médias. Le paragraphe suivant ne qualifie rien, il influe sur l’opinion sans base factuelle.

          « En fait, vous l’aurez compris, de négociations il n’y eut point, c’était : “Laisse-nous partir, ou on bloque ton magasin, ou appelle la police et on casse tout.” Résumé comme ça, je pense que c’est plus clair. »

          « On casse tout » n’a rien à voir avec la joyeuse révolte et le ton général du communiqué de revendication. Cette phrase entre guillements est purement fictive et totalement biaisé. Elle n’est pas dans les papiers courants, ni sur la Rue, seul la direction parle de violence, pourtant la police était présente.

          Il est possible de bloquer les caisses assez longtemps sans violence, surtout à 50. Le risque lié à l’intervention policière, évoqué dans le communiqué, peut être compris en terme d’image et de violence policière. très fréquente et peu glamour dans un commerce. Elle n’est donc pas une référence explicite à une menace de violence des activistes.

          Non, Eolas ne fait pas une analyse juridique neutre, il fait le travail de l’avocat de Monoprix ou du Procureur de la République, d’où ma lettre de félicitation plus bas. Je n’apprécie pas les défenseurs « spontanés » des puissants. Je les critique avec argumentation. C’est mon droit. Si vous ne voulez pas le comprendre, c’est votre problème, je ne vous trouve pas consternant, juste un peu buté et franchement ridicule.

        • mad
          mad répond à jmax
          • Posté à 09h50 le 05/01/2009
          • Internaute 2629

          laisse tombé, monsieur ne discute pas, il monologue.

        • mad
          mad répond à jmax
          • Posté à 09h51 le 05/01/2009
          • Internaute 2629

          laisse tomber, monsieur ne discute pas, il monologue.

      4 autres commentaires
  • Hemenate
    Hemenate répond à louchardem
    • Posté à 16h16 le 04/01/2009
    • Internaute 856

    Comme c’est écrit dans l’article, l’auteur s’est basé sur les déclarations du collectif :

    « Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d’affaires) ou prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons. »

    • louchardem
      louchardem répond à Hemenate
      journaliste non pratiquant
      • Posté à 17h21 le 04/01/2009
      • Journaliste 52358
        journaliste non pratiquant

      Oui ! , et alors ? « Négociations tendues, ça ne veut pas dire menaces ». Les mots ont un sens. Et quand on affirme que la direction n’a pas voulu « prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons », c’est la vision de la direction. Depuis quand une intervention policière constitue une menace puisque la police est là pour assurer l’ordre et la sécurité ?
      Encore une fois, rien ne dit que si la négociation avait échouée les militants ne seraient pas repartis gentiment, comme ils sont venus.

      Vous avez le droit de prendre parti pour l’ordre marchand et les injustices sociales qu’il faudrait accepter en silence, mais on ne rend pas la justice avec des interprétations, fort heureusement.

       
      • GGGG
        GGGG répond à louchardem
        (r)
        • Posté à 19h02 le 04/01/2009
        • Internaute 49060
          (r)

        Bien vu louchardem !
        Complètement d’accord.

        • éternellerebelle
          éternellerebelle répond à GGGG
          enragée !
          • Posté à 19h35 le 04/01/2009
          • Internaute 22982
            enragée !

          moi idem,trés belle démonstration !

      • kawouede
        kawouede répond à louchardem
        • Posté à 19h17 le 04/01/2009
        • Internaute 27995

        cela dit on aimerait savoir sur quoi portait précisément la « négociation »

        • louchardem
          louchardem répond à kawouede
          journaliste non pratiquant
          • Posté à 00h25 le 05/01/2009
          • Journaliste 52358
            journaliste non pratiquant

          C’est très simple. Tout était transparent et a même été expliqué de vive voix aux clients. Il s’agissait de demander à la direction du magasin de faire un geste en ce jour particulier du réveillon, en laissant passer 13 caddies de nourriture diverse et produits de première nécessité (comme des couches pour bébé) ainsi que des produits dits « festifs » (foie gras, huitres, champagne...), destinés aux sans-papiers qui occupent la Bourse du travail et aux militants du DAL réfugiés dans un gymnase parisien parce qu’il faisait trop froid pour qu’ils puissent continuer à dormir dans la rue (de la Banque). Une soirée du réveillon destinée aux précaires était également prévue le soir même chez les intermittents.
          Il a été dit que ce serait bien que la négociation soit la plus rapide possible afin que les clients puissent continuer de faire leurs courses.
          Le directeur du magasin a accepté de négocier, il a expressément demandé aux policiers de ne pas intervenir. Puis il a souhaité choisir lui même la composition des caddies. Il lui a été répondu que ça risquait d’être long et compliqué. Il l’a admis et a finalement dit : « c’est d’accord, vous pouvez passer les caisses et emballer vos marchandises ».
          Voilà comment les choses se sont passées. Tout le reste est fantasme. Où est la violence sinon dans l’imagination de l’avocat réactionnaire (son persifflage méprisant vis à vis de ceux qui font une action en direction des précaires le montre suffisamment) ?
          Mais peut-être qu’en pondant cette « analyse juridique » particulièrement orientée M° Éolas a-t-il cherché à offrir ses service à Monoprix ?

          Dans ce cas, si procès il y a, il trouvera en face de lui M° Irène Terrel, l’avocate des intermittents et précaires..

          • Bdalex
            Bdalex répond à louchardem
            Avocat
            • Posté à 13h05 le 08/01/2009
            • Expert 63478
              Avocat

            Voyons, voyons,

            « C’est très simple. Tout était transparent et a même été expliqué de vive voix aux clients »

            Le fait d’agir en plein jour et à visage découvert serait donc une « excuse judiciaire » et une justification de toute action, surtout pénalement sanctionnée.

            « Bon sang, mais c’est bien sûr ! ! ! » Chaque délinquant, pour être absout de son méfait devra préalablement expliqué son forfait à sa victime et au public présent.
            L’imprudent qui agira sur un coup de tête et sans avoir préparé son méfait devra être condamné.

            C’est avec des raisonnement aussi simplistes que l’on s’assoit sur la plus intelligente création humaine (imparfaite puisqu’humaine) que l’on appelle un « Etat de droit ».
            C’est pour la défense de cet « Etat de droit » qui veut que l’on fixe des règles de vies en commun que bon nombre de démocrates (attention, c’est un gros mot qui signifie que l’on impose pas ses idées par la force ou la contrainte, mais à l’issue d’un processus démocratique type élection) sont morts ou en prison dans les états totalitaires.
            Ce sont des actions comme celle-là qui font naître bêtement un sentiment de peur dans l’opinion publique et préparent le lit des dictateurs bien pensants.

            Un peu de réflexion et d’intelligence. Des moyens d’action et dénonciation il y en a encore beaucoup. Et s’ils sont insuffisants, on peut en inventer d’autres sans se rendre coupables de méfaits.

      • Hemenate
        Hemenate répond à louchardem
        • Posté à 19h38 le 04/01/2009
        • Internaute 856

        « on ne rend pas la justice avec des interprétations »
        Bien sur que si...

        Mais laissons encore une fois la parole aux manifestants :

        « Pour fêter le nouvel an, nous serions censés dépenser des miettes de salaires ou une maigre prime de Noël dans les supermarchés. Qu’est ce qu’ils croient ? Ce soir nous ne jouerons pas cette fable. Nous ne paierons pas.
        [...]
        Ici et maintenant, dans ce supermarché, nous arrêtons le flux de marchandises un temps, afin que nous soient concédées les victuailles nécessaires pour fêter cette bonne nouvelle. »

      • mad
        mad répond à louchardem
        • Posté à 09h56 le 05/01/2009
        • Internaute 2629

        Le terme même de négociation suppose un désaccord.
        La direction n’était pas d’accord, puis a été convaincue.
        La question est de savoir si les arguments qui l’ont convaincue étaient légitime ou pas.

        « Vous avez le droit de prendre parti pour l’ordre marchand et les injustices sociales qu’il faudrait accepter en silence, mais on ne rend pas la justice avec des interprétations, fort heureusement. »

        Le droit, c’est au contraire l’interprétation. l’interprétation de la norme pour l’appliquer aux faits, la qualification des faits pour leur appliquer la norme.

        • louchardem
          louchardem répond à mad
          journaliste non pratiquant
          • Posté à 12h14 le 05/01/2009
          • Journaliste 52358
            journaliste non pratiquant

          Mais ce n’est en aucun cas interpréter les faits, les tordre pour les faire coller à des qualifications qui n’ont rien à voir. C’est comme dans la presse : les faits sont sacrés, les commentaires libres.

          • mad
            mad répond à louchardem
            • Posté à 17h16 le 06/01/2009
            • Internaute 2629

            ça s’appelle qualifier les faits.
            ça se fait à chaque étape de la procédure, et ça donne parfois des résultats étonnants, un exemple classique est la qualification d’escroquerie appliqué à l’utilisation de rondelles de réfrigérateurs pour payer les parcmètres.

            « C’est comme dans la presse : les faits sont sacrés, les commentaires libres. » ...
            Et vous ne pensez pas que la manière de présenter les faits peut en modifier l’effet sur le public ? même dans la presse ?

      • NonooStar
        NonooStar répond à louchardem
        Informaticien
        • Posté à 11h52 le 05/01/2009
        • Internaute 34879
          Informaticien

        Beaucoup de mauvaises foi dans ce post...

        Du point de vue du patron du magasin, une intervention policière dans un supermarché à une heure de pointe était clairement à éviter, et ce, même si les militants n’avaient pas résisté, car cela aurait certainement causé une gène pour les clients et potentiellement un manque à gagner...

        Quant à l’argument « rien ne dit que si la négociation avait échouée les militants ne seraient pas repartis gentiment, comme ils sont venus », il est tout simplement hilarant car si on suit sa logique, le délit d’extorsion n’existe pas : il suffirait qu’un racketteur explique à un juge « mais, m’sieur le juge, si j’avais pas réussi à avoir son porte-feuille, je serais reparti gentiment » pour qu’on lui accorde le bénéfice du doute comme vous le faites avec ces militants.

        Enfin, contrairement à ce que vous dites, rendre la justice (en terme de droit) est justement affaire d’interprétation. Comme l’a expliqué Maitre Eolas, il s’agit d’interpréter les faits par le biais de notions juridiques de façon à ce que des faits similaires soient jugés de façon égales quels que soient le lieu et le temps où ils se produisent.

        En outre, j’ajouterais que vous-mêmes, vous vous basez sur une interprétation (militants = gentils, ordre marchant = méchant) qui vous est propre pour juger des faits.

        • louchardem
          louchardem répond à NonooStar
          journaliste non pratiquant
          • Posté à 12h18 le 05/01/2009
          • Journaliste 52358
            journaliste non pratiquant

          Non, les faits on ne les interprète pas, on les établit.

          « Quant à l’argument “ rien ne dit que si la négociation avait échouée les militants ne seraient pas repartis gentiment, comme ils sont venus ”, il est tout simplement hilarant car si on suit sa logique, le délit d’extorsion n’existe pas : il suffirait qu’un racketteur explique à un juge “ mais, m’sieur le juge, si j’avais pas réussi à avoir son porte-feuille, je serais reparti gentiment ” pour qu’on lui accorde le bénéfice du doute comme vous le faites avec ces militants ».

          Vous dites n’importe quoi. Qu’un racketteur échoue ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu menace. Le délit d’extorsion ou tentative d’extorsion existe donc bel et bien. C’est ça qu’il faut établir.

          • NonooStar
            NonooStar répond à louchardem
            Informaticien
            • Posté à 14h10 le 05/01/2009
            • Internaute 34879
              Informaticien

            « Non, les faits on ne les interprète pas, on les établit. »
            Et une fois qu’on les a établi, on les interprète... Par exemple, « monsieur X a fracturé la voiture de monsieur Y et est parti avec », c’est les faits. « Monsieur X a commis un vol en dérobant la voiture de monsieur Y », c’est leur interprétation juridique. Et c’est tout le travail de la justice d’interpréter les faits en termes juridiques...

            Mais pour en revenir aux militants, vous semblez dire qu’il y a pas eu extorsion parce qu’il n’y a pas eu menaces. C’est à tout le moins faire preuve de beaucoup de naïveté de penser que la menace de continuer à bloquer les caisses était présente : d’une part, parce que les militants étaient déjà en train de bloquer les caisses, d’autre part parce que j’imagine mal comment le premier réflexe du patron du magasin n’a pas été de demander aux militants de libérer le passage aux caisses.

      12 autres commentaires
  • héliotrope
    héliotrope
    Ecocitoyen débutant, chercheur (...)
    • Posté à 16h16 le 04/01/2009
    • Expert 2978
      Ecocitoyen débutant, chercheur (...)

    Bonjour Mon Bon Maître Eolas Préféré !
    Votre explication, démonstration contradictoire, plaidoirie, quasi péroraison est convaincante, s’il en est.
    Mais par principe de précaution, ne pourriez-vous transmettre votre texte à tous les commerçants de France et de Navarre (dans un premier temps) ?
    Puis à tous les Robins des Bois (dans un deuxième temps) ?
    A moins qu’un prochain Appel ou une prochaine Cassation ne fasse jurisprudence mais là, j’en doute un peu.
    Il n’y a guère qu’une révolution orange pour ne pas finir dans le sang.
    A trop appauvrir les pauvres, les riches de plus en plus riches pourraient bien nous la déclencher, cette Révolte 2.0, non ?

  • David Mohamed
    David Mohamed
    Illustrateur et auteur de BD
    • Posté à 16h33 le 04/01/2009
    • Internaute 2898
      Illustrateur et auteur de BD

    Moralité, comme disait Michel Blanc dans Marche à l’ombre :
    « Piquer des trucs chers c’est du vol »

    • Saheyus
      Saheyus répond à David Mohamed
      Nightfall, quietly it crept and (...)
      • Posté à 18h09 le 04/01/2009
      • Internaute 28231
        Nightfall, quietly it crept and (...)

      Et voler les pauvres, c’est de l’investissement.

  • mick69
    • Posté à 17h03 le 04/01/2009
    • Internaute 2907

    « l’extorsion en bande organisée, c’est vingt ans et 1 500 000 euros d’amende, avec régime spécial : 96 heures de garde à vue, pas d’avocat avant la 48e heure »

    Ouaouh, c’est donc la punition qui attend tous les financiers, banquiers, traders et politiciens qui viennent d’extorquer 340 milliards d’€ aux français ?

  • yoruk
    yoruk
    au fil de l'eau
    • Posté à 17h32 le 04/01/2009
    • Internaute 57383
      au fil de l'eau

    Ils se font mousser...
    Ils se font une pub gratuite...
    rien de plus...
    Immatures, tien d’autre...
    Ils roulent pour « MAM » qui se frise les moustaches...

  • Bernard Girard
    Bernard Girard
    Enseignant blogueur
    • Posté à 18h09 le 04/01/2009
    • Expert 31637
      Enseignant blogueur

    Il est quand même étonnant de parler de « nouvelle forme » d’action pour désigner des pratiques courantes, déjà anciennes et parfaitement acceptées par les autorités quand elles sont le fait de la FNSEA, principal syndicat d’agriculteurs : quand les agriculteurs vident (ou pillent) les rayons laiterie ou boucherie des hypermarchés, généralement les directions ne portent pas plainte et il n’est pas rare de voir, peu de temps après, le ministre de l’Agriculture sortir son carnet de chèques pour calmer la colère des agriculteurs en question. Il y aurait donc deux poids et deux mesures, deux catégories de citoyens. Lorsque l’on connaît les relations étroites entre la FNSEA et l’UMP, on n’est pa vraiment surpris...

    • kawouede
      • Posté à 19h15 le 04/01/2009
      • Internaute 27995

      Merci pour cette info, mais avez-vous des exemples précis ?

      En tout cas j’espère que les militants du Monoprix auront un autre avocat qu’Eolas ; -)

      • Bernard Girard
        Bernard Girard répond à kawouede
        Enseignant blogueur
        • Posté à 20h01 le 04/01/2009
        • Expert 31637
          Enseignant blogueur

        Par exemple à Auch le 21 novmbre dernier (voir la Dépêche du midi : Lien).
        Mais ce n’est qu’une exemple entre mille ; la lecture de Ouest France sur de nombreuses années montre qu’il s’agit là d’une pratique tout ce qu’il y a de plus courante, basique, pourrait-on dire chez ce syndicat agricole.

         
        • jean.pierre
          • Posté à 20h57 le 04/01/2009
          • Internaute 27384

          un p’tit bémol quand même malgré que je soutienne pas la fédé loin de là :
          le lait ce sont les producteurs de lait qu’ils l’ont produit, pas des sans papiers ou des intermittents du spectacle. et en général ils le revendent au prix auquel on leur a acheté pour montrer le vol de la grande distribution sur les producteurs et les consommateurs

          • kebra
            kebra répond à jean.pierre
            Bisounours killa
            • Posté à 00h04 le 05/01/2009
            • Internaute 8550
              Bisounours killa

            Le lait est vendu dans des supermarchés construits et entretenus par des sans papiers très exploités et est vendu grace à de la publicité réalisé par et avec des intermittents du spectacle plus ou moins exploités.

            Ils le distribuent à des familles dans le besoin pour attirer l’attention sur leur condition misérable. L’action est donc comparable.

            Je ne comprend pas la raison de votre bémol. J’en colle un moi aussi, les syndicats paysans ravagent régulièrement des biens publics et privés dans des proprotions jamais atteinte par le mouvement social, des dizaines de millions par an pour obtenir des subventions, des avantages et des dérogations.et que dire des chasseurs...

        2 autres commentaires
      • egide
        egide répond à kawouede
        Littéral
        • Posté à 02h19 le 05/01/2009
        • Internaute 45067
          Littéral

        Pas d’accord quand au choix de l’avocat, le meilleur avocat est celui qui fait l’analyse juridique la plus juste de la situation de son client éventuel.

        La conscience précise de l’enjeu permet à l’avocat lucide de tout faire pour que son client supporte le moindre des sanctions si ses responsabilités sont d’évidence établies.

        C’est la grandeur de l’avocature que de défendre des cas dont on sait dès le début, si je puis dire que leur compte est bon.

        Il faut alors un verve persuasive et une bonne dose d’expertise juridique et de connaissance approfondie des procédure et de la jurisprudence pour atténuer autant que possible les conséquences judiciaires inévitables d’une responsabilité démontrée dans quelque fait délictueux dont on ne peut pas vraiment nier qu’il est été commis.

    • Bdalex
      Bdalex répond à Bernard Girard
      Avocat
      • Posté à 13h12 le 08/01/2009
      • Expert 63478
        Avocat

      Non, non, il n’y a pas deux poids deux mesures. Les actions de la FNSEA sont tout aussi répréhensibles que les autres, et notamment que celles de ces pseudo Robins des bois.
      D’ailleurs, c’est au près de ces éminents agriculteurs que les Robins des bois en question ont du apprendre.

  • Galuel
    Galuel
    Entrepreneur
    • Posté à 18h34 le 04/01/2009
    • Internaute 62855
      Entrepreneur

    Bel éclairage de droit ! C’est fichtrement bien goupillé tout ça !

    • A déménagé le 25 octobre
      • Posté à 21h19 le 04/01/2009
      • Internaute 33755

      Oui, mais fichtrement bien torpillé par louchardem !

      Lien

      • mad
        • Posté à 09h58 le 05/01/2009
        • Internaute 2629

        ha bon ?
        Torpillage bien modeste, 20 lignes à moitiés composées de citations tronquée, et une conclusion en forme d’invective ...

         
        • A déménagé le 25 octobre
          • Posté à 17h23 le 05/01/2009
          • Internaute 33755

          « 20 lignes » qui pourrait être au nombre d’une ou de 1000, ça ne changerai rien.

          Torpillé, car il dénonce l’interprétation des faits d’Eolas, notamment la partie sur la supposée intervention policière.

          Invective, car on sent qu’Eolas se targue de ne point interpréter et de ne partir que des faits.
          L’habileté est certes une qualité très utile à l’avocat, mais elle peut déformer la réalité en se basant trop sur l’imagination.

          • mad
            • Posté à 17h46 le 06/01/2009
            • Internaute 2629

            Sur la contrainte vous voulez dire ?
            Donc, si je me pointe avec deux douzaines de personnes dans votre appartement en vous expliquant qu’il serait bon, pour le bien commun, que vous nous remettiez tous vos objets de valeurs, s’il vous plais, c’est pas de la contrainte ?

            • A déménagé le 25 octobre
              • Posté à 12h09 le 07/01/2009
              • Internaute 33755

              Il est très satisfaisant de vouloir comparer ce qui est comparable. Alors allons-y.
              Étant donné que la deux douzaines de personnes non violentes mais retorses doit d’abord toqué à ma porte fermée, il va de soi que je les laisserai dehors. Je prendrai ensuite mon combiné téléphonique avec lequel j’appelerai la police.

              Mais je ne suis pas comme ça. Car ma porte reste ouverte... des deux côtés. Dans ma vie je ne me suis fait volé qu’une fois, l’année dernière, je sais qui c’est, je n’ai pas porté plainte contre des gamins rroms. En plus ils m’ont fait une blague
              que j’ai trouvé drôle. Enfin c’est pour l’anecdote.

              Donc je laisserai rentrer la « deux douzaines », elle s’immiscera dans mon intimité que je me metterai immédiatement à partager. Je leur proposerai thé ou café, et lancerai une énorme spaghettade pour ceux qu’ont faim, j’aime faire la cuisine, surtout pour les autres. Si je n’ai pas assez de pâtes, j’enverrai mon chat en acheter. Il est très habile et connait le chemin.
              Si la « deux douzaine » veut se servir d’objet chez moi, ils devront constater que les murs ne peuvent s’emporter, même à 48 bras. Car que faire de vieilleries sans valeurs marchandes ?

              Enfin...

              Vous voyez, votre imagination vous a fait penser que j’étais un riche matériéliste. Peut-être avez-vous raison, peut-être non car je vous ai livré une histoire qui pourrait être la mienne...

        3 autres commentaires
  • fredmanquilitleweb
    • Posté à 18h39 le 04/01/2009
    • Internaute 28055

    après l’auto- réduction , vous aurez « l’auto-amende », c’est du n’importe quoi ! « plus les temps passent plus les hommes inventent des conneries » et cela est de moi l’auto-rédacteur !

  • delalo
    delalo
    Anti A.G.C.S
    • Posté à 18h57 le 04/01/2009
    • Internaute 26064
      Anti A.G.C.S

    petite question à maitre Eolas. vu que les banques, que l’on renflouent à coup de milliards, ne sont pas en mesure demain matin de redonner l’argent que tous leurs clients (si ceux-ci le réclamait) leur ont « donné » (car cet argent a été joué et perdu sur les places financières). cette impossibilité et en infraction avec quelle loi et comment se nomme ce delit ? ? ? merci d’avance de votre réponse

    • johanjohan
      johanjohan répond à delalo
      johan
      • Posté à 19h12 le 04/01/2009
      • Internaute 58574
        johan

      Surtout ces banques usent du chantage : « si vous nous renflouez pas avec l’argent des contribuables, nous tombons et vous en pâtirez » (dans votre intégrité physique pour le coup). Autrement dit, il y a extorsion si on suit la logique de maitre Eolas.

    • désabusée
      désabusée répond à delalo
      • Posté à 20h06 le 04/01/2009
      • Internaute 37604

      tout à fait, mais une précision, on leur confie parce qu’on a pas le choix, c’est du racket aussi ? et au lieu de le gérer en « bon père de famille » selon la formule consacrée, ils font mumuse en bourse... si tous, nous réclamions l’argent mis chez eux... ils seraient dans le caca !

    • princeMichkine
      princeMichkine répond à delalo
      juriste
      • Posté à 21h06 le 05/01/2009
      • Expert 58898
        juriste

      On sait que les gens n’aiment pas les banques, mais il ne faut quand même pas exagérer !
      Les banques françaises n’ont commis aucune infraction pénale dans l’affaire des subprimes .
      Elles ont parfaitement repespecté la loi : ce qu’on peut leur reprocher ce sont la qualité de leurs placements, qui s’est révélée desastreuse en bourse , c’est tout.
      Avant même ce krach, la loi bancaire permet aux banques de consentir des prêts avec l’argent des dépôts, etc...
      Aucune banque ne peut survivre si tous les déposants demandent en même temps leurs fonds...

  • johanjohan
    johanjohan
    johan
    • Posté à 19h09 le 04/01/2009
    • Internaute 58574
      johan

    Vous avez peut-être raison lorsque vous dites que « le vide juridique n’existe pas. Le droit est partout. », mais votre droit ressemble de plus en plus à une grotesque pantomime.
    Si on applique la qualification d’extorsion que vous préconisez, avec les peines que vous rappelez, on met sur le même plan ces 13 joyeux charriots de bouffe et des malfaiteurs qui extorquent en menaçant de mort ou de photos compromettantes. Votre approche juridique passe à côté du sens de l’action (et des moyens : personne n’est menacé dans son intégrité physique). Ce serait un peu comme confondre terrorisme et vandalisme.

    • jmax
      jmax répond à johanjohan
      • Posté à 19h25 le 04/01/2009
      • Internaute 3111

      c’est pour cela que ce n’est pas un robot qui juge mais un humain. Néanmoins, il faut se baser sur des principes juridiques et on est bien dans une tentative d’extorsion

    • Hemenate
      Hemenate répond à johanjohan
      • Posté à 20h35 le 04/01/2009
      • Internaute 856

      Notre droit est d’inspiration romano-germanique :

      La qualification juridique encadre les sanctions pouvant être prononcées.
      Ensuite le Juge évalue, dans ce cadre, qu’elle est la sanction qui convient en tenant compte des divers éléments...

    • Photine
      Photine répond à johanjohan
      • Posté à 11h56 le 05/01/2009
      • Internaute 11770

      Je ne vois pas la différence entre cette « action » et les trois jeunes mecs qui entrent à 23 h chez mon épicier « de quartier », prennent une boureille de whisky et repartent sans payer « parce qu’il doit être sympa ».

      Même utilisation lâche de la menace physique (que se passe-t’il d’après vous si l’épicier ou le directeur du monprix résiste ? ils remettent gentiment les produits dans les rayons ?)

    • Np237
      Np237 répond à johanjohan
      Sarcasme malsain
      • Posté à 14h27 le 05/01/2009
      • Internaute 61165
        Sarcasme malsain

      Si quelqu’un est en tort, ce n’est pas le droit (qui reste un concept abstrait), mais le législateur. Rappelons que nous vivons dans un pays où une femme qui vole un caddie dans un supermarché pour nourrir ses enfants écope de prison quand un escroc qui a détourné des millions d’euros n’obtiendra le plus souvent qu’une peine d’inéligibilité.

      De plus, il ne s’agit que d’une peine maximale, l’appréciation du juge (dans le cas de poursuites qui restent jusqu’ici hypothétiques) est (théoriquement) là pour déterminer une peine juste. Si une bande organisée venait avec des armes de guerre extorquer une rançon en prenant en otage les clients dudit supermarché, je pense que vous seriez bien content qu’on puisse leur appliquer une peine de 15 ans de réclusion.

    • polka_dots
      polka_dots répond à johanjohan
      étudiante en droit
      • Posté à 18h00 le 07/01/2009
      • Internaute 56628
        étudiante en droit

      « Votre approche juridique passe à côté du sens de l’action »
      ... et justement, l’indifférence des motivations dans la qualification juridique est un principe directeur du droit pénal. Que l’on vole pour son propre confort, par intention malicieuse, ou pour sauver la veuve et l’orphelin, la qualification juridique des faits est toujours un vol, point barre.
      Là où les motivations (et la personnalité du prévenu de manière plus générale) entrent en jeu c’est pour le prononcé de la sanction par le juge, pour laquelle l’appréciation du juge est souveraine dans la marge de manoeuvre laissée par les textes....

      La geek du droit que j’ai honte d’être a adoré cet article.

    • Bdalex
      Bdalex répond à johanjohan
      Avocat
      • Posté à 13h18 le 08/01/2009
      • Expert 63478
        Avocat

      Un tout petit rappel :
      Les peines indiquées par le code pénal constituent le maximum de la sanction possible.

      Heureusement, les peines ne sont pas automatiques (au moins en cette matière) et les juges sont là pour tempérer et adapter à la gravité de la faute et à la personnalité du délinquant.

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