04/01/2009 à 13h38

L’autoréduction : ni vol ni escroquerie, plutôt une extorsion

Eolas | Avocat

Rue89 fait état d’une nouvelle forme d’action révolutionnaire baptisée « l’autoréduction », qui se manifeste dans des lieux, disons inattendus, puisque c’est aux heures d’ouverture du Monoprix qu’a désormais lieu le Grand Soir.

La rédaction de Rue89 m’a contacté pour me demander l’avis du juriste sur ces opérations. Le bon sens voudrait qu’elles fussent illégales, mais la police, qui a assisté à ces faits, n’est pas intervenue. Et la rhétorique des personnes concernées utilise des termes comme « réduction », « réquisition », affublés toutefois du préfixe auto-, qui veulent exclure toute illégalité.

Voici une excellente occasion de faire du droit sous a forme la plus pure : l’essence du travail de juriste consiste à qualifier, c’est à dire prendre un fait, une situation, et l’analyser sous l’angle juridique pour trouver la qualification adéquate.

Ensuite, il ne reste plus qu’à y appliquer les règles de droit en vigueur. N’oubliez pas : le vide juridique n’existe pas. Le droit est partout. Vous êtes cerné. Toute résistance est inutile.

Ce travail est essentiellement celui du juge, qui dit le droit, mais, en droit pénal, celui qui va retenir notre attention, c’est aussi celui du parquet que de proposer une qualification, et de l’avocat de la réfuter pour en proposer une plus conforme, sinon au droit, du moins aux intérêts de son client. Au juge de trancher.

Voyons tout d’abord les faits. L’ironie n’est pas nécessaire à l’analyse, c’est juste une coquetterie de l’auteur.

¡ Hasta los delicatesssen, siempre !

Ainsi donc, nos révolutionnaires des supermarchés ont le mode opératoire suivant : ils se rendent en nombre dans un magasin, remplissent des chariots de produits de première nécessité comme du saumon fumé et du foie gras (il y a certes aussi de l’huile et des pâtes), et, une fois aux caisses, ils refusent de payer, invoquant cet argument définitif (les italiques sont de moi) :

« C’est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement. »

Je retiens de prime abord que les Che Guevara de l’épicerie fine reconnaissent implicitement qu’en dehors des temps de crise, leur action est injuste, et constate avec effroi que vu mon menu de réveillon, je n’ai pas fêté le Nouvel An dignement selon leurs critères.

L’attroupement crée du désordre, bloque les caisses, ce qui entraîne un manque à gagner immédiat (les clients préférant renoncer à leurs courses et aller voir ailleurs si la révolution y est) jusqu’à ce que la direction du magasin cède et les autorise à partir avec ces produits. Comme le disent eux-même les Picaros des pique-assiettes, cités par Rue89 (je graisse) :

« Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d’affaires) ou prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons. »

Cette phrase, issue d’un communiqué rédigée par les auteurs de cette action, nous sera précieuse le moment venu.

Chaussons à présent les lunettes du juriste et tentons de qualifier les faits.

Les violences physiques ayant été évitées (même si, et ça aura son importance, des témoins rapportent que des bousculades ont eu lieu : il y a eu instauration à tout le moins d’un rapport de force), et n’étant en tout état de cause pas l’objet premier de cette opération, si délit il y a eu, c’est donc donc une atteinte aux biens. Mais quelle atteinte ?

Certaines hypothèses sont à écarter.

1

« L’autoréduction » n’est pas un vol.

Selon l’article 311-1 du Code pénal, le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d’autrui.

Soustraction : le voleur appréhende la chose d’autrui et se comporte de manière univoque comme le propriétaire, c’est à dire commet un acte que seul le propriétaire pourrait légitimement accomplir.

Frauduleuse : le voleur sait que la chose qu’il appréhende n’est pas à lui (peu importe qu’il ne sache pas à qui elle est, du moment qu’il sait qu’elle n’est pas à lui).

Or à l’apparition des grandes surfaces, un défi a été porté aux juristes. Tout au long du XIXe siècle, c’est le modèle traditionnel de la vente qui prévalait. L’acheteur désignait le bien qui l’intéressait, le vendeur la lui remettait contre un paiement du prix. Comme sur les marchés de quartier aujourd’hui encore.

Mais selon les règles du code civil, encore en vigueur à ce jour, et venant directement du droit romain, le transfert de propriété se fait en principe et sauf dérogation contractuellement prévue dès qu’il y a accord sur la chose et sur le prix (article 1583 du Code civil), indépendamment de la remise de la chose.

Avec les grandes surfaces, l’acheteur se saisit lui même de la chose qu’il souhaite acheter, exposée à portée de sa main, et sur laquelle le prix est affiché. Il y a accord sur la chose et sur le prix : il est théoriquement propriétaire de ce qu’il y a dans son chariot.

Dès lors, en suivant ce raisonnement juridiquement orthodoxe, s’il franchit les portes sans payer, il ne commet pas de vol car il est propriétaire de ce qu’il emporte ; mais il a simplement une dette envers le magasin. C’est l’argument qui était soulevé par mes confrères de l’époque.

Si cela était arrivé aujourd’hui, les propriétaires de ces magasins auraient crié « vide juridique ! » et obtenu que le Parlement vote en catastrophe un texte spécial. Mais nous étions à une autre époque, et le législateur a fait ce qu’il avait de mieux à faire : rien.

Car les juges ont trouvé tout seul la solution, en répondant au droit par le droit.

Ils ont observé comment se déroulait cette nouvelle méthode de vente, à la recherche des indices permettant de comprendre l’opération juridique. Exactement ce que nous sommes en train de faire avec les autoréducteurs.

Ils ont constaté que d’une part, le client pouvait, jusqu’à son passage en caisse, reposer l’objet à sa place (ou, comme c’est à présent la mode, partout sauf à sa place) sans que nul n’y trouve à redire. C’était un premier indice révélant que le transfert de propriété avait été repoussé à plus tard.

D’autre part, l’usage mis en place voulait que lorsqu’un produit fût brisé accidentellement par un client, le magasin ramassât les débris, nettoyât, et sans rien demander au client, le laissât aller chercher un produit identique mais intact. Or si le client était devenu propriétaire, il aurait dû payer le prix de la chose brisée, car le transfert de propriété entraîne transfert du risque de perte de la chose, même par cas fortuit (article 1 138 du code civil).

Conclusion juridique du juge observateur (c’est un raisonnement en induction-déduction, pour les étudiants en droit) : tant que le client est dans les rayons du magasin, le transfert de propriété n’a pas encore eu lieu, la détention par lui des produits est précaire. Il peut revenir sur sa volonté d’achat, discrétionnairement, et ne supporte pas les risques. Il n’est donc pas encore propriétaire

. A partir de quand se comporte-t-il de manière univoque comme le propriétaire ? La réponse est d’une clarté diaphane : lors du passage en caisse. Ce n’est donc qu’à ce moment qu’a lieu le transfert de propriété, par cette manifestation irrévocable d’acquérir la chose.

Et ce n’est donc qu’à partir de ce moment que le comportement du voleur devient lui aussi univoque et constitue l’appropriation frauduleuse : quand il franchit les caisses en dissimulant des biens pour ne pas les payer, ou qu’il franchit les portes du magasin sans passer par les caisses en étant porteur de choses vendues. Il montre ainsi sa volonté de ne pas acquérir ces choses, et se comporte pourtant comme le propriétaire, puisque seul le propriétaire peut les emporter hors du magasin.

C’est pourquoi vous ne pouvez être condamné pour vol pour avoir glissé des articles dans vos poches tant que vous êtes dans les rayons. Il est licite de porter ses emplettes dans ses poches. Même si vous êtes repéré, vous ne serez intercepté qu’une fois franchie la ligne de caisse, car il est désormais certain que vous n’avez nullement l’intention de payer.

Pour en revenir à nos bolchéviques du code barre, ils s’arrêtent aux caisses et manifestent bruyamment leur volonté de ne pas payer. MAIS ils ne franchissent pas la ligne de caisse. Comme le relève leur communiqué, c’est après négociation avec la direction et avec son accord qu’ils sont sortis. Il n’y a donc pas eu appréhension mais remise de la chose par la direction du magasin. Or la remise exclut le vol.

« L’autoréduction » est peut-être un néologisme, mais ce n’est pas un vol.

2

« L’autoréduction » n’est ni une escroquerie ni un abus de confiance.

L’escroquerie et l’abus de confiance font partie des infractions d’atteinte aux biens avec remise de la chose par son propriétaire. On se rapproche donc de la solution. Mais sans l’avoir trouvée, comme nous allons voir.

L’escroquerie consiste à provoquer la remise de la chose en trompant son propriétaire par une manœuvre frauduleuse qui doit être un minimum élaborée (un simple mensonge ne suffit pas : la loi cite comme exemple l’usage d’un faux nom, d’une fausse qualité, ou l’abus d’une qualité vraie, selon l’article 313-1 du code pénal).

La victime remet la chose par erreur, mais une erreur provoquée. Elle ne s’est pas trompée, elle a été trompée.

Ici, nulle manœuvre frauduleuse, les autoréducteurs ayant clairement affiché leurs intentions : ils ne veulent ni payer ni rendre, et ne partiront que par la force des baïonnettes ou avec leurs paniers garnis. On dira ce qu’on veut sur le procédé, mais au moins il est franc, ce qui exclut l’escroquerie.

L’abus de confiance consiste, pour celui qui s’est vu remettre une chose en vertu d’un contrat sans en devenir propriétaire, à dissiper la chose, c’est à dire de se mettre dans l’incapacité de la rendre quand le contrat l’exige.

C’est celui qui loue une voiture et ne la rend pas, c’est le propriétaire qui dépense le dépôt de garantie de son locataire de sorte qu’il ne peut le lui rendre à la fin de la location, c’est celui qui se paye des courses avec la carte bleue de la boîte dont il est le salarié, c’est le banquier qui détourne l’argent des déposants.

Mais dans un supermarché, il y a transfert de propriété, ce qui exclut l’abus de confiance. Entre le rayon et la caisse, le client est détenteur précaire, et pas dépositaire en vertu d’un contrat, et il n’est pas tenu de représenter la chose (en fait, on l’incite même à ne pas la rendre mais à l’acheter), mais d’en payer le prix. Faute de cette obligation de rendre, l’abus de confiance n’est pas applicable.

Est-ce à dire que nos adeptes de l’autopromotion sont couverts de la plus parfaite légalité ? Nenni.

3

L’« autoréduction » est très probablement une extorsion.

L’article 312-1 du code pénal définit l’extorsion comme :

« Le fait d’obtenir par violence, menace de violences ou contrainte soit une signature, un engagement ou une renonciation, soit la révélation d’un secret, soit la remise de fonds, de valeurs ou d’un bien quelconque. »

Il y a là aussi remise volontaire de la chose, mais à la suite d’une forme de violence, physique ou morale. Le racket est de l’extorsion.

Allons, me diront mes lecteurs libertaires : ces sympathiques Robin des bois du rayon frais, de vulgaires racketteurs ?

D’abord, Robin de Locksley, lui, n’a jamais nié qu’il volait aux riches pour donner aux pauvres. Il n’a pas prétendu faire de l’autoredistribution. Voleur, pas faux cul.

Et puis sympathiques, sympathiques, c’est vite dit pour qui sait lire.

Reprenons leur autocommuniqué de presse, que je citais au début (je graisse) :

« Treize chariots pleins sont sortis du magasin après des négociations tendues avec une direction qui a logiquement choisi de ne pas prolonger le blocage des caisses (perte de chiffre d’affaires) ou prendre le risque d’une intervention policière dans les rayons.

Les auteurs des faits n’ont guère laissé le choix au directeur du magasin : soit il donnait les denrées, soit son magasin était bloqué indéfiniment avec une perte économique (on était à quelques heures du réveillon) soit il fallait l’intervention des forces de l’ordre, ce qui entraînait un ‘risque’ pour les ‘rayons’. On comprend que dans ces conditions, qualifier les ‘négociations’ de ‘tendues’ est un doux euphémisme.

En fait, vous l’aurez compris, de négociations il n’y eut point, c’était : ‘Laisse-nous partir, ou on bloque ton magasin, ou appelle la police et on casse tout.’ Résumé comme ça, je pense que c’est plus clair.

Il me paraît difficile de nier que le directeur n’a remis les biens que sous la contrainte, pour éviter un mal plus grand (une perte financière supérieure à la valeur des biens -5 000 euros d’après les informations de Rue89- ou des dégâts importants dans le magasin : 50 personnes lâchées dans les rayons à jouer à chat perché avec la police). Ce qui constitue l’extorsion.

4

L’’état de nécessité” peut-il justifier une “autoréduction” ?

Et l’état de nécessité ? Selon le Code pénal :

“N’est pas pénalement responsable la personne qui, face à un danger actuel ou imminent qui menace elle-même, autrui ou un bien, accomplit un acte nécessaire à la sauvegarde de la personne ou du bien, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace (article 122-7 du code pénal).”

L’état de nécessité consiste donc à commettre un acte illicite pour prévenir un mal plus grand et imminent, que ce soit une autre infraction ou un danger quelconque. Rappelons l’argumentation des autojusticiers :

“C’est une autoréquisition qui est juste en ces temps de crise et qui permet aux précaires de fêter aussi le Nouvel An dignement.”

La jurisprudence est muette sur la question, mais pour fréquenter quelque peu les juges pénaux, je ne pense pas que le danger imminent de passer un Nouvel An de manière non conforme à la tradition gastronomique, ce qui serait une atteinte à la dignité, soit un danger suffisant pour justifier l’extorsion de treize caddies de victuailles.

J’ajouterai qu’il n’y a jamais d’état de nécessité à s’emparer par la force de produits de luxe comme le saumon fumé ou le foie gras, et ce même un 31 décembre.

L’article relève qu’il y avait aussi des produits de première nécessité (pommes de terre, huile, pâtes). Dont acte. Mais l’état de nécessité suppose que la personne n’ait pu agir autrement que comme elle l’a fait, ou du moins a choisi la solution la moins dommageable pour autrui ou l’ordre public.

Les précaires en question risquaient-ils vraiment de mourir de faim, de manière imminente ? Et nos cinquante autorévolutionnaires n’avaient-ils vraiment pas les moyens, en se cotisant, d’acheter de quoi remplir treize caddies, ou seulement douze, de pâtes, d’huile et de pomme de terre ?

Ils étaient 50. Ça fait 100 euros par tête de pipe, et bien moins au Franprix en face (il y a vraiment un Franprix en face du Monoprix en question). Je rappelle à toutes fins que la banque alimentaire collecte chaque année auprès des clients des supermarchés de toute la France, et c’est plus que treize caddies, qu’ils emportent, c’est 11 300 tonnes de nourriture. Et légalement.

Dire qu’aller ainsi se servir dans les magasins est la seule façon de venir en aide à des précaires en danger imminent me paraît quelque peu audacieux.

Il me paraît fortement douteux que les personnes réalisant ces actions n’aient absolument pas d’autre moyen de porter secours à des précaires en danger imminent, ce qui seul constituerait l’état de nécessité. Et la dignité des précaires ?

Franchement, elle a bon dos, en l’espèce. Car à commettre une extorsion pour les nourrir, on les rend coupables de recel. Avec des amis pareils, qui a besoin d’ennemis ?

5

Que risquent les “autoréducteurs” ?

L’extorsion simple est punie de prison pouvant aller jusqu’à sept ans et de 100 000 euros d’amende au maximum. Chaque personne ayant participé à l’opération en bloquant les caisses ou en participant à la pression mise sur le directeurs se rend coauteur de l’infraction et est punissable

. J’ajoute, car je lis dans l’article de Rue89, que des actions similaires ont eu lieu partout en France, et que le mode opératoire est à chaque fois le même et réglé comme du papier à musique, que constitue une bande organisée au sens de la loi tout groupement formé ou toute entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’une ou de plusieurs infractions (art. 132-71 du code pénal).

Et que l’extorsion en bande organisée, c’est vingt ans et 1 500 000 euros d’amende, avec régime spécial : 96 heures de garde à vue, pas d’avocat avant la 48e heure et la 72e heure.

Je doute que le parquet retienne la qualification criminelle, ne serait-ce que pour éviter les assises, mais juridiquement, elle tient.

Qui a dit que la révolution, même à coup de chariots de supermarché, était sans danger ?

Journal d’un avocat, le blog de Maître Eolas.

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  • skalpa
    skalpa
    actif et militant ?
    • Posté à 14h14 le 04/01/2009
    • Internaute 7181
      actif et militant ?

    Je l’avais bien dit :

    et puis de toutes façons, on le sait depuis longtemps

    Lien

    • yoruk
      yoruk répond à skalpa
      au fil de l'eau
      • Posté à 17h35 le 04/01/2009
      • Internaute 57383
        au fil de l'eau

      « la propriété c’est le vol »...
      La propriété des autres, bien sur ...

    • éternellerebelle
      éternellerebelle répond à skalpa
      enragée !
      • Posté à 18h06 le 04/01/2009
      • Internaute 22982
        enragée !

      trop bien !
      heureusement que tu remets les pendules à l’heure Skalpa,
      car ce cher Maitre nous annonce la cata pour 13 malheureux paniers
      garnis
      de quoi faire le grand chambardement vraiment !
      surtout quand les banques nous plument grave (comme disent les jeunes )

    • stabylau
      stabylau répond à skalpa
      invertebré
      • Posté à 19h50 le 04/01/2009
      • Internaute 64783
        invertebré

      tu utilises quoi comme logiciel ? Photoshop 2 ?

      • skalpa
        skalpa répond à stabylau
        actif et militant ?
        • Posté à 20h05 le 04/01/2009
        • Internaute 7181
          actif et militant ?

        photofiltre studio

  • Lapin Bleu
    Lapin Bleu
    Journaliste n°89910
    • Posté à 13h56 le 04/01/2009
    • Journaliste 42116
      Journaliste n°89910

    Et ont-ils piqué des avocats ?

  • sophie35
    • Posté à 14h39 le 04/01/2009
    • Internaute 15678

    D’un point de vue juridique, l’analyse tient la route. Toutefois, n’oublions pas que c’est aussi une action collective de protestation contre un système. Beaucoup d’actions collectives sont à la limite de la légalité, mais c’est parfois le seul moyen de faire progresser les droits sociaux. Le droit de grève à d’abord été interdit avant d’être autorisé, les syndicatrs ont d’abord été interdits avant d’être autorisés et les déversement de pommes de terre ou de purin devant les préfectures sont toujours illégaux, sauf quand c’est une action collective d’agriculteurs en colère contre la réforme de la PAC. Des citoyens en colère devant les inégalités sociales peuvent donc agir collectivement pour interpeler la collectivité sur ces injustices et réclamer l’intervention des forces de l’ordre pour faire respecter la

    • Ryuu
      Ryuu répond à sophie35
      Informaticien parisien
      • Posté à 15h49 le 04/01/2009
      • Internaute 28569
        Informaticien parisien

      Mauvais exemples. Le droit de grève est un droit qui a une contrepartie (pas de salaire les jours de grève), et le droit d’avoir des syndicats n’est qu’une variante du droit de libre association.

      On imagine mal quiconque accepter un « droit a l’autoréduction ». Du moins pas les commerçants, c’est une évidence, mais ce genre de droit auraient tellement de contre-coups qu’il en deviendrait vite ingérable.

      S’il s’agit d’attirer l’attention des gens sur la misère du monde (et le monde commence près de chez nous), la banque alimentaire, l’action contre la faim, les restos du coeur et beaucoup d’autres le font déjà. Dans une totale et respectueuse légalité.

      Si on se met à tolérer l’illégalité sous prétexte que c’est pour une bonne cause, il n’y a plus de limites, car toute cause est bonne tant qu’on a un bon orateur/démagogue pour la défendre.

      Si vous voulez vous rendre criminel pour protester, libre à vous. Moi j’attends les élections.

      • sup. à la demande du riverain 24.09.09
        • Posté à 18h16 le 04/01/2009
        • Internaute 30981

        « Si vous voulez vous rendre criminel pour protester, libre à vous. Moi j’attends les élections. »
        Alors, si je m’oppose à l’expulsion violente d’un sans-papier, par exemple, ce qui est totalement illégal, d’après vous je dois attendre les élections, c’est-à dire 2012, date à laquelle Hortefeux aura atteint son cota de noiraux et de gitans.
        Face à une société dégradée dans tous les domaines, il s’agit de réagir par tous les moyens, légaux ou illégaux si nécessaire. Une démocratie digne de ce nom n’est pas une société où des millions de braves idiots, pour rester poli, attendent en crevant les prochaines élections !
        Sur les autoréducteurs, je crois que c’est une action purement politique (mais pas inintéressante par ses répercutions dans le débat public) et c’est vrai que c’est un peu hypocrite d’invoquer la nécessité de se nourrir dans ce cas, il y avait surement des solutions plus pacifiques, même en négociations directes avec le magasin ? Je pose la question...
        Si on applique le droit avec autant de rigueur scientifique à tous les délits en cols blancs en ce moment, je pense qu’on peut s’organiser une belle petite redistribution avec plein de foie gras dedans.

         
        • Ryuu
          Ryuu répond à sup. à la demande du riverain 24.09.09
          Informaticien parisien
          • Posté à 18h24 le 04/01/2009
          • Internaute 28569
            Informaticien parisien

          Et bien, oui, s’opposer à l’expulsion d’un sans-papier, c’est faire obstruction aux forces de l’ordre, donc, un crime/délit/infraction, je ne sais pas la gravité de la faute, mais s’en est une.
          Par contre, manifester, faire des pétitions et faire savoir votre mécontentement, ça c’est autorisé. Je suis partisan de toujours rester dans la légalité et, vu que je n’ai pas vraiment le temps de participer aux manifestations et autres, pour moi l’arme principale reste mon bulletin de vote.

          • sup. à la demande du riverain 24.09.09
            • Posté à 18h27 le 04/01/2009
            • Internaute 30981

            Alors bonne chance rdv en 2012 ; Obéir aveuglément aux lois, on sait où ça mène. On ne vous a donc rien appris à l’école ? A part glisser un morceau de papier dans une enveloppe en vous faisant croire que c’est la solution à tous les problèmes ?

            • Hemenate
              • Posté à 18h46 le 04/01/2009
              • Internaute 856

              « Une démocratie digne de ce nom n’est pas une société où des millions de braves idiots, pour rester poli, attendent en crevant les prochaines élections ! “

              Une démocratie digne de ce nom n’est pas non plus une société dans laquelle n’importe quelle minorité s’autoproclame en droit de ne pas respecter les règles émanant de la majorité.

              Si des groupes anti-IVG s’estimaient en droit de punir les personnes ayant avortés en allant tout casser chez eux ?
              Vous leur reconnaîtriez la même légitimité ou ça ne marche que quand vous êtes d’accord ?

              • freakfeatherfall
                freakfeatherfall répond à Hemenate
                moonchild
                • Posté à 00h52 le 05/01/2009
                • Internaute 21024
                  moonchild

                ça y est, encore l’exemple des groupes anti-IVG !

                à chaque discussion sur la désobéissance civile ou sur les actions militantes, on le ressort, c’est d’un original...

                • mad
                  mad répond à freakfeatherfall
                  • Posté à 09h42 le 05/01/2009
                  • Internaute 2629

                  Si vous arrivez a m’expliquer en quoi certaines action militantes sont moins légitimes que d’autres, sans vous contentez de « leur cause à eux elle est pas juste », je suis prêt à vous élever un autel votif.

                  Et je réponds de suite à l’argument de la violence : l’immense majorité des action des anti ivgs ne sont pas plus violente que celles des anti capitalistes.

                  mad, un argument doit être impersonnel ou il n’est pas.

              • sup. à la demande du riverain 24.09.09
                • Posté à 16h19 le 05/01/2009
                • Internaute 30981

                Et si on rétablissait la peine de mort ?

          • A déménagé le 6-2
            • Posté à 08h14 le 05/01/2009
            • Internaute 24833

            le problème c’est que rester gentil et dans la légalité ça ne sert plus à rien : on ne nous écoute même pas ! le pouvoir fait tout pour que des actions du type de l’autoréduction se développent, c’est donc lui le fautif...

        • Fanya
          Fanya répond à sup. à la demande du riverain 24.09.09
          penseur libre enraciné à Gauche (...)
          • Posté à 07h44 le 05/01/2009
          • Internaute 55815
            penseur libre enraciné à Gauche (...)

          Article 35 de la Constitution de 1793 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

          • mad
            mad répond à Fanya
            • Posté à 09h43 le 05/01/2009
            • Internaute 2629

            s’en prendre aux intérêts matériels d’une personne privée, pour vous, c’est de l’insurection ?

            • Ryze-
              Ryze- répond à mad
              Révolté ! !
              • Posté à 13h00 le 05/01/2009
              • Internaute 30038
                Révolté ! !

              Ouais c’en est une forme. Il en existe tout un tas d’autres...

          • Hemenate
            Hemenate répond à Fanya
            • Posté à 13h37 le 05/01/2009
            • Internaute 856

            Article écrit par les mêmes qui ont instauré la période de l’histoire française que les historiens appellent la Terreur.

            Comme référence, on a vu mieux...

            • Fanya
              Fanya répond à Hemenate
              penseur libre enraciné à Gauche (...)
              • Posté à 14h13 le 05/01/2009
              • Internaute 55815
                penseur libre enraciné à Gauche (...)

              Mais on y arrive lentement, doucement mais surement.
              La terreur ? mais comme pour les terroristes ,ce n’est qu’une question de date : terroristes entre 40 et 44 et résistants une fois la libération en marche.

              • Hemenate
                Hemenate répond à Fanya
                • Posté à 14h58 le 05/01/2009
                • Internaute 856

                Je vois que vous ne savez absolument pas ce qu’est la Terreur, ni par qui elle était initié, je vous renvoi donc à un livre d’histoire.

                • Fanya
                  Fanya répond à Hemenate
                  penseur libre enraciné à Gauche (...)
                  • Posté à 18h57 le 05/01/2009
                  • Internaute 55815
                    penseur libre enraciné à Gauche (...)

                  « La terreur » merci, je l’enseigne tous les ans ! ! ! c’est vous qui avez parlé de la terreur, pas moi.
                  Je mets seulement l’accent sur une idée de révolte qui couve depuis quelques mois et que cet article écrit, certes sous la terreur, risque de devenir réalité forcée quand le peuple n’aura plus rien à perdre, puisque tout leur aura été pris sans espoir de futur ....

            • sup. à la demande du riverain 24.09.09
              • Posté à 16h24 le 05/01/2009
              • Internaute 30981

              N’importe comment, l’insurrection n’a jamais attendue qu’on l’autorise « légalement » pour advenir ! C’est marrant cette tendance bien française à vouloir légiférer sur tout et n’importe quoi.
              La vérité est que n’importe quelle action autonome et indépendante des pouvoirs fout une trouille bleue aux législateurs de tous poils alors ils appellent à la rescousse Le Droit, mais la vie ne se résume pas aux lois, navré M. Eolas.

      • éternellerebelle
        éternellerebelle répond à Ryuu
        enragée !
        • Posté à 18h17 le 04/01/2009
        • Internaute 22982
          enragée !

        Criminel ! ! !
        Que dire des banques !
        et de la situation de tous les précaires dont ce pouvoir se moque,
        s d f ,sans papiers ,chômeurs,et autres r mistes
        pendant que d’autres se gavent !

        Merci aux collectifs « d’autoréducteurs “ de ne pas se contenter de gémir ,mais d’agir !

      • tschok
        tschok répond à Ryuu
        timbrophile
        • Posté à 23h00 le 04/01/2009
        • Internaute 64811
          timbrophile

        Un acte de protestation n’est pas illégal en soi.

        J’attire votre attention sur deux points précis : d’une part Eolas se livre à une interprétation d’un communiqué pour déduire que, selon lui, l’autoréduction est « très probablement » une extorsion. La formule n’exprime pas une certitude, mais une interprétation ouvrant vers une solution juridique qui lui semble très probable sans pour autant être absolument certaine.

        D’autre part et surtout, au vu des faits qui se sont réellement déroulés - et pas seulement ce qui est relaté dans le communiqué - il semblerait que la police soit intervenue assez rapidement et qu’elle ait été « congédiée » par la direction du magasin, qui a alors engagé des négociations avec les militants, qui ont finalement pu sortir du magasin avec le contenu des caddies « entre deux rangées de policiers et de vigiles », toujours d’après ce témoin.

        Ces derniers faits changent évidemment la donne : il est difficile d’imaginer que les militants aient pu exercer des pressions au point de satisfaire au critère juridique de l’extorsion en présence de policiers, qui les attendaient dehors parce qu’ils avaient été écartés des lieux à la demande de la direction elle même.

        Si la direction elle même a refusé l’intervention de la police, pourtant présente, c’est qu’elle ne s’est pas sentie menacée ou du moins elle a fait un choix qui peut être qualifié de suffisamment libre.

        Du reste, il n’est pas absurde de rappeler que la loi pénale n’interdit pas les rapports de force, qui font partie de la vie, dès lors qu’ils remplissent certaines conditions minimales de non violence.

        Le commerçant peut sans doute arguer d’une pression psychologique, mais elle ne provient jamais que de sa crainte de ne pas réaliser un profit ou de porter atteinte à son image de marque en faisant le choix d’autoriser la police à agir.

        En fait de pression psychologique, c’est quand même un peu mince.

        Après tout, le commerçant est exposé au risque de l’entrepreneur et il n’est pas idiot de soutenir que dans une société qui partage si mal la valeur ajoutée, le commerçant peut avoir à affronter des situations de revendications assez musclées de la part de consommateurs.

        A cet égard il convient de relever qu’il est également confronté à des revendications beaucoup plus violentes émanant de producteurs, en particulier agricoles, sans que ces faits aient toujours donné lieu à des poursuites.

        Dès lors, on ne comprendrait pas pourquoi les producteurs seraient mieux traités que les consommateurs qui se bornent non pas à détruire les marchandises, mais à bloquer un processus de vente en forçant ainsi le commerçant à faire un choix : soit il demande l’intervention de la police pour « disperser la manifestation », ce qu’elle fera sans état d’âme, soit il craint pour son image de marque et préfère laisser les manifestants partir avec le contenu des caddies.

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à tschok
          • Posté à 23h25 le 04/01/2009
          • Internaute 856

          En matière pénale le refus d’avoir recours à une intervention policière, n’est pas de nature à éteindre l’illégalité d’un fait...

          • tschok
            tschok répond à Hemenate
            timbrophile
            • Posté à 00h37 le 05/01/2009
            • Internaute 64811
              timbrophile

            Ca dépend de quel fait.

            Parce qu’en matière pénale, beaucoup de choses dépendent des faits.

            L’extorsion suppose l’exercice d’une pression, ici une contrainte puisque la violence ou la menace de violence n’auraient pas été utilisées.

            Il faut donc qualifier la contrainte au sens de 312-1 à la lumière du fait selon lequel la direction aurait écarté l’intervention de la police.

            C’est ça le problème, sous réserve que ce fait soit confirmé.

            Voyez vous le problème logique ?

            • Hemenate
              Hemenate répond à tschok
              • Posté à 01h40 le 05/01/2009
              • Internaute 856

              C’est vrai, dans le cas de l’extorsion cela joue dans l’interprétation des faits.

              Mais en soit, le fait d’avoir écarté l’intervention de la police n’est pas de nature a écarter automatiquement la qualification d’extorsion.
              (Je pense qe là dessus on est d’accord)

              • tschok
                tschok répond à Hemenate
                timbrophile
                • Posté à 20h36 le 05/01/2009
                • Internaute 64811
                  timbrophile

                Of course, nous le sommes : il n’y a rien d’automatique là dedans.

                Tout dépend d’une analyse précise des faits.

                Et puis aussi de la notion de contrainte qu’on choisit d’appliquer.

        4 autres commentaires
  • Cinsault
    Cinsault
    Graine de rosé
    • Posté à 14h56 le 04/01/2009
    • Internaute 24720
      Graine de rosé

    Belle analyse mais il reste un point qui n’a pas été abordé :
    Ces valeureux défenseurs des nécessiteux et de la gastronomie française pourront ils bénéficier de la grâce présidentielle pour comportement « courageux » et « méritant » ?

    • mad
      mad répond à Cinsault
      • Posté à 09h45 le 05/01/2009
      • Internaute 2629

      elle ne vaut que pour les gens déjà en prison...

  • expat
    • Posté à 15h04 le 04/01/2009
    • Internaute 25627

    Est-ce qu’on va se pencher sur le cas de notre autoreducteur de luxe qui considere que le salaire du president de la Republique est insuffisant et qui en dehors de tout droit se fait attribuer pour 6 mois supplementaire celui de ministre de l’interieur (il ne l’etait plus depuis plus de 6 mois) ?

    si il est reconnu qu’il a besoin de 20 000 € pour vivre (il est seul) tout frais payes dans un palais, nous devrions aussi reconnaitre que n’importe qui d’entre nous a droit a son foie gras, saumon fume, champagne de reveillon ! en plus il serait normal que les sans-abirs puissent gratuitement profiter des suites du Ritz a cette occasion !

  • Putt Bill
    • Posté à 15h55 le 04/01/2009
    • Internaute 30603

    Merci, Maitre Eolas pour cette superbe démonstration de votre maitrise du droit ! La Rue vous a sollicité afin d’éclairer notre lanterne, on peut donc dire que vous avez pleinement satisfait à la demande. Du moins pour ce qui me concerne !
    J’en sais plus sur le statut légal du foie gras et du saumon fumé -dans et hors rayonnage, du commerçant et de la ligne de caisse, de Robin des bois, etc. Tout ça c’est très clair mais...

    Ben oui, il y a un mais - et là je m’adresse à tous-tes les riverain-e-s, il reste aux producteurs de droit de statuer sur la pauvreté, la précarité, et tous les qualificatifs possibles référençant les crèves-la-faim...
    Vu d’ici, une boite de foie-gras a deux existences, l’une subjective puisque référencée jusque dans le droit pénal, l’autre objective pour sa valeur nutritive... Les pauvres apprécient aussi, c’est certain !
    Fort de ce constat, on peut en déduire que la même boite de foie gras a plus de droits que le pauvre :
    - d’être exposée à la vue de tous,
    - de n’être mangée que par ceux qui ont les moyens de se l’approprier...

    Je remarque en outre que depuis ses 1ers balbutiements, le droit n’est jamais exposé autrement que dans sa fonction coercitive. Il est plus prompt à défendre les droits du foie gras que de celui qui n’a pas les moyens de se l’acheter ; c’est dire ! ! !
    Les textes et la jurisprudence répondent-ils à cette simple question : à partir de quel seuil de pauvreté est-on en « DROIT » de ne plus respecter la « loi » ?
    La même question posée différemment : combien de temps encore faudra-t-il attendre pour que la « production régalienne » s’intéresse plus aux humains qu’au saumon fumé ?

    • éternellerebelle
      éternellerebelle répond à Putt Bill
      enragée !
      • Posté à 18h23 le 04/01/2009
      • Internaute 22982
        enragée !

      Oups !
      bien dit ,si vous n’êtes pas avocat ,vous pouvez postuler,
      Bravo !

      • Putt Bill
        • Posté à 20h28 le 04/01/2009
        • Internaute 30603

        Merci, c’est gentil mais je ne souhaite pas « étreindre le diable » ! ! !
        Mais si je peux me rendre utile, ce sera avec palisir !

    • A déménagé le 13-01-2012
      • Posté à 18h46 le 04/01/2009
      • Internaute 18368

      Je souscris à votre vision mais... car il y a un mais. ;)

      Le droit pénal ne se préoccupe pas de la pauvreté car c« est le rôle de la Constitution d’un pays que de définir les catégories sociales (ou leur absence) et leur hiérarchie (ou leur imbrication).
      De ce point de vue le texte de Maître Éolas est parfait. Parfait du point de vue du droit.
      Du point de vue politique par contre il est clair qu’à partir du moment où les lois exixtantes (loi de 1998 contre l’exclusion, notamment) ne sont pas appliquées et ce de manière collective et volontaire (d’où il ressort que nos élus ne sont qu’une bande de fripouilles en bande organisée), alors l’autoaugmentation du niveau de vie devient tout à fait défendable.

      Nous n’en sommes qu’au début.

      La seule crainte à avoir (vigilance donc sur les actions futures) est l’entrée en jeu des “revendeurs”...

      • Putt Bill
        • Posté à 20h19 le 04/01/2009
        • Internaute 30603

        La Consitution... Se situe en théorie au sommet de la Pyramide des Normes... Elle est représentée par le Conseil Consitutionnel : Chirac Debré VGE et d’autres anciens hauts dignitaires.
        Pour ce que j’en sais, la dite pyramide n’est pas étêtée mais la tête ne semble plus exercer de pouvoir sur le reste du corps, et Ôh paradoxe, se trouve être l’éternel sujet de dispute entre l’exécutif et le législatif...
        Le thème seul de la constitution mérite plus de place que je ne saurais (la Rue sans doute aussi) lui accorder.

        Pour le reste, votre citation, « Le droit pénal ne se préoccupe pas de la pauvreté “ :
        nous sommes bien d’accord !

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Putt Bill
          • Posté à 20h27 le 04/01/2009
          • Internaute 856

          Le Conseil Constitutionnel ne représente pas la Constitution, c’est une juridiction qui, lorsqu’elle est saisie, traite des litiges/questions relatifs à l’interprétation de la Constitution (compatibilité d’une loi avec la constitution, etc...).

          • Putt Bill
            Putt Bill répond à Hemenate
            • Posté à 20h34 le 04/01/2009
            • Internaute 30603

            « Le Conseil Constitutionnel ne représente pas la Constitution »
            Ben oui, c’est keske je dis...
            Votez Sarko ! ! ! Pour une constitution qui ne s’use que lorsqu’on sert !
            Oubliez d’y mettre des piles !

        • mad
          mad répond à Putt Bill
          • Posté à 09h47 le 05/01/2009
          • Internaute 2629

          « le droit pénal ne se préoccupe pas de pauvreté » ...
          Bizarement, j’étais persuadé que le droit pénal, c’était la répression des atteintes à l’ordre public et rien d’autre... et que les régimes qui ont voulu mettre autre chose n’étaient pas du bon coté de l’histoire... mais je suis probablement un juriste obtus.

        3 autres commentaires
    • Hemenate
      Hemenate répond à Putt Bill
      • Posté à 18h55 le 04/01/2009
      • Internaute 856

      « Fort de ce constat, on peut en déduire que la même boite de foie gras a plus de droits que le pauvre :
      - d’être exposée à la vue de tous,
      - de n’être mangée que par ceux qui ont les moyens de se l’approprier… »
      Alors si on reprend cette argumentaire :
      1°) Le pauvre a au moins autant le droit de s’exposer à la vue de tous que la boite de foie gras.
      2°) La pauvre a lui carrément le droit de ne pas être mangés.
      –> On en déduit que le pauvre a plus de droit que la boîte de foie gras...

      Et ben dis donc ca vole haut hein ? ? ?

      « Je remarque en outre que depuis ses 1ers balbutiements, le droit n’est jamais exposé autrement que dans sa fonction coercitive. »

      Le « droit de propriété » (en l’espèce) c’est exposé dans une fonction coercitive ?
      Et sinon un droit sans coercition pour le faire respecter en quoi est-ce un droit ?

      • Putt Bill
        Putt Bill répond à Hemenate
        • Posté à 20h21 le 04/01/2009
        • Internaute 30603

        T’as raison gamin ! Le mur c’est tout droit, vas-y, fonce ! ! !

      • Putt Bill
        Putt Bill répond à Hemenate
        • Posté à 20h47 le 04/01/2009
        • Internaute 30603

        « Et sinon un droit sans coercition pour le faire respecter en quoi est-ce un droit ? » ...Justement, un droit !
        Et c’est bien que ce qu’il y a de préoccupant, la menace coercitive est brandie au détriment du droit des individus

        Te fâches pas gamin ! J’essaie simplement de faire admettre qu’une tranche de lard (ras-le bol du foie gras !) a une existence, une qualification, et même des articles dans les codes...
        Pas le pauvre qui crève de faim ; ou plus exactement « la faim » elle-même !

         
        • Hemenate
          Hemenate répond à Putt Bill
          • Posté à 21h33 le 04/01/2009
          • Internaute 856

          « Et c’est bien que ce qu’il y a de préoccupant, la menace coercitive est brandie au détriment du droit des individus »

          Non, elle s’adresse à ceux qui enfreignent les droits des individus, elle est donc là pour faire respecter le droit des individus.

          En l’espèce la menace coercitive est là pour faire respecter le droit de propriété.

        1 autres commentaires
  • Bardamu
    Bardamu
    difficile
    • Posté à 16h00 le 04/01/2009
    • Internaute 25491
      difficile

    Oui, on appelle ça du racket.

    Pas besoin de mille circonlocutions pour s’en apercevoir.

    « Ce serait dommage que ton magasin flambe »

    « Tu devrais songer à te protéger »

    « Si on bloque les caisses, tu vas perdre beaucoup d’argent... »

    Même tonneau.

    • louchardem
      louchardem répond à Bardamu
      journaliste non pratiquant
      • Posté à 18h36 le 04/01/2009
      • Journaliste 52358
        journaliste non pratiquant

      « Ce serait dommage que ton magasin flambe »

      Vous avez entendu ça ? Vous avez l’ouie fine, M. le procureur.

      • Bardamu
        Bardamu répond à louchardem
        difficile
        • Posté à 18h39 le 04/01/2009
        • Internaute 25491
          difficile

        Il n’a rien pigé. Pas grave.

    • mad
      mad répond à Bardamu
      • Posté à 09h49 le 05/01/2009
      • Internaute 2629

      et « On bouge pas de la, et si t’appelles les flics, tu va voir tes rayons ! » ?

  • louchardem
    louchardem
    journaliste non pratiquant
    • Posté à 16h02 le 04/01/2009
    • Journaliste 52358
      journaliste non pratiquant

    Maître, votre interprétation des négociations est fausse. Rien ne vous permet de dire que les négociations se sont passées comme vous prétendez qu’elles se sont passées.

    Quand vous dites : « Les auteurs des faits n’ont guère laissé le choix au directeur du magasin : soit il donnait les denrées, soit son magasin était bloqué indéfiniment avec une perte économique (on était à quelques heures du réveillon) soit il fallait l’intervention des forces de l’ordre, ce qui entraînait un “risque” pour les “‘rayons’. On comprend que dans ces conditions, qualifier les ‘négociations’ de ‘tendues’ est un doux euphémisme.”

    Qu’en savez-vous ? Vous y étiez ? On peut tout a fait penser que les militants ont réclamé les marchandises au directeur, en faisant appel à son bon cœur. Moi aussi, tout comme vous, je peux faire appel à l’imagination pour décrire la scène :

    Les Robin : voyez, M. le directeur, il y a 13 caddies, contenant des produits de premères nécessité et aussi quelques produits plus festifs pour que les précaires puissent passer un bon réveillon.
    Directeur : ça fait un peu cher, tout ça.
    Les Robin : allons, allons, à l’aune des profits de Casino Guichard et des Galeries Lafayettes (co-propriétaires de Monoprix), c’est peanuts.
    Directeur : c’est bon, allez-y mes braves... et faites vite, il y a du monde qui attend aux caisses.

    Qui peut affirmer qu’une des deux versions de l’histoire est plus IN-CON-TES-TA-BLE que l’autre ?

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